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  • il y a 14 minutes
Les informés du matin de franceinfo du lundi 11 mai 2026

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News
Transcription
00:02Générique
00:06Bonjour et bienvenue, si vous nous rejoignez sur France Info, c'est parti pour les informer jusqu'à 9h30.
00:12Une demi-heure de décryptage avec vous, Renaud Delis, bonjour.
00:15Bonjour, Yannette.
00:16Au sommaire aujourd'hui, deux sujets. La primaire de la gauche est-elle enterrée ?
00:21On va essayer de décrypter ensemble la position du premier secrétaire du Parti Socialiste, Olivier Faure,
00:26qui ce matin sur France Info appelle son parti à avancer et à sortir du congrès permanent.
00:33Et puis on va parler aussi d'Édouard Philippe qui s'avance dans cette campagne et qui cible Marine Le
00:39Pen.
00:40Se dirige-t-on vers un duel ? Édouard Philippe face au Rassemblement National pour nous éclairer nos informés ce
00:46matin.
00:47Stéphanie Despierres, journaliste à LCP. Bonjour Stéphanie.
00:49Bonjour.
00:50Et Étienne Gérard, directeur adjoint de l'Express. Bonjour Étienne.
00:53Bonjour Agathe.
00:53On commence donc Renaud avec cette première question. La primaire de la gauche, est-ce qu'on peut encore y
00:59croire ?
01:00Est-ce que ceux qui l'attendent peuvent encore y croire ?
01:02Ce sujet est en tout cas au cœur du désaccord qui a provoqué le départ de Boris Vallaud,
01:05le président du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale de la direction du PS.
01:08Boris Vallaud et ses soutiens ont donc quitté la direction du PS en particulier parce qu'ils sont opposés à
01:13cette primaire de la gauche
01:14pour laquelle jusqu'à présent Olivier Faure semblait militer.
01:18Et Olivier Faure, le patron du PS, est donc désormais minoritaire au sein des instances du parti.
01:24Va-t-il donc démissionner, remettre son poste en jeu ?
01:27Pas question. C'est la réponse qu'il vous a faite il y a quelques minutes sur ce plateau.
01:30J'ai été élu jusqu'au prochain congrès qui aura lieu au lendemain de la présidentielle.
01:35Sans les militants, je n'aurais pas été majoritaire.
01:37Mais donc c'est avec les militants que je vais continuer à construire,
01:40et y compris avec celles et ceux qui me sont opposés.
01:42J'essaie de comprendre ce que dit Boris Vallaud ce matin.
01:47Il dit « je veux réunir l'ensemble des forces de Ruffin et Glucksmann ».
01:51C'est exactement ce que je propose.
01:53Boris Vallaud qui dénonce aussi un collectif défaillant, dit-il, à la tête du PS,
01:58qui lui veut organiser un certain nombre de rencontres au sein d'une nouvelle gauche plurielle,
02:04en quelque sorte avec l'ensemble des partenaires de la gauche,
02:06mais qui ne veut pas entendre parler de cette fameuse primaire.
02:08Olivier Faure, cette primaire, il est à la fois pour et contre.
02:12Enfin, il n'en est pas fanatique, dit-il, mais il ne l'a pas non plus enterrée tout à
02:15l'heure.
02:16Donc est-ce que cette primaire de la gauche est définitivement enterrée ?
02:18C'était en tout cas l'analyse de François Hollande,
02:20l'ancien président de la République, qui considérait hier que
02:22l'explosion de la direction du PS et le départ de Boris Vallaud
02:25enterraient cette hypothèse.
02:27Dès lors, comment est-ce que la gauche hors LFI
02:29peut s'organiser d'ici la présidentielle ?
02:32Déjà, Étienne Girard, est-ce qu'Olivier Faure peut rester à son poste de premier secrétaire
02:36jusqu'en 2027, comme si de rien n'était ?
02:38Oui, il peut rester comme si de rien n'était,
02:41parce que les énergies au sein du PS ne seront pas dirigées
02:45vers le fait de le faire chuter ou pas,
02:47mais vers le choix du candidat à la présidentielle.
02:49Et c'est comme ça qu'il faut comprendre d'ailleurs
02:51le retrait du courant de Boris Vallaud, de la direction du PS.
02:55Évidemment, Olivier Faure est affaibli,
02:56mais sa tête ne va pas être demandée.
02:59Donc il restera l'idée de lui tordre un peu le bras
03:01pour qu'il ne fasse pas ce qu'il veut.
03:04Stéphanie Despierre, vous êtes d'accord ?
03:05Oui, je suis assez d'accord.
03:06En fait, a priori, Olivier Faure arrivera à surnager
03:10dans cet énième épisode de tensions entre socialistes.
03:15On est sur la préparation de la présidentielle.
03:18Ça fait des semaines que les proches de Boris Vallaud disent
03:20« ça ne va pas assez vite, il faudrait désigner un candidat ».
03:23Ils espéraient qu'après, les municipales,
03:26Olivier Faure lâche un peu cette idée de primaire.
03:29Finalement, ça n'a pas été aussi clair qu'ils l'auraient souhaité.
03:31Et donc du coup, là, ils remettent un coup de pression
03:34en disant « il faut aller plus vite, il faut se préparer ».
03:37Et justement, Renaud ?
03:38Oui, ça arrange tout le monde, en fait,
03:39qu'il va falloir rester en place.
03:40Alors lui, le premier, parce qu'évidemment,
03:41il n'a pas du tout envie de remettre en jeu son poste.
03:43Mais d'ailleurs, Boris Vallaud ne réclame pas sa démission.
03:45Alors pourquoi ça arrange tout le monde ?
03:46Parce que c'est un premier secrétaire sous tutelle.
03:48Le fait est qu'il n'a plus de majorité,
03:49donc il ne peut plus diriger le parti.
03:51En tout cas, il ne peut plus impulser d'initiatives
03:55qui remportent la majorité du Conseil national,
03:57le fameux Parlement du Parti,
03:58qu'il d'ailleurs rassemble, qu'il réunit assez rarement,
04:01et même d'ailleurs du Bureau national, a priori.
04:04Donc de toute façon, ça arrange tout le monde
04:06qu'il reste en place,
04:07dès lors que le sujet,
04:10c'est comme le disaient Étienne Girard,
04:11Stéphanie Depierre,
04:11à l'instant, la désignation du candidat.
04:13Et lui, Boris Vallaud, prône d'abord,
04:15avant la désignation du candidat,
04:17le fait d'aller vers un programme commun
04:19d'une gauche qui soit capable de s'entendre.
04:21Puisque le problème de la primaire,
04:24telle qu'elle a été évoquée jusqu'à présent par certains,
04:26la primaire avec les écologistes,
04:28Marine Tondelier, François Ruffin, Clémentine Autain et d'autres,
04:31c'est qu'on ne voit pas se dessiner un périmètre commun
04:34qui permettrait que les perdants éventuels de cette primaire
04:37se rangent derrière un gagnant.
04:39Par exemple, un Raphaël Glucksmann
04:40qui ne veut pas en entendre parler,
04:41ou un François Land.
04:42Donc le problème, c'est qu'organiser une primaire,
04:44ça ne peut fonctionner que s'il y a un périmètre commun
04:47qui garantisse une discipline à l'issue de cette procédure.
04:50Pour l'instant, on n'en est pas là.
04:51Sauf qu'Olivier Faure, ce matin, il dit
04:53« Moi, je propose exactement la même chose que Boris Vallo.
04:56Moi aussi, je propose qu'on se rassemble
04:58derrière un candidat commun. »
05:00En réalité, ils ne sont pas tant en désaccord que ça.
05:02Il y a trois types d'acteurs autour de cette histoire
05:04du candidat à la présidentielle.
05:05Il y a les poids lourds, putatifs candidats,
05:08Glucksmann, Hollande,
05:09qui eux rêvent d'être candidats sans primaire,
05:11de devenir le recours grâce au sondage.
05:14Il y a les outsiders, qui eux évidemment
05:15veulent une primaire pour s'imposer.
05:17Ils pensent à l'effet Benoît Hamon,
05:19c'est-à-dire partir, on ne pense pas à eux,
05:20et puis finalement, ils s'imposent
05:21et gagnent les suffrages des militants.
05:24Clémentine Autain, François Ruffin,
05:25par exemple, Marine Tondelier, on pourrait la citer.
05:27Et puis, il y a Olivier Faure, Boris Vallo.
05:29Eux ne seront pas candidats.
05:31Ils ont fait l'analyse qu'ils n'étaient pas en situation
05:33de gagner une primaire.
05:35Mais ce qu'ils veulent, eux,
05:36c'est solidifier leur position
05:38et que leur camp fasse un gros score
05:40à la présidentielle et aux législatives.
05:43Et donc, ils sont, même s'ils se détestent
05:45parfois humainement,
05:45ou ils ne s'apprécient pas tellement,
05:47les alliés objectifs du moment
05:48de François Hollande et Raphaël Glucksmann.
05:51C'est-à-dire qu'eux vont préférer
05:53que le candidat se décide ailleurs.
05:55Alors, la différence, c'est que eux,
05:57leur objectif, c'est que le candidat,
05:59il a un projet tout ficelé.
06:00C'est-à-dire décider avant,
06:02on se met d'accord,
06:03et puis le candidat,
06:04toi, tu prends ce programme,
06:05clé en main.
06:05La difficulté, là où je suis un peu dubitatif,
06:07c'est que ce n'est pas la logique
06:08de la Ve République
06:09et de l'élection présidentielle.
06:10Un homme, un projet,
06:12une rencontre entre un homme
06:13et son peuple.
06:15Dans ces conditions,
06:16Stéphanie Despierre,
06:16la primaire,
06:17elle peut encore se tenir ?
06:19Elle peut encore être organisée ?
06:20On va voir,
06:21mais c'est vrai que ça apparaît
06:22de plus en plus compliqué.
06:23On voit que chez les écologistes,
06:24Marine Tondelier,
06:25qui était très pro-primaire
06:26et aussi très contestée en interne,
06:28et on a un peu l'impression
06:29que tous ceux qui sont partants
06:30pour la primaire
06:32ont des problèmes
06:33au sein de leur propre parti
06:34et n'arrivent pas à emporter
06:35tout le monde.
06:36Et puis, il n'y a pas de discussion
06:37pour l'instant sur le projet.
06:39Donc, vous avez des problèmes
06:40d'incarnation,
06:42des gens qui voudraient
06:43incarner cette gauche-là,
06:44mais il n'y a pas d'accord
06:45sur le programme.
06:45Donc, il n'y a pas de moteur.
06:48Il n'y a personne
06:49qui se dégage vraiment
06:50très fortement
06:51au sein de cette primaire
06:52de la gauche
06:52et il n'y a pas,
06:53pour l'instant,
06:54de moteur programmatique
06:55qui pourrait permettre
06:56de mettre de l'essence
06:57dans la machine.
06:58Elle aura lieu ou pas,
06:59cette primaire ?
06:59Non, c'est sûr
07:00qu'elle n'aura pas lieu.
07:01Maintenant,
07:01il y avait déjà peu de doute,
07:02d'ailleurs,
07:02mais a priori,
07:04si le Parti Socialiste
07:05n'y participe pas,
07:05et en l'occurrence,
07:10le Parti Socialiste
07:11dans cette primaire,
07:11puisqu'il n'a plus la majorité.
07:12Il avait d'ailleurs initialement,
07:13souvenez-vous,
07:15pris l'engagement
07:16de consulter les militants,
07:17de les faire voter
07:18sur la participation
07:18dans la salle de primaire.
07:19Il n'en parle plus.
07:20Le fait de cet engagement-là
07:21n'existe plus.
07:23Donc, on voit bien
07:24que cette primaire
07:24n'aura pas lieu.
07:25En plus, on le sait
07:26depuis le début,
07:27Raphaël Glucksmann,
07:28François Hollande,
07:29Bernard Cazeneuve,
07:30d'autres,
07:30n'entendent pas y participer.
07:32Dès lors,
07:33la logique de la synchromie publique
07:34que vous évoquiez
07:35va s'imposer de fait
07:36elle aussi
07:37à cette gauche
07:38hors LFI.
07:39Elle peut avoir
07:39deux effets.
07:40Soit va apparaître
07:42dans les sondages
07:42un candidat socialiste
07:44ou proche du Parti Socialiste
07:45de gauche réformiste
07:46qui va se dégager
07:47et qui va s'imposer
07:49de fait
07:49comme celui
07:50qui pourrait conduire
07:51cette gauche-là.
07:52Pour l'instant,
07:53le mieux placé
07:53dans les sondages
07:53c'est Raphaël Glucksmann,
07:54mais il ne s'impose pas
07:55très clairement
07:56à l'ensemble
07:56de ce camp-là.
07:57Soit l'autre hypothèse
07:58c'est que Jean-Luc Mélenchon
08:00qui lui est déjà
08:00en ordre de marche
08:01avec un parti,
08:02c'est le moins qu'on puisse dire
08:03discipliné,
08:04bien rangé derrière lui,
08:05finalement récupère
08:06des morceaux
08:07de cette gauche
08:08en cas pilotade,
08:08peut-être un morceau
08:09des écologistes,
08:10peut-être d'anciens insoumis
08:11qui retourneraient
08:12vers leur ancien chef
08:13et qu'il s'impose de fait
08:15comme le leader des gauches.
08:16Soit la troisième hypothèse
08:17c'est que finalement
08:17tout se joue à droite.
08:18C'est ce que joue d'ailleurs
08:20par exemple Édouard Philippe,
08:21c'est-à-dire que la gauche
08:22serait dans un tel état
08:23d'émiettement
08:24qu'une fois de plus
08:25elle serait obligée
08:26à un moment ou à un autre
08:27en quelque sorte
08:27de passer son tour.
08:28Il y aurait sûrement
08:29des candidats
08:29mais avec des scores
08:31très modestes au premier tour
08:32et que la menace
08:34de l'extrême droite
08:35conduirait un certain
08:36nombre d'électeurs de gauche
08:37à voter dès le premier tour
08:39au centre,
08:39voire au centre-droite,
08:40voire à droite
08:41pour faire barrage au RN.
08:42Ça c'est l'hypothèse extrême
08:44Étienne Gérard,
08:45est-ce que vous pensez
08:45que c'est possible
08:46qu'il n'y ait pas de candidat
08:48qui représente
08:48le Parti Socialiste
08:49qui l'entre-tissue ou non ?
08:51Alors qui représente
08:52le Parti Socialiste, non.
08:53Il y aura un candidat
08:54qui sera soit François Hollande,
08:56soit Raphaël Glucksmann,
08:57soit une tierce personne
08:59mais quand même avantage
09:00aux deux premiers.
09:01Aujourd'hui,
09:02la question c'est
09:03dans quelles conditions
09:03et dans quelles conditions
09:04il mènera campagne.
09:06Quand même,
09:06la logique de la Ve République,
09:08c'est, vous l'avez dit,
09:09alors c'est un peu pompeux
09:10la rencontre d'un homme
09:11et du peuple
09:11mais en tout cas,
09:12c'est la vision d'un homme.
09:14Mélenchon,
09:14on connaît sa vision
09:15et la vision de son parti,
09:17elle est alignée
09:18sur sa vision à lui.
09:19On ne lui impose rien.
09:21Le candidat du Parti Socialiste
09:22qui sera soutenu
09:23par le Parti Socialiste,
09:25on lui demandera
09:26à la première interview
09:27s'il est d'accord
09:28avec telle proposition
09:29qui figure dans le projet
09:31des socialistes.
09:32Et là,
09:33il faudra se mettre d'accord.
09:34Est-ce qu'il a le droit
09:35d'avoir son programme à lui,
09:36sa vision à lui
09:37ou est-ce que dans l'accord,
09:39il doit prendre la vision
09:40des socialistes ?
09:41Si c'est ça,
09:42il y a des vrais risques
09:43de cacophonie
09:44et d'échec,
09:45de fiasco au final.
09:46C'est mal parti,
09:47Stéphanie Despierre.
09:49C'est mal parti
09:49et on verra comment
09:50en effet,
09:50ils arrivent à s'aligner.
09:52mais pour l'instant,
09:54c'est extrêmement nébuleux
09:56en dehors de Raphaël Glucksmann.
09:57On sait que par exemple,
09:58Boris Vallaud a cultivé
09:59cette dernière semaine
09:59beaucoup ses liens
10:00avec Raphaël Glucksmann,
10:01avec Yannick Jadot
10:02pour essayer de faire
10:03une sorte de contre-primaire,
10:04faire émerger quelque chose
10:06de ce côté-là
10:06qui pourrait emporter
10:08l'adhésion du Parti Socialiste
10:09même si des militants,
10:11des adhérents,
10:12peut-être que ce sera
10:13plus compliqué,
10:13sans avoir le soutien du Parti.
10:15Mais une campagne présidentielle,
10:16c'est aussi qu'il faut quand même
10:17un peu de soutien de Parti
10:17même si le Parti
10:18n'est pas en très grande forme.
10:19Et il faut bien comprendre
10:21que dans ce décor,
10:22stratégiquement,
10:22en fait,
10:23il y a deux gauches
10:23au sein de cette gauche réformiste,
10:25on va dire.
10:25Il y a ceux qui pensent
10:26que pour que cette gauche
10:27aurait les filles
10:28face à un score
10:29qui pèse au premier tour,
10:31voire soit en capacité
10:32d'atteindre le second tour,
10:33il faut essayer de décrocher
10:34un certain nombre
10:34d'électeurs insoumis,
10:36justement,
10:37à qui ?
10:37À Jean-Luc Mélenchon
10:38aujourd'hui.
10:39Donc ce sont plutôt
10:40les candidats de la gauche,
10:42de cette gauche réformiste,
10:43on va dire,
10:43par exemple les ex-insoumis
10:44ou le cap mis assez à gauche,
10:47on va dire,
10:47par une frange du Parti Socialiste.
10:49Et de l'autre côté,
10:49il y a ceux qui pensent
10:50que ça va se jouer
10:51plutôt au centre-gauche
10:51et qu'il faut essayer
10:52de récupérer les déçus
10:53du macronisme,
10:54des électeurs de centre-gauche
10:55qui avaient pu voter Emmanuel Macron
10:56et qui, aujourd'hui,
10:58seraient prêts à voter socialiste.
10:59Ça, c'est plus, évidemment,
11:00le calcul de Raphaël Glucksmann,
11:01de François Hollande
11:02ou de Bernard Cazeneuve,
11:03par exemple.
11:04Dans un instant,
11:04on va un peu plus à droite
11:06et on parle d'Edouard Philippe
11:08et de sa stratégie pour 2027.
11:09Mais pour l'instant,
11:10il est 9h17
11:11et c'est l'Info en une minute
11:12avec Maureen Sounia.
11:14Une nouvelle réunion
11:15à propos de l'antavirus
11:17sera organisée
11:17cet après-midi
11:18par le Premier ministre.
11:20Ce virus a été détecté
11:21sur un navire de croisière
11:22et a fait trois morts.
11:23On a appris ce matin
11:24qu'une française rapatriée hier
11:26avait été testée positive.
11:28Son état s'est dégradé cette nuit.
11:30Elle se trouve à l'isolement
11:31dans un hôpital parisien.
11:32Les 22 cas contacts identifiés
11:34vont rester à l'hôpital également.
11:36Au moins 15 jours,
11:37annonce la ministre de la Santé,
11:39même s'ils sont testés négatifs.
11:41Les négociations entre l'Iran
11:42et les Etats-Unis
11:43pour mettre fin à la guerre
11:44n'avancent pas.
11:45Les prix de l'énergie
11:46sont toujours très hauts.
11:47En France,
11:48des agriculteurs français
11:49sont mobilisés
11:49contre les prix des carburants.
11:51Ils se trouvent
11:52près de la raffinerie de Fézin
11:53au sud de Lyon.
11:54Ils demandent des aides supplémentaires
11:56de la part du gouvernement.
11:58Le chanteur marocain
11:59Saad Lamjared
12:00comparait à partir d'aujourd'hui
12:01devant la cour d'assises
12:02de Draguignan dans le Var.
12:04Une barmède l'accuse de viol
12:05en 2018
12:06près de Saint-Tropez.
12:08Le chanteur qui est déjà impliqué
12:09dans plusieurs affaires de viol
12:11ou d'agressions sexuelles
12:12ni les faits.
12:13Et puis Météo France
12:14lève les vigilances oranges.
12:15Dans le sud-ouest,
12:16des orages ont éclaté hier
12:18avec de grosses chutes de grêle.
12:23France Info
12:26Les informés
12:27Renaud Dely
12:28Agathe Lambret
12:33Les informés
12:34avec Étienne Girard
12:34directeur adjoint de L'Express
12:36et Stéphanie Despierre
12:37journaliste à LCP.
12:38On passe à notre deuxième débat.
12:40Renaud,
12:41Edouard Philippe
12:42s'avance
12:43et cible particulièrement
12:44Marine Le Pen.
12:45Alors il s'avance
12:45vers sa campagne.
12:46Edouard Philippe,
12:46tout doucement quand même,
12:48moderato,
12:48ce n'est pas le grand ponjon.
12:50Non, non,
12:50c'est plus comme quand on met
12:51un orteil dans la piscine
12:53pour tester la température
12:55de l'eau.
12:55Il n'empêche que c'est donc
12:56une phase nouvelle
12:57de sa campagne,
12:58a-t-il dit hier,
12:59à l'occasion de la réunion
13:00des cadres de son mouvement
13:02Horizon à Reims
13:03avec l'installation
13:04d'une direction collégiale,
13:05l'annonce d'un premier
13:06meeting de campagne,
13:06ce sera début juillet.
13:08Et puis on se souvient
13:09qu'il y a 15 jours,
13:10Marine Le Pen avait ciblé
13:11plus particulièrement
13:12Edouard Philippe
13:12en disant que si elle est candidate,
13:14elle souhaiterait l'affronter
13:15au second tour.
13:16Eh bien Edouard Philippe
13:17lui a rendu en quelque sorte
13:18la maillette de sa pièce hier
13:19en ciblant à son tour
13:21Marine Le Pen
13:22et le Rassemblement National
13:23lors de son discours.
13:25Sur le droit à l'avortement,
13:27Mme Le Pen était contre
13:27et maintenant elle est pour.
13:29Sur les retraites,
13:30c'était le retour à 60 ans,
13:32plus maintenant.
13:32Sur l'OTAN,
13:34c'était le retrait,
13:34plus maintenant.
13:35Pourquoi ?
13:35On ne sait pas.
13:36Notez bien qu'il y a quand même
13:37quelques sujets
13:37sur lesquels le RN ne change pas.
13:39Maréchal Nouveau-là
13:40diffusé à Carpentras,
13:42par erreur,
13:43dit la mairie,
13:44ils avaient le disque
13:44à côté de celui de la Marseillaise,
13:46ils se sont trompés,
13:47c'est ballot.
13:48Il y a le Rassemblement National
13:49Nouvelle Génération
13:50qui fait les yeux doux
13:51au CAC 40
13:52et il y a le RN
13:53canal historique,
13:54si j'ose dire.
13:54Le RN étatiste
13:56qui promet beaucoup
13:56sans rien financer d'ailleurs.
13:58Si j'osais,
13:58je vous dirais volontiers
13:59que le Rassemblement National
14:00c'est un peu le nouveau
14:01en même temps.
14:02Alors le nouveau en même temps,
14:03ce qui n'est pas vraiment
14:04une fleur jetée
14:05au bilan du macronisme
14:06dans la bouche d'Edouard Philippe.
14:08Pour l'histoire de la diffusion
14:09de Maréchal Nouveau-là
14:11par la mairie RN
14:12de Carpentras,
14:13Marine Le Pen hier
14:14s'est dépêchée de répliquer
14:15en dénonçant,
14:16je la cite,
14:16un mensonge et une bassesse.
14:17Elle a diffusé
14:18le communiqué
14:19de la radio associative
14:20de Carpentras
14:21à l'origine de cette erreur
14:23et qui disculpe
14:24le maire RN de la commune.
14:25Il n'empêche
14:25qu'il y a quand même
14:26une enquête
14:26qui a été ouverte
14:27par le parquet de Carpentras
14:29pour provocation à la haine.
14:31Le parquet de Carpentras
14:31qui a d'ailleurs fait savoir
14:32qu'il n'avait pas reçu
14:33à ce stade
14:33d'autres plaintes
14:34et notamment pas de plaintes
14:35du maire en question
14:36qui avait annoncé
14:36vouloir porter plainte.
14:38Bref, on le voit,
14:40Edouard Philippe cible
14:41tout particulièrement
14:42Marine Le Pen
14:42qui le lui rend bien.
14:43Est-ce que finalement
14:44c'est le duel
14:44qui est en train
14:45de se mettre en place
14:45peut-être pour les mois à venir
14:47Edouard Philippe contre le RN
14:48et est-ce que ça arrange
14:49finalement les deux protagonistes ?
14:51Edouard Philippe
14:52qui rentre bien en tête
14:53dans la campagne
14:54contre Marine Le Pen
14:55quitte à reprendre
14:55une information
14:57selon lui
14:57qui a été démentie
14:59tout de suite
14:59par la radio associative.
15:00Alors c'est vrai
15:00qu'il y aura une enquête
15:01donc on verra
15:02mais sans avoir
15:03d'éléments probants
15:04mettant en cause le RN
15:05sur cette histoire
15:07de maréchal.
15:07Nous voilà.
15:08Étienne Gérard
15:09est-ce que c'est
15:09la bonne stratégie
15:10selon vous ?
15:12En tout cas
15:13la façon dont il prend
15:14le sujet RN
15:15est me semble-t-il habile.
15:17Ça plaît à ses électeurs
15:19ça correspond à une crainte
15:20des électeurs
15:21c'est-à-dire de se tourner
15:22vers une aventure économique
15:24et un parti extrême.
15:26En plus
15:26il met le doigt
15:27sur ce qui est vraiment
15:28une ambiguïté majeure
15:31du Rassemblement National
15:32c'est-à-dire
15:33ce non-dit
15:34cet impensé
15:35entre les deux lignes
15:37la ligne Bardella
15:38et la ligne Le Pen
15:39donc sur cet aspect
15:40très bien.
15:41En même temps
15:41vous trouvez
15:42que c'est bien trouvé
15:43justement.
15:43Alors c'est plutôt
15:44bien trouvé
15:46maintenant
15:46c'est une campagne
15:47là il mène un peu
15:48une campagne
15:48d'entre-deux-tours
15:49et donc très bien
15:51sur le volet RN
15:52mais il faudra déjà
15:52se qualifier
15:54et on n'y est pas
15:55c'est-à-dire qu'il va y avoir
15:57une campagne assez longue
15:58où Edouard Philippe
15:59va être incité
16:00à ne pas seulement montrer
16:03qu'il est contre le RN
16:04et mettre en valeur
16:06les non-dits
16:07du programme du RN
16:08mais à montrer
16:09quel est lui
16:10son projet
16:11pour la France
16:11et en quoi il est désirable
16:12pour les Français
16:13c'est ça à mon avis
16:14le risque majeur
16:15pour Edouard Philippe
16:16on sait qu'il est sérieux
16:18il a déjà gouverné
16:19est-ce que les Français
16:21peuvent avoir envie
16:21de passer 5 ans avec lui ?
16:23Pourquoi Edouard Philippe
16:24prend-il autant de temps
16:26Stéphanie ?
16:27Ça fait depuis des mois
16:28qu'il nous a promis
16:28son programme
16:30massif
16:30pourquoi prend-il autant de temps
16:32quand on voit
16:32Gabriel Attal
16:33qui court
16:35Bruno Retailleau
16:35qui court ?
16:36Alors il explique
16:37qu'il estime
16:38qu'après les municipales
16:39et encore maintenant
16:40les Français
16:41ne sont pas prêts
16:42à entendre un programme
16:43qu'ils ne sont pas encore
16:44intéressés par la présidentielle
16:46c'est vrai qu'il prend du retard
16:48si on peut aller comme ça
16:49il y a eu des dissensions
16:50à horizon
16:51certains voulaient absolument
16:52accélérer
16:53il a essayé de calmer
16:54les ardeurs de ses partisans
16:55d'autres disaient
16:55non il a raison
16:56de toute façon
16:57on n'a pas l'oreille des Français
16:58il faut attendre
16:59il faut séquencer
17:00et c'est une course
17:01c'est un marathon
17:02un peu une course d'usure
17:03donc ces partisans se disent
17:06que s'ils sortent trop tôt
17:07des idées
17:07ils risquent de se prendre
17:09une volée de bois vert
17:10plus on met des idées
17:11sur la table
17:11plus on risque d'être contredit
17:12et d'être contredit
17:13sur le fond
17:14et ça ils ne veulent pas
17:14le faire trop tôt
17:15parce qu'ils veulent pouvoir
17:17développer leurs arguments
17:18et ne pas faire baisser
17:21Edouard Philippe
17:21dans les sondages
17:21qui pour l'instant
17:23est plutôt bien placé
17:25Est-ce qu'il a raison
17:26de prendre son temps
17:27Renaud ?
17:28Alors il a
17:28ça on verra dans un an
17:31mais il a un atout
17:33enfin il a deux atouts
17:34et un gros handicap
17:36l'atout c'est son positionnement
17:37c'est-à-dire qu'au sein
17:37du bloc central et de la droite
17:38puisqu'on voit très bien
17:39vous le disiez
17:39Bruno Retailleau
17:40à sa droite
17:40qui renchérit
17:41une proposition musclée
17:42contre le narcotrafic
17:43contre l'immigration
17:44et qui chasse clairement
17:45sur les terres du RN
17:46il a entre guillemets
17:47à sa gauche
17:48Gabriel Attal
17:48qui lui aussi
17:49sort des mesures choc
17:50pour le travail le premier
17:51par exemple
17:51donc son positionnement
17:53entre ces deux concurrents
17:55du bloc central
17:55et de la droite
17:56font que s'il demeure
17:58en tête dans les sondages
17:59son calcul
18:00c'est qu'à un moment ou un autre
18:00il apparaîtra comme le recours légitime
18:02pour faire barrage au RN
18:03et que les deux autres
18:04se rallieront à sa candidature
18:05donc il faut pour ça
18:06qu'il conserve évidemment
18:07son leadership
18:08il avait un grand handicap
18:09qu'il a en grande partie effacé
18:10c'est le bilan du macronisme
18:11c'est-à-dire
18:12il a tellement mis en scène
18:13sa rupture avec Emmanuel Macron
18:15qu'a priori
18:16il essaie même de ressusciter
18:17le souvenir
18:18il l'a fait hier dans son discours
18:19d'un premier mandat
18:20et d'un premier premier ministre
18:22du premier mandat
18:22au cours duquel
18:24il y avait des réformes
18:25des vraies réformes
18:26etc.
18:26comme une nostalgie
18:27justement des années
18:28de 2017 à 2020
18:30mais c'est dingue
18:30parce qu'il se permet
18:31d'attaquer le RN
18:32sur le en même temps
18:33c'est-à-dire
18:34un des points faibles
18:35du macronisme
18:36qu'il a incarné lui-même
18:36parce qu'en fait
18:37il essaye de se poser
18:39comme la succession
18:41de l'alternative
18:41à l'affiche
18:42qu'on a déjà vue
18:43les deux dernières fois
18:43en 2022 et 2017
18:45c'est-à-dire Macron-Le Pen
18:46Macron-Le Pen sont
18:48j'interprète
18:48mais ce que veut dire
18:50le sens de ce que veut dire
18:51Edward Philippe
18:51sont dans le même bateau
18:52c'est le passé
18:53voilà
18:53ce sont les deux affiches
18:55que vous avez déjà eues
18:56donc c'est les deux versions
18:57du en même temps
18:58voilà on passe à autre chose
18:59et lui il rappelle
19:00d'ailleurs il a toujours dit
19:01qu'il était de droite
19:01il n'est pas ni droite
19:02ni gauche
19:03Edward Philippe
19:03son handicap
19:04je rejoins Étienne Girard
19:05c'est qu'il faut
19:06qu'il donne envie
19:06jusqu'à présent
19:07c'est plutôt le sang
19:08et les larmes
19:08il a essayé aussi hier
19:10de dire que voilà
19:11il fallait susciter
19:12un espoir
19:13il faut qu'il donne envie
19:14pas simplement
19:14qu'il annonce
19:15des potions
19:17extrêmement douloureuses
19:18un dernier point
19:19je trouve que
19:20le problème
19:21de ce face-à-face
19:23Edward Philippe
19:24Marine Le Pen
19:25qui se met un peu en scène
19:26ces derniers jours
19:27c'est quand même pour Jordan Bardella
19:28je pense que c'est un vrai souci
19:29pour lui
19:30parce que si Edward Philippe
19:30fait ça
19:31c'est aussi pour éviter
19:32qu'un certain nombre
19:33d'électeurs de droite
19:33peut-être soient tentés
19:35par le RN
19:36lors de la prise ancienne
19:37donc il rappelle
19:37qu'il est de droite
19:38et que Marine Le Pen
19:40et le RN
19:40c'est aussi un parti étatiste
19:41etc
19:42on l'a entendu
19:43mais de son côté
19:44Jordan Bardella
19:45lui essaye de récupérer
19:46la droite
19:46mais très clairement
19:46Marine Le Pen
19:47c'est pas la stratégie
19:48à laquelle elle adhère
19:49elle est toujours
19:49dans l'idée
19:50d'un RN
19:52ni de droite ni de gauche
19:53qui chasse plutôt
19:54vers les classes populaires
19:55donc on voit bien
19:55que je pense qu'il y a
19:56vraiment un coin
19:57entre deux stratégies
19:58au RN
19:59y compris dans la perspective
20:00de la présidentielle
20:01Edouard Philippe
20:02c'est assez habile
20:02appui sur cette faille-là
20:04au centre du RN
20:05en ce moment
20:05quand Gabriel Attal
20:07Étienne
20:07il appuie sur le point faible
20:08de Philippe
20:09c'est la question de l'envie
20:11et Gabriel Attal
20:13il pense que lui
20:13il pourra réussir
20:14à donner plus envie
20:15c'est ça ?
20:15Disons que c'est là
20:16où il a peut-être
20:17aujourd'hui plus de potentiel
20:18par rapport à Edouard Philippe
20:20tout ça reste très théorique
20:21et pour l'instant
20:22dans les sondages
20:23c'est Edouard Philippe
20:25qui est un peu
20:25la valeur refuge
20:26face au RN
20:27y compris au premier tour
20:29mais reste un an
20:30Vous avez la parole
20:32Étienne Gérard
20:33vous la gardez
20:33pour nous donner
20:34la une de l'express ?
20:35Oui
20:35notre numéro double
20:37Juliette Funès
20:38une philosophe
20:38contre les conformismes
20:40et une enquête
20:40que je vous invite
20:41à aller suivre
20:41sur la succession
20:42du roi du Maroc
20:43Merci Étienne
20:44merci Stéphanie Despierres
20:46journaliste à LCP
20:47merci Renaud
20:48Merci Gaët
20:48Les informés reviennent
20:49ce soir à 20h
20:50avec Victor Maté
20:51Sous-titrage Société Radio-Canada
20:55Sous-titrage Société Radio-Canada
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