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  • il y a 3 heures
Ce lundi 23 février, Alexandre Baradez, chef analyste chez IG, s'est penché sur le retour de l'idée d'une hausse de taux chez la Fed, et le dynamisme sur le marché européen, dans l'émission BFM Bourse présentée par Antoine Larigaudrie. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00SDG, bonjour Alexandre, vous nous apportez votre punchline, évidemment, donc vous êtes arrivé avec un verdict, ce verdict est-ce
00:11que vous l'assumez ?
00:12Oui Antoine.
00:13Alors quel est-il ?
00:15Hebdomadis, horribilis l'expression, donc semaine horrible pour Donald Trump, pourquoi ? Parce que non seulement les chiffres macro-américains
00:22ne sont pas terribles,
00:23mais on voit que la question de l'inflation fait réfléchir certains membres de la Fed et la question des
00:29hausses de taux revient sur la table pour certains membres de la Fed.
00:34Bah ! Une hausse de taux ? Mais qu'est-ce que c'est que ça ? Je croyais qu
00:39'il allait nommer un nouveau président de la Fed qui lui allait les baisser,
00:42finalement il ne dit pas grand-chose, et en fait, si on regarde bien, les prévisions de croissance économique, l
00:49'inflation qui reste,
00:50enfin pas collante, mais qui reste vraiment sur une hausse, on irait contre la théorie économique si on baissait les
00:59taux de manière sensible les mois qui arrivent.
01:02Oui, alors effectivement, l'idée aujourd'hui, si on me pose la question, est-ce que je crois à une
01:06hausse de taux ? Ma réponse, c'est non.
01:08Par contre, ce qu'on observe, c'est que certains éléments de langage, à la fois dans les minutes de
01:13la Fed, il y a quelques jours,
01:15donc c'est le compte-rendu de la dernière réunion, et puis les propos d'un membre de la Fed
01:18vendredi.
01:19Donc on rappelle, vendredi, c'était un peu, il y avait dans tous les sens, on avait eu l'inflation
01:22américaine qui remontait à 3% sur les dernières publications,
01:26sur la mesure en plus phare de la Fed, c'est-à-dire que quelques jours auparavant, l'inflation CPI
01:30était un peu plus faible,
01:31mais l'inflation PCE, elle est remontée à 3%. On rappelle que le PIB américain, on l'attendait à 3
01:36% en variation annuelle au T4,
01:37on l'a eu à peine à 4,5, et la Cour suprême, qui quelques instants plus tard, annonce que
01:43les droits de douane sont illégaux,
01:45ce sont en tout cas une partie d'entre eux décidés par Donald Trump. Et quelques instants après tout ça,
01:49donc cette salve de résultats que le marché devait digérer, mais vous avez un membre qui s'appelle Raphaël Bostic,
01:53qui est membre de la Fed, donc aux Etats-Unis.
01:55C'est fait d'Atlanta, lui ?
01:57Deux mois, oui, c'est Raphaël Bostic, c'est fait d'Atlanta.
01:59Et qu'est-ce qu'il dit ? Il dit que si, alors il emploie un si, évidemment, il ne
02:03dit pas il faudra,
02:03il dit si l'inflation, grosso modo, montre des signes de résurgence et se redresse,
02:08eh bien il faudra envisager la possibilité de relever les taux.
02:12Alors encore une fois, il y a un si, donc évidemment on attend de voir ce que ça donne,
02:15mais pourquoi on parle de ça maintenant ? Parce qu'on a aussi vu dans les minutes de la Fed,
02:19dans ce compte-rendu, vous aviez certains membres qui se montraient assez peu à l'aise,
02:23avec le fait qu'on fasse surtout référence à de possibles baisses de taux dans les mois à venir,
02:28et certains membres voulaient une façon de voir les choses beaucoup plus symétriques,
02:32c'est-à-dire de dire, on peut effectivement baisser les taux si l'inflation ralentit,
02:35mais il faut aussi mentionner le fait de pouvoir relever les taux
02:38si l'inflation s'avérait plus collante, voire si elle rebondissait.
02:41Je rappelle que le 3% quand même dont on parle, dit comme ça, on se dit,
02:44effectivement ça va, c'est pas non plus 10% à part relever les taux tout de suite,
02:47il n'y a aucune raison de le faire pour l'instant.
02:493% d'inflation, c'est un niveau de variation annuel de les prix
02:52qu'on n'avait pas eu depuis février de l'année dernière,
02:55donc c'est quand même un plus haut de 10-11 mois pour l'inflation,
02:59et c'est, encore une fois, l'objectif c'est 2%.
03:02Quand vous regardez cette inflation PCE sous-jacente, c'est-à-dire dont on parle,
03:06si vous la dézoomez sur une dizaine d'années,
03:08vous verrez qu'avant le choc d'inflation du Covid,
03:11on était tout le temps, quasiment tout le temps,
03:13à part peut-être un ou deux mois sur une période de 10 ans, en dessous de ce niveau-là.
03:16Donc c'est une anomalie d'être même à 2,5 ou à 2,6,
03:20là on n'est même pas à 2,5 ou 2,6, on est à 3%.
03:22Donc effectivement, ça veut dire que,
03:24et j'ai regardé les probabilités ce matin de baisse de taux de la fête,
03:27donc on les regarde, c'est le marché en fait,
03:29qui ajuste en permanence via les futures sur les fêtes fun,
03:31on appelle ça, qui ajuste son niveau d'anticipation de baisse de taux.
03:35Quand vous regardez pour les chances de juin,
03:37qui est celle dont on parlait beaucoup,
03:38les banques américaines désignent aussi le mois de juin
03:39comme le premier mois dans la série de mois qui arrive,
03:42où on pourrait commencer à rebaisser les taux,
03:44si vous regardez la probabilité pour une baisse de taux,
03:46elle est à à peine de 50%,
03:48c'est-à-dire qu'on n'est même pas sur une proba de 80-90%.
03:50On n'a pas de grosses certitudes.
03:52Voilà, donc je pense que d'ici là,
03:53enfin il y aura d'ici là plein de statistiques sur l'économie,
03:56sur l'inflation, sur l'emploi,
03:57mais à ce jour, si on fait un constat purement objectif,
04:00il y a seulement, on peut le dire comme ça,
04:0250% de probabilité d'avoir une baisse de taux qu'en juin.
04:06Donc tout ce laps de temps d'ici là n'a pas de baisse de taux,
04:08et on comprend bien qu'effectivement,
04:09c'est très inconfortable pour Trump et pour son administration.
04:12Alors simplement quand même,
04:13il y a des données économiques qu'il faut regarder,
04:14parce que vous parliez avec votre invité précédente,
04:16de la macro-américaine, du rythme de la macro.
04:19Moi je mets quand même un petit point d'interrogation
04:21sur cette macro-américaine,
04:23sur le rythme de la macro-américaine.
04:24Parce qu'effectivement le T4,
04:26on peut dire que c'est des effets du shutdown,
04:29on rappelle le plus long shutdown de l'histoire,
04:31donc qui a perturbé l'économie.
04:32Est-ce que tout est explicable par le shutdown ?
04:34Est-ce que le fait de ne pas avoir eu 3% de croissance,
04:36comme c'était anticipé par le consensus,
04:38en variation annuelle,
04:39est-ce que c'est exclusivement lié au shutdown ?
04:41Quand vous regardez toute une série de données
04:43qu'on a eues récemment,
04:44soit deux ou trois dernières semaines,
04:45les ventes au détail,
04:46très largement sous les attentes,
04:48les ventes de logements existants,
04:49très largement sous les attentes,
04:50les promesses de logements,
04:51très largement sous du consensus,
04:52les commandes de biens durables, négatives.
04:55Donc si vous regardez tout ça,
04:56ça donne quand même un tableau de ce début d'année,
04:58et c'est ce qui ressort aussi des indices PMI.
05:00Vous savez ces enquêtes qu'on fait auprès des entreprises ?
05:02Les directeurs d'achat.
05:02Voilà, les directeurs d'achat.
05:03Quand vous regardez la synthèse de tout ça,
05:05c'est ce qui ressort dans les enquêtes.
05:06Les enquêtes, ce n'est pas du doigt mouillé,
05:08c'est la même chose qui ressort,
05:09c'est que les directeurs d'achat,
05:10les chefs d'entreprise,
05:11ont une vision de ce début d'année
05:13qui est assez mitigée.
05:15Et donc finalement,
05:15il y a l'administration américaine
05:17qui nous parle de taux de croissance
05:18de 3 à 4,
05:19on a entendu des 5% de croissance anticipée
05:22pour les mois à venir.
05:23Ce que les datas macro nous montrent
05:24aujourd'hui aux Etats-Unis,
05:26c'est qu'on est peut-être sur un rythme de croissance
05:28qui est plutôt proche des 2% cette année,
05:30et peut-être un début d'année
05:31qui est même sur un rythme encore inférieur.
05:32La macroéconomie américaine,
05:34on en reparlera tout à l'heure
05:35dans l'éco du monde à 16h20,
05:36avec Claire Disso d'AXA,
05:38justement, elle s'attachera
05:39à décortiquer toutes les données
05:41de commandes à l'industrie,
05:43les commandes aux usines,
05:44là aussi c'est du concret,
05:45voir éventuellement les dynamiques
05:47qui s'en dégagent.
05:47En attendant,
05:49tout cet embrouillamini
05:50autour des Etats-Unis,
05:51sans parler de l'annulation
05:52par la Cour suprême des droits de douane,
05:55est-ce que finalement,
05:56ce n'est pas bon pour nous,
05:57bon pour l'Europe,
05:58alors qu'en plus,
05:59on est sur un sentiment
06:01de rotation géographique
06:02où on a des flux entrants
06:05qui montrent une vraie grosse dynamique
06:07du côté européen.
06:08Exactement,
06:09les flux le montrent,
06:09effectivement,
06:10c'est ce qui est important
06:10pour les marchés,
06:11c'est les flux entrants,
06:12ça veut dire que des gens
06:13achètent les actions européennes,
06:14ces flux entrants,
06:15la plupart du temps,
06:16on mesure ça chez des institutionnels
06:17ou des grosses structures,
06:18donc ce n'est pas uniquement
06:19des fonds retail
06:20qui vont dans des fonds de particuliers,
06:21c'est aussi beaucoup
06:22de fonds institutionnels
06:22qui vont sur les actions européennes,
06:24et effectivement,
06:25c'est quelque chose,
06:25si vous vous souvenez bien,
06:26l'année dernière,
06:27à peu près la même période,
06:28on avait vu la même chose,
06:29c'est-à-dire qu'il y avait
06:29une phase comme ça
06:30de surperformance
06:30pendant plusieurs mois
06:31des marchés actions européens
06:33par rapport aux marchés actions américains,
06:35quelques mois après l'élection
06:36de Donald Trump,
06:37il y avait déjà eu ce réflexe-là
06:38de certaines gestions,
06:39d'aller chercher un peu plus l'Europe,
06:41ça n'avait pas porté préjudice
06:42aux marchés américains,
06:43mais on sait,
06:44on rappelle,
06:45ça va durer quelques mois
06:46et après les marchés américains
06:50avaient renversé un petit peu la vapeur,
06:51et là on remarque à nouveau
06:52qu'effectivement,
06:53quand vous regardez les gros indices,
06:54prenez,
06:54le particulier,
06:55celui qui peut faire ça,
06:56il prend un SP500,
06:58il le compare par exemple
06:59avec un Eurostock 50,
07:00il prend un Nasdaq,
07:01il le compare avec un Eurostock 50
07:02ou même un CAC 40
07:04ou un DAX,
07:05effectivement l'Europe
07:06ne tient quand même pas trop mal,
07:08alors ça aussi,
07:09pardon,
07:09c'est un petit peu lié
07:10à la structure des indices européens,
07:11on reprend le cas
07:12des indices du sud de l'Europe,
07:13IBEX pour l'Espagne
07:14ou MIB en Italie,
07:16il y a beaucoup de banques,
07:17beaucoup de banques,
07:17beaucoup de banques,
07:18c'est effectivement
07:19qu'on veut regarder les banques,
07:20c'est le secteur
07:21qui marche le mieux en Europe
07:21depuis 2 à 3 ans,
07:22donc il y a quand même
07:23une composante des indices
07:24qui fait ça,
07:25mais ça ne s'applique pas seulement
07:26par la composition
07:27et effectivement je pense,
07:28le niveau de l'euro
07:30montre aussi un peu ça,
07:31ce n'est pas seulement
07:31un dollar qui est faible,
07:32oui le dollar a été vendu
07:33pendant pas mal de temps,
07:34mais je pense qu'il y a aussi
07:36un euro qui est bien positionné,
07:37un peu par adhésion
07:38au fait que la zone euro
07:39est quand même perçue
07:40comme une zone relativement stable
07:41et cette stabilité
07:42vous le mesurez aussi
07:43au niveau des spreads de taux,
07:44des écarts de taux en zone euro,
07:46quand vous regardez
07:47les écarts entre
07:48le 10 ans français,
07:4810 ans allemand,
07:4910 ans italien,
07:50sur un graphique
07:51d'une vingtaine d'années,
07:52vous avez aujourd'hui
07:53des spreads qui sont très resserrés,
07:55c'est-à-dire que
07:55d'un point de vue
07:56du marché obligataire,
07:56le signal qui est envoyé,
07:57c'est aussi celui d'un bloc,
07:58d'un bloc européen
07:59qui est perçu comme tel,
08:00donc plutôt résilient,
08:01avec ses défauts,
08:02mais avec une inertie
08:03de résister aux chocs commerciaux,
08:06aux chocs qu'on a pu avoir
08:07sur les matières premières
08:07à un moment donné,
08:08aux chocs géopolitiques aussi,
08:10avec la partie Ukraine notamment,
08:11donc c'est ça qui fait
08:13que oui l'Europe aujourd'hui,
08:14le niveau de l'euro,
08:15les spreads obligataires
08:16et le niveau des marchés actions
08:17nous montrent que la zone euro
08:18est plutôt appréciée
08:18des investisseurs aujourd'hui
08:19et je pense que c'est quelque chose
08:20qui peut continuer.
08:21Avec un nouveau record,
08:22celui pour le CAC 40 là,
08:23c'était il y a quelques minutes.
08:25Merci beaucoup Alexandre Baradez,
08:27Digé,
08:27à une prochaine fois.
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