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  • il y a 13 heures
Ce lundi 18 mai, l'idée de Bercy de geler le barème sur les réductions de cotisation afin d'éviter un gonflement automatique de 2 milliards d'euros qui serait lié à l'augmentation du SMIC a été abordée par Raphaël Legendre et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Face à Amel Lechypre, c'est Raphaël Legendre aujourd'hui.
00:03Bercy veut geler le barème sur les réductions de cotisations.
00:06Objectif c'est éviter un gonflement automatique de 2 milliards d'euros
00:09qui serait lié à l'augmentation du SMIC.
00:11Les organisations patronales tentent de se faire entendre.
00:14Ça paraît assez plié.
00:15La question de ce matin, allègement de charges, stop ou encore ?
00:19Emmanuel.
00:20Je pense qu'il faut reprendre un petit peu de hauteur
00:23si on veut avoir des chances d'infléchir les trajectoires du déclin économique de ce pays
00:29et considérer que face à ce déclin, il n'y a qu'une seule conclusion possible.
00:34Pas un euro d'effort ne doit être demandé aujourd'hui aux entreprises.
00:40Pas un euro d'effort en net.
00:42Alors après évidemment, s'il y a d'autres curseurs qui bougent,
00:44mais demander aux entreprises un effort aujourd'hui, c'est impossible.
00:48C'est la vampirisation des entreprises par l'État
00:51qui est à l'origine de quasiment tout le déclin de l'industrie et de l'économie française.
00:57Alors on évoque souvent les normes, la difficulté des normes,
00:59mais regardez à l'étranger en fait.
01:01Quand vous discutez avec des patrons allemands ou avec des patrons italiens,
01:03ils vous disent « bah non, chez nous aussi c'est l'enfer ».
01:05C'est bien ce surpoids de cotisations et d'impôts
01:09qui est à l'origine des difficultés de nos entreprises.
01:12Donc il faut arrêter de dire que les allègements de charges sont des cadeaux,
01:16ce sont des béquilles les allègements de charges.
01:19On a aujourd'hui, sans ces allègements, un coût du travail qui augmenterait.
01:24Les marges des PME, vous avez vu ce que ça donne,
01:27donc je veux bien qu'il y ait quelques entreprises du CAC 40 qui encore une fois les moyens,
01:30mais là on voit l'explosion des faillites, la détérioration des trésoreries, etc.
01:34C'est quand même une situation très compliquée.
01:37Vous voyez bien que quand le chômage remonte,
01:40c'est quand même pas le meilleur moment pour alourdir le coût du travail,
01:43et notamment sur les populations qui sont aujourd'hui les plus fragiles.
01:47Donc non, il n'y a pas de négociations possibles.
01:50Moi je suis totalement contre une réduction des allègements de charges.
01:55– Raphaël Lejean, on parle de gel, du barème, c'est ça dont on parle.
01:59– Évidemment.
01:59– Oui mais c'est une autre…
02:00– Oui, c'est une désindexation.
02:03– Arrêtez avec votre jargon.
02:04– C'est un allourdissement concrètement du coût du travail.
02:09– Raphaël.
02:10– Le premier redressement, moi je ne suis absolument pas d'accord,
02:12le premier des redressements à mener dans ce pays,
02:16c'est celui de nos comptes publics,
02:17c'est celui des finances publiques qui sont partis à volo depuis plus de 50 ans.
02:21Et donc ce qu'il faut d'abord et avant tout,
02:23c'est retrouver un niveau de déficit qui nous permette d'arrêter d'augmenter notre dette.
02:27On voit les taux qui explosent en ce moment,
02:30ça va nous coûter une fortune d'ici 10 ans,
02:33ça va être 30 milliards d'intérêts en plus.
02:35Donc d'abord et avant tout, arrêter cette fuite permanente
02:39qui est celle du déficit et de la dette.
02:42Et par un euro d'effort sur les entreprises,
02:44malheureusement ce ne sera pas possible, cher Emmanuel.
02:46On a 120 milliards d'euros d'effort à trouver d'ici 2030,
02:50uniquement pour stabiliser la dette,
02:53uniquement pour stabiliser la dette.
02:55Bon, là, qu'est-ce qu'on nous demande ?
02:57C'est 2 milliards d'effort sur les allègements de charges.
03:00Des allègements de charges, c'était 20 milliards en 2014 avant le CICE,
03:05c'est plus de 80 milliards aujourd'hui.
03:0720 milliards il y a 10 ans, 80 milliards aujourd'hui.
03:10Ça a pris 30 milliards en 5 ans seulement.
03:14Pourquoi ? Parce qu'on a ce mécanisme diabolique d'indexation sur l'inflation,
03:20ce qui fait que comme le SMIC, dès que le SMIC augmente,
03:23et c'est une à deux augmentations par an depuis la crise Covid,
03:28ça fait augmenter l'ensemble du barème qui court jusqu'à 3 SMIC.
03:32Ça veut dire que là, si on augmente le barème de 2,5,
03:37comme on va augmenter le SMIC,
03:39ceux qui sont payés à 5 500 euros bruts,
03:42ça fait plus de 100 euros de cotisation patronale,
03:44en plus uniquement pour les entreprises,
03:46sans qu'elles augmentent le salaire et sans que le salarié ne touche rien.
03:51D'où Roland Lescure qui dit « si vous augmentez les salaires, je veux bien regarder ».
03:54Après, il ne faut pas exagérer non plus,
03:55parce qu'on parle d'effet d'aubaine incroyable pour les entreprises, etc.
03:58L'entreprise, elle paye 5 500 euros,
04:00elle a 100 balles d'allègements supplémentaires,
04:03ce n'est pas le bout du monde.
04:04Je refuse, et franchement, Roland Lescure, ce n'est pas bien ce qu'il fait.
04:07Quand il explique que les entreprises vont toucher des aides supplémentaires,
04:11il reprend mot pour mot le rapport du sénateur communiste Fabien Guay,
04:18qui avait mis le feu aux poudres en parlant de 211 milliards de cadeaux aux entreprises.
04:22Les allègements de charges, ce ne sont pas des cadeaux aux entreprises,
04:26ce ne sont pas des aides aux entreprises,
04:28c'est du soutien à l'emploi,
04:29c'est simplement une compensation d'une surfiscalité qui explose en France.
04:33Les entreprises sont les plus taxées des entreprises françaises,
04:36sont les plus taxées d'Europe.
04:37Le travail est trop cher.
04:39Évidemment que le travail est beaucoup trop taxé en France,
04:42mais pardon, on a 120 milliards d'efforts à trouver pour redresser la barre.
04:46Encore une fois, c'est uniquement pour stabiliser la dette,
04:48ce n'est pas pour la faire baisser.
04:50Et donc, évidemment que les entreprises vont devoir participer,
04:54elles le font déjà,
04:55c'est elles qui permettent chaque année de réduire le déficit.
04:58Ce ne sont pas les efforts en dépense de l'État.
05:01Mais Emmanuel dit qu'il ne faut pas toucher aux entreprises.
05:042 milliards de gel, pardon,
05:05mais il n'y a aucune raison que l'ensemble du gel des allègements de charges
05:10prenne 2 milliards quand on augmente le SMIC de 2,45.
05:13Mais c'est le système qu'il faut changer.
05:15C'est l'indexation des allègements généraux qu'il faut supprimer.
05:18Surtout, vous voulez supprimer surtout, même sur le SMIC.
05:20Y compris sur le SMIC.
05:22Mais finalement, Raphaël, il ne dit pas quelque chose de très différent.
05:25Il a l'air de vouloir dire qu'il est contre,
05:27mais en fait, la réalité, c'est qu'on voit bien les effets délétères
05:30que tout ça va avoir.
05:31Vous avez encore une fois, de facto, une augmentation du coût du travail
05:34sur les personnes qui sont aujourd'hui les plus fragiles
05:37et dont le coût du travail est déjà le plus élevé
05:39par rapport à nos concurrents.
05:41Et donc, on voit bien les effets désastreux
05:43que tout ça va avoir sur l'emploi
05:45parce que les entreprises, de toute façon, vous avez raison.
05:47Dès l'instant où vous augmentez le SMIC,
05:50vous avez des pressions sur tous les salaires
05:52au niveau des échelons, des quelques échelons supérieurs.
05:56Donc, vous voyez bien que tout ça va se traduire
05:58par une augmentation du coût du travail.
05:59Il y a un effet de ciseau aujourd'hui, je suis désolé.
06:02Baisse des profits, augmentation du coût du travail.
06:04Il ne faut pas s'étonner après qu'on va perdre finalement
06:07tout le bénéfice de tout ce qui avait été fait
06:10en matière de redressement du marché du travail depuis 2017.
06:14Et on finira d'enterrer, et on finira d'enterrer...
06:17Le macronisme.
06:18Le macronisme, exactement.
06:20Voilà, donc, on ne peut pas continuer comme ça.
06:23Alors, moi, je veux bien.
06:24Et là où je concède le point, Raphaël,
06:26c'est que politiquement, il a raison.
06:27C'est-à-dire qu'on ne peut pas ne pas demander d'effort aux entreprises.
06:30Mais il y a sans doute des façons un peu plus intelligentes de le faire.
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