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  • il y a 38 minutes
Ce vendredi 17 avril, les chiffres publiés jeudi par l'Insee, qui indiquaient que 56% des Français avaient reçu plus qu'ils n'avaient contribué au titre de la redistribution, ont été abordés par Raphaël Legendre et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Face à Emmanuel Lechypre aujourd'hui, c'est Raphaël Lejean.
00:02Dans ce chiffre de l'INSEE, publié hier, 56% des Français ont reçu plus qu'ils n'ont contribué
00:07au titre de la redistribution.
00:10Est-ce que c'est trop, notamment au regard de la dette ? Et puis, est-ce que c'est
00:13efficace comme système, Raphaël ?
00:15C'est le chiffre qui résume l'état catastrophique de la France.
00:19On pourrait se dire que c'est formidable, 56% de gagnants, donc notre système fonctionne très bien, c'est
00:24absolument pas le cas.
00:27La redistribution, elle doit aider les plus modestes.
00:28Si on a 56% de pauvres en France, c'est que vraiment, vraiment, on a raté l'ambition de
00:36prospérité qu'on devrait tous avoir pour notre pays.
00:39Ça nourrit en plus un réflexe terrible qui est celui de Netanoulou.
00:44On comprend pourquoi les Français, dès qu'il y a un problème, se retournent vers l'État,
00:48puisque globalement, effectivement, ils sont une majorité, en tout cas, à gagner au niveau de la redistribution.
00:57Et c'est ce qui bloque aussi beaucoup toute velléité de réforme dans ce pays.
01:02Comment vous voulez qu'on réforme notre système social quand vous avez 56% de gens qui gagnent ?
01:09Alors, il y a les retraites dedans, donc c'est un chiffre quand même large.
01:12Oui, on peut rajouter 17, effectivement, 17 millions de retraités.
01:15Mais au-delà de ça, ça montre quand même l'étendue, la superficie du grand bonto public et socialiste.
01:25C'est-à-dire socialisant de la puissance publique.
01:28Vous avez en France, en réalité, un actif sur deux qui, grosso modo, dépend de la sphère publique pour travailler.
01:34Vous avez les fonctionnaires, vous avez toutes les professeurs augmentées, tous les médecins sont payés par la Sécu.
01:38Donc, quand vous avez la moitié des Français qui bénéficient du social et la moitié des Français qui bénéficient de
01:46l'activité publique
01:47ou qui sont directement liés à cette activité publique, cette puissance publique, c'est quand même très compliqué de la
01:54faire reculer.
01:55Or, pourquoi la faire reculer, me direz-vous ?
01:58Parce qu'on sait très bien que ce système social nous coûte une fortune et que le problème avec le
02:03socialisme, comme disait Thatcher, fut une époque,
02:06c'est qu'on arrive toujours à un moment à court d'argent des autres.
02:10Là, c'est le cas.
02:12Là, c'est des chiffres 2023 que communique l'INSEE.
02:15Il y a un écart de 64 milliards entre ce que l'on prélève d'un côté pour les aides
02:20sociales et ce que l'on redistribue de l'autre.
02:23Donc, cette redistribution, elle se fait à crédit.
02:26Et donc, on pénalise en réalité les générations futures.
02:30Il va y avoir un effet boomerang fiscal absolument terrible.
02:35Et puis, un dernier point, c'est que c'est parfaitement inefficace en réalité.
02:39Parce que dans le même temps, on a appris qu'en dépit de cette redistribution massive,
02:43les inégalités augmentaient en France plus vite qu'ailleurs en Europe.
02:47On a un pays plus inégalitaire dorénavant que la moyenne de l'UE après redistribution.
02:55Et on a en parallèle un PIB par tête qui est inférieur à la moyenne européenne aussi depuis 4 ans.
03:02Donc, ça ne marche pas très bien quand même.
03:04Mais c'est non seulement que ça fonctionne mal, mais c'est ce qui nous plombe en réalité.
03:08Emmanuel.
03:08Alors, il y a deux façons d'aborder ce débat.
03:11La façon terrifiante, c'est celle qu'a choisie Raphaël.
03:16Lucide.
03:16Parce qu'en fait, c'est cette vision libérale finalement qui consiste à dire,
03:21allez, la France, c'est le dernier pays socialiste du monde, un pays d'assistés, de feignants, qui vit à
03:26crédit.
03:27Il faut réduire les dépenses sociales, redresser les finances publiques.
03:30Et en fait, ce qui est terrible, c'est que ça, c'est la sortie par le bas.
03:35C'est la spirale du déclin.
03:37C'est, avec ce chiffre, prendre prétexte de ce chiffre, c'est effectivement se jeter avec dans la délectation de
03:46la spirale, de la pauvreté, de la misère.
03:49Parce que c'est refusé toutes les réformes ambitieuses.
03:53Et puis, et puis, il y a...
03:54François qui est dans une piscine à boules.
03:56Si c'était une piscine à boules, ce serait pas si grave.
04:01Mais malheureusement, c'est beaucoup plus dangereux.
04:03Et qu'est-ce que vous voyez de positif ?
04:04Parce que ce n'est pas qu'il y a quelque chose de positif.
04:06C'est que l'autre façon d'aborder, finalement, ce chiffre, c'est de se dire, finalement, c'est de
04:12le voir comme une résultante.
04:13La résultante, effectivement, de quoi ?
04:15D'abord, de besoins de services publics dont on ne peut panier qu'ils sont en forte augmentation.
04:20Quand vous avez décidé d'emmener 80% d'une classe d'âge au bac, contre 15% 50 ans
04:25plus tôt, vous avez plus de dépenses d'éducation.
04:27Quand vous vous déplacez 5 à 6 fois plus aujourd'hui qu'il y a 50 ans, vous avez besoin
04:32de plus d'infrastructures.
04:33Vous pouvez panier que se soigner, ça coûte plus cher aujourd'hui.
04:37Et donc, cette idée qu'il faut réduire cette redistribution est pathétique.
04:42Toutes les études vous montrent le contraire.
04:44Prenez les travaux, par exemple, de l'OCDE qui vous dit quand il y a trop d'inégalités dans une
04:51société.
04:51Parce que c'est ça, en fait.
04:52Moindre redistribution, c'est plus d'inégalités.
04:53Quand vous avez plus d'inégalités, vous avez moins de croissance, vous avez plus de violence, vous avez moins de
05:02cohésion sociale.
05:03Le FMI vous dit que les pays plus égalitaires sont des pays qui ont des croissances plus longues, des cycles
05:09économiques moins heurtés, etc.
05:12Donc, la vraie question, en plus, sachant que le niveau de dépense publique, parce qu'après c'est l'agression,
05:18après trop de redistribution, c'est trop de dépense publique.
05:20Il n'y a rien, nulle part, qui prouve que le niveau de dépense publique a un impact ou pas
05:27sur la compétitivité de le pays.
05:28Mais là, on n'arrive même pas à être le pays le mieux doté dans le classement.
05:32C'est pour ça que le seul sujet qu'élude Raphaël, en voulant nous embarquer dans une espèce de modèle
05:39anglo-saxon qui est finalement appauvrissant,
05:43parce que tout est trompeur dans les stades des États-Unis, c'est de dire que le vrai sujet qu
05:49'il ne faut pas remuter, c'est justement l'efficacité de ce service public.
05:53C'est-à-dire, oui, l'éducation, c'est fondamental, elle doit être financée, tout le monde doit avoir sa
05:57chance, mais ce n'est pas normal que ça nous coûte aussi cher.
05:59On n'a plus un fifrelin pour financer ces services publics, parce qu'on a tout mis dans le social,
06:04la moitié de la dépense publique.
06:06Il faut réorienter vers le régalien, par contre, je suis entièrement d'accord, et vers la qualité de l'éducation.
06:12Et là, là-dessus, c'est peut-être le point sur lequel on est d'accord, mais c'est qu
06:16'il faut effectivement passer par ce nœud gordien qui est l'efficacité de la dépense publique.
06:22On a besoin de plus d'infrastructures, on a une société qui vieillit, on est dans une société dans laquelle,
06:27à cause de la technologie,
06:28le ruissellement, ça s'est passé.
06:30Poussons la logique, poussons la logique, pourquoi pas 80% de bénéficiaires qui seraient financés par 20 seulement pour cent,
06:3720% de la population.
06:37Bon là, les 20% ils partent.
06:38Ou 90% encore plus.
06:40C'est toujours le même problème, quand il y a un ratio avec un numérateur et un dénominateur,
06:45Raphaël est obsédé par le numérateur, c'est-à-dire le niveau de dépense sociale.
06:48Moi, je suis obsédé par l'efficacité.
06:51Je suis obsédé par le dénominateur, qui est le niveau de dépense.
06:54Donc, augmentons nos ressources, travaillons plus.
06:57Alors là, on pourrait relancer le débat sur comment augmenter les ressources.
06:59Oui, alors, travaillons plus, augmentons les impôts.
07:01Mais bien sûr, mais je veux dire, il y a des tas de choses à faire qui nous renvoient à
07:04la réforme de l'État.
07:05Enterriner ce chiffre et dire qu'il faut réduire les dépenses sociales,
07:08c'est renoncer à la seule réforme qui est la sortie par le haut dont a besoin la France.
07:12Est-ce qu'il faut vraiment continuer à emmener 80% d'une classe d'âge au bac ?
07:15On posera la question au ministre de l'Éducation, qui sera notre invité dans une demi-heure.
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