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  • il y a 7 semaines
Ce vendredi 27 mars, la question du retour du "quoi qu'il en coûte", avec notamment les aides ciblées promises par Bercy destinées aux "gros rouleurs" pour faire face à la hausse des prix du carburant, a été évoquée par Guillaume Paul et Raphaël Legendre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Le gouvernement a tenu un mois, un mois avant de sortir le carnet de chèques.
00:03Bercy promet des aides ciblées pour les gros rouleurs.
00:06Alors, est-ce que c'est la porte ouverte au quoi qu'il en coûte ?
00:09Le débat ce matin, c'est Guillaume Folle face à Raphaël Legendre.
00:12Qu'est-ce qui veut commencer ?
00:14Allez, c'est presque un sujet de bac, voilà.
00:18Qu'est-ce qu'un gros rouleur ?
00:19On a un problème, c'est qu'on se rend compte que partout en Europe, ça commence à réagir.
00:22Donc, le gouvernement se dit qu'on ne peut pas rester complètement inerte.
00:25Alors, j'ai fait un geste sur les gros rouleurs, c'était en 2023, c'était sous Elisabeth Borne.
00:29C'était un chèque de 100 euros pour tous les Français qui avaient une voiture
00:32et qui comptait parmi les 50% les plus modestes.
00:34C'est-à-dire qu'ils étaient dans les cinq premiers déciles du barème de l'impôt sur le revenu.
00:39Le problème, c'est que vous fassiez derrière 0 ou 200 km pour aller bosser, ça ne changeait absolument rien.
00:42Donc, ce n'était pas parfait.
00:43De toute façon, il n'y a rien de parfait, mais à choisir s'il faut dégainer quelque chose.
00:47Moi, je préfère encore qu'on dégaine temporairement ce dispositif
00:50parce que je préfère ça plutôt que de voir le gouvernement baisser la fiscalité sur le carburant, TVA et Assis.
00:55On sait que pour remonter ça après, bon courage.
00:58Je préfère ça, un plafonnement des prix qu'on verrait un très mauvais signal aux fournisseurs de carburant.
01:03Là, pour le coup, ça pourrait vraiment créer des phénomènes de pénurie.
01:06Je préfère ça plutôt que de voir l'État prendre à sa charge plusieurs dizaines de centimes par litre à
01:10la pompe.
01:10On voit les chiffres des gens en Italie sur une dizaine de jours.
01:12C'est très, très préoccupant.
01:13Ça va très, très vite.
01:15Et puis, je préfère ça plutôt que de voir le gouvernement céder à une demande du Rassemblement National,
01:19vous savez, de suspendre les fameux certificats d'économie d'énergie
01:22qui pèsent parfois jusqu'à 15 à 17 centimes par litre.
01:26Ça a encore augmenté de quelques centimes depuis le début de l'année.
01:28C'est un pactole à 8 milliards qui sert notamment à financer ma prime rénov'
01:32plus le leasing économique, plus le bonus écologique.
01:35C'est beaucoup d'argent, 8 milliards.
01:36En même temps, c'est peu pour se débarrasser de ce qui nous bouffe l'existence précisément depuis des années,
01:41c'est-à-dire notre dépendance aux énergies fossiles.
01:43Je vous rappelle, 2024, facture à 60 milliards.
01:462022, on l'a oublié, facture à 126 milliards quand les prix du gaz et du pétrole étaient partis en
01:51vrille.
01:51C'est ça, en fait, qui est plus tenable.
01:53Donc, à choisir entre plusieurs mots, MAUX, je préfère qu'on garde ces CEE
01:57et qu'on lâche un petit peu temporairement.
01:59Oui, mais la question, c'est est-ce que c'est la porte ouverte derrière à tous les chèques ?
02:04Est-ce que c'est le premier chèque d'une longue série ?
02:06C'est toujours le risque des dominos après, puisque si mon voisin de droite a eu droit à son chèque,
02:11Et pourquoi ? Moi, je n'aurai pas le droit à mon chèque aussi.
02:13Et puis, c'est évidemment l'effet contagion que redoute notamment Bercy.
02:17Je vous rappelle, il est 7h14 que dans un quart d'heure, on aura les chiffres du déficit 2025.
02:23C'est un petit trou de souris.
02:24Même s'ils sont un tout petit peu meilleurs que prévus, très probablement,
02:27on est quand même à 5% de déficit, plus de 5% de déficit.
02:31On est les derniers de la zone euro, donc on a juste zéro argent dans les caisses.
02:37On a déjà tout cramé lors de la dernière crise inflationniste.
02:42Je rappelle qu'uniquement sur l'année 2022-2023, c'était 7 milliards et demi d'aides publiques.
02:49On ne peut plus se payer ce genre de méga-chèques.
02:51Surtout que le taux à 10 ans est à 3,80.
02:53Oui, pardon, mais aucun gain politique derrière.
02:58Je rappelle qu'il n'y en a quand même rien de mieux que le signal pris pour limiter,
03:03comme Guillaume l'a rappelé, la consommation d'hydrocarbures aussi.
03:06Et puis alors, l'annonce arrive demain pour les gros rouleurs.
03:09Elle arrive un peu à contre-temps.
03:10Pour la première fois hier, le prix de l'essence a baissé à la pompe.
03:14Alors pas énormément.
03:15Le prix du baril remonte.
03:16Un centime.
03:17Alors c'était dû au prix du baril qui avait un peu baissé en début de semaine.
03:20Mais on est autour des 100 dollars.
03:22Je veux dire, à 100 dollars, ce n'est pas la crise généralisée.
03:24On sera à 150 ou 200 dollars.
03:26Je veux bien, si on commence dès les 100 dollars le baril à sauter au plafond
03:30et à dire je veux des chèques dans tous les sens,
03:32je ne sais pas ce qu'on fera, si la crise dure vraiment.
03:35Dès demain, Raphaël, il y a des manifestations de routiers
03:40qui vont demander des aides.
03:42Vous voyez un petit peu comment ça monte socialement.
03:45Alors il y a deux éléments.
03:45C'est-à-dire que vous avez d'un côté les ménages et de l'autre les entreprises.
03:49Vous avez quelques secteurs, et c'est toujours les mêmes,
03:50c'est le transport et c'est les pêcheurs.
03:52C'est déjà le cas lors de la précédente crise.
03:55Donc là, vous pouvez faire des aides très ciblées, très temporaires
03:58et qu'il faut donner au bon moment.
04:00C'est la règle des 3 T, qu'a rappelé Christine Lagarde il y a encore quelques jours à la
04:03BCE.
04:04Timely, targeted, temporary.
04:06C'est la règle absolue lors de toute crise.
04:09Ça avait été mise en place en 2008 pour les subprimes.
04:11Ça fonctionne aussi bien avec la crise du pétrole.
04:14Aujourd'hui, il faut les limiter aux secteurs, aux entreprises d'abord,
04:19aux secteurs qui en ont le plus besoin,
04:22éventuellement à quelques professionnels,
04:25voilà les infirmières libérales dans le lot,
04:28qui doivent faire 300 bornes par jour et qui vont soigner des gens.
04:32Mais il faut que ce soit très, très, très limité.
04:34Je rappelle que les ménages n'ont jamais été aussi riches en France depuis 2019
04:39et les entreprises aussi qui ont établi leur marge.
04:42Donc, vous avez des évolutions de marché.
04:44Débloquer les libraires pour payer le plein.
04:46Les consommateurs doivent, exactement, taper dans l'épargne.
04:49Les consommateurs doivent assumer cet indicateur prix.
04:53Et on a baissé la consommation quand même.
04:55Enfin, juste simplement rappeler que quand les prix augmentent,
04:58on baisse notre consommation d'hydrocarbures.
05:00Et c'est très bien comme ça.
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