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  • il y a 2 jours
Les informés de franceinfo du 7 mars 2026

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00:08Les informés de l'écho comme chaque samedi sur France Info à la radio et à la télé en partenariat
00:13avec le cercle des économistes.
00:15Et toujours avec vous Emmanuel Cuny. Bonjour Emmanuel. Bonjour à tous.
00:19Et je vous présente nos deux informés du jour. Natacha Valla, bonjour. Bonjour.
00:24Bonjour. Économiste, présidente du Conseil national de la productivité doyenne de l'école du management et de l'innovation de
00:31Sciences Po.
00:32Et à vos côtés Jean-Hervé Lorenzi, bonjour. Bonjour.
00:35Président des rencontres économiques d'Aix-en-Provence. Au programme aujourd'hui, la guerre au Moyen-Orient.
00:41Quelles conséquences pour notre pouvoir d'achat ? Quelles conséquences pour notre industrie ?
00:46Mais d'abord, un mot sur cet avis rendu hier soir par l'agence de notation américaine Fitch qui maintient
00:52la note de la dette souveraine de la France qu'elle lui avait attribuée en septembre dernier.
00:58A plus, pas de rétrogradation. Donc, quelles conclusions doit-on en tirer ? Natacha Valla, c'est plutôt une bonne
01:05nouvelle ?
01:05Tout ce qui stabilise l'environnement macroéconomique et financier aujourd'hui peut être pris comme une bonne nouvelle.
01:11Je pense que les fondamentaux de la France en tant qu'entité budgétaire et fiscale n'ont pas fondamentalement changé.
01:17Il y a beaucoup de dettes, il n'y a pas beaucoup de croissance. Mais enfin, la croissance n'est
01:20pas catastrophique non plus.
01:22Donc, ça veut dire qu'en gros, le message envoyé par Fitch, c'est qu'il n'y a pas
01:25de point d'alerte sur le cas de la France sur le marché des dettes publiques.
01:30Maintenant, il y a beaucoup de dettes dans le monde. On regarde ça de façon collective avec beaucoup d'attention.
01:34Mais l'économie française reste solide, Jean-Hervé Lorenzi ?
01:38Il y a trois discours sur la France.
01:41Le premier, c'est celui de Fitch, qui est rédigé, qui dit qu'en gros, c'est l'économie résiliente,
01:47à un niveau faible, mais résiliente.
01:50Il y a le discours qui est très souvent tenu en France, qui est de dire que c'est la
01:55catastrophe, c'est le pays qui ne peut pas se réformer,
01:58enfin, la dette, le truc, enfin, du métage que ce soit.
02:01Et ça, ils l'ont évité. C'est bravo au Fitch.
02:05Et troisième sujet, il y a le discours qui est le mien. C'est donc du Fitch amélioré.
02:10C'est l'idée que je suis frappé de voir que la France a toujours été une puissance technologique assez
02:17exceptionnelle et qu'il y a des centaines d'entreprises dans l'IA, dans le numérique, dans le quantique, dans
02:26le spatial qui se crée un peu partout.
02:28Et au fond, Fitch n'en a pas vraiment mis en avant, mais je pense que dans la discussion qui
02:34a pu avoir lieu, ça compte.
02:36C'est le pays dans lequel, vraisemblablement, en Europe, il y a le plus d'émergence de ces pousses.
02:41On évoquait, je vous voyais dans les échos l'autre jour, le chiffre tout à fait intéressant.
02:47Il y avait 1000 pousses, donc petites entreprises, dans le domaine de l'IA.
02:51Donc on est sur un sujet qui n'est pas aussi simple que celui de pleurnicher sur notre dette.
02:56Donc chacun sait qu'il vaudrait mieux ne pas l'avoir, mais plutôt d'essayer de prendre ce qu'il
03:00y a de positif.
03:01Et au fond, Fitch a été, sur ce point-là, est utile.
03:05Alors revenons à notre sujet du jour, la guerre au Moyen-Orient, Emmanuel Cuny.
03:10Quelles conséquences pour notre pouvoir d'achat et pour notre industrie ?
03:13Oui, alors question pour le moins légitime, parce qu'on l'a vu cette semaine, les bourses vacillent, les taux
03:17d'intérêt sont en train d'augmenter.
03:19En fait, la flambée, l'augmentation des prix des hydrocarbures, le pétrole et le gaz,
03:25relancent la question sur l'inflation en tant que telle.
03:29Alors pour l'instant, excepté les hydrocarbures, il n'y a pas d'emballement vraiment constaté au niveau des prix
03:34en général.
03:35Mais la question est légitime à l'heure où les préoccupations autour du pouvoir d'achat sont très présentes dans
03:40l'esprit des citoyennes et des citoyens français.
03:43Le baril de Brut, par exemple, a pris 30% cette semaine.
03:47Ce matin, le WTI, c'est la référence aux Etats-Unis, le prix du baril de WTI est à 90
03:54dollars.
03:54Pour le Brent de Mer du Nord, qui est la référence en Europe, on est à 92 dollars.
03:59Donc ça augmente, mais pas vraiment d'emballement, en tout cas pas d'infolement,
04:04a tenu à rappeler le ministre de l'économie et des finances, Roland Lescure.
04:08Il était jeudi matin l'invité du 8.30 de France Info.
04:13Les modèles traditionnels disent à peu près 10 dollars sur le prix du baril, c'est à peu près 0
04:19,1, 0,2% d'inflation.
04:21Ça, c'est la règle, je dirais, un peu mécanique.
04:24Ce qu'il faut qu'on comprenne, c'est qu'on entre dans cette crise, la France entre dans cette
04:28crise,
04:29plutôt dans une bonne position, au sens où on a plutôt plus de croissance que ce qu'on attendait
04:34et moins d'inflation que ce qu'on attendait.
04:37Donc si, effectivement, le prix du baril reste durablement plus élevé, on aura peut-être une inflation un peu supérieure.
04:42Donc au total, aujourd'hui, on est plutôt en phase avec ce qu'on attendait,
04:46c'est-à-dire une économie française résiliente et une inflation modérée.
04:49J'ai réuni hier le Haut Conseil sur la stabilité financière avec le gouverneur de la Banque de France.
04:54C'est exactement ce qu'il a dit.
04:56Voilà, donc inflation modérée selon Roland Lescure jeudi matin sur France Info.
05:00Mais est-ce que cette situation va durer ?
05:03Et puis surtout, quel impact pour notre industrie ?
05:05Car certains économistes commencent à parler de possibles chocs industriels dans l'ensemble de la zone euro.
05:11Alors commençons par l'inflation.
05:12Est-ce que la menace de l'inflation revient planer au-dessus de nos têtes, Natacha Avala ?
05:16Non, il ne faut pas s'emballer dans ces cas-là.
05:18C'est vrai que quand on observe des prix du pétrole qui augmentent comme ça,
05:23on a l'impression que c'est comme une marée qui avance et qu'on n'arrive pas à arrêter.
05:26C'est toujours impressionnant.
05:28En réalité, la transmission, c'est-à-dire le lien qu'il y a entre les marchés des matières premières,
05:35en particulier du pétrole,
05:36et l'inflation, celle qu'on constate comme consommateur dans les magasins, dans nos actes de consommation,
05:43cette transmission, elle met un petit peu de temps.
05:45Et comme le rappelait le ministre tout à l'heure, elle n'est pas très importante en réalité.
05:5210% d'augmentation des prix du pétrole, c'est 0,1 à les 0,2 points d'inflation.
05:57Ce qui, dans le contexte français aujourd'hui, est tout à fait soutenable.
06:01En revanche, si les choses devaient se prolonger, et là c'est vraiment dans ce degré d'incertitude qu'on
06:07se situe aujourd'hui,
06:08ce qui se présente aujourd'hui comme quelque chose d'inattendu, abrupt, et finalement auquel on doit faire face,
06:16si ça se prolonge, alors ça deviendra effectivement un choc d'offres prolongé.
06:21Ce à quoi les conditions de financement, les marchés financiers réagissent bien évidemment très fortement,
06:27parce qu'il y a aussi beaucoup de profit à se faire quand on a beaucoup de volatilité sur ce
06:31type de marché et sur les marchés futurs.
06:34Mais un élément essentiel, ça va être la réaction des banques centrales face à cette évolution des prix du pétrole
06:40et face à leur impact sur les prix à la consommation.
06:43Est-ce qu'elle va relever les taux, c'est ça ?
06:44En principe, en l'état actuel de ce qu'on observe, en principe non, puisqu'une banque centrale, dans ce
06:50type de configuration,
06:53elle doit se dire « je vais regarder à travers », c'est-à-dire que j'ai un choc
06:56d'offres qui va être temporaire a priori,
06:59donc ça ne va pas créer une inflation durablement plus élevée,
07:03ça va avoir une influence sur les chaînes de logistique mondiales,
07:08ça va avoir une influence sur l'organisation peut-être de nos chaînes de distribution
07:12et de nos appareils productifs, en particulier industriels,
07:16mais ça n'aura pas d'effet inflationniste durable.
07:19Jean-Hervé Lorenzi.
07:20C'est très curieux la symétrie des réflexions.
07:23Ça fait plusieurs mois qu'on a des prix du Brent qui sont très faibles,
07:28on ne s'interrogeait pas beaucoup là-dessus.
07:30On ne s'est pas réunis et les informés pour se dire pourquoi...
07:33On parle rarement des prix du pétrole quand ils sont bas.
07:36On n'en parlait pas.
07:38On a vu une évolution des marchés qui n'est d'ailleurs pas facile à comprendre,
07:43une espèce de croissance incroyable, notamment en France,
07:46où le CAC 40 grimpe, etc.
07:48Et là, brutalement, alors dès que ça commence à être un tout petit peu plus,
07:52j'allais dire, dans le sens inverse, alors là, brutalement,
07:54on a le sentiment que le monde est en train de s'effondrer.
07:58Ce que je voulais dire, c'est que je suis d'accord avec Natacha sur l'évidence,
08:02c'est le fait que si ceci devait durer, si il y a une troisième guerre mondiale,
08:06si la nuit nous tombe sur la tête, etc., évidemment qu'il y aura un problème.
08:10Aujourd'hui, on a une inflation en France qui est très faible,
08:14on a une banque centrale d'un zone euro qui est sympathique,
08:18mais pas très active, on va dire, c'est en tout cas ma position,
08:23et il ne va rien se passer.
08:26Il ne va rien se passer ?
08:27Tant que personne ici ne sait combien de temps va durer cette aventure.
08:34Les Américains n'ont pas intérêt à ce que ça dure très longtemps,
08:38et les Israéliens veulent régler leurs problèmes,
08:40et ils y passeront le temps qu'il faut.
08:41Donc c'est très compliqué de savoir comment les choses...
08:44Et en plus, ce n'est pas ma spécialité.
08:46Cela dit, je voudrais juste rajouter le fait que
08:52ce que disait tout à l'heure Emmanuel sur le choc industriel,
08:57le choc industriel, Emmanuel, il n'est pas là,
09:00il est sur cette discussion très forte qu'on a sur l'invasion de produits chinois,
09:05qui n'ont rien à voir avec le sujet,
09:07et qui sont pour nous un problème majeur pour l'industrie automobile,
09:12pour l'industrie chimique européenne.
09:14Et donc, nos problèmes sont, j'allais dire, d'une autre nature.
09:18Plus structurels ?
09:19Pardon ?
09:20Plus structurels ?
09:21Ils ne sont pas trop structurels, ils sont une question de survie.
09:24Pour la chimie et l'automobile européenne, c'est majeur.
09:30Plus inquiétant que la guerre actuellement qui se déroule au Moyen-Orient pour notre économie.
09:35C'est ce que vous nous dites, Jean-Révé Lorenzi ?
09:37Non, je dis que je suis comme Natacha, je n'ai pas la queue d'une idée du temps que
09:43ça va durer.
09:44Donc toute avancée sur ce sujet me paraît pas très...
09:48La seule chose que je retiens...
09:50On va se retrouver dans une seconde.
09:52On va poursuivre la discussion dans un instant.
09:54Jean-Révé Lorenzi et Natacha Valla, juste après le fil info, l'essentiel de l'info en une minute.
09:58C'est avec Philippine Thibodeau.
10:00L'armée israïenne annonce une nouvelle vague de frappes sur Téhéran et Ispahan en Iran,
10:05une semaine jour pour jour après le lancement de la guerre au Moyen-Orient.
10:09L'Iran, de son côté, dit avoir frappé un pétrolier dans le Golfe.
10:12Par la voix de son président, le pays déclare qu'il ne se rendra pas.
10:15Une réponse à l'exigence hier de Donald Trump qui avait réclamé une capitulation sans condition pour mettre fin à
10:22la guerre.
10:23L'aéroport de Dubaï reprend partiellement ses opérations.
10:26Il avait été mis à l'arrêt ce matin après une interception au-dessus de la plateforme.
10:31Plusieurs rassemblements aujourd'hui en France pour dénoncer la guerre en Iran, à Paris, à Strasbourg ou encore à Nantes.
10:38Quatre hommes condamnés à des peines entre 6 et 7 ans de prison.
10:41Ils étaient jugés pour une tentative de cambriolage du champion de ski alpin Alexis Pintureau.
10:46C'était à l'été 2023 sur les bords du lac d'Annecy.
10:49Et puis objectif grand chlème pour les Bleus, le 15 de France rencontre l'Ecosse.
10:53Mathieu du rugby de tournant les 6 nations.
10:55Ça se passe à Édimbourg à 15h10.
10:59France Info
11:02Les informés de l'Eco, Thomas Sechier, Emmanuel Tunis.
11:07Toujours en compagnie de Natacha Valla et de Jean-Hervé Lorenzi, nous évoquions les risques de cette guerre au Moyen
11:14-Orient sur notre économie.
11:16Pour l'instant, restons prudents.
11:18Emmanuel, de quelle marge de manœuvre dispose le gouvernement pour limiter la casse, au moins temporairement, de façon immédiate ?
11:27Alors c'est toute la question.
11:28On sait que le prix du litre de carburant en France, les taxes, la TVA, l'Axis, etc., ça représente
11:34près de 70% du prix du litre.
11:37Ce qui n'est pas le cas à l'étranger, parce qu'on voit les frontaliers qui vont faire le
11:40plein à l'étranger, parce que l'essence est beaucoup moins chère.
11:42Donc, est-ce que c'est un levier d'action pour le gouvernement, ces fameuses taxes ?
11:47Oui, d'évidence.
11:48Et d'ailleurs, certains politiques aux extrêmes réclament d'agir sur ce levier.
11:53Mais le gouvernement est coincé parce qu'il n'y a plus, pardon je vais être vulgaire, un rond dans
11:57les caisses.
11:57C'est-à-dire qu'il n'y a plus d'argent dans les caisses publiques.
12:00Donc, si on baisse les taxes sur le carburant, là, il va y avoir un problème, en plus, à l
12:04'heure de la dette et des déficits vraiment très compliqués.
12:07Donc, l'État se retrouve coincé.
12:09Et puis, il y a ce que les économistes appellent également le signal prix, c'est-à-dire que c
12:12'est important de garder, disons, un prix relativement assez fort du carburant
12:19pour donner un signal aux automobilistes en disant « la voiture, c'est bien, mais faites attention quand même ».
12:25En termes de pouvoir d'achat, c'est pas génial comme message politique.
12:29Dans West France, ce matin, le ministre des PME et du commerce et du pouvoir d'achat, justement, Serge Papin,
12:35rappelle qu'il suggérait, avant même la crise,
12:38de faciliter le déblocage de l'épargne salariale.
12:41C'est-à-dire que les ménages gagnant jusqu'à 2 SMIC, 3 646 euros bruts, pourraient débloquer 2 000
12:46euros par an sur leur épargne.
12:482 000 euros. Débloquer, ça veut dire quoi ?
12:50Ça veut dire que reprendre, ils peuvent bénéficier de cette manne financière pour leur consommation et surtout pas pour épargner.
12:55Donc, est-ce que c'est un levier d'action ?
12:57Oui, d'évidence, beaucoup plus facile.
12:59C'est les entreprises, là, c'est pas l'argent public.
13:01Il y a des leviers, donc, Natacha Valla. Est-ce que c'est opportun de le faire pour le gouvernement
13:05?
13:05Moi, il me semble qu'il y a deux choses qui sont essentielles.
13:07La première, c'est la confiance.
13:09C'est de maintenir un degré de confiance dans la population.
13:11Si on a des prix à la pompe qui explosent du jour au lendemain, ça va créer, ça va être
13:17assez déstabilisateur.
13:18C'est un peu le cas quand même, parce que 10 centimes de plus pour le sans-plan 95 et
13:2326 centimes de plus quand même en moyenne pour le gazole en une semaine.
13:27On l'a vu. Donc, je pense qu'effectivement, ça c'est un point essentiel.
13:30Pourquoi, on l'a rappelé tout à l'heure, la croissance française n'est pas si mauvaise que ça.
13:35On sent que les consommateurs, la consommation qui était un peu frileuse, on sait que les Français y pargnent beaucoup,
13:41en effet.
13:43La consommation est quand même sur un chemin plutôt favorable.
13:46Donc, préserver ce chemin de croissance aujourd'hui en France, c'est la meilleure chose qu'on puisse faire pour
13:51ensuite avoir, en effet, peut-être quelques marges de manœuvre.
13:54Alors, des marges de manœuvre budgétaires, je ne voudrais pas être mal comprises.
13:58On sait très bien qu'il faut une gestion très rigoureuse des finances publiques aujourd'hui, parce qu'on a
14:04beaucoup de dettes,
14:04parce que cette dette, elle coûte quand même un peu plus cher qu'avant, etc.
14:08Donc, avoir de la rigueur budgétaire, éviter d'avoir des phénomènes de déstabilisation de la croissance française, en particulier de
14:17la consommation,
14:18ça, je pense que ça doit être vraiment les principes directeurs des politiques aujourd'hui.
14:21On n'a pas vraiment les moyens aujourd'hui, par exemple, de réduire les taxes sur les prix du carburant,
14:26ou de bloquer les prix ?
14:28Jean-Arvel Lorenzi, est-ce que vous êtes d'accord ?
14:29Oui, bien sûr. Mais d'abord, ça n'aura pas lieu.
14:32Donc, c'est une bonne question.
14:33Vous savez déjà, la première boule de cristal.
14:35Ça n'aura pas lieu, bien entendu.
14:36Personne ne va remettre en cause cet équilibre budgétaire déjà si compliqué à obtenir.
14:41En revanche, Netachat a raison, le vrai sujet.
14:44Il faut toujours... Les économies, ça sert à avoir les ordres de grandeur.
14:47C'est beaucoup plus important que de savoir si on a une inflation de 0,1 de plus.
14:53C'est évidemment le taux d'épargne.
14:55Je ne sais pas si vous avez en tête l'idée que chez les retraités, le taux d'épargne est
15:01de 22%.
15:01C'est-à-dire que c'est un record mondial.
15:03C'est-à-dire que les retraités épargnent 22% de leurs revenus disponibles.
15:08Ce qui est hallucinant.
15:10Et donc, comme la croissance de notre pays, qui est quand même le petit bijou qu'il faut conserver,
15:17parce que c'est ça qui fait un peu d'emploi, et finalement fait tourner la machine,
15:23comme il faut le conserver, il faut absolument maintenir ce qui est le moteur, c'est-à-dire la consommation.
15:30Sachant que sur l'investissement, une fois de plus, ce n'est pas non plus si dramatique.
15:34Enfin, on adore s'auto-flageller en France, mais ce n'est pas si dramatique.
15:38Et donc, il faut par tous les moyens essayer de faire que cette épargne trop importante,
15:46souvent d'ailleurs en compte courant, ce qui est très curieux,
15:49le compte courant, ça vous rapporte zéro.
15:51Le fait de mettre votre argent en assurance vie ou en toute forme de PEL, ça vous rapporte un peu
15:58d'argent.
15:58Eh bien, il faut essayer, alors peut-être que le système bancaire, vous voyez, je change d'acteur,
16:03et je passe aux banques, peut-être faut-il que le gouvernement pousse le système bancaire
16:07à être plus généreux dans sa rémunération.
16:11Un mot, Emmanuel, revenons là sur les conséquences immédiates de cette guerre au Moyen-Orient.
16:17Est-ce qu'il faut s'inquiéter pour notre industrie ?
16:19Oui, c'est une question importante parce que certains économistes, on le disait tout à l'heure,
16:24sont en train d'envisager, enfin de pronostiquer un choc industriel avec la guerre au Moyen-Orient,
16:29choc industriel sur l'industrie européenne.
16:32Trois canaux de transmission de crise à l'industrie mondiale,
16:36selon Patrice Geoffron, qui vient de publier un très intéressant article très complet
16:40dans The Conversation.
16:41Alors selon lui, les prix de l'énergie, 20% du pétrole et du gaz mondial passent, je rappelle,
16:47par le détroit d'Ormouz, donc s'il y a un blocage, ça pose problème.
16:50Deuxième canal, les intrants non énergétiques, c'est-à-dire les autres composants que les hydrocarbures,
16:55il y a les engrais, il y a les matières chimiques qui passent également par le détroit d'Ormouz,
16:59et puis il y a la désorganisation logistique.
17:03Donc tout ça va peser sur le fonctionnement de l'industrie,
17:06et ça arrive à un moment où l'industrie européenne et l'industrie surtout française
17:10était en train de se reprendre au mois de janvier.
17:12La production industrielle française a augmenté de 0,5%.
17:15Donc est-ce que la guerre au Moyen-Orient ne va pas mettre quelques grains de sable dans la machine
17:19?
17:19C'est toute la question.
17:20Il nous reste 15 secondes à tous les deux.
17:21Faut-il craindre un choc industriel en France, Natacha Valla ?
17:24Alors du choc pétrolier, on en a eu quand même beaucoup dans l'histoire récente.
17:28Donc je pense que l'érosion de la base industrielle française, elle est plus ancienne.
17:31Il faut agir sur la structure, sur les incitations à investir,
17:34les incitations à faire grandir nos industries et nos entreprises.
17:37Jean-Ravé Lorenzi.
17:38Le seul sujet, pardon de ne pas être d'accord avec Patrice Geoffron,
17:42qui est un remarquable économiste, mais ce n'est pas ça le sujet.
17:45Le sujet c'est comment on arrive à utiliser l'épargne,
17:49c'est-à-dire notre capacité de financement, nous sommes un pays riche.
17:52Mais sur l'industrie, la France ?
17:53D'un mot sur l'industrie ?
17:55Oui, pour financer l'industrie, c'est ça le sujet.
17:58Nous ne mettons pas de l'argent vers l'industrie.
18:00Personne ne met de l'argent vers l'industrie parce que ce n'est pas là où on gagne de
18:03l'argent.
18:03Et il faut en mettre.
18:04Il faut en mettre, évidemment.
18:05Merci beaucoup, merci à tous les deux.
18:07Jean-Hervé Lorenzi, le Cercle des économistes,
18:11Natacha Valla, le Conseil national de la productivité.
18:14Je rappelle les rencontres économiques d'Aix-2026,
18:16le premier week-end de juillet, sur un thème tout à fait d'actualité,
18:21naviguer dans un monde sans repères.
18:23Merci de nous avoir suivis.
18:24Merci à vous, Emmanuel Cuny, et à samedi prochain, bien sûr, sur France Info.
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