- il y a 3 heures
Ce vendredi 15 mai, Axel Botte, directeur de la stratégie marchés chez Ostrum AM, et Florian Roger, head of CIO office chez BNP Paribas, se sont penchés sur les taux d'intérêt qui montent sur le marché obligataire en raison de l'inquiétude constante sur l'inflation, les enjeux de la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping à Pékin, l'extrême volatilité du cours du pétrole, ainsi que les prises de bénéfices sur les semi-conducteurs, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
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00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:03Et j'accueille aujourd'hui Florian Roger de BNP Paribas, bonjour.
00:08Bonjour Antoine.
00:09Ainsi qu'Axel Bott d'Ostrom AM.
00:11Bonjour.
00:12Bonjour, merci d'être avec nous.
00:13Alors, j'allais dire, malgré la très forte baisse,
00:16enfin la très forte baisse, qu'est-ce que je raconte ?
00:18Non, on perd un demi pour cent, ça va, ça va aller, on va s'en remettre.
00:21Mais voilà, les marchés se tiennent bien,
00:24alors que, moi je regarde le marché obligataire,
00:26j'en finis pas de m'inquiéter.
00:27Est-ce que j'ai tort ?
00:29Est-ce que, voilà, mes siestes sont un petit peu nerveuses,
00:34mais quand je me réveille et que je vois l'OAT français, disons, à 3,80,
00:394,58 pour le disant américain,
00:42je sais pas, est-ce que vous sentez la tension, là, en ce moment,
00:45en cette fin de semaine ?
00:47Voilà, c'est un petit peu, je trouve que vous avez très bien résumé les choses avant,
00:50c'est-à-dire là, on a un changement de séquence qui s'opère.
00:52On a eu une séquence où on a eu les résultats des entreprises de la tech américaine
00:55qui ont été surpris, qui ont été très forts,
00:57et finalement, qui ont concentré toutes les attentions.
01:00Les marchés ont fortement monté.
01:02Et puis, là, on est en train de passer dans une séquence qui est plus macroéconomique,
01:06donc moins microéconomique et plus macroéconomique,
01:09marquée par les chiffres d'inflation qu'on a vus aux Etats-Unis,
01:11qu'on a vus au Japon avec l'appréhension des banques centrales.
01:14Et donc, c'est une séquence qui est un petit peu plus problématique,
01:19effectivement, pour les marchés,
01:20parce que là, on risque d'avoir des forces stagflationnistes,
01:23c'est-à-dire plus d'inflation, moins de croissance.
01:24Donc, nous, dans notre allocation d'actifs,
01:26on a sorti une actualisation au cours de la semaine,
01:28où, effectivement, on est un petit peu plus prudent aujourd'hui.
01:32Bon, on va conserver ce biais prudent,
01:35mais c'est vrai qu'en plus, ça fait des semaines et des semaines de suite
01:38qu'on dit « le marché est prudent, le marché est prudent ».
01:41Oui, les indices sont quand même au top,
01:45notamment du côté de Wall Street,
01:46on n'est pas trop trop mal côté Europe.
01:48Côté Europe, et puis parallèlement,
01:50il y a cette sorte de migraine latente et continue des taux.
01:54Axel Bott, est-ce que c'est un petit peu le tableau que vous faites
01:58aussi du sentiment de marché en ce moment ?
02:00Oui, surtout que c'est mondial,
02:02pour des raisons qui peuvent être différentes d'une région à l'autre.
02:08Il y a eu la prime politique aussi au Royaume-Uni
02:10qui est venue se surajouter à cette problématique commune liée au pétrole.
02:17La BCE qui annonce vouloir très certainement monter les taux.
02:22En tout cas, ils sont un peu engagés dans un mouvement de hausse des taux
02:27pour contrer la hausse des anticipations qu'elle ne veut pas ignorer
02:31pour éviter une rémanence de 2022, peut-être.
02:35Mais en tout cas, tout ça fait qu'on a effectivement une pression haussière sur les taux.
02:41Il y a un certain nombre de pays en Europe
02:43qui ont, suivant leur degré de marge de manœuvre budgétaire,
02:47ont aussi essayé de contrecarrer l'effet des prix de l'énergie.
02:51C'est exactement ce que la BCE ne voulait pas voir.
02:53C'est ce qu'on voit également au Japon.
02:54On a d'une certaine manière aussi le remboursement des droits de loi aux États-Unis
02:58qui fait 137 milliards de déficit additionnel à terme.
03:03Donc, tout ça, mis bout à bout, met de la pression sur les marchés obligataires aujourd'hui.
03:10Ce qui est très étonnant, par exemple, c'est que quand on regarde, par exemple,
03:13le marché du crédit, il ne se passe rien au niveau des spreads.
03:16Et au jour le jour, les émissions obligataires d'entreprises se passent plutôt bien.
03:21C'est-à-dire que jusqu'à aujourd'hui, on est toujours sous-suscrit
03:24et on trouve, il y a du cash quand même.
03:27Malgré tout, visiblement, il y a quand même de quoi se placer.
03:31Donc, effectivement, il y a eu cette séquence micro qui a interrompu
03:35cette grosse séquence géopolitique macro sur les premiers jours,
03:41disons, de la saison des résultats.
03:43Là, on revient sur quelque chose d'un peu plus anxiogène
03:46et probablement aussi, on s'attendait à quelque chose d'un peu plus concret
03:50de la visite de Trump en Chine, que ce soit sur la question commerciale
03:54ou sur la question d'une éventuelle coopération chinoise
03:58pour débloquer la situation d'Hormuz.
04:00On n'a eu aucune des deux, en réalité.
04:01Donc, je pense que cette fin de semaine,
04:06elle marque bien le fait qu'il n'est pas sorti grand-chose
04:10de ce sommet à Chine-États-Unis.
04:12J'allais y revenir, Florian Roger, parce que c'est vrai que
04:15ces 48 dernières heures, on a quand même assisté à un truc un petit peu fou.
04:19On a vu Donald Trump et Xi Jinping redoubler d'amabilité,
04:24être super gentils les uns avec les autres.
04:27On n'avait pas vu depuis très longtemps Elon Musk.
04:30Il était dans le grand raout de patrons de la high-tech américaine
04:34qui étaient invités justement à ce sommet bilatéral.
04:37On a vu Jensen Wang se balader dans les rues de Pékin
04:39et goûter à tous les stands de street food qu'il voyait.
04:41C'était une rock star, comme d'habitude, le patron d'NVIDIA.
04:46Mais c'est vrai que c'était plus de la diplomatie que du business, cette fois.
04:50Même le deal avec Boeing, qu'on nous vendait comme un truc historique,
04:54il avait fait venir avec lui le patron de Boeing.
04:56Bon, apparemment, c'est plus un petit deal qu'autre chose.
05:00Est-ce que finalement, le marché ne s'est pas trompé ?
05:02Attendez du business et s'est retrouvé de voir un rendez-vous diplomatique
05:06dont on va vite revenir.
05:08Il n'y a pas d'énormes annonces, effectivement, à la sortie de ce sommet.
05:13Ce qu'on peut retenir, je pense, c'est...
05:15On a eu la question de Taïwan qui a quand même été largement évoquée,
05:19avec cette idée quand même qu'il y a davantage de fragmentation de l'économie mondiale
05:22avec des zones, en fait, et des influences sur les zones.
05:26Qu'est-ce que ça amène ?
05:27Ça peut amener dans le temps quand même une appréciation des monnaies asiatiques et chinoises
05:30et sur cette idée de dédollarisation qui était quand même la monnaie globale.
05:33Ça, c'est dans le temps, en fait, de manière assez structurelle.
05:36Pas nécessairement maintenant, mais en fait, dans le temps.
05:39Deuxième point, sur le détroit d'Hormuz, effectivement, il y avait de l'espérance de la part des marchés
05:42et puis, en fait, finalement, il n'en sort pas grand-chose.
05:45Et là, ça stresse un petit peu plus parce que nos analystes nous disaient quand même
05:50attention sur les stocks de pétrole, on aura un peu plus de contraintes
05:54qui vont arriver, en fait, à partir de fin juin,
05:57avec potentiellement un peu plus de destruction de demandes, en fait, pendant l'été.
06:00Donc, c'est un élément qui amène du stress aujourd'hui sur les marchés.
06:05Et le dernier point, c'est ce que vous évoquiez tout à l'heure.
06:08C'est-à-dire qu'on a toute une séquence, en fait, autour des droits de douane.
06:11Et on voit aujourd'hui qu'en fait, on a plus d'indépendance de la tech chinoise.
06:15Et donc, là-dessus, ça, c'est plutôt un facteur positif pour les marchés.
06:19C'est que sur la guerre commerciale, on a l'impression que ça se calme quand même globalement.
06:23Alors, ça, c'est plutôt bien.
06:26Et le ton, finalement, diplomatique, au détriment d'un côté business qui est un petit peu déçu,
06:33ça, c'est... On l'a vu du côté des taux et du côté du marché,
06:37ça aurait pu être encourageant.
06:38Et finalement, ça ne l'est pas.
06:39On sent qu'il y a toujours du stress à ce niveau-là,
06:41alors que la peste de la pression commerciale entre États-Unis et Chine,
06:44ça reste quand même quelque chose qui est très inquiétant.
06:47Là, comment ça se fait que ça ne marche pas ?
06:49Ça, c'est très positif sur le moyen terme.
06:51Mais là, on a quand même la pression de la fermeture du détroit d'Hormuz
06:54en se disant...
06:55Ça repasse devant.
06:56Exactement. On commence à être un petit peu dans le money time là-dessus.
06:59Donc, on a une séquence macro qui va être plus compliquée à digérer par le marché.
07:03On a cette fermeture du détroit d'Hormuz.
07:05Nous, c'est pour ça que dans l'allocation d'actifs,
07:07là, on a plutôt réduit les risques, en fait, sur la semaine passée.
07:11Ce qui est commun avec pas mal d'intervenants,
07:13parce que là, on a l'impression que ce n'est vraiment justement pas le moment
07:17de dérégler complètement la table de mixage.
07:19Mais Axel Bott, on est un petit peu du côté du pétrole,
07:23comme avec les taux.
07:25Voilà, c'est higher for longer.
07:27Moi, je dis ça partout dans toutes les analyses,
07:29que ce soit sur le pétrole, sur les taux des grandes banques américaines,
07:31higher for longer.
07:32Et ça va falloir s'y faire.
07:34Pour l'instant, ça a piqué trop longtemps
07:36pour que ce soit un dollar pour un certain nombre d'intervenants.
07:39Oui, et puis surtout, on est dans une situation très compliquée
07:43du point de vue de l'offre de l'OPEP.
07:45On a perdu à peu près 7,5 millions de barils jour
07:48sur la production des pays du Golfe.
07:52Et c'est des pays comme l'Irak ou le Kauaïk
07:54qui avaient peu de capacités de stockage avant,
07:58puisque la production est destinée à être exportée quasiment rapidement.
08:02Donc, vous arrêtez la production parce que vous ne pouvez plus exporter.
08:06Ça mettra du temps pour revenir,
08:08puisqu'il faut toujours recréer la pression qu'il faut pour sortir le pétrole.
08:12Donc, ça prend toujours un petit peu de temps.
08:14Et dans l'intervalle, on a beaucoup mis à contribution
08:18les stocks commerciaux et même les stocks stratégiques aux États-Unis.
08:22On a eu, je pense la semaine dernière,
08:24une mise sur le marché d'un peu plus d'un million de barils
08:27dans les réserves stratégiques américaines par jour.
08:32Donc, c'est quand même beaucoup.
08:34Et puis, évidemment, beaucoup ont mis à contribution les stocks commerciaux.
08:40Donc, ça, c'est quelque chose que vous pouvez faire une fois.
08:42Vous pouvez compenser une fois
08:44pour une durée relativement limitée la perte de production.
08:48On détruit un petit peu de demande.
08:50Mais quelque part, il faut absolument qu'on détruise de la demande.
08:53Sinon, la sensibilité du pétrole à cette situation de stock
08:57qui se réduit rapidement va devenir potentiellement exponentielle.
09:01Le gros risque, c'est peut-être que, quelque part,
09:04le choc pétrolier soit devant nous
09:06et qu'on se retrouve un peu comme ce qu'on a connu très rapidement
09:10sur les produits distillés, par exemple, le kérosène,
09:13avoir des prix à 200 dollars sur le brut,
09:15donc une kérosène à 400 dollars
09:17et, en plus, un vrai effet de pénurie
09:20qui est aujourd'hui masqué par le recours au stock.
09:24Donc, cet effet-là, à mon avis, est assez mal compris,
09:29mais c'est en train de rattraper un petit peu les opérateurs.
09:33On sait que, justement, le mois de juin va être assez compliqué
09:37du point de vue de l'évolution des stocks,
09:39sachant qu'il y a un certain nombre de pipelines,
09:41un certain nombre d'équipements
09:42qui requièrent un niveau minimal de stock
09:44et qui ne fonctionnent pas en dessous.
09:46Donc, on peut rentrer dans un scénario très compliqué
09:51du point de vue du pétrole
09:52et qui dit pétrole, dit hausse des anticipations d'inflation
09:56et un effet mécanique sur les taux.
09:57Complètement.
09:58C'est de la pure dynamique de marché ensuite.
10:00Les swaps d'inflation, c'est-à-dire les instruments
10:03qui permettent de se couvrir contre l'inflation,
10:07s'envolent.
10:08Et cette prime d'assurance,
10:10elle, met pression sur les banques centrales
10:13jusqu'au point où elle capitule
10:14et elle comprenne que, de toute façon,
10:17le choc sur activité l'emporte sur le choc d'inflation.
10:23Donc là, on est un peu dans cet entre-deux
10:25quand on regarde la BCE,
10:26qui se dit, OK, on est encore dans ce scénario
10:28où le pétrole est à un niveau suffisamment gérable
10:32pour qu'on veuille privilégier l'inflation.
10:36Si ça dérape tellement à la hausse,
10:38la réception sera inévitable.
10:39À ce moment-là, on arrêtera de spéculer
10:41sur une hausse des taux.
10:42– Florent, Roger, on a vu ces derniers mois
10:46beaucoup de changements d'attitude de la part de la BCE.
10:49Justement, on attend une hausse des taux
10:51le mois prochain de 25 points de base.
10:53Il faut voir tout ce qui est pris en compte dans les cours.
10:55Et voilà, 3,80 sur la dette française.
10:57Il y a notre situation budgétaire particulière
11:00qui contribue.
11:00Mais enfin, il y a quand même pas mal de choses
11:02qui sont déjà anticipées dans les cours.
11:04Et on a vu, il y a quelques mois,
11:06une Christine Lagarde dire,
11:07non mais vous ne vous rendez pas compte,
11:08vous n'avez pas compris.
11:10Le mur, il est devant nous.
11:11Et puis, on va se le prendre de face.
11:14Faites attention, quoi.
11:15Et puis, lors de la dernière réunion de la BCE,
11:19un ton beaucoup plus accommodant.
11:23La vérité, elle est où ?
11:24Parce qu'au bout d'un moment,
11:25c'est « higher for longer »,
11:26ça veut bien dire ce que ça veut dire.
11:28– Moi, ce qui me marque beaucoup, Antoine,
11:29sur les taux,
11:30c'est qu'on a vu, depuis le début du conflit,
11:32une dynamique vraiment similaire
11:34entre les taux américains et les taux européens.
11:36Alors que si vous regardez les marchés actions,
11:38les actions américaines ont fait 12% de plus
11:40que les actions européennes.
11:41– Tout à fait, oui.
11:42– Si vous regardez les surprises macroéconomiques,
11:44les surprises macroéconomiques ont bien mieux tenu aux Etats-Unis
11:47qu'elles l'ont tenue en Europe.
11:48On a eu une forte dégradation des surprises macroéconomiques.
11:51Et les dynamiques de croissance nominale sont assez différentes.
11:54C'est-à-dire qu'en Europe,
11:55on prend quand même un choc, là,
11:57direct sur le pouvoir d'achat des ménages.
11:58C'est le cas aussi aux Etats-Unis,
12:00mais il y a quand même des effets de richesse
12:01avec la hausse des marchés.
12:02Donc nous, ce qu'on se dit,
12:03c'est qu'à ce stade,
12:04on pourrait avoir un écartement
12:05entre les taux dix ans allemands
12:07et les taux dix ans américains.
12:08Là, au cours des prochaines semaines.
12:10Donc ça, ça nous semble assez intéressant.
12:12Deuxième remarque,
12:13c'est que si vous regardez historiquement,
12:16quand la BCE a commencé à remonter ses taux d'intérêt,
12:19alors que les indicateurs avancés se dégradaient,
12:22ce qui est le cas aujourd'hui
12:22des enquêtes sur les directeurs d'achat,
12:26le point haut sur les taux dix ans,
12:27c'est un mois avant la première hausse de taux.
12:30Donc là, on sait que la BCE va monter ses taux en juin.
12:32Donc potentiellement, nous, on se dit,
12:34sur le boom, là, on a des pressions haussières,
12:36mais elles peuvent être assez limitées.
12:38Donc aujourd'hui, on a tendance à jouer
12:40cet écartement entre l'Europe et les Etats-Unis
12:42et se dire, sur l'Europe,
12:44on arrive quand même sur des seuils un peu de douleur.
12:47La BCE va monter ses taux en juin.
12:50Le marché intègre trois hausses de taux.
12:52Vraiment pas sûr qu'ils arrivent à enchaîner
12:54les trois hausses de taux.
12:55Donc il y a quand même de la valeur,
12:56selon nous, dans le temps.
12:57Et puis peut-être des ajustements,
12:59justement, à voir à ce niveau-là.
13:01Il reste un petit peu moins d'un quart d'heure
13:03avant la clôture à Paris.
13:05On accélère et on accélère à la baisse.
13:07D'ailleurs, le CAC 47 949 points,
13:10on est en baisse d'1,6%,
13:11moins 1,14 pour l'Euronext Tech Leaders.
13:14Du côté de l'Eurostock 50,
13:16on recule d'1,9%.
13:17Ouh là, le DAX à Francfort,
13:19moins 2% quand même.
13:20Cette fin de semaine est particulièrement pénible
13:22pour certains indices boursiers.
13:25Moins 1 pour l'Ibex à Madrid.
13:27À noter, le FTSE à Londres,
13:29moins 1,7%.
13:30Moins 1,9% pour le MIB à Milan.
13:33Du côté des taux d'intérêt,
13:35on en a parlé 3,8% pour la dette française,
13:393,15% pour la dette allemande,
13:41toujours sur le 10 ans,
13:424,58% pour la dette américaine.
13:44Et puis tiens,
13:45on va peut-être en parler là,
13:46juste après le point bourse,
13:48mais 5,41% pour le 10 ans anglais.
13:51Là, ça commence à piquer aussi du côté du Royaume-Uni
13:53avec des problèmes particuliers.
13:54Du côté des valeurs,
13:56à noter que le paysage est assez contrasté finalement
13:59avec les valeurs technologiques.
14:00C'est vrai que la mauvaise nouvelle du jour,
14:02elle venait de Samsung, le coréen,
14:04donc avec des résultats et des perspectives
14:06qui ont été vendus par les investisseurs.
14:08Le titre a connu une forte baisse.
14:10Il y avait énormément d'exigences
14:11du point de vue du consensus et de la performance.
14:15Malgré tout, le titre a terminé en forte baisse
14:17à Séoul ce matin.
14:18Donc tout le secteur des semi-conducteurs
14:20est plutôt en baisse.
14:21STMicro, tiens,
14:21qui perd 4,5% à 52,70€.
14:24Et du côté du SBF 120,
14:25on a aussi Soitec qui signe
14:27une des plus fortes baisses du jour.
14:29Et en revanche,
14:31du côté des sociétés informatiques,
14:33que ce soit Dassault Systèmes
14:34qui gagne 1,4% dans un marché
14:36pourtant largement baissier,
14:3819,90€.
14:40Capgemini,
14:40plus 3,62€ à 100,20€.
14:42Il y a quelques performances
14:44assez étonnantes.
14:45Si on regarde le SBF 120,
14:46très très volatile,
14:48mais Worldline aussi,
14:49qui gagne 5,5% à 28 centimes d'euros.
14:51Téléperformance,
14:52plus 4,7% à 69,66€.
14:54C'est dingue ça.
14:55Dans un marché largement baissier,
14:56il y en a qui sont là
14:57pour prendre du risque
14:57sur les marchés,
14:59sur des dossiers un petit peu à la casse.
15:01Et c'est un facteur technique intéressant.
15:03Le pétrole,
15:04on a parlé,
15:05108,77€ pour le Brent de Mer du Nord,
15:07104€ pour le brut léger Amérique.
15:12On continue ce club de la bourse.
15:16Florian Roger,
15:18on parlait de cette dichotomie
15:21entre les semi-conducteurs.
15:23On a Samsung qui signe
15:25une mauvaise nouvelle aujourd'hui.
15:27Le reste des valeurs,
15:28on prend un petit peu de risque
15:30sur des secteurs
15:31qui ont plutôt été massacrés
15:33ces derniers mois.
15:33On fait peut-être un petit peu de value.
15:35Mais moi, je me posais une question quand même.
15:37Quand on voit les ST-Micro,
15:39Soitex,
15:40c'est des progressions
15:40absolument extraordinaires
15:41depuis le 1er janvier même avant.
15:45Est-ce que la tech européenne
15:48est peut-être en train de commencer
15:50de marquer des points ?
15:51Ça fait quand même des années
15:51qu'on dit
15:52mais on n'a pas de tech en Europe.
15:54On ne peut pas rivaliser avec Google.
15:58Oui, mais regardez,
15:59ça se réveille.
16:00Et puis,
16:01les nouvelles fondamentales dans l'industrie
16:03commencent à avoir un impact.
16:03est-ce que ça,
16:04ça veut dire que
16:06on a un gage de crédibilité
16:08pour la tech européenne ?
16:09On voit effectivement
16:10des Soitex,
16:10des Nokia
16:11qui redémarrent un petit peu.
16:13Donc,
16:13nos analyses restent positifs
16:15globalement
16:15sur ces valeurs aujourd'hui.
16:17Donc,
16:18on a l'idée effectivement
16:18qu'on a une participation
16:19à ce momentum
16:23favorable globalement
16:24sur le secteur de la tech.
16:27Après,
16:27on voit
16:27le poids de la tech en Europe
16:29est quand même bien inférieur
16:30au poids de la tech aux Etats-Unis.
16:31Et c'est quand même
16:32ce qui explique très largement
16:33le différentiel de performance.
16:36Donc,
16:36l'idée,
16:36c'est qu'on participe,
16:37mais c'est un facteur
16:38de sous-performance
16:39aujourd'hui de l'Europe
16:40par rapport aux Etats-Unis.
16:41Oui,
16:42ça,
16:42c'est aussi une manière
16:44de voir les choses.
16:45Axel Bott,
16:46la tech européenne,
16:47elle veut dire quelque chose
16:48dans le paysage actuel ?
16:50Je pense qu'elle veut dire
16:52quelque chose.
16:52Effectivement,
16:53il y a quand même
16:54une certaine prise de conscience
16:55qui est indissociable
16:57d'un effort de souveraineté,
16:59que ce soit sur le plan militaire
17:00ou sur le plan
17:01de la tech elle-même.
17:05Après,
17:06on aime bien un peu
17:06prendre cette image
17:08du suiveur
17:10dans le peloton.
17:11Peut-être pas leader,
17:12mais si on peut prendre
17:12le sillage
17:13du leader américain,
17:15voire chinois,
17:16c'est déjà pas mal.
17:17En tout cas,
17:18je pense qu'on est
17:19dans cette position.
17:20On va être de toute façon
17:21tiré par la révolution
17:22technologique
17:23qui se prépare aujourd'hui,
17:26avec peut-être
17:27un peu de modération
17:28et si d'autres
17:30payent les pots cassés
17:31avant nous,
17:31c'est peut-être pas plus mal
17:32non plus parfois.
17:34Mais oui,
17:34je pense que la tech
17:35a quand même
17:36de quoi un bel avenir
17:38devant lui en Europe.
17:40Oui,
17:40parce que c'est ce que
17:41j'allais dire.
17:42Souvent,
17:42on disait,
17:42bon,
17:42c'est même pas la peine
17:43de se battre
17:43contre les Américains.
17:45Si on veut jouer
17:46l'intelligence artificielle,
17:47autant prendre du Legrand
17:48et du Schneider Electric.
17:49L'intelligence...
17:50L'intelligence...
17:51Voilà.
17:51Mais,
17:52voilà,
17:53ST Microelectronics,
17:54Soitech,
17:55ça commence à parler
17:56aux investisseurs
17:57comme investissement
17:58en première intention.
17:59Oui,
18:00effectivement,
18:00c'est un très beau
18:02parcours boursier
18:02depuis quelques temps
18:04et on a un peu
18:05de rebalancement.
18:06Alors,
18:06quand on voit,
18:07par exemple,
18:08les Capgemini,
18:08les Dassault Systèmes
18:09regagner pas mal de terrain,
18:11on est beaucoup
18:12à se demander,
18:13du côté des investisseurs,
18:15des analystes,
18:16de voir s'il y avait
18:17tout un débat
18:18sur l'IA,
18:20la thématique,
18:21l'IA va disrupter
18:22les sociétés informatiques
18:23et de toute manière,
18:24c'est même plus la peine
18:25de faire quoi que ce soit.
18:26Bon,
18:27là,
18:27on était arrivé
18:28à de telles valorisations
18:28planchées
18:29que ça commence à remonter.
18:31Est-ce que le marché
18:32a enfin fait un petit peu
18:33ses petites affaires
18:36ou est-ce qu'on n'est pas
18:37à l'abri
18:37d'une nouvelle vague
18:38autour de ces sociétés
18:39qui gardent
18:40toutes leurs valeurs
18:41quoi qu'on en dise ?
18:42En fait,
18:43il faut analyser les choses
18:44valeur par valeur.
18:45Nous,
18:45ce qu'on a mis en place
18:46chez BNP Paribas
18:47sont beaucoup
18:48des stratégies
18:49de dispersion sectorielle
18:50en se disant,
18:51en gros,
18:51on ne sait pas
18:52comment va se déplacer
18:53exactement la frontière
18:53technologique
18:54avec l'IA
18:55parce que c'est très incertain
18:56dans les différents secteurs.
18:57On voit les chiffres
18:58d'investissement monstrueux
18:59qui sont réalisés
19:00par les hyperscalers,
19:01par les entreprises
19:02de l'intelligence artificielle
19:03et pour monétiser,
19:04il faut effectivement
19:05qu'ils accroissent
19:06leur portefeuille d'activité
19:07donc qu'ils aillent manger
19:09dans d'autres secteurs
19:10à côté.
19:11Et donc,
19:11on se dit,
19:11voilà,
19:13il faut vraiment regarder
19:14valeur par valeur
19:15en fonction du portefeuille
19:16d'activité,
19:17mais on se dit,
19:17dans les différents secteurs,
19:18on peut voir quand même
19:19une montée de la dispersion.
19:20L'autre facteur,
19:21je trouve assez intéressant,
19:22c'est que sur le marché du crédit,
19:23on voit une forte compression
19:24des primes de risque
19:25parce qu'en fait,
19:26les entreprises ont fortement
19:28ajusté à la baisse
19:29leur levier d'endettement récemment,
19:30donc les situations financières
19:31des entreprises sont bonnes,
19:32mais à horizon de 3 ans,
19:34il y a des entreprises
19:34qui peuvent se faire disrupter
19:36sur leur modèle de croissance
19:37alors qu'elles avaient
19:38une bonne santé financière.
19:39Donc,
19:39jouer la dispersion
19:40sur les marchés actions,
19:42ça permet d'être en avance
19:43finalement sur le marché du crédit,
19:44sur ce risque,
19:45en fait,
19:46de changement de business model.
19:47C'est très curieux ça,
19:49Axel Bot,
19:50j'ai reçu cette semaine
19:51un des spécialistes
19:52de BlackRock
19:53et qui m'expliquait
19:55comment une stratégie,
19:56alors basée sur différents ETF,
19:58calibrés les uns
19:59par rapport aux autres,
20:00mais voilà,
20:00avec une bonne table de mixage,
20:02pouvait nous aider
20:02à lutter contre la...
20:05Le mot est quasiment le même,
20:06fragmentation.
20:07Alors,
20:08d'un point de vue géopolitique,
20:10mais ça peut aussi
20:11s'appliquer au secteur économique,
20:13que ce soit la techno,
20:15que ce soit les secteurs
20:16un petit peu plus cycliques.
20:18La fragmentation,
20:20on arrive à la contrecarrer
20:22par un petit peu plus
20:23de granularité
20:24dans les investissements.
20:26Est-ce que c'est
20:27ce que vous sentez aussi ?
20:28Il y aura effectivement
20:30une sélectivité naturelle
20:32qui va s'accélérer
20:33à chaque changement d'époque.
20:36qu'on a des gagnants
20:38et puis on a des gens
20:40qui se retrouvent effectivement
20:42disruptés,
20:43bouleversés
20:44par une concurrence
20:46qu'elles n'ont pas vu venir
20:47et ça donne ensuite
20:49un cycle de consolidation important.
20:51Si on regarde, par exemple,
20:52le nombre de transactions
20:53d'AMNA aux Etats-Unis
20:53en ce moment,
20:54c'est extrêmement violent.
20:56C'est-à-dire qu'on n'a pas vu
20:56depuis des années
20:58autant de consolidations.
21:01les valorisations à la cave
21:02de certaines boîtes
21:03vont forcer à ça
21:04à un moment ou à d'autres
21:05puis d'autres vont simplement
21:06faire faillite
21:07et on n'entendra plus parler.
21:08Donc, il peut sortir de ça
21:11des mouvements de rapprochement.
21:14Effectivement, ça écarte
21:15les valorisations initialement.
21:17Donc, des stratégies,
21:19merges arbitrages, etc.,
21:22vont redevenir un petit peu
21:24à la mode
21:25et il faudra comme ça
21:30choisir de façon pertinente
21:32les survivants et les autres.
21:35Et ça peut faire
21:35des gros écarts de performance
21:36qu'on peut effectivement exploiter.
21:40Donc, ça va être...
21:42Les cas de rupture comme ça
21:44peuvent être extrêmement violents
21:46et ça peut être masqué
21:49par une volatilité apparente
21:51globale du marché
21:52qui reste relativement faible,
21:53ce qu'on observe actuellement.
21:55des marchés qui continuent de monter
21:57mais avec, sous la surface,
21:59des mouvements extrêmement violents.
22:01La granularité, la fragmentation.
22:03Une forme de décorrélation
22:04intrinsèque au marché
22:05sans que ça n'engendre
22:07de volatilité globale.
22:09J'allais dire, Florian Régé,
22:10c'est là que le professionnel
22:13montre toute sa plus-value.
22:16Parce que si on y va
22:18avec de la gestion passive
22:19comme on faisait
22:20ces trois dernières années
22:22en disant,
22:22bon, ça va monter,
22:24mais non, le marché
22:26devient trop spécifique.
22:28Il faut être vachement plus calé
22:30et vachement plus dedans.
22:32Donc, du coup,
22:33ça donne tout son pouvoir
22:34aux gestionnaires
22:36et à la gestion active.
22:38Nous, c'est vraiment
22:39plus, c'est vraiment
22:39l'ADN qu'on a.
22:40C'est-à-dire,
22:40nous, on développe énormément
22:41tout ce qui est produits structurés.
22:43Donc, là,
22:44on voit un très fort développement
22:45des produits structurés.
22:47Et là, il faut être pointu
22:48parce que, justement,
22:49quand on est en période
22:50de hausse des taux comme ça,
22:52il faut aller regarder
22:53sous le capot.
22:54Et puis, exactement,
22:55vous regardez, en fait,
22:56l'inflation moyenne
22:57depuis la sortie du Covid,
23:00prévision fin 2027,
23:024% aux Etats-Unis.
23:03Quand vous avez 4% d'inflation,
23:05vous avez une corrélation
23:06entre les actions
23:07et les obligations qui changent.
23:08C'est-à-dire,
23:08vous ne pouvez plus diversifier
23:09vos portefeuilles
23:10en disant,
23:11quand les actions, en fait,
23:13baissent,
23:13les obligations vont monter.
23:14Et donc, il faut trouver
23:16des stratégies décorrélantes.
23:18Et donc, effectivement,
23:19les produits structurés
23:20offrent cette décorrélation
23:21et la recherche fondamentale
23:23devient vraiment très importante
23:24quand vous avez, effectivement,
23:27là, des bouleversements technologiques
23:28comme on peut avoir aujourd'hui.
23:30Oui, c'est assez étonnant.
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