00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:03Parce que les taux se détendent un petit peu aujourd'hui.
00:06Patrice, nous on joint à Patrice Gauthry pour l'Union Moncats Privés.
00:08Bonjour Patrice.
00:09Bonjour.
00:09Les taux se détendent un petit peu, il n'empêche, on reste sur des niveaux très élevés,
00:13les taux restent relativement perchés.
00:15Quand on parle des taux obligataires, on parle vraiment de la moelle épinière des marchés.
00:19Est-ce que ce mouvement de hausse de taux vous semble pouvoir être arrêté rapidement,
00:24facilement, d'un mot, rien que d'une parole, comme l'an dernier par exemple,
00:28après le Libération Day, il avait fallu que Donald Trump fasse marche arrière pour que les taux se détendent.
00:32Est-ce que ça pourrait marcher comme cela aussi cette fois-ci ?
00:35Oui, il y a effectivement beaucoup de sensibilité de la part des marchés obligataires.
00:39Alors il y a trois éléments que je mettrai en avant.
00:41Le premier élément, c'est bien entendu, vous l'avez mentionné, les prix du pétrole.
00:44On a vu en fait que la dérive récente des prix du baril,
00:48ou les inquiétudes qu'il y a encore sur les prix du baril,
00:51s'était transmise directement sur les taux longs et sur les anticipations d'inflation.
00:54Donc ça, c'est un facteur de dérive, effectivement, de l'évolution des taux longs.
00:59D'autre part, il y a la communication des banquiers centraux.
01:01Il y a beaucoup de communication en ce moment,
01:03de la part aussi bien des membres de la BCE que ceux de la Fed,
01:08et la tonalité plus restrictive, plus au quiche,
01:11serait de nature à calmer les craintes sur les marchés obligataires.
01:15Et puis le troisième élément qui peut jouer en faveur d'un calme sur les marchés obligataires,
01:20c'est la balance entre politique budgétaire et politique monétaire,
01:23puisqu'on le voit notamment au Japon,
01:26et bien en fait la perspective d'un budget supplémentaire de relance,
01:29alors que la BCE n'a pas terminé sa normalisation de taux d'intérêt directeur,
01:35avait encore plus inquiété les marchés obligataires.
01:38Alors, il y a une question qu'on se pose, Patrice,
01:42et si le Japon commençait à vendre significativement son stock de dettes occidentales,
01:50qu'est-ce qui se passerait ?
01:52Alors, ce serait, dans ce scénario-là, ce serait négatif effectivement sur les marchés,
01:57ça mettrait une volatilité très très importante.
02:00Le premier point, on peut répondre peut-être avec plus de détente,
02:03je dirais, par rapport à ces craintes.
02:05Le premier, c'est que les Japonais, les investisseurs japonais,
02:08sont très actifs, en fait, sur des achats et des ventes de dettes américaines et de dettes européennes.
02:13Les dernières données montrent qu'ils ont vendu au mois de mars,
02:16et bien un peu de dettes américaines, en même temps des pays chinois d'ailleurs,
02:20même si ça ne remet pas en cause effectivement le fait que le Japon soit devant la Chine
02:25les premiers détenteurs, en fait, de la dette publique américaine.
02:29Ils l'ont été, les Japonais, aussi actifs sur les dettes européennes,
02:33et on avait vu lors de tensions au sein de la zone euro,
02:36que ceux-ci étaient vendeurs parfois de dettes européennes,
02:39mais ils peuvent aussi revenir en termes de dettes dès que les événements se sont calmés.
02:45Donc ils sont très actifs, mettent un peu de volatilité,
02:48mais néanmoins, en fait, comme le Japonais est un pays créditeur,
02:52il y a toujours intérêt à diversifier.
02:53Il faudrait soit des variations de change très très importantes,
02:56et à cet égard, on a vu beaucoup de réunions entre Takeishi et la ministre,
03:01Takeishi, la ministre des Finances japonaise, et M. Bessent,
03:05au moment des réunions internationales.
03:08Il faudrait donc beaucoup de variations de devises,
03:11ou beaucoup de remontées des taux longs japonais,
03:14de 2,70 et un petit peu plus, par rapport à ce qu'on disait tout à l'heure,
03:18une normalisation de la banque centrale qui n'est pas terminée,
03:21et une crainte de la part des marchés financiers sur la dérive,
03:25un effet listreuse, c'est-à-dire une nouvelle dérive budgétaire
03:29de la politique budgétaire japonaise.
03:30Mais plutôt, on dirait en moyenne,
03:33ce sont plutôt en fait des investisseurs qui sont stables,
03:36parce que le Japon est un créditeur net
03:37et a besoin en fait de placer son épargne, son épargne excédentaire.
03:42Patrice Gautry, plutôt rassurant quand même sur ce marché obligataire,
03:45l'union bancaire privée.
03:46Merci beaucoup Patrice de nous avoir accompagnés.
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