00:01L'invité d'RTL Soir
00:03Je vous le disais, l'invité d'RTL Soir et le ministre de la Ville et du Logement.
00:08Bonsoir Vincent Jambrun.
00:10Bonsoir.
00:11Merci d'être avec nous pour détailler et préciser peut-être les mesures pour le logement
00:16annoncées cet après-midi à l'occasion du déplacement de Sébastien Lecornu à Marseille.
00:20Vous êtes d'ailleurs en ligne de Marseille.
00:23Texte qui devrait être présenté au Parlement d'ici l'été dans un projet de loi.
00:27Arrêtons-nous tout d'abord sur la mesure qui devrait faire rapidement revenir sur le marché locatif
00:33plusieurs centaines de milliers de logements avec sans doute on imagine des conséquences en matière de prix.
00:38On en a parlé, c'est un assouplissement de la règle sur les logements qui ont un mauvais DPE,
00:43ce qu'on appelle les passoires thermiques, c'est ça ?
00:47Exactement.
00:47Il s'agit en fait de donner de la souplesse aux logements qui sinon auraient été frappés d'indécence énergétique
00:54qui auraient été mis en dehors du marché locatif.
00:57On parle de plus de 600 000 logements, quasiment 650 000 logements.
01:03Ça veut dire derrière des millions de Français qui risquent d'être mis à la rue
01:07et des centaines de milliers de propriétaires qui pour certains ont à travers les loyers qu'ils perçoivent
01:13le petit complément retraite par exemple ou le petit complément de revenu
01:16qui leur permet de vivre décemment.
01:18Concrètement, mettons-nous à la place d'un de ses propriétaires qui a un logement alloué avec un DPE,
01:25mettons de F, donc très mauvais, une passoire thermique.
01:28Il ne pouvait plus jusqu'à présent le mettre en location, c'est ça ?
01:33Et là, il va pouvoir le faire sous certaines conditions ?
01:36Exactement. L'idée, c'est de permettre aux habitants de continuer à habiter ces logements,
01:41aux propriétaires de continuer à pouvoir percevoir le loyer,
01:44mais on ne renonce pas à l'ambition de transformer ces logements,
01:47c'est-à-dire à faire en sorte que ce ne soit plus des passoires énergétiques
01:50ou bien des bouilloires thermiques.
01:52Et pour ça, on leur donne trois ans si c'est un habitat individuel, une maison,
01:57et cinq ans si on est dans un appartement en copropriété.
02:01C'est toujours un petit peu plus loin en copropriété.
02:03C'est important parce que ça veut dire que le propriétaire va pouvoir aller voir sa banque,
02:07par exemple, s'il a besoin d'un crédit pour faire les travaux,
02:10en ayant toujours le loyer dans ses revenus,
02:13ce qui fait que la banque pourra plus facilement lui prêter.
02:15C'est-à-dire que la simple signature d'un contrat avec un artisan pour des travaux d'isolation
02:23suffira pour remettre son logement en location ?
02:28Vous ne craignez pas les abus ?
02:30Genre on signe un contrat pour des travaux qu'on ne fera jamais ?
02:32En fait, on fait confiance puisqu'on autorise la location,
02:37mais ça implique que le propriétaire qui aujourd'hui a une lettre sur son logement,
02:42puisqu'on la connaît, c'est pour ça que sinon elle est frappée d'indécence.
02:44Donc une lettre F ou G.
02:46Eh bien, il a trois ans pour l'individuel ou cinq ans pour l'appartement dans un collectif
02:52pour fournir à l'administration une lettre qui est conforme au permis de louer.
02:58Et donc, on est dans une logique de confiance, on leur fait confiance,
03:02mais ils savent qu'au bout de trois ans, si les travaux n'ont pas été réalisés,
03:05alors effectivement, les services des impôts reviendront vers eux en disant
03:08« Attention, parce que vous avez perçu des loyers que vous n'auriez pas dû percevoir. »
03:14Ça veut dire qu'il pourra y avoir rattrapage de loyers s'il y a des gens qui trichent ?
03:19Oui, bien sûr. L'idée, c'est qu'on fait confiance, on crée de la souplesse,
03:23on remet ses logements sur le marché tout de suite,
03:25mais effectivement, derrière, il faut pouvoir avoir la lettre conforme
03:29sous trois ans ou sous cinq ans en fonction de la typologie du logement.
03:32Quoi qu'il en soit, est-ce que ce n'est pas quand même une forme de renoncement écologique ?
03:35Parce qu'on le rappelle, ces logements sont des passoires thermiques.
03:37Non, au contraire, l'ambition, elle est conservée.
03:40Là, vous avez des forces politiques dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale,
03:43par exemple, qui veulent supprimer purement et simplement le DPE.
03:45Non, on le conserve, mais on le rend réaliste.
03:48D'abord, c'est un enjeu humain.
03:50Sinon, qui va avoir le courage d'aller dire à deux millions de Français ?
03:54Là, vous allez aller à la rue.
03:56Parce que quand il y a une telle crise du logement,
03:58quand vous quittez votre logement, où est-ce que vous vous relogez ?
04:01La situation est dramatique.
04:03Donc, il y a un enjeu humain, il y a un enjeu économique, je vous le disais,
04:07parce que ça permettra aux propriétaires, en conservant le loyer,
04:11de pouvoir emprunter plus facilement.
04:13Et bien souvent, il faut avoir un petit emprunt pour pouvoir réaliser les travaux d'ampleur
04:18qui vous permettent de monter deux lettres en termes de performance.
04:22Et puis surtout, concrètement, les travaux vont être faits.
04:25Parce que si je reprends l'exemple de cette personne qui est à la retraite,
04:28qui demain n'a plus le loyer,
04:30et donc ne peut plus avoir un crédit pour faire les travaux,
04:32le risque, c'est tout simplement que le logement reste vaincant.
04:35Et donc, ce sont des logements qui ne pourront pas bénéficier aux Français.
04:39Ça accentue la crise du logement et ça frappe tout le monde,
04:42parce que moins il y a de logements, plus les prix montrent.
04:43Mais cette personne âgée, par exemple, puisque vous prenez cet exemple,
04:47pourquoi elle aurait plus facilement un crédit par la suite ?
04:50Parce que ses revenus augmentent du fait qu'elle peut continuer à louer.
04:55Si vous allez voir la banque en disant « j'ai juste ma retraite »,
04:59ou éventuellement juste mon revenu,
05:01« j'ai pas d'argent de côté, mais merci de me prêter,
05:04parce que j'aimerais bien réaliser des travaux ».
05:05Je comprends le banquier qui dit « attendez, le compte n'est pas ».
05:09Demain, vous avez en plus de vos revenus, le revenu de l'allocation,
05:13ça vous rend beaucoup plus solvable et ça vous permet de faire les travaux.
05:16Vous avez parlé de l'Assemblée nationale, Vincent Jambrun,
05:19avec ceux qui veulent faire totalement sauter le DPE.
05:22Vous n'avez pas échappé quand même que le Premier ministre n'a pas de majorité à l'Assemblée ?
05:26Sur un sujet comme ça, vous êtes sûr de l'avoir ?
05:29Vous savez, ici à Marseille, on a réuni ce qu'on appelle le comité de suivi
05:34de tout l'écosystème du logement, que moi j'appelle l'équipe de France du logement.
05:37On a des professionnels, on a les représentants de tous les bailleurs sociaux,
05:42on a les syndicats de patronat comme les syndicats de salariés à travers actions logement,
05:47ce qu'on appelait à l'époque le 1% patronal.
05:49On a les architectes, on a les petits artistes.
05:51Ce ne sont pas eux qui votent à l'Assemblée ?
05:53Oui, mais c'est un projet, c'est pour vous dire que le projet qui est proposé au Parlement,
05:57c'est un projet qui a été pensé de manière large, sans sectarisme, sans dogmatisme politique.
06:03Il est aussi nourri de la concertation avec un certain nombre de parlementaires.
06:08D'ailleurs, tout ce qu'on vient d'évoquer sur la souplesse, sur le fameux DPE,
06:11c'est une initiative de la sénatrice Amel Gacker que je reprends dans le projet de loi.
06:16Parce que vous voyez, on a concerté au Sénat à l'Assemblée.
06:19Qu'il y ait de la concertation, on n'en doute pas.
06:22On va proposer, les parlementaires vont enrichir le texte, l'amender, c'est le rôle du Parlement.
06:29Mais en tout cas, on y va avec une ambition qui est celle de résoudre la crise du logement
06:34qui frappe si durement des millions de Français.
06:38La question qui vient...
06:39Vous savez, je suis moins là pour parler du logement que pour parler des gens.
06:43Bien sûr.
06:44Les gens, aujourd'hui, ils souffrent.
06:44On l'a compris, vous avez commencé d'ailleurs en soulignant ce point.
06:49L'autre grand thème du plan, on ne va pas y revenir, c'est la rénovation urbaine
06:54avec un plan sur les années 2030-2040.
07:01Mais qu'est-ce qui nous dit que ça va aller au-delà de la prochaine échéance électorale présidentielle
07:06et que ça ne pourra pas être détricoté ?
07:08Merci de souligner ce point.
07:09C'est un point majeur du projet qui a été présenté avec le Premier ministre tout à l'heure.
07:14On annonce un Enru 3, l'opération de renouvellement urbain qui avait été créée à l'époque
07:20par Jean-Louis Borloo, qui avait été visionnaire sur le fait qu'il fallait casser les quartiers
07:25de l'après-guerre que parfois on qualifie de quartier ghetto.
07:27Et on a changé déjà la vie de millions de personnes à travers cette Enru 1, puis cette Enru 2
07:32qui court actuellement.
07:33Et le risque, c'était qu'en fait, il n'y ait plus dans la loi de troisième programme,
07:38ce qui veut dire des centaines de villes qui n'auraient pas pu candidater à un projet
07:42de renouvellement urbain, et derrière ces centaines de villes, c'est encore des millions de Français.
07:46Et donc l'ambition de ce projet, d'ailleurs moi je...
07:49C'est vraiment la rénovation des quartiers, mais ma question était de savoir si...
07:53J'y viens, j'y viens, j'y viens parce que...
07:542027, voilà.
07:55...différence, c'est moins un Enru 3 qu'un Enru à 360 degrés, c'est-à-dire diversifié
08:02dans les programmes, je ne rentre pas trop dans le détail, mais y compris dans son zonage géographique,
08:06on termine les grands ensembles à corriger, mais on ouvre aussi vers les villes moyennes
08:11qui ont eux aussi des besoins de revitalisation de leur centre-ville ou de leur quartier,
08:15et donc c'est quand même un dispositif qui est totalement nouveau, et je veux le dire
08:18à ceux qui nous écoutent, on n'est pas dans l'Enru qui ne s'intéresse qu'aux grands
08:22ensembles dans les quartiers prioritaires de la ville, on va aussi s'intéresser à ce
08:26qu'on appelle la France des sous-préfectures, et je pense que c'est une annonce importante.
08:29Ensuite, c'est quelque chose qui est très attendu localement, et c'est très attendu localement,
08:35et donc je sais que les élus locaux, tous les professionnels soutiennent ce dispositif,
08:39et donc je suis sûr que ça existera au-delà de 2027, et on sélectionnera les candidats
08:44dès cette année 2026, ce qui permettra d'engager tout ça.
08:48Voilà, et bien merci, et rendez-vous déjà épris à l'été pour l'arrivée au Parlement
08:54de ce projet de loi logement, donc on verra évidemment le sort qui lui est réservé
08:59par les parlementaires. Merci d'être intervenu ce soir sur RTL, Vincent Jambrun,
09:04ministre de la Ville et du Logement. Dans un instant, sur RTL, on va accueillir nos amis
09:12avec notamment du John Lennon à boire, du Laurent Woulzy à Lille, et une sieste à faire,
09:19mais en mode micro. A tout de suite sur RTL.
09:28Bonne soirée sur RTL.
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