Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 heures
Ce vendredi 20 février, Alexandre Tavazzi, head of CIO Office and Macro Research chez Pictet Wealth Management, a abordé l'enjeu de l'invalidation des surtaxes américains la Cour suprême, les impacts institutionnels de cette décision, et la déception sur le chiffre de la croissance américaine en 2025, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.



Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00D'ailleurs avec Alexandre Tavadzi qui nous rejoint en direct justement pour rebondir, réagir à la décision de la Cour
00:04suprême à l'instant.
00:05Bonjour Alexandre, on est ravis de vous retrouver Alexandre Tavadzi pour Pictet West Management.
00:10Donc ça y est, c'est officiel, la Cour suprême américaine invalide ces fameux droits de douane.
00:14Vous avez peut-être eu le temps de regarder un tout petit peu en détail ce que dit la Cour
00:17suprême.
00:18Que retenez-vous ? Et puis on va discuter des conséquences à venir bien sûr dans un instant.
00:24Alors ça n'est pas une grande surprise. D'ailleurs le jugement fait passer 100 pages.
00:27Donc le temps nous a manqué pour voir le détail.
00:30Mais il était évident que la loi d'extrême urgente qui avait été utilisée pour mettre en place ces tarifs,
00:36c'est avéré illégal.
00:38Et dans ce sens-là, le jugement est assez attendu.
00:42Ceci dit, il est évident que j'imagine que l'administration Trump a déjà prévu deux, trois autres options.
00:47Ils ont deux ou trois autres possibilités de maintenir les tarifs en place.
00:50Je le rappelle, ils sont essentiels parce que si le résultat de la One Big Beautiful Bill, c'est une
00:55baisse des revenus d'impôt,
00:56il faut pouvoir les compenser par ailleurs.
00:58Et donc les tarifs servent précisément à compenser cette baisse de revenus fiscaux domestiques.
01:03Et donc il va falloir que l'administration trouve une solution pour garder ces tarifs en place sous une forme
01:07ou une autre.
01:08Oui, c'est l'enjeu. Parce que est-ce qu'on a une idée à peu près précise, à peu
01:12près précise et paradoxale,
01:14des montants que les États-Unis ont réussi à engranger, des recettes liées à ces droits de douane
01:19qui ont été mis en place il y a maintenant quasiment 9-10 mois ?
01:23Oui. On a une statistique officielle qui montre que les revenus qui sont générés par les tarifs
01:29dans ce qui est collecté aujourd'hui à la frontière par les importations
01:32se montent à peu près entre 26 et 30 milliards de dollars par mois,
01:36ce qui fait un montant annuel un peu supérieur à 300 milliards de dollars,
01:39qui par hasard, enfin de façon peut-être coïncidente,
01:42est à peu près le coût estimé de la One Big Beautiful Bill sur 10 ans.
01:46Cette nouvelle mesure fiscale s'apparente à un creusement du déficit américain
01:51de 3 000 milliards de dollars sur 10 ans.
01:54Et encore une fois, de façon coïncidente, les revenus qui sont générés par les tarifs douaniers
01:58aujourd'hui génèrent pour l'équivalent d'à peu près 300 milliards de dollars par année.
02:01Donc on est presque dans un ratio de 1 pour 1.
02:03Oui, effectivement. Alors on voit la réaction des marchés et elles nous ont dit peut-être long
02:06justement sur le contenu de ces... Combien vous disiez ?
02:08C'est 600 pages, c'est ça le rapport de la Cour des comptes ?
02:11Il y a 170 pages de mémoire.
02:12170, oui, c'est déjà beaucoup.
02:13Alors peut-être que les marchés ont passé les 170 pages au crible de l'IA.
02:17L'IA, elle avale tout en deux secondes.
02:18Du coup, elle ne prend peut-être pas le temps de savourer et digérer, contrairement à nous.
02:21Bref, on voit la réaction des marchés en tout cas qui se font déjà une idée
02:25de ce qu'a dit la Cour suprême, de son verdict.
02:27Et du point de vue des marchés, c'est positif.
02:29On a des actions américaines qui sont passées dans le vert.
02:32Le CAC 40 qui, sur la news, a battu un nouveau record.
02:35Est-ce que le marché se dit que du coup les droits douanes sont mis en cause
02:38où il se dit qu'au contraire, on va pouvoir continuer dans l'idée qu'on s'était fait de
02:41la suite
02:42et des recettes fiscales, des recettes douanières, des recettes tarifaires,
02:45parce qu'il y aura un tuilage et que, mine de rien, l'administration Trump trouvera une façon de les
02:49maintenir ?
02:51Il y a peut-être un peu de ceci, mais n'oublions pas que, alors on verra les détails aussi,
02:55mais ce qui était attendu dans le jugement de la Cour suprême, c'était le fait de dire
02:59oui, effectivement, la loi telle qu'elle a été utilisée ne suffit pas à imposer ses tarifs douaniers,
03:03mais il y a également la décision, ce qui a été plus ou moins annoncé, qui était de dire
03:06mais on va trouver une solution pour que l'administration n'ait pas à rembourser
03:10toutes les entreprises qui ont porté le cas auprès de la Cour suprême.
03:13Donc c'est peut-être ce deuxième aspect aujourd'hui qui rassure sur les marchés,
03:17sur les faits de dire oui, les tarifs en l'État aujourd'hui ne sont pas légaux,
03:21mais dans un deuxième temps, il est difficile d'attendre que l'administration Trump
03:25doive rembourser tous ceux qui ont payé les tarifs.
03:27C'est peut-être la deuxième partie qui est un peu une bonne surprise.
03:29Vous pouvez nous répéter justement ce que dit effectivement précisément l'administration.
03:32Oui, en fait, il y a deux choses.
03:33Il y a un, est-ce que les tarifs douaniers sont légaux en l'État ?
03:36La réponse, elle est non, en tout cas, pas sous cette forme-là.
03:39La deuxième question, c'est est-ce que l'administration doit rembourser
03:42les entreprises ou les pays qui ont dû payer ces tarifs ?
03:45Et cette question-là, pour l'instant, selon ce que nous avons entendu,
03:48c'est non également.
03:49Donc c'est peut-être l'effet positif pour les marchés de se dire
03:51alors, on va trouver une autre solution pour remettre des tarifs sous une autre forme,
03:55mais en l'État de cause, l'administration Trump ne doit pas rembourser
03:58ce qu'elle a déjà collecté en termes de tarifs douaniers.
04:01C'est peut-être ce deuxième aspect-là qui rassure un tout petit peu les marchés.
04:04C'est-à-dire qu'on aurait un peu le beurre et l'argent du beurre là, à ce stade,
04:06avec donc l'annulation, un peu de pression sur l'administration Trump, effectivement,
04:10mais pas pour autant de désorganisation totale
04:13et pas de remise en cause de ce qui a déjà été fait.
04:15Il va falloir trouver une autre façon de le piloter,
04:18de le maintenir pour que ces tarifs douaniers soient prolongés par la suite,
04:22mais on ne remettrait pas en cause les rentrées fiscales.
04:24Donc on ne remettrait pas en cause non plus, ni pour les entreprises,
04:27ni pour l'administration non plus, ce qui était prévu,
04:30ce qui devait être consécutif aux tarifs douaniers.
04:32Et à savoir, par exemple, pour Donald Trump, Alexandre,
04:34les chèques que Donald Trump voulait distribuer aux Américains,
04:37les chèques financés justement par les tarifs douaniers,
04:40chèques de 2000 dollars par Américain quand même.
04:42Alors juste avant les élections de mid-term, on est d'accord,
04:44c'est peut-être assez électoral,
04:45mais est-ce qu'on se dit, compte tenu de ce verdict de la Cour suprême,
04:49que l'administration, même si la Cour suprême se prononce contre les tarifs douaniers,
04:53l'administration pourra malgré tout distribuer ces chèques
04:56que les tarifs devaient financer ?
04:58Alors ça, c'est le troisième problème.
05:00C'est que pour l'instant, les tarifs douaniers compensent l'effet négatif
05:04des rentrées fiscales qui sont dues à la mise en place
05:07de la fameuse One Big Beautiful Bill.
05:09Les chèques sont quelque chose qui vient en surplus.
05:12Et les coûts estimés que nous avons vus jusqu'à maintenant
05:14de ces chèques de 2000 dollars sont à peu près de 400 à 450 milliards de dollars
05:18de coûts total pour l'administration.
05:20Donc si vraiment les chèques sont distribués,
05:22on se retrouve dans une situation où, un,
05:24on avait des rentrées fiscales en baisse qui sont compensées par les tarifs,
05:28mais on dépenserait plus quand même puisqu'on dépenserait entre 400 et 450 milliards de dollars.
05:32Donc si les chèques deviennent une réalité,
05:33c'est peut-être une discussion politique et ça doit passer par le Congrès,
05:37là il n'est pas évident que les marchés le prennent de façon relativement légère
05:40parce que ça veut dire qu'on recreuse à nouveau un déficit
05:43qui initialement avait été compensé par les revenus générés par les tarifs douaniers.
05:46Donc les chèques sont encore à venir probablement,
05:49mais si on continue à avoir des enquêtes d'opinion qui montrent qu'effectivement
05:53il est possible que la Chambre des représentants revienne aux démocrates,
05:57eh bien l'option d'envoyer ces chèques redevient une option réelle.
06:00Mais là, dans ce cas-là, on va recreuser à nouveau un déficit
06:02qui pour l'instant, encore une fois, est comblé par les tarifs douaniers.
06:05Oui, c'est tout un bine ça quand même.
06:07En tout cas, retenez l'info du jour, l'info de cet après-midi, ce vendredi,
06:10la Cour suprême, invalide les tarifs douaniers,
06:12mais pas d'obligation pour l'administration, pour l'État fédéral
06:15de rembourser rapidement le trop perçu,
06:19en gros les rentrées fiscales perçues auprès des entreprises, Antoine.
06:21Peut-être qu'il va souscrire un crédit géant, allez savoir.
06:24Oui, pour plus le 10 ans américain a un rendement alléchant en ce moment.
06:28Non mais on attendait une réaction sur l'euro-dollar,
06:30elle est en train d'intervenir, elle a été un petit peu lente à mariner,
06:34mais là ça cuit, 1,1799, et on a dépassé 1,18 il y a quelques secondes.
06:39Donc ouais, le dollar prend quand même un petit peu l'impact de tout cela.
06:43Oui, et c'est vraiment une mauvaise journée pour Donald Trump.
06:45Franchement, Alexandre, il y a donc la décision de la Cour suprême.
06:48Vous savez qu'il y a une demi-heure, il a dit qu'il avait en tête éventuellement
06:52une opération limitée sur l'Iran.
06:54Une demi-heure après, les tarifs sont invalidés.
06:57Bonne journée. Bonjour Donald. Il est quelle heure là-bas ?
07:00Il est 10h21. Parce que parallèlement, on a eu le chiffre de la croissance
07:02au quatrième trimestre aux États-Unis, elle ressort assez largement inférieure aux attentes.
07:05Hier, on avait eu le déficit commercial qui s'est largement creusé, lui,
07:07malgré les droits de douane. Enfin, on a le sentiment que cette semaine,
07:10rien ne fonctionne. Même sur l'inflation, on a eu le PCE tout à l'heure,
07:13l'inflation est supérieure aux attentes. Donc croissance décevante,
07:15inflation qui réaccélère.
07:17Ce n'est pas une bonne journée pour le président américain, manifestement, Alexandre.
07:20Non, mais si vous regardez les chiffres de croissance,
07:23ils ont été affectés négativement par le shutdown du gouvernement au quatrième trimestre.
07:27On a 43 jours pendant lesquels l'État américain a été fermé.
07:31Ça coûtait plus de 1% de croissance.
07:33Et on a eu également une baisse des stocks de la part des entreprises.
07:35Donc, c'est deux éléments extraordinaires qu'on a eus à la fin de l'année passée
07:39qui ont coûté en croissance.
07:40D'ailleurs, Donald Trump, sur son réseau social, avait déjà annoncé précédemment
07:44que l'attitude des démocrates et le blocage au niveau budgétaire ont coûté 2% de croissance.
07:49Donc, il avait les chiffres visiblement avant le reste du marché.
07:52Mais on va récupérer cette croissance au premier trimestre de cette année,
07:55parce que tout s'est réouvert.
07:56Et notamment, tous les ménages aux États-Unis qui dépendent de l'octroi de chèques
08:00qui sont envoyés par l'État fédéral pour qui tout était stoppé,
08:04eh bien, on va retrouver ceci au premier trimestre de cette année.
08:06Donc, attendons-nous à ce que sur le T1 2026,
08:09on ait une croissance qui soit largement au-delà des 2%,
08:12parce qu'on va récupérer une partie de cette croissance qu'on avait perdue à la fin de l'année
08:15passée.
08:15Alexandre Tavadi, donc, qui aura réagi à chaud.
08:17Merci beaucoup, Alexandre.
08:18Vous êtes rendu disponible d'avoir répondu à notre appel.
08:21Merci beaucoup, Alexandre.
Commentaires

Recommandations