Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 4 heures
Ce mardi 17 mars, Franklin Pichard, directeur général de Kiplink Finance, et John Plassard, associé et responsable de la stratégie d’investissement de Cité Gestion, se sont penchés sur la possibilité d'un retour à la baisse pour le secteur bancaire suite à la guerre au Moyen-Orient, l'éventualité d'un danger systémique pour le crédit privé, ainsi que la montée d'Eni après une découverte de gaz en Libye, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Bonjour Franklin, directeur général de Kipling Finance.
00:03Franklin, face au marché, vous allez rendre votre verdict.
00:06Ce verdict que vous allez rendre, ce moment qu'on va vivre ensemble, est-ce que vous l'assumez ?
00:11Oui, je l'assume.
00:12On vous écoute.
00:14Eh bien, il y a une petite musique actuellement dans les salles de marché et chez les gérants
00:18qui est de dire qu'après de très belles années,
00:21est-ce que les valeurs financières ne vont pas connaître le même sort que le luxe
00:25qu'on a pu hélas vivre entre 2023 et 2026 ?
00:31Aïe, aïe, aïe. C'est pas optimiste, là.
00:33Dites, après des années de belles performances,
00:35donc les banques risquent de connaître le même sort que le luxe en bourse.
00:38Pourquoi donc ?
00:39Déjà, on a eu une très belle performance.
00:42Si on regarde la performance sur 5 ans, c'est 200% pour le secteur des banques
00:46et on avait un stock 600 qui faisait 4 fois moins.
00:51On a aujourd'hui des pondérations compte tenu de la hausse de tous ces titres
00:56très historiquement très élevées dans toutes les gestions.
01:01On a aujourd'hui aussi des valorisations du coût qui sont un petit peu moins attractives
01:06et une nervosité de la part des investisseurs face à la situation,
01:11si cette situation de guerre devait perdurer.
01:16D'accord, secteur bancaire donc exposé au monde parce qu'il fait partie du monde dans lequel il vit.
01:20Mais pourquoi est-ce que d'un seul coup, comme le secteur du luxe est reparti d'un coup à
01:23la baisse,
01:23pourquoi lui aussi d'un coup tomberait de la falaise ?
01:25Quel serait le déclencheur ?
01:26Pourquoi ? D'autant que les valorisations ne sont pas aussi extrêmes, pas aussi élevées que celles du luxe.
01:30Alors c'est vrai que les valorisations ne sont absolument pas comparables avec le luxe,
01:35mais si cette guerre devait perdurer plusieurs mois,
01:41on voit que quand on discute aujourd'hui avec les intervenants,
01:46on est confronté à des risques, des risques de marge des entreprises,
01:50des risques de crédit, de crédit de dette privée.
01:54On est exposé à différents facteurs et puis peut-être que les banques du coup seraient moins généreuses.
02:01On a des dividendes quand on regarde les banques françaises qui offrent des rendements supérieurs à 6%.
02:09C'est le cas de Société Générale et de Crédit Agricole et BNP.
02:17Je crois qu'il y en a une des trois qui offrent beaucoup moins, je ne sais plus laquelle.
02:20Mais enfin, en tout cas, dans celle qu'on a, on est sur des rendements supérieurs à 6%.
02:25Et effectivement, si les banques devaient revoir un petit peu leur copie,
02:29les investisseurs d'eux-mêmes profiteraient de ces belles années pour se dégager davantage.
02:35On regarde d'ailleurs, et quand on voit sur les plus hauts du 27 février et les plus bas du
02:419 mars,
02:42on voit que le CAC, par exemple, a corrigé d'à peu près 10%.
02:45On voit que les bancaires, sur la même période française, ont corrigé de 15%.
02:51Donc on voit qu'il y a une nervosité, une volatilité un petit peu plus forte.
02:55Aujourd'hui, les investisseurs sont encore prêts à patienter,
02:58parce que, comme je vous l'ai dit, ils ont encaissé des plus-values substantielles.
03:02Mais si la situation se dégrade, là, ils ont des réserves de plus-values
03:06qui vont vouloir concrétiser et aller voir ailleurs,
03:09surtout si le discours des banquiers change avec des hésitations sur les perspectives 2026.
03:18Oui, les banques seront particulièrement sensibles à ce qu'annonceront,
03:21à la façon dont communiqueront, surtout les banquiers centraux,
03:23BCE, Fed, entre autres, la Banque d'Angleterre, la Banque Nationale Suisse,
03:25presque toutes, là, dans les prochains jours.
03:27Voilà. Et ça, c'est un élément déterminant qui va faire que les gérants,
03:33et les gérants, que ce soit les particuliers ou les professionnels,
03:38vont peut-être limer un petit peu leur surpondération sur ce secteur,
03:43parce que le pire des scénarios pour ce secteur, c'est une stagflation,
03:47c'est-à-dire moins de croissance, et en plus une inflation,
03:49et peut-être des taux qui repartiraient à la hausse,
03:51ça, ce serait le pire alignement ou désalignement des astres pour le secteur bancaire ?
03:55Oui, alors ça, ce sont les éléments macro,
03:58et puis derrière, vous avez, pour le secteur bancaire,
04:01des marges qui vont être moins importantes.
04:05Vous avez aujourd'hui un calcul du risque et des provisions pour risque
04:11qui n'ont pas encore été véritablement chiffrées, ni anticipées,
04:16et par conséquent, si jamais il y avait des pépins sur les marchés,
04:22ce serait pénalisant.
04:24Et puis, dans ce milieu d'incertitude, et cet environnement incertain,
04:30les banques vont avoir moins, enfin les entreprises vont moins emprunter,
04:35elles vont attendre d'y voir un petit peu plus clair.
04:37Donc, les marges, les commissions engrangées pourraient s'en ressentir.
04:41Donc, sur tous les tableaux de la chaîne,
04:44si la situation devait perdurer encore,
04:47les banques pourraient être parmi les plus touchées,
04:52et les premières touchées.
04:53Donc, John, ne pas se dire mécaniquement, automatiquement,
04:56ils reviennent de tellement loin,
04:57les banques continueront de progresser.
04:59Non, en bourse, rien n'est automatique,
05:01et justement, on pourrait être tenté de vendre en premier
05:04ce qu'on a le plus acheté dans les trimestres précédents.
05:06– Oui, tout à fait.
05:07Et puis, il faut regarder les banques aussi,
05:09en fonction du cycle économique.
05:10On sait qu'on est dans une situation,
05:13et évidemment, qui peut être accentuée par la crise au Moyen-Orient,
05:17eh bien, on est dans une situation de décélération économique.
05:20Vous vous souvenez, on parlait de soft lending,
05:22alors que depuis le Covid,
05:24on était plutôt en accélération de la croissance,
05:28que ce soit la croissance mondiale, etc.
05:30Donc, on va devoir s'adapter,
05:31et plus on a des risques de récession,
05:33par exemple, en Europe,
05:34si la crise se poursuit,
05:36on a dit avant les implications pour le consommateur de l'inflation,
05:41eh bien, plus les banques vont être marquées par ce qui se passe.
05:45Et puis, dernière chose,
05:46c'est qu'on sait que cette question du private equity,
05:49qu'on met un petit peu de côté,
05:51parce qu'on a la guerre au Moyen-Orient,
05:54eh bien, souvent, les banques ne communiquent pas totalement
05:57sur leur investissement dans ces private equity.
06:00C'est ce qu'on dit en anglais,
06:01la fameuse black box,
06:03et tout d'un coup, ça ressort.
06:04Et donc, on pourrait se retrouver dans une situation
06:06où on a l'implication du private equity,
06:09et de l'autre côté,
06:11eh bien, une décélération de la croissance économique
06:15qui impacte les banques.
06:16Donc, une méfiance sur le secteur bancaire
06:17qui progresse quand même,
06:18parce que vous savez que Unicredit s'intéresse décidément à Commerce Bank
06:21et est en train de monter de façon rampante
06:23au capital de Commerce Bank.
06:24Donc, tout ce secteur, là, depuis hier,
06:25est plutôt en mode surperformance.
06:27C'est encore le cas aujourd'hui.
06:28BNP Paribas gagne 2%.
06:29Société Générale aussi plus 2%.
06:31Bon, consolidation bancaire européenne,
06:33on se dit que c'est un serpent de mer,
06:34et que oui, il y a un mouvement à la hausse,
06:35mais que ça ne durera pas forcément éternellement,
06:38en l'occurrence, Franklin.
06:40Oui, je pense qu'effectivement,
06:42c'est le raisonnement logique normal
06:44dans un environnement tout à fait serein et pérenne,
06:47mais c'est vrai que qui dit crise
06:49dit effectivement que ça peut ne pas monter aussi.
06:52Et alors, John, lui, a cité, a lâché ce mot
06:55banni sur les marchés.
06:56Non, pas banni, mais qui fait un peu peur
06:57et trembler tout le monde.
06:58Crédit privé.
06:59C'est gel de retrait sur un certain nombre
07:01de fonds de crédit privé.
07:02On a une question d'auditeur,
07:03il s'appelle Antoine, sur le fil XBFM Bourse.
07:05Il nous demande quel impact
07:06ces doutes, en tout cas,
07:08sur le marché du crédit privé
07:09pourrait avoir sur Vindel,
07:10sur le titre Vindel,
07:11avec les problèmes de dette privée,
07:12de private equity.
07:13Avez-vous un avis ?
07:14Est-ce que Vindel offre une opportunité ?
07:15Ou au contraire, Vindel,
07:16en bourse, est-il un futur couteau
07:18qui va tomber ?
07:19Eh bien, sur Vindel,
07:20il est urgent de ne pas se presser.
07:22Vindel coche un peu toutes les cases.
07:24On a parlé d'aide privée.
07:26On a parlé également
07:27de changements un peu
07:29de profils de société
07:31concernant Vindel.
07:32Donc, on n'est pas du tout,
07:34aujourd'hui, il est beaucoup,
07:35beaucoup trop tôt
07:36pour venir sur Vindel.
07:38Soit c'est un pari gagnant,
07:39si on a en face de nous
07:40un investisseur très dynamique
07:42et qui joue véritablement
07:45à contre-courant des tendances.
07:47Là, il peut faire, effectivement,
07:49une très belle performance.
07:50Mais aujourd'hui,
07:51ce n'est pas le pari que je prendrais
07:53d'aller sur Vindel.
07:55C'est augmenter des risques
07:57sur une société qui finance
07:59les entreprises,
08:00qui fait toutes sortes
08:01de financements privés également.
08:03Je pense qu'aujourd'hui,
08:05ce n'est peut-être pas
08:06le bon timing,
08:07sauf, je vous dis,
08:08pour un investisseur très spéculatif
08:10que de rentrer sur Vindel.
08:12Antoine ?
08:13Spéculatif sur Vindel ?
08:15Non, mais vous avez bien expliqué
08:17le truc.
08:20Non, il y a un autre mot.
08:21C'est vrai que crédit privé,
08:25vraiment, ça tourne en boucle
08:26en ce moment,
08:27sur les menaces autour des marchés.
08:29Il y a un mot
08:30qu'on commence à entendre aussi.
08:32Enfin, deux mots,
08:33profit, warning.
08:34On craint que les entreprises
08:35se mettent à soit annuler
08:37leurs prévisions,
08:38soit les abaisser.
08:40On a vu Manitou,
08:40dernièrement,
08:41qui est un petit peu
08:41un indicateur avancé
08:42d'activité chez nous,
08:44qui a annulé ses prévisions.
08:45Est-ce que vous pensez
08:46qu'on pourrait assister
08:48à une vague d'alertes au profit ?
08:50Oui, on parle d'un contexte de guerre
08:54qui explique des débuts de déclaration.
08:58Alors, est-ce qu'aujourd'hui,
08:59c'est un peu tôt pour parler
09:02d'un véritable phénomène ?
09:05Puisque vous parlez de Manitou,
09:08ce qui est terrible,
09:09et contrairement aux Américains,
09:11ce qui est terrible,
09:12c'est de dire
09:15on ne dit plus rien,
09:16on ne sait pas.
09:17Les Américains, je crois,
09:18je parle sous le contrôle de Jones,
09:19ils vous disent
09:20c'est oui ou c'est non.
09:22Et puis c'est temps.
09:23Et puis c'est temps.
09:24Nous, on ne sait pas dire ça.
09:25On dit non,
09:26et puis on ne fait pas de prévision.
09:28Et alors, qu'est-ce que le marché déteste le plus ?
09:30C'est ça.
09:32On ne sait pas où on va.
09:33La visibilité.
09:34La visibilité, on n'en a pas.
09:36Et ça, c'est terrible.
09:38Les Américains ne vont pas vous dire ça.
09:40Je parle sous le contrôle de Jones une nouvelle fois.
09:42On va vous donner une direction.
09:44Et nous, on ne donne pas de direction.
09:46Manitou n'a pas donné de direction.
09:48On va voir des publications qui sortiront.
09:50On verra si, parfois,
09:52on a à nouveau ce genre de discours
09:55un petit peu indécis.
09:57Et là, effectivement,
09:58on pourrait avoir une levée de bouclier
10:00sur des profit warnings.
10:02C'est comme ça que les interprèteraient les analystes.
10:05Oui, John, on a des profit warnings en vue.
10:07Là où il est trop tôt,
10:07cette guerre n'a pas encore duré.
10:09Pardon de parler comme ça.
10:10On est sur les marchés.
10:11Elle n'a pas encore duré assez longtemps
10:12pour qu'on arrive à des profit warnings massifs.
10:14Alors, pas tout de suite.
10:15Mais pour revenir à cette visibilité américaine ou européenne,
10:18une chose très intéressante,
10:20dans cette semaine qu'on a des banquiers centraux,
10:22la réserve fédérale américaine,
10:24demain, va nous donner ces nouveaux nuages de points,
10:26les fameux dotplots.
10:28Et la Banque centrale européenne,
10:30elle ne le fait pas.
10:31Donc, c'est aussi un exemple
10:34de cette visibilité qu'on a.
10:36Qu'ils se trompent ou pas,
10:37c'est une autre question.
10:39Mais au moins, il y a une visibilité.
10:40Alors qu'en Europe, malheureusement,
10:42on n'en a pas.
10:42Et la Banque centrale européenne
10:43n'en donne pas assez.
10:45Effectivement.
10:46Et c'est peut-être pour ça, d'ailleurs,
10:46que le marché ici en Europe anticipe
10:48« Allez, deux hausses de taux ! »
10:49Alors qu'aux Etats-Unis, non,
10:50pas deux hausses de taux.
10:51On peut tout anticiper en Europe,
10:52vu qu'on en a moins de la visibilité.
10:53Dernière question.
10:54L'Italie pousse ses pions.
10:55Alors qu'on a besoin de varier,
10:57de diversifier nos approvisionnements en énergie,
10:59l'Italie est de plus en plus présente
11:01en Afrique du Nord.
11:02Et on apprend aujourd'hui
11:03qu'Eni, le géant italien,
11:04a réalisé une grosse découverte de gaz
11:06au large de la Libye.
11:07Un de nos auditeurs, Félix,
11:08nous demande s'il faut renforcer
11:09les acteurs de l'énergie italien
11:11qui semblent, nous dit-il,
11:12en meilleure dynamique
11:13que les Français en Afrique du Nord.
11:15Tiens, Franck-là.
11:16Alors, dans cet environnement-là,
11:19il y a deux approches.
11:20Effectivement, on a noté
11:21depuis maintenant de nombreux mois
11:23que l'Italie jouait un petit peu
11:25cavalier seul.
11:26On ne peut pas oublier quand même
11:27que l'Italie avait des relations historiques
11:31avec la Libye et l'Algérie.
11:32Et ils vont sur des terrains
11:35sur lesquels ils sont un petit peu plus à l'aise.
11:37là où les majors français,
11:39pour parler de Total, par exemple,
11:41sont beaucoup plus prudents
11:43et sont plus exposés en termes de risque.
11:46Donc, pour répondre à votre investisseur
11:48en deux mots,
11:49s'il veut jouer cette tendance,
11:52effectivement, cette dynamique,
11:53dynamique diplomatique,
11:54dynamique de recherche, de déni,
11:57il peut le jouer à très court terme.
11:59Mais attention,
12:00l'avantage de Total Energy,
12:02c'est qu'on est beaucoup plus diversifié
12:04en termes de produits
12:05et en termes de localisation géographique.
12:09Donc, peut-être qu'on ira moins vite,
12:11mais on ira peut-être plus loin
12:12avec Total qu'avec Surénie.
12:14Total Energy sur un record historique,
12:15d'ailleurs, aujourd'hui.
12:16Plus de 2,5% avec les cours du pétrole,
12:18toujours très tendus.
12:19Merci beaucoup à tous les deux.
12:20Franklin Pichard pour Kipling.
12:22Merci beaucoup, Franklin, d'être venu.
12:24Et John Plassard.
12:24Il est de passage à Paris.
12:25Si vous le croisez dans la rue, salue.
12:27Merci beaucoup, John.
12:28Merci, Guillaume.
12:28Cité Gestion régulièrement à nos côtés.
Commentaires

Recommandations