Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 13 heures

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:01Générique
00:05Bienvenue dans les informés, c'est parti pour une demi-heure de décryptage de l'actualité.
00:09Bonjour Rodélie.
00:09Bonjour Agathe.
00:10Une rallonge de 36 milliards d'euros pour le budget de la défense
00:13et un budget des armées presque doublé depuis 2017.
00:18Pour autant, est-ce à la hauteur des enjeux ?
00:20La France est-elle en train de basculer dans une économie de guerre ?
00:25Ou en est-on très loin ?
00:26Et puis, Emmanuel Macron abuse-t-il de son pouvoir de nomination ?
00:30Ce sont les deux sujets au sommaire des informés.
00:34Et pour nous éclairer, notre équipe ce matin, Stéphanie Despierre, journaliste à LCP.
00:37Bonjour Stéphanie.
00:38Bonjour.
00:38Et Henri Vernet, éditorialiste à France 24, Radio-Orient et France Info TV.
00:42Bonjour Henri.
00:43Bonjour.
00:44On commence donc, Renaud, avec cette rallonge pour nos défenses militaires.
00:48Pour quoi faire ?
00:49Et oui, voilà, donc du rab, du rab pour nos armées,
00:52comme on disait quand on était au service à la Cantoche.
00:54L'Assemblée qui a donc adopté hier, en première lecture, un texte qui prévoit,
00:57vous le disiez, 36 milliards d'euros supplémentaires pour les armées d'ici à 2030.
01:02Un texte qui complète donc la loi de programmation militaire votée il y a deux ans déjà,
01:06dans un contexte qui était déjà celui de la guerre en Ukraine.
01:08S'il ajoute aujourd'hui, bien sûr, le conflit au Moyen-Orient.
01:13La loi de programmation militaire prévoyait déjà 410 milliards d'euros de dépenses
01:16pour la période 2024-2030.
01:18Vous le disiez, un effort qui a doublé depuis qu'Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir en 2017.
01:23Hier, le Bloc central, LR et le Parti socialiste ont voté pour,
01:27alors que le...
01:29Et le RN ont voté pour, pardon,
01:31alors que la France insoumise et les écologistes ont voté contre cette rallonge.
01:35Quels sont les enseignements de ce texte ?
01:38Pourquoi est-il utile, selon la ministre des Armées,
01:42au regard, justement, du contexte actuel ?
01:44Voici ce qu'on disait il y a quelques minutes sur ce plateau.
01:45Votre invitée, Catherine Vautrin.
01:48Pour gagner une guerre, il faut l'avoir anticipée.
01:50Pour l'avoir anticipée, il faut l'avoir prévue.
01:52Ce que l'on voit, c'est que non seulement le monde a changé,
01:55mais si nous prenons les retours d'expérience de l'Ukraine,
01:57les retours d'expérience de 71 jours maintenant au Proche et Moyen-Orient,
02:01nous voyons que nous avons besoin, par exemple,
02:04de beaucoup travailler sur la défense de notre ciel.
02:07Et cette rallonge budgétaire concerne d'ailleurs notamment les drones,
02:11mais aussi les munitions et d'autres éléments.
02:13Alors, est-ce que ça participe cet effort de crédit militaire
02:18d'une forme de basculement de la France dans une économie de guerre ?
02:21Jusqu'où la France peut-elle avoir les moyens dans le contexte difficile
02:25des finances publiques qu'on connaît, justement, pour financer cet effort ?
02:28Et puis, est-ce que ça va profiter à l'industrie de défense française
02:32où en sont les coopérations internationales,
02:34notamment avec notre voisin allemand ?
02:36Henri Vernet, vous connaissez bien les questions de défense,
02:38et puis les militaires aussi.
02:39Vous avez suivi le président, dans quatre coins du monde,
02:43dans différentes bases militaires.
02:45Comment il est perçu par les armées, ce budget ?
02:47Et est-ce qu'il est vraiment à la hauteur des enjeux ?
02:50Est-ce que ça va changer quelque chose ?
02:52En tout cas, clairement, ce n'est pas une économie de guerre.
02:54Ça, non.
02:55Et d'ailleurs, j'entendais que la ministre, tout à l'heure, votre micro écartait un petit peu ça.
02:59En même temps, c'était assez ironique,
03:01parce que finalement, celui qui a dit ça,
03:03le premier économie de guerre, c'était Emmanuel Macron,
03:05qui l'a dit à plusieurs reprises,
03:06rappelez-vous, c'était dans la foulée de l'invasion de l'Ukraine,
03:08ça a été repris, y compris au niveau européen,
03:10notamment par Thierry Breton, quand il était commissaire
03:12et qu'il était chargé de mettre en œuvre cette économie de guerre,
03:15entre guillemets, en France, comme chez les partenaires européens.
03:17Et en réalité, on en est très, très loin.
03:19Alors, en revanche, ce qui est vrai, c'est que c'est un effort considérable, inédit,
03:25sous cette République où, je parle de la cinquième,
03:27où régulièrement le budget de la défense est la variable d'ajustement,
03:31c'est-à-dire c'est là où on enlève des crédits,
03:34ça a été comme ça pendant des décennies,
03:36pour s'ajuster aux urgences du moment.
03:38Et là, il faut bien reconnaître que depuis le mandat Macron,
03:41et c'est pour ça qu'il est plutôt bien perçu par les militaires,
03:44je réponds là à votre première question,
03:46c'est vrai que les militaires, le monde militaire de manière générale,
03:49voit en Emmanuel Macron quelqu'un qui vraiment, en effet,
03:52a augmenté leur crédit, les a écoutés.
03:54Et donc, en effet, cette rallonge budgétaire,
03:58déjà la loi de programmation elle-même, initiale, la LPM,
04:01donc 2024-2030, elle était déjà d'une ampleur,
04:05elle n'est jamais vue depuis la fin de la guerre froide, en gros.
04:09Donc, c'est vrai que cet effort-là se poursuit,
04:11mais en réalité, il ne fait que s'adapter.
04:13C'est-à-dire que quand on voit qu'une grosse partie,
04:16en gros 8 milliards de la rallonge qui vient d'être votée,
04:21est attribuée aux munitions,
04:23c'est-à-dire à une mise à niveau de tout ce qui est obus,
04:25roquettes, etc., les munitions sont au sens large,
04:27y compris les missiles de base, j'allais dire.
04:29– Ce n'est pas un budget qui transforme l'armée ?
04:31– Non, il ne transforme pas l'armée,
04:32mais d'ailleurs, justement, dans ce budget,
04:34il est bien précisé que le format de l'armée française
04:38ne change pas, c'est-à-dire que le nombre de bâtiments,
04:41de navires de guerre restera quasiment le même,
04:44en gros, 90, celui des chasseurs rafales également.
04:48Donc, le volume ne change pas.
04:50L'idée, c'est de l'adapter, de la moderniser,
04:52d'adapter notamment la défense.
04:54En gros, l'objectif, c'est quoi ?
04:55C'est de rendre une armée qui soit apte à résister à ce que,
04:59enfin, non pas à résister, mais même à participer à un conflit
05:02avec la Russie sur le sol européen,
05:04non pas le sol français, mais le sol européen.
05:06Rappelez-vous, c'était l'annonce, il y a quelques mois,
05:09du chef d'état-major des armées, le général Mandon.
05:11– Un budget de 63,3 milliards par an,
05:15c'est la somme qu'il va atteindre,
05:18alors que l'idéal, selon le Premier ministre lui-même,
05:20Sébastien Lecornu, ce serait 100 milliards, Stéphanie Despierre.
05:24Le gouvernement a fait ce qu'il a pu,
05:26avec les moyens qu'il n'a plus ?
05:28– C'est exactement ça, parce qu'évidemment,
05:30ils sont sur l'accord de reine,
05:32il faut augmenter les moyens de la défense,
05:33mais la dette est à 3 500 milliards d'euros,
05:36donc si on augmente le budget de la défense,
05:39il va falloir faire des économies ailleurs.
05:41Le Haut Conseil des Finances Publiques l'a clairement dit,
05:42dans son avis sur la loi de programmation militaire,
05:46si on veut respecter les critères européens,
05:48il va falloir faire des économies.
05:50Donc toute la question, c'est comment on va financer ?
05:52– Et il disait, le Haut Conseil des Finances Publiques,
05:53que ce budget des armées risquait de dégrader encore plus
05:56la sélection budgétaire de l'armée.
05:58– Exactement, et que ce budget des armées
05:59n'était pas envisageable s'il n'y avait pas à côté
06:02une réduction des dépenses publiques,
06:04là on ne serait plus dans les clous européens.
06:06Donc la question, c'est comment on finance ?
06:08Emmanuel Macron et le gouvernement ont dit,
06:10on ne financera pas par la dette.
06:11Quand il a annoncé le 14 juillet,
06:13le président de la République a insisté
06:14sur cet effort historique, crédible,
06:16que c'était juste ce qu'il fallait,
06:18mais vraiment ce qu'il fallait.
06:19Mais la question, c'est de savoir comment on finance.
06:21Et pour l'instant, on met l'argent,
06:23mais où est-ce qu'on l'enlève ?
06:24Ça, c'est des craintes notamment de la gauche
06:26qui disent que peut-être on va encore tailler
06:28dans les services publics, dans l'école,
06:30dans la santé.
06:32Et puis l'autre question qui se pose aussi,
06:33c'est en termes de production,
06:36il y a des commandes.
06:37Le gouvernement dit, ça participe
06:39à la bonne santé de l'économie,
06:40ça relance l'économie.
06:41Mais les entreprises de défense,
06:43une partie d'entre elles ont du mal à recruter
06:44et auront peut-être du mal à suivre
06:46en termes de production.
06:47Renan ?
06:48Pour ce qui est de la production,
06:49il y a aussi un problème qui continue
06:50de se poser à l'échelle européenne,
06:51c'est qu'un certain nombre de nos partenaires
06:53continuent d'acheter, par exemple,
06:54des avions américains.
06:56Ce qui, évidemment, contredit,
07:00contrevient à une espèce de préférence européenne,
07:02normalement, qui devrait être celle des membres
07:04de l'Union européenne,
07:04au regard de l'effort de défense commun.
07:06D'ailleurs, puisqu'on voit aussi
07:07que nos partenaires, nos voisins,
07:09font des efforts budgétaires
07:10pour renforcer leur défense,
07:11à commencer par les Allemands,
07:13de façon spectaculaire.
07:14Donc, il y a un certain nombre d'inconnus.
07:16C'est-à-dire, est-ce que l'industrie militaire française,
07:19la production, va suivre d'une part,
07:20mais est-ce qu'il y a aussi une forme
07:22de préférence européenne
07:23qui va jouer jusqu'où, jusqu'à quel point ?
07:26Il y a, par exemple, toujours en filigrane,
07:27le fameux projet d'avion franco-allemand
07:29qu'Emmanuel Macron s'acharne,
07:31malgré le retard incommensurable de ce projet,
07:34à ne pas vouloir enterrer,
07:35quand on voit bien que nos voisins amis
07:38et partenaires allemands
07:39ont l'air pour le moins peu enthousiastes.
07:41On sait très bien, on a le sentiment
07:42que ce projet ne verra pas le jour.
07:44Donc, il y a un certain nombre de...
07:47J'allais dire d'illusions, c'est un peu dur,
07:48mais en tout cas d'habillage de ces annonces
07:51qui, au-delà simplement du niveau,
07:53doivent se traduire concrètement
07:55par une vraie défense européenne,
07:56une vraie coopération plus poussée.
07:58Et pour l'instant, on n'en est pas encore là.
08:00Henri Vernet ?
08:01Alors, c'est vrai que la défense européenne,
08:03il ne faut pas non plus trop s'illusionner dessus,
08:05parce qu'il y a quand même des réalités.
08:06Tout simplement, à raison,
08:07vous citez les achats d'avions américains,
08:09les F-35 plutôt que des Rafales,
08:11même si cet avion-là a fait une percée étonnante en Europe
08:14avec la Grèce, avec quelques autres.
08:16Mais tout simplement, la plupart des partenaires,
08:19malgré l'invasion de l'Ukraine
08:20et donc le danger russe, Poutine, qui est bien là,
08:23malgré le retrait américain qui se précise de jour en jour,
08:26et quand je dis le retrait,
08:27peut-être que demain,
08:27ce sera carrément même l'hostilité.
08:29Malgré tout ça, la plupart de nos partenaires,
08:31Allemagne en tête,
08:32restent quand même sous perfusion américaine.
08:34Et si on prend l'exemple des avions,
08:35c'est intéressant,
08:36parce que tout simplement,
08:37il ne faut pas oublier que ces avions-là,
08:39ils portent des bombes américaines.
08:40Alors certes, des bombes antédiluviennes,
08:42dont on ne sait même pas,
08:43c'est-à-dire vraiment,
08:44je parle de bombes nucléaires,
08:44bien évidemment,
08:45la défense avancée.
08:47Jamais les Américains n'accepteront
08:49que des partenaires comme les Allemands,
08:50enfin, ou d'autres Européens,
08:51mettent des bombes américaines
08:52sous des ailes françaises,
08:53enfin, de fabrication française.
08:55Ce sont des choses techniques,
08:56mais ça montre que ça met des dizaines d'années.
08:58– On ne peut pas s'inquiéter aussi, parfois.
08:58– Bien sûr,
08:59que ça met des dizaines d'années
09:00à changer cela.
09:01Néanmoins, il faut quand même bien reconnaître
09:02que l'intégration des différentes défenses
09:06et des industries de défense,
09:07non pas l'intégration,
09:07mais la coordination,
09:08elle a quand même bien avancé.
09:11Donc depuis ces deux événements,
09:12Poutine d'un côté,
09:13Trump de l'autre.
09:14– Et le nouvel avion franco-allemand,
09:15alors, il y en a ?
09:16– Alors ça, on voit bien,
09:18franchement,
09:18on est en droit d'en douter,
09:20on voit bien que…
09:21– Il ne verra jamais le jour ?
09:22Mais pourquoi ça coince à ce point ?
09:23– Non, ce serait le tour de dire
09:23qu'il ne verra jamais le jour,
09:24mais c'est quand même vraiment
09:25très, très difficile.
09:26– Mais pourquoi c'est si compliqué ?
09:27– Alors, parce qu'en fait,
09:29quand vous faites un avion ensemble,
09:30enfin, quel que soit le matériel militaire,
09:31il faut vraiment que ce soit en commun.
09:33Là, c'est vrai qu'il y a un des partenaires,
09:35qui est le partenaire industriel,
09:36parce que c'est d'abord une bataille industrielle
09:38avant d'être politique,
09:39qui est Dassault.
09:41Dassault, il faut bien,
09:41on peut dire ce qu'on veut,
09:42c'est quand même le numéro un de très loin
09:44en construction aéronautique en Allemagne,
09:46en Europe.
09:47Il y a aussi les Suédois,
09:48il y en a d'autres, bien sûr,
09:49mais quand même,
09:50ils ont cette avance-là.
09:51Et donc, ils ont un mal de chien
09:52entre industriels allemands,
09:54industriels français.
09:55Alors, il y a les Espagnols aussi
09:56qui rentrent dans le jeu,
09:57éventuellement les Belges,
09:58tout ça est évolutif.
09:59Mais pour l'instant,
10:00c'est vrai qu'il y a un partage industriel
10:02qui ne se fait décidément pas.
10:04Par ailleurs, en Allemagne,
10:06le poids du Parlement
10:07dans la chose militaire
10:10est prépondérant,
10:11il est très important.
10:13Et donc, évidemment,
10:13ça veut dire que ça précise les processus,
10:16ça les ralentit.
10:17Il n'y a pas un seul décisionnaire
10:19comme en France.
10:20D'ailleurs, quand on voit le débat,
10:22aujourd'hui, on parle des 36 milliards.
10:24À raison, vous avez souligné
10:25à quel point c'est un problème budgétaire.
10:28On verra bien d'ailleurs
10:28comment tout cela résistera ou non
10:31aux changements présidentiels
10:33forcément à venir.
10:35Simplement, la décision
10:37en matière militaire en France
10:39est beaucoup plus pyramidale
10:40que dans d'autres pays.
10:41et ça, ça joue aussi.
10:42Dernier petit point,
10:43une des pistes,
10:44c'est vrai que ce serait soit
10:44augmentation d'impôts,
10:45soit taillée dans d'autres dépenses,
10:48soit, et ça,
10:48c'est un vieux combat de la France,
10:50sortir un peu, vous savez,
10:51des critères de Massé.
10:52Oui, mais ça,
10:53la France se demande
10:54depuis très longtemps
10:55avec les dépenses militaires,
10:56par exemple,
10:56du temps des interventions
10:58au Sahel ou autres,
10:59en disant,
10:59oui, mais la France,
10:59elle défend contre les terrorismes
11:00en Europe,
11:01donc il faut sortir ça.
11:02Aujourd'hui,
11:03l'exemple même
11:03du déploiement
11:04du Charles de Gaulle
11:05montre que,
11:06ça pourrait être une astuce
11:07pour ne pas sortir des clous
11:08parce qu'on est déjà
11:09sous procédure.
11:10Le problème,
11:10c'est qu'on est déjà
11:11largement sorti des clous.
11:12C'est-à-dire que
11:12cette demande de la France
11:13de la zone,
11:13le rappelait Henri Vernet,
11:14c'est une demande
11:15de longue date
11:16qui peut se comprendre
11:17d'ailleurs au regard
11:18de l'importance
11:18de la France
11:19dans la défense européenne,
11:20y compris d'ailleurs
11:20parce que la France
11:21est aujourd'hui
11:21le dernier membre
11:23de l'Union européenne
11:24à disposer
11:24de la dissuasion nucléaire.
11:26Donc,
11:26on connaît
11:27tout cet argumentaire,
11:28sanctuariser en quelque sorte
11:29les dépenses militaires,
11:30les sortir justement
11:31des fameux critères
11:32de Maastricht,
11:32sauf que de toute façon,
11:33ça ne change rien
11:34au fait qu'on est déjà,
11:35la France est déjà
11:35surendettée
11:36et est déjà
11:37sous une procédure
11:38liée au dépassement
11:39de très longue date
11:40et de façon de plus en plus
11:41aggravée des fameux critères.
11:42Donc,
11:43c'est une façon,
11:44entre guillemets,
11:44passez-moi l'expression
11:45d'habiller la misère
11:47sur le plan budgétaire.
11:47Et sur le financement,
11:49Henri Vernet le disait,
11:50on a une loi de programmation
11:51militaire
11:51qui est une cible,
11:52un objectif,
11:53mais rien n'empêche
11:53qu'à chaque budget,
11:54chaque année,
11:55elle soit remise en cause
11:56s'il y a un changement
11:57de majorité.
11:58Donc,
11:58c'est une cible.
11:59Ce n'est pas sanctuarisé
11:59jusqu'en 2030.
12:00Ce n'est pas totalement
12:01sanctuarisé jusqu'en 2030.
12:03C'est ça qui est un peu particulier
12:04dans ces lois de programmation
12:05budgétaire,
12:05c'est qu'elles donnent
12:06un horizon,
12:08un avenir,
12:08mais qu'en fait,
12:09rien n'empêche
12:10qu'elle soit complètement
12:11remise en cause
12:11et on a en effet
12:12peu de marge de manœuvre.
12:13Je vous rappelle
12:13que le gouvernement
12:14a gelé 6 milliards d'euros
12:16de crédit cette année
12:17vu l'état déplorable
12:18des finances publiques.
12:21Et Sébastien Cornu,
12:22ce point,
12:22et c'est pour ça d'ailleurs
12:23qu'Emmanuel Macron
12:24qui aime bien laisser sa trace,
12:25en plus il aime bien l'armée,
12:27il l'a montré,
12:27souvent il était en uniforme,
12:29il faisait un peu joujou
12:30avec ça ces premières années.
12:31C'est pour ça
12:32qu'il a sanctuarisé,
12:33en tout cas tenté
12:33de sanctuariser
12:34le futur porte-avions,
12:35le France libre,
12:36en l'annonçant très officiellement
12:38lors de son dernier Noël
12:39avec les troupes.
12:39C'était à Abu Dhabi,
12:41à Noël,
12:41c'était vraiment une façon
12:42d'essayer de marquer son terrain,
12:45qu'on ne revienne pas
12:46sur ce projet de remplacement
12:47du Charles de Gaulle
12:48qui malgré tout
12:49faisait débat au sein des armées.
12:50Une façon de boucler la boucle
12:51en quelque sorte,
12:51puisqu'on se souvient
12:52que son premier mandat
12:53avait commencé
12:53avec son affrontement
12:54avec le chef d'état-major
12:55des armées,
12:56le général de Villiers,
12:58lequel Emmanuel Macron
12:58avait rappelé sur un ton
13:00assez véhément
13:01que c'était lui le chef.
13:02Qui c'est le chef ?
13:02C'est moi qui commande.
13:03On peut dire que ça se termine
13:04beaucoup mieux avec les armées
13:04que ça n'avait commencé, Renan ?
13:06C'est peut-être lié en tout cas
13:08à cet effort budgétaire
13:09qu'on évoquait à l'instant,
13:10mais c'est lié aussi
13:11à l'évolution évidemment géopolitique.
13:13C'est-à-dire que dix ans après,
13:15on a aujourd'hui
13:15un certain nombre de conflits,
13:16à commencer par un conflit
13:17en Europe qui dure,
13:20qui a contraint la France
13:22d'ailleurs à changer de pied
13:24sur le plan budgétaire,
13:25sur le plan stratégique,
13:26au regard de ce qui était
13:28l'évolution de nos armées
13:29avant l'élection
13:30d'Emmanuel Macron.
13:31Et puis, évidemment,
13:32ça a contribué à renforcer
13:34le poids de la nécessité
13:35de cet effort de défense
13:36dans le contexte qu'on connaît.
13:37En dernier mot,
13:38Stéphanie Despierre,
13:39on parlait d'argent,
13:39il y a le budget des armées
13:41qui est réhaussé,
13:41il y a aussi le coût de la guerre,
13:43le coût du déploiement
13:44du Charles de Gaulle,
13:45de nos forces
13:46dans la région du Golfe.
13:47Est-ce qu'on a une idée
13:48de ce que ça représente ?
13:50Roland Lescure avait parlé
13:51d'un milliard d'euros supplémentaires
13:52depuis début janvier.
13:54Catherine Vautrin
13:54n'a pas répondu précisément
13:56sur le coût du déploiement
13:57du Charles de Gaulle.
13:58On n'a pas de données ?
13:59C'est difficile à dire.
14:00Après, ce qui est sûr,
14:01c'est que plus ça dure,
14:02plus ça coûte cher.
14:04Il va falloir voir aussi
14:04comment les Européens
14:05qui, on l'a dit,
14:06on est les seuls
14:07à pouvoir envoyer un porte-avions,
14:08mais comment on est aidé
14:09ou comment l'Union Européenne
14:11peut être un peu plus tolérante
14:13sur les cordons de la Bourse
14:14pour pouvoir aider la France
14:17à jouer ce rôle
14:18un peu d'avant-poste
14:20en termes militaires européens.
14:21Une mission compliquée,
14:22vous le disiez, coûteuse,
14:23et puis d'autant plus compliquée
14:24qu'on a entendu
14:24les milieux des armées
14:25tout à l'heure,
14:25à 421,
14:26dire que l'objectif de la France,
14:27qui est une stratégie de défense,
14:28il ne s'agit pas du tout
14:29d'être à l'offensive,
14:30mais c'est de déconflictualiser.
14:31C'est l'expression
14:32qu'elle a utilisée.
14:33Donc de déconflictualiser,
14:34c'est-à-dire
14:34d'amener les belligérants,
14:35en l'occurrence
14:36les Etats-Unis et l'Iran,
14:37à se parler
14:38et à se parler
14:39sur un ton apaisé.
14:40Vous mesurez quand même
14:41l'ampleur de cette mission.
14:44On la mesure
14:45et on en reparlera
14:46dans les informés,
14:47mais dans un instant,
14:47on va parler
14:49d'un autre pouvoir du président,
14:50le pouvoir de nomination.
14:52Est-ce qu'Emmanuel Macron
14:53en abuse
14:54ou finalement,
14:54est-ce qu'il fait
14:55comme tous ses prédécesseurs
14:56avant lui ?
14:56Mais pour l'instant,
14:57il est 9h21
14:58et c'est l'info
14:59en une minute
15:00avec Laura Dulieu.
15:02Les trois concerts au Québec
15:04en décembre
15:04de Patrick Bruel
15:05annulés
15:06alors que les plaintes
15:07pour violences sexuelles
15:08s'accumulent
15:08contre le chanteur.
15:09Au moins 9
15:10ont été déposées
15:11quant à son concert
15:12au Zénith de Paris
15:13en octobre prochain.
15:14Le maire de Paris,
15:15Emmanuel Grégoire,
15:16ne demandera pas
15:17son annulation.
15:18C'est à Patrick Bruel
15:19lui-même d'annuler,
15:20selon lui.
15:21Au Liban,
15:22Israël a tué encore
15:2319 personnes,
15:24dont plusieurs enfants
15:24dans le sud du pays.
15:26Hier, malgré le cessez-le-feu
15:27décrété mi-avril,
15:28de son côté,
15:29le Hezbollah évoque
15:30des affrontements
15:30avec l'armée israélienne
15:32toujours dans le sud Liban.
15:34Édouard Philippe
15:34promet de répondre
15:35à toutes les questions
15:36de la justice
15:37après l'ouverture
15:38d'une information judiciaire
15:39à son encontre.
15:39Un juge d'instruction
15:41va enquêter
15:41sur des soupçons
15:42de détournement
15:43de fonds publics,
15:44favoritisme
15:44ou encore prise illégale
15:45d'intérêt au Havre,
15:46ville dont Édouard Philippe
15:48est le maire.
15:49À Toulon,
15:49une femme et deux enfants
15:51sont morts
15:51après une chute
15:52du 13e étage
15:54d'un immeuble.
15:54Le pronostic vital
15:55d'un troisième enfant
15:57est aussi engagé.
15:58On ignore à ce stade
15:59les circonstances du drame.
16:03France Info
16:06Les informés
16:07Renaud Delis
16:08Agathe Lambret
16:13Les informés
16:13avec Henri Verney
16:14éditorialiste à France 24
16:15Radio-Orient
16:16et France Info TV
16:17Stéphanie Despierre
16:18journaliste à LCP
16:20Renaud un ex-bras droit
16:22du président
16:23probablement fléché
16:24vers la Banque de France
16:25et ça crée des remous.
16:27En tout cas auditionné
16:28à l'occasion
16:28d'un grand oral à Auris
16:29il s'agit donc
16:30d'Emmanuel Moulin
16:31qui était encore
16:31il y a trois semaines
16:33secrétaire général
16:34de l'Elysée
16:35après avoir été
16:36notamment directeur
16:37de cabinet de Bruno Le Maire
16:38à Bercy
16:38au ministère de l'Économie
16:39et des Finances
16:39ou directeur de cabinet
16:40de Gabriel Attal
16:41à Matignon
16:42auditionné ce matin
16:43donc par les commissions
16:44des finances
16:45des deux assemblées
16:45le Sénat d'abord
16:46puis l'Assemblée nationale
16:47pour décrocher le poste
16:48de gouverneur de la Banque de France
16:50qui a été vacant
16:52donc depuis
16:53il s'agit de remplacer
16:54François Villedroit
16:55de Gallo
16:56auditionné ce matin
16:57par les 121 membres
16:58de ces deux commissions parlementaires
17:00si jamais
17:00les deux tiers
17:01des votants
17:02de ces parlementaires
17:04s'y opposent
17:04sa candidature
17:05serait rejetée
17:06et voilà qu'après
17:07la France Insoumise
17:08et le Rassemblement National
17:10les députés socialistes
17:11ont fait savoir hier
17:12qu'ils voteraient aussi
17:13contre cette nomination
17:14voici ce qu'en disait hier
17:15Arthur Delaporte
17:16le député socialiste
17:18de Calvados
17:19qui remet en cause
17:20l'indépendance
17:21que n'incarnerait pas
17:22à ses yeux
17:23Emmanuel Moulin
17:25Comment peut-on
17:26être à la fois
17:27directeur de cabinet
17:29du ministère de l'économie
17:30secrétaire général
17:31adjoint de l'Elysée
17:32et demain
17:34responsable
17:35de l'indépendance
17:36de la Banque de France
17:37c'est évidemment
17:38une première historique
17:39ça serait une erreur
17:40et ça s'inscrit malheureusement
17:41dans une série de nominations
17:42qui ont posé problème
17:43on peut penser par exemple
17:44à Richard Ferrand
17:45au Conseil constitutionnel
17:46ou à Mélie de Montchalin
17:47à la Cour des Comptes
17:48Et voilà peut-être
17:49le vrai problème
17:50en tout cas ce qui risque
17:51de causer du souci
17:51à la candidature
17:52d'Emmanuel Moulin
17:52les nombreuses nominations
17:54d'Emmanuel Macron
17:55depuis quelques mois
17:56Arthur Delaporte rappelait
17:57Richard Ferrand
17:58au Conseil constitutionnel
17:59à Mélie de Montchalin
17:59à la Cour des Comptes
18:00et il y en a bien d'autres
18:01est-ce qu'Emmanuel Macron
18:02abuse de ce pouvoir
18:03de nomination en fin de mandat
18:04si oui pourquoi
18:05est-ce qu'il prépare
18:06en quelque sorte
18:07le paysage politique
18:08d'après sa succession
18:09ou est-ce que finalement
18:10il agit comme l'ont fait
18:11tous ses prédécesseurs
18:12Stéphanie Despierre
18:13vous qui connaissez parfaitement
18:14les équilibres à l'Assemblée
18:16on a entendu les socialistes
18:17qui étaient plutôt conciliants
18:19avec le gouvernement
18:19ces derniers mois
18:21est-ce que la nomination
18:22d'Emmanuel Moulin
18:23est en péril ?
18:25Alors du côté de l'Assemblée
18:26ça s'annonce très serré
18:27et très compliqué
18:27parce que le Rassemblement National
18:29a dit qu'il voterait
18:30contre cette nomination également
18:32donc la balance
18:34pourrait pencher
18:35en faveur des 3 cinquièmes
18:37contre la nomination
18:38mais il y a aussi le Sénat
18:39et là ça s'annonce
18:40un peu mieux
18:41en théorie
18:41la droite et le centre
18:43qui ont la majorité au Sénat
18:44notamment dans la commission des finances
18:46devraient avaliser
18:47la nomination
18:47d'Emmanuel Moulin
18:48donc d'après nos calculs
18:50ça passe
18:50mais grâce au Sénat
18:52et pas grâce aux députés
18:53parce que
18:54Renaud l'a dit
18:55la gauche
18:56est fortement crispée
18:58jusqu'aux socialistes
18:58face à cette nomination
19:00du côté du RN
19:01ça passe pas non plus
19:02le RN insiste plutôt
19:02sur la compétence
19:04ils estiment qu'Emmanuel Moulin
19:05secrétaire général de l'Elysée
19:06directeur du Trésor
19:07directeur de cabinet
19:08est responsable
19:09d'une partie
19:10des déficits
19:11après la contestation
19:12des nominations
19:13est vieille
19:13comme la Ve République
19:14c'est un pouvoir
19:15assez fort
19:16du Président de la République
19:17c'est la Constitution
19:18qui veut ça
19:19la différence en effet
19:20c'est qu'il y a une accumulation
19:21Amélie de Montchalin
19:22Richard Ferrand
19:23alors je rappelle
19:23qu'il y a des processus
19:24de domination différents
19:25c'est-à-dire qu'Amélie de Montchalin
19:26il n'y avait pas besoin
19:27de l'aval du Parlement
19:28Richard Ferrand
19:29il y avait besoin
19:30de l'aval du Parlement
19:30donc Richard Ferrand
19:31conseil constitutionnel
19:32Amélie de Montchalin
19:33à la Cour des comptes
19:34c'est des procédures
19:34un petit peu différentes
19:35et Richard Ferrand
19:36qui est très proche
19:37d'Emmanuel Macron
19:38avait été validé
19:39à une voix près
19:40à l'Assemblée
19:40Est-ce que
19:41Emmanuel Macron
19:42parce que c'est ça
19:42la question
19:42Henri Vernier
19:43est-ce qu'il abuse
19:44de ce pouvoir
19:44de nomination
19:45ou rien de neuf
19:46sous le soleil ?
19:47Alors rien de neuf
19:48dans la mesure
19:48de notre monarchie républicaine
19:50c'est vrai que ça
19:51a toujours marché comme ça
19:52vous savez
19:53en fait dans un monde
19:54qui se complexifie
19:55où la marge de manœuvre
19:56du pouvoir politique
19:57elle est de plus en plus réduite
19:58moi un jour
19:59un ministre m'a dit
19:59mais le pouvoir
20:01de nomination
20:01finalement
20:02c'est le seul qui reste
20:03évidemment c'est un peu caricatural
20:04néanmoins ça correspond
20:05quand même à une réalité
20:06alors une fois qu'on a dit ça
20:08c'est quand même vrai
20:08qu'Emmanuel Macron
20:09oui il en use
20:11et surabuse
20:12enfin et use énormément
20:14est-ce que c'est un abus
20:15alors la question en réalité
20:16c'est est-ce qu'il le fait
20:17à des fins politiques
20:18là manifestement
20:20il y a quand même
20:20une manœuvre politique
20:21d'ailleurs tout ce que
20:22vous venez de décrire
20:23ça s'appuie en plus
20:24sur le fait qu'apparemment
20:25enfin on parle évidemment
20:26ce sont sûrement des mauvaises langues
20:27mais d'un compromis possible
20:29avec LR
20:30pour qu'ils acceptent
20:30cette nomination
20:31en échange
20:32de la nomination
20:32d'une nomination
20:33qui leur tient à cœur
20:34un autre poste
20:35qui se libérerait
20:36qui est celui
20:37de défenseur des droits
20:37donc on voit bien
20:38qu'on est quand même là
20:39dans la politique
20:39et le simple fait
20:40que l'actuel titulaire du poste
20:42le gouverneur
20:43Villeroy de Gallo
20:44est en réalité
20:44normalement
20:45il était là jusqu'à l'automne
20:462027
20:46donc tout ça
20:48sent quand même la manœuvre
20:49alors pourquoi le fait-il
20:50est-ce que c'est pour poursuivre
20:51une politique
20:51qui va mis en oeuvre
20:52la politique de l'offre
20:53est-ce que c'est en effet
20:54pour préparer le terrain
20:55à une éventuelle installation
20:57de l'extrême droite
20:58au pouvoir
20:59et ce poste
21:00à la Banque de France
21:01en réalité
21:02il dépend quand même
21:03il est sous en quelque sorte
21:04celui de la Banque Centrale Européenne
21:05c'est là
21:06que vraiment
21:07se définissent les politiques
21:08donc c'est très stratégique
21:09un mot
21:09mais oui
21:09c'est une façon de contrer
21:10un petit peu l'Europe
21:11c'est que le RN
21:12pourrait faire en 2027
21:13ils ont les commandes
21:14ils pourraient avoir
21:15une vision différente
21:16de la Banque de France
21:16d'autant que le gouverneur
21:18de la Banque de France
21:18c'est un poste
21:19qui n'est pas révocable
21:20par le successeur
21:21d'Emmanuel Macron
21:21quel qu'il soit
21:22c'est âgé
21:23et d'ici
21:23donc vous vous dites
21:24que c'est politique
21:25je pense que ça
21:26entre en ligne de compte
21:27le contexte politique
21:27évidemment
21:28l'extrême droite
21:28est la grande favori
21:29de l'élection présidentielle
21:29à venir
21:30donc Emmanuel Macron
21:31se soucie de sa succession
21:32et semble vouloir
21:33renforcer un certain
21:34de contre-pouvoir
21:35dans cette perspective là
21:35avec un problème
21:36vous le rappeliez tout à l'heure
21:37Richard Ferrand
21:38il a été le garant
21:39de la constitution
21:40en tant que président
21:40du conseil constitutionnel
21:41en tout cas
21:42c'est le plus haut poste
21:42justement chargé
21:43de veiller au respect
21:44de la constitution
21:45il a été validé
21:46comme président
21:47du conseil constitutionnel
21:48à une voix près
21:49vous l'aviez dit
21:49grâce à qui ?
21:50Grâce au rassemblement national
21:51qui s'est abstenu
21:53à ce moment là
21:53c'est à dire
21:54qu'on a l'impression
21:55que le parti lopéniste
21:57en quelque sorte
21:57a anticipé ce piège
21:58en essayant
21:59de fragiliser d'emblée
22:01Richard Ferrand
22:02pourra-t-il
22:02au regard des conditions
22:04de sa nomination
22:05s'opposer
22:06le cas échéant
22:07s'il le faut
22:08au RN
22:08Merci beaucoup les informés
22:10merci Stéphanie Despierre
22:12journaliste à LCP
22:12merci Henri Vernet
22:14éditorialiste à France 24
22:15Radio Orient
22:16et France Info TV
22:17merci Renaud
22:18Merci Agathe
22:18Vous restez avec nous
22:19les informés reviennent
22:20ce soir à 20h
22:21avec Victor Maté
Commentaires

Recommandations