00:00Good morning business, parole de patron.
00:04Les patrons ont besoin d'amour. Jérôme Kieffer, bonjour. Vous êtes le président de Ridge Conseil,
00:09entreprise d'accompagnement des TPE, PME et ETI.
00:13Vous êtes notamment à l'origine du clip qu'on a vu largement sur nos antennes
00:17où des entrepreneurs défilent pour parler de leurs difficultés.
00:21On regarde un petit extrait et on en parle derrière.
00:24On est entrepreneur quand on rachète une entreprise en difficulté et qu'on tente de la sauver.
00:30Derrière chaque vitrine, chaque hangar, chaque atelier.
00:34Il y a des histoires de succès, mais aussi de sueur, de nuit blanche et de doute.
00:39Chaque jour, les entrepreneurs affrontent des normes qu'ils ne comprennent pas toujours
00:43et des contraintes qui les freinent.
00:46Ils sont tour à tour comptables, commerciaux, logisticiens, psychologues pour leurs équipes.
00:50Ils embauchent, forment, tendent la main au profil atypique.
00:53Donnent une seconde chance à ce que la vie abîme.
00:57Alors, c'est intéressant parce qu'au-delà du carton que ça fait sur les réseaux sociaux,
01:02ça fonctionne très bien, mais on sent vraiment un besoin de raconter les difficultés du côté des entrepreneurs.
01:07Oui, nous, ce qu'on voulait, c'était de se dire qu'il y a 5 millions de boîtes en
01:11France,
01:11ça emploie 17 millions de personnes.
01:13On parle toujours des entreprises, des entreprises, des entreprises,
01:15mais derrière chaque boîte, il y a une femme, un homme, qui décide de monter une boîte,
01:20de la développer, de porter un projet.
01:22Et donc, j'avais envie qu'on puisse saluer toutes ces femmes et tous ces hommes qui entreprennent.
01:26On a fait ce clip, on a mobilisé 40 dirigeantes, dirigeants, des PME, des petites boîtes, des grosses boîtes,
01:32en région, dans les grandes villes, tout secteur d'activité.
01:35Et on a fait une semaine de tournage extraordinaire.
01:38Et l'émotion qu'on ressent tout de suite dans ce texte,
01:40et après, on l'a relayée sur les réseaux sociaux.
01:42C'est ça, la genèse du projet.
01:44C'est vous qui dites, on va faire un clip,
01:46et vous êtes-elle après casté des entrepreneurs ?
01:49On s'est associé avec une agence, Fred et Farid, Fred Rayard,
01:52avec qui j'ai eu un feed tout de suite.
01:54Je n'avais pas envie d'une communication corporate, papier glacé.
01:57Je me suis dit, ça ne va pas parler aux entrepreneurs,
01:59ça ne va pas parler à nos clients, ça ne va pas parler à nos équipes.
02:01Il faut qu'on aille chercher la sincérité de notre mission,
02:04la sincérité de l'entrepreneuriat.
02:05Et c'est ce qu'il nous a porté quand on a lancé ça.
02:07Mais bon, alors c'est très bien.
02:08Là, on vous prêche inconvaincu, vous êtes sur BFM Business.
02:10On fait ça tous les matins,
02:11on essaie de donner de l'amour aux entrepreneurs.
02:14Mais moi, ce que je vois quand même dans le clip,
02:15c'est qu'ils ne vont pas très bien.
02:16C'est-à-dire qu'on parle quand même des difficultés,
02:20de la solitude, des plantages.
02:22La réalité, c'est l'engagement humain.
02:25Il y a trois chiffres qui marquent.
02:26On a complété ça avec quelques études.
02:28Le premier chiffre qui m'a surpris,
02:30c'est deux tiers des entrepreneurs et entrepreneurs
02:32qui disent qu'ils sont fatigués, sous pression,
02:36dans un peu l'incertitude.
02:37Moi, je ne m'attendais pas à ça.
02:38Je suis plutôt feel good.
02:39J'aime plutôt regarder le verre à moitié plein.
02:41La réalité, c'est qu'on a une expression très, très forte
02:44d'un sentiment quand même de grande fatigue,
02:46de grande pression.
02:47Premier chiffre qui marque fortement.
02:49Le deuxième chiffre qui m'a marqué,
02:51ce qu'on leur a dit.
02:52Bon, on leur a demandé comment vous vous sentez
02:54par rapport aux enjeux de la société, etc.
02:56La moitié disent, moi, je me sens d'abord responsable.
02:58Je me sens responsable de ma boîte.
03:00Je me sens responsable de mes salariés.
03:01Je me sens responsable de ce que je fais dans les territoires.
03:03Je pourrais vous donner plein d'exemples là-dessus.
03:06C'est même un peu effrayant parce qu'ils placent
03:07la responsabilité de la gestion de leur boîte,
03:09souvent celle de leur famille.
03:11Donc, c'est quand même dans le ranking un peu des sujets.
03:13C'est quand même marquant.
03:14Et le troisième chiffre, qui est le chiffre
03:16qu'on aime quand même toujours avoir,
03:18c'est quand à la fin de cette enquête,
03:19on leur dit, mais si vous aviez remonté une boîte,
03:21est-ce que vous le feriez ?
03:22Et là, il y a la trois quarts qui disent oui.
03:24Alors, la moitié disent oui tout de suite.
03:26L'autre quart dit oui différemment.
03:27Mais tout le monde dit, je remonte la boîte.
03:29– Mais ce qu'on voit aussi,
03:30c'est qu'il y a un décalage aussi avec la vision politique.
03:33C'est-à-dire que le débat sur la taxe Zuckman
03:35a fait beaucoup de mal,
03:36notamment au moral des entrepreneurs.
03:38Et on ressent ce besoin d'amour, de reconnaissance quand même.
03:41– Besoin d'amour, besoin de reconnaissance.
03:43Il y a une phrase que moi j'adore.
03:44On dit, j'aimerais qu'on puisse célébrer
03:46les entrepreneurs comme des sportifs.
03:48Pourquoi ce ne seraient pas des rock stars ?
03:50Pourquoi est-ce qu'on ne se dirait pas
03:50que c'est des gens extraordinaires qu'on les célèbre ?
03:53Et c'est vrai qu'il y a eu beaucoup de dégâts.
03:55Moi, ça fait 30 ans que je suis sur le terrain.
03:57Je vois des dirigeants toutes les semaines, tous les jours.
03:59On accompagne 100 000 clients.
04:01Le débat sur les holdings et la taxe Zuckman,
04:04j'ai vu un bien somptuaire à l'actif d'une boîte en 30 ans.
04:08J'ai surtout vu des holdings qui permettent
04:09de structurer le patrimoine,
04:11qui permettent d'organiser l'investissement,
04:12qui permettent de transmettre.
04:14Le débat sur le Dutreil, j'étais encore hier
04:16avec la dirigeante d'une très belle OTI
04:18dans la région lyonnaise.
04:20Elle nous explique,
04:20que je n'aurais jamais pu reprendre la boîte de mon père
04:23s'il n'y avait pas eu Dutreil.
04:25On aurait vendu ou on aurait dépecé le groupe,
04:27on aurait vendu la moitié des actifs
04:28pour financer la transmission
04:29et on aurait divisé la taille du groupe par deux.
04:33Donc, c'est ça la réalité.
04:34Holding, tax Zuckman, financement de l'innovation,
04:39le débat de la niche fiscale sur le crédit d'impôt recherche.
04:42La réalité, c'est qu'on a un pays créateur,
04:43on a un pays d'innovateur.
04:45Et un de nos saluts, c'est notre capacité à innover.
04:48Donc, le financement de l'innovation,
04:49moi, mon business, c'est les PME et les ETI,
04:52hyper important.
04:53Et on a des sujets magnifiques avec le digital et l'IA qui arrivent.
04:56Super opportunité à saisir là-dessus.
04:58Est-ce que vous voyez des entrepreneurs
04:59qui ont une envie d'engagement politique ?
05:03Pas forcément, je ne parle pas forcément
05:04de prendre sa carte dans un parti et de se lancer,
05:06mais de discussion,
05:09de porter ces sujets dans le débat public,
05:10notamment avec la présidentielle qui arrive.
05:12Alors, il y a beaucoup de mouvements d'entrepreneurs
05:14qui se montent actuellement,
05:16plutôt médiatisés,
05:17avec des personnes très charismatiques.
05:18Après, moi, les dirigeantes, les dirigeants que je vois,
05:20il y a tout avis politique.
05:22Le spectre, il est quand même assez large.
05:25Je pense qu'il y a quand même d'abord
05:26la volonté de se focaliser sur sa boîte.
05:28Il y a de l'attente.
05:29Mais l'attente, c'est juste,
05:31est-ce qu'on peut faire des choses simples,
05:33stabilisées,
05:34pas rajoutées de réglementation ?
05:35Il faut juste mettre,
05:36et tout le monde connaît ça,
05:38qui écoute BFM Business,
05:39juste mettre à la place d'un dirigeant
05:41incertitude sur la demande,
05:43incertitude sur les prix d'achat,
05:45incertitude géopolitique,
05:46incertitude sur le financement,
05:48si on peut s'éviter...
05:48Ça fait beaucoup de cauchemars.
05:49...une petite couche encore
05:50d'incertitude réglementaire et fiscale,
05:53si on peut sécuriser
05:54quelques éléments de base
05:55qui permettent de se focaliser
05:56sur le business.
05:57Et après, tous les dirigeants
05:58et les dirigeants que je rencontre,
05:59ils sont d'abord là
06:00pour développer leur boîte,
06:01des nouveaux produits,
06:02gagner des clients,
06:03fidéliser les équipes,
06:04la formation,
06:06la satisfaction,
06:07l'investissement,
06:08c'est ça le business.
06:09Donc vous ne les sentez pas
06:11volontaires pour la campagne.
06:12Qu'est-ce que vous avez envie
06:13de dire, vous, aux politiques ?
06:15Bah, moi je ne suis pas un politique
06:18ni un syndicaliste.
06:20Nous, on aide des boîtes,
06:22on aime ça,
06:23on a ça dans le sang
06:24et on a envie qu'elles réussissent.
06:26Par contre, je pense que
06:27la reconnaissance
06:28qu'il y a 5 millions de boîtes
06:30en France,
06:31derrière ces 5 millions de personnes
06:33qui se lèvent le matin
06:34et qui décident d'entreprendre.
06:36Et on peut parler des PME,
06:38des ETI,
06:38qui ont des fonds propres,
06:39qui ont une capacité d'encaissement,
06:40qui ont une capacité de réaction,
06:41etc.
06:42La réalité, c'est qu'une part significative
06:44des boîtes,
06:44c'est des TPE.
06:45Les TPE, il y en a beaucoup
06:47qui se montent,
06:47mais elles sont en mode survie.
06:49Et quand on regarde nos chiffres,
06:50c'est encore plus prégnant.
06:51C'est qu'est-ce que j'encaisse,
06:53comment je paye mes salariés
06:54et après, comment je me paye.
06:55Et ça, il faut bien l'avoir à l'esprit,
06:57c'est l'extrême fragilité
06:58du tissu économique
06:59des petites boîtes.
07:00Il faut faire très attention
07:01parce qu'on en a grandement besoin.
07:03Merci beaucoup Jérôme Kieffer
07:04d'être venu ce matin
07:04dans la matinale de l'économie.
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