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  • il y a 9 heures
Transcription
00:00Un badge et une tempête. Ce badge zappé Bolloré déclenche une vague de réactions sur la croisette et dans le
00:06milieu du cinéma.
00:06Et ça signe aussi le débat d'un conflit ouvert entre Canal+, et une partie du cinéma français.
00:11Depuis le début du festival, il y a eu quelques nuées à l'apparition du logo Canal+, avant certains
00:16films.
00:19Et surtout, une absence d'applaudissements, alors qu'ici c'est la norme à chaque projection.
00:23L'importance de Canal+, dans le fonctionnement du cinéma français, est cruciale, et on t'explique pourquoi.
00:28Enfin, pas moi, mais mon collègue Jérémy, depuis Paris.
00:31En effet, Cannes a commencé mardi dernier avec une tribune dans Libération.
00:35600 professionnels du cinéma appellent à ne pas laisser le cinéma français aux mains d'un patron d'extrême droite,
00:41Vincent Bolloré, principal actionnaire de Canal+.
00:44Le festival débute sa deuxième semaine avec une menace à peine voilée de la part du groupe.
00:48Son président, Maxime Saada, a annoncé ne plus souhaiter travailler avec les signataires de cette tribune.
00:54Ça veut dire que potentiellement, Canal+, ne participerait plus aux films, voire séries,
00:58qui auraient Swan Arlo, Juliette Binoche, Nina Meurice, Arthur Harari, Jean-Pascal Zaddy, Vima Laponce ou encore Samuel Kircher à
01:05leur générique.
01:06Car Canal+, est absolument partout dans le cinéma français depuis sa création en 1984.
01:11En 40 ans, Canal+, est devenu le maillon indispensable de la création.
01:15Les films produits par Canal+, ont même l'obligation de faire apparaître cette mention,
01:19avec le soutien essentiel de Canal+, à leur générique.
01:23Canal+, est le principal producteur français de films, à 43%,
01:26loin devant France Télévisions, Arte ou le CNC, ou encore les plateformes de streaming.
01:31Ce sera aussi un exploitant de salles, puisque le groupe est bientôt propriétaire du GC,
01:35troisième réseau français, en plus d'être un diffuseur sur sa propre plateforme, MyCanal.
01:40Canal posséderait donc une forme de monopole sur tout le circuit d'un film.
01:44Un grand film ne se fait jamais seul.
01:48Canal+, premier partenaire du cinéma français.
01:50Preuve de l'omniprésence de Canal, cette année, à Cannes, la chaîne finance 13 des 22 films en compétition.
01:57Mais depuis quelques années, Canal+, commence à se désengager du cinéma français.
02:00D'abord par des menaces, puis par des actions concrètes et chiffrées.
02:04Il y a quelques années, Canal investissait 220 millions d'euros par an dans le cinéma français.
02:08Cette année, c'est désormais 160 millions d'euros et 170 l'an prochain.
02:12On reproche aussi au groupe des ingérences.
02:14Canal+, a refusé de financer Grâce à Dieu de François Ozon et a ordonné des réécritures de sa série
02:19Paris Police 1905,
02:21car les deux œuvres étaient trop critiques envers l'Église.
02:24C'est donc tout cela que dénoncent les signataires de la tribune, en plus de craindre pas seulement une uniformisation
02:29des films,
02:30mais une prise de contrôle fasciste sur l'imaginaire collectif, comme le dit la tribune.
02:34Ce texte, qui visait d'ailleurs plus Vincent Bolloré que Canal+, arrive juste après la mobilisation du monde de
02:40l'édition suite à l'affaire Grasset.
02:41Et dans un milieu, celui du cinéma français, très prudent quand il s'agit de dénoncer le projet civilisationnel de
02:47Vincent Bolloré,
02:48mais aussi ses méthodes particulièrement violentes.
02:51Un peu plus de 600 signataires, ce n'est pas l'entièreté du cinéma français.
02:54Mais la menace du groupe Canal est tout de même un appel au boycott de certains professionnels qui ont osé
02:59s'exprimer,
03:00soit une atteinte à leur liberté d'expression et d'artiste, et qui confirme les craintes exposées par la tribune.
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