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  • il y a 2 heures
Ce vendredi 8 mai, le plan d'action du gouvernement pour favoriser l'emploi des jeunes a été abordé par Raphaël Legendre et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Face à Emmanuel Lechypre aujourd'hui, c'est Raphaël Lejean.
00:02Le gouvernement a publié son plan jeune, un plan jeune qui ne coûte rien.
00:06C'est la première chose qui existe, donc ça a déjà un avantage.
00:09Il faut quand même redonner ce chiffre.
00:11On est à 21,5% de chômage des jeunes aujourd'hui en France.
00:15Ce chiffre est énorme.
00:16Il est au-delà d'ailleurs du chiffre pour les équivalents européens.
00:20Ce serait quoi un bon plan jeune pour vous Emmanuel Lechypre ?
00:22Mais ce n'est pas tellement ce chiffre qui est préoccupant.
00:26Parce qu'en fait, on se rend compte qu'en France, on fait des études beaucoup plus qu'ailleurs.
00:30Donc en fait, sur le marché du travail, au même moment dans les autres pays,
00:36vous avez finalement un nombre de jeunes qui est plus important.
00:41Et donc là, vous avez moins de jeunes qui sont en études qu'ailleurs.
00:46Enfin, vous avez plus de jeunes qui sont en études en France.
00:48Et donc, le taux de chômage sur la seule population concernée de ceux qui ne travaillent pas est forcément plus
00:53élevé.
00:53Le chiffre le plus préoccupant, c'est celui des jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en formation.
00:57C'est combien ?
00:58On est sur un million et demi.
01:00On est sur des chiffres qui sont, pour le coup, plus élevés qu'ailleurs.
01:04Et là, moi je trouve que ce plan, il a quand même quelques mérites.
01:08Il a le mérite, par exemple, d'adresser quand même ce qui est un vrai problème d'information
01:14et qui est un problème qui génère de la ségrégation sociale.
01:18C'est-à-dire que toutes les familles ne sont pas égales devant finalement les labyrinthes du marché du travail.
01:23Quand vous avez des parents qui n'ont pas fait d'études,
01:26quand vous n'êtes pas habitués à naviguer dans tous ces milieux de l'éducation,
01:30bah oui, c'est compliqué.
01:31Donc par exemple, l'équivalent de ce Nutri-Score, par exemple, pour l'insertion, l'insert-score,
01:38c'est quelque chose qui, effectivement, permet de voir quel est le secteur qui recrute le plus
01:45ou est-ce que vous avez le plus de chances de vous insérer.
01:47Ça, c'est finalement de la cartographie et ça, je trouve ça plutôt intéressant.
01:53Pareil, quels sont les secteurs qui vont recruter ?
01:55Donc tout ça, je trouve que c'est très bien pour apprendre à se repérer
01:58dans ce marché du travail français quand on est jeune.
02:01Sauf que le problème, c'est que vous ne changez, finalement,
02:04vous apprenez à vous adapter à un marché du travail,
02:08mais vous ne corrigez absolument pas tous les défauts de ce qui fait qu'on a,
02:11en France aujourd'hui, plus de jeunes non formés et sans emploi qu'ailleurs.
02:17Et donc tout ce qui concerne le fait qu'on a en France une transition plus brutale
02:22entre l'école et le travail que dans beaucoup d'autres pays,
02:25bah ça, c'est pas adressé.
02:26Le fait qu'on a un marché du travail qui est plus rigide qu'ailleurs pour les débutants,
02:31parce que si ça s'est assoupli pour l'ensemble des travailleurs,
02:33ça reste très compliqué pour les débutants.
02:37On a un système scolaire qui produit encore beaucoup trop de décrochages.
02:40Tout ça, tout ça contribue finalement à cette mauvaise performance
02:44et à laisser sur le carreau beaucoup trop de jeunes.
02:46Et ça, ce plan, il ne répond pas vraiment à la question.
02:49Raphaël, ça vous énerve ce plan jeune du gouvernement ?
02:51Oui, il est parfaitement indigent ce plan, c'est-à-dire qu'il n'y a absolument rien.
02:54On n'a pas un rond, ils n'ont aucun moyen politique de faire quoi que ce soit dans l
02:58'action,
02:58donc on anime la galerie.
02:59Encore une fois, c'est la simulation et la dissimulation du pouvoir.
03:02Si on n'a pas un rond, on ne peut rien dire quoi.
03:03On va faire de la communication sur l'interstore qui existe déjà depuis des années.
03:08On ne peut pas reprocher quand on n'a pas d'argent d'essayer de faire des efforts.
03:09Mais le seul rapport à l'entreprise, le lien école-entreprise,
03:14c'est au travers de la sécurité parce qu'il y a eu un accident sur un chantier d'un
03:17apprenti la semaine dernière.
03:20D'abord, le premier plan pour la jeunesse et pour respecter notre jeunesse
03:24qui quand même, moi je trouve, est totalement abandonnée dans ce pays,
03:26c'est d'abord de redresser le niveau scolaire.
03:28Le premier plan, c'est de s'attaquer à l'école.
03:31Il faut de l'argent, il faut de l'attractivité pour le métier de professeur.
03:35Alors, ils l'ont fait un peu. On a rehaussé les salaires d'entrée de carrière.
03:39On sait qu'en fin de carrière, les profs sont augmentés assez rapidement
03:42pour avoir une retraite à peu près décente.
03:44Il y a un ventre mou dans le milieu de la carrière
03:46qui fait que quand vous avez 15 ans d'ancienneté,
03:48vous avez pris 500 euros d'augmentation salariale.
03:51Ce n'est pas possible.
03:52Il faut vraiment améliorer l'attractivité du professorat
03:55pour avoir de bons profs.
03:57C'est évidemment la base.
03:59Ensuite, il faut de l'exigence.
04:00Et là, je voulais souligner les propos récents du ministre de l'Éducation nationale,
04:06Edouard Geffray, que vous avez reçu récemment lors
04:10et qui dit que les élèves qui rendent des copies mal rédigées
04:16ne peuvent plus avoir le bac.
04:17Franchement, c'est une révolution.
04:19Moi, ma maman qui était professeure faisait passer le bac il y a 15 ans.
04:23Tant que ça voulait dire à peu près quelque chose,
04:24on ne regardait plus les fautes d'orthographe.
04:26C'était la moyenne.
04:27Il faut une exigence.
04:29C'est ça, respecter les élèves.
04:30Sur le français, sur les mathématiques,
04:33le langage et le raisonnement scientifique
04:35sont les deux piliers portés par le nouveau ministre.
04:37C'est formidable.
04:38Moi, je dis bravo.
04:39Il faut de la formation à l'IA
04:40parce que les jeunes n'arrivent plus à rentrer sur le marché du travail
04:43du fait de l'IA aujourd'hui.
04:45On y arrive, on est dans cette période.
04:47Il faut absolument les accompagner là-dedans.
04:49Il faut que les entreprises jouent le jeu.
04:52Et ensuite, il faut s'attaquer aux problèmes majeurs.
04:54Vous l'avez cité, Emmanuel, tout à l'heure.
04:57C'est les NITS.
04:58C'est un million et demi de jeunes
05:00qui n'ont pas de formation,
05:02qui n'ont pas de job,
05:03qui n'ont absolument rien,
05:04qui sont sortis du système
05:05et qui vont coûter une fortune
05:07et qui sont abandonnés.
05:09Et pour ça, il y a eu des propositions
05:10qui ont été mises sur la table
05:11il y a quelques semaines par le MEDEF
05:13qui ont fait scandale,
05:15très mal reçu.
05:16Un retour du CPE, on disait.
05:18Et grosso modo, c'est-à-dire quoi ?
05:20Ce qui s'est fait en Italie,
05:21c'est-à-dire un CDI à droit progressif
05:24pendant trois ans.
05:25On embauche ces NITS.
05:26On peut les licencier n'importe quand
05:29au bout de trois ans.
05:29Enfin, pas n'importe comment d'ailleurs.
05:30C'est progressif.
05:31On charge au fur et à mesure ces droits
05:33en contrepartie d'une formation.
05:36Ces jeunes qui n'ont ni diplôme,
05:38ni formation,
05:39il faut les former à un métier.
05:41Et une fois qu'ils auront acquis cette formation,
05:44on peut rentrer dans un régime du travail,
05:47un peu plus normalisé.
05:49Et ça peut être aussi, pardon,
05:51mais quand on n'a aucune formation
05:53et aucun diplôme,
05:54un SMIC inférieur au salaire minimum.
05:56Le SMIC, il est,
05:57avec la prime d'activité aujourd'hui,
05:59pour certains, 1700 euros net.
06:01Bon, quand on n'a aucune formation,
06:03aucun diplôme et que,
06:04pardon de le dire aussi brutalement,
06:06on ne sait rien faire,
06:07on apprend.
06:08On est en mode apprentissage.
06:10Et on peut être sous le SMIC
06:11pendant un an, deux ans,
06:12jusqu'à avoir une vraie formation
06:14et des compétences professionnelles.
06:16Non, mais je crois qu'en fait,
06:17en réalité,
06:18il n'y a rien qui s'oppose dans tout ça.
06:19C'est-à-dire,
06:20il y a des mesures
06:21qui seraient efficaces
06:23sur un horizon court,
06:25voire très court.
06:26Il y a des mesures
06:26qui seraient efficaces
06:27sur un horizon un peu plus long.
06:29Et puis, il y a des mesures
06:30qui sont indispensables
06:31à très long terme.
06:32Encore une fois,
06:33ce plan,
06:34ce n'est pas un plan
06:36présenté par le gouvernement,
06:38ce plan jeune,
06:38ce n'est pas la révolution
06:39du marché de l'emploi
06:40pour les jeunes.
06:40Il a fallu cinq ministres
06:41pour le présenter quand même.
06:42Alors, ce n'est pas faux.
06:45Oui, mais n'empêche que
06:46ça a coûté du temps de ministre,
06:48ça a coûté du ministre.
06:49Ça coûte cher pour le venter.
06:51Ça n'a pas coûté
06:52des centaines de millions
06:53d'argent public.
06:53C'est déjà ça.
06:55Donc, ça commence par ça.
06:56Oui, mieux flécher,
06:57finalement,
06:58ce marché de l'apprentissage
07:00et ce marché de l'entrée
07:01sur le marché du travail.
07:03Ça passe effectivement
07:04par ce que dit Raphaël,
07:05c'est-à-dire,
07:06effectivement,
07:07cette employabilité plus forte.
07:09Parce que si nos jeunes
07:09ont autant de difficultés
07:11dans la transition
07:11entre l'école et le travail,
07:12c'est en partie parce que
07:13les boîtes,
07:14elles ont envie
07:15d'embaucher des gens
07:16qui, vu le prix,
07:17où elles le payent,
07:17où ça leur coûte,
07:18qui sont déjà informés,
07:20etc.
07:20D'où cette contradiction
07:21en France plus qu'ailleurs.
07:22D'ailleurs,
07:23de vouloir recruter des jeunes
07:24mais qui ont de l'expérience,
07:25ça, c'est toujours
07:26la difficulté.
07:27Et puis, à plus long terme,
07:28bien évidemment,
07:29l'éducation nationale,
07:31tout ce qui est exigence
07:33et niveau intellectuel.
07:35Mais tout ça doit se combiner.
07:36Tout ça fait une stratégie
07:37cohérente à long terme.
07:39Mais il faut arrêter
07:40d'y voir à la fois
07:40parfois une vision esclavagiste
07:43ou parfois une vision pédagogiste.
07:45Et entre les deux,
07:46il y a quand même un chemin.
07:47On a deux problèmes en France.
07:48C'est le taux d'emploi
07:49de nos jeunes
07:49et le taux d'emploi
07:50de nos seniors.
07:51Il faut tout miser
07:51sur la jeunesse
07:52et augmenter l'âge légal
07:54de départ à la retraite.
07:55On n'aura plus de problèmes
07:56de finances publiques
07:56ce jour-là.
07:57C'est le taux d'emploi.
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