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  • il y a 5 mois
En visite dans la cité phocéenne, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé un nouveau projet de loi logement, qui devrait être examiné par les deux chambres avant l'été. Des mesures de simplification, sur la rénovation énergétique et sur la décentralisation, on parle avec le ministre de la ville et du logement, Vincent Jeanbrun, il est l'invité de RTL Soir.
Regardez L'invité d'Anne-Sophie Lapix avec Vincent Parizot du 23 avril 2026.

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Transcription
00:01L'invité d'RTL Soir
00:03Je vous le disais, l'invité d'RTL Soir et le ministre de la Ville et du Logement.
00:08Bonsoir Vincent Jambrun.
00:10Bonsoir.
00:11Merci d'être avec nous pour détailler et préciser peut-être les mesures pour le logement
00:16annoncées cet après-midi à l'occasion du déplacement de Sébastien Lecornu à Marseille.
00:20Vous êtes d'ailleurs en ligne de Marseille.
00:23Texte qui devrait être présenté au Parlement d'ici l'été dans un projet de loi.
00:27Arrêtons-nous tout d'abord sur la mesure qui devrait faire rapidement revenir sur le marché locatif
00:33plusieurs centaines de milliers de logements avec sans doute on imagine des conséquences en matière de prix.
00:38On en a parlé, c'est un assouplissement de la règle sur les logements qui ont un mauvais DPE,
00:43ce qu'on appelle les passoires thermiques, c'est ça ?
00:47Exactement.
00:47Il s'agit en fait de donner de la souplesse aux logements qui sinon auraient été frappés d'indécence énergétique
00:54qui auraient été mis en dehors du marché locatif.
00:57On parle de plus de 600 000 logements, quasiment 650 000 logements.
01:03Ça veut dire derrière des millions de Français qui risquent d'être mis à la rue
01:07et des centaines de milliers de propriétaires qui pour certains ont à travers les loyers qu'ils perçoivent
01:13le petit complément retraite par exemple ou le petit complément de revenu
01:16qui leur permet de vivre décemment.
01:18Concrètement, mettons-nous à la place d'un de ses propriétaires qui a un logement alloué avec un DPE,
01:25mettons de F, donc très mauvais, une passoire thermique.
01:28Il ne pouvait plus jusqu'à présent le mettre en location, c'est ça ?
01:33Et là, il va pouvoir le faire sous certaines conditions ?
01:36Exactement. L'idée, c'est de permettre aux habitants de continuer à habiter ces logements,
01:41aux propriétaires de continuer à pouvoir percevoir le loyer,
01:44mais on ne renonce pas à l'ambition de transformer ces logements,
01:47c'est-à-dire à faire en sorte que ce ne soit plus des passoires énergétiques
01:50ou bien des bouilloires thermiques.
01:52Et pour ça, on leur donne trois ans si c'est un habitat individuel, une maison,
01:57et cinq ans si on est dans un appartement en copropriété.
02:01C'est toujours un petit peu plus loin en copropriété.
02:03C'est important parce que ça veut dire que le propriétaire va pouvoir aller voir sa banque,
02:07par exemple, s'il a besoin d'un crédit pour faire les travaux,
02:10en ayant toujours le loyer dans ses revenus,
02:13ce qui fait que la banque pourra plus facilement lui prêter.
02:15C'est-à-dire que la simple signature d'un contrat avec un artisan pour des travaux d'isolation
02:23suffira pour remettre son logement en location ?
02:28Vous ne craignez pas les abus ?
02:30Genre on signe un contrat pour des travaux qu'on ne fera jamais ?
02:32En fait, on fait confiance puisqu'on autorise la location,
02:37mais ça implique que le propriétaire qui aujourd'hui a une lettre sur son logement,
02:42puisqu'on la connaît, c'est pour ça que sinon elle est frappée d'indécence.
02:44Donc une lettre F ou G.
02:46Eh bien, il a trois ans pour l'individuel ou cinq ans pour l'appartement dans un collectif
02:52pour fournir à l'administration une lettre qui est conforme au permis de louer.
02:58Et donc, on est dans une logique de confiance, on leur fait confiance,
03:02mais ils savent qu'au bout de trois ans, si les travaux n'ont pas été réalisés,
03:05alors effectivement, les services des impôts reviendront vers eux en disant
03:08« Attention, parce que vous avez perçu des loyers que vous n'auriez pas dû percevoir. »
03:14Ça veut dire qu'il pourra y avoir rattrapage de loyers s'il y a des gens qui trichent ?
03:19Oui, bien sûr. L'idée, c'est qu'on fait confiance, on crée de la souplesse,
03:23on remet ses logements sur le marché tout de suite,
03:25mais effectivement, derrière, il faut pouvoir avoir la lettre conforme
03:29sous trois ans ou sous cinq ans en fonction de la typologie du logement.
03:32Quoi qu'il en soit, est-ce que ce n'est pas quand même une forme de renoncement écologique ?
03:35Parce qu'on le rappelle, ces logements sont des passoires thermiques.
03:37Non, au contraire, l'ambition, elle est conservée.
03:40Là, vous avez des forces politiques dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale,
03:43par exemple, qui veulent supprimer purement et simplement le DPE.
03:45Non, on le conserve, mais on le rend réaliste.
03:48D'abord, c'est un enjeu humain.
03:50Sinon, qui va avoir le courage d'aller dire à deux millions de Français ?
03:54Là, vous allez aller à la rue.
03:56Parce que quand il y a une telle crise du logement,
03:58quand vous quittez votre logement, où est-ce que vous vous relogez ?
04:01La situation est dramatique.
04:03Donc, il y a un enjeu humain, il y a un enjeu économique, je vous le disais,
04:07parce que ça permettra aux propriétaires, en conservant le loyer,
04:11de pouvoir emprunter plus facilement.
04:13Et bien souvent, il faut avoir un petit emprunt pour pouvoir réaliser les travaux d'ampleur
04:18qui vous permettent de monter deux lettres en termes de performance.
04:22Et puis surtout, concrètement, les travaux vont être faits.
04:25Parce que si je reprends l'exemple de cette personne qui est à la retraite,
04:28qui demain n'a plus le loyer,
04:30et donc ne peut plus avoir un crédit pour faire les travaux,
04:32le risque, c'est tout simplement que le logement reste vaincant.
04:35Et donc, ce sont des logements qui ne pourront pas bénéficier aux Français.
04:39Ça accentue la crise du logement et ça frappe tout le monde,
04:42parce que moins il y a de logements, plus les prix montrent.
04:43Mais cette personne âgée, par exemple, puisque vous prenez cet exemple,
04:47pourquoi elle aurait plus facilement un crédit par la suite ?
04:50Parce que ses revenus augmentent du fait qu'elle peut continuer à louer.
04:55Si vous allez voir la banque en disant « j'ai juste ma retraite »,
04:59ou éventuellement juste mon revenu,
05:01« j'ai pas d'argent de côté, mais merci de me prêter,
05:04parce que j'aimerais bien réaliser des travaux ».
05:05Je comprends le banquier qui dit « attendez, le compte n'est pas ».
05:09Demain, vous avez en plus de vos revenus, le revenu de l'allocation,
05:13ça vous rend beaucoup plus solvable et ça vous permet de faire les travaux.
05:16Vous avez parlé de l'Assemblée nationale, Vincent Jambrun,
05:19avec ceux qui veulent faire totalement sauter le DPE.
05:22Vous n'avez pas échappé quand même que le Premier ministre n'a pas de majorité à l'Assemblée ?
05:26Sur un sujet comme ça, vous êtes sûr de l'avoir ?
05:29Vous savez, ici à Marseille, on a réuni ce qu'on appelle le comité de suivi
05:34de tout l'écosystème du logement, que moi j'appelle l'équipe de France du logement.
05:37On a des professionnels, on a les représentants de tous les bailleurs sociaux,
05:42on a les syndicats de patronat comme les syndicats de salariés à travers actions logement,
05:47ce qu'on appelait à l'époque le 1% patronal.
05:49On a les architectes, on a les petits artistes.
05:51Ce ne sont pas eux qui votent à l'Assemblée ?
05:53Oui, mais c'est un projet, c'est pour vous dire que le projet qui est proposé au Parlement,
05:57c'est un projet qui a été pensé de manière large, sans sectarisme, sans dogmatisme politique.
06:03Il est aussi nourri de la concertation avec un certain nombre de parlementaires.
06:08D'ailleurs, tout ce qu'on vient d'évoquer sur la souplesse, sur le fameux DPE,
06:11c'est une initiative de la sénatrice Amel Gacker que je reprends dans le projet de loi.
06:16Parce que vous voyez, on a concerté au Sénat à l'Assemblée.
06:19Qu'il y ait de la concertation, on n'en doute pas.
06:22On va proposer, les parlementaires vont enrichir le texte, l'amender, c'est le rôle du Parlement.
06:29Mais en tout cas, on y va avec une ambition qui est celle de résoudre la crise du logement
06:34qui frappe si durement des millions de Français.
06:38La question qui vient...
06:39Vous savez, je suis moins là pour parler du logement que pour parler des gens.
06:43Bien sûr.
06:44Les gens, aujourd'hui, ils souffrent.
06:44On l'a compris, vous avez commencé d'ailleurs en soulignant ce point.
06:49L'autre grand thème du plan, on ne va pas y revenir, c'est la rénovation urbaine
06:54avec un plan sur les années 2030-2040.
07:01Mais qu'est-ce qui nous dit que ça va aller au-delà de la prochaine échéance électorale présidentielle
07:06et que ça ne pourra pas être détricoté ?
07:08Merci de souligner ce point.
07:09C'est un point majeur du projet qui a été présenté avec le Premier ministre tout à l'heure.
07:14On annonce un Enru 3, l'opération de renouvellement urbain qui avait été créée à l'époque
07:20par Jean-Louis Borloo, qui avait été visionnaire sur le fait qu'il fallait casser les quartiers
07:25de l'après-guerre que parfois on qualifie de quartier ghetto.
07:27Et on a changé déjà la vie de millions de personnes à travers cette Enru 1, puis cette Enru 2
07:32qui court actuellement.
07:33Et le risque, c'était qu'en fait, il n'y ait plus dans la loi de troisième programme,
07:38ce qui veut dire des centaines de villes qui n'auraient pas pu candidater à un projet
07:42de renouvellement urbain, et derrière ces centaines de villes, c'est encore des millions de Français.
07:46Et donc l'ambition de ce projet, d'ailleurs moi je...
07:49C'est vraiment la rénovation des quartiers, mais ma question était de savoir si...
07:53J'y viens, j'y viens, j'y viens parce que...
07:542027, voilà.
07:55...différence, c'est moins un Enru 3 qu'un Enru à 360 degrés, c'est-à-dire diversifié
08:02dans les programmes, je ne rentre pas trop dans le détail, mais y compris dans son zonage géographique,
08:06on termine les grands ensembles à corriger, mais on ouvre aussi vers les villes moyennes
08:11qui ont eux aussi des besoins de revitalisation de leur centre-ville ou de leur quartier,
08:15et donc c'est quand même un dispositif qui est totalement nouveau, et je veux le dire
08:18à ceux qui nous écoutent, on n'est pas dans l'Enru qui ne s'intéresse qu'aux grands
08:22ensembles dans les quartiers prioritaires de la ville, on va aussi s'intéresser à ce
08:26qu'on appelle la France des sous-préfectures, et je pense que c'est une annonce importante.
08:29Ensuite, c'est quelque chose qui est très attendu localement, et c'est très attendu localement,
08:35et donc je sais que les élus locaux, tous les professionnels soutiennent ce dispositif,
08:39et donc je suis sûr que ça existera au-delà de 2027, et on sélectionnera les candidats
08:44dès cette année 2026, ce qui permettra d'engager tout ça.
08:48Voilà, et bien merci, et rendez-vous déjà épris à l'été pour l'arrivée au Parlement
08:54de ce projet de loi logement, donc on verra évidemment le sort qui lui est réservé
08:59par les parlementaires. Merci d'être intervenu ce soir sur RTL, Vincent Jambrun,
09:04ministre de la Ville et du Logement. Dans un instant, sur RTL, on va accueillir nos amis
09:12avec notamment du John Lennon à boire, du Laurent Woulzy à Lille, et une sieste à faire,
09:19mais en mode micro. A tout de suite sur RTL.
09:28Bonne soirée sur RTL.
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