Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 10 minutes
Ce mercredi 29 avril, Jérôme Kieffer, président de Rydge Conseil, était l'invité dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Good morning business, parole de patron.
00:04Les patrons ont besoin d'amour. Jérôme Kieffer, bonjour. Vous êtes le président de Ridge Conseil,
00:09entreprise d'accompagnement des TPE, PME et ETI.
00:13Vous êtes notamment à l'origine du clip qu'on a vu largement sur nos antennes
00:17où des entrepreneurs défilent pour parler de leurs difficultés.
00:21On regarde un petit extrait et on en parle derrière.
00:24On est entrepreneur quand on rachète une entreprise en difficulté et qu'on tente de la sauver.
00:30Derrière chaque vitrine, chaque hangar, chaque atelier.
00:34Il y a des histoires de succès, mais aussi de sueur, de nuit blanche et de doute.
00:39Chaque jour, les entrepreneurs affrontent des normes qu'ils ne comprennent pas toujours
00:43et des contraintes qui les freinent.
00:46Ils sont tour à tour comptables, commerciaux, logisticiens, psychologues pour leurs équipes.
00:50Ils embauchent, forment, tendent la main au profil atypique.
00:53Donnent une seconde chance à ce que la vie abîme.
00:57Alors, c'est intéressant parce qu'au-delà du carton que ça fait sur les réseaux sociaux,
01:02ça fonctionne très bien, mais on sent vraiment un besoin de raconter les difficultés du côté des entrepreneurs.
01:07Oui, nous, ce qu'on voulait, c'était de se dire qu'il y a 5 millions de boîtes en
01:11France,
01:11ça emploie 17 millions de personnes.
01:13On parle toujours des entreprises, des entreprises, des entreprises,
01:15mais derrière chaque boîte, il y a une femme, un homme, qui décide de monter une boîte,
01:20de la développer, de porter un projet.
01:22Et donc, j'avais envie qu'on puisse saluer toutes ces femmes et tous ces hommes qui entreprennent.
01:26On a fait ce clip, on a mobilisé 40 dirigeantes, dirigeants, des PME, des petites boîtes, des grosses boîtes,
01:32en région, dans les grandes villes, tout secteur d'activité.
01:35Et on a fait une semaine de tournage extraordinaire.
01:38Et l'émotion qu'on ressent tout de suite dans ce texte,
01:40et après, on l'a relayée sur les réseaux sociaux.
01:42C'est ça, la genèse du projet.
01:44C'est vous qui dites, on va faire un clip,
01:46et vous êtes-elle après casté des entrepreneurs ?
01:49On s'est associé avec une agence, Fred et Farid, Fred Rayard,
01:52avec qui j'ai eu un feed tout de suite.
01:54Je n'avais pas envie d'une communication corporate, papier glacé.
01:57Je me suis dit, ça ne va pas parler aux entrepreneurs,
01:59ça ne va pas parler à nos clients, ça ne va pas parler à nos équipes.
02:01Il faut qu'on aille chercher la sincérité de notre mission,
02:04la sincérité de l'entrepreneuriat.
02:05Et c'est ce qu'il nous a porté quand on a lancé ça.
02:07Mais bon, alors c'est très bien.
02:08Là, on vous prêche inconvaincu, vous êtes sur BFM Business.
02:10On fait ça tous les matins,
02:11on essaie de donner de l'amour aux entrepreneurs.
02:14Mais moi, ce que je vois quand même dans le clip,
02:15c'est qu'ils ne vont pas très bien.
02:16C'est-à-dire qu'on parle quand même des difficultés,
02:20de la solitude, des plantages.
02:22La réalité, c'est l'engagement humain.
02:25Il y a trois chiffres qui marquent.
02:26On a complété ça avec quelques études.
02:28Le premier chiffre qui m'a surpris,
02:30c'est deux tiers des entrepreneurs et entrepreneurs
02:32qui disent qu'ils sont fatigués, sous pression,
02:36dans un peu l'incertitude.
02:37Moi, je ne m'attendais pas à ça.
02:38Je suis plutôt feel good.
02:39J'aime plutôt regarder le verre à moitié plein.
02:41La réalité, c'est qu'on a une expression très, très forte
02:44d'un sentiment quand même de grande fatigue,
02:46de grande pression.
02:47Premier chiffre qui marque fortement.
02:49Le deuxième chiffre qui m'a marqué,
02:51ce qu'on leur a dit.
02:52Bon, on leur a demandé comment vous vous sentez
02:54par rapport aux enjeux de la société, etc.
02:56La moitié disent, moi, je me sens d'abord responsable.
02:58Je me sens responsable de ma boîte.
03:00Je me sens responsable de mes salariés.
03:01Je me sens responsable de ce que je fais dans les territoires.
03:03Je pourrais vous donner plein d'exemples là-dessus.
03:06C'est même un peu effrayant parce qu'ils placent
03:07la responsabilité de la gestion de leur boîte,
03:09souvent celle de leur famille.
03:11Donc, c'est quand même dans le ranking un peu des sujets.
03:13C'est quand même marquant.
03:14Et le troisième chiffre, qui est le chiffre
03:16qu'on aime quand même toujours avoir,
03:18c'est quand à la fin de cette enquête,
03:19on leur dit, mais si vous aviez remonté une boîte,
03:21est-ce que vous le feriez ?
03:22Et là, il y a la trois quarts qui disent oui.
03:24Alors, la moitié disent oui tout de suite.
03:26L'autre quart dit oui différemment.
03:27Mais tout le monde dit, je remonte la boîte.
03:29– Mais ce qu'on voit aussi,
03:30c'est qu'il y a un décalage aussi avec la vision politique.
03:33C'est-à-dire que le débat sur la taxe Zuckman
03:35a fait beaucoup de mal,
03:36notamment au moral des entrepreneurs.
03:38Et on ressent ce besoin d'amour, de reconnaissance quand même.
03:41– Besoin d'amour, besoin de reconnaissance.
03:43Il y a une phrase que moi j'adore.
03:44On dit, j'aimerais qu'on puisse célébrer
03:46les entrepreneurs comme des sportifs.
03:48Pourquoi ce ne seraient pas des rock stars ?
03:50Pourquoi est-ce qu'on ne se dirait pas
03:50que c'est des gens extraordinaires qu'on les célèbre ?
03:53Et c'est vrai qu'il y a eu beaucoup de dégâts.
03:55Moi, ça fait 30 ans que je suis sur le terrain.
03:57Je vois des dirigeants toutes les semaines, tous les jours.
03:59On accompagne 100 000 clients.
04:01Le débat sur les holdings et la taxe Zuckman,
04:04j'ai vu un bien somptuaire à l'actif d'une boîte en 30 ans.
04:08J'ai surtout vu des holdings qui permettent
04:09de structurer le patrimoine,
04:11qui permettent d'organiser l'investissement,
04:12qui permettent de transmettre.
04:14Le débat sur le Dutreil, j'étais encore hier
04:16avec la dirigeante d'une très belle OTI
04:18dans la région lyonnaise.
04:20Elle nous explique,
04:20que je n'aurais jamais pu reprendre la boîte de mon père
04:23s'il n'y avait pas eu Dutreil.
04:25On aurait vendu ou on aurait dépecé le groupe,
04:27on aurait vendu la moitié des actifs
04:28pour financer la transmission
04:29et on aurait divisé la taille du groupe par deux.
04:33Donc, c'est ça la réalité.
04:34Holding, tax Zuckman, financement de l'innovation,
04:39le débat de la niche fiscale sur le crédit d'impôt recherche.
04:42La réalité, c'est qu'on a un pays créateur,
04:43on a un pays d'innovateur.
04:45Et un de nos saluts, c'est notre capacité à innover.
04:48Donc, le financement de l'innovation,
04:49moi, mon business, c'est les PME et les ETI,
04:52hyper important.
04:53Et on a des sujets magnifiques avec le digital et l'IA qui arrivent.
04:56Super opportunité à saisir là-dessus.
04:58Est-ce que vous voyez des entrepreneurs
04:59qui ont une envie d'engagement politique ?
05:03Pas forcément, je ne parle pas forcément
05:04de prendre sa carte dans un parti et de se lancer,
05:06mais de discussion,
05:09de porter ces sujets dans le débat public,
05:10notamment avec la présidentielle qui arrive.
05:12Alors, il y a beaucoup de mouvements d'entrepreneurs
05:14qui se montent actuellement,
05:16plutôt médiatisés,
05:17avec des personnes très charismatiques.
05:18Après, moi, les dirigeantes, les dirigeants que je vois,
05:20il y a tout avis politique.
05:22Le spectre, il est quand même assez large.
05:25Je pense qu'il y a quand même d'abord
05:26la volonté de se focaliser sur sa boîte.
05:28Il y a de l'attente.
05:29Mais l'attente, c'est juste,
05:31est-ce qu'on peut faire des choses simples,
05:33stabilisées,
05:34pas rajoutées de réglementation ?
05:35Il faut juste mettre,
05:36et tout le monde connaît ça,
05:38qui écoute BFM Business,
05:39juste mettre à la place d'un dirigeant
05:41incertitude sur la demande,
05:43incertitude sur les prix d'achat,
05:45incertitude géopolitique,
05:46incertitude sur le financement,
05:48si on peut s'éviter...
05:48Ça fait beaucoup de cauchemars.
05:49...une petite couche encore
05:50d'incertitude réglementaire et fiscale,
05:53si on peut sécuriser
05:54quelques éléments de base
05:55qui permettent de se focaliser
05:56sur le business.
05:57Et après, tous les dirigeants
05:58et les dirigeants que je rencontre,
05:59ils sont d'abord là
06:00pour développer leur boîte,
06:01des nouveaux produits,
06:02gagner des clients,
06:03fidéliser les équipes,
06:04la formation,
06:06la satisfaction,
06:07l'investissement,
06:08c'est ça le business.
06:09Donc vous ne les sentez pas
06:11volontaires pour la campagne.
06:12Qu'est-ce que vous avez envie
06:13de dire, vous, aux politiques ?
06:15Bah, moi je ne suis pas un politique
06:18ni un syndicaliste.
06:20Nous, on aide des boîtes,
06:22on aime ça,
06:23on a ça dans le sang
06:24et on a envie qu'elles réussissent.
06:26Par contre, je pense que
06:27la reconnaissance
06:28qu'il y a 5 millions de boîtes
06:30en France,
06:31derrière ces 5 millions de personnes
06:33qui se lèvent le matin
06:34et qui décident d'entreprendre.
06:36Et on peut parler des PME,
06:38des ETI,
06:38qui ont des fonds propres,
06:39qui ont une capacité d'encaissement,
06:40qui ont une capacité de réaction,
06:41etc.
06:42La réalité, c'est qu'une part significative
06:44des boîtes,
06:44c'est des TPE.
06:45Les TPE, il y en a beaucoup
06:47qui se montent,
06:47mais elles sont en mode survie.
06:49Et quand on regarde nos chiffres,
06:50c'est encore plus prégnant.
06:51C'est qu'est-ce que j'encaisse,
06:53comment je paye mes salariés
06:54et après, comment je me paye.
06:55Et ça, il faut bien l'avoir à l'esprit,
06:57c'est l'extrême fragilité
06:58du tissu économique
06:59des petites boîtes.
07:00Il faut faire très attention
07:01parce qu'on en a grandement besoin.
07:03Merci beaucoup Jérôme Kieffer
07:04d'être venu ce matin
07:04dans la matinale de l'économie.
Commentaires

Recommandations