- il y a 21 heures
L'une des actrices préférées des Français est dans le Vidéo Club !
De La Boum, où son prénom résonne encore dans la mémoire de toute une génération, à LOL, marqué par des prises de conscience aussi bien adolescentes que maternelles, Sophie Marceau s’impose comme une figure incontournable du cinéma français, capable de traverser les époques sans jamais perdre de sa modernité.
Sophie Marceau est à l'affiche du film "Lol 2.0" de Lisa Azuelos, en salle le 11 février prochain.
Merci à JM Video pour l'accueil.
It's only on Konbini !
De La Boum, où son prénom résonne encore dans la mémoire de toute une génération, à LOL, marqué par des prises de conscience aussi bien adolescentes que maternelles, Sophie Marceau s’impose comme une figure incontournable du cinéma français, capable de traverser les époques sans jamais perdre de sa modernité.
Sophie Marceau est à l'affiche du film "Lol 2.0" de Lisa Azuelos, en salle le 11 février prochain.
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Court métrageTranscription
00:00En fait, le cinéma, c'est ce qu'il y a de moins naturel.
00:02C'est comme si au milieu d'un accouchement, on vous disait
00:04« Non, non, arrête là ! »
00:05« Puis attends, mais non, puis on va recommencer. »
00:07« Une seconde, une seconde, s'il te plaît ! »
00:08« Puis finalement, on va le faire aux Etats-Unis. »
00:10« Puis non, finalement, all over the world ! »
00:12C'est incroyable, il y a un bordel !
00:19Qu'est-ce que vous avez tous à me faire chier aujourd'hui, là ?
00:25Bonjour Sophie Marceau.
00:27Qu'est-ce que ça vous fait de vous retrouver dans un vidéoclub ?
00:29J'aime bien, je me sens assez familière avec tous ces DVD,
00:33même si on n'en a plus trop.
00:34Enfin, moi, j'en ai pas mal encore chez moi.
00:36J'aime pas le bordel.
00:37Il y en a un peu, mais ça regorge de tellement de choses.
00:42Et je sais que dans tout ça, il y a tellement de merveilles
00:45qui nous ont appris la vie un peu.
00:47Enfin voilà, je me sens assez dans mon élément.
00:51Je voulais commencer par « J'ai mis la gifle » de Claude Pinotto,
00:55parce que Claude Pinotto, c'est celui qui vous a révélé
00:58avec « La Boum » et « La Boum 2 ».
01:12Comment c'était pour vous de commencer si jeune
01:15avec ce film générationnel qui a tellement marqué ?
01:21Tout s'était, comment dire, je sais pas si on réalisait vraiment.
01:24Enfin, on était entre nous, on était une bande de gamins,
01:28on venait travailler, c'était très bonne ambiance,
01:31il n'y avait rien de bizarre, c'était vraiment du travail.
01:36Enfin, je me sentais bien, un peu comme chez vous.
01:39Je sais pas pourquoi, parce que j'étais pas particulièrement familière
01:43avec le cinéma, mais voilà, il y avait une vraisemblance,
01:46il y avait quelque chose dans lequel on était familiers, nous tous,
01:50on se sentait bien dans nos baskets, quoi.
01:52Donc c'était plutôt une première expérience aux petits oignons, quoi.
01:56C'était parfait.
02:04C'est un film qui a été touché par un doigt de Dieu, je sais pas,
02:13parce qu'effectivement, il a réussi à toucher non pas qu'une seule génération,
02:18mais plusieurs, chacun s'identifie,
02:21ceux qui étaient les ados sont devenus les parents aujourd'hui,
02:24et ils ont beaucoup d'émotions par rapport à ce film.
02:28Et donc, ils se repassent le relais, quoi, de génération en génération,
02:31et c'est incroyable quand un film arrive à toucher ça, quoi.
02:35Et c'est Claude Pinotot aussi qui vous a suggéré d'avoir un nom de scène ?
02:39Ouais, mais c'était pas mal, parce qu'à l'époque,
02:41ça permettait de faire une vraie différenciation
02:43entre la vie professionnelle et la vie privée,
02:46ce qui n'est plus le cas du tout aujourd'hui, et c'est bien malheureux.
02:49Donc, moi, je trouvais ça très bien de faire une différence
02:51entre la petite fille que j'étais et celle que je suis devenue, quoi.
02:56Très jeune, vous avez collaboré avec d'immenses talents du cinéma français,
03:00je pense notamment à Jean-Paul Belmondo.
03:03Je voudrais pas que cette rencontre sombre dans la médiocrité.
03:06Du train en vent les chauds, je ne pense pas que nous tombions tout de suite dans la médiocrité.
03:09Bah oui, Bébel, à l'époque, c'était...
03:12Moi, j'allais pas beaucoup au cinéma, on n'était pas du tout cinéphiles, ni rien,
03:15et donc, on connaissait trois acteurs, quoi, dont Bébel, forcément.
03:20Et ouais, ça a été super, parce que c'était un homme généreux,
03:23un acteur incroyable, qui a quand même fait une carrière avec des films très différents.
03:27Bon, on l'apprécie souvent pour ses rôles de cascadeur et tout,
03:32mais il faut quand même y aller.
03:34Mais il avait comme ça une authenticité, une apparente joie de vivre et une profondeur.
03:40C'était quelqu'un de très sensible, très instinctif.
03:44Et donc, moi, ça me mettait très à l'aise, forcément, parce que, voilà, il n'y avait pas de
03:47jeu entre nous.
03:48Voilà, ça fait partie des rencontres bénéfiques et, puis voilà, chaleureuses et humaines.
03:54Est-ce que ça vous a inspiré aussi ?
03:55Est-ce que vous aviez peur d'être enfermé dans le personnage de Vic,
03:58même si c'est un personnage qui vous a beaucoup apporté ?
04:00Oui et non.
04:00C'est-à-dire, vous savez, moi, avec le recul, on analyse tout ça.
04:03Moi, à l'époque, j'étais là-dedans, je surnageais.
04:06Je suis plutôt quelqu'un de curieux, qui n'aime pas trop la répétition.
04:09Donc, pour moi, l'idée de refaire toujours le même film, c'était même pas envisageable.
04:12Je n'en pesais aucune, comment dire, c'était ni stratégique, ni...
04:18Voilà, ça, j'ai vu, je veux aller...
04:19Enfin, c'est pas de la lassitude, mais ce métier, vous êtes toujours demandé à faire des choses différentes.
04:28C'est ça qui est intéressant, justement.
04:30Moi, ça me paraissait tout à fait normal de passer à autre chose.
04:34Vous êtes passée à autre chose après ?
04:36J'ai mis Possession, notamment parce que vous avez tourné après l'Amour Braque.
04:40Ouais.
04:42Vous voulez pas continuer à choisir pour moi ?
04:47La classe, hein !
04:48Elle a même pas perdu l'appétit !
04:50Comment c'était cette expérience ?
04:52Il est où, Possession ?
04:53Il est juste devant, oui.
04:54Ah, il est là, mais c'est pas du tout la même affiche.
04:55Non.
04:55Parce que moi, j'avais été voir Possession, j'avais un DVD, enfin, cassette à l'époque,
05:00c'était comment on appelait ça, un vidéostore.
05:02Je regardais tout ça, je connaissais rien, mais rien.
05:06Et j'ai vu une tête de gorgone.
05:08Vous savez, comme ça, j'ai trouvé ça trop beau.
05:11J'ai pris ça.
05:12J'avais 12 ans, hein.
05:13J'ai regardé Possession.
05:14J'ai fait, waouh !
05:23Mais bon, ça m'est resté, et puis c'était probablement prémonitoire.
05:27Parce qu'après, on a quand même fait 4 films ensemble avec le metteur en scène, Zulawski.
05:32Oui, j'ai découvert des films comme ça, purement par hasard.
05:34Mais un peu comme la musique, j'allais, je prenais des DVD, CD sans trop savoir,
05:40et puis voilà, je découvre.
05:49Parmi les cinéastes avec qui vous avez beaucoup collaboré aussi,
05:53il y a Lisa Azuelos, avec qui vous avez notamment tourné LOL,
05:55et puis plus récemment, LOL 2.0.
05:59Qui a rencontré un homme avec son chien, là.
06:01Vincent, enchanté.
06:02Très beau, hein.
06:03Qui ça, le chien ou le mec ?
06:04Comment c'est la collaboration avec Lisa Azuelos ?
06:06Et puis, qu'est-ce qui vous a donné envie de revenir à ce personnage ?
06:09Ben, Lisa, j'aime bien ses scénarios, j'aime bien ce qu'elle écrit.
06:13Elle a une écriture assez libre,
06:15et en même temps, qui est vraiment branchée dans le monde qu'on vit aujourd'hui.
06:21Elle arrive à capter des trucs très justes, très simples,
06:25et dans la continuité.
06:26Elle, ce qui l'intéresse, c'est la vie, c'est les familles,
06:28c'est les êtres humains, c'est les complexités, c'est l'amour.
06:32C'est une grande romantique,
06:33enfin, même si dans la vie, elle est un peu crue comme ça.
06:37Mais justement, je trouve que de tout ça ressort une idée très romantique et magnifique
06:43du cinéma, de l'amour, des effets, des choses,
06:46et en même temps, ben voilà, la difficulté des sentiments,
06:50les familles, les gens, enfin...
06:53Je trouve qu'elle chope toujours quelque chose de très juste.
06:56Et c'est pour ça, à chaque fois, je replonge, quoi.
07:03Dans le film aussi, LOL 2.0,
07:05il y a cette nouvelle dynamique entre Anne et Louise, du coup,
07:10qui, à un moment dans le film,
07:11elle regarde les demoiselles de Rochefort.
07:21On l'a tous regardé avec nos enfants, nos filles, en tout cas.
07:25Moi, mon fils, il ne supporte pas les comédies musicales.
07:29Il dit, mais c'est n'importe quoi, pourquoi pas ce moelle-sel ?
07:32Enfin bon, ma fille, elle adore, donc vous voyez, il y en a pour tout le monde.
07:35On avait même fait un spectacle, d'ailleurs,
07:37avec des demoiselles de Rochefort, avec les costumes et tout,
07:40en vacances, avec des tout-petits.
07:42J'ai revu, il n'y a pas très longtemps, Peau d'âne.
07:45C'est hallucinant, quand même, ce film.
07:56Je l'ai découvert il n'y a pas très longtemps.
07:58Je m'attendais à tout, sauf à ça.
07:59C'est ça, le cinéma.
08:00C'est-à-dire qu'on peut partir vraiment dans des délires, des poésies.
08:07On peut être très collé à la réalité,
08:10ou au contraire, s'en détacher.
08:13C'est quand même un jeu d'enfants merveilleux, quoi.
08:16Vous aimez bien faire découvrir des films à vos enfants quand ils étaient plus petits.
08:19Oui, bien sûr.
08:19Alors, ça ne passe pas toujours.
08:21Dès que ça dépasse 20 ans, 30 ans, c'est mort.
08:25Noir et blanc, je n'en parle même pas.
08:27Mais ce qui est agréable, c'est qu'après coup,
08:30on se rend compte que c'est eux qui font leur propre chemin.
08:33Ça les a un peu saoulés au départ,
08:35qu'on leur montre des films qui ne sont pas forcément comme ils s'attendent.
08:39Vous voyez, par exemple, c'est intéressant,
08:41ma fille qui a 23 ans,
08:43je lui avais montré
08:44« Vol au-dessus d'un nid, coucou ».
08:58À l'époque, elle avait, je ne sais pas, 15 ans, quelque chose comme ça.
09:01Elle m'a dit, mais c'est fou,
09:02parce que ce n'est pas un film qui se termine bien.
09:05Et pour elle, tous les films qu'elle avait vus se terminaient bien.
09:08Le happy ending, vous voyez ?
09:10Ça, c'est une possibilité, mais pas forcée, vous voyez ?
09:14Le cinéma, ce n'est pas que du divertissement.
09:16Et en même temps, elle avait adoré ce film,
09:18ça l'avait touché, elle avait chopé un truc.
09:21Et ça l'avait beaucoup perturbé
09:22qu'il puisse y avoir des films qui ne se terminent pas forcément bien.
09:26Mais je suis sûr que ce film l'a marqué plus que d'autres, en revanche.
09:29Sur votre boule d'agrandeur, voilà.
09:32Non, pas là !
09:35Pas là !
09:38Là !
09:39Il n'y a pas assez de mousse.
09:41Il n'y a pas assez de cheveux, non plus.
09:43Pour deux funèses, déjà, parce que number one, quand même.
09:46Grand acteur, montant, magnifique.
09:48Et puis, Ouri, la musique de Paul Nareff,
09:51enfin, l'énergie, la comédie,
09:53ce que, je trouve, le cinéma français parvient à faire merveilleusement bien.
09:57Et on a eu toute cette série de comédies françaises
10:01avec des acteurs incroyables et un rythme, une folie que je trouve.
10:05Voilà, la folie des grandeurs, pour moi, c'est vraiment ce film.
10:08Il est fou, il est grand, il est extraverti.
10:11Il extrapole un peu les choses.
10:13On n'est pas dans un réalisme absolu.
10:16Et ça, j'aime beaucoup.
10:17C'est des films pour le cinéma, quoi.
10:20C'est grandeur écran de cinéma.
10:22Il y a des comédies comme ça que vous revoyez avec plaisir ?
10:26Évidemment, on est tous un peu biberonés au bronzé,
10:31au Père Noël est une ordure,
10:32enfin, toute l'équipe du Splendide.
10:34Santé.
10:41Formidable.
10:41Et en plus, chacun, après, fait des carrières solo vraiment bien.
10:46On a des gens qui ont beaucoup de talent
10:48et qui ont aussi participé à cette culture française.
10:54Quand t'en reverrai-je, pays merveilleux !
11:00J'avais mis le film aussi à Rennes, juste à votre gauche.
11:04Ouais, c'est marrant, vous avez mis ça.
11:05Pourquoi ?
11:06Parce que vous deviez le faire normalement.
11:09Oh, mais vous avez des renseignements.
11:11Il me semble.
11:12Vous voyez ce qui s'est passé avec moi.
11:14Oui, oui, oui.
11:25Ça, c'est les histoires de galères de cinéma,
11:28parce qu'on ne les raconte pas, celles-là.
11:29Mais c'est des trucs, tout le temps.
11:31On doit faire un film avec un truc,
11:33mais ce n'est pas encore clair.
11:34Attends, mais non, puis on va recommencer,
11:36puis j'ai un nouveau scénario,
11:37puis finalement, on va le faire aux États-Unis,
11:39puis non, finalement.
11:41Genre de trucs galères qui ne se font jamais.
11:43C'est bien dommage,
11:44parce que le scénario était incroyable, formidable.
11:49Et puis, voilà, il y a des films comme ça qui n'arrivent pas,
11:51qui patinent, qui da, et puis blouh.
11:53Puis il y en a d'autres, ça met 20 ans à se faire,
11:55et au final, c'est génial.
11:56Enfin, voilà, il n'y a pas de règles.
11:58Mais en général, les galères de films,
12:00ça arrive aussi sur des chefs-d'œuvre,
12:01comme Citizen Kane que vous avez choisi.
12:04Ouais, Citizen Kane.
12:04Non, mais ça, c'est extraordinaire.
12:14La beauté de ce film, la folie, la grandeur,
12:17enfin, c'est un peu cliché de dire ça,
12:20mais enfin, je veux dire, je mets au défi
12:22qui que ce soit de faire un film comme ça aujourd'hui, quoi.
12:29Je ne l'avais pas vu,
12:33certains Lameshaw, magnifiques, comédies,
12:37une Marilynne magnifique,
12:38enfin, comme toujours, moi, je suis assez fan,
12:41les deux acteurs géniaux,
12:44Curtis et Lemmon.
12:51Une folie, la transformation, le déguisement,
12:55la farce, ça, c'est le cinéma aussi.
12:58La danse, le chant,
12:59qui est mieux que Marilynne sait faire.
13:01Non, il y a tout dans ce film,
13:03il y a tout, il y a l'écriture du scénario,
13:05il y a des trucs très osés
13:07qu'on n'oserait peut-être plus même aujourd'hui,
13:09alors que tout passe comme ça,
13:10avec un charme et une grâce incroyable.
13:22J'ai mis aussi Deep Pan de Jacques Odière,
13:24parce que c'est le film qui a eu la palme d'or,
13:25quand vous étiez membre du jury au Festival de Cannes,
13:28et je voulais savoir comment c'était l'expérience
13:29d'être membre du jury du Festival de Cannes.
13:31C'était très sympa.
13:33Moi, j'ai adoré être à Cannes pour ça,
13:35parce qu'enfin, j'avais l'impression de faire mon travail.
13:38Là, j'avais une mission tous les jours,
13:40de voir deux films,
13:43et c'est formidable, quoi,
13:45d'avoir ce luxe-là,
13:47de se dire,
13:48on vous laisse, vous avez vos places réservées,
13:51vous y allez à l'heure que vous voulez,
13:52c'est assez...
13:55Parce que pour moi, le cinéma, ça reste quand même...
13:57Je ne vais pas aller l'après-midi au cinéma,
13:58vous voyez, c'est un peu bizarre.
14:00Ça reste quand même quelque chose d'événementiel.
14:04Je vais au cinéma.
14:05Alors, c'est mon métier.
14:07Bon, après, on peut regarder les choses chez soi,
14:09mais ça fait...
14:10Et là, en fait, j'étais là pour ça.
14:13J'ai adoré ça,
14:14et puis tous mes collègues cinéastes, acteurs et autres
14:22faisaient la même chose,
14:22et puis évidemment, on se retrouvait pour...
14:25Et alors là, c'est là que ça se corse,
14:26parce que moi,
14:27je n'ai pas vraiment su défendre mes idées.
14:32Ils avaient l'air tellement passionnés,
14:34tellement...
14:36J'étais un peu plus réservée,
14:37et du coup...
14:38Et puis aussi,
14:40personne...
14:40Alors ça, c'est assez drôle.
14:42Personne dans ce juré n'était d'accord avec personne, jamais.
14:45C'est-à-dire que
14:45si on avait fait chacun la liste de nos films préférés,
14:49par ordre de...
14:50Pas un n'avait le même.
14:51Mais c'était très bon enfant,
14:53très sympathique,
14:54mais on n'était pas sur les mêmes trucs, quoi.
14:59Alors au final, on s'est quand même mis d'accord,
15:01mais c'était super.
15:02Ils étaient tous formidables.
15:03Franchement,
15:04on s'est bien marrés.
15:05Je me suis permis de mettre
15:07Icon of French Cinema de Judith Godrech.
15:09Judith.
15:10Parce que vous l'avez fait tourner dans votre premier long-métrage de fiction.
15:13Ouais, elle m'a suivie tout de suite.
15:15Fais attention à toi,
15:17et amuse-toi.
15:19Fais attention à toi,
15:21et amuse-toi aussi un peu.
15:23Elle a fait beaucoup de choses,
15:25et je pense que c'est très bien ce qu'elle a fait.
15:27Il y avait besoin d'un petit coup de poing,
15:29et personne ne s'y attendait.
15:31Et la connaissant un peu,
15:34sa pugnacité,
15:35je sais qu'elle allait aller au bout du truc,
15:37et c'est vachement bien.
15:41Vous disiez qu'elle avait sûrement été conquis
15:44par le scénario de votre premier long-métrage.
15:46En fait, moi je vais proposer mon court-métrage.
15:50On s'est rencontrés dans un café,
15:51je lui ai dit,
15:52écoutez, il y a deux pages à lire.
15:54Je ne vais pas attendre huit mois
15:55que vous me donniez une réponse.
15:56C'est un court-métrage,
15:57je ne peux même pas vous payer.
15:58Donc c'est comme ça.
15:59Et je lui ai laissé,
16:00je lui ai dit,
16:01je vais faire un tour et je reviens.
16:02Je suis revenue.
16:03Elle m'a dit,
16:03ok, c'est bon, on y va.
16:05Et bien ça,
16:05elle m'a fait confiance.
16:07Vous voyez ce que je veux dire ?
16:08Elle n'a pas posé de questions.
16:09Elle aurait pu,
16:10j'aurais essayé de lui répondre,
16:11mais elle y est allée franco-banco
16:14et ça, c'était super.
16:16Et quand il a été question
16:17de faire mon premier film,
16:19elle a joué le jeu
16:19et avec Nils,
16:21c'était un peu improbable.
16:24Je me dis,
16:25pourquoi tu tournes
16:26avec deux personnes
16:27très compliquées quand même ?
16:29Mais bon,
16:29peut-être j'aime bien
16:30les gens compliqués
16:31parce que de toute façon,
16:32au résultat,
16:32ils étaient comme j'avais souhaité.
16:35Donc c'était super.
16:37Je crois que je ne pourrais plus
16:38t'aimer après tout ça.
16:40trop d'humiliation,
16:42manque de respect.
16:45Je crois que tu détestais ce mot.
16:47Non, c'est toi que je déteste.
16:49Allez,
16:50alors,
16:51Tutsi,
16:52yes !
16:53Magnifique.
16:55Forcément,
16:55pardon,
16:56ça va être un peu prétentieux,
16:58mais évidemment,
17:00je m'incarne
17:02et je me mets à la place
17:03de Julia Roberts.
17:05Forcément.
17:12Ce film,
17:12c'est une merveille
17:13à tout point de vue.
17:14Il est réussi
17:15dans l'écriture
17:16et l'interprétation
17:17et tout.
17:19Il y a des petits miracles
17:20comme ça
17:21et j'adore ce film
17:22et je ne veux pas
17:24trop le regarder
17:24parce que
17:26j'ai peur
17:26de se polier le truc,
17:27mais je suis tombée dessus
17:28par hasard l'autre fois.
17:29Je me suis dit,
17:30allez,
17:30je regarde cinq minutes.
17:31Non,
17:31je suis restée jusqu'à la fin.
17:33Forcément,
17:33c'est une actrice,
17:35l'amour trouvé au coin
17:36de la rue,
17:36comme ça,
17:37c'est magique,
17:38il y a toute la partie
17:40du junket aussi
17:41qui est assez hilarante
17:42et qui fait vraiment
17:43partie du métier
17:43de cinéma du coup.
17:59Oui mais voyez,
18:00parfois on fait des films
18:00sur le cinéma
18:01mais ça reste un peu
18:02entre nous quoi,
18:03c'est de l'entre-soi
18:04et ça ne parle pas forcément.
18:06Ce que je trouve génial
18:07c'est quand on prend
18:07un sujet un peu particulier
18:09et qu'on le rende
18:10universel.
18:11Après tout,
18:12c'est un homme
18:12qui rencontre une femme quoi,
18:14voilà, point barre.
18:16mais les spécificités
18:17du film
18:19finalement
18:19a rendu le film
18:21encore mieux
18:21et ne l'a pas
18:22au contraire
18:23handicapé
18:23et rendu opaque
18:24et impénétrable
18:26pour les gens,
18:27voyez.
18:28Et ça c'est fort,
18:29ça c'est fort.
18:30C'est comme Tootsie,
18:30alors Tootsie,
18:31magnifique.
18:46la performance magnifique,
18:48l'écriture encore une fois
18:49géniale,
18:50il n'y a pas une scène
18:51qui est en dessous,
18:52l'énergie,
18:53l'audace quand même
18:55de penser que ça va marcher,
18:58voyez ce que je veux dire,
18:58de Stenhoffman
18:59qui se transforme
19:00dans ce truc bizarre.
19:01On se dit
19:01ça va pas,
19:02ben ça marche.
19:03Mais ça c'est un peu
19:04la force du cinéma américain,
19:05c'est qu'ils peuvent
19:06vous faire croire
19:06à n'importe quoi quoi.
19:08Un ours en peluche
19:09qui devient taxi à New York,
19:11vous y croyez.
19:12C'est formidable.
19:14Est-ce que ce film
19:15vous a aussi inspiré
19:16pour Madame Nils,
19:17une autre de vos réalisations ?
19:18Certainement,
19:18ben moi tout ce qui est
19:19transformation,
19:20tout ce qui est
19:22jouer avec l'apparence,
19:25ça me parle
19:26complètement quoi.
19:27j'adore ça.
19:28Oh,
19:29vos fenêtres donnent
19:30sur la défense,
19:31ils sont romantiques.
19:33Quand on subit
19:33une transformation,
19:35quand on n'est plus
19:36soi-même,
19:37il se passe tellement
19:38de choses.
19:39Donc évidemment,
19:40moi tout ça,
19:41ça me parle beaucoup.
19:43Et c'est des choses
19:44que vous aimez faire
19:44aussi dans votre carrière,
19:45de vous surpasser
19:47physiquement,
19:49dans la physicalité,
19:49dans vos rôles ?
19:50Ben ouais,
19:51le plus possible.
19:52C'est ça qui est amusant
19:53quand on est acteur,
19:54c'est de se déguiser,
19:56de se laisser pousser
19:59la barbe,
20:00non.
20:00Mais par exemple,
20:01vous voyez,
20:02de mettre une bosse
20:03ou de bon,
20:03on n'ose pas assez,
20:05je trouve,
20:06parce que c'est ça,
20:07de toute façon,
20:07même si on a l'air
20:08de soi,
20:09c'est pas soi,
20:11on joue un personnage.
20:14De toute façon,
20:15c'est une transformation.
20:16Parmi les films
20:17que vous avez mis
20:18dans la liste,
20:18il y a un film
20:19que j'aime beaucoup,
20:20que j'adore,
20:20c'est Victoria.
20:21Ah,
20:22c'est l'allemand.
20:23Incroyable ce film.
20:30Je ne savais pas au départ
20:32que c'était un plan.
20:33Vous savez,
20:33ce film,
20:34il est fait en un plan.
20:35La performance des acteurs,
20:37la performance technique
20:38de faire ça,
20:40de savoir jouer
20:40avec le temps aussi,
20:42parce que comme on est
20:42en temps réel,
20:43mais c'est une histoire
20:44qui ne se passe pas
20:45en temps réel,
20:46ils arrivent quand même
20:47par le scénario
20:48et la mise en scène
20:49à vous expliquer
20:50ce qui s'est passé avant
20:51et ce qui va se passer après
20:53alors qu'on est en temps réel
20:54sur un seul plan.
20:55Il n'y a pas de coupe,
20:56il n'y a rien.
20:57Incroyable.
20:58Et j'ai adoré ce film
20:59parce que j'ai adoré l'histoire.
21:01Cette gamine perdue
21:02dans un pays
21:03qui n'est pas le sien,
21:04qui se fait un peu chier,
21:05qui sert dans le restaurant
21:06pour gagner un peu d'argent
21:07et elle rencontre trois mecs.
21:09On se dit,
21:09oh là là,
21:10ça va mal tourner cette histoire.
21:11Ils ont l'air de voyous
21:12et tout.
21:13Et en fait,
21:13ça va être une histoire d'amour,
21:17évidemment,
21:18de liberté,
21:19de gamins
21:20qui avaient des illusions
21:21mais qui...
21:23Enfin,
21:24c'est magnifique,
21:25c'est vraiment magnifique.
21:26Victoria.
21:31Et puis,
21:32vous avez raison,
21:33l'aspect technique aussi,
21:34filmer un seul plan séquence,
21:36c'est...
21:36C'est génial pour les acteurs,
21:37vous vous rendez compte ?
21:38C'est épuisant
21:38parce que son film,
21:39il fait 2h20,
21:40mais c'est de représentation théâtral,
21:42en fait,
21:42de 2h20
21:44et vous devez courir
21:45et vous devez vous rappeler
21:46que c'est là que vous tournez
21:47et pas là
21:48et que vous dites
21:49votre réplique à ce moment-là
21:50et puis l'autre,
21:51il doit arriver en même temps
21:52et tout.
21:52Mais vous êtes dans l'action,
21:53là,
21:54vous êtes...
21:54C'est un peu toujours
21:55les frustrations des acteurs,
21:57c'est le temps qu'on a
21:58pour jouer sur un plateau.
22:00On a toute une journée
22:01et en fait,
22:03c'est pour des moments
22:04très courts,
22:04quoi.
22:06Donc,
22:06on est préparé
22:07pour courir le 100 mètres
22:08et à chaque fois,
22:09vous faites 2 mètres
22:10et encore 2 mètres.
22:11C'est fatiguant
22:12et puis vous n'avez pas
22:14cet élan,
22:14quoi,
22:15vous voyez,
22:15à moins d'avoir
22:16des longs plans-séquences.
22:19Là,
22:19c'en est un de 2h30,
22:20quoi.
22:22Bon,
22:22là,
22:22il n'y a pas vraiment
22:23de plans-séquences non plus
22:24et pas d'élan,
22:25comme vous dites,
22:25c'est sur des gros
22:26bookbusters
22:27comme les James Bond,
22:28notamment.
22:30Vous avez fait partie
22:31des actrices françaises
22:33qui ont joué
22:33dans des James Bond
22:34et vous avez joué
22:35une méchante,
22:36une grande méchante.
22:37La vilaine,
22:37la vilaine.
22:38Je suis la vilaine.
22:39J'aime bien.
22:44Électra qui,
22:45non,
22:45c'était super.
22:46Et puis,
22:46le metteur,
22:47c'est un mec
22:47que j'aime beaucoup
22:48qui est mort depuis,
22:49Michael Apted.
22:51C'était assez osé,
22:51d'ailleurs,
22:52j'ai trouvé
22:52de lui demander
22:52de faire un James Bond
22:53parce que c'est un mec
22:54plutôt,
22:55un metteur en scène
22:55plutôt,
22:56pas franchement
22:57dans l'action,
22:58quoi.
22:59Il est très près
22:59des gens,
23:00de la psychologie,
23:01il a fait toute une,
23:02il a fait par exemple
23:03une série
23:05sur 50 ans.
23:07Ça commence à 7 ans,
23:08c'est des petits enfants
23:09de milieux
23:10complètement différents
23:11en Angleterre
23:13et tous les 7 ans
23:14il les filme
23:15et tous les 7 ans
23:16il voit
23:16qui sont devenus ces gens.
23:18C'est une expérience
23:18de vie.
23:19Vous voyez,
23:20c'est quelqu'un
23:20de très sur la psychologie,
23:22sur l'humain
23:23et je trouvais ça dingue
23:24qu'ils aient pris ce mec
23:25pour faire un James Bond
23:26et il est pas mal
23:27franchement celui-là.
23:28C'est pas le pire.
23:29Enfin,
23:30on les aime tous
23:30mais il est bien
23:32son film
23:33et je me suis super
23:35bien entendu avec lui
23:36et puis avec la famille Brocoli
23:37qui dirige tout ça
23:38d'une main de maître.
23:39C'est très familial
23:40malgré l'ampleur
23:41que représente
23:42un tournage comme ça.
23:43C'est monstrueux,
23:44c'est militaire.
23:45Il y a 4 équipes,
23:46il y a 800 personnes,
23:47enfin c'est énorme.
23:48Et bien malgré tout,
23:49enfin ça c'est le cinéma aussi,
23:51on reste quand même
23:52dans un monde
23:53qu'on connaît bien,
23:55qui est très délimité,
23:56qui est très chaleureux,
23:58où les personnages
23:59et les caractères
24:00ont leur importance
24:02justement parce que
24:03le vilain,
24:04il doit être
24:04dans un truc psychologique.
24:06Bond,
24:07lui,
24:07il est toujours le même.
24:08Enfin voilà,
24:09c'est très très bien
24:12contrôlé quoi.
24:12Ils savent très bien
24:13c'est quoi le profil.
24:15À la fin,
24:17c'est Pépère
24:19qui me tue.
24:20Évidemment,
24:21c'est James Bond.
24:22Mais ils se sont dit
24:23on va faire deux fins
24:25pour elle,
24:26moi.
24:27Parce que
24:28c'est quand même
24:29une victime au départ
24:30qui devient bourreau.
24:33Mais on a un peu
24:34d'empathie
24:35et un peu de compassion
24:36pour elle.
24:36Il ne faut pas
24:37que James Bond
24:38apparaisse comme un gros salopard
24:39qui tue
24:40froidement une femme
24:41pour laquelle
24:42on a un peu d'empathie.
24:43donc on a fait deux fins.
24:45La une où c'est moi
24:46qui retourne le revolver
24:47et qui me tue.
24:49Donc lui,
24:50il est...
24:51Et une autre
24:52où c'est lui
24:52qui me tue.
24:53Et au final,
24:53c'est lui qui me tue.
25:06Vous auriez préféré
25:07quelle version ?
25:07Non, mais je préfère.
25:08Vous êtes contente
25:09de la version au final ?
25:10Oui, parce que je joue
25:10la vilaine quand même.
25:12Si c'était moi
25:13qui m'étais tuée,
25:14je me serais dit
25:14je ne suis pas allée
25:15au bout de mon personnage
25:15parce que normalement
25:16le vilain,
25:17on a envie qu'il...
25:18On ne veut pas des vilains.
25:21Parmi les films
25:22que vous avez choisis,
25:23vous avez mis aussi
25:23Gravity à gauche.
25:25Ah ouais, ouais, ouais.
25:37Magique,
25:37parce que justement,
25:39c'est un huis clos.
25:40J'adore les huis clos.
25:41Enfin, les huis clos
25:42dans l'espace,
25:42c'est...
25:43On peut faire des huis clos
25:44dans l'espace.
25:45Il y a deux personnages, quoi.
25:47Et puis,
25:47il est tellement
25:48beau dans sa simplicité,
25:50ce film,
25:50parce qu'en fait,
25:51c'est quoi ?
25:51C'est...
25:52Il remonte à l'histoire
25:53du temps,
25:54il remonte à l'histoire
25:55de l'humanité,
25:56il remonte à l'histoire
25:57de la survie,
25:59de c'est quoi survivre.
26:01Elle qui a des histoires
26:03aussi de vie humaine
26:04compliquée dans sa tête.
26:05Enfin,
26:06comment surmonter,
26:07comment renaître,
26:08en fait ?
26:09De toute façon,
26:09la science-fiction,
26:10bien sûr,
26:11comme tous les genres
26:12et les sujets,
26:13se relient à nouveau
26:14à quelque chose
26:15de profondément humain.
26:17C'est magnifique, quoi.
26:18Et il a une poésie,
26:19ce film.
26:20Je trouve qu'il a
26:20une esthétique magnifique,
26:22il a une bande sonore
26:23incroyable.
26:25C'est très beau
26:27et c'est très symbolique,
26:28tout ce que ça raconte.
26:37Vous auriez pu tourner
26:38dans l'espace comme ça,
26:40faire un film dans l'espace
26:40comme ça
26:41ou un gros bugbuster
26:42de science-fiction ?
26:43Je ne sais pas.
26:44De quoi j'aurais l'air
26:45avec un casque ?
26:46Non, mais je ne déconne pas,
26:47il y a des gens
26:48qui ne peuvent pas
26:48te faire film d'époque.
26:50Ils n'ont pas le profil,
26:51ils n'ont pas la figure,
26:52vous voyez ?
26:52Moi, je ne sais pas,
26:53franchement,
26:54en cosmonaute,
26:55à quoi je ressemblerais,
26:56je ne sais pas.
26:59Non, mais Alien,
27:00Alien,
27:00j'aurais pu le mettre,
27:01Alien.
27:08Ah ben Alien,
27:09magnifique.
27:10Magnifique.
27:11Et puis, en fait,
27:12si j'y pense,
27:12à l'époque,
27:13c'est quand même
27:14un grand rôle féminin.
27:16Il n'y en avait pas tant
27:17que ça.
27:17Elle a assuré quand même.
27:25Est-ce que vous aviez
27:26des films d'horreur
27:27aussi qui vous ont marqué ?
27:28Est-ce que vous en regardez
27:29déjà ?
27:29Non, pas trop.
27:31Alors là,
27:31c'est proscrit.
27:32Aujourd'hui,
27:32je ne peux même pas regarder
27:35Faites rentrer l'accusé
27:37ou ce genre de truc.
27:38Non, non, non,
27:39je n'aime pas.
27:40Plus jeune,
27:41je vais même faire peur
27:42un peu comme tout le monde,
27:43mais ça n'a jamais été
27:43trop ma cam.
27:45L'exorcisme,
27:46génial.
27:47C'est l'exorcisme ?
27:48Ou l'exorciste ?
27:49Oui, c'est l'exorciste.
27:58Mais je ne le reverrai pas.
28:00Qu'est-ce que j'avais vu
28:01qui m'a vraiment fait flipper
28:03le Blair Witch Project ?
28:04Alors là,
28:05c'est horrible.
28:10Non,
28:12je n'aime pas les films
28:13de...
28:13J'ai passé l'âge.
28:14On peut continuer
28:15parmi les films
28:16que vous avez choisi.
28:16Ah, théorème,
28:17bah ouais.
28:24Une leçon de mise en scène
28:25extraordinaire.
28:26Tout s'explique
28:27avec la caméra.
28:28Tout.
28:29Je comprends
28:29ce qui se passe
28:30dans la tête
28:30du personnage
28:32uniquement
28:33de la façon
28:33dont la caméra
28:35arrive
28:36ou recule.
28:39Pour moi,
28:39c'est une des plus grandes
28:41leçons
28:41de mise en scène
28:44du cinéma
28:45quand je pense
28:45quand je pense que
28:46Visconti pensait
28:47que Pasolini
28:47n'était pas
28:48un bon metteur
28:49en scène.
28:51J'ai quelques doutes.
28:53Ça, j'ai adoré.
29:04Alors, ce que j'aime bien
29:05dans ce film
29:06et ce que je peux
29:07ne pas aimer
29:08par ailleurs
29:08quand ça reste
29:09complètement cynique,
29:11c'est qu'il parle
29:12du cynisme
29:13de nos sociétés.
29:15des gens,
29:16quels qu'ils soient,
29:17quel que soit le milieu,
29:18quelle que soit la culture,
29:20ils sont tous
29:20assez cyniques
29:21quand même.
29:22Mais lui,
29:23le metteur en scène
29:23il ne l'est pas.
29:24Parce qu'il y a eu
29:24d'autres films
29:25je trouve
29:26qui ressemblaient
29:26un peu à ça,
29:27je ne citerai pas.
29:28C'est cynique
29:29mais ça reste cynique
29:30tout le temps.
29:31Et les gens
29:32sont vraiment
29:32des pourritures
29:33et tout est vraiment
29:34pourri
29:35et c'est vraiment
29:36au-delà...
29:37Ben non.
29:38Non.
29:39Moi, j'ai besoin
29:39d'avoir un peu
29:40d'humanité,
29:42de regard
29:43qui me dit
29:44on va peut-être
29:45quand même essayer
29:45de se conduire
29:46un peu...
29:47Voilà.
29:48Je ne sais pas.
29:48Et ce film
29:49je l'ai adoré pour ça
29:50parce qu'il est vraiment fou.
29:51Il y va à fond,
29:52il n'a pas peur
29:53de choquer.
29:53Il y a des scènes
29:54de vomi,
29:55il y a des scènes...
29:56Mais c'est incroyable.
29:57Il y a un bordel.
29:58Ça raconte vraiment
29:59quelque chose.
30:00Il est lent
30:01à raconter son truc,
30:02il le creuse,
30:02il y va
30:03et puis il va jusqu'au bout
30:04et il vous emmène
30:05jusqu'au bout.
30:07Et j'ai trouvé
30:08que c'était un film
30:10très moderne,
30:11très intéressant.
30:12Je ne pouvais pas
30:13ne pas parler de Bergman.
30:25J'ai souvent remarqué
30:26les gens que je rencontre
30:27dans le cinéma,
30:28des jeunes metteurs en scène,
30:30le nombre qu'ils me disent
30:32quand j'ai vu un Bergman,
30:33je me suis dit
30:34c'est ça que je veux faire
30:35comme métier.
30:36C'est incroyable.
30:37C'est-à-dire qu'il a
30:39révélé énormément
30:40de potentiel
30:42et de désir
30:43chez les nouvelles générations
30:45de faire du cinéma.
30:47Je ne sais pas
30:48qu'est-ce qu'ils ont.
30:49Mais c'est clair
30:50qu'il y a des rencontres
30:52dans la vie comme ça.
30:54Dans le cinéma,
30:55ça a été aussi Bergman,
30:57Pina Bauche
30:58dans la danse,
31:00Hockney dans la peinture.
31:02C'est des clés.
31:02Ils ouvrent une porte
31:04et là,
31:05voilà,
31:05il y a plein de choses.
31:06Bergman,
31:07il a ouvert la porte
31:08à beaucoup,
31:09beaucoup de gens.
31:10Et ça,
31:10c'était sublime
31:11parce qu'à l'époque,
31:12moi,
31:13je l'avais découvert
31:13à la télé.
31:14C'était en feuilleton,
31:16en fait.
31:16C'est comme une série.
31:17Et là,
31:18c'était délicieux
31:19parce qu'on avait le temps,
31:20on attendait
31:21le prochain épisode.
31:24C'était quatre fois
31:26où je ne sais plus.
31:27C'était super, quoi.
31:28Vous avez joué
31:29Bergman au théâtre.
31:30J'ai joué Bergman au théâtre
31:31dans un monologue
31:32un peu moins joyeux
31:34mais dont il avait,
31:37paraît-il,
31:37le projet de faire un film
31:39et il avait le projet
31:41d'en faire un seul plan.
31:43Alors,
31:43il ne décrivait pas
31:44quel plan
31:45mais c'était son projet
31:47avec ce scénario
31:48qui finalement,
31:49bon,
31:50il est parti,
31:50il ne l'a pas fait
31:51mais voilà.
31:54Comment vous voyez
31:55la différence
31:55entre le théâtre
31:56et le cinéma ?
31:57Parce que du coup,
31:57vous vous touchez un peu
31:58à tout.
31:58Vous êtes aussi réalisatrice.
32:01Quelle casquette,
32:02quel plateau vous plaît peut-être ?
32:04En fait,
32:05le cinéma,
32:05c'est ce qu'il y a
32:05de moins naturel
32:07et de moins normal
32:08dans tout ça.
32:09Et pourtant,
32:10ça doit apparaître
32:10tout à fait fluide
32:12et ça doit couler
32:13comme de l'eau de source.
32:15Mais c'est quand même
32:16totalement artificiel,
32:17le cinéma.
32:18Vous tournez tout à l'envers,
32:19vous ne faites rien
32:19dans le bon sens.
32:22Il pleut
32:23alors qu'il devrait faire beau.
32:26Il n'y a que des emmerdes.
32:27Le son,
32:28il n'est jamais content
32:29parce qu'il y a des alarmes,
32:30des trucs.
32:30Alors,
32:30on est en studio
32:31mais tout le monde s'endort.
32:33C'est une grosse mécanique
32:34très lourde
32:35et qui demande
32:36énormément d'énergie
32:37pour garder
32:38l'énergie du film
32:41et pour que
32:42c'est l'air
32:42tout à fait normal.
32:43Rien de normal
32:44au cinéma,
32:45les murs,
32:46ce ne sont pas
32:46des vrais murs.
32:48C'est un peu ça quand même.
32:49Alors que le théâtre,
32:51bon,
32:51on n'a pas beaucoup de place
32:53mais on a le temps
32:54avec nous.
32:55On a la suite logique
32:57des choses.
32:58Il n'y a pas de coupé.
33:00Non.
33:01Il n'y a pas de
33:01le projecteur
33:03s'est cassé la figure.
33:04Non.
33:05On joue
33:06comme dans la vie.
33:07On est dans une continuité.
33:09Et donc,
33:09ça,
33:09c'est plus normal.
33:11C'est comme si au milieu
33:12d'un accouchement,
33:13on vous disait
33:13non,
33:13non,
33:14arrête là.
33:14On va te changer de place.
33:16Ah bon,
33:16attendez.
33:17Non,
33:18arrête.
33:18Une seconde,
33:19une seconde,
33:19s'il te plaît.
33:20Non,
33:20mais moi,
33:20je suis en train d'accoucher là.
33:22On s'en fout.
33:22On va tourner la scène
33:24de l'autre sens.
33:25Je vous jure,
33:25le cinéma,
33:26c'est un peu,
33:27waouh.
33:27C'est physique.
33:28Est-ce qu'il y a des cinémas
33:29qui vous touchent plus
33:30que d'autres
33:30en termes de nationalité ?
33:32Je ne sais pas
33:33si j'ai des nationalités.
33:34Bon,
33:34on est tous nourris
33:35et biberonnés
33:36au cinéma américain.
33:38C'est pas mal.
33:40Voilà,
33:40tant que ça n'empêche pas
33:41d'en regarder d'autres.
33:42Mais bon,
33:43de toute façon,
33:43aujourd'hui,
33:44tout ça,
33:44ça se mélange.
33:45Moi,
33:46j'aime bien regarder
33:46des films que je n'ai pas vus.
33:49Et en même temps,
33:50c'est pas mal
33:50de revoir des films
33:51qu'on a bien aimés aussi.
33:53Mais après,
33:53si on doit tous les revoir,
33:54on n'a vraiment plus le temps.
33:56Non,
33:56il y a des listes comme ça
33:57où on se dit
33:58qu'entre amis,
33:59on reverrait
33:59Jean-Rotan,
34:00on emporte le vent.
34:02C'est pas mal.
34:14Et parfois,
34:14il y a des grands chefs-d'oeuvre
34:15qu'on n'a jamais vus.
34:17Donc moi,
34:17c'est ça que j'ai envie de...
34:20Il y a plein de trucs,
34:21il y a plein de trucs.
34:22Là,
34:22il y a trop de choses.
34:24J'arrive pas
34:24à faire le tri, là.
34:26Ah bah,
34:26Mission Impossible,
34:27évidemment.
34:27Moi,
34:28j'aime.
34:28C'est vrai ?
34:29Vous adorez
34:29l'émission Impossible ?
34:30J'adore.
34:36Moi,
34:36j'aime bien
34:36les gros trucs comme ça.
34:38Pas mal,
34:39du tout.
34:41Pas mal,
34:41pas mal.
34:42Ils sont bien.
34:44Est-ce que quelqu'un
34:45peut lui passer une petition ?
34:46Non,
34:46elle n'en veut pas.
34:47Elle n'en veut pas ?
34:48Non,
34:49parce qu'elle fait tout d'oreille,
34:49elle n'a pas besoin.
34:50Ah d'accord.
34:51J'ai pas tout vu, là.
34:53Ah bah,
34:53merci.
34:53Bah,
34:53merci à vous.
34:56Bon,
34:57Mimi.
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