00:00Alors on va en reparler justement de ce détroit d'Hormuz, on est avec Christine Cabot, bonjour, merci d'être
00:04avec nous ce matin dans la matinale de l'économie, vous êtes directrice centrale exécutive de CMACGM, vous gérez la
00:10flotte des navires notamment, je rappelle que CMACGM c'est le propriétaire de BFM Business, on a les Iraniens ce
00:16matin qui disent, c'est très clair, Hormuz s'est fermé aux ennemis, alors on a eu, on le disait
00:19il y a quelques instants, quelques bateaux qui passent, globalement, vous n'y allez pas, c'est trop dangereux.
00:25On n'y va pas, c'est trop dangereux et on a surtout 14 navires qui sont bloqués depuis le
00:3228 février, ça veut dire environ 250 à 300 marins à bord, et donc depuis le 28 février on a
00:43dû mettre en place toute la logistique et puis tout le lien humain nécessaire pour que ces marins qui sont
00:50bloqués pour le moment
00:52puissent recevoir le maximum d'assistance, être dans des zones de sécurité maximum. On travaille beaucoup avec les forces navales
01:03françaises pour avoir leurs recommandations sur à quel endroit est-ce que nos navires sont le plus en sécurité.
01:09On a en place une cellule d'urgence qui est 24h sur 24 présente pour répondre à leurs appels, pour
01:18gérer avec eux des problèmes techniques et puis aussi pour leur demander comment ça va,
01:22et s'assurer que le lien est maintenu aussi avec leurs familles qui peuvent les appeler, parce que les communications
01:28satellitaires sont maintenues évidemment,
01:29et donc ils sont en contact aussi constant avec leurs proches.
01:34Ce qu'il faut raconter, Christine Cabot, c'est qu'en gros les navires sont en mer, mais qu'ils
01:41viennent au port régulièrement, notamment pour des questions de ravitaillement,
01:45et qu'ils pourraient rentrer, c'est-à-dire qu'il y a des lignes aériennes, il y a des
01:48lignes terrestres, ils sont bloqués, mais entre guillemets quoi.
01:54C'est les navires qui sont bloqués, les navigants ne sont pas bloqués.
01:57Les navigants, on met en place tout ce qu'il faut pour que, le moment venu, les relèves puissent se
02:02faire.
02:03Et d'ailleurs, aujourd'hui, à l'heure où je vous parle, nous sommes en train de relever deux d
02:07'entre eux sur un des navires de CMACGM.
02:09Donc, ça, c'est une question importante pour garder le moral des troupes et de leur dire,
02:16quand le moment sera venu, la relève est possible et nous y travaillons pour que vous y soyez relevés en
02:21temps et en heure.
02:23Évidemment, pour toutes les questions d'avitaillement, CMACGM, nous disposons d'une base portuaire d'un terminal à conteneurs à
02:29Abu Dhabi.
02:30Donc, quand le navire doit venir à quai pour s'avitailler en eau douce, s'avitailler en vivres,
02:36s'il a besoin de pièces techniques, il peut le faire régulièrement en toute sécurité.
02:43Donc, dans une situation qui est difficile, stressante, on fait tout ce qu'on peut pour que, quand même,
02:50les conditions soient les plus supportables possibles pour nos navigants.
02:54Alors, ça, c'est pour les navires qui sont bloqués, mais il y a la question, évidemment,
02:57des approvisionnements des pays du Moyen-Orient, parce que ce sont surtout des bateaux qui arrivent pour entrer dans le
03:02détroit d'Hormuz.
03:03On vous a mis en place des routes alternatives.
03:06Là, il y a d'autres ports qui servent de tampons, avec, après, des chemins terrestres qui sont pris par
03:12des camions.
03:14Absolument. Donc, dès le blocage d'Hormuz, on a cherché à mettre en place des solutions alternatives.
03:21Aujourd'hui, il y a deux corridors terrestres qui fonctionnent très bien côté Golfe-Arabau-Persique,
03:27en utilisant des ports qui sont situés au sud du détroit d'Hormuz, le port de Corfacan, le port de
03:32Fujaira,
03:33qui fonctionnent, qui reçoivent les navires. Et depuis ces ports, des corridors terrestres ont été mis en place
03:39avec les autorités émiraties pour pouvoir faire transiter des marchandises,
03:45avec des tuyaux qui sont certes d'une capacité plus restreinte que d'habitude,
03:51mais quand même, les marchandises, et notamment les biens de première nécessité,
03:55arrivent à passer par ces corridors alternatifs.
03:57Et puis, on a mis en place, CMACGM, un troisième corridor alternatif.
04:01Celui-là, il passe par l'Arabie Saoudite, par la côte ouest, en mer rouge de l'Arabie Saoudite,
04:08le port de Jeddah, avec un corridor terrestre qui transporte les marchandises
04:13de la côte ouest de l'Arabie Saoudite vers la côte est, le port de Damam,
04:17qui est, lui, situé à l'intérieur du Golfe-Arabau-Persique,
04:20et qui permet, du coup, de pouvoir aussi amener la marchandise vers Damam,
04:26mais aussi vers d'autres ports, d'autres pays du Golfe-Arabau-Persique,
04:31le Qatar, Irak, Koweït, Bahreïn.
04:34Ces corridors alternatifs permettent l'acheminement des importations,
04:40mais aussi, on commence à voir certaines exportations qui reprennent ces corridors.
04:45On sait à quel point il y a certains produits, notamment le polyprothylène,
04:51qui est très important, notamment pour l'industrie du plastique,
04:55tous ces dérivés du pétrole dont on a besoin pour faire fonctionner les industries ici.
04:59Merci beaucoup, Christine Cabot, d'avoir été avec nous ce matin,
05:01dans la matinale de l'économie.
05:04Merci.
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