00:00SDG, bonjour Alexandre, vous nous apportez votre punchline, évidemment, donc vous êtes arrivé avec un verdict, ce verdict est-ce
00:11que vous l'assumez ?
00:12Oui Antoine.
00:13Alors quel est-il ?
00:15Hebdomadis, horribilis l'expression, donc semaine horrible pour Donald Trump, pourquoi ? Parce que non seulement les chiffres macro-américains
00:22ne sont pas terribles,
00:23mais on voit que la question de l'inflation fait réfléchir certains membres de la Fed et la question des
00:29hausses de taux revient sur la table pour certains membres de la Fed.
00:34Bah ! Une hausse de taux ? Mais qu'est-ce que c'est que ça ? Je croyais qu
00:39'il allait nommer un nouveau président de la Fed qui lui allait les baisser,
00:42finalement il ne dit pas grand-chose, et en fait, si on regarde bien, les prévisions de croissance économique, l
00:49'inflation qui reste,
00:50enfin pas collante, mais qui reste vraiment sur une hausse, on irait contre la théorie économique si on baissait les
00:59taux de manière sensible les mois qui arrivent.
01:02Oui, alors effectivement, l'idée aujourd'hui, si on me pose la question, est-ce que je crois à une
01:06hausse de taux ? Ma réponse, c'est non.
01:08Par contre, ce qu'on observe, c'est que certains éléments de langage, à la fois dans les minutes de
01:13la Fed, il y a quelques jours,
01:15donc c'est le compte-rendu de la dernière réunion, et puis les propos d'un membre de la Fed
01:18vendredi.
01:19Donc on rappelle, vendredi, c'était un peu, il y avait dans tous les sens, on avait eu l'inflation
01:22américaine qui remontait à 3% sur les dernières publications,
01:26sur la mesure en plus phare de la Fed, c'est-à-dire que quelques jours auparavant, l'inflation CPI
01:30était un peu plus faible,
01:31mais l'inflation PCE, elle est remontée à 3%. On rappelle que le PIB américain, on l'attendait à 3
01:36% en variation annuelle au T4,
01:37on l'a eu à peine à 4,5, et la Cour suprême, qui quelques instants plus tard, annonce que
01:43les droits de douane sont illégaux,
01:45ce sont en tout cas une partie d'entre eux décidés par Donald Trump. Et quelques instants après tout ça,
01:49donc cette salve de résultats que le marché devait digérer, mais vous avez un membre qui s'appelle Raphaël Bostic,
01:53qui est membre de la Fed, donc aux Etats-Unis.
01:55C'est fait d'Atlanta, lui ?
01:57Deux mois, oui, c'est Raphaël Bostic, c'est fait d'Atlanta.
01:59Et qu'est-ce qu'il dit ? Il dit que si, alors il emploie un si, évidemment, il ne
02:03dit pas il faudra,
02:03il dit si l'inflation, grosso modo, montre des signes de résurgence et se redresse,
02:08eh bien il faudra envisager la possibilité de relever les taux.
02:12Alors encore une fois, il y a un si, donc évidemment on attend de voir ce que ça donne,
02:15mais pourquoi on parle de ça maintenant ? Parce qu'on a aussi vu dans les minutes de la Fed,
02:19dans ce compte-rendu, vous aviez certains membres qui se montraient assez peu à l'aise,
02:23avec le fait qu'on fasse surtout référence à de possibles baisses de taux dans les mois à venir,
02:28et certains membres voulaient une façon de voir les choses beaucoup plus symétriques,
02:32c'est-à-dire de dire, on peut effectivement baisser les taux si l'inflation ralentit,
02:35mais il faut aussi mentionner le fait de pouvoir relever les taux
02:38si l'inflation s'avérait plus collante, voire si elle rebondissait.
02:41Je rappelle que le 3% quand même dont on parle, dit comme ça, on se dit,
02:44effectivement ça va, c'est pas non plus 10% à part relever les taux tout de suite,
02:47il n'y a aucune raison de le faire pour l'instant.
02:493% d'inflation, c'est un niveau de variation annuel de les prix
02:52qu'on n'avait pas eu depuis février de l'année dernière,
02:55donc c'est quand même un plus haut de 10-11 mois pour l'inflation,
02:59et c'est, encore une fois, l'objectif c'est 2%.
03:02Quand vous regardez cette inflation PCE sous-jacente, c'est-à-dire dont on parle,
03:06si vous la dézoomez sur une dizaine d'années,
03:08vous verrez qu'avant le choc d'inflation du Covid,
03:11on était tout le temps, quasiment tout le temps,
03:13à part peut-être un ou deux mois sur une période de 10 ans, en dessous de ce niveau-là.
03:16Donc c'est une anomalie d'être même à 2,5 ou à 2,6,
03:20là on n'est même pas à 2,5 ou 2,6, on est à 3%.
03:22Donc effectivement, ça veut dire que,
03:24et j'ai regardé les probabilités ce matin de baisse de taux de la fête,
03:27donc on les regarde, c'est le marché en fait,
03:29qui ajuste en permanence via les futures sur les fêtes fun,
03:31on appelle ça, qui ajuste son niveau d'anticipation de baisse de taux.
03:35Quand vous regardez pour les chances de juin,
03:37qui est celle dont on parlait beaucoup,
03:38les banques américaines désignent aussi le mois de juin
03:39comme le premier mois dans la série de mois qui arrive,
03:42où on pourrait commencer à rebaisser les taux,
03:44si vous regardez la probabilité pour une baisse de taux,
03:46elle est à à peine de 50%,
03:48c'est-à-dire qu'on n'est même pas sur une proba de 80-90%.
03:50On n'a pas de grosses certitudes.
03:52Voilà, donc je pense que d'ici là,
03:53enfin il y aura d'ici là plein de statistiques sur l'économie,
03:56sur l'inflation, sur l'emploi,
03:57mais à ce jour, si on fait un constat purement objectif,
04:00il y a seulement, on peut le dire comme ça,
04:0250% de probabilité d'avoir une baisse de taux qu'en juin.
04:06Donc tout ce laps de temps d'ici là n'a pas de baisse de taux,
04:08et on comprend bien qu'effectivement,
04:09c'est très inconfortable pour Trump et pour son administration.
04:12Alors simplement quand même,
04:13il y a des données économiques qu'il faut regarder,
04:14parce que vous parliez avec votre invité précédente,
04:16de la macro-américaine, du rythme de la macro.
04:19Moi je mets quand même un petit point d'interrogation
04:21sur cette macro-américaine,
04:23sur le rythme de la macro-américaine.
04:24Parce qu'effectivement le T4,
04:26on peut dire que c'est des effets du shutdown,
04:29on rappelle le plus long shutdown de l'histoire,
04:31donc qui a perturbé l'économie.
04:32Est-ce que tout est explicable par le shutdown ?
04:34Est-ce que le fait de ne pas avoir eu 3% de croissance,
04:36comme c'était anticipé par le consensus,
04:38en variation annuelle,
04:39est-ce que c'est exclusivement lié au shutdown ?
04:41Quand vous regardez toute une série de données
04:43qu'on a eues récemment,
04:44soit deux ou trois dernières semaines,
04:45les ventes au détail,
04:46très largement sous les attentes,
04:48les ventes de logements existants,
04:49très largement sous les attentes,
04:50les promesses de logements,
04:51très largement sous du consensus,
04:52les commandes de biens durables, négatives.
04:55Donc si vous regardez tout ça,
04:56ça donne quand même un tableau de ce début d'année,
04:58et c'est ce qui ressort aussi des indices PMI.
05:00Vous savez ces enquêtes qu'on fait auprès des entreprises ?
05:02Les directeurs d'achat.
05:02Voilà, les directeurs d'achat.
05:03Quand vous regardez la synthèse de tout ça,
05:05c'est ce qui ressort dans les enquêtes.
05:06Les enquêtes, ce n'est pas du doigt mouillé,
05:08c'est la même chose qui ressort,
05:09c'est que les directeurs d'achat,
05:10les chefs d'entreprise,
05:11ont une vision de ce début d'année
05:13qui est assez mitigée.
05:15Et donc finalement,
05:15il y a l'administration américaine
05:17qui nous parle de taux de croissance
05:18de 3 à 4,
05:19on a entendu des 5% de croissance anticipée
05:22pour les mois à venir.
05:23Ce que les datas macro nous montrent
05:24aujourd'hui aux Etats-Unis,
05:26c'est qu'on est peut-être sur un rythme de croissance
05:28qui est plutôt proche des 2% cette année,
05:30et peut-être un début d'année
05:31qui est même sur un rythme encore inférieur.
05:32La macroéconomie américaine,
05:34on en reparlera tout à l'heure
05:35dans l'éco du monde à 16h20,
05:36avec Claire Disso d'AXA,
05:38justement, elle s'attachera
05:39à décortiquer toutes les données
05:41de commandes à l'industrie,
05:43les commandes aux usines,
05:44là aussi c'est du concret,
05:45voir éventuellement les dynamiques
05:47qui s'en dégagent.
05:47En attendant,
05:49tout cet embrouillamini
05:50autour des Etats-Unis,
05:51sans parler de l'annulation
05:52par la Cour suprême des droits de douane,
05:55est-ce que finalement,
05:56ce n'est pas bon pour nous,
05:57bon pour l'Europe,
05:58alors qu'en plus,
05:59on est sur un sentiment
06:01de rotation géographique
06:02où on a des flux entrants
06:05qui montrent une vraie grosse dynamique
06:07du côté européen.
06:08Exactement,
06:09les flux le montrent,
06:09effectivement,
06:10c'est ce qui est important
06:10pour les marchés,
06:11c'est les flux entrants,
06:12ça veut dire que des gens
06:13achètent les actions européennes,
06:14ces flux entrants,
06:15la plupart du temps,
06:16on mesure ça chez des institutionnels
06:17ou des grosses structures,
06:18donc ce n'est pas uniquement
06:19des fonds retail
06:20qui vont dans des fonds de particuliers,
06:21c'est aussi beaucoup
06:22de fonds institutionnels
06:22qui vont sur les actions européennes,
06:24et effectivement,
06:25c'est quelque chose,
06:25si vous vous souvenez bien,
06:26l'année dernière,
06:27à peu près la même période,
06:28on avait vu la même chose,
06:29c'est-à-dire qu'il y avait
06:29une phase comme ça
06:30de surperformance
06:30pendant plusieurs mois
06:31des marchés actions européens
06:33par rapport aux marchés actions américains,
06:35quelques mois après l'élection
06:36de Donald Trump,
06:37il y avait déjà eu ce réflexe-là
06:38de certaines gestions,
06:39d'aller chercher un peu plus l'Europe,
06:41ça n'avait pas porté préjudice
06:42aux marchés américains,
06:43mais on sait,
06:44on rappelle,
06:45ça va durer quelques mois
06:46et après les marchés américains
06:50avaient renversé un petit peu la vapeur,
06:51et là on remarque à nouveau
06:52qu'effectivement,
06:53quand vous regardez les gros indices,
06:54prenez,
06:54le particulier,
06:55celui qui peut faire ça,
06:56il prend un SP500,
06:58il le compare par exemple
06:59avec un Eurostock 50,
07:00il prend un Nasdaq,
07:01il le compare avec un Eurostock 50
07:02ou même un CAC 40
07:04ou un DAX,
07:05effectivement l'Europe
07:06ne tient quand même pas trop mal,
07:08alors ça aussi,
07:09pardon,
07:09c'est un petit peu lié
07:10à la structure des indices européens,
07:11on reprend le cas
07:12des indices du sud de l'Europe,
07:13IBEX pour l'Espagne
07:14ou MIB en Italie,
07:16il y a beaucoup de banques,
07:17beaucoup de banques,
07:17beaucoup de banques,
07:18c'est effectivement
07:19qu'on veut regarder les banques,
07:20c'est le secteur
07:21qui marche le mieux en Europe
07:21depuis 2 à 3 ans,
07:22donc il y a quand même
07:23une composante des indices
07:24qui fait ça,
07:25mais ça ne s'applique pas seulement
07:26par la composition
07:27et effectivement je pense,
07:28le niveau de l'euro
07:30montre aussi un peu ça,
07:31ce n'est pas seulement
07:31un dollar qui est faible,
07:32oui le dollar a été vendu
07:33pendant pas mal de temps,
07:34mais je pense qu'il y a aussi
07:36un euro qui est bien positionné,
07:37un peu par adhésion
07:38au fait que la zone euro
07:39est quand même perçue
07:40comme une zone relativement stable
07:41et cette stabilité
07:42vous le mesurez aussi
07:43au niveau des spreads de taux,
07:44des écarts de taux en zone euro,
07:46quand vous regardez
07:47les écarts entre
07:48le 10 ans français,
07:4810 ans allemand,
07:4910 ans italien,
07:50sur un graphique
07:51d'une vingtaine d'années,
07:52vous avez aujourd'hui
07:53des spreads qui sont très resserrés,
07:55c'est-à-dire que
07:55d'un point de vue
07:56du marché obligataire,
07:56le signal qui est envoyé,
07:57c'est aussi celui d'un bloc,
07:58d'un bloc européen
07:59qui est perçu comme tel,
08:00donc plutôt résilient,
08:01avec ses défauts,
08:02mais avec une inertie
08:03de résister aux chocs commerciaux,
08:06aux chocs qu'on a pu avoir
08:07sur les matières premières
08:07à un moment donné,
08:08aux chocs géopolitiques aussi,
08:10avec la partie Ukraine notamment,
08:11donc c'est ça qui fait
08:13que oui l'Europe aujourd'hui,
08:14le niveau de l'euro,
08:15les spreads obligataires
08:16et le niveau des marchés actions
08:17nous montrent que la zone euro
08:18est plutôt appréciée
08:18des investisseurs aujourd'hui
08:19et je pense que c'est quelque chose
08:20qui peut continuer.
08:21Avec un nouveau record,
08:22celui pour le CAC 40 là,
08:23c'était il y a quelques minutes.
08:25Merci beaucoup Alexandre Baradez,
08:27Digé,
08:27à une prochaine fois.
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