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  • il y a 12 heures
Les informés de l'éco du samedi 16 mai 20226

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00:03Générique
00:08...
00:08Bienvenue dans les informés de l'écho sur France Info.
00:1120 minutes de débat comme chaque samedi pour parler de l'actualité économique et sociale.
00:16Avec vous, Claire Sergent, aujourd'hui, bonjour.
00:18Bonjour Benjamin, bonjour à tous.
00:19A nos côtés également, Stéphanie Villers, économiste, conseillère économique à la Société d'études PWC
00:24et Pierre Jaquet, membre du Cercle des économistes,
00:26professeur d'économie internationale à l'École Nationale des Ponts et Chaussées.
00:30Bonjour à vous deux.
00:30Bonjour.
00:31Claire, au programme, aujourd'hui, le chômage au plus bas depuis 5 ans,
00:35symbole d'une économie au plus haut, c'est mieux effectivement.
00:39Après que ce soit au plus bas, il est au plus haut.
00:40Symbole d'une économie à la peine ou simple dérapage, c'est la question qu'on se pose.
00:45Effectivement, le taux de chômage franchit la barre symbolique des 8%.
00:48Il retrouve donc son plus haut depuis 5 ans.
00:5168 000 chômeurs de plus au premier trimestre selon l'INSEE.
00:54Des mauvais chiffres pour l'emploi qui sont arrivés avant que la crise au Moyen-Orient n'éclate.
01:00Signe que notre économie a calé en début d'année.
01:02Pas de croissance et forcément pas de création d'emploi.
01:05Alors on s'interroge.
01:06À quoi faut-il s'attendre dans les mois à venir alors que le conflit en cours commence à produire
01:10ses effets sur l'économie ?
01:12Alors selon Jean-Pierre Farandou, le ministre du Travail, ce n'est qu'un petit dérapage temporaire.
01:16Il l'a assuré sur France Info.
01:17Il faut donc relativiser les mauvaises nouvelles selon le ministre.
01:21Une position que soutient le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Gallo.
01:25Il est invité de France Info mercredi.
01:27Il faut regarder les progrès qu'a fait l'économie française sur l'emploi sur le temps long.
01:31Dans le précédent ralentissement de l'économie française, après 2012, le taux de chômage était supérieur à 10%.
01:37Là on est autour de 8, alors ça n'est évidemment pas une nouvelle satisfaisante.
01:42Depuis 2010, sur 15 ans, le chiffre va peut-être vous surprendre, mais l'économie française a créé près de
01:494 millions d'emplois en net.
01:51Les créations, moins les suppressions.
01:53Donc essayons de poursuivre ces progrès sur l'emploi.
01:56Alors Benjamin, a-t-on atteint la cote d'alerte sur l'emploi ?
01:59Ou au contraire, faut-il voir le verre à moitié plein ?
02:01Stéphanie Villers, ce taux de chômage à 8% qui dépasse les 8%,
02:05est-ce que c'est un simple dérapage, comme le dit le ministre du Travail ?
02:09Non, en tout cas, ce n'est pas une surprise.
02:11On savait qu'en ce début d'année, les entreprises comme les ménages français étaient dans une période d'attentisme
02:18en se disant, bon, on a l'impression que l'inflation est derrière nous,
02:24on va, pour les consommateurs, pouvoir aller dépenser davantage par ce qu'on a mis de côté.
02:29Et pour les entreprises, on a quand même des secteurs où il faut investir,
02:33notamment dans les nouvelles technologies.
02:34Et est revenue quand même en fin février la problématique des cours du pétrole
02:42qui bondissent à cause de ce conflit en Iran.
02:46Et je pense que c'est le premier mauvais chiffre du chômage.
02:50Et vraisemblablement, il n'y a pas de doute à avoir sur la suite.
02:54On sait très bien que compte tenu de notre niveau d'activité extrêmement faible
02:58et compte tenu de ces incertitudes qui persistent,
03:02eh bien, le taux de chômage va continuer de progresser dans les trimestres à venir.
03:07Pierre Jacquet, vous y voyez, vous, les seules conséquences de cette guerre en Iran
03:10ou finalement une économie déjà dégradée en France ?
03:13Non, on a en France, on y reviendra sans doute dans la discussion, un problème de productivité majeure.
03:18Alors, je crois, en effet, ce n'était pas une surprise ce taux de 8,1%.
03:23D'ailleurs, c'est une différence intéressante entre le débat médiatique et les marchés.
03:28Sur les marchés, quand quelque chose se passe et qui était prévu, il n'y a aucune réaction.
03:32Oui, c'est ça.
03:32Et là, on voit un chiffre qui apparaît et qui était prévu dans les grandes lignes
03:38et ça suscite énormément de débats et d'interrogations.
03:42Alors, dans ce chiffre, il y a, dans la hausse du chômage, il y a quelque chose de provisoire.
03:46Dans la hausse, pas dans le niveau, mais dans la hausse du chômage, dans la dynamique.
03:49Et c'est l'entrée dans la population active de tout un ensemble de jeunes et de retraités.
03:58Et je crois que ça, c'est un atout à long terme pour la France, que la population active s
04:02'accroît.
04:03Donc, c'est un des signes positifs derrière ce chiffre.
04:05Le problème, c'est qu'on n'a pas créé assez d'emplois pour absorber cette entrée dans la population
04:11active.
04:12Et c'est ça que traduit ce chiffre.
04:14Maintenant, la conjoncture joue évidemment un rôle.
04:16Et comme le disait ma collègue, ce rôle ne va pas dans le sens d'une amélioration du taux de
04:21chômage.
04:21C'est plutôt une aggravation.
04:22Et il y a des efforts à faire, a dit le gouvernant de la Banque de France.
04:25De quels efforts parle-t-il, Stéphanie Villers ?
04:28Alors, après, dans une période pré-présidentielle, ça va être compliqué.
04:33Mais je pense qu'on voit la situation des finances publiques qui est largement dégradée.
04:40Les entreprises qui nous disent que les coûts de production sont altérés par une imposition qui est trop élevée.
04:50Et on s'attend à ce que les finances publiques aillent vers plus de rigueur budgétaire.
04:56Et on l'attend quand même depuis des années.
04:59Et le signal de la poursuite d'un déficit public aux alentours de 5% est un très mauvais signal
05:06pour l'ensemble de l'économie française.
05:08On voit bien que notre dette est en train d'augmenter dans une perspective où les taux d'intérêt augmentent.
05:15En fait, toute cette mécanique, il n'y a que, en gros, des mauvaises nouvelles.
05:19En fait, c'est ça qu'il faut garder à l'esprit, c'est qu'il n'y a pas
05:24un pôle qui pourrait, en tout cas, aujourd'hui, nous rassurer.
05:28Puisqu'on sait que l'inflation va revenir.
05:31D'abord, on a eu les prix des carburants qui ont augmenté.
05:36Mais bien évidemment, lorsque les coûts de l'énergie augmentent, le coût de production aussi des entreprises,
05:42et à un moment, elles vont répercuter ces hausses sur le prix final.
05:45Il faut véritablement s'attendre à une poursuite de la hausse de l'inflation.
05:48Oui, c'est ça, pas dans l'immédiat, mais peut-être dans les prochains mois, cet été.
05:52On est à 2,2%.
05:55A priori, on pourrait se dire, ça c'est tout à fait absorbable par l'économie.
05:58C'est presque une inflation, on va dire, normale, de tendance de long terme.
06:03Pour autant, on sait très bien que ça va continuer de progresser, cette inflation-là.
06:07Et cette inflation qui progresse, ça veut dire, dans un premier temps, moins de pouvoir d'achat pour les Français.
06:13Et donc, les Français qui, déjà, ne dépensaient pas grand-chose,
06:17et je vous rappelle quand même que le moteur principal de la croissance, c'est la consommation.
06:23Bon voilà, donc on sait que tous les moteurs aujourd'hui, qui constituent la dynamique de croissance,
06:29sont pour l'instant à l'arrêt, voire complètement, enfin un peu dégradés, je veux dire.
06:33Pas complètement, mais largement dégradés.
06:35Pierre-Jacques, et vous vouliez ajouter ?
06:36Oui, moi je crois qu'il faut, que le court terme n'est pas très encourageant,
06:40donc il faut mettre l'accent aujourd'hui sur la problématique de long terme de l'économie française.
06:45Et là-dedans, il y a un gros problème, il y a plusieurs problèmes.
06:48Il y a l'insuffisance de la productivité,
06:50et puis il y a aussi le fait qu'on ne veut pas que cette productivité se produise n'importe
06:54où.
06:54C'est-à-dire qu'en gros, il y a un besoin de regarder où est créée la valeur,
06:58et que ce soit compatible avec les enjeux environnementaux et les enjeux sociaux.
07:01C'est ça le vrai problème de l'économie française.
07:03Et c'est très important de mettre l'accent sur ce moyen terme et ce long terme,
07:07parce qu'encore une fois, le court terme ne va pas donner beaucoup de réjouissance.
07:11Claire.
07:12Alors on a un problème en France, on en entend beaucoup parler dans le débat public,
07:15c'est la faiblesse de notre industrie.
07:17On entend beaucoup parler de réindustrialisation de la France.
07:20Force est de constater qu'on n'arrive pas à le faire,
07:21et on sait que c'est quand même dans l'industrie qu'il y a les gains de productivité,
07:24alors qu'on est quand même une économie où il y a beaucoup de services en France,
07:26où là, c'est toujours très compliqué.
07:28Je crois qu'il faut accepter l'inconnu.
07:30On ne sait pas vers quoi va l'innovation, par quel type d'activité ça va se créer.
07:34Et bien sûr, il faut réindustrialiser,
07:37mais réindustrialiser ne veut pas dire recréer les industries du passé.
07:41Donc il faut arrêter de regarder le passé et dire,
07:43oh là là, on a des secteurs en déclin, et se donner les chances vers l'avenir.
07:47Alors parmi ces chances, je vais parler de la productivité, etc.
07:49Il y a évidemment l'éducation et la formation.
07:51Et ce sont des débats de long terme, mais qui sont essentiels.
07:53Et je ne voudrais pas que l'espèce de sentiment négatif qu'on tire en regardant le court terme
08:00nous empêche de traiter ces questions.
08:02Et ça fait quand même plusieurs années qu'on en parle sans les traiter.
08:05Rapidement quand même, Stéphanie Villers, ça veut dire que la promesse du plein emploi d'Emmanuel Macron,
08:10on s'en éloigne, on a envie de dire définitivement, d'ici 2017.
08:14Oui, d'ici 2027, il n'y aura pas de surprise de ce côté-là.
08:22Pour autant, oui, c'est vrai que la vision de long terme,
08:24ça peut quand même améliorer la perspective des Français
08:30qui aujourd'hui font face à une accumulation de crise.
08:35Depuis 2020, on a eu la crise Covid, la guerre en Ukraine, la guerre en Iran.
08:39Et donc ça fait quand même beaucoup en six ans en réalité.
08:41Et je pense que si on se réfère aux deux chocs pétroliers des années 70,
08:45en France, on avait un cap, c'est-à-dire qu'on s'est lancé dans le nucléaire,
08:49on avait dit aux Français, on n'a pas de pétrole, mais on a des idées.
08:52Et quelque part, ça donnait une perspective de long terme qui pouvait rassurer.
08:56Et aujourd'hui, en fait, la seule variable qui donne un peu d'espoir,
09:01c'est que les Français ont mis quand même beaucoup de côté,
09:03ont mis cette épargne de côté et il suffit, enfin il suffit,
09:06il faudrait aujourd'hui la débloquer pour qu'elle puisse se diffuser
09:11dans l'ensemble de l'économie française.
09:13Et Claire, ce dérapage pourrait aussi cacher une tendance de fond ?
09:16Oui, parce que depuis un an, il y a un sérieux coup de froid sur l'emploi.
09:20L'économie française a détruit 100 000 emplois depuis 2024, selon l'OFCE.
09:26Et elle en avait créé beaucoup depuis la fin de la pandémie.
09:29Mais le marché du travail français, en fait, se porte beaucoup moins bien
09:32que nos voisins européens.
09:33Il résiste moins bien.
09:34On est loin du plein emploi allemand qui est à 3,5% de taux de chômage.
09:38L'Italie, 5,7%.
09:39Encore très loin de la moyenne européenne des 6%.
09:42On voit la France, elle est mauvaise élève sur la dette,
09:44comme le rappelait Stéphanie Villers, mais aussi mauvaise élève sur le chômage.
09:47Il y a une destruction d'emplois, d'emplois marchands.
09:50En fait, en net, il y a une création...
09:53En 2026 et 2027, il y aura une destruction nette d'emplois.
09:56Mais en 2025, il y a une création nette d'emplois,
09:59sauf que ce ne sont pas des emplois salariés.
10:02Et donc, il y a une création d'emplois dans la précarité.
10:05Et ça, c'est un aspect qu'il faut suivre.
10:08Et qu'est-ce qu'on fait moins bien que nos voisins européens, Stéphanie Villers ?
10:12Alors, c'est-à-dire qu'on ne sait pas créer un cadre
10:17pour que les juniors puissent avoir leur premier emploi.
10:21Et on ne sait pas conserver nos seniors.
10:22En réalité, c'est sur cette partie-là où on est plus faible que les autres.
10:27C'est d'ailleurs là où le taux de chômage est le plus élevé.
10:31Finalement, nos 25-50 ans n'ont pas de problème d'emploi.
10:35En réalité, c'est plutôt les jeunes et les seniors.
10:37C'est sur ces deux catégories d'âge qu'il faut travailler.
10:41Stéphanie Villers, Pierre-Jacques et vous ne bougez pas.
10:42On poursuit ce débat dans les informés de l'écho dans quelques instants.
10:45On va s'intéresser aux charges des entreprises et aux coûts pour les finances publiques.
10:50Ce sera juste après le rappel de l'info à 9h50 avec Laura Dullieu.
10:54La vie flamand annonce portée plainte contre Patrick Bruel, déjà visée par cinq plaintes.
10:59L'animatrice accuse le chanteur de l'avoir violée lorsqu'elle avait 16 ans.
11:03Patrick Bruel nie les faits et évoque une relation consentie.
11:06Ses élégations, selon son avocate, seront traitées par la justice.
11:10Israël dit avoir mené une frappe à Gaza contre le chef de la branche armée du Hamas
11:15sans que sa mort ne soit à ce stade confirmée.
11:18Tandis qu'Israël et le Liban annoncent prolonger leur cesser le feu encore un mois et demi.
11:22Malgré de nombreux bombardements israéliens encore hier dans le sud du pays.
11:27En Isère, un homme de 39 ans a été mis en examen pour viol et agression sexuelle sur mineurs de
11:3215 ans
11:33et placé en détention provisoire.
11:35Il s'agit d'un père de famille accusé d'avoir abisé sexuellement de deux fillettes
11:40qu'il avait proposé de garder pour dépanner leur mère.
11:43Il avait failli carrément disparaître il y a trois ans.
11:46Le FC Sochaux-Montbéliard est de retour en Ligue 2 en faisant match nul contre le Puy lors de la
11:51dernière journée nationale.
11:52Quelques semaines après le retour de Peugeot comme partenaire de ce club historique.
12:25France Info
12:26a un coup de rabot sur les allégements des charges patronales.
12:30Le SMIC va augmenter de 2,4% au 1er juillet.
12:33Et qui dit hausse du SMIC dit aussi hausse générale des allégements de charges pour les entreprises.
12:38Ça pourrait coûter aux finances publiques ?
12:40Oui, on le sait, un employeur ne paie pas de charges pour un employé rémunéré au SMIC.
12:43Mais ce que l'on sait un peu moins, c'est que derrière il y a tout un système d
12:46'allégement de charges
12:47qui va jusqu'à 3,5 fois le SMIC.
12:49Ça peut aller en gros en moyenne à peu près jusqu'à 5 500 euros de salaire par mois.
12:53Et comme ces allégements sont directement indexés sur le SMIC,
12:55ils augmentent dès que le salaire minimum est revu à la hausse.
12:58Résultat, en 6 ans, le montant des allégements de charges pour les finances publiques
13:02est passé de 50 milliards d'euros en 2020 à plus de 80 milliards.
13:06Aujourd'hui, sans que cela se traduise forcément par une hausse généralisée des salaires.
13:11Alors, pour ne pas voir cette facture augmenter de près de 2 milliards
13:15avec la hausse du SMIC au 1er juillet, eh bien Bercy envisage un coup de rabot.
13:19Stéphanie Villers, est-ce que le gouvernement a raison de vouloir un gel des dépenses supplémentaires ?
13:23Alors, un gel des dépenses supplémentaires, oui, mais certainement pas dans ce secteur-là, l'emploi.
13:30Puisque l'emploi, on sait très bien, comme on vient de le dire sur la première partie,
13:34que l'emploi est un peu fragilisé par la conjoncture,
13:37et on sait que le taux de chômage va progresser dans les trimestres à venir.
13:42Donc, rendre le coût du travail plus élevé, bien sûr, il y a moins d'activité pour embaucher ces salariés
13:53au SMIC.
13:55Et puis, la hausse du SMIC qui suit, bien sûr, l'inflation, ce n'est pas non plus une bonne
14:00nouvelle pour les entreprises.
14:01Parce qu'en réalité, c'est à elles aussi de supporter la hausse de ce coût supplémentaire,
14:09sachant que les autres salaires, eux, ne sont pas indexés sur l'inflation.
14:12Pierre-Jacques, est-ce qu'il peut y avoir un effet d'aubaine pour les entreprises ?
14:15Parce qu'elles profitent toutes des allégements de charges quand le SMIC augmente ?
14:18– Je crois qu'on peut difficilement parler d'effet d'aubaine lorsque les coûts augmentent,
14:23parce que les allégements de charges ne couvrent pas la totalité des hausses de coûts.
14:28Il peut y avoir effet d'aubaine dans un cas particulier,
14:31s'il y a indexation, en effet, du salaire de référence à partir duquel les allégements sont calculés,
14:36si les entreprises ne vont pas bouger la totalité des rémunérations au voie gymnase du SMIC.
14:45– Je voudrais expliquer cela, c'est-à-dire que si on laisse le SMIC augmenter
14:50et qu'on ne touche pas les salaires, par exemple, à 1,2 SMIC,
14:53à ce moment-là, le salaire à 1,2 SMIC ancien devient plus proche du salaire SMIC augmenté
15:00et donc entraînera davantage d'allégements.
15:04Et donc là, il y a un petit effet d'aubaine qui suggère que l'une des responsabilités des entreprises,
15:08malgré tout, dans ce contexte où les coûts augmentent,
15:10c'est quand même de veiller à ce que les salaires soient correctement structurés dans l'entreprise.
15:16Et ça, ça me paraît un aspect très important.
15:18Mais si vous permettez, il y a un débat qu'on n'arrivera pas à évacuer,
15:24qui se pose en permanence, qui est un débat de distribution.
15:28Je reviens sur la productivité.
15:29Les entreprises, aujourd'hui, manquent de gains de productivité.
15:32Elles n'ont donc pas les moyens de soutenir la masse salariale existante,
15:36qu'il y ait hausse du SMIC ou pas.
15:38Et derrière, le choix, c'est ou bien ce sont les salariés qui trinquent,
15:42ou bien c'est l'État qui finance et donc les contribuables à terme,
15:46ou bien c'est les marges des entreprises.
15:48Et tout ça est relié parce que lorsque les marges des entreprises souffrent,
15:51l'emploi finit par souffrir.
15:53Lorsque les salariés souffrent, la consommation finit par souffrir, etc.
15:58Et donc cet arbitrage, il est permanent
15:59et on n'a pas trouvé de moyen de le résoudre une fois pour toutes.
16:02Stéphanie Villers, une critique qu'on a entendue côté politique,
16:05mettre un coup de rabot, c'est risquer de renchérir le coût du travail.
16:08Oui, c'est ça.
16:09C'est ça ?
16:09Oui, oui, oui.
16:11Dans cette séquence-là où la croissance est ralentie,
16:14où on manque de visibilité,
16:16c'est prendre le risque d'accroître le niveau de chômage.
16:20Je vous rappelle quand même que les défaillances d'entreprises
16:22ont progressé de manière inquiétante,
16:24plus de 5% sur un an.
16:27On est à peu près à 70 000 entreprises en faillite
16:32sur l'ensemble de l'année glissante.
16:34Donc c'est quand même un niveau record qui est inquiétant.
16:39Plus de défaillance, on le sait bien, c'est plus de chômage.
16:42Donc envoyer un signal qu'en plus, dans ce contexte-là,
16:47le salaire va peser encore plus sur l'entreprise,
16:52ça ne va certainement pas stimuler l'emploi.
16:54Rapidement, Claire, la baisse des allégements
16:55pourrait avoir des conséquences aussi sur l'emploi ?
16:57Oui, c'est ce que démontre l'Institut de l'entreprise.
17:00Il dénonce l'effet boomerang d'une baisse des allégements
17:02qui revient tout simplement à augmenter les charges.
17:04Une hausse d'un milliard d'euros de charges salariales
17:07pour les entreprises provoquerait,
17:09ce sont leurs chiffres, la destruction de 12 500 emplois
17:11et une baisse du PIB.
17:13En clair, une perte de richesse nationale
17:15de plus d'un milliard d'euros pour eux.
17:17La lutte contre le déficit ne doit pas se faire
17:19au détriment du travail.
17:20Merci beaucoup, Claire Sergent.
17:22Merci également Stéphanie Villière,
17:23économiste, conseillère économique à la Société d'études PWC.
17:27Pierre Jacquet, membre du Cercle des économistes,
17:29d'avoir été avec nous pour les informer de l'éco-émission
17:32à retrouver en podcast sur franceinfo.fr.
17:35Très bonne journée.
17:35L'info continue sur France Info.
17:37Sous-titrage Société Radio-Canada
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