- il y a 2 heures
Mardi 19 mai, Hedwige Chevrillon a reçu Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, dans l'émission La Grande Interview sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez-la en podcast.
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00:01Le 18-19 d'Edvie Chevrillon
00:07Vous êtes bien dans le 18-19, mon premier invité c'est Vincent Jean-Brun, ministre de la Ville et
00:11du Logement.
00:12Bonsoir Vincent Jean-Brun.
00:13Bonsoir.
00:14Merci d'être là, j'ai l'honneur de recevoir le 8ème ministre du Logement, Emmanuel Macron.
00:20Vous nous direz si vous pensez faire mieux que vos prédécesseurs, mais j'ai beaucoup de questions plus sérieusement à
00:25vous poser.
00:26Tout d'abord, vous avez entendu, j'imagine évidemment vous étiez au banc, Sébastien Lecornu qui disait tout à l
00:31'heure
00:31« Ne mentons pas aux Français, la situation va durer ».
00:36Quand il dit ça, c'est quand même, on s'y attend, mais c'est le fait que ça vienne
00:40du premier ministre.
00:41Surtout c'est que la question qu'on peut se poser c'est les conséquences sur votre responsabilité,
00:47le logement lorsqu'on voit les chiffres et on en parlera dans un instant, mauvais chiffres notamment sur le logement
00:53neuf.
00:53Est-ce que pour vous, vous ne mentez pas aux Français, vous allez dire que ça va être de plus
00:57en plus dur pour se loger ?
00:59C'est déjà extrêmement dur pour se loger aujourd'hui pour les Français et j'ai souvent dit
01:03« Je suis moins le ministre du Logement que le ministre de la crise du Logement », donc c'est
01:06déjà très dur.
01:08Maintenant, parmi tout ce qu'on a besoin de mobiliser pour relancer le logement en France,
01:12il y a notamment le fait de relancer l'investissement.
01:14Et pour relancer l'investissement, c'est pas ici que je vais vous l'apprendre,
01:18les investisseurs ils ont besoin de stabilité, ils ont besoin de vision long terme
01:22et évidemment ce qui se passe aujourd'hui à l'échelle mondiale et particulièrement dans le détroit d'Hormuz
01:27crée de l'instabilité, crée de l'imprévisibilité et donc ça vient rendre encore plus compliqué la relance du logement.
01:33C'est vrai, pour autant, c'est pas parce que c'est plus compliqué qu'il ne faut rien faire,
01:36au contraire, je dirais, c'est parce que c'est compliqué qu'il faut se surmobiliser pour qu'on sorte
01:41de la crise.
01:42Et c'est pour ça que vous êtes là pour nous expliquer qu'est-ce que vous allez faire ou
01:44peut-être améliorer,
01:45notamment le fameux dispositif Jean Brun, on appelle ça qui a succédé au Pinel,
01:49on voit bien qu'il faut peut-être le modifier, mais on en dira un mot dans un instant.
01:53Juste là, qu'est-ce que vous redoutez le plus ?
01:56Parce qu'il y a deux facteurs de cette crise qui peuvent impacter, évidemment, la crise du logement,
02:02c'est un, hausse potentielle des taux d'intérêt, et puis deux, l'inflation sur les coûts de construction.
02:09On voit déjà que ça a un impact partout.
02:12Vous avez raison, il y a même un troisième facteur, c'est l'attentisme.
02:15Oui, mais vous venez d'en parler, c'est pour ça que je ne le rajoutais pas.
02:17C'est un stabilité qui est important, où, évidemment, il y a des gens qui se disent
02:19on va attendre un petit peu que la stabilité revienne.
02:22Sur l'évolution des coûts des matériaux, c'est un vrai sujet.
02:26Maintenant, la production de logements neuf, notamment, c'est un temps long,
02:29et donc ça sous-entend que la crise, on l'espère, sera résolue aussi d'ici là.
02:34Et donc, ça fait un pic aujourd'hui, et puis on peut espérer que ça redescende quand même.
02:38Donc, il va falloir qu'on soit très attentif à ça.
02:41Mais le vrai sujet aussi pour nous, c'est de distinguer la hausse justifiée de la hausse pas justifiée.
02:46Et qu'est-ce que vous pouvez faire ?
02:48On travaille avec, notamment, la Fédération française du bâtiment,
02:51mais aussi les artisans avec la CAPEB et d'autres partenaires
02:55pour créer un observatoire des coûts de la construction,
02:57et notamment des matériaux, pour être capables d'analyser
03:02qu'est-ce qui vraiment se justifie en termes d'augmentation des prix.
03:06Et là où il y a des effets d'aubaine, parce qu'il y en a,
03:08et vous avez des matériaux qui ne sont absolument pas dépendants du détroit d'Hormuz
03:11et qui ont déjà pris 37% dans les premières semaines,
03:15alors qu'on voit bien que c'était plutôt un effet d'aubaine.
03:17Donc, ça, là-dessus...
03:17Lesquels ? Juste par curiosité ? Quoi, par exemple ?
03:20Vous inviterez les professionnels, mais ils avaient quelques exemples assez truculants
03:25qui montraient que, dans la fabrication, il n'y avait pas de matières premières
03:29liées à la pétrochimie, par exemple, et pour autant, ça augmentait.
03:32Donc, il y a cet enjeu-là, faire le tri.
03:34Et puis, sur la partie taux d'intérêt, évidemment, c'est un enjeu.
03:38Quand les taux d'intérêt s'envolent, ça vient, évidemment, freiner la mobilisation,
03:42la solvabilité aussi des concitoyens qui voudraient investir dans le logement.
03:46Pour autant, pour le moment, les taux ne s'envolent pas,
03:50et il y a plutôt une stabilité des taux pour le moment.
03:52Et donc, il faut justement en profiter.
03:54Et je dis aux Français, c'est aussi dans les périodes un peu instables
03:57qu'il faut investir dans la pierre.
03:58Ça tombe bien, c'est ce qu'on leur propose à travers le plan de relance au logement.
04:01Oui, alors, est-ce que vous redoutez que, je veux dire,
04:05quand même, ça soit de pire en pire, là ?
04:09Je ne veux pas alerter inutilement.
04:12Il ne faut pas créer de sentiment de panique.
04:14Maintenant, vous l'avez dit, le Premier ministre l'a dit au banc,
04:17là où on aurait pu espérer une crise de quelques semaines,
04:20on voit bien qu'on est sur un temps plus long,
04:22et donc, il va falloir quand même se mobiliser
04:25de façon à encaisser cette instabilité mondiale
04:30et, de fait, à faire preuve de plus de résilience.
04:32Mais on fait aussi preuve de plus de résilience
04:34en, justement, en étant ambitieux
04:36et en lançant des réformes importantes.
04:38Le projet de loi de relance du logement,
04:40c'est un texte qui va permettre de changer les outils
04:43et, justement, d'essayer de créer un choc de simplification, par exemple.
04:47Alors, quand vous simplifiez et que vous raccourcissez les délais,
04:50ça coûte moins cher.
04:51Donc, c'est vrai, vous avez raison,
04:52si les taux augmentent, si les matériaux augmentent beaucoup,
04:56il y a un risque que l'équilibre économique soit menacé.
04:58Mais, justement, c'est ce qui viendra d'autant plus justifier
05:00le fait de faire un choc de simplification
05:02qui permet d'accélérer les procédures,
05:05accélérer les délais et donc de gagner de l'argent.
05:07Tiens, juste, votre proposition de loi sur le logement,
05:11justement, ça doit être discuté quand ?
05:13Le projet de loi logement, il est porté actuellement
05:15dans tous les organismes de concertation.
05:17Il sera présenté dans le courant du mois de juin
05:21au Conseil des ministres.
05:22Et donc, derrière, il pourra être examiné, on l'espère,
05:25dans le courant du début du mois de juillet.
05:28Ça fait partie des choses...
05:28Ça fait court, là.
05:29En plus, le calendrier est assez chargé.
05:31Le calendrier est assez chargé, mais, comme vous l'avez dit,
05:33la crise, elle est là, elle est majeure.
05:35Enfin, je comprends bien, on n'est pas là.
05:37Vous avez vu des assurances du Premier ministre, là-dessus ?
05:40Le Premier ministre a lui-même annoncé les mesures à Marseille.
05:44C'est dire à quel point ça lui tient à cœur
05:47d'apporter une réponse à la crise du logement.
05:49Il faut quand même, pour illustrer,
05:50imaginer que les Français, en une grosse dizaine d'années,
05:54ont perdu 25 mètres carrés de pouvoir d'achat.
05:56C'est ça, l'enjeu de la crise.
05:57On parle de crise du logement.
05:58Qu'est-ce que c'est ?
05:59C'est des gens qui n'arrivent pas à se loger du tout.
06:00Des gens qui se logent, mais qui se logent mal,
06:02ou qui se logent très, très loin de leur centre d'activité ou de vie.
06:05Et 25 mètres carrés, c'est des familles qui renoncent à faire des enfants.
06:08C'est des jeunes actifs, moi j'en ai connu sur ma circonscription,
06:11qui juste dormaient dans leur voiture
06:12parce qu'ils venaient juste de commencer leur contrat de travail.
06:15Ils n'arrivaient même pas à se loger.
06:17Et donc, c'est ça dont on est en train de parler.
06:19Donc, effectivement, oui, il y a un embouteillage législatif.
06:22Oui, c'est des sujets qui sont compliqués.
06:24Pour autant, il y a une telle nécessité, une telle urgence
06:26qu'on doit absolument mettre ça à l'agenda du Parlement.
06:29Juste, il y a une proposition d'une DPT, Eliott,
06:33qui propose qu'il y ait un lien, comme vous venez de le faire,
06:36un lien très fort entre le logement,
06:38la possibilité de se loger, et la natalité.
06:42Elle propose qu'il y ait un prêt à taux zéro de 100 000 euros
06:46pour les enfants, pour le premier enfant, pour le deuxième enfant, etc.
06:49Est-ce que vous y êtes favorable ou pas ?
06:51On en a parlé avec Constance de Pellichy.
06:53Oui, c'est elle, absolument.
06:55Cet après-midi même, c'est un sujet hyper intéressant.
07:00Je l'ai dit, cet après-midi, on doit chiffrer,
07:02parce que là, on manque un peu d'argent public.
07:05Donc, il est intéressant de rentrer dans le détail de ce qu'elle propose.
07:08Mais philosophiquement, moi, je partage son analyse.
07:11Un, qu'il y a quand même un lien,
07:12et que les familles ne font pas forcément renoncer au premier enfant,
07:17mais bien souvent, elles renoncent au deuxième ou au troisième,
07:19parce qu'elles savent qu'elles ne pourront pas
07:21donner des bonnes conditions de logement à leurs enfants.
07:24Et donc, au moment où on veut justement faire un réarmement démographique,
07:28il faut qu'on prenne cette question-là à bras-le-corps.
07:30Donc moi, je suis plutôt favorable philosophiquement à la proposition.
07:34Après, la proposition de loi,
07:36à proprement parler de Constance de Pellichy,
07:38il faut qu'on rentre dans le détail,
07:39mais ça va passer en commission prochainement,
07:42et ça passera à l'Assemblée nationale dans quelques jours,
07:45et donc, ce sera l'occasion d'approfondir le débat avec elle.
07:47Et donc, vous allez lui apporter votre soutien,
07:49mais à condition qu'il y ait un chiffrage, je crois.
07:51C'est ça, grosso modo ?
07:52En tout cas, je dis qu'elle pose une très, très bonne question,
07:54et qu'il va falloir qu'on y apporte une réponse collectivement.
07:56Oui, c'est sûr.
07:59Lorsqu'on regarde les chiffres qui sont tombés
08:01sur le nombre de logements neufs,
08:04réservés par des parcs ticuliers au premier trimestre 2026,
08:06a augmenté que de 4 %,
08:09en comparaison avec les trois mois précédents,
08:12à 16 502,
08:13c'est une très, très maigre progression,
08:15les chiffres ne sont pas bons,
08:16et lorsqu'on regarde ceux qui ont été utilisés,
08:19qui ont utilisé le fameux dispositif Jean Brun,
08:22le successeur du Pinel,
08:24on voit que ça ne marche pas très bien.
08:26Qu'est-ce que ça vous inspire ?
08:28Il y a plusieurs choses.
08:29Les chiffres que vous donnez, ils sont exacts.
08:31Les promoteurs immobiliers, aujourd'hui,
08:33ont du mal à faire rentrer les réservataires.
08:36Deux choses, quand même.
08:37D'abord, le dispositif Jean Brun,
08:38il a été lancé en février,
08:39donc c'est encore tout récent.
08:42Et la vérité pousse à dire qu'au moment où on le lance,
08:44il commence à faire février les investisseurs,
08:47et puis derrière, crise au Moyen-Orient,
08:49et tous les facteurs qu'on a évoqués en début d'émission,
08:51un peu d'attentisme,
08:52et parfois...
08:53Il y en a 29 en Ile-de-France, pas beaucoup.
08:55Petite crainte.
08:56Mais pour le coup, c'est un dispositif qui est très généreux,
08:59et je veux le redire ici à l'antenne,
09:00c'est un dispositif qui permet,
09:02si vous faites bien votre investissement,
09:03de neutraliser vos revenus sur le foncier,
09:06et si vous l'avez très bien fait, votre investissement,
09:08vous pouvez même reporter une partie de ce déficit
09:10sur les revenus que vous avez à déclarer aux impôts,
09:14et donc faire baisser même la tranche d'imposition
09:17dans laquelle vous êtes.
09:18Dit autrement, si vous ciblez bien votre investissement,
09:20vous pouvez avoir au bout de 9 ans,
09:22puisque c'est la durée pendant laquelle il faut conserver le bien,
09:24un bien qui vous appartient,
09:27sur lequel vous n'avez payé aucun impôt,
09:29et dont le crédit a été remboursé normalement par le loyer.
09:32Bref, c'est un des dispositifs les plus généreux
09:34qui a été proposé.
09:36Comme il n'y a pas de zonage, contrairement au Pinel,
09:38on est libre de faire cet investissement à côté de chez soi,
09:41pas forcément dans une zone concentrée,
09:43donc on peut aussi être très subtil dans l'investissement.
09:46Oui, mais en même temps, on voit qu'en Paris, c'est compliqué,
09:48en Ile-de-France, on voit les chiffres, c'est compliqué de le faire.
09:50Le dispositif, j'y crois beaucoup.
09:53Maintenant, on l'a toujours dit avec le Premier ministre,
09:54la relance du logement, ce n'est pas juste un dispositif fiscal,
09:57c'est un plan complet.
09:58Il faut un choc de confiance,
10:00il faut un choc d'investissement,
10:02il faut un choc de simplification,
10:03et donc c'est tout ça qu'on va proposer dans le texte
10:06qui va être présenté au Parlement,
10:07de façon à accompagner le dispositif fiscal.
10:10Parce que le réservataire aujourd'hui,
10:11c'est ça dont on parle, les chiffres que vous donnez,
10:14c'est un investisseur...
10:15Ceux qui réservent.
10:16Je vais acheter sur plan.
10:17Oui.
10:18Super.
10:19Moi, à l'Ile-et-Rose,
10:20quand j'étais maire de ma belle commune dans le Val-de-Marne,
10:22on a eu un projet dans le centre-ville
10:24il y a eu 13 recours juridiques contre le projet,
10:29parce que l'opposition locale s'amusait
10:31à faire des recours politiciens.
10:32Très bien.
10:33On a donc passé plus de 14 ans sans le projet.
10:36Vous imaginez bien que le réservataire du début...
10:39Mais il s'est passé d'autres choses dans sa vie, quoi.
10:41Il est un peu échaudé.
10:42C'est-à-dire qu'on lui dit
10:43« Ah, vous ne voulez pas investir sur plan ? »
10:45Il dit « Ah oui, mais attendez,
10:46s'il y a 13 recours, il y a un problème. »
10:48D'où le fait qu'on apporte choc de simplification,
10:51j'en parlais pour aller plus vite,
10:52ce que j'appelle les Jeux Olympiques du logement,
10:54mais aussi essayer de raccourcir ces recours
10:58pour qu'en fait, le recours, c'est un droit constitutionnel,
11:00il faut pouvoir le maintenir,
11:01mais on le fait une fois, sur l'intégralité du projet,
11:04et on ne s'amuse pas à encombrer les tribunaux
11:06sur chacun des projets.
11:08Ça, c'est le choc de confiance,
11:09ça redonne envie aux investisseurs
11:11de réserver dans les projets de nos immobiliers.
11:14Et puis juste, parce qu'il y a les chiffres que vous dites,
11:17mais il y a aussi...
11:18Enfin, ce ne sont pas les chiffres,
11:19ce sont les vôtres, pardon, on est morts.
11:20Ce sont ceux des promoteurs immobiliers et des réservations.
11:23Mais il y a aussi une autre réalité,
11:25c'est celle des autorisations et des mises en chantier.
11:28Et là...
11:29Une progression très nette.
11:31Progression très nette.
11:32Et c'est donc une très bonne nouvelle.
11:3343%, c'est ça ?
11:34Ça veut dire qu'un petit peu moins de 43%,
11:36on est au mois de mars sur 33%,
11:38et une mise en chantier de plus 19%.
11:41Premier trimestre 2026,
11:42plus 29% pour les autorisations de chantier,
11:45et pour les mises en chantier opérationnel,
11:47plus 36%.
11:47Voilà, c'est...
11:49Ça ne...
11:50Qu'est-ce que vous en déduisez là-dedans ?
11:52Ça fait des chiffres, ça fait toujours beaucoup de chiffres.
11:53De chiffres, pardon.
11:54Ça veut dire quoi ?
11:55Qu'est-ce que ça veut dire ?
11:56Pour les auditeurs et les spectateurs,
11:58et qu'est-ce qu'il faut retenir ?
11:59Un, que la production de logements en France,
12:01elle est repartie.
12:03Est-ce que c'est suffisant ?
12:05Est-ce que les dispositifs mis en place suffisent ?
12:09Non.
12:09Et c'est pour ça qu'on propose un projet de loi logement,
12:12mais il ne faut pas tomber dans un fatalisme
12:14qui consisterait à dire
12:18« Ah là là, tout s'est arrêté ».
12:20Non, tout ne s'est pas arrêté.
12:21Au contraire, il y a des mises en chantier,
12:23il y a des logements qui sont produits dans notre beau pays,
12:25des logements sociaux, des logements libres,
12:28et on reproduit du logement dans notre pays.
12:30C'est comme ça que je veux vous dire.
12:32Maintenant, il faut aller plus loin,
12:34d'où le projet de loi logement,
12:36d'où des outils pour redonner confiance aux investisseurs,
12:39des outils pour accélérer les délais et les procédures,
12:42et des outils, de manière générale,
12:43pour donner envie aux maires aussi d'accompagner cette production de logement.
12:47Alors, juste parce qu'on voyait ça longtemps,
12:50en disant qu'il y a une petite déception sur votre dispositif,
12:52vous êtes prêts à, parce qu'il faut toujours regarder un peu,
12:55lorsqu'on regarde la réalité, le réel,
12:57est-ce que vous êtes prêts un peu peut-être à simplifier là aussi le dispositif
13:03sur le taux d'amortissement ?
13:05Est-ce que vous êtes prêts sur la voie fiscale,
13:07à donner un peu d'autres modalités, vous voyez ?
13:09D'abord, on vient de le lancer,
13:11il sera peut-être temps de lui donner un petit peu de vie, quand même.
13:14Mais ça tombe bien, puisque un dispositif fiscal de cette nature,
13:18pour le corriger, si tant est qu'on le souhaite,
13:21il faut attendre le projet de loi de finances
13:22qui préparera le budget 2027.
13:24Oui, parce que lui, il est inscrit dans le projet de loi de finances,
13:26enfin, dans la loi de finances qu'on a en ce moment.
13:29Donc, ce dispositif, de toute façon, il attend la loi de finances.
13:31D'accord.
13:32Ensuite, il y a deux parties dans ce dispositif,
13:34l'investissement dans le neuf,
13:36et l'investissement dans l'ancien.
13:38Et c'est la partie sur l'ancien,
13:40qui est passée, vous le savez, au moment du budget,
13:42par 49,3,
13:44et sans rentrer dans un détail compliqué de la légistique française,
13:48mais en gros, comme les textes avaient déjà été examinés,
13:51on était obligé, dans le 49,3,
13:52de faire une espèce d'assemblage
13:55avec les amendements qui avaient déjà été débattus.
13:57Donc, dit autrement,
13:58pour avoir le dispositif le mieux-disant sur le neuf,
14:01on a été obligé de prendre un dispositif
14:03qui était quand même plus compliqué sur l'ancien.
14:05Ça, on s'était engagé avec le Premier ministre
14:07auprès de ce qu'on a appelé l'équipe de France du logement,
14:09c'est-à-dire tous les acteurs qui, de prévolement,
14:11participent à la production de logements en France.
14:13On a corrigé ce volet sur l'ancien
14:15et ça fait partie du projet de loi
14:17qui sera présenté au Parlement.
14:18Tiens, juste un point,
14:20est-ce qu'il faut, vous dites à la Banque de France,
14:22il faut abaisser le taux d'usure ?
14:24Sur la capacité du choc d'investissement,
14:27moi, je considère qu'il faut qu'on travaille
14:28avec le secteur bancaire
14:29pour effectivement donner un peu d'oxygène
14:31et de solvabilité à nos concitoyens.
14:34Je pense qu'on peut y travailler,
14:36on en a parlé avec le ministre de l'Économie
14:38et on doit justement réunir le secteur bancaire
14:40pour essayer d'avancer avec eux.
14:42Plutôt possible,
14:43je n'ai pas de date encore à vous annoncer,
14:45mais c'est vraiment très important
14:47que le secteur bancaire soit mobilisé à nos côtés.
14:49C'est aussi une des conditions
14:50de la relance du logement dans notre beau pays.
14:52La rénovation énergétique,
14:54ça c'est un point important.
14:57Est-ce que vous faites partie
14:59comme tout le gouvernement,
15:00vous ne voulez surtout pas baisser la fiscalité
15:02sur les carburants,
15:05notamment, surtout pas toucher
15:07aux fameuses CEE
15:09parce que c'est ça qui finance
15:11l'électrification,
15:12notamment la rénovation des loyers
15:15et des logements.
15:16Il faut qu'on arrête dans ce pays
15:18de vouloir abîmer ce qui fonctionne.
15:20Oui, ça coûte 15 centimes par litre,
15:22donc c'est les Français qui...
15:23Les fameuses CEE,
15:24c'est un outil qui nous permet aujourd'hui
15:26de financer à la fois des aides,
15:28notamment MaPrimeRénov'
15:30qui permet de financer la rénovation
15:31d'énormément de foyers français.
15:34Le bilan, il est extrêmement bon.
15:36C'est long, c'est parfois un peu compliqué.
15:38Je sais que...
15:39Oui, c'est d'accord,
15:39mais vous sortez,
15:40vous voyez le prix à la pompe, là.
15:41Bien sûr.
15:42Mais attention,
15:43si on dit d'un côté
15:45on supprime quelque chose qui coûte,
15:49mais y compris à des Français
15:51qui ont encore les moyens de rouler
15:54et on va enlever des aides
15:55à des gens qui n'auraient pas
15:56les moyens de rénover leur logement
15:58et qui auront des factures de gaz
15:59ou des factures de fuel à la fin
16:01qui font qu'ils ne pourront plus
16:02se chauffer du tout.
16:03Moi, je préfère la méthode
16:04qui est proposée par Sébastien Lecornu,
16:06qui consiste à dire
16:06des aides ciblées
16:08pour ceux qui...
16:09Étant donné les finances publiques...
16:10Exactement.
16:11Qui sinon renonceraient à une activité.
16:13Il a pris tout à l'heure
16:14à l'Assemblée nationale
16:14l'exemple des pêcheurs
16:15en disant que les pêcheurs,
16:16si on ne les aide pas,
16:17pour le coup,
16:18ce n'est plus rentable
16:19pour eux de sortir en mer.
16:20Donc, pas question
16:21de toucher au C2E.
16:23À un moment donné,
16:23l'infirmière qui se pose la question
16:25d'aller faire sa tournée
16:26parce que ça lui coûte plus cher
16:27que ce qu'elle gagne,
16:28là, il faut évidemment
16:28qu'on aide
16:29et qu'on accompagne.
16:30Mais les C2E,
16:31c'est la rénovation énergétique
16:33des bâtiments,
16:33c'est le leasing social
16:35pour les voitures électriques,
16:37c'est le projet leasing social
16:39pour les pompes à chaleur
16:40qui devrait arriver
16:41très prochainement.
16:42C'est un accompagnement
16:43long terme des Français.
16:44Attention à ne pas abîmer
16:45quelque chose
16:46qui aujourd'hui fonctionne.
16:47Votre légitimité
16:48du ministère des logements,
16:50c'est...
16:51En fait, vous aviez écrit
16:52un rapport sur les logements,
16:55notamment dans les zones
16:57difficiles, tendues.
16:58On se souvient
16:58de ce qui vous est arrivé
16:59lorsque vous étiez
17:00maire de la Haie-les-Roses.
17:03Lorsque vous voyez
17:04ce qui se passe actuellement
17:05avec tous les narcotrafiquants,
17:09avec ce qui se passe
17:09dans des barres HLM,
17:13qu'est-ce que vous vous dites ?
17:14Est-ce que vous dites
17:15qu'il faut absolument
17:18reloger les familles
17:19qui sont victimes, justement,
17:23de ces narcotrafiquants ?
17:25Il y a deux choses essentielles.
17:27D'abord, mon soin le plus profond,
17:29c'est de nettoyer ces quartiers
17:30de ces narcotrafiquants.
17:33Et de tous ces trafics
17:34qui gangrènent la vie
17:35de ces millions de Français.
17:36Il y a 5 à 6 millions de Français
17:38qui habitent dans des quartiers
17:39dits prioritaires.
17:40Et pour le coup,
17:42il faut qu'on les protège.
17:43Parce que, rappelons-le quand même,
17:44le logement social,
17:45ces quartiers de logements sociaux,
17:47c'est la solidarité nationale
17:48qui les finance,
17:49parce qu'on a considéré
17:50dans notre pays
17:50qu'il fallait protéger
17:52ces familles,
17:52sinon elles n'auraient pas eu
17:53un toit d'essence
17:54sur leur tête.
17:55Et donc, leur donner un toit,
17:56mais laisser le hall,
17:58l'immeuble,
17:59ou la cité,
17:59aux mains des narcotrafiquants,
18:00c'est évidemment impossible.
18:02Et donc, c'est pour ça
18:03qu'on va continuer à travailler
18:04et dès vendredi prochain,
18:06on travaillera autour
18:07du Premier ministre
18:07avec tout un tas de ministres
18:09pour trouver des solutions
18:10encore plus offensives.
18:12Ensuite, vous avez l'urgence...
18:13Mais vous savez,
18:13c'est ce que demande Amine Kassissi
18:14qui a vu son frère aîné
18:16et puis après son frère Kadesh
18:17le faire assassiner à Marseille.
18:19J'allais citer Amine
18:19que j'ai eu
18:22à plusieurs reprises
18:23d'occasion de voir
18:24et on a beaucoup échangé ensemble.
18:26Il y a un sujet
18:27sur l'urgence absolue
18:28de reloger certaines familles.
18:30C'est vrai, évidemment,
18:31des familles victimes,
18:32ça va de soi,
18:33mais aussi tout simplement
18:34parfois des familles
18:35qui sont sous la menace
18:38contrainte
18:39de participer au narcotrafic.
18:40Vous habitez
18:41dans un logement social,
18:42on vient vous voir
18:43avec une arme à feu
18:43et on vous explique
18:44que vous allez garder
18:45le petit colis
18:45pendant un mois et demi
18:47sans que vous arrivez
18:48des bricoles.
18:49La plupart des gens
18:49se disent
18:50je pense à mes enfants,
18:51je pense à ma sécurité
18:53et sinon,
18:54qui me protégera ?
18:54Et malgré tout,
18:55vous avez parmi ces personnes
18:56des gens qui trouvent le courage
18:58d'appeler la police.
18:59Mais vous imaginez bien
19:00que si ce sont des vigies,
19:05des gens capables
19:05d'informer la police
19:06qui permettent
19:07de résoudre
19:08des narcotraffics,
19:08il faut absolument
19:09qu'on les protège,
19:10qu'on les accompagne
19:11et donc qu'on les aide
19:12à se reloger,
19:12ça va de soi.
19:13Les préfets sont très vigilants
19:15sur ces sujets-là,
19:16essayent autant que faire se peut,
19:17mais probablement
19:18qu'on peut rendre
19:19les choses encore plus réactives.
19:20Donc, vous dites
19:21qu'il ne faut surtout pas supprimer,
19:22on sait qu'il faut faire
19:23des économies partout,
19:25surtout pas supprimer,
19:26l'ANRU,
19:27même si certains disent
19:28que ça coûte cher,
19:29parce que c'est ça,
19:30c'est ça qu'avait créé
19:31Jean-Louis Borloo,
19:32qui a fait qu'il a pu refaire
19:33complètement certains quartiers.
19:35Merci de rappeler
19:36que Jean-Louis Borloo
19:36a eu cette idée brillante
19:38de créer une entité
19:40qui a permis
19:40de mobiliser des sous
19:41pour aller aider
19:43des communes
19:43qui ont pu rénover
19:45des quartiers entiers
19:46et sans le soutien de l'État,
19:47ils n'auraient pas pu le faire.
19:48Mais je voudrais battre en prêche
19:50l'idée que ça coûte cher
19:51ou plutôt exactement
19:52à qui ça coûte.
19:53Parce que l'ANRU,
19:55il y a eu l'ANRU 1,
19:56donc la rénovation urbaine
19:57numéro 1,
19:58puis le 2,
19:59et on vient d'annoncer
20:00avec le Premier ministre
20:00le volet 3.
20:01En moyenne,
20:02ça a coûté
20:0310 et 12 milliards d'euros
20:06investis au départ.
20:07Ça en a produit
20:09en termes de chantier,
20:10en termes d'emploi,
20:11en termes de recettes,
20:12à chaque fois plus de 40 milliards,
20:13même 45 milliards
20:15pour l'ANRU 2.
20:17D'une part.
20:18Et deuxièmement,
20:19c'est pas l'État qui abonde,
20:20c'est d'abord et avant tout
20:21les entreprises.
20:22Puisque vous vous souvenez
20:23de ce qu'on appelle...
20:23Encore une fois,
20:24c'est les entreprises
20:24qui prennent...
20:25Oui, mais elles le font
20:26de bon cœur
20:26parce que vous vous souvenez
20:27de ce qu'on appelait
20:28à l'époque
20:28le 1% patronal.
20:29Aujourd'hui,
20:30c'est porté par une structure
20:31qui s'appelle Action Logement
20:32et Action Logement
20:33est le premier financeur
20:35de l'ANRU.
20:36Et ils le font de bon cœur
20:37parce que ça permet
20:38de loger des salariés
20:39dans de bonnes conditions.
20:40Deuxième financeur
20:41sont les bailleurs sociaux
20:42eux-mêmes.
20:42Le troisième,
20:43c'est la Caisse des dépôts.
20:44L'État arrive en dernier
20:45avec 10% du financement.
20:51Et sur 10% de 10 milliards,
20:52on a 44-45 milliards
20:55d'investissements
20:55pour le pays.
20:56Objectivement,
20:57c'est rentable.
20:58C'est rentable.
20:59Heureusement qu'il y a
20:59les entreprises.
20:59On change la vie des gens.
21:00Heureusement qu'il y a
21:01les entreprises.
21:01Évidemment,
21:02on aime les entreprises.
21:02Merci beaucoup,
21:03Vincent Jeanbrun,
21:04d'avoir été avec nous.
21:05Le ministre du Logement
21:07et de la Ville,
21:08c'est très important.
21:09Merci d'avoir été avec nous.
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