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  • il y a 4 mois
Jeudi 30 avril, Hedwige Chevrillon a reçu Thierry Laborde, directeur général délégué de BNP Paribas, dans l'émission La Grande Interview sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez-la en podcast.

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00:01Le 18-19 d'Edvie Chevrillon
00:07Vous êtes bien dans le 18-19, on a été chez Thierry Laborde, il est directeur général délégué de BNP
00:12Paribas.
00:12Bonsoir Thierry Laborde.
00:13Bonsoir Edvie Chevrillon.
00:14Merci d'être là, surtout qu'on a vu plutôt finalement un relativement bon accueil en bourse.
00:21Ce matin c'était un peu plus violent, mais il faut dire qu'on va publier des résultats records sur
00:25le premier trimestre.
00:26On va y revenir dans un instant, mais forcément on va commencer par la conjoncture avec la panne de croissance
00:33française, mais pas que.
00:35Est-ce que ça vous inquiète ? Comment vous voyez ?
00:37Ça c'est le premier trimestre, mais évidemment, il y a ce qui suit avec les risques d'inflation.
00:43C'est ce que pas moi qui le dis, c'est Christine Lagarde, la vraie suivante de la Banque Centrale
00:46Européenne.
00:47Comment est-ce que vous voyez cette situation économique de la France ?
00:50Alors, vous l'avez vu dans nos résultats, on a revu un peu nos perspectives macroéconomiques,
00:56puisqu'on a fait une dotation de prévision, c'est une sécurité, de l'ordre de 60 millions d'euros
01:02sur le premier trimestre,
01:03qui anticipe quelque part, ou qui matérialise un scénario macroéconomique un peu plus porteur que le scénario précédent que nous
01:11avions dans nos estimations.
01:12Donc c'est un peu moins de croissance, un peu moins porteur.
01:15Ah oui, vous avez dit plus porteur.
01:16Un peu moins porteur.
01:18Un peu moins porteur.
01:26Mon temps qui reste très raisonnable.
01:27Oui, donc ça veut dire de l'inquiétude, mais...
01:31De la vigilance.
01:32De la vigilance plus de l'inquiétude.
01:34Et puis de l'accompagnement des clients, puisqu'encore une fois, par rapport à ces difficultés, les clients ne sont
01:38pas égaux.
01:38Il y a des secteurs qui sont plus touchés que d'autres.
01:40Et dans les secteurs, il y a des clients plus touchés que d'autres.
01:44Et vos anticipations sur 2026, l'ensemble de l'année ?
01:50Un peu moins de croissance, un petit demi-point de moins de croissance.
01:53Donc on s'enroule entre 0,6-0,9 quand on regarde la France par exemple,
01:57et un peu plus d'inflation autour de 1,7-2,2, alors qu'on était plutôt autour de 1
02:02,1,5.
02:03Donc voilà, ça reste, et tout dépend encore une fois, de la durée du conflit au Moyen-Orient,
02:08puisque c'est ça qui est un peu le facteur clé.
02:11Comme dirait le Premier ministre hier, plus la crise dure, plus ça sera dur.
02:16Oui, c'est un peu vrai, oui.
02:17Oui, c'est un peu vrai.
02:18Mais moi, je ne crois pas à un scénario de...
02:19Chez BNP Paribas, il n'y a pas de scénario noir.
02:22Non, il n'y a pas de scénario noir.
02:23On a toujours des scénarios pessimistes quand on fait nos budgets,
02:26mais on n'est pas sur ce scénario aujourd'hui du tout.
02:29D'accord.
02:29Non, mais c'est important de le dire, parce que BNP Paribas, on va quand même le rappeler,
02:32c'est la première banque européenne.
02:33Donc forcément, ça a un impact de votre voix.
02:36Vous avez suivi, j'imagine, la décision de la Banque Centrale Européenne.
02:41La fédérale, enfin il y avait la Banque du Japon, etc.
02:43Les taux sont maintenus, pour la BCE c'est à 2%,
02:48avec cette alerte de Christine Lagarde, encore une fois, sur les anticipations d'inflation.
02:54Est-ce que pour vous c'est une bonne chose,
02:57ou vous pensez que peut-être qu'ils auraient dû baisser leur taux d'intérêt ?
03:01On voit bien que ça commence à être un peu dans le pipe, si vous me permettez cette expression.
03:05Alors on n'anticipait pas de mouvement sur cette réunion de Banque Centrale.
03:09On l'anticipe plutôt en juin, avec éventuellement une deuxième remontée un peu plus tard dans l'année.
03:14C'est ça l'anticipation du marché.
03:16Nous, quelque part, dans un range, dans un corridor entre 2 et 3%,
03:20c'est très bien pour nous, ça ne nous pose pas de difficultés majeures.
03:24C'est d'ailleurs un peu ce qui a suscité cette réaction sur les banques françaises aujourd'hui.
03:28Et c'est plutôt l'allô de la France, là.
03:30Donc une croissance zéro au premier trimestre, une inflation un peu plus haut,
03:35quand même une anticipation d'un budget 2027 qui pourrait être difficile,
03:40des élections présidentielles à venir.
03:42Donc il y a peut-être ce allô qui est plutôt le allô français.
03:45Et c'est vrai qu'aujourd'hui, quand vous êtes un investisseur ou un analyste,
03:48vous dites, est-ce que je vais plutôt recommander une banque française
03:51plutôt qu'une banque espagnole très présente sur l'Amérique du Sud ?
03:54C'est ça qui s'est produit aujourd'hui.
03:56Après, il faut que les analystes qui ont eu beaucoup de travail aujourd'hui,
03:59il y a eu 7 publications bancaires dans la même journée,
04:02il faut que chacun analyse un peu tout ça et tout ça va se...
04:04Et on l'a vu dans la séance, nous on a dû passer d'un moins 5 en début de
04:07séance
04:08à un moins 1,5.
04:09C'était violent au départ.
04:10Voilà, il a fallu que les gens digèrent.
04:11Oui, que les gens digèrent.
04:13Au départ, un tout petit peu déçus par ces publications de résultats, la vôtre.
04:19Et puis finalement, c'est vrai que le marché est revenu dessus en disant
04:22qu'il y a des côtés très positifs.
04:24On va commencer par les côtés positifs.
04:25Alors oui, bien sûr, parce que c'est essentiellement positif.
04:28Un bénéfice record ?
04:29Bénéfice record sur un premier trimestre, 3,217 milliards.
04:33Une très bonne croissance des revenus, c'est ça qui est important.
04:36Une top line, comme on l'appelle, à 8,5% de croissance.
04:39Quand vous regardez par rapport aux autres...
04:41Le produit net bancaire, on va rappeler que c'est l'équivalent du sud d'affaires.
04:43Que les revenus, voilà.
04:44Les revenus d'une banque, ça s'exprime par le produit net bancaire.
04:468,5% de croissance, là c'est au meilleur niveau de ce qu'on peut voir en Europe.
04:51Une bonne maîtrise des coûts.
04:53Et puis quand on regarde les différents pôles, il y a trois caractéristiques.
04:58Sur les banques commerciales, un rebond qui est vraiment confirmé.
05:01Nos banques commerciales en Europe ont des revenus qui croisent de 8% sur le trimestre.
05:05Et ça, ça va continuer.
05:06C'est vraiment poussé par le scénario de taux, mais pas seulement.
05:09Aussi une bonne activité de conseil.
05:11Il y a beaucoup d'épargne dans ces périodes où les agents économiques sont un peu incertains.
05:16Ils épargnent, ils mettent de côté.
05:18Et ça, nous sommes une grande banque d'épargne.
05:20C'est la première chose sur les banques commerciales.
05:22Ensuite, sur le pôle de gestion d'actifs.
05:24Et là, on vient de faire apparaître sur ce trimestre que ça représente.
05:27Ça devient le premier pôle de gestion de l'épargne longue des Européens.
05:33Et quand on voit ce qui arrive sur l'union de l'épargne et de l'investissement,
05:37d'être placé avec cette capacité de conseiller nos clients
05:41et de pouvoir placer ses actifs, c'est vraiment important.
05:44Et puis le troisième pôle, qui est le pôle de banque d'investissement,
05:47qui est pénalisé par un effet de change, mais qui gagne des parts de marché.
05:50Petite sous-performance.
05:51Pas sous-performance.
05:52Il est conforme d'ailleurs à ce que prévoyaient les analystes.
05:55Il n'y a aucune sous-performance.
05:56Et au total, je rappelle que le total, c'est 10% mieux que le consensus.
06:00– Oui, mais c'est quand même moins 0,8%.
06:03Vous voyez, j'ai retrouvé mes chiffres.
06:04– Oui.
06:05– Puisqu'on est dans une bataille de chiffres, Thierry, là-bas.
06:07– Oui, mais 3,5% en change constant.
06:10– Tiens, vous faites des bénéfices exceptionnels, vous êtes d'accord ?
06:15Qu'est-ce que vous pensez de la surtaxe, les surprofits totales ?
06:19Est-ce qu'il faut les taxer ou pas ?
06:21Il y a des propositions de loi là-dessus.
06:23Est-ce que vous trouvez qu'effectivement, c'est un côté un peu indécent
06:26de voir ces profits exceptionnels ?
06:29– C'est une compétition mondiale, si vous voulez.
06:31Nous, nous sommes en compétition avec des banques européennes,
06:33avec des banques américaines sur certains marchés.
06:36Donc, la compétition est rude.
06:38Encore une fois, la rentabilité de certains secteurs est supérieure à la nôtre.
06:41Donc, nous, on s'est engagés dans un plan avec des objectifs en 26.
06:45– Voilà, mais sur TotalEnergie ?
06:48– Sur TotalEnergie, je crois que l'entreprise a pris les décisions qu'il fallait.
06:52C'était en plafonnant ses prix.
06:53C'est la meilleure des réponses.
06:55Et elle l'a dit quand même assez tôt, en plafonnant le prix de l'essence, je crois, à 1
06:58,99.
06:59Donc ça, c'est quand même un signe qui envoie directement la réponse
07:03à l'utilisateur de son véhicule.
07:05Donc, je pense que c'est la meilleure des réponses,
07:07plus haut que d'aller chercher le réflexe un peu pavlovien en France,
07:11qui est de penser taxe, taxe et taxe.
07:13– Oui, taxe, oui, non, mais vous êtes d'accord que derrière,
07:16il y a quand même une logique pour le citoyen français, non ?
07:18– Oui, mais quand vous plafonnez le prix du carburant à la pompe,
07:23quand vous l'avez fait assez tôt, que vous continuez à mettre en place cette mesure,
07:26vous la confirmez, vous faites même un effort,
07:28ce que j'ai vu passer aujourd'hui sur le diesel,
07:30c'est quand même, voilà, l'entreprise quand même tient compte de ces éléments-là
07:34et prend des décisions qui me semblent à bon niveau.
07:37– Et quand vous voyez aujourd'hui l'importance d'avoir quand même une compagnie pétrolière,
07:41une majeure, comme on dit, française,
07:43est-ce que vous ne regrettez pas que BNP Paribas n'investisse plus dans TotalEnergie ?
07:46– Ce n'est pas ça, ce n'est pas qu'on n'investit plus,
07:48on continue à financer des projets de Total,
07:50sauf les produits d'extraction pétrolière, c'est très différent.
07:54Les projets de transition énergétique de Total, on les finance,
07:57et on est très heureux de les financer.
07:59Nous, nous sommes sortis, c'est un choix, de l'extraction pétrolière.
08:02– Oui, mais quand vous voyez aujourd'hui ce qui se passe,
08:05vous ne vous dites pas, bon, peut-être qu'on aurait dû continuer,
08:08mais du coup, le total est allé se faire lister à New York.
08:13– Mais elles n'ont pas besoin de nous, elles n'ont pas besoin de banques
08:15pour financer les projets d'extraction,
08:18puisque, vous regardez, les cash flows sont très largement suffisants pour les financer.
08:21– Et c'est majoritairement des fonds anglo-saxons chez Total.
08:26– Oui, ça c'est les actionnaires.
08:28– Oui, les actionnaires, oui.
08:28– Mais chez nous aussi, une bonne partie du capital est détenue par des investisseurs longs,
08:33nord-américains ou asiatiques, par exemple.
08:36Mais encore une fois, pour revenir au sujet que vous évoquez,
08:38ce qui semble important, nous, notre politique,
08:40c'est sortir du financement de l'extraction,
08:42et d'ailleurs les majeurs n'ont pas besoin des banques pour les financer.
08:45Ça se finance par les cash flows.
08:46Et en revanche, c'est de financer tous les projets de transition,
08:49ce que nous continuons à faire ardemment.
08:52Et je vous invite à regarder dans la publication de nos résultats,
08:55il y a des exemples très concrets de financement de transition énergétique tout à fait parlant.
09:00– On dit quand même un mot sur la question du coût du risque.
09:05Le coût du risque a monté un peu partout.
09:08Chez vous, il a augmenté de 21%,
09:11donc c'est quand même important.
09:13Comment vous l'expliquez ?
09:14Et est-ce que c'est peut-être le clignotant
09:17qu'il faudra surveiller encore au moins sur toute l'année,
09:20et peut-être l'année prochaine,
09:22lorsqu'on voit ce choc économique qui est en train de nous tomber dessus ?
09:24– Il y a une explication, Sam, sur le 20%.
09:27L'année d'avant, on avait des reprises de provisions statistiques.
09:30On n'en a pas ce trimestre-là,
09:32mais quand vous regardez les provisions qui sont allouées à des risques matérialisés, spécifiques,
09:40ça augmente d'une ampleur beaucoup plus faible.
09:42Mais bien sûr, la vigilance dans un univers plus incertain est de mise,
09:46donc c'est des choses que l'on regarde bien sûr,
09:48et on sait accompagner nos clients pour leur donner les bons conseils
09:50pour passer cette période.
09:53– Le taux de créance douteuse, il reste toutefois relativement bas.
09:57– 1,60.
09:58– Donc pas d'inquiétude.
10:00– Et sur le coût du risque, c'est des gros dossiers,
10:02souvent c'est lié à des gros dossiers,
10:03est-ce que c'est faire, casino ?
10:05C'est sûr qu'il y a le gros dossier, qu'il y a ce coût du risque qui progresse
10:07?
10:07– On ne cite jamais de dossier individuel,
10:09on ne cite jamais de dossier individuel.
10:10Là, ce qu'il y a ce trimestre,
10:13c'est une provision statistique
10:14qui n'est pas affectée à un risque spécifique,
10:17qui est là pour anticiper
10:20une probabilité de dégradation
10:21du scénario macroéconomique.
10:23c'est les 60 millions que j'évoquais tout à l'heure.
10:25Mais ça, ce n'est pas affecté,
10:27on l'utilisera sans doute demain,
10:29si des risques se dégradent,
10:30mais ce n'est pas affecté à une dégradation d'un risque spécifique.
10:33– En même temps, lorsqu'on regarde,
10:34ne serait-ce qu'au premier trimestre,
10:36l'année dernière, il y a eu plus de 77 000
10:39ou 70 000 faillites en France,
10:41on voit bien que le taux de faillite est en train de progresser,
10:44ce qui n'a rien d'étonnant dans ce contexte difficile.
10:47Est-ce que ça a forcément un impact aussi
10:49chez BNP Paribas ?
10:50– Alors d'abord, sur le taux de défaillance,
10:52il faut le mettre en rapport au taux de création.
10:54Parce que le taux de création d'entreprise en France,
10:56il augmente plus que le taux de défaillance.
10:58– Oui, c'est pas la même entreprise.
10:59– Donc vous avez quand même une rotation,
11:00ça c'est statistique.
11:02Plus vous créez d'entreprise,
11:04plus le pourcentage de défaillance
11:07va augmenter dans la durée.
11:08– Vous regardez comme moi,
11:10les dossiers notamment industriels,
11:12vous voyez bien la difficulté dans laquelle se trouve
11:15quand même cette entreprise en France.
11:15– Pour certains, c'est vrai,
11:17mais par rapport aux défaillances,
11:18ce n'est pas ça le sujet,
11:19c'est plus sur des petites entreprises,
11:21sur quelque part la rotation assez classique.
11:23– Donc pour vous, il n'y a pas de problème.
11:25– En tout cas, nous ce que nous voyons,
11:26– Vous n'avez aucun dossier difficile.
11:28– Nous voyons des taux de recouvrement,
11:29il y en a toujours un peu,
11:30on les accompagne,
11:31mais nous voyons des dossiers de recouvrement
11:33qui au premier trimestre ont baissé en nombre.
11:35– Oui, en France.
11:36– D'accord, donc ça c'est aussi…
11:38– C'est 20% de baisse au premier trimestre
11:39en nombre de dossiers entrant en recouvrement
11:41chez BNP Paribas dans nos activités en France.
11:43– Lorsque vous regardez, vous l'avez dit,
11:47la gestion d'actifs, ça fait partie du plan stratégique
11:50qu'a mis en place votre président,
11:52Jean-Laurent Bonafé.
11:53Il y a eu cette reprise très importante,
11:55c'est un peu la première fois qu'on la voit fonctionner à plein.
11:58– Exactement.
11:58– C'est la reprise de AXA AIM.
12:01Donc ça fait qu'aujourd'hui,
12:03vous avez un pôle de gestion d'actifs
12:06qui atteint 2 000 milliards d'euros.
12:09– C'est ça, qui est le deuxième en Europe
12:10et le premier sur la gestion de l'épargne longue des Européens.
12:12– Oui, et vous en faites quoi ?
12:13– Eh bien on en fait justement pouvoir placer cette épargne
12:18dans tous les investissements que réclame l'Europe,
12:20dans les infrastructures, dans la défense.
12:22On a beaucoup investi, vous savez,
12:24en financement et en investissement dans la défense.
12:26On a collecté beaucoup d'épargne sur des sujets défense.
12:30C'était un grand succès de l'année 25 et de ce début de l'année.
12:32– De quelle manière ?
12:33Parce qu'il y a un moment,
12:34vous aviez décidé aussi de sortir du secteur de la défense.
12:38– Ah non, jamais.
12:38– BNP Paribas, jamais.
12:38On le disait peut-être un peu moins,
12:40c'était pas un sujet qui était à la mode.
12:41Mais on continue à financer massivement la défense.
12:44C'est 25 milliards d'engagement de BNP Paribas,
12:47du crédit, des crédits export,
12:50des crédits aux grands industriels de la défense,
12:53des financements des PME,
12:54des financements en fonds propres.
12:56On a par exemple investi 260 milliards sur nos fonds propres,
13:00au capital de PME qui sont dans la base,
13:02dans la BITD,
13:04dans la base industrielle de la défense française,
13:06sur des PME qui parfois pouvaient manquer un peu de fonds propres.
13:09Et puis l'autre côté, c'est la gestion d'actifs,
13:12c'est bâtir pour nos clients épargnants,
13:15particuliers, particuliers fortunés, family office,
13:18des produits structurés, des fonds dédiés,
13:21des ETF qui sont liés au sous-jacent défense ou souveraineté
13:25et qui ont remporté un grand succès.
13:27Est-ce que vous croyez que dans le fléchage
13:32de l'épargne des Français, qui est colossale,
13:34vers des PME, vers des PME de la défense justement,
13:37c'est ce qu'essayent de faire BPI France,
13:39mais on voit que c'est compliqué.
13:40Lorsque notamment les fonds défense qui ont été créés,
13:42les Français ne sont pas tellement au rendez-vous.
13:44En tout cas, nous, sur les produits structurés,
13:46sur les produits qu'on peut proposer,
13:48dans de la gestion d'actifs diversifiés,
13:50bien sûr, ce n'est pas un seul produit d'investissement.
13:53C'est dans le cadre d'une diversification
13:54de vos placements d'épargne.
13:56On a encore une fois des progressions sur ce thème
13:59de la souveraineté et de la défense,
14:01des progressions très significatives de nos collectes.
14:04Aujourd'hui, lorsqu'on voit les taux bas,
14:05on voit la décollecte sur le livret A,
14:08parce qu'on est avec des taux jusqu'à présent
14:10qui étaient sur une tendance baissière.
14:12Là, on voit bien qu'il y a un inversement de la courbe, évidemment.
14:16Quels sont les placements aujourd'hui les plus sollicités ?
14:21Ça dépend beaucoup des pays,
14:22mais en France, c'est l'assurance-vie.
14:24L'assurance-vie, c'est des taux de collecte,
14:25en collecte brute et en collecte net très importants.
14:28C'est vrai qu'on s'est offrir aujourd'hui des rendements
14:30sur un nouvel épargnant qui veut investir
14:32sur de l'assurance-vie qui sont de très, très, très bon niveau,
14:36avec des produits un peu bonusés, un peu boostés,
14:39qui permettent d'être très attractifs.
14:41Donc, c'est majoritairement l'assurance-vie.
14:43Et à l'intérieur de l'assurance-vie,
14:44pas seulement du fonds euro,
14:46pas seulement la garantie en capital,
14:48mais aussi beaucoup d'unités de compte
14:49avec beaucoup de diversification offerte à nos épargnants.
14:53Est-ce que vous redoutez que dans le cadre du budget 2027,
14:58discussion, il y avait déjà eu une tentative
15:01pour le budget 2026,
15:03qui est une taxation sur l'assurance-vie.
15:06Est-ce que c'est pour vous une menace importante ?
15:10Ça ne serait sans doute pas un bon signal,
15:12parce que le vecteur de collecte d'épargne en France
15:15qui permet justement de répartir ensuite
15:18vers l'investissement des entreprises,
15:20beaucoup en actions, en obligations, en infrastructures.
15:24Il faut bien imaginer, vous parliez tout à l'heure
15:25de l'acquisition d'Axayem,
15:27qui est maintenant complètement intégrée
15:29dans notre activité d'asset management.
15:31C'est aussi la capacité d'amener cette épargne
15:35pour flécher et pour financer des infrastructures en Europe.
15:37Et ça, on sait bien qu'il y a un énorme programme
15:40d'investissement européen dans tous ces pays européens
15:42pour développer les infrastructures, la défense
15:45et le développement dans l'innovation, l'IA, etc.
15:49Et donc ça, on a besoin de ces acteurs
15:51qui font la collecte de l'épargne
15:53pour la réinvestir derrière.
15:54Vous investissez combien dans l'intelligence artificielle ?
15:57Et où est-ce que ça va servir,
16:00notamment à remplacer les employés dans les agences ?
16:04Non, dans les agences, je ne pense pas
16:06dans la relation commerciale.
16:07On aura toujours besoin d'une relation humaine.
16:09En revanche, sur des choses plus répétitives,
16:11sur des choses plus mécaniques.
16:13Aujourd'hui, par exemple, on discutait
16:15avec toutes les équipes des banques commerciales
16:16sur la façon de livrer, ça arrive,
16:19c'est le cas chez EloBank, c'est déjà le cas aujourd'hui,
16:21des agents virtuels qui permettent, encore une fois,
16:25de traiter automatiquement
16:26et avec des cas très appréciés par les clients
16:30et d'éviter d'aller se reporter
16:33sur de l'assistance téléphonique.
16:35Vous voyez, le cas d'EloBank, on a livré ça
16:37en tout début d'année, c'est aujourd'hui 50% de moins
16:40d'interactions avec des opérateurs téléphoniques
16:43qui, eux, peuvent faire autre chose,
16:44et plutôt que de recevoir des appels un peu mécaniques,
16:47pouvoir appeler les clients
16:48pour leur proposer autre chose.
16:50Oui, les appels sont souvent très mécaniques,
16:52je vous confirme.
16:53Ça permet de faire des choses beaucoup plus intéressantes
16:54pour les collaborateurs.
16:55Un point, on parlait à l'instant de la gestion d'actifs,
16:58on en parle beaucoup,
17:00on ne le voit toujours pas sortir,
17:02la question de l'union des marchés des capitaux,
17:05pourtant, ça fait je ne sais pas combien d'années
17:07qu'on en parle, il y a eu en plus le rapport
17:08d'André Coletta, de Mario Draghi aussi,
17:11qui en a parlé.
17:13Est-ce que vous avez le sentiment
17:14que ça progresse quand même un peu ?
17:17Ou pas où on va se retrouver dans un an,
17:20faire la même interview,
17:21et on sera toujours en train de parler
17:22de la possibilité de l'union des marchés des capitaux.
17:26Alors aujourd'hui, vous savez que c'est l'union
17:27de l'épargne et de l'investissement,
17:28c'est une nature un petit peu différente.
17:30On est d'accord.
17:31Et là, il y a un texte, il n'est pas encore public,
17:33mais il y a un texte qui va circuler,
17:35et qui est plutôt un texte, on a été sollicité,
17:37on a répondu à ces consultations,
17:39et ce texte va plutôt dans le bon sens.
17:41Alors il faut être un petit peu patient,
17:43il faut que ce texte soit public,
17:44qu'il soit discuté,
17:45dans les différentes instances européennes,
17:47mais au travers de ce que nous en savons,
17:49c'est un texte qui va plutôt dans le bon sens,
17:51pour faciliter justement la fluidité.
17:53C'est quoi plutôt dans le bon sens,
17:54concrètement, vous l'avez lu, et pas nous ?
17:56Les deux points importants, c'est quoi ?
17:58Par exemple, c'est la titrisation,
18:00ça c'est très important,
18:01cette capacité un peu industrielle
18:03de déhaler les bilans bancaires
18:05sur des investisseurs qui en sont friands,
18:07pour pouvoir aller financer justement
18:09tous ces sujets d'investissement en Europe,
18:12ça c'est un premier point.
18:13Et puis le deuxième point,
18:14d'avoir des mécanismes un peu simples
18:16de fléchage des produits d'épargne.
18:18Oui, donc ça c'est un point.
18:21Une question, est-ce que hier,
18:24j'ai briefé chez le co-frère de BFNPV,
18:27l'interview qu'il avait donnée
18:28de Jordan Bardella,
18:30et qui disait que les banques françaises,
18:33un, la rencontre,
18:35ne s'était pas faite,
18:37comme ça s'est fait avec
18:37d'autres grands patrons du MEDEF,
18:40et puis qu'il n'y avait aucun,
18:42aucune banque française ne voulait
18:45financer le Rassemblement National ?
18:46Est-ce que BNP Paribas veut,
18:49enfin éventuellement,
18:50si le RN se tourne vers vous,
18:52est-ce que vous financeriez
18:54la campagne présidentielle
18:55du Rassemblement National ?
18:56Alors, ces choses sont très simples,
18:58nous on ne finance pas
18:59de parti politique.
19:00Pour une raison assez simple,
19:01aucun.
19:02Pour une raison assez simple,
19:04c'est quand vous cherchez,
19:05quand on met de la dette,
19:06il faut qu'il y ait des cash flow
19:07pour rembourser la dette.
19:08Et dans le modèle économique
19:09d'un parti politique,
19:10il est difficile de trouver
19:11des cash flows
19:12pour rembourser la dette.
19:13En revanche,
19:14on ne s'interdit pas
19:15de financer des candidats
19:17qui sont des clients
19:18de BNP Paribas
19:19et qui ont un projet
19:20qui peut être
19:21une élection municipale,
19:23une élection judiciative,
19:24voire une élection présidentielle.
19:26Ça, on ne se l'interdit pas.
19:27Et on juge le projet du candidat,
19:29quelle que soit l'élection
19:31à laquelle il candidate,
19:32sur son mérite propre.
19:33D'accord, donc ça veut dire
19:34si c'est Marine Le Pen
19:35qui est choisie au lendemain
19:37du 7 juillet,
19:37c'est là où il y a
19:38la décision judiciaire
19:39concernant son avenir,
19:41si elle vient vous voir
19:41avec son projet,
19:42vous pourriez la financer.
19:43Si elle est cliente.
19:44Si elle est cliente.
19:45On finance nos clients
19:46parce qu'on connaît nos clients.
19:47Oui, ça c'est un peu bizarre
19:50comme ça.
19:51Non, non, c'est la réponse
19:51très claire.
19:52Il suffit qu'ils ouvrent.
19:52Vous savez, c'est assez simple.
19:53Il suffit qu'ils ouvrent
19:54un compte.
19:54C'est assez simple.
19:55C'est assez simple.
19:56Un client, il a son QYC.
19:58Et qui décide ?
19:59Ah ben c'est quelque part.
20:00Non, non, mais parce que
20:01vous avez dit
20:01que ça dépend du projet présidentiel.
20:03Ça dépend déjà
20:03si le candidat est client.
20:05Ils vont ouvrir un compte.
20:07Il faut qu'il soit client,
20:09qu'on ait cliné son QYC,
20:11sa connaissance client.
20:12Ça veut dire par exemple
20:13pas de condamnation.
20:14Parce qu'on n'ouvre pas de compte
20:15des clients qui ont été condamnés,
20:16en tout cas des prospects
20:17qui ont été condamnés.
20:18Et après, regardez
20:20le mérite propre du candidat,
20:21c'est-à-dire sa capacité
20:22à avoir plus de 5%
20:25lors du premier tour
20:26de l'élection présidentielle.
20:26Ça c'est le cas
20:26du Rassemblement National
20:27ou d'un Jordan Bardella.
20:28Mais qui prendra la décision ?
20:30C'est à votre niveau ?
20:32C'est au niveau de Jean-Laurent Blanfé ?
20:34Non, la règle est celle
20:35que je viens de vous décrire.
20:36Dans la banque commerciale
20:38en France,
20:39pour un client,
20:40je le rappelle,
20:40pour un client
20:41et non pas un non-client,
20:42pour un client,
20:43les règles sont précises,
20:45il y a une instruction,
20:46il y a une procédure,
20:47comme chaque élection.
20:48C'est vrai des élections municipales,
20:50c'est vrai des élections législatives,
20:52c'est vrai des élections présidentielles.
20:54Et d'ailleurs,
20:54sur les dernières municipales,
20:55les candidats se sont tous
20:57très bien financés.
20:57Vous n'avez jamais entendu
20:59où marginalement,
21:00il y a eu quelques cas
21:01qui ont tous été résolus.
21:02Ça coûte plus cher,
21:03une élection présidentielle.
21:04Oui, bien sûr,
21:05mais sur une législative
21:06ou une municipale,
21:07il y a des comptes de campagne,
21:08il y a des financements
21:09qui peuvent être demandés.
21:10Et pour nos clients,
21:11encore une fois,
21:12pour nos clients,
21:12que l'on connaît,
21:13on sait regarder ce type de choses.
21:15à l'élection présidentielle,
21:16parce qu'on commence,
21:16on en connaît déjà certains,
21:19que vous allez financer ?
21:21Ceux qui nous feront la demande
21:22en étant clients,
21:23on regardera leur demande.
21:24Pour l'instant,
21:24vous n'avez pas eu de demande ?
21:26Pour l'instant,
21:26si on en avait eu,
21:27de toute façon,
21:27je ne vous le dirai pas.
21:29D'accord.
21:29Ah ben voilà,
21:30ça je suis d'accord avec ça.
21:31Ça me paraissait un peu
21:32un peu étonnant.
21:34Je vous donne le cadre global.
21:36Juste,
21:37une toute dernière question
21:38sur le crédit immobilier.
21:39On voit bien
21:40qu'il y a quand même
21:42quelques alarmes,
21:44notamment avec
21:45les hausses de taux
21:46qui pourraient se profiler.
21:47Est-ce que
21:48comment sont-ils
21:49passés le premier trimestre
21:51en termes de crédit immobilier
21:52chez vous ?
21:53Chez nous,
21:54il est un peu
21:55en progression,
21:56en progression
21:57moindre.
21:58C'est en progression,
21:59c'est une petite progression.
22:00Ça ralentit.
22:00Ça ralentit un peu,
22:01c'est vrai,
22:02ça ralentit un peu.
22:03Les banques quand même,
22:03et les banques au sens large,
22:04pas seulement BNP Paribas,
22:06ont fait le travail
22:07pour amortir
22:07le choc de taux
22:08puisqu'on n'a pas
22:10répercuté aujourd'hui
22:10tout le coût
22:11de la matière première
22:12dans le coût
22:13du crédit immobilier.
22:14Ça,
22:14en fonction de l'évolution
22:15des taux,
22:16des perspectives que l'on a,
22:17on verra comment
22:18les conditions évoluent
22:19dans les mois qui viennent.
22:19Et les crédits à la consommation ?
22:21Les crédits à la consommation,
22:22ça reste relativement dynamique.
22:24Vous voyez,
22:24la croissance de notre activité
22:26de crédit à la consommation
22:27sur le premier trimestre,
22:28c'est plus de 4%
22:29d'augmentation
22:30de ces encours.
22:31Donc vous voyez
22:31que la dynamique est là.
22:33Et plus de 5%
22:34de croissance
22:35de ses revenus.
22:36Et c'est beaucoup tiré
22:38sur une activité
22:39où on est très présent
22:40auprès de grands constructeurs
22:41automobiles
22:42de financement
22:43de leurs ventes.
22:43C'est vrai de Stellantis,
22:45de quelques acteurs chinois
22:46ou de constructeurs européens autres.
22:49Oui, tiens,
22:50juste à propos d'automobiles,
22:52on va prendre encore une minute
22:53pour parler d'Arval
22:54qui est de votre filiale
22:56qui est très importante.
22:56À un moment,
22:57c'était vraiment
22:58un des nouveaux points stratégiques
23:00de votre activité.
23:01Ça l'est toujours.
23:01La location de voiture,
23:03oui, mais on voit
23:04que c'est plus difficile
23:06parce qu'on observe
23:06les résultats de Arval.
23:09Alors ce qu'il faut regarder,
23:10c'est qu'il y a un élément
23:10ponctuel
23:11et il y a un élément
23:12de long terme.
23:13Sur le long terme,
23:14la croissance organique
23:15de ces métiers
23:16est à 10%.
23:17Donc vous voyez,
23:1810%,
23:18c'est des très bons taux
23:19de croissance.
23:20Et aujourd'hui,
23:20il y a un petit momentum
23:22sur la vente
23:22de véhicules d'occasion
23:24et ce qui est nouveau
23:25depuis mars,
23:25c'est que les véhicules thermiques,
23:27les véhicules à l'essence
23:28qui étaient à un bon niveau,
23:29se sont vendus
23:30un peu moins cher
23:31depuis le conflit
23:32au Proche-Orient.
23:33Mais tout ça
23:33ne va pas être durable.
23:34On est sur quelque chose
23:35qui peut durer un an
23:36ou deux ans.
23:37Il faut quand même dire
23:37que le marché de l'occasion
23:38de la voiture électrique,
23:39il n'y en a pas pour l'instant.
23:40Enfin, il n'y en a pas.
23:40Il y en a très peu.
23:41Justement,
23:42il y en commence
23:42à en avoir un
23:43et ce qu'on voit
23:43depuis mars,
23:44ça c'est très intéressant.
23:45On voit le prix
23:46du véhicule d'occasion électrique
23:48qui remonte.
23:49Donc pour la planète,
23:50c'est plutôt un beau signal.
23:51Merci beaucoup Thierry Laborde.
23:52Merci Edwin Chevrion.
23:53C'est donc directeur général
23:54délégué de BNP Paribas.
23:56Dans un instant,
23:56justement,
23:57on va continuer à parler
23:57de croissance
23:58et puis du pétrole,
23:59quoi qu'il en coûte,
24:00de totale énergie.
24:01On va en parler
24:02avec Patrice Joffron
24:03qui est directeur
24:03du Centre de géopolitique
24:04de l'énergie
24:05et des matières premières
24:06à Dauphine.
24:07C'est un des meilleurs spécialistes
24:07sur la question.
24:08Vous le connaissez bien.
24:09Et en face à lui,
24:10c'est l'économiste
24:10Sylvain Bersinger.
24:11A tout de suite.
24:14Le 18-19
24:16d'Edwin Chevrion
24:17sur BFM Business.
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