- il y a 2 heures
Ce vendredi 20 février, Patrice Gautry, chef économiste chez Union Bancaire Privée, Vincent Lequertier, responsable de l'allocation d'actifs chez Wesave, et Jean-Edwin Rhea, fund manager chez SUNNY AM, se sont penchés sur les droits de douane américains, la hausse des cours du pétrole et l'attractivité de l'Europe en matière d'investissement dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
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TVTranscription
00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:03Il vient de nous rejoindre, Vincent Lequertier, responsable de l'allocation d'actifs de WeSafe.
00:07Bonsoir Vincent.
00:08Bonsoir.
00:08Ravi de vous retrouver.
00:09Jean-Edouine Réa, toujours avec nous en fil rouge.
00:12Seunième, re, Jean-Edouine.
00:14Re, bonsoir.
00:15Re, comme on dit.
00:16Et tiens, Patrice Gautry aussi est en ligne avec nous.
00:17On le salue à distance pour l'Union Bancaire Privée.
00:19Il va lui aussi rebondir sur cette actualité forte.
00:21Bonsoir Patrice.
00:23Bonsoir.
00:23Bonsoir.
00:24Invalidé, invalidé, ces droits de douane par la Cour suprême américaine.
00:27Donc on rappelle les faits, la Cour suprême américaine invalide les droits de douane
00:31qui ont été décidés par mesure d'urgence, avec des arguments liés à l'urgence.
00:36Le remboursement, en revanche, pour l'instant pas décidé.
00:39C'est-à-dire que la Cour suprême choisit de transférer cette question, cet enjeu sur
00:43le remboursement par l'État fédéral des droits de douane déjà perçus à une juridiction inférieure.
00:47Voilà où on en est, Vincent, ce soir.
00:50Il se trouve que les indices applaudissent.
00:53Je ne sais pas, vous trouvez une raison logique ou pas au fait que les indices montent
00:56sur la décision de la Cour suprême aujourd'hui.
00:59La réponse est évidemment oui.
01:02Dans la mesure où on a baissé il y a un an, il est logique qu'on remonte aujourd'hui.
01:08Je pense que si on écoute la Fed qui a récemment fait un rapport, un bilan sur les impacts
01:16des droits de douane, 90% ont été payés par les ménages américains.
01:22Donc évidemment, ça peut être une bonne nouvelle pour les ménages américains si ça
01:27devait se calmer, si les droits de douane devaient s'apaiser, sachant que la question
01:32de l'affordability, donc du pouvoir d'achat, est un sujet très important avant les élections
01:38de mid-term.
01:39La deuxième chose, c'est évidemment que beaucoup d'entreprises ont été obligées
01:43d'absorber en partie au travers de leurs marges les droits de douane en question pour
01:49pouvoir malgré tout continuer de vendre leurs produits.
01:52Donc ça veut dire que ça peut potentiellement soulager, là encore, leurs marges.
01:59Pour certaines entreprises ou certains secteurs d'activité, ils ont été quasiment exclus
02:05du marché américain à cause de ces droits de douane.
02:08On pense notamment au secteur du luxe, les boissons alcoolisées ou ce genre de produits
02:16ont été quasiment exclus du marché.
02:18Donc on est dans une situation où bien évidemment, ça ne peut être que perçu comme un énorme
02:24soulagement et ça se retrouve dans les performances des valeurs en question aujourd'hui sur le
02:30CAC 40 par exemple.
02:32Bon voilà, on voit la traduction sur les marchés à travers les valeurs exportatrices
02:35qui en profitent.
02:35Ben oui, les droits de douane remis en cause par la Cour suprême, le luxe en profite,
02:39LVMH qui était deuxième plus forte hausse du CAC avant la décision de la Cour suprême
02:42est passée devant.
02:43Là maintenant c'est LVMH la plus forte hausse.
02:45Ben oui, le secteur du luxe exporte beaucoup vers les Etats-Unis, donc c'est un soulagement
02:47pour ce secteur.
02:48On a aussi les spiritueux qui profitent de la décision de la Cour suprême.
02:51Droits de douane invalidés égale hausse, hausse pour Pernod Ricard, plus 3,5% en ce
02:55moment.
02:55Rémi Cointreau gagne 3,2%.
02:57On a certains constructeurs automobiles allemands aussi qui sont en hausse, les exportations
03:00allemandes, vous savez, vers les Etats-Unis.
03:01Volkswagen par exemple gagne en ce moment 1% à la bourse de Francfort.
03:07Comment vous regardez la décision de la Cour suprême ? Qu'est-ce qu'il faut en retenir ?
03:10Quels sont les faits majeurs ? Est-ce que vous vous dites que c'est plutôt une bonne
03:14nouvelle ou pas une bonne nouvelle à l'onivette ? Parce qu'on prolongera, on trouvera des
03:18argusides, des artifices, des pirouettes pour prolonger les droits de douane du côté
03:22de l'administration Trump ?
03:22Jean-Edouine ?
03:23Vous êtes américain, franco-américain en plus, vous comprenez l'administration
03:26Trump.
03:26Trump a introduit des droits de douane avec des mesures dites d'urgence et je pense
03:31que cette partie-là va être déboutée.
03:36Tout ce qui avait été justifié par la drogue, le fintanine, etc., les droits de douane
03:39en sanction, tout ça, la Cour suprême le remet en cause et l'invasion.
03:42Oui, en fait, la Cour suprême, elle va renvoyer les demandes, on va dire, métier
03:49par métier et elle va nécessiter des impératifs type sécurité nationale, dumping,
03:59contournement des droits du libre-échange honnête, etc.
04:02On avait déjà eu des contestations autour des subventions illégales, parfois on mettait
04:08ça sur le dos de la Chine, parfois sur le dos de l'Europe, etc.
04:11Mais sur les produits, on va dire, de consommation, comme l'alcool, vous en parliez, ou le luxe,
04:15voire même les automobiles, ça va être difficile de dire que la sécurité nationale en dépend.
04:22Ou même, il y avait les meubles, les baignoires, etc. à un moment, c'est pour des raisons de sécurité.
04:26Tout y est passé, parce que tout était juste une excuse pour faire du levier sur les échanges
04:31commerciaux et les ouvertures de marché.
04:33Mais en revanche, c'est sûr que si ça concerne des industries qui sont considérées
04:36comme stratégiques, ou si ça concerne des industries où les États-Unis ont perdu
04:42leur propre production, je pense qu'ils pourront invoquer la sécurité nationale
04:49ou des enjeux, on va dire, de ce type, qu'ensuite le Parlement pourra approuver.
04:54Mais en revanche, ça va fragmenter la mise en place du process, ça va le ralentir.
04:58Et quelque part, je pense que c'est un petit affaiblissement général de la Maison Blanche
05:03juste avant les mid-terms.
05:04Oui, c'est Scott Bessent, il y a quelques semaines, qui disait
05:07« si les droits de douane sont invalidés par la Cour suprême, nous pourrons toujours mentionner,
05:10disait-il, les articles 232 ou 301 des textes de loi comme option potentielle. »
05:15Oui, parce qu'il y a une loi de 1962, une de 1974, une autre qui remonte même à 1930,
05:21qui étaient en fait des tarifs équivalents des droits de douane.
05:25Et chacun avait ces conditions, justement, qui étaient liées à l'urgence nationale.
05:29Oui, alors la question, c'est le tuilage, parce que les Américains ont quand même perçu,
05:32grâce aux tarifs douaniers, 170 milliards, 170 milliards dans les caisses de droits de douane.
05:37Donc oui, c'est de l'argent qui devait contribuer à réduire le déficit,
05:40qui devait contribuer à financer quand même tous ces chèques promis par Donald Trump aux Américains.
05:44Ils appelaient ça les dividendes douaniers, les dividendes tarifaires, les dividendes des droits de douane.
05:48Est-ce qu'il arrivera, ces fameux chèques, à les distribuer ?
05:51Est-ce que le déficit va se résoudre comme il en rêvait Donald Trump
05:54avec cette invalidation des droits de douane par la Cour suprême ?
05:56On vous retrouve, Patrice Gautry, depuis l'Union bancaire privée.
05:59Est-ce que vous pensez que la réponse est oui, il va y arriver, ou non, c'est foutu désormais
06:02?
06:03Alors je pense que l'administration américaine était largement au courant
06:06qu'il y avait une forte probabilité pour que la Cour suprême retoque
06:09au motif de l'urgence un certain nombre de tarifs,
06:12comme vous l'avez mentionné, avec le fentanyl notamment,
06:15et les actions réciproques contre le Mexique et contre le Canada.
06:20Donc j'espère, entre guillemets, que l'administration américaine
06:23est prête à requalifier ces mêmes catégories.
06:26Sous les autres articles que vous mentionnez,
06:28il y a à peu près cinq catégories, en fait,
06:32qu'on peut utiliser pour remettre des tarifs
06:34et qui, là, sont moins sujets à caution du côté de la Cour suprême.
06:39Donc, un, est-ce que l'administration est prête ?
06:42A priori, je pense que les gens qui travaillent avec M. Bessette
06:46ont dû peut-être préparer leur dossier,
06:48puisque l'on savait qu'il y avait une forte probabilité.
06:50Après, effectivement, le côté remboursement,
06:53et c'est là où c'est peut-être un petit peu plus délicat
06:55quand on voit la réaction du marché,
06:57qui salue cette décision.
07:01Ce n'est pas la fin des tarifs, premier point.
07:03Deuxième point, ces tarifs peuvent réapparaître dans d'autres chapitres.
07:07Et troisième point, il n'est pas du tout certain
07:09qu'on obtienne des remboursements.
07:11Et ça va être très, très long.
07:12Ça va être une argustie juridique,
07:14avec, effectivement, beaucoup plus de travail
07:16du côté des avocats que des économistes.
07:20Et il n'est pas sûr que le consommateur final
07:23retrouve l'argent qu'il a payé au travers des droits de douane,
07:26ou même que les entreprises qui ont été impactées
07:29par ces droits de douane retrouvent l'argent,
07:31les modalités et le temps des remboursements peut-être très long.
07:35Donc, si, effectivement, le budget sera peut-être obligé
07:38de ségréguer, en quelque sorte,
07:40les 170 milliards potentiellement remboursables,
07:43ça va mettre, effectivement, beaucoup plus de temps.
07:46Donc, ça veut dire qu'au total,
07:48la balance, elle est plutôt du côté du coût politique
07:50que de l'avantage économique que l'on pourra en retirer
07:54du côté du consommateur américain
07:56ou du côté des entreprises de consommation
07:58qui ont, effectivement, réagi peut-être un petit peu trop vite
08:02parce que ce n'est pas la fin des tarifs,
08:03c'est simplement un changement de qualification
08:05et beaucoup d'argustie juridique.
08:07– Vous restez avec nous, Patrice,
08:08parce qu'on continue de parler, évidemment,
08:09de cette décision de la Cour suprême.
08:11Vous disiez, le coût politique est plus important
08:13que le bénéfice économique de ce qui a été annoncé.
08:15Le coût politique pour Donald Trump,
08:16Vincent, Jean-Henri, le coût politique, là, il est important.
08:20– Oui, un peu, parce que, quelque part,
08:23il a singularisé sa politique
08:27autour de son autorité et de sa vitesse d'action.
08:31Et là, je pense que c'est un coup de frein
08:34quand même assez institutionnel.
08:37Il y a eu beaucoup d'autres choses qu'il a faites
08:40qui n'ont pas été totalement adressées par la Cour suprême,
08:43mais qui ont été des choses un peu unilatérales
08:45à l'intérieur du pays
08:46et qui ont provoqué quand même des doutes
08:50sur des excès d'autorité.
08:53Et je pense que juste avant l'émiteur,
08:55enfin juste avant, il reste quand même pas mal de temps.
08:57Mais oui, c'est un signal.
08:59Peut-être que la Cour suprême avait envie de lui dire
09:02de se calmer.
09:04Mais je n'irais quand même pas trop loin.
09:06Je pense que la Cour suprême, elle est assez attentive,
09:09surtout celle de droite,
09:11à ce qu'on appelle les textualistes,
09:13ceux qui veulent interpréter la loi au sens strict
09:16et rien de plus, rien de moins.
09:19Et quelque part, en fait, ce droit de prélever de l'impôt
09:22est un monopole du Parlement.
09:24Il ne passe pas par la Maison-Blanche.
09:26Donc, elle va devoir l'habiller autrement.
09:29Mais comme je disais tout à l'heure,
09:30il y a déjà eu des droits de douane dans le passé
09:32et ils étaient constitutionnels.
09:34Donc, il faut juste les habiller
09:36et dire que c'est pour la défense nationale,
09:38c'est pour la sécurité du pays,
09:40c'est pour les frontières,
09:41c'est pour je ne sais quoi.
09:41Et on ne doute pas qu'ils vont y arriver.
09:44Ça va être plus long,
09:44parce qu'ils ne pourraient pas passer d'un coup de pinceau.
09:46Juste la veille d'un rendez-vous avec Macron
09:48ou avec quelqu'un d'autre,
09:49je vous triple les droits de douane.
09:50Et est-ce qu'entre-temps,
09:52ils auront dû rembourser les droits de douane déjà perçus ?
09:54Ça, ça va être le choix.
09:54En tout cas, la décision,
09:56le verdict attendu, effectivement,
09:57d'une autre juridiction,
09:58puisque sur cette question,
09:59l'État fédéral devra-t-il rembourser
10:02tous ces droits de douane perçus ?
10:03170 milliards de dollars à peu près.
10:05Là-dessus, la Cour suprême ne se prononce pas
10:07et laisse la patate chaude
10:09à une juridiction inférieure.
10:10La question, c'est le tuilage, en fait.
10:11C'est là-dessus que ça va se jouer,
10:12en quelque sorte, Vincent.
10:13Pardon ?
10:14La question, c'est le tuilage.
10:15C'est le tuilage.
10:15C'est comment on va tuiler les choses.
10:16C'est-à-dire que l'administration Trump
10:18va sans doute vouloir trouver les argusies,
10:20des artifices pour prolonger ses droits de douane.
10:22Mais entre-temps, elle espère sans doute,
10:24elle va prier sans doute
10:24pour ne pas avoir à rembourser
10:26ce qui a déjà été perçu entre-temps.
10:28La question du remboursement,
10:29de toute façon, il faut attendre
10:30de savoir ce qu'il en est.
10:33J'exagère, mais est-ce que les États-Unis
10:36sont à 170 milliards près ?
10:39Je force beaucoup le trait,
10:40mais la dette est tellement importante
10:42que d'une certaine manière,
10:43ce n'est plus tellement un sujet.
10:48La véritable question pour moi
10:50est de savoir si la majorité parlementaire
10:53bascule ou pas.
10:55Et autrement dit,
10:55est-ce qu'à la fin de l'année,
10:58Trump a toujours les moyens
11:00d'essayer d'appliquer sa politique,
11:03y compris tarifaire,
11:04en ayant modifié les motifs
11:06pour lesquels elle serait justifiée ?
11:09Donc pour moi, c'est ça la vraie question.
11:11La question de l'équilibre parlementaire
11:14en fin d'année,
11:15c'est celle-là qui se pose.
11:16Quand on regarde les sondages,
11:18à l'évidence,
11:19c'est la question du pouvoir d'achat
11:20qui est le grand sujet.
11:23Donc est-ce qu'il pourra continuer
11:25d'accorder des chèques
11:27à la population avant les élections ?
11:30Ça se complique de plus en plus.
11:31Donc la probabilité de ne plus avoir la main
11:34comme c'était le cas auparavant,
11:36elle est plus forte.
11:37Et on voit bien qu'au travers de la Cour suprême,
11:40on voit bien que les contre-pouvoirs
11:43aux États-Unis fonctionnent.
11:44On a vu que quand il a attaqué
11:47le président de la Fed
11:48ou l'indépendance de l'institution,
11:51on a vu qu'il y avait un tir de barrage
11:54qui s'était mis en place.
11:55Et on voit bien que même la Cour suprême
11:57qui est pourtant conservatrice,
12:00majoritairement conservatrice,
12:01même comme ça, ça bloque.
12:03Et ça ne bloque pas qu'à moitié
12:05parce qu'ils ont été 6 à invalider sur 9.
12:076 à invalider les droits de douane.
12:09Tout à fait.
12:09Donc des Républicains.
12:10Tout à fait.
12:11Donc ça démontre bien qu'aux États-Unis,
12:13le système démocratique
12:15continue de fonctionner.
12:17Il y a des contre-pouvoirs.
12:20Et Trump aura du mal
12:21à continuer d'imposer
12:23une pression aussi forte.
12:25Les organes vitaux sont encore là.
12:27Voilà.
12:29Tiens, le communiqué,
12:30donc plus que le communiqué,
12:31170 pages.
12:32Le verdict de la Cour suprême américaine
12:34sur les droits de douane
12:34qu'elle a choisi d'invalider.
12:35Donc 170 pages.
12:37Vous les avez lus déjà,
12:38les uns les autres.
12:39Patrice aussi, on n'en doute pas.
12:40C'est une IA incarnée en humain.
12:42Patrice est toujours très impressionnée.
12:43170 pages.
12:44Et dans ces 70 pages,
12:45on a vu cette phrase.
12:47Je vous la lis en anglais,
12:48vous me pardonnerez.
12:49The refund process,
12:51donc le remboursement
12:52des tarifs douaniers
12:57Le remboursement sera sans doute
12:59très chaotique,
12:59voire bordélique.
13:00C'est la Cour suprême elle-même
13:02qui l'écrit.
13:03C'est très américain ça.
13:04On se lâche en ce moment.
13:05Sous l'air Trump,
13:06on se lâche.
13:07It's going to be a mess,
13:08dit la Cour suprême
13:09sur le remboursement.
13:10Sur lequel,
13:10elle ne se prononce pas,
13:11encore une fois.
13:12Elle laisse une autre juridiction
13:13statuée sur l'éventuel remboursement,
13:15l'obligation de rembourser.
13:17Les tarifs douaniers
13:17d'ores et déjà décidés.
13:18Patrice,
13:19quel regard vous portez là-dessus
13:20sur ce tuilage,
13:21qu'il va falloir parvenir
13:22à constituer cette usine à gaz
13:24supplémentaire quand même aussi ?
13:26Oui, j'aurais deux points peut-être.
13:28Le premier point,
13:29c'est mon sentiment,
13:31et là c'est un sentiment,
13:32c'est que ce remboursement,
13:33ça va faire pchit.
13:35C'est-à-dire que ça va être
13:36tellement compliqué
13:36que personne ne verra
13:39le remboursement
13:40de façon effective
13:40parce que ça va traîner
13:41d'une cour à une autre.
13:43Il n'est même pas impossible
13:44que ça revienne
13:45in fine,
13:46après des cours inférieurs
13:48vers la Cour suprême
13:49pour définitivement statuer.
13:51Donc ça va être très long.
13:52Et je pense que,
13:53grosso modo,
13:53il n'y a pas de remboursements,
13:55il y a peu de chances
13:56de voir effectivement
13:57ce remboursement revenir
13:58d'où dans les entreprises.
14:00Deuxième point,
14:01c'est que le côté politique
14:02s'empare de ce débat
14:03puisqu'on pensait que,
14:05effectivement,
14:06la saison des tarifs
14:07et la guerre des tarifs
14:09était passée,
14:10y compris en termes
14:12de débats politiques
14:13domestiques aux États-Unis.
14:15La sénatrice Warren
14:16s'est emparée du sujet
14:17et a dit qu'il faut rembourser
14:18directement aux consommateurs américains.
14:20Et donc là, en fait,
14:21malheureusement,
14:22pour l'administration
14:23et pour M. Trump,
14:25les tarifs redeviennent
14:26un sujet purement politique
14:28et de politique domestique,
14:30ce qui n'était pas le cas auparavant.
14:33Donc je pense que,
14:36effectivement,
14:36ça va être très compliqué pour eux.
14:39Il faudra qu'ils basculent
14:40très très vite
14:41sur les autres motifs
14:42de discrimination,
14:44concurrence déloyale,
14:45sécurité
14:46et non plus d'urgence
14:47pour essayer de restaurer
14:49et de maintenir en place
14:50le système tarifaire.
14:51Par contre,
14:52ça veut dire que
14:52pour les pays partenaires
14:53et les entreprises
14:54qui investissent
14:56ou qui vendent
14:57aux États-Unis,
14:58la situation reste très compliquée
15:00et on n'est certainement pas
15:02encore définitivement
15:03sortis de ces arguments tarifaires.
15:05Mais effectivement,
15:06comme on disait,
15:06le coût politique est important
15:07et l'utilisation des tarifs
15:09à tout crin
15:09ne pourra plus être utilisée
15:11par le président
15:12par rapport au dialogue.
15:13Mais on a vu que,
15:14par rapport aux autres pays
15:15émergents,
15:16en fait,
15:16il reste encore maintenant
15:17le point important
15:19à négocier
15:19de l'angle des tarifs
15:20et du commerce extérieur
15:21fait l'accord,
15:22le renouvellement USMCA,
15:24c'est-à-dire l'accord
15:25entre les États-Unis,
15:26le Mexique et le Canada.
15:27C'est le gros sujet
15:28qui reste pour 2026.
15:29Effectivement.
15:30Alors, il y a une question
15:30qu'on se posait,
15:31c'est Antoine,
15:31c'est vous Antoine
15:32qui l'a posé cette question
15:33tout à l'heure.
15:33Comment pourront-ils
15:35l'administration Trump
15:36distribuer les chèques,
15:37vous savez,
15:37qui promettent
15:38aux classes moyennes
15:39et populaires américaines
15:402000 dollars par Américain,
15:41quand même 2000 dollars
15:42qui étaient supposés
15:42être financés
15:43par les dividendes
15:44des tarifs douaniers ?
15:45Antoine,
15:46vous émettez une hypothèse
15:47puis vous nous direz,
15:48Patrice,
15:48que vous en pensez.
15:49Comment financer ces chèques
15:50désormais ?
15:50L'hypothèse ?
15:51Non, mais je regarde
15:53ce que font
15:54à l'échelle d'une entreprise.
15:55Généralement,
15:56les dividendes,
15:56on les paye à crédit.
15:58On s'endette,
15:59on ne va pas bousiller
15:59la trésorerie pour ça.
16:01Ou alors,
16:02il faut s'appeler Apple.
16:04Non, on le fait à crédit.
16:05Donc, est-ce que
16:06les États-Unis
16:06vont devoir s'endetter
16:08pour faire tampon
16:10avant de trouver une solution ?
16:11Ça peut peut-être
16:12être une solution viable ?
16:14Patrice ?
16:15Alors,
16:16les méthodes
16:16qui avaient été évoquées
16:19au moment de...
16:20Enfin,
16:20pour ce débat
16:21sur ce qu'est une notion
16:22qu'ils appellent
16:23affordability
16:23et donc une politique
16:25très dédiée
16:26pour essayer
16:26d'améliorer
16:27le pouvoir d'achat
16:27globalement
16:28des citoyens américains,
16:30ça a été effectivement,
16:30on l'a vu,
16:31avec une tentative
16:32pour mettre
16:34un cap,
16:34un plafond
16:35sur les taux des crédits
16:37pour les cartes de crédit,
16:38ce qui avait effectivement
16:39un peu irrité
16:40certaines banques.
16:42On avait aussi eu l'idée
16:44du côté du marché
16:45des mortgages,
16:46d'avoir effectivement,
16:48d'essayer de diminuer
16:49le taux du crédit
16:51avec des rachats
16:52de la part
16:52des entités
16:53Freddie Mac
16:54et Fannie Mae.
16:55Donc,
16:55on voit bien
16:56qu'on peut avoir
16:57des petits cadeaux,
16:58peut-être que ce ne sera pas
16:59à l'ampleur
17:00de ce qui avait été possible
17:02de distribuer.
17:03mais tant qu'on ne doit pas
17:04rembourser les tarifs,
17:08pour l'instant,
17:09c'est des recettes acquises.
17:10C'est vrai.
17:11C'est vrai, c'est vrai.
17:12Et si elles n'étaient pas acquises,
17:13si cette autre juridiction,
17:14parce qu'on attend maintenant
17:15un autre verdict
17:16d'une autre juridiction,
17:17et si cette juridiction dit
17:18« Ah si, si, il va falloir rembourser »,
17:20dans ce cas,
17:20est-ce qu'on peut imaginer
17:21que ces fameux chèques
17:22que Donald Trump
17:23a quand même promis aux Américains
17:24avant une échéance électorale
17:25qui approche,
17:25qui est importante pour lui ?
17:26En plus,
17:26il craint pour sa peau,
17:27il craint d'être carrément
17:29impeaché,
17:29si les démocrates
17:30prennent les deux chambres.
17:32Donc, c'est un vrai enjeu personnel
17:33pour Donald Trump
17:34qui, derrière, peut-être,
17:35pourrait revoir
17:36les spectres judiciaires
17:37qui l'attendent
17:38revenir plus vite que prévu.
17:39Bref,
17:39est-ce que vous imaginez
17:40les États-Unis,
17:41donc, dans ce cas,
17:43emprunter pour financer
17:44ces chèques
17:45puisqu'on aurait plus
17:46les recettes des tarifs douaniers ?
17:50Patrice ?
17:50Ah oui, d'accord.
17:52Alors, emprunter directement,
17:54non,
17:54mais de toute façon,
17:55ça fait partie,
17:56je dirais,
17:56des dépenses courantes.
17:59Donc, on pourrait avoir
17:59peut-être une avance.
18:01Mais là encore,
18:02en fait,
18:02tant que l'argent
18:04n'est pas remboursé,
18:05ça va mettre beaucoup de temps
18:06pour être remboursé,
18:07ça sera remboursé en partie.
18:09On peut utiliser les recettes.
18:11Elles n'ont pas encore
18:12été dénoncées.
18:13Et justement,
18:14la prudence,
18:15l'extrême prudence
18:16de la Cour suprême
18:17là-dessus
18:18voit bien que
18:19le statut
18:20va faire débat.
18:21Et le temps
18:21qu'on se statue là-dessus,
18:23à mon avis,
18:24on ne peut pas
18:26remplacer l'un par l'autre.
18:27Par contre,
18:27effectivement,
18:28d'avoir ces méthodes.
18:29Je pense que
18:29le point important
18:30pour les ménages,
18:31c'est l'énergie
18:32et c'est le coût
18:33de l'immobilier.
18:34Ce n'est pas tant
18:35les tarifs
18:35sur les périodes
18:37de basket.
18:38Et donc,
18:39c'est peut-être
18:39sous cet angle-là,
18:41c'est-à-dire
18:42continuer,
18:42effectivement,
18:43l'action sur l'Iran
18:43parce qu'indirectement,
18:45ça produit
18:46de l'énergie
18:46pas chère
18:48avec le Venezuela.
18:49Et c'est peut-être
18:49énergie
18:50et le coût
18:51de l'immobilier
18:51qui, pour moi,
18:52sont les plus importants
18:54dans les regards
18:56des marges américains.
18:57Merci beaucoup,
18:57Patrice,
18:58de nous avoir accompagné,
18:58d'avoir répondu présent
18:59un vendredi comme ça
19:00depuis l'union bancaire privée.
19:02Est-ce qu'on pourrait imaginer
19:03que ça ait un impact
19:03sur sa stratégie géopolitique aussi ?
19:05Non, mais je ne sais pas.
19:06Patrice nous disait,
19:07peut-être pour redonner
19:08justement du pouvoir d'achat
19:09dans ce contexte
19:09un peu perturbé
19:10sur les tarifs douaniers,
19:12redonner du pouvoir d'achat
19:13aux Américains,
19:13agir sur le marché pétrolier.
19:16On a une guerre en Iran
19:17qui est proche,
19:19manifestement.
19:20En tout cas,
19:20on a un déploiement
19:21d'arsenaux militaires
19:23absolument gigantesque.
19:24Washington déploie
19:25en ce moment
19:25autour de l'Iran
19:26les plus fortes capacités militaires
19:27depuis la guerre en Irak
19:28en 2003.
19:29D'après le Wall Street Journal,
19:30on va vers une première opération limitée
19:31pour contraindre Téhéran
19:33à conclure un accord,
19:34puis peut-être
19:34une guerre beaucoup plus ouverte
19:35et longue.
19:36Antoine ?
19:37Je ne suis pas un expert
19:38en politique américaine,
19:39mais quand l'ossature
19:40de ma politique économique
19:41vient de se faire retoquer
19:42par la Cour suprême,
19:44même partiellement,
19:45même ceci, cela,
19:47je ne vais pas envahir l'Iran.
19:49Voilà.
19:52Il n'a jamais été question
19:53d'envahir l'Iran.
19:54Il s'agit de...
19:56Je parle de guerre
19:57haute intensité.
19:58Même des opérations militaires...
20:00On monte les muscles
20:01et on tente de négocier au mieux,
20:03mais je pense qu'il n'aime pas ça.
20:06En revanche,
20:06ce qu'il aime,
20:07c'est montrer qu'il est fort.
20:08Et ça, il le montre.
20:09Et ça, il le montre.
20:10Donc, déployer tout l'arsenal,
20:12oui.
20:13Envoyer...
20:14Pendant la guerre de Deux jours,
20:15il a envoyé des bombes,
20:16mais il n'a aucune envie
20:18d'envoyer des GI sur le terrain.
20:19Ça, c'est sûr.
20:20Et même montrer ses muscles,
20:22enfin, déplacer deux porte-avions nucléaires
20:24avec toute la flotte
20:25qu'il y a autour,
20:27faire tourner les avions,
20:28tout ça,
20:28c'est vaguement un coup.
20:30Je ne sais pas combien c'est par jour.
20:3130 dollars par jour.
20:31Là, ce qu'ils sont en train de déployer,
20:32voilà, pour tourner autour de l'Iran,
20:34les bâtiments militaires,
20:3430 millions de dollars par jour.
20:36Ouais.
20:37Bon.
20:37Moi, ça ne me paraît même pas beaucoup.
20:38Mais bon, ça, c'est des exercices.
20:40Tout le monde en fait.
20:41Bon.
20:41Et ça impacte les cours du pétrole.
20:43Ils sont sur des plus hauts de six mois,
20:44là, les cours du pétrole.
20:44Ce n'est pas une bonne nouvelle
20:45pour le ménage américain,
20:46ça, non plus, en l'occurrence, Vincent.
20:48Il regarde le ménage.
20:49Non, non.
20:49Mais c'est bien pour ça
20:50que le fait d'attaquer l'Iran
20:52me semble un peu étonnant.
20:56Contre-productif.
20:57Oui, mais peut-être avec l'idée
20:57de libérer l'Iran de ce régime
20:59et peut-être remettre le pétrole iranien
21:01sur le marché mondial
21:02pour refaire d'autant plus,
21:03baisser les prix par la suite.
21:04La problématique, ça reste...
21:06Plus d'offres.
21:06Ce n'est pas tellement la question
21:07de la production iranienne,
21:09la question, c'est le détroit d'Ormouz.
21:11Vous avez 40 kilomètres
21:12qu'il faut essayer de sécuriser.
21:14Vous avez 20% du pétrole mondial
21:15qui passe par là,
21:16plus d'autres matériaux et produits
21:19qui circulent.
21:21Donc le vrai sujet, il est là.
21:22Si jamais il y a une attaque de l'Iran,
21:25il est...
21:26Quand on regarde la manière
21:28dont la guerre en Ukraine
21:29se déroule à l'heure actuelle,
21:31c'est une guerre avec des petits moyens.
21:33C'est une guerre avec des drones,
21:34avec des matériels de ce type-là.
21:36Je ne serais pas surpris
21:37que l'Iran et un certain nombre d'alliés
21:40soient capables de déployer
21:41des matériaux du même ordre
21:44sur 40 kilomètres.
21:46Les drones russes, ils viennent d'Iran.
21:47Sur 40 kilomètres.
21:48Donc, enfin, je...
21:50Ce serait une prise de risque
21:51de la part des Américains.
21:52Bon, en tout cas,
21:53cours du pétrole
21:53qu'il faut continuer de suivre,
21:54qu'il faudra continuer de suivre
21:56peut-être des sources américaines
21:57qui nous disent
21:58qu'une attaque américaine
21:59sur l'Iran
22:00interviendrait la semaine prochaine.
22:01Bon, tout ça,
22:02c'est que des conjectures.
22:03En tout cas,
22:03on est à 9 minutes,
22:04ça, on en est sûr,
22:05de la culture ici.
22:07Et on n'est pas mal,
22:07on n'est pas mal
22:08avec ces droits de douane
22:09donc invalidés par la Cour suprême.
22:11On a touché un nouveau record
22:12tout à l'heure sur la news.
22:13On l'a vécu en direct
22:13avec Antoine.
22:14Tout à l'heure,
22:14vers 16h,
22:15le CAC a franchi
22:15pour la première fois
22:16les 8500 points.
22:17On y est toujours d'ailleurs,
22:18on va peut-être culturer au-dessus,
22:198500, 14 points en ce moment,
22:20plus 1,4%
22:21porté par le secteur du luxe
22:23parce que les acteurs du luxe
22:24profitent de l'invalidation
22:25des droits de douane.
22:26Ce sont de gros exportateurs.
22:27LVMH est repassé en tête du CAC,
22:28là, plus 5%.
22:29On a aussi Hermès
22:29qui gagne 3,5% en ce moment.
22:31Et puis le CAC profite aussi
22:32d'Air Liquide
22:33qui a publié
22:33et s'est accueilli positivement.
22:35Air Liquide gagne 4,6%.
22:36On en parle avec Jean-Edouine Réa
22:37et Vincent Lecartier.
22:39Ce soir, effectivement,
22:41c'est dommage
22:42parce qu'on parle que des Etats-Unis
22:43alors qu'on voulait ouvrir
22:44sur l'Europe
22:44qui va tellement bien,
22:45qui va tellement bien
22:46sur les marchés financiers,
22:47record sur record.
22:49L'Eurostox 600 aussi
22:50sur des records historiques.
22:51Et on apprend que
22:52ce mois de février
22:53est jusqu'ici
22:54le meilleur mois de l'histoire
22:56pour l'Europe
22:56en matière de flux entrants.
22:58Parce qu'on veut se diversifier
22:59des Etats-Unis.
23:00On n'a jamais vu autant
23:01de flux entrants sur l'Europe
23:02que depuis le début
23:03de ce mois de février, Vincent.
23:05Ça fait maintenant
23:06grosso modo un an
23:07qu'il y a structurellement
23:09un processus d'arbitrage
23:11des Etats-Unis
23:12vers le reste du monde.
23:14Que ce soit l'Europe,
23:15que ce soit les émergents,
23:16que ce soit alléger
23:18la dette américaine
23:19au profit de l'or.
23:20Il y a des mouvements
23:21de sortie systématique
23:25des actifs américains
23:26vers le reste du monde.
23:27Donc que l'Europe
23:28en profite, tant mieux.
23:31Il me semble assez logique
23:32que l'Europe en profite
23:33dans la mesure
23:34où c'est une cote
23:35qui est très value.
23:36donc très décotée
23:38avec peu de techno
23:41pour essayer de simplifier.
23:44Beaucoup d'arbitragistes
23:45ont probablement fait
23:46une position acheteuse
23:48de la techno
23:49et vendeuse
23:50de ce qui ne marchait pas
23:52jusqu'à présent.
23:53Et dans la mesure
23:54où il y a une forme
23:55de remise en cause
23:56à la fois des sets magnifiques
23:57et des logiciels
23:59ou ce genre de choses.
24:01donc en clair
24:02une remise en cause
24:03du cœur de moteur
24:05de la cote américaine.
24:06vous débouclez une partie
24:08de ces positions.
24:10Donc en plus
24:10des positions longues
24:12traditionnelles
24:13des gestions
24:15classiques
24:15qui se repositionnent,
24:17redispersent le risque
24:18vers l'Europe.
24:19Je pense qu'en plus
24:20vous pouvez avoir
24:21un surcroît
24:22de flux technique
24:23technique
24:23de gens
24:24qui débouclent
24:24des positions
24:25de longues short.
24:27Oui, oui.
24:27Donc ça peut effectivement
24:28être une des explications
24:29à cette incroyable santé
24:31des marchés européens
24:32en ce moment.
24:33Depuis le début de l'année,
24:34l'Eurostock 50 gagne 5%,
24:35le S&P ne gagne que 0,2%.
24:37C'est vous le S&P,
24:38Jean-Edouine ?
24:38Vous êtes le franco-américain ?
24:39Oui.
24:40Vous êtes...
24:40Alors, il y a eu un classement,
24:41un classement réalisé par Bloomberg,
24:42justement,
24:43des performances
24:43depuis le début de l'année.
24:44L'Amérique arrive quasiment
24:45à la toute fin
24:46sur les 92 indices suivis.
24:49Le S&P arrive en 76e position
24:51en termes de pertes
24:51depuis le 1er janvier.
24:53Je pense que,
24:53comme l'Amérique,
24:54les indices américains
24:55sont dominés par les GAFA
24:56et qu'il y a un peu ce doute
24:58sur une bulle de l'IA
24:59ou une sorte de surinvestissement,
25:02il y a une sorte de transformation
25:03aussi d'un certain nombre
25:04de ces GAFA
25:05qui passent d'avoir été
25:07des sociétés numériques,
25:08des sociétés ultra rentables,
25:12monopolistiques.
25:13Elles se transforment maintenant
25:14en ce qu'on pourrait appeler
25:14des usines à intelligence.
25:16Elles font des investissements gigantesques.
25:18On est à plus de 700 milliards de dollars
25:20qui vont être investis
25:21dans la seule année actuelle.
25:23Il y a deux semaines,
25:24on était à 610,
25:25maintenant on est à 700 milliards.
25:26On est à 700 milliards.
25:27Ça continue, d'accord.
25:28Oui, parce qu'au fur et à mesure
25:30que chacun publie,
25:31ils augmentent leur budget.
25:32Quand ils augmentent de 20 milliards,
25:33ça nous paraît tellement une paille
25:35maintenant qu'on ne le voit plus
25:36et on n'en parle plus.
25:36D'accord.
25:37Donc maintenant,
25:37on est à 700 milliards
25:38d'investissements cumulés
25:39annoncés pour cette année.
25:40Ok.
25:41Et oui,
25:41je pense que ça,
25:43on appelle ça,
25:44dans nos réunions,
25:45on a décidé que c'était un peu
25:46la revanche du physique
25:47sur le numérique.
25:48En gros,
25:49on voit bien que le monde,
25:51ce qui performe le mieux en bourse,
25:52ce sont les aspects
25:53les plus cycliques,
25:54les plus lourds,
25:55les plus industriels,
25:57les plus hardware,
25:58si on parlait en technologiste.
26:00Et quelque part,
26:01l'Europe ou le Japon,
26:04ce sont des pays plus cycliques.
26:06Donc c'est pour ça
26:07que ça surperforme.
26:08C'est un peu la vue de très haut.
26:10Ce qui était un handicap
26:10redevient une force.
26:11De ne pas être très bon dans l'IA,
26:12ça redevient une forme de force.
26:13Ce n'est pas très très bon
26:14dans la tech,
26:15ça redevient une forme de force.
26:15Moins il y a d'informatique
26:17dans une société
26:18et moins elle est exposée
26:20aux disruptions.
26:20Tout ce qui est digital
26:21est vulnérable.
26:22Juste pour ajouter
26:23une toute petite précision,
26:24le S&P 500 équipondéré
26:26fait 4 à 5% de mieux
26:28que le S&P traditionnel.
26:30Donc oui,
26:31on regarde le S&P,
26:32mais il faut aussi
26:34élargir un petit peu la vue
26:36et se rendre compte
26:36qu'en réalité,
26:37le reste de la cote américaine
26:40se comporte très bien.
26:41Donc les biais de pondération
26:42du S&P 500
26:44jouent énormément
26:45en sa défaveur
26:45à l'heure actuelle.
26:46Oui, tout à fait,
26:47effectivement.
26:47En tout cas,
26:48les flux entrants majeurs
26:49record ici en Europe
26:51depuis le début
26:51de ce mois de février.
26:52Des grandes tendances
26:53disruptives,
26:54un marché qui s'interroge,
26:56qui se demande même
26:56si certains secteurs
26:57existeront encore
26:58dans une dizaine d'années
26:59et même certaines classes
27:00d'actifs.
27:01C'est le scare trade.
27:02Qui l'IA tuera-t-elle ?
27:04Et est-ce que l'IA
27:05est en train de commencer
27:05à égratigner
27:06le marché du crédit privé ?
27:07Blue Hole Capital,
27:09qui est un géant
27:09du crédit privé,
27:10vient de bloquer
27:11les retraits
27:11sur l'un de ces fonds
27:12destinés aux particuliers
27:13et un fonds notamment
27:14justement exposé
27:15au segment des logiciels.
27:16Est-ce qu'on voit
27:17une diffusion de la peur,
27:19de la crainte
27:19et du risque existentiel
27:20aussi à certaines classes
27:21d'actifs liées à l'IA,
27:22une surexposition
27:23par exemple aux logiciels ?
27:24Vincent ?
27:24On sait que sur
27:25les classes d'actifs
27:27non cotées,
27:28que ce soit le crédit
27:29ou que ce soit
27:30la partie action,
27:31on sait qu'il y a
27:32systématiquement
27:33des problématiques
27:33d'excès de levier
27:35pour certains établissements.
27:37On sait qu'il y a
27:38des problématiques
27:39de liquidité
27:40des dépositions.
27:42Il y a relativement peu
27:44d'introductions en bourse
27:45qui se font,
27:46ce qui veut dire
27:47que les fonds
27:47de private equity
27:48n'arrivent plus
27:49à reclasser
27:50en bourse
27:51leurs actifs.
27:53Donc si vous avez
27:54de la décollecte
27:55qui s'opère
27:56et surtout
27:57une décollecte
27:58qui peut se faire
27:58de façon un peu
27:59accélérée
28:00comme c'est le cas
28:00pour Blue Hole
28:02pour des raisons
28:03de, on va dire,
28:06de biais d'exposition
28:08qui sont assez traditionnelles.
28:10C'est-à-dire que...
28:108% de leur portefeuille
28:11est exposé au logiciel.
28:128%.
28:13Ils ont investi
28:15sur des modèles économiques.
28:17Et ces modèles économiques,
28:18je pense qu'au-delà
28:19des logiciels,
28:21il doit y avoir
28:21d'autres profils
28:23d'entreprises
28:24qui sont un petit peu
28:25du même ordre.
28:26C'est-à-dire
28:27avec historiquement
28:29un carnet d'adresses
28:30de clients
28:32solides
28:32avec des flux
28:34de trésorerie
28:34qui sont récurrents
28:35et qui étaient
28:36supposés être sécurisés.
28:37Je pense que
28:38d'autres thématiques
28:39peuvent elles aussi
28:40être mises en concurrence
28:41par l'intelligence artificielle
28:43et que du coup,
28:44effectivement,
28:44ce n'est pas seulement
28:45ces 8% de logiciels
28:47qui sont concernés,
28:48mais probablement
28:49un volant bien plus large
28:50de leur portefeuille
28:51qui peut être
28:52potentiellement exposé
28:53par sa non-liquidité
28:55et les risques
28:57de perte de flux
28:59financiers
28:59qui peuvent en découler
29:00à terme.
29:00Qui l'IA disruptera-t-elle ?
29:02On se demande même
29:02si les contrôleurs fiscaux
29:03ici en France
29:04seront remplacés par l'IA.
29:05Bercy passe un cap
29:06sur les contrôles fiscaux
29:07enclenchés par l'intelligence artificielle.
29:09L'an dernier, en 2025,
29:10le logiciel de data mining
29:11de Bercy,
29:12boosté par l'IA,
29:13a permis de déclencher
29:14la moitié
29:15des contrôles fiscaux
29:16de particuliers,
29:17figurez-vous.
29:17Un objectif
29:18que s'était fixé Bercy
29:19qui a été atteint
29:20avec deux ans d'avance.
29:21C'est ce que nous annonce
29:22le média à la lettre.
29:23Voilà.
29:23Ça ne me surprend pas.
29:25Ce n'est pas la meilleure nouvelle
29:26de la journée.
29:28Tout ce qui est digital
29:29est vulnérable
29:30et vos chiffres,
29:33vos cartes de crédit,
29:35vos comptes bancaires,
29:36tout ça,
29:36ça peut se télécharger,
29:37ça peut s'analyser.
29:39Donc, oui,
29:40malheureusement,
29:41ça pointe vers l'état policier
29:42qui peut être
29:44la face noire de l'IA.
29:46Et je pense que...
29:47L'IA a permis
29:48une accélération
29:50l'an dernier
29:51des contrôles fiscaux
29:51auprès des particuliers.
29:53Bon,
29:54cela dit,
29:55si ça peut améliorer la dette.
29:56Mais je pense que
29:59l'impôt,
29:59on n'en manque pas.
30:01Non,
30:01on n'en manque pas du tout.
30:02Si ça pouvait simplifier
30:03l'administration
30:04et réduire le coût
30:06de la collecte,
30:07ça serait pas mal.
30:08Oui,
30:08ce serait l'IA vertueuse
30:09dans ce cas-là.
30:10L'IA vertueuse, oui.
30:10Effectivement.
30:11Ça va mieux en Europe.
30:12On le disait,
30:13les indices qui cartonnent
30:14encore aujourd'hui.
30:14On est sur un record du CAC.
30:15On va suivre la clôture
30:16dans un instant.
30:17Et puis,
30:17les PMI européens
30:18ont été publiés ce matin aussi.
30:19Ils remontent la pente
30:20sur un peu de trois mois.
30:21Et le PMI manufacturier allemand,
30:25repasse positif.
30:26C'est la première fois
30:26que ça lui arrive
30:27en quatre ans.
30:28Vincent.
30:29Oui,
30:29c'est le sous-marin
30:30qui a enfin
30:31une sortie de son périscope.
30:33Parce que ça fait quand même
30:34depuis la Covid
30:36que l'Allemagne
30:36fait zéro de croissance.
30:38Donc,
30:38ça ne peut pas faire de mal
30:39d'avoir un petit réveil.
30:41Et il est clair
30:42que la relance budgétaire
30:43qu'ils ont lancée
30:45ne peut qu'aider.
30:46Oui,
30:46c'est sûr.
30:47Le plan de défense
30:48et d'infrastructure
30:49et donc ce PMI
30:50manufacturier allemand
30:50qui repasse au-dessus des 50
30:52pour la première fois
30:53en quasiment quatre ans.
30:53Merci à tous les deux
30:54de nous avoir accompagnés.
30:55On a beaucoup plus parlé
30:56de droits de douane
30:56que ce qu'on avait prévu
30:57initialement.
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