00:00Face à Emmanuel Lechypre aujourd'hui, c'est Raphaël Lejean.
00:02Le gouvernement a publié son plan jeune, un plan jeune qui ne coûte rien.
00:06C'est la première chose qui existe, donc ça a déjà un avantage.
00:09Il faut quand même redonner ce chiffre.
00:11On est à 21,5% de chômage des jeunes aujourd'hui en France.
00:15Ce chiffre est énorme.
00:16Il est au-delà d'ailleurs du chiffre pour les équivalents européens.
00:20Ce serait quoi un bon plan jeune pour vous Emmanuel Lechypre ?
00:22Mais ce n'est pas tellement ce chiffre qui est préoccupant.
00:26Parce qu'en fait, on se rend compte qu'en France, on fait des études beaucoup plus qu'ailleurs.
00:30Donc en fait, sur le marché du travail, au même moment dans les autres pays,
00:36vous avez finalement un nombre de jeunes qui est plus important.
00:41Et donc là, vous avez moins de jeunes qui sont en études qu'ailleurs.
00:46Enfin, vous avez plus de jeunes qui sont en études en France.
00:48Et donc, le taux de chômage sur la seule population concernée de ceux qui ne travaillent pas est forcément plus
00:53élevé.
00:53Le chiffre le plus préoccupant, c'est celui des jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en formation.
00:57C'est combien ?
00:58On est sur un million et demi.
01:00On est sur des chiffres qui sont, pour le coup, plus élevés qu'ailleurs.
01:04Et là, moi je trouve que ce plan, il a quand même quelques mérites.
01:08Il a le mérite, par exemple, d'adresser quand même ce qui est un vrai problème d'information
01:14et qui est un problème qui génère de la ségrégation sociale.
01:18C'est-à-dire que toutes les familles ne sont pas égales devant finalement les labyrinthes du marché du travail.
01:23Quand vous avez des parents qui n'ont pas fait d'études,
01:26quand vous n'êtes pas habitués à naviguer dans tous ces milieux de l'éducation,
01:30bah oui, c'est compliqué.
01:31Donc par exemple, l'équivalent de ce Nutri-Score, par exemple, pour l'insertion, l'insert-score,
01:38c'est quelque chose qui, effectivement, permet de voir quel est le secteur qui recrute le plus
01:45ou est-ce que vous avez le plus de chances de vous insérer.
01:47Ça, c'est finalement de la cartographie et ça, je trouve ça plutôt intéressant.
01:53Pareil, quels sont les secteurs qui vont recruter ?
01:55Donc tout ça, je trouve que c'est très bien pour apprendre à se repérer
01:58dans ce marché du travail français quand on est jeune.
02:01Sauf que le problème, c'est que vous ne changez, finalement,
02:04vous apprenez à vous adapter à un marché du travail,
02:08mais vous ne corrigez absolument pas tous les défauts de ce qui fait qu'on a,
02:11en France aujourd'hui, plus de jeunes non formés et sans emploi qu'ailleurs.
02:17Et donc tout ce qui concerne le fait qu'on a en France une transition plus brutale
02:22entre l'école et le travail que dans beaucoup d'autres pays,
02:25bah ça, c'est pas adressé.
02:26Le fait qu'on a un marché du travail qui est plus rigide qu'ailleurs pour les débutants,
02:31parce que si ça s'est assoupli pour l'ensemble des travailleurs,
02:33ça reste très compliqué pour les débutants.
02:37On a un système scolaire qui produit encore beaucoup trop de décrochages.
02:40Tout ça, tout ça contribue finalement à cette mauvaise performance
02:44et à laisser sur le carreau beaucoup trop de jeunes.
02:46Et ça, ce plan, il ne répond pas vraiment à la question.
02:49Raphaël, ça vous énerve ce plan jeune du gouvernement ?
02:51Oui, il est parfaitement indigent ce plan, c'est-à-dire qu'il n'y a absolument rien.
02:54On n'a pas un rond, ils n'ont aucun moyen politique de faire quoi que ce soit dans l
02:58'action,
02:58donc on anime la galerie.
02:59Encore une fois, c'est la simulation et la dissimulation du pouvoir.
03:02Si on n'a pas un rond, on ne peut rien dire quoi.
03:03On va faire de la communication sur l'interstore qui existe déjà depuis des années.
03:08On ne peut pas reprocher quand on n'a pas d'argent d'essayer de faire des efforts.
03:09Mais le seul rapport à l'entreprise, le lien école-entreprise,
03:14c'est au travers de la sécurité parce qu'il y a eu un accident sur un chantier d'un
03:17apprenti la semaine dernière.
03:20D'abord, le premier plan pour la jeunesse et pour respecter notre jeunesse
03:24qui quand même, moi je trouve, est totalement abandonnée dans ce pays,
03:26c'est d'abord de redresser le niveau scolaire.
03:28Le premier plan, c'est de s'attaquer à l'école.
03:31Il faut de l'argent, il faut de l'attractivité pour le métier de professeur.
03:35Alors, ils l'ont fait un peu. On a rehaussé les salaires d'entrée de carrière.
03:39On sait qu'en fin de carrière, les profs sont augmentés assez rapidement
03:42pour avoir une retraite à peu près décente.
03:44Il y a un ventre mou dans le milieu de la carrière
03:46qui fait que quand vous avez 15 ans d'ancienneté,
03:48vous avez pris 500 euros d'augmentation salariale.
03:51Ce n'est pas possible.
03:52Il faut vraiment améliorer l'attractivité du professorat
03:55pour avoir de bons profs.
03:57C'est évidemment la base.
03:59Ensuite, il faut de l'exigence.
04:00Et là, je voulais souligner les propos récents du ministre de l'Éducation nationale,
04:06Edouard Geffray, que vous avez reçu récemment lors
04:10et qui dit que les élèves qui rendent des copies mal rédigées
04:16ne peuvent plus avoir le bac.
04:17Franchement, c'est une révolution.
04:19Moi, ma maman qui était professeure faisait passer le bac il y a 15 ans.
04:23Tant que ça voulait dire à peu près quelque chose,
04:24on ne regardait plus les fautes d'orthographe.
04:26C'était la moyenne.
04:27Il faut une exigence.
04:29C'est ça, respecter les élèves.
04:30Sur le français, sur les mathématiques,
04:33le langage et le raisonnement scientifique
04:35sont les deux piliers portés par le nouveau ministre.
04:37C'est formidable.
04:38Moi, je dis bravo.
04:39Il faut de la formation à l'IA
04:40parce que les jeunes n'arrivent plus à rentrer sur le marché du travail
04:43du fait de l'IA aujourd'hui.
04:45On y arrive, on est dans cette période.
04:47Il faut absolument les accompagner là-dedans.
04:49Il faut que les entreprises jouent le jeu.
04:52Et ensuite, il faut s'attaquer aux problèmes majeurs.
04:54Vous l'avez cité, Emmanuel, tout à l'heure.
04:57C'est les NITS.
04:58C'est un million et demi de jeunes
05:00qui n'ont pas de formation,
05:02qui n'ont pas de job,
05:03qui n'ont absolument rien,
05:04qui sont sortis du système
05:05et qui vont coûter une fortune
05:07et qui sont abandonnés.
05:09Et pour ça, il y a eu des propositions
05:10qui ont été mises sur la table
05:11il y a quelques semaines par le MEDEF
05:13qui ont fait scandale,
05:15très mal reçu.
05:16Un retour du CPE, on disait.
05:18Et grosso modo, c'est-à-dire quoi ?
05:20Ce qui s'est fait en Italie,
05:21c'est-à-dire un CDI à droit progressif
05:24pendant trois ans.
05:25On embauche ces NITS.
05:26On peut les licencier n'importe quand
05:29au bout de trois ans.
05:29Enfin, pas n'importe comment d'ailleurs.
05:30C'est progressif.
05:31On charge au fur et à mesure ces droits
05:33en contrepartie d'une formation.
05:36Ces jeunes qui n'ont ni diplôme,
05:38ni formation,
05:39il faut les former à un métier.
05:41Et une fois qu'ils auront acquis cette formation,
05:44on peut rentrer dans un régime du travail,
05:47un peu plus normalisé.
05:49Et ça peut être aussi, pardon,
05:51mais quand on n'a aucune formation
05:53et aucun diplôme,
05:54un SMIC inférieur au salaire minimum.
05:56Le SMIC, il est,
05:57avec la prime d'activité aujourd'hui,
05:59pour certains, 1700 euros net.
06:01Bon, quand on n'a aucune formation,
06:03aucun diplôme et que,
06:04pardon de le dire aussi brutalement,
06:06on ne sait rien faire,
06:07on apprend.
06:08On est en mode apprentissage.
06:10Et on peut être sous le SMIC
06:11pendant un an, deux ans,
06:12jusqu'à avoir une vraie formation
06:14et des compétences professionnelles.
06:16Non, mais je crois qu'en fait,
06:17en réalité,
06:18il n'y a rien qui s'oppose dans tout ça.
06:19C'est-à-dire,
06:20il y a des mesures
06:21qui seraient efficaces
06:23sur un horizon court,
06:25voire très court.
06:26Il y a des mesures
06:26qui seraient efficaces
06:27sur un horizon un peu plus long.
06:29Et puis, il y a des mesures
06:30qui sont indispensables
06:31à très long terme.
06:32Encore une fois,
06:33ce plan,
06:34ce n'est pas un plan
06:36présenté par le gouvernement,
06:38ce plan jeune,
06:38ce n'est pas la révolution
06:39du marché de l'emploi
06:40pour les jeunes.
06:40Il a fallu cinq ministres
06:41pour le présenter quand même.
06:42Alors, ce n'est pas faux.
06:45Oui, mais n'empêche que
06:46ça a coûté du temps de ministre,
06:48ça a coûté du ministre.
06:49Ça coûte cher pour le venter.
06:51Ça n'a pas coûté
06:52des centaines de millions
06:53d'argent public.
06:53C'est déjà ça.
06:55Donc, ça commence par ça.
06:56Oui, mieux flécher,
06:57finalement,
06:58ce marché de l'apprentissage
07:00et ce marché de l'entrée
07:01sur le marché du travail.
07:03Ça passe effectivement
07:04par ce que dit Raphaël,
07:05c'est-à-dire,
07:06effectivement,
07:07cette employabilité plus forte.
07:09Parce que si nos jeunes
07:09ont autant de difficultés
07:11dans la transition
07:11entre l'école et le travail,
07:12c'est en partie parce que
07:13les boîtes,
07:14elles ont envie
07:15d'embaucher des gens
07:16qui, vu le prix,
07:17où elles le payent,
07:17où ça leur coûte,
07:18qui sont déjà informés,
07:20etc.
07:20D'où cette contradiction
07:21en France plus qu'ailleurs.
07:22D'ailleurs,
07:23de vouloir recruter des jeunes
07:24mais qui ont de l'expérience,
07:25ça, c'est toujours
07:26la difficulté.
07:27Et puis, à plus long terme,
07:28bien évidemment,
07:29l'éducation nationale,
07:31tout ce qui est exigence
07:33et niveau intellectuel.
07:35Mais tout ça doit se combiner.
07:36Tout ça fait une stratégie
07:37cohérente à long terme.
07:39Mais il faut arrêter
07:40d'y voir à la fois
07:40parfois une vision esclavagiste
07:43ou parfois une vision pédagogiste.
07:45Et entre les deux,
07:46il y a quand même un chemin.
07:47On a deux problèmes en France.
07:48C'est le taux d'emploi
07:49de nos jeunes
07:49et le taux d'emploi
07:50de nos seniors.
07:51Il faut tout miser
07:51sur la jeunesse
07:52et augmenter l'âge légal
07:54de départ à la retraite.
07:55On n'aura plus de problèmes
07:56de finances publiques
07:56ce jour-là.
07:57C'est le taux d'emploi.
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