Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 heure
Mercredi 6 mai, Stéphanie Coleau a reçu Laurent Guillot, directeur général d'Emeis, dans l'émission La Grande Interview sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez-la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:01Le 18-19, Stéphanie Collot.
00:05Soyez les bienvenus dans le 18-19.
00:08Émeis ex-Orpea remonte petit à petit la pente.
00:12Le groupe publie des résultats qui confirment une dynamique de redressement.
00:16Bonsoir Laurent Guillot.
00:17Bonsoir.
00:18Vous êtes le directeur général d'Émeis.
00:19Vous couvrez cinq métiers, les maisons de retraite, on le sait,
00:23mais aussi les cliniques de santé mentale, les cliniques de soins médicaux et de réadaptation,
00:28les services de soins à domicile et les résidences-services.
00:32Sur vos résultats, premier trimestre 2026, le chiffre d'affaires progresse de 6,3% à 1,5 milliard d
00:39'euros.
00:40Une croissance tirée davantage par l'international que par l'activité en France.
00:44Oui, tout à fait.
00:45Néanmoins, l'activité française se porte un peu mieux également
00:48puisqu'on a un chiffre d'affaires qui croît de 4,8% en France,
00:52tiré par la poursuite du redressement de nos maisons de retraite
00:55et notamment du taux d'occupation de nos maisons de retraite
00:57qui est un indicateur très important.
00:59On va y revenir, effectivement.
01:00Et puis tiré un tout petit peu par nos cliniques
01:03qui ont eu des éléments positifs sur le premier semestre.
01:06Mais c'est vrai que l'international est beaucoup plus dynamique
01:08avec également des taux d'occupation qui sont en récupération
01:12et en assez bonne hausse,
01:13mais également une composante prix qui est extrêmement positive.
01:17Parce qu'Eméis est présent, peut-être pas, dans 19 pays
01:21et vous êtes surtout présent en Europe, en Allemagne, en Espagne
01:25et aux Pays-Bas, au-delà de la France.
01:27Tout à fait.
01:28Est-ce que ces résultats du premier trimestre 2026,
01:32on peut dire que c'est un retour à la normale
01:34après des années difficiles, des années compliquées ?
01:37Alors, pas complètement un retour à la normale.
01:39C'est quand on dit qu'on a un taux d'occupation de 87% en France.
01:42On voit qu'on a là, et de 89% dans le monde,
01:46on a encore là des marges de progression qui sont importantes.
01:49Donc, on s'attend à la poursuite de cette amélioration dans le temps
01:52et on a une opportunité de croissance qui est encore importante.
01:58En revanche, c'est vrai, ce qui a signé un peu le retour à la normale,
02:03si on peut le dire comme ça, d'Eméis,
02:04c'est tout ce qu'on a fait sur l'année 2025
02:07avec les sessions extrêmement importantes
02:10qui nous ont permis d'engager 2,35 milliards d'euros,
02:14qui nous ont permis d'engager un refinancement de l'entreprise
02:17et de sortir de sauvegarde,
02:19ce qui nous met dans une situation, je dirais,
02:23plus traditionnelle pour une entreprise.
02:24Et vous êtes sorti justement de ce plan de sauvegarde
02:26de manière anticipée, c'était en février dernier.
02:31Ça veut dire que tout ça, c'est derrière vous ?
02:33Il reste encore des fragilités structurelles à traiter ?
02:36Alors, j'allais dire sur le plan financier,
02:39tout ça, c'est derrière nous.
02:40Évidemment, on a encore des dettes,
02:42on a encore un niveau de dette qui est élevé.
02:44À la fin de l'année dernière,
02:47pro-format de l'opération Isémia qu'on a faite,
02:51c'est-à-dire la cession d'une partie de nos murs
02:53qu'on a faite en tout début d'année,
02:54on était à un ratio de nette dette sur EBITDA,
02:58un ratio d'endettement de 9,9.
03:00Ça va s'améliorer avec l'amélioration opérationnelle,
03:03mais donc, vous voyez, c'est encore un peu élevé.
03:05Donc, on a ça sur lequel il faut qu'on continue à travailler.
03:08Mais à part ça, je dirais, progressivement,
03:11la rentabilité de l'entreprise s'améliore,
03:15les indicateurs financiers s'améliorent.
03:19Et ça, ça s'améliore pourquoi ?
03:20Parce qu'on a mis l'accent dès le début
03:21sur deux axes importants qui sont
03:24prendre soin de nos collaborateurs
03:26pour qu'ils puissent prendre soin de nos patients
03:28et de nos résidents dans les maisons.
03:29Ça, on va y revenir encore un peu de chiffres.
03:31Est-ce que vous allez poursuivre cette politique
03:33de désendettement et de cession pour vous désendetter ?
03:36Non, je crois que là, maintenant, on a fait...
03:37Vous arrêtez là ?
03:38Alors, on ne va pas s'arrêter là.
03:39On a encore quelques établissements
03:41qui sont un peu plus difficiles.
03:42On a encore quelques activités en Amérique du Sud.
03:44En Amérique latine, effectivement, vous sortez.
03:46Exactement, dans lesquelles, d'où on va sortir.
03:48On a encore quelques établissements en Chine
03:50où on va sortir.
03:51Mais j'allais dire, les opérations très importantes
03:54avec des montants très significatifs,
03:56on va en faire beaucoup moins.
03:59On va faire juste des petites opérations d'ajustement
04:01à la marge de notre portefeuille.
04:03Quel a été l'impact de l'inflation,
04:05le coût de l'énergie notamment,
04:07peut-être les salaires aussi,
04:09sur les résultats des méis ces derniers mois ?
04:12Alors...
04:12Ce que vous avez constaté...
04:14On ne voit pas d'impact pour le moment.
04:16C'est beaucoup trop tôt.
04:17Par ailleurs, on est assez bien couvert
04:18sur un certain nombre d'achats, dont l'énergie.
04:21Et donc, je n'anticipe pas d'impact significatif
04:23sur l'année 2026.
04:25Et après, pour commenter 2027,
04:27il est un peu tôt encore,
04:28parce qu'on ne sait pas dans quel sens
04:30vont évoluer les choses.
04:31Effectivement.
04:32On va revenir sur le taux d'occupation.
04:33C'est vraiment la boussole qu'il faut regarder
04:36quand on regarde vos résultats.
04:39Le taux d'occupation, il frôlait 90%
04:42au niveau international,
04:4489,8% en France.
04:46Est-ce que ça veut dire que la confiance des familles
04:49est complètement restaurée après les mois,
04:52les années difficiles,
04:53après le scandale du livre Les Fossoyeurs ?
04:56Alors, on a encore du travail à faire
04:58sur le taux d'occupation.
05:00Parce que, si je regarde juste
05:01les maisons de retraite en France,
05:02on est encore à 87%.
05:03Et vous savez qu'une maison de retraite,
05:05elle fonctionne vraiment bien,
05:06de façon optimale,
05:07et de façon, je veux dire,
05:08avec une certaine stabilité aussi
05:10pour nos collaborateurs,
05:11quand le taux d'occupation est en 92 et 95.
05:14Donc, vous voyez, on a encore du chemin à faire.
05:16En revanche, c'est vrai que par rapport
05:17au creux de 2022-2023,
05:20on a très fortement,
05:22on est descendu en dessous de 83,
05:24en dessous de 82 parfois.
05:26Et donc, vous voyez bien
05:27qu'on a vraiment redressé.
05:28Et surtout, ce qui est notable,
05:29c'est que 2024, 2025,
05:33et je dirais début 2026,
05:35c'est-à-dire qu'on avance et on progresse
05:36avec une régularité de métronomes,
05:38ce qui est quand même toujours satisfaisant.
05:40Et vous avez fait comment
05:40pour gagner cette confiance ?
05:42Ça a été quoi ?
05:43Le renforcement des contrôles ?
05:44Ça a été de la pédagogie ?
05:46Ça a été beaucoup de communication aussi ?
05:48Ça a été une remise à plat
05:50de pas mal de choses dans l'entreprise.
05:52Évidemment, le changement de la marque,
05:53je vois derrière vous,
05:54le changement de la marque a eu un impact,
05:56la communication qu'on a faite
05:58et puis surtout le travail
05:59sur le bien-être de nos équipes
06:02et la qualité du travail
06:03qu'on fait dans nos établissements,
06:04sur lesquels on a énormément investi,
06:06énormément travaillé.
06:07On a remis des personnes
06:10auprès de nos patients
06:11et de nos résidents
06:12en nombre plus nombreux qu'avant.
06:13On a réinvesti sur la qualité.
06:16Et donc, tout ça, ça finit par payer.
06:18Parce que vous savez,
06:19le métier est un métier très local.
06:21La réputation est une réputation très locale.
06:23Il ne faut pas qu'elle soit entachée
06:24par un scandale national.
06:26Mais sinon, c'est très local.
06:28Et ça, petit à petit, on le regagne.
06:30L'autre élément,
06:31c'est qu'on a beaucoup travaillé
06:33sur le commercial,
06:34sur le digital,
06:35sur la façon d'aller contacter
06:38nos potentiels patients
06:39et nos potentiels résidents.
06:41Alors justement, vous avez devant vous
06:43une vague de baby-boo-beurs
06:45qui devraient venir
06:46dans vos établissements,
06:48gonfler en tout cas la demande
06:49pour intégrer vos établissements.
06:52Comment vous vous y préparez ?
06:53La croissance démographique
06:55des plus de 75 ans,
06:56c'est plus 30% d'ici 10 ans.
06:58Ça va être un raz-de-marée.
06:59Ça va être une croissance
07:00très, très, très importante
07:03qui ne se voit pas encore aujourd'hui.
07:05Elle ne se voit pas complètement aujourd'hui
07:07parce que si je regarde
07:08les personnes qui rentrent
07:09dans nos établissements aujourd'hui,
07:10elles sont nées entre 39 et 45 à peu près.
07:13Et donc vous voyez bien
07:14qu'il y a un creux démographique
07:15à ce moment-là.
07:17Mais je dirais que dans un an,
07:18dans deux ans,
07:19évidemment là ça va être
07:20un arrêt assez important.
07:22On travaille de façon différente
07:25et je crois qu'il faut qu'on travaille
07:26aussi avec le gouvernement
07:27pour mieux planifier cette vague qui arrive.
07:31Est-ce que là ce n'est pas le cas ?
07:32Rien n'est planifié ?
07:33On a eu un gel des développements
07:37de maisons de retraite
07:38et du traitement du grand âge
07:40pendant quelques années en effet.
07:42Et donc là on a besoin,
07:43et c'est ce qu'on a fait
07:44dans une tribune
07:45avec des collègues du public,
07:47du privé et de l'associatif,
07:50signaler les besoins
07:53de planifier mieux,
07:55de planifier à la fois
07:56s'il y a besoin des besoins financiers,
07:58des besoins d'investissement,
07:59mais aussi de planifier,
08:00et ce qui va être le plus important,
08:02les besoins humains.
08:03D'ici 2035,
08:05on va avoir besoin
08:06de plus de 200 000 soignants
08:07supplémentaires
08:08dans l'ensemble du secteur du soin.
08:09C'est gigantesque
08:10et donc il faut qu'on commence
08:11à former,
08:13il faut qu'on commence
08:14à utiliser beaucoup plus
08:15l'IA et la digitalisation
08:17pour réduire
08:19les tâches administratives
08:20qu'on fait faire
08:21à ces personnes
08:21qui se sont engagées dans le soin
08:23pour accompagner d'autres personnes
08:24et pas pour faire de la bureaucratie.
08:26Et puis aussi,
08:27il va falloir qu'on regarde
08:27comment on fait appel
08:29à des ressources
08:29qui viennent peut-être
08:31de l'étranger,
08:31de l'extérieur
08:32et ça c'est vraiment important.
08:34Parce que là,
08:34le recrutement du personnel
08:35à l'heure actuelle
08:36pour faire face,
08:37ne serait-ce qu'aujourd'hui,
08:38à une année normale
08:40avant ce mur démographique,
08:42vous le trouvez où
08:44ce personnel,
08:45comment,
08:45et vous recrutez
08:46à quel niveau de salaire
08:48étant donné qu'aujourd'hui
08:49avec l'inflation,
08:51la pression sur le pouvoir d'achat,
08:52ça fait partie
08:53des données importantes.
08:55Tout à fait.
08:55Alors,
08:55je dirais l'entreprise
08:57dès 2023
08:58est redevenue
08:59assez attractive
09:00compte tenu
09:01de notre projet d'entreprise.
09:03On a eu,
09:04je dirais,
09:04moins de difficultés
09:05à recruter
09:06et à tout niveau
09:07de,
09:08je dirais,
09:09dans l'entreprise,
09:09que ce soit
09:10de l'auxiliaire de vie,
09:12l'aide-soignante,
09:13l'infirmier
09:14et les médecins
09:15parce qu'on emploie
09:17beaucoup de médecins.
09:18Évidemment,
09:19les salaires varient beaucoup.
09:20Clairement,
09:21il y a une pression
09:21à la hausse
09:22pour les salaires
09:23en ce moment,
09:23mais on va voir
09:24comment on va se finir
09:25l'année
09:25et comment on va se finir
09:26vers les négociations.
09:28On n'a pas
09:28un défi majeur
09:30à court terme
09:30de recrutement.
09:31Notre défi de recrutement
09:32est vraiment
09:33dans un an,
09:33enfin,
09:34je dirais,
09:34dans deux ans,
09:35dans trois ans,
09:35dans quatre ans,
09:36avec la vague démographique.
09:37Il y a quand même un défi
09:38de turnover qui est quand même
09:39très élevé dans votre secteur,
09:4020% je crois.
09:41C'est exactement ça,
09:42il est autour de 20%.
09:42On l'a fait beaucoup réduire.
09:44Quand je suis arrivé,
09:45il était autour d'un tiers.
09:46On l'a fait baisser
09:48plutôt autour de 20%
09:49aujourd'hui,
09:50mais ça reste
09:50des taux de rotation
09:52du personnel élevés.
09:54il faut dire
09:55que c'est un métier difficile.
09:57C'est un métier difficile
09:58physiquement,
09:59c'est un métier difficile
10:01psychologiquement parfois.
10:02Donc,
10:02on a développé
10:03toute une série de mesures
10:04qui commencent
10:05par prendre soin
10:06et donc santé,
10:07sécurité au travail.
10:08Vous savez que c'est le secteur
10:09qui est le plus accidentogène
10:10de l'économie
10:11au-delà
10:12et au-dessus du BTP.
10:13Évidemment,
10:14dans le BTP,
10:15les accidents sont
10:15en général plus graves,
10:16mais chez nous,
10:17il y a beaucoup de chutes,
10:18il y a beaucoup
10:19de mal de dos
10:20et ça,
10:21il faut qu'on en prenne soin.
10:22Il y a un gros travail
10:23à faire de l'ensemble
10:24du secteur
10:24pour progresser rapidement
10:25sur ce domaine
10:26et puis,
10:27on a pris des mesures
10:28pour essayer de retenir
10:30nos équipes
10:31en les soutenant
10:32à l'intérieur de l'entreprise
10:34mais aussi à l'extérieur.
10:35Donc,
10:35on a développé un programme
10:36qui s'appelle
10:36Aimé,
10:37c'est moi,
10:38sur lequel,
10:38par exemple,
10:39nous nous laissons
10:40quand il y a un problème
10:41de surendettement,
10:42quand il y a un problème
10:42de logement,
10:43quand il y a un problème
10:44d'études avec les enfants
10:46qui donc prend en compte
10:48les contraintes
10:49de nos collègues
10:49dans leur vie
10:50de tous les jours
10:51et pas uniquement
10:52quand ils sont chez nous.
10:53On va parler du plan
10:54grand âge.
10:55Il a été reporté
10:56s'inédié
10:58par l'exécutif
10:59alors qu'il était attendu
11:00de longue date
11:00par les professionnels
11:03du secteur.
11:06Une conférence nationale
11:07de l'autonomie
11:08va se tenir en septembre.
11:10Qu'est-ce que vous en attendez ?
11:12Je crois d'abord
11:12que la méthode
11:13est une bonne méthode,
11:15c'est-à-dire
11:15de commencer
11:15à réunir.
11:18Tous les rapports
11:19sont sous la table,
11:20sur la table.
11:21toutes les données
11:22sont disponibles.
11:23On connaît les problèmes.
11:24On connaît les problèmes
11:25et même, j'allais dire,
11:26on connaît largement
11:26les solutions.
11:27Maintenant, je crois
11:28que ce qui est important,
11:28c'est de réunir
11:29tous les acteurs
11:30autour d'une seule table
11:33et de les faire
11:34arriver à un consensus
11:35politique
11:36sur quelles sont
11:37les solutions
11:38face aux problèmes
11:40démographiques.
11:40Et je pense que ça,
11:41le sujet de groupe
11:42de travail
11:43que va mettre en place
11:43la ministre
11:44Gaillard-Migné
11:45plus la conférence
11:48au mois de septembre,
11:49je pense qu'au moins
11:49c'est la bonne méthode
11:51par rapport
11:51à un grand plan
11:52imposé verticalement
11:54des administrations,
11:55je dirais.
11:55Je pense que le savoir,
11:56il est entre
11:57tous nos mains,
11:58tous les acteurs,
11:59que ce soit
11:59des syndicats,
12:00évidemment les entreprises,
12:02évidemment les administrations
12:03et autour de ça,
12:04on peut faire
12:04quelque chose
12:05de très bien.
12:05Parce que face
12:06au mur démographique
12:07dont on parlait
12:07il y a quelques minutes,
12:10est-ce qu'on va assister
12:12à l'issue peut-être
12:13de cette conférence,
12:13on ne sait pas,
12:14à un basculement
12:15entre le modèle
12:17des EHPAD
12:18et le modèle
12:20du soin à domicile
12:21qui peut être
12:21une solution
12:22face à la demande
12:24qui va être
12:25de plus en plus présente ?
12:26Je crois que c'est
12:26un très bon débat
12:27et je pense que
12:28la solution est simple,
12:29c'est qu'il faudra
12:29plus de tout.
12:31Un mix de tout ?
12:32Exactement,
12:33parce que la demande
12:34va être tellement forte
12:35qu'il faudra
12:35qu'il y ait plus de gens
12:36qui restent à domicile
12:37mais qu'il y ait plus de gens
12:38qui ont de l'habitat
12:38intermédiaire
12:39si tant est qu'on trouve
12:40un modèle économique
12:41à l'habitat intermédiaire
12:42ce qui n'est pas
12:43complètement évident
12:44et plus de personnes
12:45dans les maisons de retraite
12:46et donc il ne faut pas
12:47organiser un faux débat
12:48entre domicile
12:50ou maison de retraite
12:51etc.
12:51On aura besoin
12:52compte tenu de la demande
12:53on aura besoin
12:54de la demande
12:54et on aura besoin
12:55que toute la demande
12:56croisse.
12:57Le facteur limitant
12:58encore une fois
12:59ce sont les équipes
13:00c'est-à-dire les soignants
13:01les soignants
13:02qui sont en nombre
13:04trop peu nombreux aujourd'hui
13:05pour assurer
13:07le soin de nos parents
13:08dans 5 ans
13:09dans 10 ans
13:09et donc il faut
13:10qu'on commence
13:11à les former
13:12il faut
13:13et donc ça
13:14c'est vraiment
13:14de l'action publique
13:15Et donc là
13:16vous cherchez
13:16combien de personnes
13:17vous par exemple
13:18chez EMEIS
13:18pour faire face au mur ?
13:20Là encore
13:20si je me projette
13:21dans 5 ans
13:22c'est des milliers
13:23et des milliers
13:24de personnes supplémentaires
13:24qu'il va me falloir
13:25et donc
13:26je suis un tout petit acteur
13:28j'allais dire
13:28dans l'ensemble
13:29du secteur du soin
13:30et donc
13:30à l'échelle du soin
13:32en général
13:32on parle de 200 000 personnes
13:34à l'horizon 2035
13:35c'est tout à fait gigantesque.
13:37Dans son dernier livre
13:39le socialiste Boris Vallaud
13:41défend le concept
13:42de démarchandisation
13:44il cible la gestion privée
13:46des établissements
13:46de santé
13:47en particulier
13:48les EHPAD
13:50on compare souvent
13:52la situation
13:53des EHPAD
13:54et des établissements
13:55publics
13:56qui sont pourtant
13:57souvent
13:57même presque toujours
13:59en déficit
13:59et qui demandent
14:00des aides d'urgence
14:01d'abord avant
14:02de vous demander
14:03votre réponse
14:04à ce livre
14:06de Boris Vallaud
14:06comment vous expliquez
14:07la différence
14:08de santé financière
14:09entre les établissements
14:10publics
14:10et les établissements
14:11privés ?
14:12Les établissements
14:13publics
14:14ils vont mal
14:15ils vont très mal
14:16il y en a entre 70
14:17et 80%
14:18qui sont en déficit
14:19et alors qu'ils sont
14:20aidés de façon régulière
14:21par les pouvoirs publics
14:22au-delà des dispositifs
14:24existants
14:25auxquels nous avons droit
14:26quand on est du secteur
14:27privé
14:28après le secteur privé
14:29ne va pas bien
14:30non plus
14:32certes
14:33comme en général
14:34le prix payé
14:35par les familles
14:36est un peu plus élevé
14:36on a moins de difficultés
14:38à trouver un équilibre économique
14:39mais néanmoins
14:40je peux vous dire
14:40que dans la moitié
14:42des cas
14:42dans les maisons
14:43de retraite privées
14:43il y a aussi
14:44des questions
14:44de déficit
14:45et de difficultés
14:46financières
14:47et donc il y a
14:48un travail à faire
14:49sur les conditions
14:50de l'équilibre économique
14:51de ce secteur
14:54une des solutions
14:55que je mets en avant
14:56assez souvent
14:56c'est qu'on ne mobilise
14:58pas assez en France
14:59le patrimoine
14:59des personnes âgées
15:00pour financer
15:03la période
15:03pendant lesquelles
15:04on est en état
15:05de dépendance
15:05que ce soit
15:06à domicile
15:07ou que ce soit
15:08en maison de retraite
15:09et là je pense
15:09qu'on a un travail
15:10à faire
15:11les personnes âgées
15:12sont les personnes
15:13qui aujourd'hui
15:13ont le plus grand
15:14patrimoine immobilier
15:17dans la société
15:18et ce patrimoine
15:20est immobilisé
15:21alors qu'il pourrait
15:21servir à financer
15:24leur séjour
15:24en maison de retraite
15:26ou à domicile
15:26avec des aides
15:27qui viennent chez eux
15:27et ça je pense
15:28que c'est un travail
15:28sur lequel il faut
15:29qu'on mette sur la table
15:30dans la discussion
15:31de la conférence nationale
15:34sur l'autonomie
15:34et en tout cas
15:35je contribuerai à ce débat
15:37Sur la réponse au livre
15:39Nos vies ne sont pas
15:40des marchandises
15:40à Boris Vallaud
15:41qu'est-ce que vous lui répondez ?
15:42D'abord le titre
15:43est formidable
15:43il a vraiment la force
15:45et la clarté
15:46de l'idéologie
15:48la réalité des faits
15:49elle est vraiment
15:50assez différente
15:51et en tout cas
15:52celle que je vis
15:52au quotidien
15:53elle est très différente
15:54en termes de qualité
15:55par exemple
15:56parce que c'est le sujet
15:57le plus important
15:57quand on regarde
15:58la qualité
15:59des établissements
16:00de santé
16:03des études
16:04qui sont faites
16:04par la HAS
16:05donc la Haute Autorité
16:05de Santé Publique
16:06montre que
16:08il y a une grille
16:09qui est établie
16:10pour noter
16:12les établissements
16:12un tiers
16:13des établissements privés
16:15sont dans le haut
16:15de la grille
16:16avec la notation
16:17la meilleure
16:17quand moins de 25%
16:19des établissements
16:20publics
16:21sont dans le C.O.
16:22de la grille
16:22c'est bien que
16:23il y a
16:24une qualité meilleure
16:25en moyenne
16:26dans les établissements
16:27privés
16:27que dans les établissements
16:28publics
16:28ça c'est pour le sujet
16:29de la qualité
16:30qui est le sujet
16:30principal évidemment
16:31après sur le sujet
16:33du coût
16:33qui est quand même
16:34un sujet important
16:35compte tenu
16:35de nos dépenses publiques
16:38un établissement
16:39de soins
16:40de suite
16:40et de réadaptation
16:43coûte deux fois
16:44moins cher
16:45à l'assurance maladie
16:46qu'un établissement
16:47public
16:47qui fait exactement
16:48la même chose
16:49et pourquoi ?
16:49on parle de deux fois
16:50moins cher
16:51parce que les tarifs
16:52mis par la puissance
16:53publique
16:53sont différents
16:54et quand on demande
16:55à l'assurance maladie
16:57pourquoi ?
16:57c'est parce que
16:57monsieur Guillaume
16:58vous êtes plus efficace
17:00et je parle
17:01à un établissement
17:01psychiatrie
17:02c'est trois fois
17:03moins cher
17:04ça veut dire
17:05que quand vous êtes
17:06comptable
17:06des deniers publics
17:08vous deviez
17:09vous poser la question
17:10en disant
17:10est-ce que je veux
17:11la puissance publique
17:12qui fait tourner
17:13des établissements
17:14publics
17:14qui me coûtent
17:15deux fois plus cher
17:15ou est-ce que je veux
17:16un établissement privé
17:18qui me fait deux fois
17:19plus de services
17:20c'est ça la bonne question
17:21il ne faut pas opposer
17:22privé-public
17:23il faut travailler ensemble
17:25et ce que je dis
17:25c'est que la réalité
17:26c'est qu'il y a des choses
17:27pour lesquelles le public
17:28fait très bien les choses
17:29parce qu'il est très bien doté
17:30avec des moyens de pointe
17:31c'est vraiment un service
17:33et puis il y a le privé
17:35qui est capable de gérer
17:36de façon plus efficace
17:38dans des petites structures
17:39et la complémentarité des deux
17:41devrait donner un service
17:43public
17:43au service de nos concitoyens
17:46de meilleure qualité
17:47nos vies ne sont pas
17:48des marchandises
17:49ce sera certainement aussi
17:50un des thèmes
17:51de la grande conférence
17:53qui aura lieu
17:54en septembre prochain
17:55où il y aura
17:55des acteurs privés
17:56des acteurs publics
17:58évidemment vous y participerez
17:59merci beaucoup
18:00Laurent Guillot
18:01je rappelle que vous êtes
18:02le directeur général
18:03d'Emeis
18:04d'Emeis
18:04d'Emeis
Commentaires

Recommandations