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  • il y a 1 heure
Ce lundi 11 mai, les détails des mesures d'économies prises par le gouvernement afin de compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient, ont été abordés par Jean-Marc Daniel et Raphaël Legendre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Erwan Morice, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Et ce matin, c'est Raphaël Legendre. Face à vous, Emmanuel Lechypre, bonjour messieurs.
00:03Comment compenser le coût de la guerre ? C'est la question que se pose le gouvernement
00:08qui doit dévoiler cette semaine le détail de mesures d'économie.
00:116 milliards d'euros au total, c'est le chiffre qui circule.
00:144 milliards sur le budget de l'État, 2 sur celui de la Sécu.
00:18Un montant qui pourrait encore grimper.
00:20Et le gouvernement, Emmanuel, qui envisage bel et bien de tailler dans les allègements de cotisations patronales.
00:26C'est ce que confirme une source à BFM Business.
00:28Est-ce que c'est la bonne cible ? Qui doit payer pour ces efforts ?
00:32Alors évidemment, on ne peut comme ça théoriquement que s'insurger.
00:37On se dit, la France, c'est déjà le pays qui ponctionne le plus les entreprises.
00:42Et c'est vrai qu'il faudrait sacraliser finalement tout ce qui concerne les entreprises.
00:48Le problème, c'est que ça, c'est un monde théorique, c'est un monde idéal.
00:52Et la réalité, c'est qu'aujourd'hui, quand vous voyez l'ampleur des efforts budgétaires à faire,
00:59parce que 6 milliards, ça n'est que les premiers pas.
01:01Si on regarde ce que disent les économistes, ils vous disent, globalement, en réduction du déficit,
01:07il faudrait au moins une quarantaine de milliards.
01:09Et sur la partie économie, il faudrait au moins une quinzaine de milliards.
01:13Donc vous voyez bien qu'on n'y est pas encore.
01:15Et la réalité, c'est que malheureusement, quand vous avez un gouvernement qui n'a pas de majorité à l
01:21'Assemblée nationale,
01:23quand vous savez que c'est le dernier budget que vous êtes en train de préparer avant une élection présidentielle
01:28et que ce budget sera sans doute largement amendé par la nouvelle équipe au pouvoir,
01:34vous êtes obligé quand même de ménager un peu tout le monde.
01:37Et donc, vous ne pouvez pas, si vous demandez des efforts importants, exonérer les entreprises d'efforts.
01:43Et donc, je pense que c'est un moindre mal à accepter par les entreprises.
01:48C'est un moindre mal parce qu'il faut rappeler qu'un milliard sur 70,
01:52c'est quand même pas une somme absolument démesurée.
01:56Et puis, il faut bien rappeler que ces allègements de charges,
01:59tous les économistes vous le disent et on peut faire référence au rapport de 2024
02:04qu'avaient sortis Bozio et Vassemer,
02:07ils montrent bien que ces allègements de charges,
02:09autant c'était vraiment une bouffée d'oxygène pour les entreprises
02:12il y a quelques années,
02:14autant aujourd'hui sur le marché du travail tel qu'il est aujourd'hui
02:16et au vu de toutes les révolutions technologiques
02:20qui vont impacter les professions qui n'étaient peut-être pas visées par les allègements de charges,
02:25ça demande peut-être à être revu et ça a perdu de sa pertinence.
02:28Donc, au final, on peut se dire,
02:30si ça permet d'aller chercher des économies ailleurs,
02:32de les rendre plus acceptables,
02:34ben oui, acceptons que les entreprises payent cette petite au bol.
02:37Moi, je pense que ça ne rendra absolument pas plus davantage les économies acceptables par ailleurs.
02:43On est dans un exercice, je pense, totalement politique et absolument pas comptable.
02:49On est dans un bras de fer depuis un petit moment,
02:51entre le patronat d'un côté, Matignon, de l'autre.
02:55Alors, ça a commencé avec ces allègements de charges quand ça a commencé à circuler,
02:58mais Patrick Martin, le président du MEDEF, a écrit à Matignon,
03:02au président des différentes assemblées, à l'Assemblée nationale et au Sénat,
03:06pour proposer des économies et surtout mettre en place une règle d'or,
03:10ce qui, Thierry Breton, fait la tournée des plateaux aussi,
03:13pour le défendre en ce moment.
03:15Ça a, mais alors, vraiment pas plu au Premier ministre Sébastien Lecornu,
03:19qui a renvoyé, lui, une missive la semaine dernière,
03:22incendiaire au président du MEDEF,
03:25pour lui dire, grosso modo, occupez-vous de vos affaires.
03:28Le budget, de toute façon, c'est pas moi qui gère,
03:30c'est les parlementaires envoyer la lettre aux bons destinataires,
03:36et quant aux arbitrages, c'est moi qui décide.
03:39Ce milliard et demi d'allègements de charges patronales,
03:42c'était déjà en discussion durant le PLF 2026,
03:47et Sébastien Lecornu avait finalement reculé
03:50pour ne pas perdre le bloc central.
03:53Les macronistes étaient contre ces allègements de charges.
03:56Là, il revient à la charge, simplement.
03:57Le budget est passé et il revient à la charge contre les entreprises.
04:01On vient à chaque fois faire les poches des entreprises
04:05pour finir les fins de mois de l'État impécunieux.
04:08Les 6 milliards, ils ne sont pas compliqués à trouver.
04:11Vous faites des annulations de crédit qui ont été gelées en début d'année,
04:15et ça passera totalement crème.
04:17Il y a deux ans, on avait fait 10 milliards d'euros
04:19de nettoyage infrabudgétaire comme ça,
04:22sans que personne ne s'en rende compte.
04:24Vous faites juste des petites coupes, ministère, pas ministère,
04:27et puis ça passe.
04:29Là, ce milliard et demi arrive au pire moment.
04:33Économiquement, on est croissance zéro au premier trimestre,
04:38retour de l'inflation, tension sur les coûts,
04:41tension sur les marges des entreprises.
04:43On a des négociations salariales qui vont devoir repartir à la hausse
04:46avec le retour de l'inflation.
04:48C'est le moment qu'on choisit pour augmenter la fiscalité des entreprises,
04:54des entreprises qui sont le premier moteur de la prospérité nationale.
04:59Donc, vraiment, économiquement, c'est un choix idiot,
05:02et politiquement, c'est une attaque contre le monde de l'entreprise
05:06dont on se passerait bien.
05:07C'est un choix qui, malheureusement, est nécessaire,
05:09mais bien loin d'être suffisant.
05:11Si vous ne demandez pas cet effort aux entreprises,
05:13vous ne pourrez obtenir aucun autre effort.
05:15Moi, ce qui m'inquiète beaucoup plus,
05:17c'est ce qu'on a sur les autres pistes.
05:19Et là, effectivement, je ne peux quand même que rejoindre Raphaël,
05:22c'est-à-dire que toutes les autres pistes qu'on a d'économie,
05:26ce ne sont que des pistes comptables.
05:28Et à aucun moment, il est question de modernisation de l'État.
05:33On veut, par exemple, tailler...
05:34Ça, il n'y a aucun cap stratégique, mais c'est clair.
05:36On veut tailler dans le budget de l'éducation nationale.
05:38Là encore, on peut le dire, c'est un investissement d'avenir.
05:41Si on veut supprimer des classes, etc.,
05:44ça veut dire qu'en fait, on ne va en rien améliorer l'éducation nationale qui...
05:50Il y a une histoire de démographie aussi.
05:52Oui, mais la démographie, c'est très bien.
05:53La démographie, effectivement,
05:55mais si vous vous alignez sur la baisse de la démographie pour réduire vos coûts,
05:59au moins, on pourrait attendre qu'on se dise,
06:02allez, à budget relativement constant,
06:05on fait un effort considérable pour, rappelons-le,
06:08ce qui est le principal investissement dans l'avenir de notre pays,
06:11qui est quand même l'éducation nationale.
06:12Donc moi, c'est ça qui m'inquiète,
06:14c'est que finalement, dans les esprits de ceux qui font ce budget,
06:18rien n'a changé.
06:19Ce n'est pas tellement l'effort qu'on demande aux entreprises.
06:21Ce n'est pas ça qui m'inquiète.
06:22C'est que cette, finalement, logique purement comptable perdure
06:26et qu'on voit bien qu'on n'y arrivera jamais comme ça.
06:28Non, puis symboliquement, on est sur les éléments de charges.
06:30Là, on est sur les 2 milliards pour la Sécu.
06:32On aurait peut-être pu mettre à contribution les retraités.
06:37On a refusé tout effort durant le PLFSS 2026.
06:40Vous supprimez la niche pour frais professionnels de 10% sur les retraités,
06:44c'est 4 milliards.
06:44On avait deux fois ce qu'il nous faut ici.
06:48Donc peut-être un peu les retraités, puis un peu moins les entreprises.
06:52Voilà, conseil pour la suite.
06:53Tous les matins, le débat des éditorialistes.
06:55Et Raphaël Legendre, qu'on retrouve à 9h30.
06:57Nouvel horaire pour les experts.
06:58Vous avez déjà le programme de la matinée ?
07:00On a un très beau programme, je vous le racontais à 9h.
07:03Un peu plus tard.
07:03Merci beaucoup, messieurs.
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