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  • il y a 23 heures
Pour faire face au défi de la dronisation, un effort de défense inédit a été lancé.
Un changement de méthode autant qu'un changement d'échelle car dans le domaine des drones, tout évolue très vite. Les technologies comme les menaces.
Au programme : plus de dialogue en amont, moins de lourdeur dans les procédures d'acquisition et plus de souveraineté industrielle.
Sur le terrain, à l'occasion d'Orion 2026, pour la première fois dans un exercice, plus de 1 200 drones ont été engagés simultanément aux côtés des forces.
Un test en conditions réelles pour valider les matériels, identifier leurs limites... et ajuster les équipements aux besoins du terrain.

Réalisateur : Sébastien Mesquida

Immersion au sein des forces armées.
Au travers d'images réalisées au plus près des entraînements comme en opérations, Le Journal de la Défense pose chaque mois un autre regard sur l'actualité des armées pour mieux appréhender et comprendre l'univers de la Défense.

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00:00...
00:15Nous entrons dans une économie de guerre,
00:17ce qui est un changement pour beaucoup d'entre nous.
00:19Soyons lucides.
00:21Qui va nous obliger à investir davantage pour les États,
00:25à être plus exigeants avec les industriels pour ces derniers,
00:28à être encore plus innovants, plus rapides.
00:33Une économie de guerre, c'est l'idée de se préparer à des logiques d'attrition,
00:36donc être en capacité de soutenir un effort de défense sur le temps long,
00:40en produisant plus, plus vite, et si possible, à moindre coût,
00:44en tout cas à coût maîtrisé.
00:47Aujourd'hui, il y a des millions de drones qui volent par an en Ukraine,
00:51ce qui n'était pas du tout le cas avant que la bascule,
00:53c'est vraiment sur la massification.
00:56adapter la réponse industrielle aux besoins militaires,
00:59mais également d'adapter le besoin militaire avec la réponse industrielle,
01:01avec l'objectif de construire ensemble des projets
01:04qui peuvent arriver rapidement dans les forces.
01:18Le 61e régiment d'artillerie, spécialiste du renseignement par l'image,
01:22en exercice autour de Chaumont.
01:25C'est un des précurseurs dans l'utilisation des drones au sein des armées françaises.
01:30Cet outil, toujours plus performant, est capable d'observer, de guider, de frapper, d'intercepter.
01:39Le drone, aujourd'hui, c'est un usage au quotidien,
01:43donc dans toutes les phases de la mission.
01:45Ça peut être à la préparation, à l'installation,
01:48à la phase, on va dire, principale de la mission,
01:49l'effet majeur qu'on veut obtenir,
01:50et même pendant nos déplacements.
01:52Donc vraiment, ça nous accompagne tous les jours.
01:56On a un panorama assez complet de drones, de différentes tailles.
01:59Ça va du drone FPV, qui est en plein développement,
02:02donc qui lui, son utilité est vraiment, on va dire, autour du kilomètre de notre position.
02:06Ensuite, on a du micro-drone, drone du combattant,
02:08d'allonge de 4 km à peu près.
02:10Et donc là, c'est vraiment de blanchir une zone,
02:12et on sera vraiment au contact de ce qu'on recherche.
02:15Ensuite, on a ce que vous voyez ici, le DT46,
02:17qui lui, a une portée d'environ 100 km,
02:19qui nous permet d'aller vraiment derrière les ennemis,
02:21d'observer et de rechercher les zones vitales adversées.
02:25Les besoins des forces sont immenses.
02:28Et la guerre en Ukraine a forcé les armées occidentales
02:31à revoir l'économie du combat.
02:34La supériorité militaire repose désormais sur un équilibre.
02:38D'un côté, des systèmes complexes et coûteux.
02:42De l'autre, des équipements simples,
02:44et produits en grand nombre,
02:46pour faire face à l'attrition du champ de bataille.
02:50Le cœur aujourd'hui, c'est le combat de haute intensité.
02:52On a besoin de moyens qui sont nécessairement des moyens de haute technologie,
02:56parce que pour réaliser notre mission de renseignement,
02:59on a besoin de capteurs, de charges utiles,
03:02qui ont un coût important.
03:04Et puis dans le même temps,
03:05aujourd'hui, face à un adversaire qui est paritaire,
03:08qui a les mêmes capacités que nous,
03:10qui a une bulle de défense solaire qui est extrêmement élevée,
03:13on a aussi besoin d'une masse de moyens
03:15pour pouvoir prendre en compte ces pertes
03:17et malgré tout, réaliser la mission.
03:20Il est clair que, finalement,
03:21ce qui a évolué, c'est la prise de conscience
03:23de cette place du drone
03:24et de ce qu'apporte le drone dans la guerre d'aujourd'hui.
03:33Pour faire face au défi de la dronisation,
03:35un effort de défense inédit a été lancé par la DGA,
03:39le pacte drone où se pressent tous les industriels du secteur.
03:43Un changement de méthode autant qu'un changement d'échelle.
03:46Car dans le domaine des drones, tout évolue très vite,
03:49les technologies comme les menaces.
03:51Et les cycles industriels traditionnels,
03:54étalés sur des décennies,
03:56ne suffisent plus à répondre à l'urgence opérationnelle.
04:00On a vu le 1er décembre à Ballard,
04:03une première fois, on vous l'a dit
04:05qu'on avait lancé 4 projets d'acquisition de drones courant 2026.
04:09On a notamment des drones low-cost
04:10qui sont à hauteur de 3000 à 5000,
04:12des drones FPV qui sont à hauteur de 3000 à 5000 également,
04:16des drones d'éclairage, des drones bombardiers
04:18qui sont plutôt à hauteur de 100 à 200.
04:20Quelles sont vos capacités de production ?
04:22Vous l'avez vu, là, on a vraiment un changement d'échelle.
04:25On l'avait déjà fait l'année dernière, mais uniquement sur le projet Delco.
04:28Là, ça va être général, on va demander de produire plusieurs centaines
04:33ou plusieurs milliers de drones.
04:35Le pacte drone aérien de défense, c'est aujourd'hui plus de 180 entreprises
04:38qui participent, à la fois des groupes capables de produire en très grande quantité,
04:43également on a des groupes automobiles,
04:44comme la petite PME qui a une innovation,
04:46qui va faire la différence sur la conception d'un drone.
04:49Pour la partie souveraineté nationale, la disponibilité des composants,
04:54est-ce que tu mets une priorité en disant, moi je veux des solutions souveraines ?
04:59C'est-à-dire que des composants, je ne sois pas dépendant de la Chine ou ce genre de choses,
05:03quitte à ce qu'on dise, attention, vous voulez, par exemple, au hasard,
05:06les moteurs, voilà, moi je vous propose des moteurs français, souverains, tout ce que vous voulez,
05:10mais à l'arrivée, le drone, il coûte 10 ou 20% plus cher.
05:14Si je l'ai précisé ici, c'est que justement j'attends ça,
05:17je souhaite imposer un minimum de souveraineté, alors souveraineté européenne.
05:20Et c'est en s'accordant sur ce que vous savez faire rapidement, à coût maîtrisé,
05:27qu'on choisisse ensemble là où on veut aller sur nos appels d'offres,
05:30que l'on réussira ce défi de livrer les forces dès fin 2026
05:34sur toutes ces gammes de drones évoquées.
05:37Donc encore une fois, un grand merci à tous pour votre présence.
05:41Les industriels vont maintenant plancher sur les besoins exprimés par la DGA pour 2026.
05:47Des drones de moins de 150 kilos.
05:50Au programme, plus de dialogues en amont,
05:53moins de lourdeur dans les procédures,
05:56et plus de souveraineté industrielle.
05:58L'économie de guerre, elle ne se décrète pas.
06:01On est en guerre ou on n'est pas en guerre.
06:02Et on a bien vu sur la Première Guerre mondiale, qui est un bon exemple,
06:05l'économie de guerre, ça a consisté à passer de je produis des voitures comme Peugeot et Renault,
06:11ou je produis des chars, je produis des machines à coudre, ou je produis des munitions.
06:15Et donc l'économie de guerre, elle viendra au moment de la guerre.
06:21La France, elle est plutôt bien positionnée,
06:23parce qu'on a une industrie de défense qui est relativement autonome
06:27sur l'ensemble du spectre capacitaire.
06:29Et donc ça offre des capacités industrielles partout, donc pour la France,
06:33avec un outil de production pour lequel il y a eu des investissements
06:36qui ont été faits depuis le début de la guerre en Ukraine,
06:39justement pour soutenir ces augmentations de cadence
06:42et ces réductions de délais entre la commande et la livraison des équipements.
06:46C'est une transformation qui est en cours.
06:49Partout en France, la base industrielle de défense se met en ordre de marche.
06:54Grand groupe historique, PM spécialisé,
06:57ou start-up issu du numérique.
07:02Le pacte drone a réussi à fédérer l'écosystème
07:05autour d'un but unique
07:08qui est que la France reste dans la course
07:13vis-à-vis du drone, et du drone au sens large,
07:15c'est-à-dire ce qui vole, mais aussi ce qui navigue.
07:18Il y a des drones de toute petite taille qui font moins de 250 grammes,
07:21d'autres qui vont faire plusieurs tonnes.
07:23Donc dans ce monde qui bouge très vite et qui est en pleine structuration,
07:27chaque acteur de la filière du drone,
07:28qu'elle soit française ou européenne, trouve sa niche.
07:32Près de Saint-Etienne,
07:34Hexadrone incarne cette nouvelle génération d'industriels.
07:38Dans le domaine des drones,
07:39l'avantage ne vient plus seulement de la technologie.
07:42Il vient de la capacité à s'adapter.
07:45Une logique héritée du monde civil
07:47est désormais au cœur de l'industrie de défense.
07:53Hexadrone a beaucoup travaillé avec les forces spéciales.
07:56Et aujourd'hui, on sent qu'il y a un vrai passage à l'échelle
07:58au sein de la grande armée, essentiellement l'armée de terre aujourd'hui.
08:04Pour monter en capacité de production,
08:05Hexadrone est sorti du monde de l'artisanat.
08:07Et on a investi plusieurs millions d'euros
08:10pour avoir des machines spéciales, des moules.
08:14On a à peu près 250 pièces dans le Tundra,
08:16avec 80% des pièces qui sont fabriquées en France.
08:19Et cette petite usine, en fait,
08:21ce que j'aime bien dire, c'est que c'est une usine témoin.
08:22Le jour où il y aura besoin de produire beaucoup plus,
08:25ça sera assez simple pour nous,
08:26étant donné que les fondations sont maintenant très solides,
08:28de dupliquer notre modèle ailleurs,
08:32aussi bien en France qu'à l'étranger.
08:35Il y a un peu plus d'un an, au lancement du Pacte Drone,
08:38la base industrielle technologique de défense des drones
08:40était complètement éclatée.
08:42Le Pacte Drone a permis de la réunir,
08:44de connaître les difficultés et les points forts de la filière.
08:48Aujourd'hui, dans une période de transition,
08:50ce qu'on massifie nos commandes,
08:52aujourd'hui, on parle de plusieurs milliers de drones commandés par an.
08:56Certaines entreprises ont déjà fait ce pari de massification.
09:00C'est le cas d'Armatan AI,
09:03l'un des fleurons de la DevTech.
09:05En six mois, l'entreprise a pu concevoir et livrer
09:081000 drones d'entraînement commandés par la DGA.
09:12Un tour de force dans le monde de l'armement.
09:16Les récents conflits, aussi bien en Europe de l'Est
09:20qu'au Moyen-Orient, ont montré qu'aujourd'hui,
09:23c'était la quantité qu'il fallait adresser.
09:26L'industrie historique de la défense
09:29repose sur des systèmes développés en 10-15 ans
09:33et produits en quantité limitée.
09:35Aujourd'hui, c'est ça dont ont besoin les armées,
09:37cette capacité à saturer,
09:39cette capacité à être livrée très rapidement.
09:45Derrière la production de masse,
09:47il y a aussi la transformation du combat moderne.
09:49Des drones capables de décoller en moins d'une minute,
09:53d'identifier une cible automatiquement,
09:56de transmettre l'information en temps réel.
09:59Des technologies pensées pour réduire la charge cognitive du soldat
10:04et lui permettre d'agir plus vite.
10:08Le métier du soldat, ce n'est pas de piloter un ou des drones,
10:12c'est de faire la guerre contre un ennemi dans un milieu difficile.
10:16Et donc, il faut qu'il s'appuie sur des systèmes autonomes
10:20qui vont lui simplifier la mission
10:22et limiter son intervention aux décisions critiques
10:26comme la décision de faire feu.
10:28Historiquement, un fantassin pilote un drone d'observation
10:34et puis un autre fantassin va faire réaliser une frappe
10:38avec ce type de drone.
10:40Le but d'Armatan AI, c'est de proposer un système complet autonome
10:43où un seul opérateur pourra compter sur un système
10:47de plusieurs drones d'observation
10:49qui vont scanner une grande zone
10:51et de plusieurs drones de frappe
10:53qui vont réaliser le traitement des menaces dans cette zone
10:55de manière la plus autonome possible
10:57pour lui réduire sa charge opérateur.
11:01Avec sa nouvelle usine, dans le sud de Paris,
11:04Armatan AI assume un changement d'époque.
11:07Le drone militaire sort peu à peu de la logique artisanale
11:10pour entrer dans une logique de production de masse
11:13et de souveraineté industrielle.
11:18L'usine fait 6000 m2
11:20et on a prévu de la modularité dans cette usine
11:23pour pouvoir justement mener à bien tous les projets que nous avons.
11:26Donc l'ambition, c'est de monter en cadence
11:29pour permettre 10 000 drones par mois
11:31produits dans l'usine cette année.
11:33On aura la capacité d'aller au-delà
11:35mais déjà 10 000 par mois cette année,
11:37c'est un ramp-up important
11:39pour vous donner un ordre d'idée.
11:41Les premières productions qu'on a réalisées l'an dernier,
11:43notamment pour la France,
11:45c'était de l'ordre de 4000 drones en un trimestre.
11:50Sur certains composants critiques,
11:52malheureusement, la France,
11:54mais la plupart des pays occidentaux
11:55sont encore très dépendants
11:58de fournisseurs non européens
12:00et notamment chinois,
12:01tout ce qui est terres rares.
12:02Et donc un gros enjeu sur lequel nous on travaille aujourd'hui,
12:05c'est à la fois d'avoir plusieurs fournisseurs
12:06pour ne pas être dans les mains d'un seul
12:07et de ne pas être à risque,
12:09et également de travailler sur la relocalisation
12:11en France ou en Europe
12:14de ces composants critiques,
12:15ce qui peut prendre un peu de temps,
12:17ça peut générer aussi des coûts supplémentaires,
12:19mais c'est essentiel
12:20si on veut s'assurer de la souveraineté.
12:26On a une ambition aujourd'hui en France,
12:29c'est de sécuriser la filière drone,
12:30parce qu'en fait,
12:30elle est un peu emblématique
12:31de ce qu'on essaye de faire
12:32dans l'économie de guerre,
12:33c'est-à-dire relocaliser,
12:35produire français
12:36et équiper nos forces armées de drones
12:38qui seront capables de répondre
12:39aux défis du combat de demain.
12:42Renseigner pour protéger,
12:43on se renseigne sur les menaces
12:45afin de protéger les entreprises
12:46et de réduire leur vulnérabilité.
12:49La montée en cadence de la filière drone
12:52attise les convoitises.
12:54Le secteur est devenu stratégique
12:56avec des intérêts économiques considérables.
13:00Derrière chaque drone,
13:01il y a des algorithmes,
13:03des logiciels, des capteurs
13:05et des technologies critiques.
13:07Un patrimoine industriel ultra sensible
13:10que la direction du renseignement
13:12et de la sécurité de la défense
13:14surveille de près.
13:16C'est le cœur de sa mission
13:17de contre-ingérence économique.
13:21Ça suppose aussi d'accompagner des entreprises
13:23qui sont parfois en fait des start-up,
13:25des pépites pour essayer de se protéger.
13:26Il va y avoir des menaces humaines,
13:27c'est-à-dire des tentatives d'approche,
13:29des tentatives de débauchage d'ingénieurs,
13:31des propositions d'entretien rémunéré
13:33à des collaborateurs,
13:34des faits de sécurité,
13:35ce qu'on va appeler en fait la menace physique,
13:37des incendies,
13:38des sabotages,
13:39des dégradations,
13:40des prises de participation
13:41par la concurrence étrangère
13:42dans nos entreprises de défense,
13:44des attentes aussi réputationnelles,
13:45des campagnes de dénigrement,
13:47des tentatives de déstabilisation.
13:51Ce matin, on se rend chez un industriel
13:53qui vient de décrocher du coup un contrat
13:55avec détention d'informations sensibles.
13:59Et dans ce cadre,
14:00on va lui apporter des préconisations
14:02sur la partie sécurisation
14:04de sa nouvelle usine.
14:09Bonjour, messieurs.
14:10Bonjour.
14:13Les agents de la DRSD
14:14se rendent chez Elexo,
14:16une entreprise de défense
14:18qui fournit notamment
14:19des télécommandes renforcées
14:20pour les drones.
14:22Travailler pour les armées
14:23nécessite de respecter
14:25des règles strictes de sécurité.
14:27Il faut protéger
14:28les informations sensibles,
14:30sécuriser les systèmes de production
14:32et comprendre les menaces
14:35pour mieux s'en prémunir.
14:38Comment voyez-vous
14:39l'évolution de la société,
14:42notamment vis-à-vis du marché
14:43et de la filière drone ?
14:44Est-ce que vous avez des prospects
14:45en cours sur cet aspect particulier ?
14:47Tout à fait.
14:48Donc nous, aujourd'hui,
14:49on voit une explosion de la demande.
14:51Comprenez bien que là,
14:52toutes nos solutions
14:55permettent de télécommander
14:57sur le terrain
14:59tous ces appareils.
15:00Aujourd'hui,
15:01les menaces qui pèsent
15:02pour une entreprise comme Elexo,
15:04on les analyse
15:06sous le prisme du Tesco,
15:07à savoir le terrorisme,
15:10l'espionnage,
15:10le sabotage,
15:11la subversion
15:12et le crime organisé.
15:14Nous travaillons depuis
15:15de longues années
15:15avec l'Asie,
15:17bien évidemment.
15:18Il ne faut pas juste
15:19fermer les yeux
15:20et se dire qu'on va refaire
15:21en France toute la chaîne
15:22de valeur.
15:23C'est impossible.
15:24Il faut sélectionner
15:26les bons fournisseurs,
15:27être sûr que la traçabilité
15:30va nous permettre
15:31d'être souverains
15:32en la matière
15:32et d'injecter du logiciel
15:35qui soit un logiciel français.
15:37Au vu des travaux
15:38envisagés au sein
15:39de votre usine,
15:40on va plutôt vous orienter
15:41sur la mise en place
15:42d'une zone protégée
15:43qui répond plus du coup
15:45à un besoin de protection
15:46du secret de la défense nationale.
15:52Protéger les secrets
15:53technologiques
15:54de la base industrielle
15:55ne suffit pas.
15:57Il faut aussi s'assurer
15:58que les systèmes développés
15:59soient fiables
16:00et réellement adaptés
16:02aux besoins des forces.
16:04Produire vite
16:05et beaucoup
16:06mais produire juste.
16:08Avant d'être industrialisés,
16:10les systèmes de drones
16:11vont passer
16:12une étape décisive.
16:13La qualification
16:15dans un centre
16:16d'essais spécialisé
16:17comme celui
16:18de la DGA
16:19à Bourges.
16:23On va juste
16:24briefer vite fait
16:24l'essai d'aujourd'hui
16:26pour la mise en oeuvre
16:28du drone
16:28équipé
16:29d'un lance-roquette.
16:31On va tester
16:31un démonstrateur.
16:33Ce n'est pas
16:33un matériel industrialisé.
16:35C'est un démonstrateur
16:35où on a équipé
16:37un drone
16:37avec un lance-roquette
16:39qui normalement
16:39est tiré
16:40à partir d'un fantassin.
16:41Ce qu'on souhaite regarder
16:42c'est l'incidence
16:44du tir
16:44sur le drone.
16:46Là, on est sur une munition
16:47qui a l'avantage
16:48d'avoir ce qu'on appelle
16:48une contre-masse
16:49ce qui permet
16:50à la fois
16:50le tir en espace clos
16:51mais qui permet
16:52également d'absorber
16:53une grosse partie
16:54du recul
16:55lorsque la munition
16:57va partir.
17:04Le travail de la DGA
17:05est de faire l'interface
17:06entre les industriels
17:07de défense
17:08et les forces.
17:09Les armées ont besoin
17:10de matériel
17:11pour s'équiper
17:11et la DGA
17:13aide les forces armées
17:14à spécifier
17:15le matériel
17:16dont ils ont besoin
17:17et d'assurer
17:18la qualification
17:18de ces matériels
17:19pour que les forces
17:19puissent les utiliser
17:20en sécurité.
17:22Franck et Xavier
17:23avec le drone cargo
17:24pour venir déployer
17:25le drone sur place.
17:26Ça marche,
17:27je vois avec eux.
17:28Ici,
17:29chaque appareil
17:30est testé,
17:30éprouvé,
17:31validé.
17:33Le défi est d'autant
17:34plus important
17:34que l'économie du drone
17:36est une économie
17:37de l'obsolescence rapide.
17:39Les conflits montrent
17:40que les standards
17:41changent très vite.
17:43Qualifier
17:44sans baisser
17:45le niveau d'exigence
17:46devient un enjeu stratégique
17:48pour la DGA.
17:50La priorité,
17:51c'est les fonctions
17:52de sécurité
17:53sur ces matériels
17:54et il faut que les forces
17:55qui les utilisent
17:56puissent les utiliser
17:57en toute sécurité.
17:58Donc ça va être
17:58les plus gros enjeux
18:00de notre travail
18:01et ensuite
18:02va venir l'évaluation
18:03de la performance
18:04du matériel,
18:05c'est-à-dire
18:06sa capacité
18:07à remplir le besoin.
18:09On se dit,
18:09on fait une visée, toi.
18:12S'il s'avère
18:13que le système
18:14est suffisamment performant,
18:16ensuite,
18:16les forces vont déterminer
18:17si eux, tactiquement,
18:19c'est un système
18:20qui les intéresse
18:20soit pour de la défense
18:22soit pour de l'attaque.
18:23Il y aura une discussion
18:24qui va s'instaurer
18:25avec eux
18:25pour voir
18:26qu'est-ce qu'il faut améliorer
18:27sur le démonstrateur
18:28pour en faire un système
18:29résistant,
18:30durci
18:30et industrialisé.
18:32Attention pour décollage.
18:343,
18:352,
18:361,
18:36décollage.
18:46paramètres de vol,
18:46Franck ?
18:47On est bon.
18:49OK.
18:50Tu nous diras
18:51quand c'est bon
18:51et puis après,
18:52on valide
18:53pour voir la cadra
18:54qui s'est passé.
18:55Là, on est bien, là.
18:59Attention pour le tir.
19:003,
19:002,
19:021,
19:02feu.
19:18Les drones qualifiés
19:20par la direction générale
19:21de l'armement
19:22doivent ensuite
19:23être pris en main
19:24par les futurs opérateurs
19:26car derrière chaque machine,
19:28il y a un pilote.
19:29La dronisation des forces
19:31est aussi une transformation humaine.
19:34Une nouvelle culture opérationnelle
19:36pour une nouvelle génération
19:37de soldats.
19:38À Chaumont,
19:39l'école des drones
19:40tourne à plein régime
19:41pour accompagner
19:42les innovations
19:43de la base industrielle.
19:45On va voler sur le Delco,
19:47ça va être le drone
19:47locaux du combattant.
19:49Vous avez pour but
19:49de le distribuer
19:50dans tous les régiments
19:51de l'armée de terre.
19:52Un qui volera ici,
19:53donc avec moi,
19:54là-bas avec l'adjudant
19:56et de l'autre côté,
19:57au-dessus des arbres
19:58pour apprendre la perte de liaison
19:59et savoir récupérer son drone.
20:03Et là,
20:04tu as tout en tableau de tes points.
20:07Par contre,
20:07si tu oublies
20:08de faire le réglage
20:09que je t'ai dit au début,
20:10on va le faire après,
20:11tu vas vite t'apercevoir
20:12que ton drone,
20:12il va s'arrêter.
20:13Donc là,
20:14ta mission,
20:14elle est fructue.
20:17Si l'industriel
20:18ne fournit pas
20:19beaucoup de drones,
20:19on ne va pas pouvoir
20:20fournir beaucoup de pilotes
20:21parce qu'il y a quand même
20:21pas mal de contraintes,
20:23des cases de matériel.
20:25Donc si on ne peut pas
20:25les remplacer,
20:26on ne peut pas former.
20:27Donc effectivement,
20:28on va de pair
20:29avec les industries.
20:29Si les industries
20:30ne font pas en masse,
20:32nous, derrière,
20:32on ne pourra pas former
20:33en masse non plus.
20:35L'objectif,
20:36c'est de former le chef
20:37en tant que moniteur
20:38que lui puisse former
20:39des télépilotes
20:40dans son régiment
20:41par la suite
20:43pour pouvoir justement
20:44manipuler ce drone
20:45sur la mission Orion
20:46et autre mission
20:47qui sera développée
20:47dans le futur.
20:52Le vrai enjeu,
20:52c'est le drone du combattant
20:53puisque la cible
20:55est d'avoir environ
20:5616 000 drones
20:57en fin d'année,
20:58donc quasiment
20:59autant d'opérateurs.
21:00Et j'ai donc un contrat
21:01d'objectif
21:03de former 120 instructeurs
21:05pour la fin de l'année
21:06et le même contrat
21:07pour 2027.
21:08On a coutume
21:09de comparer
21:10l'arrivée du drone
21:11à celle de la poudre à canon
21:12puisqu'en fait,
21:13ça a modifié
21:14l'exposition du combattant,
21:15sa capacité aussi à frapper
21:16et on est sur un nouveau jeu
21:18finalement du blève
21:19et du bouclier
21:20parce qu'on parle beaucoup
21:21de drone,
21:21il faut associer aussi
21:22la lutte anti-drone
21:23qui est un véritable enjeu
21:25pour les mois
21:26et les années à venir.
21:28À l'école des drones,
21:30il ne s'agit pas seulement
21:31d'apprendre
21:31à piloter une machine.
21:33Les stagiaires
21:34doivent comprendre
21:34comment l'employer
21:35dans une manœuvre
21:36au plus près du combat.
21:41On s'inspire beaucoup
21:42justement du conflit
21:43qu'il y a entre
21:44l'Ukraine et la Russie.
21:46On a beaucoup
21:47de rétextes
21:48et on essaye
21:48de faire des exercices
21:49qui sont assez réalistes
21:51et qui se rapprochent
21:52sur ce qui se passe
21:53sur le champ de bataille.
21:57On va simuler une frappe
21:59avec un drone
22:00qui aura une charge
22:01en dessous
22:02ou une charge d'explos
22:03pour taper un véhicule
22:04en déplacement.
22:06Sur un véritable terrain
22:07d'opération,
22:08sa grosse plus-value
22:09c'est que c'est un système
22:10low cost.
22:11Il va faire exactement
22:12le même travail
22:13qu'un missile.
22:31L'exercice Orion 2026.
22:34Un scénario de combat
22:36de haute intensité
22:37interarmé
22:38marqué par le retour
22:39des conflits majeurs.
22:43Pendant trois mois,
22:44l'exercice a mobilisé
22:45près de 10 000 militaires
22:47sur Terre,
22:48en mer,
22:48dans les airs
22:49mais aussi dans le domaine
22:50cyber et spatial.
22:54Et au-delà du scénario,
22:55c'est tout un effort
22:56de défense
22:57qui est mis à l'épreuve.
22:59La capacité
23:00à mobiliser l'industrie,
23:02à soutenir les forces
23:03dans la durée
23:04et à tenir le rythme
23:06d'un conflit
23:06de haute intensité.
23:10L'orientation
23:11que l'on donne
23:11aujourd'hui
23:12à nos entraînements,
23:13c'est une orientation
23:14face à la menace
23:15la plus importante
23:16aujourd'hui
23:17qui est un défi
23:17de combat
23:18de très haute intensité.
23:20Et vous voyez
23:20en quelques années,
23:22en quelques mois
23:22à quel point
23:24les armées françaises
23:25progressent.
23:26Mais pas uniquement
23:27les armées,
23:28c'est toute l'innovation
23:29grâce à tous
23:31les industriels
23:32qui conçoivent,
23:33qui développent,
23:34qui construisent
23:35nos équipements
23:37et j'ai confiance
23:38parce que nous héritons
23:39de deux lois
23:41de programmation
23:41militaire
23:42qui ont multiplié
23:43par deux
23:43le budget
23:45de la défense
23:45et le résultat
23:47est là.
23:50Avec Orion 2026,
23:52l'utilisation
23:53du drone
23:54a changé d'échelle.
23:55Pour la première fois
23:56dans un exercice
23:57de cette ampleur,
23:59plus de 1200 drones
24:00ont été engagés
24:01simultanément
24:02aux côtés
24:03des forces.
24:04Un test
24:05est en condition réelle
24:06pour valider
24:07les matériels,
24:08identifier leurs limites
24:10et ajuster
24:11les équipements
24:12aux besoins
24:13du terrain.
24:16Ce qui fonctionne,
24:17je crois,
24:18c'est d'écouter
24:19les échelons tactiques,
24:21ceux qui sont
24:21sur le terrain
24:22et ceux qui mettent
24:23en œuvre
24:24ces capacités
24:24et qui savent dire
24:25très vite,
24:26dans une boucle courte,
24:27très réactive,
24:28ce qui fonctionne,
24:29ce qui fonctionne moins bien
24:30et ce qu'il faut changer.
24:32Aujourd'hui,
24:32le drone,
24:33c'est une matière
24:33périmable.
24:34Les conflits évoluent
24:35très vite,
24:36les technologies aussi,
24:37et donc,
24:37il faut être capable
24:38d'investir un peu
24:40et puis,
24:41tout d'un coup,
24:42de changer de modèle.
24:42Là aussi,
24:43à coup maîtrisé
24:43parce que nous sommes
24:44conscients
24:45que derrière,
24:46la nation produit
24:47un effort
24:48pour ses armées.
24:5217h,
24:53on s'infiltre
24:54jusqu'aux abords
24:55de l'aérodrome
24:56de Mekon.
24:57Je rappelle,
24:58normalement,
24:58on a une section ennemie
24:59de village,
25:01probablement
25:01deux autres sections ennemies.
25:04Nous,
25:05ce qui nous intéresse,
25:06c'est les bâtiments
25:07sud-ouest
25:09de l'aéroport,
25:10donc box rouge,
25:11jaune et verte.
25:13Une fois arrivés
25:14en place
25:15sur vol drone
25:16pour renseignements ennemis,
25:17je rappelle les menaces,
25:19brouillage,
25:21drone ennemis
25:21et UAD.
25:22On évite au maximum
25:24les découvertes
25:25et on reste au maximum
25:26protégés des vies.
25:27Cette unité
25:28de reconnaissance
25:29du 126e régiment
25:30d'infanterie
25:31doit sécuriser
25:32la zone
25:33avant la prise
25:34de l'aéroport
25:34prévue demain.
25:37Dans cette phase
25:38décisive,
25:39l'information
25:39est une arme.
25:41Le drone,
25:42un compagnon
25:42désormais indispensable
25:44pour voir
25:45sans être vu.
25:46Parce que nos positions
25:47sont visibles du ciel.
25:49On est négatif.
25:50On ne voit rien.
25:53Sur Orion,
25:54le gros avantage
25:55qu'on a,
25:55c'est que c'est un exercice
25:57de grande ampleur.
25:59Souvent,
25:59quand on travaille
26:00juste niveau compagnie,
26:01on a un terrain
26:02qui est très cloisonné.
26:03On n'utilise pas
26:03toutes les capacités possibles
26:04et on n'amène pas
26:05les drones à leurs limites.
26:07Les premières choses
26:08qu'on va essayer
26:09de trouver,
26:10c'est s'il n'y a pas
26:11de gros véhicules ennemis,
26:12de gros blindés,
26:13notamment du transport
26:14de troupes d'infanterie
26:15ou du char.
26:16L'utilisation du drone
26:17sauve des vies,
26:17et ça c'est sûr,
26:20notamment dans les phases
26:21de renseignement,
26:22mais surtout
26:22pendant des phases d'assaut.
26:26Dans chaque unité,
26:28au sein des états-majors
26:29et dans toute l'industrie,
26:31le drone est désormais
26:32au cœur
26:32de l'effort de défense.
26:34Une lame de fond
26:35qui redessine
26:36le visage de la guerre
26:37et de son économie.
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