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  • il y a 6 minutes
Ce mercredi 15 avril, Vincent Levita, fondateur et président d'InfraVia, était l'invité dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good morning business, parole de patron.
00:03Et ce matin, notre invité c'est Vincent Levita.
00:06Bonjour, vous êtes le fondateur et président d'Infravia, société de capital investissement.
00:10Vous faites de l'infrastructure, des métaux critiques, de l'immobilier.
00:13Vous venez d'investir dans une raffinerie à lac.
00:16Objectif, faire en sorte que l'Europe arrive à casser sa dépendance vis-à-vis des Chinois.
00:22On avait ce plan sur les métaux qui a été développé par l'Europe.
00:26Parce que vous pensez qu'on peut y arriver et surtout en combien de temps on peut réussir à créer
00:31une filière sur la question des métaux rares ?
00:34Oui, on peut y arriver. Le match de la souveraineté, il peut se gagner.
00:37Il se gagnera dans le temps.
00:40L'investissement, c'est toujours la même chose.
00:42Il faut démarrer par les compétences.
00:44Ensuite, il faut sécuriser les filières d'approvisionnement.
00:47Et ensuite, il faut développer le tissu industriel.
00:50Donc oui, il peut se gagner. C'est sûr, si on ne le joue pas, on le perd.
00:53Là, il peut se gagner.
00:54Vous me dites qu'il faut commencer par les compétences, mais il faut une génération parfois pour faire des compétences.
00:58Oui, c'est des compétences qu'on avait historiquement.
01:01Je rappelle que l'école des milles a servi à construire cette compétence.
01:06Il se trouve que dans les terres rares, et c'est ce qui est amusant dans ce projet,
01:10on avait la plus grande usine de terres rares en France, à La Rochelle.
01:15Il y a des compétences.
01:16L'investissement qu'on vient de faire, c'est que c'est un entrepreneur qui a récupéré ses compétences,
01:20qui les a fait fructifier.
01:22L'État les a soutenus, d'ailleurs, il faut le dire, au moment où ils étaient au début,
01:26au moment où ils étaient fragiles.
01:27Et maintenant, c'est une société qui est compétitive.
01:31Nous, on la soutient pour la développer, en partenariat d'ailleurs avec des Japonais, avec des Américains.
01:37Et en termes de volume, on peut imaginer quoi sur ce type de raffinerie ?
01:42En termes de volume, pour le moment, sur les terres rares lourdes,
01:47on va représenter 15% de la filière,
01:51sachant qu'aujourd'hui, on part d'une situation initiale où les Chinois représentent 95%.
01:54Oui, on a de la marge.
01:57Oui, mais ça veut dire qu'on peut créer les conditions d'un début de souveraineté.
02:02Donc oui, ça va se gagner, ça se jouera dans le temps.
02:04On ne va pas construire ça en 5 minutes.
02:06Mais après, un prix qui est compétitif vis-à-vis des Chinois, on arrive ?
02:11La question du prix, elle est assez simple.
02:16À partir du moment où il y a des prix hors marché qui sont pratiqués par certains pays,
02:22c'est à l'Europe de décider, d'ailleurs c'est au reste du monde de décider,
02:25ce qu'ils sont en train de faire,
02:26s'il y a des moyens de contrer ce genre de pratiques.
02:31Mais bon, la souveraineté, c'est une question d'attractivité, de compétitivité,
02:37je l'ai dit de compétence, c'est une question qui se construit dans le temps.
02:41Mais justement, d'attractivité, quand vous, vous investissez sur des gros projets,
02:44parce que vous venez aussi de lever de l'argent pour les infrastructures,
02:46donc là on est sur des montants qui sont très importants,
02:48où vous n'êtes pas seul évidemment à investir.
02:50Que vous disent les autres investisseurs mondiaux de l'Europe ?
02:54Aujourd'hui, ils nous voient comme un îlot de stabilité vis-à-vis des Etats-Unis,
02:58ou quand on voit les chiffres, c'était encore le cas ce matin dans les publications du FMI,
03:02de la croissance américaine qui surperforme,
03:05en tout cas ne va pas être abaissée par rapport aux autres pays,
03:07où les Etats-Unis quand même restent...
03:09En fait, c'est une question très intéressante.
03:11Sur les infrastructures, où on traite aussi les questions de souveraineté,
03:14dans le digital, dans l'énergie en particulier,
03:17nous on vient de lever un fonds de 8 milliards,
03:19ça nous fait un des plus gros fonds d'Europe pour investir dans ces domaines-là.
03:26Ce que je dis, c'est que sur ces 8 milliards,
03:28on en a récupéré, on en a levé 5,
03:31donc plus de la moitié en dehors d'Europe.
03:33Donc l'Europe qui s'autoflagelle et qui dit...
03:35C'est un bon indicateur.
03:36Ça veut dire qu'en fait, le reste du monde, hors Europe,
03:39croit peut-être plus en l'Europe que l'Europe elle-même.
03:41Et nous on dit que les conditions de compétitivité et de souveraineté en Europe,
03:45elles existent, il faut les jouer.
03:47On a de la stabilité, on a une population éduquée,
03:50relativement riche, relativement fiable en termes de fonctionnement.
03:55La croissance faible ne fait pas peur ?
03:57La croissance faible, c'est sûr que c'est un deux points de faiblesse.
04:02On a deux points de faiblesse,
04:03c'est une gouvernance un peu compliquée au niveau de l'Europe
04:05et une croissance faible.
04:07On sait d'où ça vient d'ailleurs, on saurait comment la traiter.
04:10Mais c'est, en échange de ça, on a effectivement un endroit très stable
04:15et très fiable qui est très attractif.
04:18Et à l'intérieur, une croissance faible, il y a des îlots de croissance forte.
04:21Vous parlez, nous on investit dans les data centers,
04:24dans l'énergie, dans le stockage d'énergie, dans les métaux.
04:28Ça c'est des pôles de croissance fort à l'intérieur d'une économie parlantie.
04:32Vous investissez dans le nucléaire type SMR,
04:35aux projets comme ça ?
04:35Il y a des fonds qui disent que ce n'est pas leur travail justement,
04:38que c'est trop risqué, que c'est le job de l'État d'aller sur ce type de projet
04:42?
04:42Oui, le nucléaire pour le moment, on n'investit pas.
04:46Le nucléaire habituel, c'est un monopole de l'État,
04:49c'est probablement mieux d'ailleurs.
04:51Le nouveau nucléaire, comme on l'appelle pour le moment, c'est trop tôt.
04:54Donc je pense que c'est les fonds d'investissement.
04:57D'ailleurs, c'est ce qu'on a fait dans les terrains.
04:59Ça arrive quand la technologie est éprouvée, que le marché est éprouvé.
05:02Sur la question européenne,
05:04vous dites peut-être que les Européens ne sont pas assez convaincus eux-mêmes
05:07qu'il y a une force.
05:08Il y a aussi toutes les questions de réglementation,
05:11de l'Europe qui ne va parfois pas assez vite.
05:12Alors ce matin, on a un plan pour l'acier,
05:14où l'acier dit « Ah enfin, on a compris ce dont on avait besoin,
05:17on va être protégé des Chinois ».
05:19Et puis, on a aussi Onyursala Vandalen qui dit
05:21« Je devois faire quelque chose pour l'essence »,
05:23mais qui reporte, qui reporte, qui reporte.
05:25On attend toujours des mesures.
05:26On a deux signaux contradictoires.
05:28Est-ce que vous, vous avez l'impression que l'Europe va assez vite
05:30sur ces questions industrielles ?
05:32Ce n'est pas une question de vitesse,
05:33c'est plutôt une question de cohérence dans le temps.
05:35Je prenons le cas de l'énergie,
05:37qui est pour moi le plus important et le plus criant
05:39en termes de compétitivité.
05:41Si on doit construire à 10 ans, à 15 ans,
05:43un mix énergétique qui soit à la fois accessible,
05:46donc souverain, qui soit compétitif,
05:48donc économique en coût et qui soit décarboné,
05:51il faut se poser des questions.
05:52C'est quoi ? Quel doit être notre mix ?
05:54Donc quelle part de nucléaire ?
05:55Quelle part de renouvelable ?
05:56On sait que le renouvelable, il est intermittent,
05:59donc il faut une part de stockage.
06:00Il faut conserver un petit peu de gaz
06:02le temps qu'on n'en ait plus besoin.
06:04Donc ça, ça se construit dans le temps.
06:06Donc moi, je n'ai pas de problème de vitesse.
06:07J'ai surtout une question de...
06:10Il ne faut pas changer d'avis sur le nucléaire,
06:12sur la base des renouvelables ?
06:13Et d'ailleurs, les sujets où on a gardé une cohérence forte
06:17sur le renouvelable ou sur la fibre, par exemple,
06:20et même sur les data centers,
06:21on a été assez performants.
06:23Donc nous, évidemment, on est un investisseur de long terme.
06:26Donc ça nous permet de dire,
06:26on investit dans le renouvelable depuis 20 ans,
06:28dans les data centers depuis 10 ans,
06:30dans le stockage d'énergie depuis 5 ans,
06:32aujourd'hui dans les métaux,
06:33et on sait qu'on va faire ça dans les 15 prochaines années.
06:35Donc ça nous donne cette liberté-là.
06:38Merci beaucoup d'être venu ce matin, Vincent Lévita pour Infravia.
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