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Ce mardi 17 mars, Christine Cabau Woehrel, directrice centrale exécutive de CMA CGM, en charge des actifs, était l'invitée dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Alors on va en reparler justement de ce détroit d'Hormuz, on est avec Christine Cabot, bonjour, merci d'être
00:04avec nous ce matin dans la matinale de l'économie, vous êtes directrice centrale exécutive de CMACGM, vous gérez la
00:10flotte des navires notamment, je rappelle que CMACGM c'est le propriétaire de BFM Business, on a les Iraniens ce
00:16matin qui disent, c'est très clair, Hormuz s'est fermé aux ennemis, alors on a eu, on le disait
00:19il y a quelques instants, quelques bateaux qui passent, globalement, vous n'y allez pas, c'est trop dangereux.
00:25On n'y va pas, c'est trop dangereux et on a surtout 14 navires qui sont bloqués depuis le
00:3228 février, ça veut dire environ 250 à 300 marins à bord, et donc depuis le 28 février on a
00:43dû mettre en place toute la logistique et puis tout le lien humain nécessaire pour que ces marins qui sont
00:50bloqués pour le moment
00:52puissent recevoir le maximum d'assistance, être dans des zones de sécurité maximum. On travaille beaucoup avec les forces navales
01:03françaises pour avoir leurs recommandations sur à quel endroit est-ce que nos navires sont le plus en sécurité.
01:09On a en place une cellule d'urgence qui est 24h sur 24 présente pour répondre à leurs appels, pour
01:18gérer avec eux des problèmes techniques et puis aussi pour leur demander comment ça va,
01:22et s'assurer que le lien est maintenu aussi avec leurs familles qui peuvent les appeler, parce que les communications
01:28satellitaires sont maintenues évidemment,
01:29et donc ils sont en contact aussi constant avec leurs proches.
01:34Ce qu'il faut raconter, Christine Cabot, c'est qu'en gros les navires sont en mer, mais qu'ils
01:41viennent au port régulièrement, notamment pour des questions de ravitaillement,
01:45et qu'ils pourraient rentrer, c'est-à-dire qu'il y a des lignes aériennes, il y a des
01:48lignes terrestres, ils sont bloqués, mais entre guillemets quoi.
01:54C'est les navires qui sont bloqués, les navigants ne sont pas bloqués.
01:57Les navigants, on met en place tout ce qu'il faut pour que, le moment venu, les relèves puissent se
02:02faire.
02:03Et d'ailleurs, aujourd'hui, à l'heure où je vous parle, nous sommes en train de relever deux d
02:07'entre eux sur un des navires de CMACGM.
02:09Donc, ça, c'est une question importante pour garder le moral des troupes et de leur dire,
02:16quand le moment sera venu, la relève est possible et nous y travaillons pour que vous y soyez relevés en
02:21temps et en heure.
02:23Évidemment, pour toutes les questions d'avitaillement, CMACGM, nous disposons d'une base portuaire d'un terminal à conteneurs à
02:29Abu Dhabi.
02:30Donc, quand le navire doit venir à quai pour s'avitailler en eau douce, s'avitailler en vivres,
02:36s'il a besoin de pièces techniques, il peut le faire régulièrement en toute sécurité.
02:43Donc, dans une situation qui est difficile, stressante, on fait tout ce qu'on peut pour que, quand même,
02:50les conditions soient les plus supportables possibles pour nos navigants.
02:54Alors, ça, c'est pour les navires qui sont bloqués, mais il y a la question, évidemment,
02:57des approvisionnements des pays du Moyen-Orient, parce que ce sont surtout des bateaux qui arrivent pour entrer dans le
03:02détroit d'Hormuz.
03:03On vous a mis en place des routes alternatives.
03:06Là, il y a d'autres ports qui servent de tampons, avec, après, des chemins terrestres qui sont pris par
03:12des camions.
03:14Absolument. Donc, dès le blocage d'Hormuz, on a cherché à mettre en place des solutions alternatives.
03:21Aujourd'hui, il y a deux corridors terrestres qui fonctionnent très bien côté Golfe-Arabau-Persique,
03:27en utilisant des ports qui sont situés au sud du détroit d'Hormuz, le port de Corfacan, le port de
03:32Fujaira,
03:33qui fonctionnent, qui reçoivent les navires. Et depuis ces ports, des corridors terrestres ont été mis en place
03:39avec les autorités émiraties pour pouvoir faire transiter des marchandises,
03:45avec des tuyaux qui sont certes d'une capacité plus restreinte que d'habitude,
03:51mais quand même, les marchandises, et notamment les biens de première nécessité,
03:55arrivent à passer par ces corridors alternatifs.
03:57Et puis, on a mis en place, CMACGM, un troisième corridor alternatif.
04:01Celui-là, il passe par l'Arabie Saoudite, par la côte ouest, en mer rouge de l'Arabie Saoudite,
04:08le port de Jeddah, avec un corridor terrestre qui transporte les marchandises
04:13de la côte ouest de l'Arabie Saoudite vers la côte est, le port de Damam,
04:17qui est, lui, situé à l'intérieur du Golfe-Arabau-Persique,
04:20et qui permet, du coup, de pouvoir aussi amener la marchandise vers Damam,
04:26mais aussi vers d'autres ports, d'autres pays du Golfe-Arabau-Persique,
04:31le Qatar, Irak, Koweït, Bahreïn.
04:34Ces corridors alternatifs permettent l'acheminement des importations,
04:40mais aussi, on commence à voir certaines exportations qui reprennent ces corridors.
04:45On sait à quel point il y a certains produits, notamment le polyprothylène,
04:51qui est très important, notamment pour l'industrie du plastique,
04:55tous ces dérivés du pétrole dont on a besoin pour faire fonctionner les industries ici.
04:59Merci beaucoup, Christine Cabot, d'avoir été avec nous ce matin,
05:01dans la matinale de l'économie.
05:04Merci.
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