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  • il y a 1 jour
Les informés de franceinfo du vendredi 24 avril 2026

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News
Transcription
00:04Générique
00:09Bonjour et bienvenue, si vous nous rejoignez dans les informés du matin sur France Info,
00:13votre rendez-vous de décryptage de l'actualité avec bien sûr Renaud Delis à mes côtés.
00:17Bonjour Renaud.
00:18Bonjour Thomas.
00:19Et avec nos deux débatteurs du jour, Paul Quignot, bonjour.
00:23Bonjour.
00:24Directeur délégué de Libération et Hélène Terzian.
00:26Bonjour Hélène, journaliste au service politique de France Info.
00:30Premier débat, Renaud, concernant cette nouvelle loi annoncée par le gouvernement
00:36qui concerne le secteur du logement, secteur en crise,
00:40loi qui prévoit d'autoriser la location des passoires thermiques.
00:43Pour essayer d'atteindre un objectif fixé hier par le Premier ministre Sébastien Lecornu
00:46et son ministre en charge du logement Vincent Jeanbrun,
00:49atteindre l'objectif de construire 2 millions de logements d'ici 2030,
00:53ce qui ferait un bond de 100 000 logements par an.
00:55On le sait, et vous le disiez, que ce secteur est en crise maintenant depuis plusieurs années.
01:00Et parmi les mesures envisagées, celles que vous venez d'évoquer,
01:04le gouvernement qui souhaite finalement autoriser les propriétaires à louer
01:06ce qu'on appelle des passoires thermiques,
01:08à condition que ces propriétaires s'engagent à réaliser des travaux de rénovation énergétique
01:13sous 3 à 5 ans.
01:15Les passoires thermiques, je précise, ce sont les logements classés F et G.
01:17Voilà, les logements classés F et G, ce recul se veut pragmatique selon le gouvernement.
01:24Quelles pourraient en être les conséquences ?
01:25Est-ce que c'est un recul ou justement une solution finalement indispensable pour relancer le secteur ?
01:31Voici la réponse de celui qui était votre invité il y a quelques minutes sur ce plateau,
01:35le député socialiste de l'Essonne, Jérôme Gage.
01:38Moi je suis très gêné par cette mesure qui peut apparaître comme du bon sens.
01:42On va être extrêmement attentifs dans le débat parlementaire
01:45pour s'assurer que cette détente, si j'ose dire, sur la classification
01:49et sur le montant des travaux que les personnes doivent faire dans chacun des logements
01:53ne soit pas un chèque en blanc.
01:54Ces deux sujets, c'est des grandes préoccupations de nos concitoyens.
01:57La transition énergétique, mais aussi les sujets de pouvoir d'achat.
01:59On ne peut pas faire la gaudille ou l'essuie-glace
02:01et un coup on travaille sur l'un, un coup on travaille sur l'autre.
02:04Il y a besoin de continuité dans ces enjeux
02:07et il en manque singulièrement.
02:08Alors ces logements dits passoires thermiques, vous le disiez,
02:11il y a ceux qui sont classés G, ça représente 453 000 logements
02:14qui étaient déjà interdits à l'allocation depuis le 1er janvier 2025.
02:18Et puis il y avait la perspective de l'interdiction de ceux classés F,
02:22693 000 logements.
02:24Le gouvernement veut donc revenir sur cette méthode,
02:27sur cette interdiction pour relancer ce secteur.
02:30Rappelons que le secteur du logement est au plus bas ou presque.
02:33qu'il n'y a eu en 2024 que 261 000 logements construits,
02:38ce qui est un résultat au plus bas depuis une trentaine d'années.
02:41Alors est-ce que cette réautorisation finalement de l'allocation des passoires thermiques
02:45est une mesure de bon sens, comme le dit le gouvernement,
02:48ou une suite en avant pour gérer la pénurie, Paul Quignot ?
02:56L'expression mesure de bon sens, moi je m'en méfie toujours un peu.
03:00Donc je me méfie aussi un petit peu de ce qui a été annoncé hier,
03:03d'abord parce que c'est quand même des annonces surprises.
03:07Je crois qu'y compris même certains acteurs du secteur ont été décontenancés,
03:13ils ne s'attendaient pas à des annonces de cette ampleur.
03:16Donc voilà, ça pose une première question,
03:19quand on sait en plus que le Premier ministre est plutôt un petit peu cornerisé en ce moment,
03:24et qu'il cherche aussi avec cette proposition peut-être à exister un peu politiquement.
03:29Sur le fond du sujet, parce qu'il est important le sujet en fait,
03:34c'est une vraie préoccupation des Français.
03:36Il y a un problème immobilier et de logement.
03:40Donc voilà, avec la santé, je crois que ça fait vraiment partie des préoccupations importantes,
03:44donc il ne faut pas le négliger.
03:45Mais le signe envoyé n'est pas bon,
03:48parce qu'on est dans une période, pour caricaturer un petit peu, de backlash écologique,
03:56et c'est vrai que c'est un peu le sentiment que ça donne.
04:02L'essentiel à mon avis, c'est d'ailleurs ce que disait Jérôme Gage à l'instant,
04:06va être dans le débat parlementaire,
04:09et dans les barrières de sécurité, si j'ose dire,
04:14que les députés vont pouvoir mettre sur ces nouvelles autorisations de mise sur le marché.
04:18Il n'est pas favorable au principe, Jérôme Gage,
04:20mais il dit on va voir ce qu'on peut rajouter dans la loi.
04:22Mais c'est là que ça va se jouer, et c'est là où je suis un petit peu inquiet,
04:25justement.
04:25Et l'intention, c'est vrai, d'où viennent ces annonces finalement sur le logement du gouvernement
04:29qu'on n'attendait pas forcément aujourd'hui ?
04:32C'est des annonces qui sont totalement surprises.
04:35Je pense que ce qui est intéressant de voir, c'est qu'il a une obsession,
04:38en tout cas Sébastien Lecornu,
04:40et c'est pour ça qu'il fait ses annonces à un an de la présidentielle.
04:43Une obsession, c'est le pragmatisme.
04:45Il a dit d'ailleurs Sébastien Lecornu que c'était un sujet qui ne pouvait pas attendre 2027.
04:50Il est un moine soldat.
04:52Il a été nommé dans des conditions de crise.
04:55Il le répète, c'est le Premier ministre le plus faible de la Ve République.
05:00Mais il veut montrer qu'il reste un an et qu'il faut que ces un an soient utiles.
05:05C'est aussi un des objectifs d'Emmanuel Macron.
05:08Il n'est pas candidat à la présidentielle.
05:10Il regarde un peu ceux qui sont déjà un peu candidats pour 2027,
05:14Gabriel Attal et Édouard Philippe.
05:15Mais le logement est un sujet de préoccupation principale des Français.
05:20Et on peut imaginer que c'est aussi une façon de commencer à répondre aux électeurs,
05:25même du Rassemblement national pour qui le logement est une préoccupation,
05:29aux électeurs de gauche également.
05:31Il veut montrer que les macronistes agissent.
05:33Un an de la présidentielle, il y a une réponse sur le logement.
05:37Pourquoi est-ce qu'on dit que c'est une mesure de bon sens ?
05:39Parce qu'avec ces mesures, ça permettrait de libérer, d'après Vincent Jombrun,
05:43le ministre du Logement, entre 650 à 700 000 logements d'ici à 2028.
05:50C'est un débat.
05:52Est-ce que c'est une mesure de bon sens d'un point de vue écologique
05:55ou d'un point de vue pragmatique ?
05:57Il n'empêche que, si on est court-termiste,
06:00ça répond à une préoccupation principale des Français.
06:03Paul Quignot et Renaud Delis ensuite.
06:05Sébastien Lecornu a utilisé cette expression en disant
06:07qu'il fallait changer de méthode, mais sans changer d'ambition.
06:10Changer de méthode, je pense qu'il a raison,
06:11puisqu'il y a effectivement une impasse en termes de logement pour les Français.
06:16La question, c'est de l'ambition.
06:17Et là, en termes de préoccupation environnementale,
06:23on est plutôt inquiets de ce côté-là de l'action du gouvernement.
06:27– Même si, je précise quand même,
06:29les propriétaires de passoires thermiques vont,
06:31enfin, si vous voulez voter, pourront les remettre à l'allocation
06:34à condition qu'ils s'engagent à effectuer ces fameux travaux de rénovation
06:38dans les 3 à 5 ans, 3 ans pour une maison, 5 ans pour un appartement.
06:41– Oui, bien sûr, mais c'est là où le débat parlementaire va être très important,
06:45pour verrouiller ce que vous venez de dire.
06:47Et c'est là où, moi, je suis un tout petit peu inquiet,
06:49parce qu'on a aussi, dans le même temps, parallèlement à ces annonces,
06:52un discours sur moins de normes, moins de contrôles, etc.
06:56Alors que, là, pour le coup, si on oblige effectivement les propriétaires
07:01de maisons et d'appartements en 3 à 5 ans, si je ne me trompe pas,
07:04à faire ces travaux, très bien,
07:06mais comment on va accompagner ces dispositifs ?
07:09Et c'est là que ça va se jouer.
07:11– Ça, c'est le point, notamment, très concret.
07:13D'ailleurs, il faudra qu'un contrat soit signé entre un propriétaire et une entreprise
07:16s'engageant à faire ces travaux.
07:18Donc, ça va nécessiter des contrôles extrêmement complexes.
07:21– Donc, vous faites venir, en fait, un artisan chez vous,
07:24et vous signez un contrat dans lequel vous vous engagez à faire des travaux
07:27d'ici 3 à 5 ans.
07:28– Voilà, 3 à 5 ans, effectivement,
07:29selon que ce sont des maisons individuelles ou des appartements.
07:33Mais, changement de méthode, très clairement, il y a un changement de méthode.
07:35Là, tout le monde en convient. Pourquoi ?
07:36Parce que c'est un constat d'échec terrible, le secteur du logement.
07:39Alors, pas pour Sébastien Lecornu, il vient d'arriver, si j'ose dire, le pauvre.
07:43Il écope, mais il écope l'échec d'Emmanuel Macron sur cette politique,
07:46qui est une politique extrêmement importante,
07:48qui touche au premier chef à la vie quotidienne des Français.
07:50On le disait, il y a une crise terrible qui n'a fait que s'aggraver ces 9 dernières années.
07:53Et il y a eu une politique qui était à la fois un peu d'essuie-glace
07:55pour reprendre le terme utilisé par Jérôme Gatch tout à l'heure sur ce plateau.
08:00Et puis, il y a eu vraiment des mesures, parfois prises un peu à contresens,
08:06qui ont eu des effets terribles.
08:07Alors, ça avait commencé, on s'en souvient, par la baisse des APL de 5 euros,
08:10avec un tollé, mais qui illustrait la logique d'Emmanuel Macron,
08:13qui était de dire, en gros, le logement, ça coûte un pognon de dingue
08:16en termes d'argent public, et ça ne fonctionne pas, ça n'est pas efficace.
08:19Mais il y a eu en même temps un certain nombre de lois,
08:23à commencer par le fait d'écarter les passoires thermiques de la location,
08:27c'est-à-dire de contraintes environnementales qui étaient posées,
08:29qui ont contribué, c'est vrai, un peu plus à ralentir le marché du logement.
08:35Sauf que ça, ça aurait pu être anticipé avant,
08:37ou peut-être que la loi aurait pu être un peu moins brutale.
08:39Donc, résultat, on en arrive à un détricotage.
08:41C'est assez terrible.
08:42D'ailleurs, au bout de 9 ans de politique d'Emmanuel Macron en matière de logement,
08:45que le gouvernement, le corps nu, soit obligé, en quelque sorte,
08:49de réparer les dégâts en détricotant des mesures qui ont été prises avant.
08:53La même chose sur les dispositifs fiscaux d'incitation à la construction de logements neufs,
08:59où il y a encore, d'ailleurs, de nouveaux aménagements du dispositif d'Igenbrun,
09:04maintenant, qui succèdent au fameux Pinel, qui ont été annoncés hier,
09:08parce que ça ne fonctionne pas, très clairement,
09:10et qu'on voit que le marché ne repart pas.
09:12Et donc, encore une fois, ce pauvre Sébastien Lecornu, en quelque sorte,
09:15paye l'addition et essaye de réparer ce qui a été cassé par 9 ans de politique inefficace.
09:22Le logement, illustration des zigzags d'Emmanuel Macron...
09:25Oui, en vous écoutant également, et puis en lisant un peu toutes ces propositions,
09:32c'est finalement cette illustration du « en même temps » qui, parfois, ne fonctionne pas.
09:39Vous parliez des lois qui avaient été mises en place sur le logement.
09:46D'où vient, en fait, cet agenda un peu contraint ?
09:48Ça vient de la loi Climat et Résilience qui a été votée en 2021.
09:51C'est à ce moment-là qu'a été décidé que les passoires thermiques,
09:55F et G seraient finalement interdites à la location si des rénovations n'avaient pas lieu.
10:01On est 5 ans après et on se rend compte que le calendrier ne peut pas être tenu,
10:05que les fédérations professionnelles de logement ont dit « il y a des angles morts,
10:09on ne peut pas tenir les délais ».
10:12Alors, il y a une méthode qui est érigée un peu en exemple et que tout le monde reprend,
10:17c'est la méthode Notre-Dame, la méthode JO 2024.
10:21Emmanuel Macron l'avait annoncé au moment de Notre-Dame, ça a fonctionné.
10:26On a reconstruit Notre-Dame en 5 ans.
10:27On a reconstruit Notre-Dame en 5 ans.
10:29Sébastien Lecornu a repris cette métaphore-là.
10:31Vincent Jean-Brun, le ministre du Logement, l'a reprise également pour dire
10:35« on va réadopter cette méthode JO 2024, cette méthode de Notre-Dame ».
10:44C'est encore une manière de rattraper ce qui a été fait il y a quelques années pour dire
10:49« ok, on a peut-être agi sans trop voir, sans mesure d'impact peut-être,
10:56sans voir au long terme ce que ça allait donner, il faut qu'on rectifie le tir ».
11:00C'est le même temps, faire un peu d'écologie et en même temps le pragmatisme.
11:04Et aujourd'hui, on est à la fin des 10 ans d'Emmanuel Macron.
11:08Juste un tout petit mot, d'ailleurs, cette référence à la méthode Notre-Dame,
11:10et il y a eu ce que c'était un échec, la politique du Logement de Notre-Dame.
11:12Il faut se souvenir que c'était quand même une reconstruction après une catastrophe,
11:15après un incendie.
11:15Donc en l'occurrence, là, quand on dit « on va faire la méthode Notre-Dame »,
11:18c'est-à-dire qu'on va essayer d'aller vite et fort pour essayer de reconstruire ce qu'on
11:21a cassé.
11:22Paul Quignot.
11:22Ce qui me frappe aussi dans cette annonce de proposition de loi,
11:26enfin de projet de loi, pardon, c'est qu'il y a deux choses très différentes.
11:31Et il y en a une qui est plutôt bien, je trouve,
11:32et qui vient un petit peu contredire ce qui a été dit à l'instant,
11:35c'est sur le volet politique de la ville.
11:38Là, pour le coup, je trouve que le gouvernement a raison
11:41de remettre ça, enfin de mettre ce sujet sur le tapis,
11:44parce que c'est des sujets qui sont lourds
11:45et où il y a besoin de continuité politique.
11:48Et donc c'est aujourd'hui qu'on prépare
11:52les dossiers politiques de la ville
11:54pour faire court, qui seront mis en œuvre dans deux ou trois ans.
11:57Donc sur cet aspect-là, je trouve que le gouvernement a raison.
12:00Mais pourquoi, et à l'inverse,
12:02sur les histoires de passoires thermiques et tout ça,
12:04on est dans des coups de godis.
12:05Donc c'est là où je trouve que ce projet de loi est un peu bizarre.
12:09Même si sur ce point-là, il faut quand même être précis,
12:11c'est en termes de pouvoir d'achat et puis de besoin de logement,
12:13je pense que le gouvernement n'a plus tellement le choix.
12:17C'est pour ça qu'il évoque le bon sens ou le pragmatisme,
12:19encore une fois, parce qu'il s'agit d'écoper
12:21ce qui n'a pas fonctionné avant.
12:22C'est-à-dire qu'au regard de la crise,
12:24au regard des centaines de milliers de Français
12:27qui attendent un logement,
12:28au regard aussi des difficultés par un certain nombre de propriétaires
12:31qui se sont endettés et qui ont aujourd'hui une passoire thermique
12:33dont ils ne savent que faire,
12:36cette mesure s'imposait.
12:38C'est vrai que c'est une façon de gérer la pénurie de logements,
12:42en tout cas le manque de construction de logements neufs.
12:44Alors c'est un pis-aller en quelque sorte,
12:47mais c'est vrai que dans l'urgence,
12:48on peut comprendre que finalement,
12:51le gouvernement, faute de moyens,
12:53et faute aussi d'argent public bien sûr,
12:54parce que la politique du logement,
12:56ça coûte de l'argent public,
12:58ça coûte de l'argent à l'État,
12:59ce qui n'était pas la logique initiale d'Emmanuel Macron
13:01lorsqu'il est arrivé au pouvoir,
13:02ce qui était effectivement plutôt de réduire cette enveloppe-là,
13:05et ça participe aussi de la situation à laquelle on est arrivé.
13:08Alors on parle de ce projet de loi,
13:09mais qui n'est pas encore voté à date,
13:11et l'intervention de calendrier, c'est l'été, c'est ça ?
13:13Le gouvernement veut qu'une première lecture soit faite avant l'été,
13:16effectivement,
13:19et que ce soit adopté, si je ne me trompe pas,
13:20avant la fin de l'année.
13:21C'est une procédure qui sera accélérée,
13:24on imagine qu'il va y avoir un embouteillage au Parlement,
13:26et encore une fois,
13:28on est déjà à un an quasiment,
13:30on est à un an de l'élection présidentielle,
13:32on le voit, la campagne commence,
13:34donc ça va être...
13:36Et puis les débats seront intéressants.
13:38Espérons que ce soit là.
13:39Voilà, Jérôme Guel, je le disais,
13:40à votre place, il y a quelques minutes,
13:42ils vont se faire entendre,
13:43la gauche va se faire entendre,
13:45on a quand même un peu hâte d'entendre les écologies sur la question,
13:47les insoumis également.
13:49C'est un thème qui a des chances d'être voté, en fait, concrètement,
13:51ou ça va être très compliqué ?
13:52Le logement, c'est un sujet qui devrait faire consensus,
13:54maintenant...
13:54Dans le processus parlementaire,
13:56ça va démarrer au Sénat,
13:57où là, ça ne devra pas poser de problème.
13:59Le vrai rendez-vous, ça sera à la rentrée,
14:01quand ça passera à l'Assemblée.
14:02Et le vrai rendez-vous, là aussi,
14:03ce sera en 2027,
14:04espérons que le logement soit l'objet,
14:06justement, soit un gros sujet de la campagne présidentielle,
14:07le logement comme la santé, par exemple,
14:08que vous évoquiez,
14:09qui sont aujourd'hui des préoccupations
14:11vraiment au plus près des Français,
14:13et on voit que ce sont des secteurs
14:14qui souffrent au premier chef.
14:16Vous restez avec nous sur France Info,
14:18notre deuxième débat arrive dans un instant,
14:20juste après l'infour d'une minute,
14:22avec Diane Farchit, il est 9h20.
14:26Et le gouvernement veut donc permettre
14:27la location des passoires thermiques,
14:29location sous condition.
14:30Toutefois, les propriétaires des logements
14:31devront faire les travaux sous 3 à 5 ans.
14:34Selon Matignon,
14:34l'objectif est de remettre 700 000 logements
14:36sur le marché locatif.
14:37Il faut être pragmatique face à la pénurie
14:40de logements, estime le Premier ministre.
14:42Il promet une loi au Parlement à l'été.
14:44Prolongation de trois semaines
14:45pour le cesser le feu au Liban.
14:47Annonce de Donald Trump,
14:48il dit aussi espérer un accord Liban-Israël
14:50dès cette année, ainsi qu'une rencontre prochaine
14:52entre les deux dirigeants.
14:54Le président américain qui maintient
14:55la pression militaire sur l'Iran.
14:57Un troisième porte-avions,
14:58le George Bush, est arrivé au Moyen-Orient.
15:01Et nous avons tous intérêt
15:02à ce que la stabilité revienne
15:03le plus vite possible,
15:04estime quant à lui Emmanuel Macron.
15:06Alors que ce conflit pèse
15:07sur le porte-monnaie,
15:09sur la confiance des ménages français,
15:11elle est en forte dégradation
15:12pour le mois d'avril, selon l'INSEE.
15:14L'indicateur perd 5 points,
15:15c'est la baisse la plus importante
15:17depuis mars 2022
15:18et le début de la guerre en Ukraine.
15:21Le groupe Nestlé va supprimer
15:22180 emplois en France
15:24dans les fonctions support,
15:25suppression à son siège,
15:27d'ici les Moulineaux,
15:28dans les Hauts-de-Seine,
15:28mais aussi dans deux de ses centres
15:30de recherche,
15:31ceux de Lisieux et de Tours.
15:38Les informés pour encore quelques minutes
15:46sur France Info
15:46avec Renaud Delis,
15:48Paul Quignot de Libération
15:49et Hélène Terzian de France Info.
15:52Venons-en à notre deuxième débat.
15:54Renaud, on va parler de la démarchandisation,
15:57un petit peu long,
15:58cette nouvelle idée
15:59qui semble faire son chemin à gauche.
16:01En tout cas, au Parti Socialiste,
16:02elle est portée par le chef de file
16:04des députés socialistes Boris Vallaud.
16:06Dans le même temps,
16:07d'ailleurs, le PS, lui,
16:08présente un pré-projet présidentiel,
16:10144 pages,
16:12autour d'ailleurs de la réappropriation
16:14du thème de la liberté.
16:14On le voit donc,
16:15mettons entre parenthèses,
16:16un instant à l'écurel dégaux,
16:18les innombrables candidats,
16:20potentiels, putatifs,
16:21dans ou autour du PS,
16:23de Olivier Faure à Raphaël Glucksmann,
16:25en passant par François Hollande,
16:27Bernard Cazeneuve,
16:28Jérôme Getsch,
16:28qui était votre invité tout à l'heure,
16:29et bien d'autres que tous ceux
16:31que j'oublie surtout m'excusent.
16:33Passons aussi sous silence un instant
16:35les querelles autour des primaires,
16:36à gauche, primaire,
16:37pas de primaire, etc.
16:38Allons-y,
16:39penchons-nous un instant
16:40sur le débat de fond,
16:41justement,
16:42et notamment,
16:42cette idée de démarchandisation.
16:45Qu'est-ce que Boris Vallaud veut dire par là ?
16:47Eh bien,
16:47le président du groupe S à l'Assemblée
16:49s'en expliquait hier
16:50chez nos confrères de France Inter.
16:52Aujourd'hui,
16:52le monde est devenu une grande boutique,
16:53toute à son code barre,
16:55ou son étiquette de la naissance à la mort,
16:58la crèche,
16:59l'éducation,
16:59l'enseignement supérieur,
17:00l'accès à l'eau,
17:01aux soins,
17:02aux fonciers,
17:03jusqu'aux EHPAD et aux pompes funèbres.
17:04Tout est devenu marchandise.
17:06Des pans essentiels de nos vies
17:08sont devenus,
17:09en réalité,
17:09des produits de consommation.
17:11La délibération démocratique
17:13doit décider de ce qui est essentiel,
17:14de ce qui a de la valeur,
17:15et ce qui n'en a pas,
17:16de l'allocation des ressources,
17:18de la gestion des biens communs,
17:20et de ne pas laisser aux lois du marché le faire.
17:23Parce que la loi du marché
17:23étouche la loi du plus fort.
17:25Alors comment faire ?
17:26Boris Vallaud s'en explique
17:27dans un livre qui sort aujourd'hui,
17:29justement,
17:29« Nos vies ne sont pas des marchandises manifestes
17:31pour la démarchandisation »,
17:33c'est aux éditions du Seuil.
17:34S'agit-il de tout nationaliser,
17:35de tout étatiser,
17:37ou,
17:38comme le préconise d'ailleurs Boris Vallaud,
17:39plutôt d'avancer vers parfois
17:40des modes de gestion associatifs,
17:44collectifs,
17:46étendre le secteur de l'économie sociale et solidaire
17:48pour, justement, extraire du marché
17:50un certain nombre de biens communs
17:51qu'il vient de définir ?
17:52Est-ce que c'est faisable ?
17:54Est-ce que c'est une nouvelle utopie
17:55pour les socialistes ?
17:56Qu'en pensez-vous, Paul Quignot ?
17:57Est-ce que ça peut faire écho,
17:58en tout cas, dans l'opinion ?
18:01C'est intéressant.
18:03Déjà, c'est réjouissant.
18:06Et je n'ai pas envie de me plaindre
18:07quand les hommes politiques
18:11commencent à mettre des idées.
18:12On râle suffisamment, nous,
18:13dans notre métier pour dire
18:14que la politique n'est qu'une course
18:16de petits chevaux,
18:17quand on commence à parler
18:19un peu d'idées,
18:20je pense qu'il faut le souligner.
18:21C'est réjouissant, mais à droite,
18:22ça ne veut pas dire qu'il faut tout...
18:23On ne peut pas se réjouir
18:24quand on parle d'un retour de l'État
18:26dans tout un tas de secteurs.
18:28Évidemment, mais je pense
18:29qu'il ne faut pas non plus,
18:30et là, on attaque les questions de fond,
18:32c'est caricaturer ce qui commence
18:35à être mis sur la table
18:36et ce qui est mis sur la table
18:37par Boris Vallaud,
18:38en disant, voilà, ça y est,
18:39c'est le retour des nationalisations,
18:42c'est le retour...
18:44Peut-être qu'il y en a une ou deux,
18:45mais ce n'est pas ça son projet,
18:46ce n'est pas ça qu'il dit.
18:47Il dit qu'on commence quand même
18:51à comprendre depuis un moment
18:52que le marché a des limites,
18:54que la loi du marché a des limites,
18:56y compris dans son efficacité
18:58pour un certain nombre de choses.
18:59Et que d'entendre quelqu'un de gauche
19:02dire, oui, il faut qu'on réfléchisse
19:04à quel secteur de la vie
19:06pourrait être extrait
19:07de ces logiques de marché
19:08qui ont effectivement,
19:10depuis une trentaine d'années maintenant,
19:12envahi à peu près tout,
19:14je trouve ça plutôt sympa
19:16comme perspective.
19:18Voilà, il faut faire le tri.
19:19Je suis, moi, par exemple,
19:21très inquiet,
19:24par exemple, dans un secteur
19:25comme l'éducation,
19:27du poids,
19:28qui est en train de prendre
19:29la logique de marché.
19:32Ça se remet en cause.
19:34Donc, regardons comment,
19:35dans le détail,
19:36et il y a plein d'autres secteurs
19:37comme ça.
19:38Évidemment, on parle
19:39du secteur de l'eau,
19:40c'est sans doute plus facile
19:41que dans le secteur de l'éducation.
19:42Il y a des endroits
19:43où ça marche bien,
19:44où les régimes municipales
19:46fonctionnent bien,
19:47sans que ça coûte plus cher
19:49aux consommateurs.
19:50Donc, oui,
19:50il y a des choses à regarder
19:51et, oui,
19:52la démarchandisation
19:53peut être intéressante.
19:54Est-ce que ça peut plaire
19:55au-delà de la gauche,
19:56Ellen Terzian ?
19:58Alors, je serais très curieuse.
19:59Je n'ai pas vu, d'ailleurs,
20:00les réactions des candidats
20:01à la présidentielle à droite,
20:03notamment Bruno Retailleau
20:04ou encore des macronistes.
20:05Je pense que ce qui est intéressant,
20:07c'est que c'est un projet de société,
20:08pour le coup,
20:09qui est proposé.
20:10Et quand il y a
20:11deux visions de la société,
20:13et c'est l'objectif quand même
20:14d'une présidentielle,
20:15quand il y a un projet de société
20:16qui est mis sur la table,
20:17je pense que, pour le coup,
20:18ça peut faire débat.
20:19On n'est pas dans
20:19des petites mesurettes
20:21ou des petits pourcentages
20:23sur le coin de la table.
20:24Non, on est sur une vision
20:25de la société.
20:26Boris Vallaud,
20:26il parle d'un socialisme de vie.
20:28Voilà.
20:28C'est ça qu'il propose
20:29qu'on soit d'accord ou pas.
20:30C'est ça qui, je pense,
20:31peut être réjouissant.
20:32Je pense que ça ne va pas
20:33faire consensus à droite.
20:35Ce qui est intéressant,
20:36et que vous le disiez,
20:36c'est qu'il prend des exemples
20:38concrets quand même,
20:39Boris Vallaud.
20:40Dans les Landes,
20:41c'est là où il est élu député.
20:43La gestion publique de l'eau,
20:45ça fonctionne.
20:45Il prend également
20:46l'exemple des EHPAD.
20:47Il y a eu quand même
20:48un scandale sur la gestion
20:49des EHPAD qui a été fait
20:50et qui a été démontré
20:51par un journaliste
20:52et dans un livre.
20:54Boris Vallaud prend aussi
20:55cet exemple-là.
20:56Dans les Landes,
20:57les EHPAD sont publiques
20:58et a priori,
21:00il n'y a pas ce scandale
21:02sur la maltraitance
21:03des personnes âgées.
21:04Il y a aussi un autre exemple
21:06qui est érigé en...
21:07Un autre exemple,
21:07c'est Vienne en Autriche
21:08où les logements
21:10sont pour la plupart
21:12gérés, administrés
21:13par la municipalité.
21:14Ça fait 100 ans
21:15que ça existe.
21:16C'est les sociodémocrates
21:17qui ont mis ça en place
21:17et ça permet une forme
21:19de mixité sociale
21:20et ça évite la ségrégation
21:22pas que pour les classes populaires.
21:24Donc, il y a des choses
21:25qui sont quand même
21:26bonnes à prendre.
21:27Vous vous réjouissez aussi,
21:28Renaud D.
21:29Je me réjouis du débat
21:29intellectuel qui est intéressant
21:30et c'est vrai qu'en politique,
21:31c'était plutôt rare
21:32ces derniers temps.
21:32Ensuite, s'il s'agit
21:33de tout étatiser,
21:34tout nationaliser,
21:35évidemment, ce serait inept.
21:37C'est pas ce qu'il dit.
21:38Justement, je me dis,
21:38ce serait inept,
21:39mais c'est parfois caricaturé
21:40comme tel par ses adversaires.
21:42Ce serait inept
21:42et en plus, évidemment,
21:43la France n'a pas les moyens.
21:44C'est effectivement pas
21:44ce que dit Boris Vallaud.
21:46Ce qui était intéressant,
21:47c'est que les socialistes
21:47pour la première fois
21:48presque depuis 25 ans,
21:49d'ailleurs,
21:49essayent de repenser
21:49leur rapport au marché.
21:50On se souvient de la formule
21:51de Lionel Jospin
21:52qui était oui à l'économie
21:53de marché,
21:54non à la société de marché.
21:55Ça renvoyait déjà
21:55à ce qui s'est produit ensuite
21:56depuis 25 ans.
21:57C'est vrai,
21:58le fait que le marché
21:58a envahi un certain nombre
22:00de pans de la société,
22:02y compris de biens dits communs
22:03qui ne devraient pas
22:04être soumis à la loi du profit.
22:05Le cas des EHPAD,
22:07de l'éducation,
22:08de l'accès à l'eau
22:08en font partie.
22:09Et à partir de là,
22:10il faut inventer
22:10des modes de gestion
22:11peut-être collectifs,
22:13associatifs,
22:14coopératifs
22:14dans certains secteurs
22:15qui peuvent permettre
22:17d'extraire ces secteurs-là
22:19du marché,
22:20justement,
22:20pour les protéger
22:21au bénéfice de tous.
22:22C'est extrêmement compliqué,
22:23ça peut paraître icopique.
22:24C'est peut-être
22:24un combat perdu d'avance
22:26à l'heure de la toute puissance
22:27des gars-femmes,
22:28mais c'est une piste
22:29qui mérite d'être creusée.
22:30Et ce sera le mot de la fin.
22:31Merci beaucoup,
22:32Renaud Dely.
22:33Merci à vous,
22:33Alain Terzian,
22:34service politique de France Info.
22:35Paul Quignot,
22:36la une de libération aujourd'hui ?
22:37C'est sur l'extrême droite
22:38et le patronat
22:39et comment les digues
22:40entre les deux
22:42sont en train de sauter.
22:43Merci beaucoup,
22:45bonne journée,
22:45bien sûr,
22:46sur France Info,
22:47à la radio et à la télévision.
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