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  • il y a 5 heures
Ce vendredi 17 avril, Nour Bendimered, directeur des investissements chez iVesta Family Office, s'est penché sur l'exposition aux obligations à plus longue maturité malgré les craintes sur l'inflation, le rebondissement des marchés avec la réouverture du détroit d'Ormuz, et le retour en force de la tech sur les marchés, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Il est 15h42, et du coup, bah oui, Nour vient de l'enjoindre, Nour Ben Limered, bonjour Nour.
00:05Bonjour Guillaume.
00:05T'es perdu, j'attendais un jingle qui n'est pas arrivé, mais c'est de ma faute, il n
00:08'y a pas de jingle à ce moment-là.
00:09Vous êtes, Nour, le directeur des investissements d'Ivesta, on est ravis de vous retrouver,
00:12parce que vous allez rendre votre verdict là face au marché, on reviendra sur l'actualité du jour,
00:16iranienne, très chaude et brûlante dans un instant.
00:18Votre verdict, ce verdict que vous allez livrer, cet instant qu'on va vivre, est-ce que vous l'assumez
00:23?
00:23Alors j'essime et je l'assume que malgré les craintes sur l'inflation,
00:27c'est le moment de rallonger la duration dans les portefeuilles.
00:29Ah oui, gourmand.
00:32Malgré les craintes sur l'inflation donc, il faut renforcer son exposition aux obligations,
00:37mais alors si possible, des obligations long terme.
00:38Est-ce que vous pouvez nous expliquer en quoi c'est intéressant ?
00:41Bien sûr, alors effectivement, c'est rallonger la duration,
00:42c'est-à-dire prendre des expositions sur des obligations à plus longue maturité.
00:46Aujourd'hui, le marché est quand même très concentré sur les risques inflationnistes,
00:50à cause de la guerre, à cause de l'impact sur les prix du pétrole.
00:52Alors c'est vrai qu'il y a un risque de léger dérapage de l'inflation à très court terme.
00:57Par contre, notre rôle, c'est de se prolonger dans le monde d'après.
01:00Et quand on voit, quand on essaie de challenger notre vision sur le monde d'après,
01:04ce qu'on anticipe, c'est un retour des forces désinflationnistes.
01:07La première, avec l'impact de la guerre en Iran,
01:10un des scénarios qui se dessinent,
01:11on voit quand même une accalmie ces dernières minutes sur le détroit d'Hormuz,
01:16mais potentiellement une levée totale des sanctions contre l'Iran.
01:19Ce qui amènerait quand même à une offre de pétrole beaucoup plus importante.
01:23On estime entre 3 et 5% d'offres supplémentaires sur le marché du pétrole à horizon 12-18 mois.
01:29Et les marchés, notamment sur le pétrole, intègrent en grande partie ce scénario-là.
01:32Quand on regarde les courbes forward,
01:34donc l'anticipation de prix sur les matières premières,
01:38notamment sur le pétrole à horizon long terme,
01:40on est aujourd'hui 10 dollars en dessous des prix qui prévalaient avant la guerre.
01:45Donc le marché intègre quand même des prix du pétrole qui sont durablement plus bas.
01:48On est à 55 contre 65 avant la guerre.
01:50Malgré l'écume des jours, à long terme,
01:52on imagine un pétrole plutôt beaucoup plus bas qu'aujourd'hui.
01:54Exactement. On a deux grandes forces.
01:56Le Venezuela, même si c'est un pétrole beaucoup plus lourd et plus difficile à raffiner,
02:01et surtout le retour, d'une certaine manière, du pétrole iranien.
02:05La deuxième grande force des inflationnistes,
02:07c'est l'intelligence artificielle,
02:09avec notamment son impact sur le marché de l'emploi,
02:12donc sur les salaires, la demande, et donc sur l'inflation.
02:14Une inflation plus basse à moyen terme,
02:17ça veut donc dire mécaniquement des taux plus bas à moyen long terme.
02:21C'est plutôt un rationnel qui n'était pas forcément vrai l'année dernière,
02:24mais qui commence à se dessiner,
02:26notamment avec l'incroyable adoption de l'intelligence artificielle
02:29depuis le début de l'année,
02:30avec le raz-de-marée qu'a représenté Claude Dantropique.
02:33Et l'IA forcément sera des inflationnistes,
02:36va participer à dégonfler le risque d'inflation à l'avenir.
02:38En tout cas, c'est notre thèse aujourd'hui, effectivement,
02:41par plusieurs mécanismes.
02:43D'une part, on a vu le choc sur le marché du software.
02:47Beaucoup essaient quand même de remplacer des softwares
02:49qui coûtaient relativement cher par des outils construits en interne.
02:52Donc pour plusieurs entreprises,
02:53ça peut représenter une source de désinflation,
02:57et donc de baisse des coûts,
02:58et donc de désinflation pour le consommateur final.
03:01Mais aussi, malheureusement,
03:02le contre-coût de cette option de l'IA,
03:05c'est la destruction massive des postes.
03:08il y a quand même un risque de hausse relativement importante
03:13du chômage à moyen-long terme,
03:15ce qui fait peser un risque sur la croissance,
03:17et donc sur l'inflation.
03:18Oui, et ça joue que la démographie.
03:20Le monde vieillit, il n'y a pas que la France,
03:22il n'y a pas que l'Europe, il n'y a pas que la Chine,
03:24et les États-Unis.
03:25Il y a un vieillissement démographique dans les deux tiers du monde,
03:28facilement.
03:28On a une chute de la natalité dans énormément de pays du monde.
03:31Ça aussi, ce sera désinflationniste ?
03:33Alors aujourd'hui, la recherche académique
03:35n'est pas tout à fait convaincue de la conclusion
03:38du vieillissement démographique.
03:39Ça dépend en grande partie de la forme de la pyramide des âges,
03:42mais effectivement, globalement,
03:44un vieillissement démographique,
03:45d'après les études académiques,
03:47ça peut représenter soit des forces inflationnistes,
03:50si on a beaucoup de vieillissement vers les retraités,
03:54si on a une arrivée massive sur le marché de l'emploi,
03:58c'est plutôt désinflationniste.
04:01Donc ça dépend.
04:01Aujourd'hui, il n'y a pas vraiment de conclusion très ferme
04:03du côté des académiques.
04:05Néanmoins, ce qui est certain, à notre sens,
04:08c'est qu'il y a des potentielles tensions
04:10sur le marché du travail du fait du vieillissement démographique,
04:13et ce qui a tendance, traditionnellement,
04:15à être plutôt inflationniste,
04:16mais en réalité, l'intelligence artificielle
04:19vient combler ce manque d'offres de travail.
04:22Donc une force qui pouvait potentiellement être inflationniste,
04:25le manque d'offres de travail du fait du vieillissement démographique,
04:28sera complètement compensée
04:30par l'arrivée d'offres artificielles,
04:32représentées par l'IA et par la robotisation.
04:35Donc on a une force qui était potentiellement inflationniste historiquement,
04:38qui est en grande partie compensée par l'IA,
04:41et donc on a finalement un retour des forces désinflationnistes
04:44qui pourraient prendre le dessus sur les forces inflationnistes
04:47et avoir, in fine, un nouveau régime d'inflation modéré,
04:51et donc de taux bas.
04:53On ne pense pas qu'on reviendra sur un régime à la 2010-2020
04:56avec des taux très très bas, voire négatifs,
04:59mais plutôt des taux relativement modérés,
05:01et donc aujourd'hui, se positionner sur des taux longs,
05:04notamment quand on regarde la montée qu'on a eue
05:07sur les taux souverains européens,
05:08il y a quand même des opportunités intéressantes à capturer.
05:11D'accord, donc investir sur le marché obligataire,
05:14et surtout sur les obligations à plus longue maturité,
05:16ça paraît contre-intuitif, parce que vous l'entendez,
05:18vous tous qui nous suivez peut-être parler que d'inflation en ce moment,
05:20avec les cours du pétrole qui ont bondi et tout,
05:22vous dites, non, non, si on se projette à plusieurs trimestres,
05:25non, la perspective n'est pas inflationniste, bien au contraire.
05:28Exactement.
05:29Tiens, on parlait de natalité en Corée du Sud, figurez-vous,
05:32qui a une forte hausse des ventes de poussettes.
05:34Pourtant, il n'y a pas beaucoup de natalité là-bas.
05:35Oui, mais des ventes de poussettes pour chiens,
05:37ils se vendent désormais plus de poussettes pour chiens en Corée du Sud
05:41que de poussettes pour bébés.
05:43Voilà, c'est quand même assez incroyable.
05:44Plus de 40% des Sud-Coréens en âge de procréer disent ne pas vouloir d'enfants.
05:48On découvre tout ça dans un livre d'un de nos intervenants de BFM Bourse,
05:51Thibaut Prébé, son livre aux éditions du Rocher,
05:53qui vient tout juste de paraître, on le salue Thibaut.
05:55Démographie, la bombe, lente.
05:57Voilà, plus de poussettes pour chiens que pour bébés désormais là-bas en Corée du Sud.
06:00On en est là, on en est là.
06:01Bon, du coup, sur les marchés, voilà,
06:03vous avez trouvé une forme de martingale, je ne sais pas,
06:05mais d'opportunité sur les obligations longues.
06:07Si on revient au marché actions,
06:09on voit que ça se détend encore aujourd'hui,
06:10donc sur le front du conflit, là-bas dans le détroit d'Ormousse,
06:13le CAC 40 gagne 1,8%,
06:15le S&P 500 gagne 0,8%.
06:17Est-ce qu'il faut préparer les portefeuilles aujourd'hui à la paix
06:20ou rester dans une optique d'incertitude
06:24et prêt à tous les scénarii ?
06:26En réalité, notre thèse sur les taux longs, sur l'inflation,
06:30est extrêmement corrélée avec ce qu'on voit
06:31et notre positionnement sur les marchés actions.
06:34Les marchés actions sont aujourd'hui quand même
06:35en grande partie drivés par la tech.
06:37La tech est très sensible au taux long.
06:40Une baisse de taux, c'est aussi un vent dans le dos assez fort
06:43pour tout ce qui est technologique.
06:46Et donc, globalement, tous les marchés
06:47dits de croissance chèrement valorisés.
06:50Et effectivement, aujourd'hui, on est plutôt optimiste
06:52sur les marchés actions et notamment sur le segment technologique.
06:55Encore une fois, quand on regarde l'adoption très, très forte
06:58de l'IA depuis le début de l'année, à alimenter quand même
07:01une révision assez massive des perspectives de croissance
07:04pour tous les marchés américains, un peu plus modestement
07:07pour les marchés européens, mais surtout sur le marché
07:10technologique américain.
07:11Quand on regarde les perspectives de croissance
07:13pour le trimestre qui arrive sur les marchés américains
07:15et notamment sur le segment technologique du S&P 500,
07:18le marché s'attend quand même à 45% de croissance bénéficiaire
07:22au T1-2026 par rapport au T1-2025.
07:25C'est extrêmement fort et il y a quand même un niveau
07:28d'incertitude assez modéré sur cette perspective de croissance
07:31vu que c'est des carnets de commandes qui sont déjà bien remplis
07:34avec beaucoup de visibilité.
07:36Donc effectivement, on est aussi assez optimiste
07:38sur les marchés actions qui ont profité de ce contexte
07:43un peu de guerre pour voir leur valorisation
07:45se dégonfler assez significativement.
07:47Aujourd'hui, c'est vrai qu'on est plus haut en termes de prix.
07:50On a dépassé des nouveaux records.
07:52Par contre, en termes de valorisation,
07:53on n'est pas revenu sur des niveaux de valorisation tendus.
07:55Donc ça reste relativement attractif
07:57et on est effectivement assez optimiste sur les marchés actions
07:59et notamment sur le secteur technologique.
08:01Alors justement, on est quand même assez impressionné
08:04par le rebond des valeurs technologiques,
08:05notamment à Paris et en Europe,
08:07qui est particulièrement...
08:08Tiens, au passage, vous savez qu'Intel a retrouvé
08:11son niveau de l'an 2000.
08:14Ça, c'est un joli symbole.
08:15Ah si, c'est bon si ça.
08:18Mais bon, à noter.
08:19C'est pas le même Intel.
08:21C'est pas le même Intel, on est d'accord.
08:23Et à Paris, on a des hausses absolument spectaculaires
08:26pour certains, les Ribeir, les Soitec, etc.
08:29Mais sur le CAC 40,
08:30on a Dassault Systèmes Capgemini
08:32qui signe des reprises,
08:33alors très robustes,
08:34au-delà des 10% en une semaine.
08:36Est-ce qu'on va trop vite
08:38ou est-ce qu'enfin,
08:39on s'est dit,
08:40on les a peut-être un petit peu massacrés,
08:42il serait peut-être temps de placer des lignes,
08:44mais intelligemment, voilà.
08:46Alors, sur le CAC 40, malheureusement,
08:48on n'a pas forcément le segment
08:50qui profite de cette tendance technologique.
08:52Quand on regarde effectivement Dassault Systèmes
08:53et Capgemini,
08:55ça fait plutôt partie des secteurs
08:57qui sont en danger,
08:59qui sont en tout cas menacés par l'IA.
09:00Alors, qui ont souffert ces dernières semaines,
09:02mais avec peut-être le sentiment des investisseurs.
09:05Voir ces dernières années, en réalité.
09:07Oui, si on regarde à plus en termes.
09:08Voilà, c'est ça.
09:09Parce que sur 10 jours, une semaine,
09:11effectivement, on a un sacré rebond.
09:12Et si vous prenez depuis le point au 2021,
09:15Capgemini et Dassault Systèmes,
09:17c'est quasiment moins 50,
09:18moins 60% pour Dassault.
09:20Donc, c'est une sanction relativement lourde,
09:23mais qui paraît en grande partie justifiée
09:26par le fait que ces business models,
09:29le conseil et le software,
09:32globalement, sont quand même menacés
09:33par l'essor de l'intelligence artificielle.
09:35Il y en a un des mouvements incroyables
09:36dans la tech, même française.
09:38Figurez-vous, des petites valeurs
09:39comme Ribère s'envolent.
09:40Alors, aujourd'hui, moins 7% Ribère,
09:42mais ça cartonne en ce moment.
09:43Soitech, plus 14% encore aujourd'hui.
09:45Mais qu'est-ce qui se passe sur ces titres-là ?
09:47Il y a Calré aussi qui gagne encore 14%.
09:49On en parlera dans un instant
09:50avec les experts de ID Gestion.
09:53Dans un instant, dans 5 minutes.
09:54Précisément, ces petites,
09:55ces small cap tech françaises
09:57qui d'un coup se sont réveillées
09:58et sont parties comme des bolides
09:59depuis le 1er janvier.
10:00Merci beaucoup, Nour,
10:01d'être venu nous voir pour Ivesta.
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