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  • il y a 1 jour
Les informés du soir du 19 mai 2026

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00:0820h, 21h, les informés, Antoine Comte.
00:13C'est bienvenu dans les informés de France Info, je suis ravi de vous retrouver à la radio et à
00:18la télé sur le canal 16 de la TNT
00:20avec une émission ce soir largement consacrée à la guerre au Moyen-Orient et ce revirement de Donald Trump
00:26qui assure avoir renoncé à une intervention militaire des Etats-Unis planifiée aujourd'hui même contre l'Iran.
00:32Nouveau coup de bluff du président américain qui menace toujours de frapper l'Iran dans les prochains jours
00:37ou bien est-ce qu'un accord entre les deux belligérants est encore possible ?
00:42On en débat dans quelques instants avec mes invités en plateau.
00:45Dans le même temps, Vladimir Poutine, le président russe, vient d'arriver à Pékin pour rencontrer ce soir son homologue
00:50chinois
00:51quelques jours seulement après le déplacement de Donald Trump en Chine.
00:55On essaiera de comprendre pourquoi cette visite du président russe, là encore sur fond de guerre au Moyen-Orient, n
01:00'a rien d'une coïncidence.
01:01On évoquera aussi les conséquences directes de la guerre sur le pouvoir d'achat des Français
01:07avec un gouvernement qui promet l'annonce de nouvelles aides et qui avertit déjà que la crise nous coûtera plus
01:13cher que prévu.
01:15Et puis, dans la dernière partie de cette émission, on tentera de décoder ensemble cette étude menée par Doctolib avec
01:22la fondation Jean Jaurès
01:23qui pointe les grandes et inquiétantes disparités d'accès aux soins à travers tout le pays.
01:28Pour en parler ce soir autour de moi, en plateau, Christian Chénaud.
01:32Bonsoir Christian, grand reporter, journaliste à la rédaction internationale de Radio France.
01:36Estelle Martin, merci d'être là. Bonsoir.
01:39Vous êtes présentatrice de l'émission 64, week-end sur TV5MONDE.
01:43Christophe Jakubizine, bonsoir.
01:45Vous êtes directeur de la rédaction des Echos.
01:48Laurent Mouloud, vous êtes là aussi parmi nous ce soir, bonsoir.
01:50Vous êtes rédacteur en chef à l'Humanité.
01:52Bruno Cotteres, politologue, chercheur au Cévi-Pof, le centre de recherche de la vie politique et enseignant à Sciences Po.
02:02Voilà, nous sommes entrés dans le troisième mois de la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran.
02:07Et Donald Trump continue de souffler le chaud et le froid.
02:10Le président américain assure avoir renoncé en dernière minute, je disais, à mener une nouvelle attaque aujourd'hui, même contre
02:17l'Iran.
02:17Mais alors, pourquoi ce nouveau rétro-pédalage ?
02:20Je vous propose qu'on écoute le président américain.
02:26Nous étions prêts à mener une attaque très importante demain.
02:28Je l'ai repoussée pour une courte période, j'espère pour toujours, mais possiblement pour un court laps de temps.
02:33Nous avons eu de très grandes discussions avec l'Iran et nous verrons ce qu'elles donneront.
02:37L'Arabie Saoudite, le Qatar, les Émirats Arabes Unis et d'autres m'ont demandé si nous pouvions repousser cela
02:42de deux ou trois jours pour une courte période,
02:45parce qu'ils pensent être très proches de conclure un accord.
02:48Et si nous pouvons faire cela de manière à ce qu'aucune arme nucléaire n'aille entre les mains de
02:52l'Iran,
02:52je pense que, s'ils en sont satisfaits, nous serons probablement satisfaits aussi.
02:59Voilà, Donald Trump qui assure qu'il était, je cite, à une heure de frapper l'Iran.
03:04Mais il ne l'a finalement pas fait, insurdement, de ses alliés du Golfe, dit-il, le Qatar, l'Arabie
03:09Saoudite et les Émirats Arabes Unis.
03:12Christian Cheneau, il faut le croire, le président américain, en langage trumpien, ça signifie quoi, là, ce qu'il vient
03:16de nous dire ?
03:16C'est compliqué de le croire, d'autant plus que les pays qu'il cite, du Golfe, les Émirats, Qatar
03:21et l'Arabie Saoudite,
03:22en fait, n'ont pas forcément, n'étaient pas au courant, n'ont pas fait pression, c'est ce que
03:26dit le Wall Street Journal.
03:27Donc, il y a une forme de narratif du président américain qui raconte un peu ce qu'il veut.
03:31Alors, évidemment, il est certainement proche d'une action militaire, les Israéliens aussi, on le doit sur la gâchette,
03:37le dispositif est là, il peut frapper quand il veut, mais on a l'impression qu'à chaque fois, on
03:41repousse quelques jours, quelques semaines,
03:43et comme vous le disiez, on arrive au troisième mois du conflit, donc on est dans un espèce de trou
03:49noir,
03:50c'est ni la paix, ni la guerre, et le conflit continue, de leur côté, les Iraniens attendent pour voir,
03:57fortifient leur défense,
03:59ont même commencé à envoyer des messages menaçants, en frappant par des drones qui étaient lancés depuis des milichites en
04:06Irak,
04:06une centrale nucléaire, elle baraquait aujourd'hui, aux Émirats, donc voilà, on est un peu dans un jeu un peu
04:12bloqué,
04:12et le président ne nous éclaire pas, et en tout cas, on ne sait pas quelle est sa décision,
04:16tout en plus que ce soir, Julie Evans, son vice-président, dit que les négociations avancent.
04:20Oui, justement, on va parler de cet accord, ou pas, est-ce qu'il est possible ?
04:24Mais gardez la parole de minute, Christian Cheneau, il joue à quoi, là, Donald Trump ?
04:27Il bluffe, vous dites à l'instant que le Wall Street Journal confirme, en effet, que les pays, ses alliés
04:33du Goff,
04:33n'étaient pas au courant d'une intervention militaire américaine, il raconte un peu tout et n'importe quoi ?
04:39En fait, il essaie de garder un petit peu de fer au feu, quoi, c'est-à-dire qu'à
04:43la fois la négociation et la force militaire,
04:45pensant que les Iraniens allaient céder, et donc c'est une forme d'impuissance, de ne pas pouvoir décider,
04:51sachant que les pressions commencent à monter, évidemment, d'un peu partout dans le monde, y compris aux États-Unis,
04:57donc là, et puis il sait aussi, parce que les Iraniens ne s'en font pas mystère,
05:02c'est que si les États-Unis frappent massivement, comme il le dit, les Iraniens vont frapper massivement.
05:07Et ils menacent même, ce qui se dit, peut-être d'ouvrir, un responsable iranien a parlé d'ouvrir d
05:15'autres fronts,
05:15qui peuvent être le détroit de Bab el-Mandeb, si d'aventure, effectivement, pour occuper la marine américaine sur deux
05:20fronts,
05:21on voit bien avec les milichites irakiennes qui, encore une fois, l'Irak pour frapper les Émirats arabes unis,
05:27c'est quand même loin, donc il y a des capacités d'action, donc voilà, je pense qu'évidemment,
05:31Trump et les conseillers, l'armée américaine, hésitent, parce qu'en face, il y aura une réponse qui sera très
05:36très forte.
05:36– Estelle Martin, donc, Donald Trump nous dit, encore ce soir, qu'il pourrait frapper à nouveau l'Iran vendredi,
05:41samedi ou dimanche,
05:43et dans le même temps, il dit qu'un accord est possible avec les Iraniens, je vais le citer,
05:46il parle d'une évolution très positive des discussions avec l'Iran,
05:49et il dit qu'il existe de très bonnes chances de parvenir à un accord, c'est à ne plus
05:52rien d'y comprendre là.
05:52– Oui, effectivement, mais c'est toujours comme ça avec Donald Trump, c'est ça qui nous rend un peu
05:56confus,
05:57et pas que nous d'ailleurs, c'est qu'il dit à chaque fois, je vais taper, je vais taper,
06:00alors là, vous l'avez dit, une heure avant, là, même, il a fait une déclaration,
06:03aujourd'hui, devant la salle, la future salle de bal de la Maison Blanche, en disant,
06:08oui, là, en ce moment même, on aurait dû attaquer, mais bon, non, j'ai décidé de ne pas le
06:13faire,
06:13sous le coup de fil de mes alliés, alors là, on est aussi surpris,
06:16ah bon, donc, les pays du Golfe ont une influence telle que, donc, Donald Trump recule,
06:22et, encore une fois, on ne sait pas si oui ou non, là, il a dit que ça serait vendredi,
06:26samedi et dimanche,
06:26mais pourquoi ? Pour nous dire vendredi, oh ben non, en fait, je vais leur laisser 15 jours,
06:30mais après tout, personne, il a l'air d'être au-dessus de tout, en fait, il peut dire le
06:34tout,
06:35tout et son contraire, personne ne réplique, à part les Iraniens qui ont effectivement dit
06:39qu'ils allaient attaquer sur des fronts, et notamment des fronts sensibles comme les puits de pétrole,
06:42et qui ont aussi lancé une fatwa, alors ça, c'est assez surprenant,
06:46avec des images assez surréalistes, avec des cibles sur Donald Trump,
06:51et donc une fatwa, 50 millions de dollars, je crois, c'est ça pour ceux qui...
06:59Donc, on sent cette escalade verbale, et en même temps, il y aurait des accords,
07:02et semble-t-il, il y en a.
07:03C'est ça qui est assez curieux, c'est qu'il y a des accords continu,
07:06puisque même les médias d'État iranien ont même dit que le ministre pakistanais de l'Intérieur
07:11était lundi soir à Téhéran, donc, les discussions, elles se poursuivent.
07:15Il y a donc un double jeu, une sorte de brouillard entre, d'un côté, l'escalade verbale,
07:18fatwa, autre, et ces discussions qui se poursuivent.
07:22Christophe, est-ce que Donald Trump n'a pas renoncé à frapper l'Iran, en tout cas pour le moment,
07:26parce qu'il est aussi embourbé ?
07:28On voit bien que cette guerre, il voulait la résoudre en quelques semaines,
07:31il avait dit cinq ou six semaines maximum, et là, on est quasiment à trois mois,
07:35en tout cas, on commence le troisième mois.
07:38Est-ce qu'il n'a pas aussi sous-estimé les capacités militaires de l'Iran ?
07:41On nous donne ce chiffre, le pays, l'Iran, aurait conservé jusqu'à 70% de ses missiles.
07:45Alors, tout ça est vrai, mais moi, j'ai une autre raison, quand même, que je me permets de vous
07:48soumettre,
07:48c'est qu'il y a une corde de rappel qui a fonctionné, rappelez-vous,
07:51lors de Liberation Day avec les taxes douanières, ce sont les marchés financiers.
07:56Or, qu'est-ce qui s'est passé il y a 36 heures ?
07:59C'est que les taux d'intérêt américains ont atteint des taux jamais vus depuis 2007,
08:045,20% pour la dette publique américaine,
08:07et les plupart des analystes disent qu'on s'achemine vers les 6%.
08:09Or, ça veut dire quoi ?
08:11Ça veut dire qu'à ce niveau de taux, vous bloquez complètement l'économie.
08:14D'abord, vous créez de l'inflation, parce que, évidemment,
08:17c'est beaucoup plus cher de refinancer votre dette.
08:19Vous créez de l'inflation parce que, pour les entreprises,
08:21il y a très peu de projets qui sont rentables.
08:22Quand vous devez emprunter à 5,2% pour pouvoir faire des investissements,
08:27il y a très peu d'investissements qui vous apportent plus que 5%.
08:29Donc, vous ralentissez, vous arrêtez, et donc, toute la machine se grippe.
08:33Il y a ce qu'on appelle une stagflation.
08:34Et les marchés financiers, eux, risquent de dévisser.
08:36Les marchés boursiers, vous savez que Donald Trump,
08:39mais aussi, les Américains sont très sensibles.
08:41Leur retraite dépend aussi des performances des marchés financiers.
08:44Et donc, là, on a vraiment atteint,
08:46on l'a vu, on l'a observé évidemment aux échos,
08:48on a vraiment atteint une cote d'alerte,
08:50il y a 24h, 36h, ce week-end d'ailleurs.
08:53Et je pense que,
08:54de la même manière qu'il avait renoncé à appliquer
08:56immédiatement les taxes mondiales,
08:59parce que les marchés commençaient à le sanctionner,
09:01je pense que là,
09:02cette flambée du coût de l'argent
09:05l'a fait hésiter, l'a fait réfléchir.
09:06Parce que, rentrer en guerre, comme il vous a,
09:09vous souvenez-vous, il y a 48h,
09:10il postait sur son réseau social
09:12des images d'une sorte de dieu de l'espace
09:16en train d'appuyer sur le bouton rouge
09:17pour envoyer une bombe nucléaire.
09:18Un bateau américain qui abattait un avion iranien.
09:20Et vous voyez même une bombe nucléaire
09:23fonctionner sur la planète.
09:25Je pense que là, finalement,
09:27je me demande si ce ne sont pas les marchés financiers,
09:29les investisseurs, les gens qui prêtent de l'argent aux Etats-Unis,
09:31qui est la nation la plus entêtée du monde,
09:33si ce n'est pas, à un moment-là,
09:34d'où est venue l'accord de rappel en disant
09:37« Là, on arrête parce que ça va mal se passer après. »
09:39Et pourtant, rien n'est conclu.
09:41Enfin, c'est encore une fois,
09:42on est dans un temps suspendu.
09:45Ça peut les convaincre que ça va aller mieux,
09:47les marchés ?
09:48Le fait de ne pas déclencher une guerre
09:51contre les Irans, ça va les rassurer.
09:52Je vous confirme que rentrer dans un conflit
09:57de cette dimension,
09:58les bourses s'effondrent.
10:00Donc là, les bourses s'effondrent complètement.
10:02Oui, ça leur permet, avant d'appuyer eux aussi
10:05sur le bouton rouge,
10:07de voir comment se passe la suite.
10:10Bruno Crotres, Christophe nous parlait à l'instant
10:12très justement des marchés financiers.
10:15Est-ce qu'il n'y a pas aussi des raisons politiques
10:16dans ce renoncement ?
10:17En tout cas, pour le moment,
10:18on parle de renoncement,
10:19peut-être qu'il bombardera finalement dans le week-end.
10:22Oui, c'est clair.
10:23Mais est-ce qu'il n'y a pas des raisons politiques ?
10:24Parce qu'il y a les mid-terms qui arrivent,
10:25les élections de mi-mandat en novembre,
10:26et qu'on voit qu'il est très impopulaire.
10:29Deux tiers des Américains, juste ce chiffre-là,
10:32ne sont pas favorables à cette guerre.
10:34C'est un sondage dans le New York Times
10:35des dernières heures.
10:36C'est la deuxième corde de rappel.
10:39Il est, sa cote de popularité est la plus basse
10:41depuis qu'il a été réélu.
10:42Il est quelque part entre 30 et 35%.
10:45Mais plus inquiétant pour lui,
10:47c'est les enquêtes qui montrent l'évolution
10:48de ses traits d'image.
10:49Et sur les traits d'image,
10:51on voit que la personnalité de Trump,
10:53la manière dont il s'y prend,
10:55inquiète quand même de plus en plus.
10:56C'est non seulement, il dévise sur la capacité
10:59à tenir ses promesses.
11:00L'électorat américain se demande
11:02où est passée la promesse économique,
11:04en particulier.
11:05Mais aussi, la capacité à prendre
11:07de bonnes décisions,
11:09notamment en matière de politique étrangère.
11:11La capacité à réunir le pays,
11:13à être quelqu'un qui réunit son pays.
11:15La langue anglaise est suffisamment riche
11:17pour permettre de dire les choses
11:18de manière euphémisée.
11:19J'ai trouvé une enquête de Pillon
11:20où on demande si le président
11:22est mental écharpe.
11:23Est-ce qu'il est affûté mentalement ?
11:28Sur cet item,
11:29il dévise quand même pas mal.
11:31Rappelons quand même
11:32que les Etats-Unis s'apprêtent
11:34à fêter leur 250e anniversaire.
11:36Et l'électorat,
11:38il y a près de 60% des Américains
11:40qui, dans ce contexte,
11:41disent que les meilleures années
11:42des Etats-Unis
11:43sont maintenant derrière eux.
11:45Donc voilà,
11:45beaucoup de signaux d'alerte
11:46pour l'exécutif.
11:48Laurent Mouloud,
11:48est-ce que vous pensez
11:49que finalement,
11:49pour reprendre une expression célèbre,
11:51il a encore les cartes en main,
11:52Donald Trump ?
11:53Il a les cartes en main
11:54parce que c'est lui
11:55qui peut, on va dire,
11:56enlever son doigt de ce bouton
11:58quand il menace la planète.
11:59Je précise ma question
12:00parce que derrière,
12:01par exemple,
12:01sur une intervention militaire,
12:02on sait qu'il y a la pression,
12:02par exemple, d'Israël.
12:04Bien sûr.
12:05Est-ce qu'il est totalement libre
12:06de faire ce qu'il veut ?
12:07C'est comme ça ma question.
12:08Je pense qu'il y a la pression d'Israël,
12:08mais il ne poursuive pas exactement
12:09le même but,
12:10on va dire,
12:11entre les deux.
12:11Et je pense que la pression d'Israël,
12:13il s'en accommode,
12:14on va dire,
12:14et en tout cas,
12:14il a toujours l'ascendance
12:16sur les velléités
12:16de Benjamin Netanyahou
12:17qui, lui,
12:18aimerait aller au conflit
12:19direct et total.
12:21Mais,
12:22comme le disait très bien
12:22mes partenaires de plateau,
12:25effectivement,
12:26il y a des choses
12:26qui pourraient un peu
12:28arrêter ce conflit.
12:29Effectivement,
12:29je voyais aussi
12:30ces deux sujets-là.
12:31Un, c'est les marchés financiers
12:32qui peuvent dire
12:33ça suffit,
12:34maintenant,
12:35la situation devient trop difficile,
12:36on ne peut pas aller plus loin.
12:38Et la deuxième chose...
12:38Faisons que Laurent trouve
12:39des vertus.
12:40Ça fait plaisir ce soir.
12:41J'attendais que vous disiez
12:42à tout ce que vous avez.
12:43Non, je le déplore.
12:44Je le déplore
12:45qu'il faut y en arriver là.
12:46Mais, évidemment,
12:48pour les gens
12:49qui n'ont que ça
12:50comme priorité politique,
12:52effectivement,
12:52ça reste un facteur
12:53extrêmement important pour eux.
12:54Et c'est le cas
12:55de Donald Trump.
12:56Il l'a déjà montré
12:56par le passé.
12:57La question,
12:58à chaque fois,
12:58des marchés financiers,
12:59il a déjà stabilisé
13:00aussi des situations politiques
13:01en cette raison.
13:02Et la deuxième chose,
13:03évidemment,
13:03c'est son image.
13:04Effectivement,
13:04Bruno le dit très bien.
13:06L'image s'écorne
13:08très rapidement.
13:09Alors,
13:09on connaît
13:09la capacité de rebond
13:11de Donald Trump
13:13et qu'il a aussi
13:14un électorat
13:14qui est extrêmement fidèle
13:16derrière lui.
13:17Mais quand même,
13:18effectivement,
13:19les sondages sont
13:19extrêmement acclamants.
13:20Tout ça doit peser
13:21comme ça.
13:22Et j'ajouterais quand même
13:23qu'effectivement,
13:24la capacité de résistance
13:25de l'Iran,
13:25à mon avis,
13:26à laquelle il ne s'attendait pas.
13:27L'Iran,
13:28ce n'est pas la Libye.
13:28L'Iran,
13:29ce n'est pas l'Afghanistan.
13:30C'est un bourbier,
13:31je veux dire.
13:32C'est plutôt comme l'Afghanistan.
13:33Et voilà.
13:34Et ce n'est pas comme l'Irak.
13:35Et Donald Trump découvre
13:36que la guerre,
13:38aussi le coût de la guerre réel.
13:40Et quand on voit...
13:4141 millions de dollars
13:43en carburant...
13:44C'est ça.
13:44Milliards, milliards.
13:44En carburant.
13:45De milliards.
13:46En carburant pour les foyers américains.
13:47Et quand vous dites,
13:48effectivement,
13:49là,
13:49les 70% d'armes,
13:50c'est des enquêtes
13:52qui ont été révélées
13:53par le New York Times,
13:54mais qui se basent sur aussi
13:55des chiffres
13:57du renseignement militaire américain.
13:59C'est pas...
14:00Et donc,
14:00la capacité militaire
14:02de l'Iran
14:03ayant été aussi peu réduite,
14:04effectivement,
14:05sa crédibilité
14:05de pouvoir en finir rapidement
14:07avec cette guerre
14:07est complètement écornée.
14:08Donc, je pense qu'effectivement,
14:09ça pousse
14:09pour que ça aille
14:10vers des négociations.
14:12Christian Cheneau,
14:13quand on entend
14:14toutes ces raisons-là,
14:15la guerre ne risque pas
14:16de reprendre.
14:17Il peut y avoir
14:17une bonne surprise.
14:19Les négociations,
14:20on l'a dit,
14:20les messages passent.
14:21C'est-à-dire qu'en coulisses,
14:22les diplomaties...
14:23Qui négocient aujourd'hui ?
14:24C'est toujours le Pakistan
14:25qui est le médiateur en chef.
14:27Mais des pays
14:28comme, évidemment,
14:28l'Arabie Saoudite,
14:29la Turquie,
14:30l'Égypte,
14:32Oman,
14:33beaucoup de pays
14:34passent des messages.
14:35En tout cas,
14:35c'est le Pakistan
14:36qui a un peu la main
14:37sur la médiation.
14:38Mais, encore une fois,
14:40on peut sortir,
14:41c'est pas inimaginable,
14:42avec ce qu'on appelle
14:43un mémorandum
14:44en fin d'un sending.
14:45C'est-à-dire
14:46une page ou deux pages
14:47de grands principes
14:48de négociation,
14:48c'est-à-dire
14:49négocier pour négocier après,
14:50c'est-à-dire
14:50pour sortir un peu
14:51par le haut
14:52en disant
14:52on s'est mis d'accord
14:53sur quelque chose,
14:54sur les points négociés
14:56et pour remettre
14:57un peu à plus tard
14:58tous les sujets
14:58parce que rien n'est réglé.
15:00Là, on n'a pas seulement
15:02le nucléaire,
15:03mais on a le détroit d'Hormuz,
15:04on a le balistique,
15:05on a les proxys,
15:06on a les sanctions,
15:07on a les avoir gelés.
15:08Je veux dire,
15:08la liste est très longue
15:09et donc si on ne séquence pas
15:11par quelque chose
15:12de commun,
15:12c'est-à-dire
15:13le cessez-le-feu
15:14plus la libération
15:15du détroit d'Hormuz,
15:17c'est le minimum vital.
15:18Et ça, ils peuvent
15:19pourquoi pas s'entendre là-dessus.
15:20C'est ça le point de vue
15:22qu'on se demande
15:23s'ils vont pouvoir s'entendre
15:23parce que les points de blocage,
15:25même les points
15:26les plus cruciaux,
15:27ce sont toujours les mêmes,
15:27vous l'avez dit.
15:28Là, J.D. Vance,
15:29il est en train de s'exprimer,
15:29enfin il s'est exprimé
15:30il y a quelques minutes,
15:31il a encore insisté
15:32sur l'arme nucléaire,
15:34Donald Trump l'a redit.
15:35Donc là, on le sent bien,
15:36c'est peut-être un narratif
15:37à la destination des Américains.
15:38Le point de blocage,
15:39c'est le nucléaire.
15:39Cette guerre est juste.
15:40Et oui,
15:40et les Iraniens avaient accepté
15:41de geler.
15:42De geler, pour l'instant.
15:44Alors, ils ne sont pas tous d'accord,
15:45évidemment,
15:45au niveau des différents composants
15:48du pouvoir iranien.
15:49Est-ce qu'on gèle ?
15:50Combien de temps ?
15:51Et tout.
15:51Mais est-ce que ça,
15:52ça va être un point
15:53où ils vont accepter ?
15:54Est-ce que Donald Trump va dire
15:56si vous gelez le nucléaire
15:57pendant 20 ans,
15:58oui, c'est banco ?
16:00On a du mal à savoir
16:01quelles sont les lignes rouges
16:03à ne pas dépasser.
16:04Même eux,
16:04ils n'ont pas l'air d'être d'accord.
16:06Le problème,
16:06c'est qu'il y a beaucoup
16:06de lignes rouges.
16:07La ligne rouge ultime
16:09pour les Iraniens,
16:09c'est le droit à l'enrichissement.
16:11C'est-à-dire, symboliquement,
16:11avoir la capacité reconnue
16:13d'enrichir sur le territoire iranien
16:15à 3,57%.
16:18Après, il y a le stock
16:18effectivement hautement enrichi.
16:20Mais avant tout ça,
16:21il y a d'abord
16:21la situation concrète
16:23et à court terme.
16:25C'est le détroit d'Ormous.
16:25C'est mettre fin
16:27à l'état de guerre.
16:28Et ça,
16:28ça peut passer par une déclaration
16:30de non-agression,
16:32de réouverture
16:33du détroit d'Ormous
16:34avec une levée
16:35d'un côté...
16:35Ça serait la meilleure des solutions,
16:36finalement.
16:36Avec peut-être...
16:38Côté un geste américain,
16:39il y a 6 milliards,
16:40par exemple,
16:406 milliards de dollars
16:41gelés au Qatar
16:42qui pourraient être débloqués.
16:44Ça aurait dû être fait
16:44depuis longtemps.
16:45Il peut y avoir des petits gestes
16:46et puis après,
16:46comme on sait,
16:47c'est un long process.
16:48On ne peut pas régler
16:49ce type de dossiers
16:51comme le nucléaire
16:53avec deux pages de papier
16:54et deux jours de négociation.
16:56Après, on parle
16:57de Vladimir Poutine.
16:58Oui, ça ne sera pas
16:58deux jours de négociation,
16:59effectivement,
16:59parce que ça va être très compliqué.
17:00Et en fait,
17:00la situation,
17:01même si la guerre s'arrêtait,
17:02sera beaucoup plus compliquée
17:03qu'avant la guerre
17:04parce qu'il y a le Trois d'Hormuz.
17:05Et les Iraniens ont compris
17:06le pouvoir qu'ils avaient
17:07sur le Détroit
17:07et ils ont créé
17:08il y a quelques jours
17:09l'autorité chargée
17:10de réguler
17:11et de percevoir
17:12des péages
17:12sur les Trois d'Hormuz.
17:13D'ailleurs,
17:14Donald Trump,
17:14parfois,
17:14il a dit qu'il en prendrait
17:15bien une petite partie
17:16qui permettra de financer
17:17en partie les ports de guerre.
17:18Et ils ont...
17:20Il y a 2-3 jours
17:20qu'ils envisageaient aussi
17:22de taxer les câbles
17:23internet sous-marins.
17:25Ça, c'est aussi très important
17:26parce que ça se fait
17:26dans le canal de Suez.
17:27Alors, le canal
17:28est une création humaine
17:28donc normalement,
17:29on a le droit
17:30de faire du péage.
17:30Là, ils veulent taxer
17:31à la fois les bateaux
17:32et les câbles sous-marins
17:34qui appartiennent
17:34aux GAFAM américains.
17:36Et donc, je pense
17:37que Donald Trump
17:38a ouvert la boîte de Pandore
17:39et a donné plein d'idées
17:41aux Iraniens
17:41et ils n'ont pas l'intention
17:43d'y renoncer.
17:43Bruno, un petit mot rapidement.
17:44Oui, je voulais revenir
17:45d'un point sur la question
17:46de sa gestion de l'opinion
17:47et du public américain.
17:49Il y a quand même
17:50une très très forte
17:51polarisation partisane.
17:52Il y a la moitié
17:53des Américains qui disent
17:54que cette guerre
17:54est vraiment très mal conduite
17:58chez les électeurs républicains.
18:01Par contre, c'est 75%
18:02chez les électeurs démocrates.
18:04Donc, un gap gigantesque
18:05entre les deux électorats
18:08et sans doute que lui,
18:09il compte quand même
18:10sur le fait qu'il a toujours
18:11sa base qui continue
18:13à le soutenir
18:14dans son électorat,
18:15son cœur d'électorat.
18:16Il est toujours
18:17en popularité majoritaire.
18:18Il perd beaucoup
18:19chez les Latinos
18:19qui ont voté pour lui.
18:21On sert quand même
18:22pour un président
18:23d'avoir une guerre sur les bras.
18:24On peut le dire.
18:25D'ailleurs, il y a d'autres exemples
18:26dans l'histoire récente.
18:28Pendant ce temps,
18:29Vladimir Poutine
18:29vient d'arriver en Chine
18:30pour un voyage officiel.
18:32Il est reçu en ce moment même
18:33à Pékin
18:34par son homologue chinois.
18:36Et ce, quelques heures seulement
18:37après la venue
18:38d'un certain Donald Trump
18:40en Chine.
18:40On s'en souvient,
18:41Christian Chénaud ?
18:42Comment vous décryptez
18:44ce chassé-croisé
18:45Trump-Poutine ?
18:46On est d'accord
18:47que ça n'a rien
18:48d'une coïncidence ?
18:49Non.
18:50En tout cas,
18:50ça montre que la Chine
18:51est le centre du monde.
18:53En tout cas,
18:53un point névralgique
18:55où, évidemment,
18:56quand vous avez Trump
18:57qui visite Xi Jinping,
18:59aujourd'hui,
19:00comment dire,
19:02Poutine,
19:02où on parle des affaires du monde,
19:04en l'absence de l'ONU,
19:05en l'absence de l'Europe,
19:06on sent que maintenant,
19:08la grande politique
19:08se fait, finalement,
19:10à quelques hommes, finalement.
19:11Et donc, oui,
19:13ça montre
19:14une forme de puissance chinoise
19:16où il faut aller à Pékin
19:17pour négocier
19:18des affaires du monde.
19:19On voit bien
19:19que Poutine
19:20est embourbé
19:20dans sa guerre en Ukraine.
19:22il vient peut-être négocier
19:24son gazoduc
19:25avec la Chine,
19:27il y a de l'Iran,
19:27il y a beaucoup de choses.
19:28Donc, d'ailleurs,
19:29les regards se tournent
19:30pour être plaqués maintenant.
19:31Et Stéphane Martin,
19:31il va chercher quoi,
19:32le président russe,
19:33en Chine ?
19:33Il va chercher déjà
19:35de conforter cette amitié
19:37parce que ce n'est pas
19:37une alliance,
19:38c'est une amitié.
19:39Il vient chercher aussi,
19:40il est très isolé quand même,
19:42Vladimir Poutine,
19:43on l'a dit,
19:43il est quand même fragilisé.
19:45Il y a eu ces attaques
19:46en profondeur
19:46des Ukrainiens
19:48ce week-end.
19:48le 9 mai
19:49a été
19:51pas vraiment
19:52célébré
19:52dans les phases d'habitude.
19:53Donc, il est un peu
19:55fragilisé,
19:56Vladimir Poutine.
19:56Donc là,
19:57il est affaibli.
19:57Donc, il vient
19:59un petit peu
19:59consolider cette amitié
20:01puis consolider aussi
20:02des accords économiques
20:03parce que
20:03la Russie dépend
20:05énormément
20:08des liens commerciaux,
20:10notamment énergétiques,
20:11avec la Chine.
20:12Mais la Chine,
20:13c'est là où Xi Jinping,
20:15effectivement,
20:15il est au centre
20:16et puis, il paraît
20:16comme un pôle de stabilité
20:18par rapport à Donald Trump
20:19qui est embourbé
20:19dans sa guerre
20:20au Moyen-Orient,
20:21Vladimir Poutine
20:22qui est embourbé
20:22dans sa guerre
20:23en Ukraine
20:23et lui qui est là,
20:25en fait,
20:25il fait un peu
20:27juger parti,
20:28enfin, pas juger parti,
20:28juger arbitre.
20:29Il est vraiment
20:30au-dessus de la mêlée
20:31et c'est quand même,
20:32en tout cas,
20:32tous les médias chinois
20:34se félicitent,
20:35se réjouissent
20:36de ce rayonnement
20:37de Xi Jinping
20:38qui, lui,
20:38est au-dessus
20:39de tout ça.
20:40Laurent Mouloud,
20:41on parlait,
20:41et c'était Christian
20:42qui en parlait
20:43du fameux gazoduc,
20:44il veut espérer
20:45le valider,
20:46le président russe.
20:48Est-ce que ce n'est pas
20:49un profiteur de guerre
20:50aussi, Vladimir Poutine
20:50parce qu'il profite
20:51aussi de cette guerre
20:52en Iran
20:52pour ce fameux projet
20:53de gazoduc ?
20:54Tout à fait,
20:55ce qui se passe
20:56dans le détroit d'Hormuz
20:58pousse en sa faveur,
20:59en fait,
20:59et un argument
21:00pour lui,
21:00justement,
21:01pour la Chine
21:02qui est extrêmement
21:02dépendante,
21:03évidemment,
21:05du trafic à Hormuz
21:06pour sa fourniture
21:07en gaz et pétrole,
21:09se tourne évidemment
21:10vers la Russie
21:11de plus en plus
21:12dans cette situation
21:13aujourd'hui,
21:14géopolitique,
21:14et Vladimir Poutine
21:15espère pouvoir
21:16avancer ses pions
21:17là-dessus
21:17sur un projet
21:18sur lequel
21:19les Chinois
21:20restaient quand même
21:20assez mitigés
21:22sur le financement
21:24parce que quand même
21:25il y a des milliards
21:25et des milliards
21:26à dépenser,
21:27ils étaient assez mitigés
21:28sur la manière
21:28est-ce qu'ils allaient
21:29vraiment ou pas financer
21:30la manière dont ils allaient
21:31financer ce gazoduc.
21:32Vladimir Poutine
21:33espère aboutir là,
21:34mais ce que ça montre
21:35c'est aussi la dépendance
21:36extrêmement forte
21:37de Vladimir Poutine
21:38envers la Chine.
21:39La Chine est devenue
21:39le principal,
21:41c'est sa bouée
21:41de sauvetage économique
21:42aujourd'hui
21:43et à la fois
21:43géopolitique aussi
21:44et dans une dépendance
21:46qu'on n'a jamais connue
21:48depuis des décennies
21:49on va dire
21:49même jamais d'ailleurs
21:50à Russie
21:51vis-à-vis de la Chine
21:52aujourd'hui.
21:53C'est le coût de la guerre
21:54en Ukraine
21:54que Vladimir paye
21:55comme ça,
21:56cette dépendance-là,
21:57cet isolement,
21:57là on le voit
21:58de manière flagrante,
21:59il peut aller serrer la main
22:00effectivement
22:01au président chinois
22:02mais évidemment
22:03c'est aussi
22:04un acte de vassalisation
22:05quelque part
22:05de Vladimir Poutine
22:06vis-à-vis de la Chine
22:07et à mon avis
22:08là on le voit
22:09sur le terrain économique
22:10vous l'avez très bien dit
22:11ils dépendent totalement
22:13à plus d'un tiers
22:14ou deux tiers
22:14des exportations
22:15vers la Chine
22:16sinon leur économie
22:17s'effondrerait
22:18très rapidement.
22:19Christophe,
22:19vous êtes d'accord
22:20il est en train
22:21de se vassaliser
22:21auprès des Chinois
22:22Vladimir Poutine ?
22:23Oui alors c'est vrai
22:24complètement
22:26après les Chinois
22:27ont plus besoin
22:28des Russes aujourd'hui
22:28qu'hier
22:29justement à cause de la guerre
22:30parce qu'une grande partie
22:31de l'approvisionnement chinois
22:32en pétrole vient du Golfe
22:34comme l'a rappelé Laurent
22:35et donc il faut remplacer
22:36donc il y avait beaucoup
22:37d'ailleurs de pétrole russe
22:38qui était remaquillé
22:40en pétrole
22:41je ne sais pas
22:42de quelle nationalité
22:43mais en tout cas
22:43qui passaient par des navires
22:44de complaisance
22:45pour arriver en Chine
22:46ces navires sont bloqués
22:47dans l'étroit d'Hormuz
22:48pareil sur le gaz
22:49il y a beaucoup
22:50d'industries chinoises
22:51qui ont basculé
22:52sur le gaz
22:53mais il manque de gaz
22:54et effectivement
22:55je crois qu'à peu près
22:56deux tiers des exportations
22:57de gaz russes
22:58vont sur des cités
23:00à la Chine
23:01donc certes
23:03c'est vrai
23:04Poutine est affaibli
23:05et Xi Jinping
23:07ne rêve que de vassaliser
23:08la Russie
23:08pour lui d'ailleurs
23:09la Sibérie
23:10doit être un jour
23:11le prolongement naturel
23:12de la Chine
23:13et notamment l'accès
23:14au Grand Nord
23:14mais en même temps
23:16effectivement
23:17je pense que
23:18Poutine peut trouver
23:19aujourd'hui
23:20chez Xi
23:21un partenaire
23:22un allié
23:22pour augmenter
23:24ses recettes
23:24et financer sa guerre
23:25c'est le cas aujourd'hui
23:26effectivement si on double
23:27ce gazoduc
23:28ça va évidemment
23:29augmenter aussi
23:30les recettes
23:31de la Russie
23:32en gaz
23:33et en pétrole
23:34et il a besoin
23:34des chinois pour ça
23:35donc en fait
23:36c'est vrai que
23:36vous avez raison de souligner
23:38que c'est quand même
23:38c'est incroyable
23:39de voir que Xi Jinping
23:40apparaît comme le pôle
23:41de stabilité mondiale
23:42il reçoit
23:43d'abord le président américain
23:44il reçoit ensuite
23:45le président russe
23:47c'est lui le grand puissant
23:49de ce monde finalement
23:49aujourd'hui
23:50non parce qu'il y a
23:51cette guerre quand même
23:52technologique et économique
23:53que mène Trump
23:54à Xi Jinping
23:56on sait pas à la fin
23:57quand même si ça va pas
23:57affaiblir la Chine
23:58et ça va pas lui faire
23:59prendre du retard
24:00par rapport à ce qui était prévu
24:01l'économie chinoise
24:02a quand même ralenti
24:04il y a quand même
24:04beaucoup de citoyens chinois
24:07qui souffrent
24:08de la crise
24:09donc c'est pas non plus
24:10confortable pour Xi
24:12en tout cas en termes d'image
24:13c'est très confortable
24:15Christian vous voulez rajouter un mot
24:16ce que je veux dire
24:17c'est que c'est intéressant
24:18on parlait du
24:18Xi Jinping au centre du monde
24:20et on aurait pu croire
24:21qu'avec cette amitié
24:22russo-chinoise
24:23etc
24:24Xi Jinping n'a pas été
24:25accueillir
24:26Poutine à l'avion
24:27c'est à dire qu'il a fait
24:28comme Trump
24:29c'est à dire qu'il a envoyé
24:29son ministre
24:30d'avés étrangères
24:31et donc comme s'il était
24:32un peu encore une fois
24:33on vient visiter
24:34le prince rouge
24:35à Pékin
24:36et que
24:36voilà
24:37il faut faire
24:38un monde honorable
24:38et donc évidemment
24:39il est en position de force
24:40mais sur le gazoduc
24:42les chinois aussi
24:43se méfient aussi des russes
24:45toujours eu une méfiance
24:46et ils ne veulent pas tomber aussi
24:47sur une dépendance
24:48du gaz russe
24:49ça m'irait de la Sibérie
24:51de la péninsule de Yamal
24:53mais voilà
24:54donc ils essayent aussi
24:55d'équilibrer les forces
24:56et de jouer effectivement
24:57les uns contre les autres
24:58mais c'est vrai
24:59qu'ils sont quand même
25:00au centre du jeu
25:00et puis pour ce qui nous occupe
25:02le golfe Persique
25:03c'est vrai que les deux pays
25:04ont des intérêts très forts
25:05les russes notamment
25:06ils ont cette centrale
25:07à boucher
25:07qu'ils pilotent
25:10et puis les chinois
25:10avec le pétrole
25:11etc
25:11donc là effectivement
25:12on va parler aussi
25:13peut-être d'un règlement
25:14dans le golfe Persique
25:17il y a la question
25:18des exportations russes
25:20en hydrocarbures
25:21gaz, pétrole
25:22mais il y a la question
25:23de l'importation
25:24pour la Russie
25:25de produits
25:27technologiques
25:27dont elle a terriblement besoin
25:29dans le cadre de sa guerre
25:31des produits technologiques
25:32dont ils ont besoin
25:33aussi pour du militaire
25:35pas que du civil
25:37donc on voit
25:37qu'effectivement
25:38chacun a aussi
25:39un peu besoin
25:40de l'autre
25:42mais c'est vrai
25:42que d'une certaine manière
25:43on est en train
25:44d'assister
25:44à un immense bouleversement
25:46c'est-à-dire que la Chine
25:47aujourd'hui
25:47qui arrive à parler
25:48à la fois aux présidents russes
25:50aux présidents américains
25:52aux iraniens
25:53il y a beaucoup de chancelleries
25:54qui sont allées voir
25:55Xi Jinping
25:55les espagnols
25:56les allemands
25:57tout le monde
25:58les français
25:58les allemands
25:58les britanniques
26:00et donc il y a quelque chose
26:01qui du point de vue
26:03du symbole
26:04dans cet ordre du monde
26:05qui est en train
26:06de beaucoup bouger
26:07est très important
26:08Merci Christian Chénaud
26:09merci d'avoir été avec nous
26:10Joulibert
26:11grand reporter
26:11journaliste
26:12à la rédaction internationale
26:13de Radio France
26:15merci d'avoir été avec nous ce soir
26:16il est 20h30
26:18c'est l'heure du Filinfo
26:25Le Filinfo avec Stéphane Milhomme
26:27Et trois concerts de Patrick Bruel
26:29sont annulés au Québec
26:30ils étaient prévus
26:31pour décembre prochain
26:32ce sont les organisateurs
26:33qui l'annoncent
26:34après la multiplication
26:35de plaintes
26:36pour violences sexuelles
26:37concernant le chanteur français
26:39l'un des responsables canadiens
26:41estime que
26:42compte tenu de ce contexte
26:43il est impossible
26:44d'assurer la promotion
26:45de ces spectacles
26:46pas de décision comparable
26:47en France
26:48Patrick Bruel
26:49joue actuellement
26:50une pièce
26:51dans un théâtre parisien
26:52la première réaction
26:54d'Edouard Philippe
26:55soupçonné de détournement
26:56de fonds publics
26:57l'ancien premier ministre
26:58est candidat à la présidentielle
26:59d'y prendre acte
27:00de l'ouverture
27:01de cette information judiciaire
27:03et répondre à la justice
27:04de façon sereine
27:05selon le parquet national financier
27:07un juge d'instruction
27:08va enquêter
27:09sur des faits présumés
27:10de détournement
27:11de fonds publics
27:12favoritisme
27:12prise illégale d'intérêt
27:14et malversation
27:15d'un fonctionnaire au Havre
27:16ville dont Edouard Philippe
27:18est toujours le maire
27:19déjà une soixantaine
27:20de suspects
27:21interpellés à Lyon
27:22dans le cadre
27:22d'une vaste opération
27:23contre le narcotrafic
27:25elle se poursuit
27:25et visera d'autres villes
27:27de l'agglomération
27:27ces prochaines heures
27:28le procureur de Lyon
27:30signale déjà
27:31la saisie
27:31de 2,2 kg de cocaïne
27:33100 kg de cannabis
27:35la saisie
27:36de 60 000 euros
27:37et d'une demi-douzaine
27:38d'armes
27:38notamment quartier
27:40de la Guillotière
27:41des résultats
27:41qu'il qualifie
27:42d'encourageants
27:43la justice
27:44déboute cette fois
27:45un bailleur social
27:46à Marseille
27:47sur fond
27:47là aussi
27:48de narcotrafic
27:48la société
27:49Erilia
27:50souhaitait expulser
27:51deux familles
27:52de leur logement
27:53cité Castellane
27:54parce que
27:55deux de leurs fils
27:56avaient été condamnés
27:57pour trafic de drogue
27:58la nouvelle loi
27:59permet ce genre
27:59d'expulsion
28:00mais la justice
28:01considère
28:01que les preuves
28:02d'une gêne
28:03sur le voisinage
28:04ne sont pas
28:05suffisamment caractérisées
28:06la préfecture
28:07des Bouches-du-Rhône
28:08précise d'ores et déjà
28:10que 37 procédures
28:11similaires
28:11sont lancées
28:12et puis Rouen
28:13face à Laval
28:14c'est le coup d'envoi
28:15à l'instant du premier
28:16des deux matchs
28:17de barrage
28:17pour espérer monter
28:18ou rester
28:19en Ligue 2 de football
28:20le second match
28:21ce sera
28:22le 25 mai
28:31Vous êtes dans les informés
28:33vous êtes au bon endroit
28:34en compagnie
28:35des quatre informés
28:36du soir
28:36Estelle Martin
28:37merci d'être avec nous
28:38présentatrice
28:39de l'émission 64
28:40week-end
28:40sur TV5 Monde
28:42Christophe Jakubizine
28:43directeur de la rédaction
28:44des Echos
28:45Laurent Mouloud
28:45rédacteur en chef
28:46à l'Humanité
28:46et Bruno Cotteres
28:48politologue
28:48chercheur au Cévi-Pof
28:49et ancien
28:51à Sciences Po
28:52on parlait à l'instant
28:52des conséquences
28:54bien sûr
28:54économiques
28:55de cette guerre
28:56cette guerre au Moyen-Orient
28:58plus de 80 jours
28:59de guerre
28:59entre les Etats-Unis
29:00et l'Iran
29:01et donc des conséquences
29:02économiques directes
29:03sur le pouvoir d'achat
29:04des Français
29:05avec logiquement
29:05un gouvernement
29:06sous pression
29:08et un Premier ministre
29:08qui a prévenu
29:09cet après-midi
29:10c'était à l'Assemblée nationale
29:11je le cite
29:12la crise est partie
29:13pour durer
29:15Malheureusement
29:15cette géopolitique
29:16s'est installée
29:17dans le réservoir
29:18des Françaises
29:18et des Français
29:19et malheureusement
29:20nous le voyons
29:21sous une forme
29:22ou sous une autre
29:23cela va durer
29:25il ne faut pas mentir
29:26aux Françaises
29:27et aux Français
29:27les guerres hybrides
29:28ou malheureusement
29:29les guerres plus directes
29:30vont se multiplier
29:32et donc évidemment
29:33nous payons cash
29:34nos dépendances
29:35en la matière
29:35vous l'avez dit vous-même
29:36à chaque crise
29:38ce sont toujours
29:39les mêmes qui paient
29:39c'est vrai
29:40voilà Sébastien Lecornu
29:42le Premier ministre
29:43cet après-midi
29:44à l'Assemblée nationale
29:45qui a ajouté
29:46la phrase suivante
29:46nous n'abandonnerons
29:48aucun métier
29:48et il doit s'exprimer
29:49un jeudi
29:50lors d'une conférence
29:51de presse
29:52depuis Matignon
29:53pour annoncer
29:54normalement
29:55de nouvelles aides
29:55on imagine toujours
29:56ciblées
29:57et limitées
29:58dans le temps
29:59Christophe Jacubizine
30:00à quoi on doit
30:01s'attendre
30:02est-ce qu'on
30:03peut s'attendre
30:04à un renouvellement
30:04des aides
30:05déjà débloquées
30:06ou est-ce que
30:07en plus
30:07d'autres corps de métiers
30:08peuvent être concernés
30:09par ce paquet d'aides ?
30:10J'ai bien peur
30:10que ce soit très chirurgical
30:11c'est une expression
30:12qui est utilisée
30:13à Matignon
30:14parce que
30:15d'abord les caisses
30:16sont vides
30:16on ne cesse de le répéter
30:18que la crise
30:20géopolitique
30:20a entraîné
30:21une réaction
30:22assez bien normale
30:23de précaution
30:24des Français
30:24qui ont moins
30:24consommé d'essence
30:26le gouvernement
30:26a évalué à peu près
30:27à 100 millions d'euros
30:28le manque à gagner
30:29pour l'État
30:30et en plus
30:32Sébastien Lecornu
30:33qui décidément
30:33est assez bon
30:34en communication
30:35finalement
30:35après parlent les Français
30:36un plan de rigueur
30:37on peut l'appeler comme ça
30:38puisqu'au départ
30:38on devait chercher
30:396 milliards d'économies
30:40déjà budgétaires
30:41et là il a dit
30:41à l'Assemblée
30:42cet après-midi
30:42que ça serait plus
30:43alors on commence
30:45à évoquer 8 milliards
30:46en coulisses
30:47donc il faut bien
30:48que quelqu'un
30:48les paye
30:50ou alors
30:50il y a les entreprises
30:51qui sont notamment visées
30:52avec le refus
30:54peut-être
30:54de suivre
30:57les allègements de charges
30:58sur les bas salaires
30:59qui sont
31:00qui sont rétrocédés
31:01aux entreprises
31:03on parle de 3 à 4 milliards
31:04mais il y aura
31:05d'autres mesures d'économie
31:06qui vont forcément
31:07toucher tout le monde
31:08donc c'est pas
31:09je crois qu'il a raison
31:10de le dire
31:10c'est pas des temps
31:11très rieurs
31:12qui nous attendent
31:13et il faut pas s'attendre
31:14à des mesures
31:15d'accompagnement
31:17beaucoup plus importantes
31:18que celles qui ont été
31:19prévues jusqu'à présent
31:20peut-être qu'il doit être
31:21prorogé c'est sûr
31:22sur les grands rouleurs
31:23notamment
31:23sur les métiers
31:24qui ont besoin
31:25de se déplacer
31:25avec leur voiture
31:26on parle évidemment
31:27aux aides-soignants
31:28aux infirmières
31:29etc
31:29et puis les pêcheurs
31:31aussi
31:31des professeurs
31:32comme ça
31:32qui sont très très
31:33dépendantes
31:34du prix du carburant
31:35mais n'attendez pas
31:37un chèque carburant
31:39pour l'ensemble des français
31:39n'attendez pas un chèque
31:40carburant pour l'ensemble
31:41des français
31:42dit Christophe
31:43à l'instant
31:43des temps pas très rieurs
31:45aussi
31:45je vous cite à nouveau
31:46on a senti d'ailleurs
31:47un Premier ministre
31:48très tendu
31:49cet après-midi
31:50pourquoi ?
31:51parce que le pays
31:53l'argent public est rare
31:54le pays est en déficit
31:55et il pensait que
31:56cette guerre
31:56n'allait peut-être
31:57pas durer aussi en temps prévu
31:58je pense qu'il redoute aussi
32:00que la question
32:01du coût de l'essence
32:02du coût de la vie
32:03tout simplement
32:04provoque aussi
32:05des mouvements sociaux
32:06une colère
32:06beaucoup plus profonde
32:08qui pourrait ressurgir
32:09dans le pays
32:10un peu du type
32:11gilet jaune
32:12un peu du type gilet jaune
32:13pourquoi pas
32:13et je pense que
32:14la prise de parole
32:15qu'il va faire jeudi
32:16n'est pas extérieure à ça
32:18évidemment
32:19il a besoin aussi
32:20de donner de nouveaux gages
32:21etc
32:21mais comme un peu Christophe
32:23je pense que ça va être
32:23très chirurgical
32:25effectivement
32:27un des risques
32:28qu'il y a
32:29c'est de ne cibler
32:31qu'une partie des français
32:32que ce soit ressenti
32:33que ce soit que les français
32:34entre guillemets
32:36populaires
32:36on va dire
32:36qui payent la facture
32:37il n'y a pas de cagnotte
32:38et il n'y a pas d'argent
32:39il n'y a pas de cagnotte
32:39mais il n'y a pas d'argent
32:40mais il y a des mesures
32:42qui sont réclamées aussi
32:43par une partie de la gauche
32:44évidemment
32:44sur la question
32:45des marges des entreprises
32:47et sur
32:48pourquoi pas
32:48des super taxes
32:50ou une taxe
32:50en tout cas
32:51sur les super profits
32:52que font les pétroliers
32:53à l'occasion
32:53évidemment
32:54de cette explosion des prix
32:55et sur ce sujet là
32:56je pense qu'il envoie
32:57un signal
32:58qui à mon avis
32:58en ne parlant pas
33:00ou en n'évoquant pas
33:01ce sujet
33:02en tout cas
33:02ne le prenant pas
33:02à le bras le corps
33:03risque aussi
33:04de susciter
33:05un sentiment d'injustice
33:06auprès des français
33:07en disant
33:07mais c'est nous
33:07les petits
33:08qui allons payer
33:09la facture de cette guerre
33:10et des grandes entreprises
33:13certes
33:14mais surtout
33:14des grands pétroliers
33:16comme Total
33:16ou d'autres
33:17vont être épargnés
33:18voire
33:19vont être des profiteurs
33:21financiers de cette guerre
33:22et là-dessus
33:22je trouve qu'il y a
33:23un discours
33:24qui ne marche pas
33:25sur deux jambes
33:26là-dessus
33:27Christophe n'est pas d'accord
33:27avec vous
33:28si si
33:28je trouve que d'ailleurs
33:29je salue la mesure
33:30on va bientôt pouvoir
33:31l'embaucher aux échos
33:32je vous assure
33:33je me contrôle
33:34c'est presque compatible
33:34non
33:36malheureusement
33:36je pense que
33:37vous parliez des entreprises
33:38on voit la flambée
33:39des faillites d'entreprises
33:40donc elles ne vont pas
33:41si bien que ça
33:42et quant aux pétroliers
33:43vous avez vu que
33:43les grands groupes
33:44pétroliers mondiaux
33:45ont tous annoncé
33:46leur retrait de la France
33:47que ce soit Shell
33:48ESSO
33:49et donc en fait
33:50il ne restera plus
33:50que Total en France
33:51donc ce qui prouve bien
33:52que d'abord
33:53un le marché français
33:54n'est pas très rentable
33:54et que ces grands pétroliers
33:57préfèrent aller faire
33:57du business ailleurs
33:58et deux Total
34:00ils ont fait déjà
34:01l'effort sur
34:02le blassement des prix
34:03et leur marge
34:03on le sait
34:04vous avez raison
34:05il y a eu des profits
34:05faits par les compagnies pétrolières
34:07mais sur tout ce qui était trading
34:08mais pas vraiment
34:09sur le raffinage
34:10où les marges sont nulles
34:10voire négatives
34:12donc je ne suis pas sûr
34:13je ne vois pas trop
34:14où on peut prendre
34:14quel que soit
34:15l'endroit où ils font du business
34:17c'est vrai que sur le raffinage
34:19c'est pas faux
34:20évidemment
34:21et que ce n'est pas dans
34:21les stations-service
34:22ils font les plus gros
34:22dehors-marges
34:23mais sur le trading
34:23c'est vrai que deux tiers
34:24de l'essence
34:25Laurent est vendu
34:25par les grands
34:26sur la spéculation
34:30là-dessus
34:31ce que leur reproche
34:32les ONG
34:33c'est aussi de mettre
34:33une partie de ce qu'ils gagnent
34:35alors la France
34:37mais dans des paradis fiscaux
34:39et que ça c'est avéré
34:40ils les mettent
34:40là où ils font des affaires
34:42et ils payent leurs impôts
34:43là où ils font des affaires
34:44donc aux Etats-Unis
34:44en Asie
34:45partout
34:45les compagnies pétrolières
34:46comme toutes les entreprises
34:47effectivement
34:48mais le Greenpeace
34:49l'Oxfam
34:50disent qu'effectivement
34:51il y a quand même
34:51une partie
34:52qui est bien placée
34:53en tout cas
34:53pour que ça ne vous dépose
34:54c'est quand vous êtes aux Etats-Unis
34:56vous payez l'impôt américain
34:57c'est ça qu'on leur reproche
34:59c'est que l'impôt mondial
35:00ne correspond pas
35:01à un impôt français
35:01rapidement
35:02mais pour un
35:04j'allais dire
35:04un français
35:06personne lambda
35:06c'est un discours
35:07qui est inaudible
35:09on ne peut pas lui dire
35:10ces gens-là
35:10sont protégés de tout
35:11ils mettent leur argent
35:12où ils veulent
35:12etc
35:12mais vous par contre
35:14vous allez payer
35:14deux fois plus cher
35:15votre essence
35:16ce n'est pas possible
35:17on parlait à l'instant
35:19des conséquences économiques
35:20sur les prix à la pompe
35:21mais aussi des conséquences
35:22sur les prix des engrais
35:23aujourd'hui
35:24il y avait une mobilisation
35:25des agriculteurs
35:26ils étaient quelques centaines
35:27du côté du Parlement européen
35:30est-ce que vous redoutez
35:31une reprise
35:31de la colère
35:33du monde agricole ?
35:34alors cette colère
35:35elle est là déjà
35:36c'est même pas une question
35:37de reprise
35:38d'une certaine manière
35:39elle est là
35:39elle est là
35:40le niveau de colère
35:41dans l'ensemble du pays
35:43il est clairement là
35:44nous dans les enquêtes
35:45qu'on fait au Cevipof
35:46on mesure
35:46un thermomètre
35:47de colère
35:49du pays
35:49par rapport
35:50à l'action du gouvernement
35:51sur une échelle
35:52de 0 à 10
35:52on est en moyenne
35:53à 6, 6,5
35:54donc la colère
35:54le niveau de colère
35:56il est là
35:56et on voit bien d'ailleurs
35:57dans la communication
35:58du Premier ministre
36:00quelque chose
36:01qui fait un trait d'union
36:03avec ses prédécesseurs
36:05au fond
36:05il y a quelque chose
36:06qui rappelle un petit peu
36:07les prises de parole
36:08à la François Bayrou
36:09on peut plus vivre
36:10au-dessus de nos moyens
36:11il faut
36:12il n'y a pas d'argent magique
36:13il n'y a pas d'argent magique
36:15il faut un sursaut
36:15de prise de conscience
36:16et vous savez
36:17comme toujours
36:17en politique
36:18c'est pas faire injure
36:19aux hommes et aux femmes politiques
36:21de dire que
36:22ils aiment aussi
36:23profiter des situations
36:24de crise
36:25pour au fond
36:26faire passer des messages
36:28pousser un peu
36:29certains pions
36:30justement Bono
36:31est-ce que c'est déjà
36:31devenu un sujet
36:33de la présidentielle
36:34qui a déjà débuté
36:36avec des propositions
36:37vous aviez parlé
36:38des super profits
36:40taxer les ultra riches
36:41en tout cas
36:42peut-être certains profiteurs
36:43de crise
36:44mais il y a aussi
36:44des propositions
36:45du côté de LFI
36:46avec le blocage des prix
36:47je reviens sur les carburants
36:48et puis aussi
36:49du côté de l'échiquier politique
36:51du côté du RN
36:52avec cette demande
36:53de baisser la TVA
36:54sur le prix des carburants
36:55mais oui
36:55on y est déjà
36:56on y est déjà
36:57à la prise de parole
36:58du Premier ministre
36:58je reprends ces mots
36:59la géopolitique
37:00s'est installée
37:01dans le réservoir des Français
37:02c'est une phrase
37:03qui va marquer
37:03et c'est une manière
37:04de prendre date
37:06et de dire
37:06aux futurs candidats
37:08et la future offre
37:09que les candidats
37:10et les candidates
37:10vont faire
37:11aux Françaises
37:11et aux Français
37:12pas d'argent magique
37:13nous payons cash
37:14nos dépendances
37:15ça veut dire que
37:16du côté du camp présidentiel
37:17on est sur l'idée
37:18qu'il faut organiser
37:19la campagne de 2027
37:20autour de cette idée
37:22se donner les moyens
37:23d'être au fond
37:25maître de notre destin
37:26se donner les moyens
37:27de ne plus avoir
37:28de dépendance
37:29et donc faire des choix
37:29stratégiques
37:30budgétaires
37:31qui correspondent à ça
37:32on voit que l'ombre
37:33de la crise
37:35géopolitique
37:35est déjà là
37:36pour la présidentielle
37:37et dans le même temps
37:38il y a une loi
37:38d'urgence agricole
37:39qui est débattue
37:40actuellement
37:40du côté de l'Assemblée nationale
37:42Laurent Mouloud
37:43est-ce que ça
37:43ça peut peut-être
37:44calmer les tensions
37:45en tout cas pas du côté
37:46de l'hémicycle
37:46parce que les débats
37:47risquent d'être houleux
37:48oui je pense
37:49je ne suis pas sûr
37:50qu'elle suffise
37:51à calmer
37:52l'attention
37:52effectivement
37:53au monde agricole
37:53je voulais juste
37:53revenir sur la question
37:54de l'indépendance
37:55je suis désolé
37:55mais effectivement
37:56c'est le débat
37:57qui doit être mené
37:58pendant la présidentielle
38:00la dépendance énergétique
38:01au pétrole et au gaz
38:02est quelque chose
38:02de catastrophique
38:03pour la France
38:04et pour l'ensemble
38:05de pays
38:05mais quand le Premier ministre
38:06parle de volonté
38:08de l'électrification
38:10du pays
38:10on a un train de retard
38:12c'est ça ?
38:13surtout on a pris
38:14énormément de retard
38:14sur ces questions
38:15on en a fait passer
38:16beaucoup d'autres
38:16avant
38:16ça a été il y a quelques années
38:18un grand débat
38:19quand la question
38:19du réchauffement climatique
38:20s'est invitée
38:21un peu partout
38:22et tous les partis politiques
38:23ont essayé de l'intégrer
38:24dans leur programme
38:24en essayant chacun
38:25avec leur niveau de solution
38:27on va dire
38:27et c'est devenu
38:28complètement secondaire
38:29avec la guerre en Ukraine
38:30etc
38:31les questions de sécurité
38:32d'armement etc
38:32prennent le dessus
38:33alors que cette question
38:34de la dépendance
38:35qui demande une planification
38:36je n'ai pas peur du mot
38:37mais en tout cas
38:38d'une politique de long terme
38:39investir
38:40quand le général de Gaulle
38:41l'a fait dans les centrales nucléaires
38:43ça ne s'est pas fait en deux jours
38:44et c'était un plan
38:45sur des dizaines d'années
38:46quand là on parle
38:47de décarboner
38:48l'ensemble d'une économie
38:50et là on parle
38:51au niveau européen
38:52puisqu'on ne peut pas le faire
38:53non plus tout seul
38:53dans notre coin
38:54c'est des politiques
38:56absolument vigoureuses
38:57dans lesquelles
38:57on devrait s'engouffrer
38:59dès aujourd'hui
38:59et là-dessus
39:00le discours est extrêmement pauvre
39:01Estelle Martin
39:01vous êtes d'accord ?
39:02Oui parce qu'effectivement
39:03on parle de la dépendance énergétique
39:04mais là on le voit aussi
39:05la dépendance aux engrais
39:06parce que la France
39:07elle apporte deux tiers des engrais
39:08qui viennent du Moyen-Orient
39:10c'est russe
39:11biélorusse
39:12la question de la souveraineté
39:13elle a été abordée
39:14C'est ce que vous dites
39:15on est dépendant
39:15On est dépendant
39:16et là on est en train
39:17de faire
39:17enfin pas de rétro-pédaler
39:19mais se dire
39:19il faut arrêter
39:19d'être trop dépendant
39:21même pour les engrais
39:22la commission européenne
39:23veut inciter
39:24alors elle veut
39:25des engrais décarbonés
39:26ce qui va poser
39:27je pense
39:28une autre difficulté
39:29pour ne plus être dépendant
39:31mais la souveraineté
39:32on le voit
39:32dans tous les domaines
39:33ça devient une question cruciale
39:36et ça va s'inviter
39:38inévitablement
39:38dans la campagne présidentielle
39:40Allez les informés
39:41je vous propose
39:41qu'on reste en France
39:42on va tenter
39:43de décoder ensemble
39:44cette étude
39:44cette étude menée par Doctolib
39:46avec la fondation
39:47Jean Jaurès
39:47s'est dévoilée ce matin
39:49par nos confrères
39:50d'ici
39:51ex-France Bleu
39:52qui met donc en exergue
39:53des disparités majeures
39:55dans l'accès aux soins
39:55à travers tout le pays
39:57un phénomène civilisationnel
39:59qui touche aussi
39:59les milieux urbains
40:00et les jeunes
40:01selon Martial Jardel
40:03médecin généraliste
40:04et cofondateur
40:05de l'association
40:06Médecins Solidaires
40:07C'est vraiment un problème
40:08j'ai presque envie de civilisation
40:10sur l'accès aux soins
40:11on n'a jamais été exposé
40:13à une telle nécessité
40:15et difficulté
40:15de se soigner
40:16ça touche tout le monde
40:17ça touche les territoires ruraux
40:18avec sa population
40:20et on l'apprend
40:21en tout cas
40:21on le signifie
40:22ce matin
40:23dans cette étude là
40:24les cadres
40:25et les jeunes
40:25aussi
40:26ça c'est un peu
40:26la surprise
40:27on pensait que
40:27les territoires urbains
40:28étaient épargnés
40:29de cette notion
40:30de désert médical
40:31qui touchait que
40:31la réalité
40:32c'est pas le cas
40:32Bruno Cotteres
40:33comment on explique
40:34de telles disparités
40:36pourquoi on voit
40:37d'un territoire à l'autre
40:38et après on citera
40:38des chiffres plus précisément
40:40il y a de telles différences
40:42il y a déjà
40:43des fractures
40:45sociologiques et territoriales
40:46en France
40:46qui restent très importantes
40:48les deux étant d'ailleurs
40:49assez étroitement liées
40:51les territoires
40:52qui souffrent le plus
40:53c'est pas seulement
40:54qu'ils sont éloignés
40:55des grandes métropoles
40:56c'est aussi
40:57qu'ils ont une structure
40:57de l'emploi
40:58qui est particulière
40:59il y a tout un tas
41:00de fractures
41:01et c'est vrai
41:01que notre vie politique
41:02elle traîne
41:04cette question
41:04des fractures
41:06territoriales
41:06depuis de nombreuses années
41:07il y a des candidats
41:08à l'élection présidentielle
41:09au cours des dernières élections
41:10qui ont essayé
41:11de s'atteler
41:11à ce problème
41:12donc on voit
41:13que ce sont des dimensions
41:14très structurelles
41:15c'est très systémique
41:16comme dimension
41:18il y a peut-être aussi
41:19la question de choix
41:20qui ont été faits
41:21on voit qu'aujourd'hui
41:21on a un regard
41:23rétrospectif
41:23sur des choix
41:24qui ont été faits
41:25par exemple
41:26sur le numerus clausus
41:27des études en médecine
41:30sur l'accès
41:32limitées vers certaines professions médicales
41:34qui se révèlent
41:34être des choix désastreux
41:35des décennies après
41:37donc il y a
41:38des choix
41:39qui ont été faits
41:40mais effectivement
41:41la situation
41:42alors elle touche
41:43d'après cette étude
41:45elle touche aussi
41:45les grandes villes
41:47mais elle reste quand même
41:47les milieux urbains
41:48et les jeunes
41:48le milieu urbain
41:50reste quand même
41:50beaucoup plus protégé
41:52que le reste du pays
41:52il y a des villes
41:54de taille moyenne
41:55en France
41:56où si le médecin
41:57part à la retraite
41:59il n'y a pas d'offre
42:00il n'y a pas d'offre
42:01il y a des listes d'attente
42:02dans les cabinets dentaires
42:03voilà
42:04c'est une situation
42:05absolument incroyable
42:06alors justement
42:06un chiffre assez édifiant
42:08dans ce rapport
42:09dans cette étude
42:09alors quand vous regardez
42:10du côté des médecins
42:12dits de premier recours
42:13en général
42:13vous trouvez un rendez-vous
42:14en moins de 15 minutes
42:15à quel que soit
42:16le territoire
42:17en France
42:18c'est ce que dit cette étude
42:19mais quand vous regardez
42:19du côté des spécialistes
42:20par exemple
42:21les cardiologues
42:23quand vous comparez Paris
42:24pour trouver un cardiologue
42:25c'est à peu près 16 jours
42:26une quinzaine de jours
42:27si vous allez dans le Gers
42:28c'est jusqu'à 5 mois et demi
42:31Christophe
42:32le gouvernement
42:33paraît totalement impuissant
42:34face à ces données-là
42:35c'est vrai
42:36ça fait quand même des années
42:37qu'on essaye effectivement
42:37de revoir la carte
42:39de l'implantation médicale
42:40il y a les autorités de santé
42:41j'ai l'impression
42:41qu'on a bureaucratisé le système
42:43c'est-à-dire qu'on a mis
42:44beaucoup de lourdeur
42:44quand vous regardez
42:45les budgets
42:45de fonctionnement des hôpitaux
42:47la part administrative
42:48a considérablement augmenté
42:49donc les moyens sont là
42:50mais en fait
42:51ils sont mal alloués
42:52et puis c'est vrai
42:52qu'il y a eu quand même
42:53depuis pendant 20 ans
42:55le numerus clausus
42:56on a essayé de
42:57en fait on a essayé
42:57de contrôler la dépense
42:59en contrôlant l'offre
43:00le résultat aujourd'hui
43:01c'est qu'il n'y a pas
43:01assez d'offres
43:02face à la demande médicale
43:03en plus on a un pays
43:04qui malheureusement vieillit
43:05on n'arrête pas de le dire
43:06la tonalité diminue
43:07et donc du coup
43:08c'est un pays qui vieillit
43:09c'est un pays qui a
43:10plus besoin de soins
43:11donc en fait
43:11tous ces paramètres
43:13n'ont pas bien été
43:15pris en compte
43:15et c'est vrai qu'aujourd'hui
43:17on parlait tout à l'heure
43:18de la géopolitique
43:19et du carburant
43:21et ça
43:21enfin c'est un pays
43:22quand même
43:22je pense qu'il faut
43:23quand même prendre conscience
43:24qui se paupérisse
43:25considérablement
43:26parce que
43:28on pourrait en revendre
43:29le débat
43:29mais parce que
43:30sans doute
43:30on ne travaille pas assez
43:31parce qu'on est habitué
43:33à avoir un état
43:33qui est extrêmement présent
43:34dans l'économie
43:35qui étouffe l'économie
43:36avec 50% de prélèvement
43:37obligatoire
43:37tout ça fait qu'on a décroché
43:39par rapport au reste du monde
43:41et c'est vrai aussi
43:42pour l'Europe
43:42on n'est pas
43:43regardez le système
43:44de santé britannique
43:45c'est dégrade depuis des années
43:47en Allemagne
43:48ça commence
43:48donc moi je suis très inquiet
43:51objectivement
43:51et ça ce n'est que
43:52un des symptômes
43:53et ça se reflète évidemment
43:54dans l'état de l'opinion
43:55qui légitimement
43:56est inquiète pour l'avenir
43:58Laurent Mouloud
43:59qu'est-ce que peut faire
44:00le gouvernement
44:00sur ces déserts médicaux
44:01on a l'impression
44:01qu'on en parle chaque année
44:02et que finalement
44:03ça empire
44:04après ce dernier
44:05Christophe
44:05c'est-à-dire
44:06réinvestir dans le service
44:07public de l'hôpital
44:08François Bayrou
44:09quand il était encore
44:10Premier ministre
44:10c'était il n'y a pas si longtemps
44:12lui il avait tenté
44:13de s'y atteler
44:13il avait publié
44:15une cartographie
44:15des 151 intercommunalités
44:17les plus touchées
44:18baptisées
44:18zone rouge de pied
44:19on n'a aucune nouvelle
44:20de cette carte
44:21il y a une petite contradiction
44:22dans ce que dit Christophe
44:23il parle de bureaucratisation
44:25etc
44:25mais le problème
44:26c'est les médecins libéraux
44:28c'est un système libéral
44:29de l'installation
44:30c'est pas la bureaucratie française
44:31non mais là c'est pas l'hôpital
44:32on parle de l'accès
44:35à des médecins
44:36le rapport entre les médecins
44:38et les non-médecins
44:39c'est inversé
44:40la difficulté d'avoir
44:42ne serait-ce qu'un médecin généraliste
44:43dans certaines zones
44:4415 minutes on l'a dit en moyenne
44:45oui 15 minutes
44:46mais de manière totalement
44:47comment dire
44:48inégalitaire
44:49selon les territoires
44:49et tout ça
44:52c'est quoi le problème
44:53le problème
44:54évidemment vous l'avez dit
44:55le numerus clausus
44:56effectivement il y a eu
44:57le poids des lobbies
44:58des médecins aussi
44:59qui n'a pas voulu l'augmenter
45:00ce numerus clausus
45:00pour regarder aussi
45:02une part du gâteau médical
45:04il faut dire les choses
45:04comme elles sont
45:04et là dessus
45:05il n'y a pas eu de courage politique
45:07vraiment fort
45:08sur cette question là
45:09aujourd'hui on en arrive
45:10dans une telle situation
45:12qu'il n'y a pas d'autre solution
45:13que de forcer l'installation
45:14il faut quand même
45:15qu'on ait ce débat
45:16là autour de la table
45:17c'est à dire que
45:18l'installation des médecins
45:19aujourd'hui
45:20elle est libre
45:20et c'est une des grandes revendications
45:22des syndicats de médecins
45:23évidemment
45:23d'avoir la liberté d'installation
45:25donc c'est sur l'installation
45:25de gens qui ont fait
45:2610 ans d'études
45:26en étant payés au lance-père
45:30il y a eu énormément
45:31de débats sur l'installation
45:33c'est à dire que
45:33je voudrais finir
45:35d'ailleurs il y a une proposition
45:36de loi
45:37je pense que vous n'êtes pas
45:37sans l'ignorer
45:38la proposition de loi Garot
45:39qui va être redébattue
45:40au Sénat
45:41parce qu'elle est passée
45:41à l'Assemblée
45:42l'année dernière
45:43qui propose justement
45:44que cette installation
45:46soit autorisée
45:48ou pas
45:48par l'ARS
45:49c'est à dire que
45:50dans chaque région
45:50ils disent
45:51ou dans chaque secteur
45:53les ARS locales
45:54disent
45:56là effectivement
45:56c'est un secteur
45:57où il n'y a pas de tension
45:58vous pouvez vous installer
45:59comme vous voulez
46:00là c'est un secteur
46:01où il y a des tensions
46:01on verrait que vous alliez là
46:02à une époque
46:03on aurait pu dire
46:04c'est affreux
46:04c'est terrible
46:05on n'a pas le droit
46:06de les contraindre
46:07ils ont fait 15 ans d'études
46:08ils ont le droit
46:08de faire ce qu'ils veulent
46:09sauf qu'aujourd'hui
46:10il y a 87% des territoires
46:11qui sont en tension
46:12c'est à dire que
46:13quand on dit
46:14ils vont avoir le choix
46:15c'est ça que je veux dire
46:16les médecins libéraux
46:17y compris quand on va s'installer
46:18ils vont avoir le choix
46:19parce que les zones en tension
46:20il y en a partout
46:26désormais aujourd'hui
46:27c'est qu'il y a eu
46:27des concentrations de médecins
46:28dans des territoires favorisés
46:29c'est tout
46:30il y a des zones
46:30Paris
46:31ou des zones dans le sud
46:33dans le sud-est
46:33etc
46:33où il y a
46:34et pléthore de médecins
46:35effectivement
46:35et il y a des grandes zones
46:36désartiques
46:37on franchit le périph
46:38Paris vous avez plein de médecins
46:39Seine-Saint-Denis
46:40un des plus grands déserts médicaux
46:41de France
46:42donc c'est ça
46:43on ne peut plus
46:45malheureusement
46:45si la liberté du marché
46:48comme l'aime Christophe
46:50avait permis de réguler ça
46:51parfaitement
46:52et bien ça aurait été parfait
46:53sauf que c'est pas le cas
46:54aujourd'hui
46:54on voit que ça crée
46:55des disparités terribles
46:56et des inégalités
46:57entre les français
46:58surtout
46:59c'est ça qu'est
46:59il y a des renoncements
47:01aux soins
47:01aujourd'hui
47:01à plus de 60%
47:02pour certaines personnes
47:03faute de trouver un soignant
47:04renoncement aux soins
47:05c'est-à-dire que les gens
47:05ils prennent le risque
47:06de ne pas se soigner
47:06donc on est dans un état
47:08effectivement
47:08il va falloir dire
47:09à des médecins
47:10je suis désolé
47:11mais là votre zone d'implantation
47:12ça sera celle-là
47:13mais on a vu que
47:13pour les internes
47:14enfin c'était compliqué
47:15vous l'avez dit
47:16effectivement
47:16ils ont fait beaucoup
47:17d'années d'études
47:18et on leur impose
47:19d'aller s'installer là
47:20plutôt qu'ailleurs
47:20on peut comprendre
47:21leur colère
47:22mais après moi
47:22je vais rajouter juste
47:23un petit truc là-dessus
47:24parce que c'est exactement ça
47:25il y a un exemple
47:25je ne veux pas être trop long
47:26mais il y a un exemple
47:26en Australie notamment
47:27ils font
47:28où les facs de médecine
47:30font des
47:31on va dire
47:31des antennes locales
47:33c'est-à-dire que les médecins
47:33font leurs études
47:34dans des zones
47:35qui sont désertées
47:36etc.
47:37et comme ils y ont fait
47:37des études pendant des années
47:38ensuite ils s'y installent
47:39il y a des celles
47:39qui parlent en France
47:40ils s'y installent
47:41oui mais pas assez justement
47:42il n'y a pas assez
47:43d'investissement
47:43ils s'y installent
47:44de manière naturelle
47:45et là-bas
47:46il y a eu
47:46je crois que 8 médecins
47:47sur 10
47:48qui font leur étude
47:49dans la zone concernée
47:50ils restent en fait
47:51et ça c'est une des pistes
47:52effectivement
47:53qui est avancée
47:53en disant
47:54mais développons au contraire
47:56ça va être créé
47:57effectivement des postes
47:58d'assistants partagés
47:59entre ville et hôpital
48:00et c'est vrai que
48:00dans les campagnes
48:01il y en a
48:02ou alors avec des centres de santé
48:04ça c'est aussi une autre piste
48:05on voit que
48:06en tout cas les autorités françaises
48:07sont allées voir un peu
48:08ce qui se faisait
48:08dans les pays nordiques
48:09il y a les cabines
48:10de téléconsultation
48:11et là je ne sais pas
48:11si c'est une bonne
48:13ou pas une bonne idée
48:14parce que comme vous l'avez dit
48:15on est une population
48:16vieillissante
48:16et je pense qu'il y a
48:17une grande partie
48:18de la population
48:19qui est peut-être
48:19un peu âgée
48:20donc ça veut dire
48:21consultation à distance
48:22à distance oui c'est ça
48:23avec prise de tension
48:24et tout
48:25mais il faut aller
48:25voilà
48:26et donc ça demande aussi
48:27d'être un peu
48:29habile
48:30avec le matériel
48:31voilà c'est un système
48:32de visioconférence
48:33est-ce qu'on attend ça
48:34d'un médecin
48:34surtout quand on commence
48:35à être un peu âgé
48:36enfin moi-même
48:37qui ne suis pas totalement
48:39voilà
48:39qui ne suis pas encore
48:40à la retraite
48:40c'est vrai que j'ai envie
48:41d'avoir un médecin
48:41la visioconférence
48:42est énormément développée
48:44mais bon
48:44on a quand même envie
48:45c'est un rapport humain
48:46avec le praticien
48:47donc je ne sais pas
48:48ça a l'air extrêmement compliqué
48:49il n'y a pas que la France
48:50vous l'avez dit
48:50qui est confrontée à ce problème
48:51il y a une autre problématique
48:52c'est l'IA
48:53l'intelligence artificielle
48:54aujourd'hui vous avez
48:55des français
48:56qui regardent finalement
48:57les symptômes qu'ils ont
48:57grâce à l'IA
48:58qui leur demandent
48:59comment ça se passe
48:59et ça pose deux problèmes
49:01un problème de
49:02finalement de se contenter
49:03du verdict de l'IA
49:05et surtout un autre problème
49:06finalement
49:06d'être peut-être malade
49:07et de ne pas aller consulter
49:09alors l'IA
49:10elle est déjà beaucoup
49:11les médecins
49:11à être beaucoup plus efficaces
49:13et beaucoup plus précis
49:14par exemple
49:15quand vous analysez
49:16maintenant des radiographies
49:16ou des IRM
49:17avec l'IA
49:18vous détectez
49:20des cancers
49:21à un stade très premier
49:23que vous ne voyez pas avant
49:24tout à fait
49:24ça c'est l'avantage
49:26il y a beaucoup d'avantages
49:27il y a une gnostique
49:27c'est-à-dire
49:28je pense qu'on va
49:29chercher sur
49:30un petit clône
49:31j'aime bien avoir
49:33le verre à moitié plein
49:34vous le savez
49:34et pareil
49:35regardez l'IA
49:36les algorithmes
49:36on parlait de Doctolib
49:37qui a fait cette étude
49:39grâce à Doctolib
49:39on peut quand même
49:40arriver maintenant
49:41à trouver des créneaux
49:42un peu d'urgence
49:43parce que des gens
49:44annulent leur rendez-vous
49:45et vous avez des créneaux de libre
49:46moi j'ai trouvé des ophtalmo
49:47on m'avait dit
49:48qu'il fallait trois mois
49:48pour trouver un ophtalmo à Paris
49:49j'en ai trouvé en dix minutes
49:51et j'ai eu un rendez-vous
49:51au bout de trois jours
49:52parce qu'il y a des créneaux
49:53qui sont ouverts tout le temps
49:54sur plein de spécialités
49:55ça vous fait rire
49:56mais c'est vrai
49:57c'est vrai
49:59Bruno Cotresse
49:59je me demande
50:00voilà
50:00je me demande
50:01s'il n'y a pas un sujet
50:02également qui concerne
50:05la question des collectivités
50:07au fond
50:07il y a beaucoup de petites villes
50:08ou de villes moyennes
50:09de villes de taille
50:10dix, quinze, vingt mille habitants
50:13est-ce qu'il n'y a pas un sujet
50:14à un moment donné
50:14une discussion à avoir
50:16sur
50:16est-ce que les intercommunalités
50:18peuvent pas aussi
50:19se mettre à développer
50:20des centres de santé
50:22en faisant
50:23venir des médecins
50:24venir des praticiens
50:25en leur donnant
50:25de bonnes conditions
50:26on sait que pour un jeune médecin
50:27qui s'installe
50:28avoir un local
50:30qui soit bien
50:31avoir du personnel
50:32par exemple
50:33l'État avait aidé
50:34à un moment donné
50:34les médecins généralistes
50:36à payer quelques mois
50:37pour avoir du secrétariat médical
50:39donc voilà
50:40est-ce qu'il n'y a pas un sujet
50:41aussi qui concerne
50:42en tout cas
50:42pour les villes
50:44de taille moyenne
50:44qui ont une forte demande
50:46avec beaucoup de gens
50:47qui sont venus vivre
50:48dans ces villes
50:49parce qu'on y vit mieux
50:50parce qu'on peut y acquérir
50:51un logement plus facilement
50:52que dans les grandes métropoles
50:53et un sujet qui concernerait
50:56la capacité des collectivités
50:57à développer des centres de santé
50:59en offrant de bonnes conditions
51:00aux médecins
51:01c'est vrai
51:02normalement
51:02les centres de santé
51:03mais c'est une bonne idée
51:04c'est-à-dire
51:04les centres de santé
51:05permettent aussi
51:06de créer des roulements
51:07pour les médecins
51:07c'est-à-dire que
51:08les médecins vont venir
51:09une semaine
51:09dans une zone très en tension
51:10ils vont pas forcément
51:11y être à domicile tout le temps
51:13mais ils vont venir ici
51:14aussi éponger
51:14en roulement
51:15avec d'autres médecins
51:16et ça permet d'avoir
51:16une présence continue
51:19on va dire
51:19sur un territoire
51:20qui est déserté
51:21sans que ça soit tout le temps
51:21peut-être le même médecin
51:22mais avec la sécurité
51:23d'un centre de santé
51:24où c'est bien organisé
51:27où c'est financé aussi
51:28etc.
51:28et avec beaucoup plus
51:29de sécurité d'accès aux médecins
51:31que peut-être
51:32si on laisse faire
51:32les choses telles quelles
51:33avec des médecins libéraux
51:34sans aucune obligation
51:36malheureusement
51:36le constat est que ça fonctionne pas
51:38quoi
51:38et comment vous financez
51:39parce qu'on connaît
51:40les problèmes
51:42de budget
51:43des collectivités publiques
51:44et collectivités locales
51:45c'est le vrai problème
51:46il y a une question
51:47de volonté politique
51:47moi je connais beaucoup
51:48de municipalités
51:49qui ont effectivement
51:49fait des antennes médicales
51:50ou des maisons de santé
51:51en offrant des locaux
51:53à des médecins
51:53effectivement avec le système
51:54de rotation aussi
51:55qui permet d'accélérer
51:56une présence tout le temps
51:57il y a une question de volonté
51:58il y a des communes
51:58qui ont réussi à le faire
52:00sans augmenter les impôts
52:01parce qu'il y a des arbitrages
52:02et il y a des choix politiques
52:03donc c'est vrai
52:04qu'il ne faut pas toujours
52:04tout attendre de l'État
52:05je vous rappelle quand même
52:06que le déficit
52:07de l'assurance maladie
52:07c'est la moitié
52:08du déficit global
52:10donc malheureusement
52:11là aussi
52:11on a un problème de financement
52:12et donc il faut encourager
52:14effectivement je suis d'accord
52:14il faut encourager
52:15les communes
52:16et d'ailleurs il faut
52:16que les électeurs
52:18sanctionnent celles
52:18qui ne le font pas
52:20qui font cet effort
52:21et qui s'occupent
52:21de la santé de leurs habitants
52:23je donnerai juste un exemple
52:24très simple
52:25c'est très facile
52:26il suffit
52:26des communes des fois
52:27font des constructions
52:28de logements etc
52:29ils ont un bâti
52:31au rez-de-chaussée
52:32par exemple
52:33qu'ils n'arrivent pas
52:33à donner d'ailleurs
52:34pour faire des commerces etc
52:35et bien ce qu'ils font
52:36des fois ils se disent
52:36ben là on va accueillir
52:37un dentiste
52:38un médecin etc
52:39on va y arriver
52:42et pour le dentiste
52:43c'est plus facile
52:44parce qu'il vient s'installer
52:45et puis en plus
52:46un argument aussi
52:47pour amener du logement
52:48des habitants
52:48pour la commune elle-même
52:49c'est pas qu'un coup
52:50et chez les jeunes médecins
52:52ils sont partis
52:52d'une génération
52:53comme dans d'autres professions
52:54qui veut respecter
52:55l'équilibre entre vie privée
52:56et vie professionnelle
52:57et ces médecins
52:58ces jeunes-là
52:58j'en connais
53:00ils ont plutôt envie
53:01d'avoir une vie
53:01peut-être pas de salarié
53:02mais en tout cas
53:03comme vous le disiez
53:04de ne pas avoir
53:05des temps de travail énormes
53:07et donc ce type
53:08d'antennes médicales
53:10ou de maisons
53:11médicalisées
53:11peut permettre
53:12justement eux aussi
53:13de trouver un équilibre
53:14merci en tout cas
53:15à tous pour vos solutions
53:15un dernier mot
53:16peut-être le mot de la fin
53:17Bruno Pompas
53:17il faut espérer
53:18que ce soit ça
53:18les grands thèmes
53:19de la campagne de 2021
53:20c'est ce que j'allais dire
53:20est-ce que la santé
53:21est une préoccupation
53:22des Français
53:23on n'est pas encore une fois
53:23une élection présidentielle
53:24qui soit exclusivement
53:25sur les questions internationales
53:26c'est important
53:26l'international
53:27mais il faut parler
53:28de tout ça
53:28de comment hiérarchiser
53:31les grands choix
53:32de l'action publique
53:32en France
53:33on n'a pas de débat
53:34sur ces questions
53:35or ces questions
53:36préoccupent beaucoup
53:36merci beaucoup
53:37les informés
53:38Estelle Martin
53:39merci d'avoir été avec nous
53:40vous êtes présentatrice
53:41de l'émission 64
53:42week-end sur TV5Monde
53:43Bruno Cotteresse
53:44merci beaucoup
53:45politologue, chercheur
53:46au Cévi-Pof
53:46et enseignant à Sciences Po
53:48Christophe Jacques-Ubizine
53:49merci beaucoup
53:49directeur de la rédaction
53:50des Echos
53:51la une des Echos
53:51c'est forcément
53:52le nouveau tour de vis
53:53budgétaire
53:54dont on a parlé
53:55mais aussi
53:55il y a des industries
53:56qui vont bien
53:57devinez laquelle
53:57l'institut de défense
53:58le missilier européen
54:00MBDA
54:01profite justement
54:02du fait que les américains
54:02se retirent
54:03qu'il n'y a plus de missiles
54:04tomahawk
54:04et qu'il faudra bien
54:05fabriquer des missiles
54:05européens
54:06je vois que Laurent Moulot
54:07de rédacteur en chef
54:07à l'Humanité
54:08est en train de chercher
54:09sa une
54:09je l'ai
54:10mais comme elle évolue
54:11en temps réel
54:12on est sur un sujet
54:14extrêmement grave
54:14c'est sur les disparitions
54:16forcées
54:16d'enfants et de familles
54:18à Gaza
54:19donc des milliers de familles
54:20sur Gaza
54:20qui sont sans nouvelles
54:21de leurs proches
54:22et on a
54:23Tel Aviv qui refuse
54:24de fournir des éléments
54:25là-dessus
54:25on a une enquête
54:26là-dessus assez passionnante
54:27et assez accablante
54:29un grand merci à vous
54:30merci à tous
54:30de nous avoir suivis
54:31je vous souhaite
54:32une très bonne soirée
54:33les informés reviennent
54:34demain 9h
54:35et moi je vous retrouve
54:35très bientôt
54:36bonne soirée
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