- il y a 19 heures
À LA UNE / Casse du Louvre : que dit le rapport ?
Mercredi 13 mai, le député Alexis Corbière a présenté son rapport issu de la commission d'enquête « sur la protection du patrimoine national et la sécurisation des musées ». Mise en place à la suite du spectaculaire cambriolage du Louvre du 19 octobre 2025, la commission conclue que ce casse est le « révélateur des dysfonctionnements du modèle muséal français ». Le rapporteur pointe notamment « l'attention insuffisante » accordée par la direction, alors conduite par Laurence des Cars (qui a présenté sa démission en février 2026) aux enjeux de sûreté et de sécurité de l'institution culturelle. Ces derniers ont été « relégués au second plan, derrière des objectifs de rayonnement et d'influence ». Lors d'une visite du musée, Alexis Corbière s'est étonné des « défaillances » importantes en matière de sécurité, dues en partie à l'obsolescence de dispositifs techniques, ainsi qu'à la configuration des lieux. Le rapport, adopté à l'unanimité en commission, comporte 40 recommandations sur l'augmentation des moyens dédiés à la sécurité, sur la formation des personnels et la gouvernance des établissements. Que révèle ce rapport sur les fragilités du modèle muséal français ?
Invités :
Alexis Corbière, député « écologiste et social » de Seine-Saint-Denis
Patricia Tourancheau, journaliste spécialiste police et grand banditisme, autrice de « Le casse du Louvre » (Seuil)
Jean-Christophe Castelain, rédacteur en chef du « Journal des Arts »
Chroniques :
« Quelle histoire ! » par Olivier Ravanello
« Le mot du jour » par Mariette Darrigrand
LA QUESTION QUI FÂCHE / Livreurs à vélo : des esclaves des temps modernes ?
Des associations de livreurs, à Bordeaux et Paris, ont déposé plainte contre Uber Eats et Deliveroo pour traite d'êtres humains. Elles dénoncent l'exploitation de travailleurs très précaires. Selon leur avocat, Maître Laforcade, les plateformes recruteraient des personnes durablement précaires, dont de nombreux étrangers parfois en situation irrégulière, pour les employer à des tarifs très inférieurs aux minimums légaux, en contournant parfois le droit du travail. Jean-François Corty, président de Médecins du Monde, dénonce une forme « d'esclavage moderne » en rappelant dans une enquête de l'ONG que les livreurs travaillent en moyenne 63 heures par semaine pour un salaire net compris entre 840 et 880 euros. En 2024, l'Union Européenne avait adopté une législation pour renforcer les droits de ces travailleurs, prévoyant de requalifier comme salariés nombre d'entre eux. La France a jusqu'au 2 décembre pour transposer la directive européenne, par ordonnances ou voie législative. Comment encadrer les dérives sociales du modèle d'uberisation ?
Invités :
Danielle Simonnet, députée « écologiste et social » de Paris
Laurent Hily, représentant des livreurs indépendants auprès de l'Autorité des relations sociales des plateformes d'emploi (ARPE)
En visioconférence : Thibault Laforcade, avocat en droit soc
Mercredi 13 mai, le député Alexis Corbière a présenté son rapport issu de la commission d'enquête « sur la protection du patrimoine national et la sécurisation des musées ». Mise en place à la suite du spectaculaire cambriolage du Louvre du 19 octobre 2025, la commission conclue que ce casse est le « révélateur des dysfonctionnements du modèle muséal français ». Le rapporteur pointe notamment « l'attention insuffisante » accordée par la direction, alors conduite par Laurence des Cars (qui a présenté sa démission en février 2026) aux enjeux de sûreté et de sécurité de l'institution culturelle. Ces derniers ont été « relégués au second plan, derrière des objectifs de rayonnement et d'influence ». Lors d'une visite du musée, Alexis Corbière s'est étonné des « défaillances » importantes en matière de sécurité, dues en partie à l'obsolescence de dispositifs techniques, ainsi qu'à la configuration des lieux. Le rapport, adopté à l'unanimité en commission, comporte 40 recommandations sur l'augmentation des moyens dédiés à la sécurité, sur la formation des personnels et la gouvernance des établissements. Que révèle ce rapport sur les fragilités du modèle muséal français ?
Invités :
Alexis Corbière, député « écologiste et social » de Seine-Saint-Denis
Patricia Tourancheau, journaliste spécialiste police et grand banditisme, autrice de « Le casse du Louvre » (Seuil)
Jean-Christophe Castelain, rédacteur en chef du « Journal des Arts »
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« Quelle histoire ! » par Olivier Ravanello
« Le mot du jour » par Mariette Darrigrand
LA QUESTION QUI FÂCHE / Livreurs à vélo : des esclaves des temps modernes ?
Des associations de livreurs, à Bordeaux et Paris, ont déposé plainte contre Uber Eats et Deliveroo pour traite d'êtres humains. Elles dénoncent l'exploitation de travailleurs très précaires. Selon leur avocat, Maître Laforcade, les plateformes recruteraient des personnes durablement précaires, dont de nombreux étrangers parfois en situation irrégulière, pour les employer à des tarifs très inférieurs aux minimums légaux, en contournant parfois le droit du travail. Jean-François Corty, président de Médecins du Monde, dénonce une forme « d'esclavage moderne » en rappelant dans une enquête de l'ONG que les livreurs travaillent en moyenne 63 heures par semaine pour un salaire net compris entre 840 et 880 euros. En 2024, l'Union Européenne avait adopté une législation pour renforcer les droits de ces travailleurs, prévoyant de requalifier comme salariés nombre d'entre eux. La France a jusqu'au 2 décembre pour transposer la directive européenne, par ordonnances ou voie législative. Comment encadrer les dérives sociales du modèle d'uberisation ?
Invités :
Danielle Simonnet, députée « écologiste et social » de Paris
Laurent Hily, représentant des livreurs indépendants auprès de l'Autorité des relations sociales des plateformes d'emploi (ARPE)
En visioconférence : Thibault Laforcade, avocat en droit soc
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00:00:05Musique
00:00:24Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP.
00:00:26Nous sommes ensemble pour une heure de décryptage de l'actualité et de débats depuis l'Assemblée Nationale.
00:00:31Avec pour m'accompagner ce soir la sémiologue Mariette Darygrand.
00:00:35Bonsoir Mariette.
00:00:36Bonsoir Adélie.
00:00:36Et bonsoir Olivier Ravanello.
00:00:38Bonsoir.
00:00:38C'est parti pour le sommaire.
00:00:40Six mois après le casse du Louvre, la commission d'enquête sur la sécurité des musées a rendu son rapport
00:00:44ce mercredi.
00:00:46Système obsolète, sous-investissement chronique, manque d'agents de surveillance, gouvernance opaque, retard technologique.
00:00:52Le constat est particulièrement sévère et il s'accompagne d'une quarantaine de préconisations que nous allons détailler avec vous
00:00:59Alexis Corbière.
00:01:00Bonsoir.
00:01:01Bonsoir.
00:01:01Vous êtes le rapporteur de cette commission d'enquête, députée écologiste de Seine-Saint-Denis.
00:01:05Merci d'être là.
00:01:06Vous connaissez Patricia Touranchot.
00:01:08Bonsoir Patricia.
00:01:09Vous êtes journaliste et autrice du livre Le Casse du Louvre qui vient tout juste de paraître aux éditions du
00:01:14Seuil.
00:01:14Merci de votre présence et bonsoir Jean-Christophe Castelin, directeur de la revue L'Oeil et du Journal des Arts.
00:01:21Merci également de votre présence.
00:01:23Quelle histoire allez-vous nous raconter ce soir Olivier Ravanello ?
00:01:26L'histoire d'un procès à 850 milliards.
00:01:28Il oppose l'homme le plus riche du monde, Elon Musk, à l'homme qui pourrait devenir encore plus riche
00:01:34que lui, Sam Altman.
00:01:36Mariette, quel est votre mot du jour ?
00:01:37Alors écoutez Adeline, ce n'est pas un mot mais 150.
00:01:40On n'aura pas le temps Mariette, je suis désolée.
00:01:42Alors on ne va pas tous les passer en revue, bien sûr.
00:01:45Ce sont les nouveaux mots mis au dictionnaire.
00:01:47On va essayer de comprendre les tendances et comment ils parlent de nous, comment ils sont significatifs de notre époque.
00:01:53Dans la deuxième partie de chaque voix compte, notre époque aussi dans la question qui fâche.
00:01:57Ils travaillent 63 heures par semaine pour gagner, moins que le SMIC.
00:02:00Les livreurs à vélo sont-ils les esclaves des temps modernes ?
00:02:04Une plainte pour traite d'êtres humains vient d'être déposée contre Deliveroo et Uber Eats.
00:02:08Le Parlement s'empare du sujet et on va en débattre tout à l'heure avec Daniel Simonnet, député écologiste
00:02:14de Paris.
00:02:15Thibault Laforcade qui est avocat en droit social et qui défend justement les associations qui viennent de porter plainte contre
00:02:20les plateformes de livraison.
00:02:21Et puis on sera aussi avec Laurent Illy qui est le fondateur de la Fédération des auto-entrepreneurs.
00:02:25On n'oublie pas évidemment Bourbon Express, le journal de l'Assemblée nationale tout à l'heure avec Marco Pommier.
00:02:30Voilà pour le menu de ce soir. Installez-vous confortablement. Chaque voix compte, c'est parti.
00:02:41C'était le 19 octobre 2025 et on se souvient tous que c'était un dimanche.
00:02:47On s'en souvient tous et ça fait même partie des cinq événements qui ont le plus marqué les Français
00:02:51en 2025.
00:02:52Le casse du Louvre, le plus grand musée du monde, humilié par une petite nacelle.
00:02:59Six mois plus tard, on n'a pas retrouvé les bijoux, mais on a un rapport parlementaire que l'on
00:03:04va détailler après le rappel des faits avec Stéphanie Despierre.
00:03:12Dans ce rapport, pas de révélation fracassante, mais la confirmation officielle d'un constat accablant.
00:03:18Les failles de sécurité du Louvre étaient connues depuis longtemps.
00:03:23Deux audits de 2017 et 2019 les avaient bien identifiés, notamment ce balcon et cette fenêtre sans barreaux
00:03:30qui ont permis aux cambrioleurs d'accéder très vite à la galerie d'Apollon et aux bijoux de la Couronne
00:03:36le 19 octobre.
00:03:38Voici ce qu'en conclut le député Alexis Corbière, l'auteur du rapport.
00:03:42Force est de constater que la question de la sûreté et de la sécurité n'était pas la priorité de
00:03:48l'ancienne direction du musée du Louvre,
00:03:50bien que celle-ci s'en défende.
00:03:52Le député ne comprend pas pourquoi le plan de sûreté, le schéma directeur, acté en 2019, a pris plus de
00:04:00deux ans de retard.
00:04:02Laurence Descartes, directrice du musée depuis 2021 et qui a démissionné quatre mois après le cambriolage,
00:04:08a tenté de s'en expliquer devant la commission d'enquête.
00:04:11Il n'y a pas de retard en tant que tel.
00:04:15C'est simplement que peut-être nous avons mal calculé le point, la date d'aboutissement, de démarrage, du chantier
00:04:22de ce schéma directeur.
00:04:25Le rapport conclut.
00:04:27La sûreté a été reléguée au second plan derrière des objectifs de rayonnement et d'influence.
00:04:32Selon Alexis Corbière, le grand projet Louvre Nouvelle Renaissance, voulu par Emmanuel Macron, a aussi pesé dans ce choix.
00:04:39Il propose donc que les directeurs des grands lieux culturels ne soient plus nommés par le président de la République,
00:04:45mais par leur conseil d'administration.
00:04:48Il dénonce aussi l'absence de contrôle par le ministère de la Culture.
00:04:52En matière de sûreté, le Louvre avait 15 à 20 ans de retard par rapport à d'autres équipements.
00:04:58Et c'est un peu pareil à moindre échelle dans tous les musées du pays.
00:05:02Les députés veulent donc les obliger à réaliser des audits sur la sécurité à intervalles réguliers.
00:05:07Le monde de 2026, ce n'est pas le monde de 1956.
00:05:11Donc il faut qu'il y ait un vrai sursaut.
00:05:13Le sursaut, il doit partir du ministère, parce que c'est l'ensemble d'où vient l'impulsion nationale
00:05:17et que les messages, évidemment, prennent une ampleur significative quand ils partent d'en haut.
00:05:21Et puis après, il faut qu'il y ait une déclinaison locale.
00:05:22Et pour financer cette mise à niveau, la ministre de la Culture a créé, juste après le casse du Louvre,
00:05:28un fonds de sûreté.
00:05:29Les députés proposent d'augmenter son enveloppe de 30 à 50 millions d'euros.
00:05:36Alexis Corbière, vous êtes donc le rapporteur de cette commission d'enquête sur la sécurité des musées.
00:05:40Le rapport, il part d'un constat simple.
00:05:42Le casse du Louvre, ce n'était pas un accident isolé.
00:05:44Ce n'était pas la faute à pas de chance.
00:05:46C'était un révélateur.
00:05:48Et l'un des mots qui revient le plus dans votre rapport, c'est dysfonctionnement.
00:05:51En fait, ce que vous dites, c'est que le plus grand musée du monde n'y était pas prêt.
00:05:55Alors, je ne veux pas réécrire l'histoire après coup.
00:05:58C'est trop facile de dire que c'était prévisible.
00:06:00Il n'aurait pu ne pas avoir lieu, ce cambriolage.
00:06:02Mais il a eu lieu.
00:06:03Et effectivement, il y a un aspect de révélateur.
00:06:05On s'aperçoit, ça a été très bien dit dans votre petit sujet,
00:06:08qu'il y avait quand même la question de la sécurité et de la sûreté,
00:06:10qui avait été prise en charge, notamment par le prédécesseur de Mme Descartes.
00:06:13Il s'appelait M. Martinez.
00:06:14Il y avait un schéma directeur de sécurité et de sûreté qui avait été proposé en 2021.
00:06:19Mme Descartes arrive.
00:06:20Mme Descartes considère qu'il est incomplet, ce schéma directeur dit-elle.
00:06:23Elle veut le revoir, le remettre sur la table.
00:06:26Et là, d'un seul coup, ce que nous, on voit sur la base des documents,
00:06:28c'est qu'il y a quand même 20 à 27 mois de retard, en vérité, sur ce qui est
00:06:31prévu.
00:06:32Alors, j'ai vu la réponse que fait Mme Descartes.
00:06:33Il n'y a pas eu de retard.
00:06:34Mais peut-être qu'il est vrai qu'on avait surévalué l'agenda.
00:06:39Bon, et vous le dites bien, je vais aller à l'essentiel.
00:06:42Moi, pour ce qui est du Louvre, mais on a travaillé sur les 1 200 musées de France.
00:06:46On a visité, ne perdons pas de vue que ce qui nous a intéressés aussi,
00:06:49c'est que quand le cambriolage du Louvre a lieu, le musée Jacques Chirac a été cambriolé,
00:06:53le musée Paris-Le Monial a été cambriolé, le musée Cognac...
00:06:55On ira à Paris-Le Monial tout à l'heure.
00:06:57C'est dans cette ambiance.
00:06:57Mais pour revenir au Louvre, moi, le sentiment que j'ai eu, c'est que Mme Descartes avait pour obsession
00:07:03le fait d'avancer le grand dossier du Louvre-Renaissance, qui est colossal, 700 millions, peut-être 1,2 milliards
00:07:09à l'arrivée,
00:07:10qui a pour projet de faire passer l'établissement de 9 millions de visiteurs par an à peut-être 12,
00:07:14voire 15 millions de visiteurs.
00:07:16Ça, c'était sa priorité pour complaire, je vais le dire comme ça aussi, au grand geste présidentiel de Macron
00:07:23qui voulait marquer son deuxième quinquennat par son travail.
00:07:24Et je pense qu'elle n'a pas pris à bras-le-corps, elle n'a pas mis la pression.
00:07:28Alors, là, je la cible, mais le ministère de tutelle aussi, aucune pression.
00:07:32Moi, je découvre des conseils d'administration qui sont des chambres d'enregistrement,
00:07:35dans lesquelles le ministère de tutelle, le secrétaire général qui vient, ne prend quasiment pas la parole.
00:07:39Et même Mme Dati, quand nous l'avons auditionné, a finalement acté le fait qu'il faudrait, disait-elle,
00:07:44c'était quelques jours avant qu'elle ne soit plus ministre de la Culture,
00:07:47modifier le fait que ce n'est plus à postériori qu'on s'aperçoit qu'il y a des problèmes,
00:07:49mais que la tutelle doit exercer une plus grande pression.
00:07:52L'autonomie des établissements, c'est une chose, l'indépendance complètement d'établissements,
00:07:56c'est-à-dire qu'ils font leur vie, en quelque sorte, au bout d'un moment,
00:08:00sans trop associer un regard extérieur, ça ne va plus.
00:08:03C'est pourquoi, j'insiste et je termine cette fois-ci, il faut modifier,
00:08:06pour ce qui est des grands établissements, après on discutera dans les détails,
00:08:08les musées moyens, ils ont besoin de moyens,
00:08:12mais le fait que ce soit nommé par un conseil d'établissement modifierait les choses.
00:08:15Écoutez, moi, je suis républicain profondément,
00:08:17mais j'observe que dans des monarchies constitutionnelles, espagnoles, en Grande-Bretagne,
00:08:22c'est des conseils d'administration qui nomment les présidents de musées,
00:08:25mais dans notre bonne vieille république, c'est le fait du prince,
00:08:28on ne sait pas trop pourquoi, bon, ça, c'est pas bien, quoi.
00:08:31Donc, quand il y a des représentants du personnel, en plus, dans un conseil d'établissement...
00:08:34Donc, vous voulez que les députés ou les sénateurs ou les deux fassent partie de la direction ou de la
00:08:40gouvernance d'un musée ?
00:08:41Et surtout que ce soit le conseil d'administration qui vote,
00:08:45et je répète, dans le conseil d'administration, il y a des représentants du personnel, des syndicats,
00:08:48et si on les avait écoutés, les organisations syndicales, au mois de juillet,
00:08:52moi, je les avais accompagnées quand elles étaient mobilisées,
00:08:53ça fait un moment qu'elles disent dégradation des conditions de travail pour les personnels,
00:08:57et attention, la sécurité est en cause.
00:08:59Ça créera un système vertueux, où le président ou la présidente sera nommé par une instance,
00:09:04elle sera obligée de rendre des comptes à cette instance,
00:09:06elle sera attentive aux gens qui sont dans cette instance, notamment les personnels,
00:09:09et je pense qu'on pourra travailler dans de meilleures conditions,
00:09:11au-delà d'autres propositions de moyens, ça a été dit...
00:09:13On va y revenir.
00:09:14Patricia Touranchot, le grand public vous connaît pour vos enquêtes sur les grands faits divers
00:09:18comme l'affaire Grégory, le gang des postiges, Guy Georges.
00:09:21Qu'est-ce qui vous a poussé, cette fois, à écrire sur le Casse du Louvre ?
00:09:24J'ai écrit aussi sur le banditisme, notamment sur le vol des papiers de Kim Kardashian.
00:09:31Mais là, c'est ce cas exceptionnel qui m'a complètement scotché ce dimanche-là.
00:09:38C'est le contraste entre les voleurs, en tout cas ce qu'on envoyait de leur mode opératoire rudimentaire,
00:09:44avec ce camion-nacelle, ces disques, ce matériel de chez M. Bricolage,
00:09:48et puis le Louvre, le musée Londres, qui rayonne dans le monde entier, qui est le plus visité.
00:09:54Donc moi, c'est ce qui m'a intéressée.
00:09:56Et du coup, d'aller à la fois sur les dessous de l'enquête,
00:10:01sur ces voleurs qui ont été arrêtés pour deux d'entre eux six jours plus tard,
00:10:05et en même temps, sur le Louvre, parce qu'il y a un décor,
00:10:09il y a des conditions qui ont fait que c'était un peu quand même chronique d'une catastrophe annoncée,
00:10:14le Louvre, même si, évidemment, ce vol n'était pas prévisible,
00:10:18mais peut-être que quelque chose d'autre serait arrivé, un incendie, autre chose, une autre intrusion.
00:10:23Et effectivement, les agents, les gardiens, les syndicats le répétaient depuis plus de dix ans,
00:10:28et ils n'étaient pas écoutés.
00:10:30Dans votre enquête, vous vous dites aussi, vous voyez le système de sécurité obsolète,
00:10:34les procédures incomplètes, vous vous dites, il y a quand même un peu de bricolage ?
00:10:38Je peux raconter une anecdote là-dessus, pour Aline Strenthe ?
00:10:40C'est que quand trois jours appellent le camion-nacelle avec plusieurs parlementaires,
00:10:43on va visiter le musée du Louvre de bon matin, on va aller dans la salle de vidéosurveillance,
00:10:47la caméra qui est fixée sur le quai François Mitterrand, l'écran est neigeux, on ne voit quasiment rien.
00:10:51C'est un écran totalement défectueux, et on se dit que le plus grand musée du monde, là, est là,
00:10:55pardon, pour illustrer le...
00:10:56Oui, mais il y a une des deux caméras à l'extérieur qui a fonctionné.
00:11:00Et ce qui est dingue, alors les images sont médiocres, mais sur ces images-là, à 9h34,
00:11:04elles montrent le camion-nacelle qui s'installe,
00:11:07les deux mecs en gilets jaunes qui montent sur la nacelle,
00:11:10et ces images-là, le PC de sécurité du Louvre est tellement obsolète et vétuste
00:11:15qu'il n'avait pas l'écran suffisant pour regarder en direct toutes les images.
00:11:20Ce qui fait que quand l'agent a zoomé sur cette caméra et a vu ces images,
00:11:25il était 9h38, les mecs étaient en train de partir sur leur...
00:11:29Oui, il avait un léger décalage horaire.
00:11:30Oui, mais ça, par exemple, un audit de la préfecture le 29 août 2025,
00:11:34encore, à la demande du Louvre d'ailleurs, a dit que ce PC de sécurité était totalement obsolète
00:11:40et ne ferait pas face à un événement de grande ampleur.
00:11:44Et c'est ce qui se passe six semaines plus tard.
00:11:47Donc, c'est...
00:11:48Moi, c'est tout ça qui m'a...
00:11:50Ça a été tellement facile pour ces voleurs.
00:11:52Ce ne sont pas des bandits d'envergure.
00:11:54C'est une petite équipe de moyenne envergure.
00:11:57Et ils ont été capables de prendre le Louvre à cet endroit-là.
00:12:02Et qui était...
00:12:03D'ailleurs, le truc était connu d'autres voleurs.
00:12:05Moi, j'ai d'autres voleurs qui savaient que le Louvre était attaquable exactement par cette porte-fenêtre.
00:12:10Par cette fenêtre, ça se disait.
00:12:12Oui, ça se disait dans le milieu.
00:12:15Et David Desclos, qui est un ancien cambrioleur,
00:12:18et qui avait participé à un podcast sur les enquêtes du Louvre,
00:12:22était allé en 2020.
00:12:23On lui avait fait visiter la galerie d'Apollon.
00:12:26Et il avait dit, non mais rassurez-moi,
00:12:28ce ne sont pas les vrais joyaux qui sont dans les vitrines.
00:12:30Et les conservateurs du Louvre lui avaient dit,
00:12:33bien sûr que si, mais on a une sécurité d'enfer.
00:12:35Il avait dit, mais vous avez vu vos fenêtres ?
00:12:37Il n'y a pas de barreau aux fenêtres.
00:12:39Le verre, il a l'air tout petit.
00:12:41Vous n'êtes pas du tout sécure, là.
00:12:42Donc soit vous mettez des copies, soit...
00:12:45Et il leur avait expliqué.
00:12:47Et lui aussi connaît des braqueurs
00:12:49qui savaient qu'on pouvait attaquer le Louvre ici.
00:12:52Mais beaucoup n'y sont pas allés
00:12:54parce que ce sont des bijoux difficilement négociables.
00:12:57Sauf la bande de Abdoulaye,
00:12:59alias Doudou Creusbitum, d'Aubervilliers.
00:13:01Eux, ils ont osé.
00:13:03Justement, une dernière question sur le profil des cambrioleurs.
00:13:07Est-ce que vous,
00:13:07qui vous êtes plongé depuis six mois dans cette enquête,
00:13:10vous vous dites que c'était plutôt
00:13:11des profils très organisés,
00:13:14très pros,
00:13:15ou des pieds-niquelés total ?
00:13:16Non, ni pieds-niquelés.
00:13:18Ce ne sont pas des pieds-niquelés,
00:13:20ce ne sont pas des branquignoles.
00:13:21C'est une équipe de moyenne envergure.
00:13:23Ils étaient âgés de 34 à 39 ans.
00:13:26Les mecs, ils ont déjà une certaine expérience
00:13:27pour deux d'entre eux de vol,
00:13:29dont un vol de bijouterie
00:13:31et un vol à la voiture bélier
00:13:33contre un distributeur automatique de billets.
00:13:36Mais les mecs, ils ont pensé le coup quand même.
00:13:38Ils ont repéré.
00:13:39Ils ont probablement fait des essais
00:13:41avec la disqueuse sur ce genre de verre,
00:13:43des vitrines,
00:13:45parce que le Louvre pensait avoir mis
00:13:46des verres hyper résistants.
00:13:49En tout cas, ces verres étaient censés résister
00:13:51au coup de masse, au coup de hache
00:13:53et aux balles, a priori.
00:13:55Mais en fait, pas à des disqueuses.
00:13:58Et eux, les voleurs en général,
00:14:00ils s'exercent à l'avance
00:14:01sur le même genre de matériaux
00:14:04qu'ils vont avoir à découper.
00:14:06Et donc, ils ont volé quand même
00:14:08un camion-nacelle,
00:14:09neuf jours plus tôt,
00:14:11dans une commune du Val-d'Oise
00:14:12qui s'appelle Louvre,
00:14:14avec un S.
00:14:15Et ça...
00:14:15D'ailleurs, est-ce que dans votre enquête,
00:14:17vous vous avez dit que c'était un pur hasard
00:14:18ou que ça avait été pensé, justement ?
00:14:20Non, au départ, je pensais que c'était un hasard,
00:14:22une coïncidence.
00:14:23Et après, en enquêtant,
00:14:25j'ai vu que le loueur de ce matériel,
00:14:27de ce camion,
00:14:27il est domicilié à Paris 18e.
00:14:30Et en fait, il a été harcelé
00:14:32par un prétendu client
00:14:33qui se faisait passer pour...
00:14:36Comment...
00:14:36Amadou Diallo.
00:14:38Et qui exigeait que le camion,
00:14:41pour son déménagement,
00:14:42soit amené à Louvre,
00:14:43dans le Val-d'Oise.
00:14:44Donc, c'est pas du tout
00:14:45une boîte du Val-d'Oise
00:14:46et c'est pensé.
00:14:47Et ça, ça leur donne quand même
00:14:49un petit côté un peu plus malin
00:14:50que ce qu'on peut penser.
00:14:52Jean-Christophe Castellin,
00:14:53vous avez pu lire le rapport
00:14:54de la commission d'enquête.
00:14:56D'abord, qu'est-ce que vous en pensez ?
00:14:58Est-ce qu'on apporte les bonnes réponses
00:15:00au vrai problème ?
00:15:01Alors, le rapport, il va au-delà
00:15:03du casse du Louvre,
00:15:04puisque M. Corbiard a tenu
00:15:07à ce qu'il y ait à la fois
00:15:09un historique des musées
00:15:10et surtout, ce que j'ai apprécié
00:15:11en particulier dans le rapport,
00:15:13c'est l'inventaire de tous les risques
00:15:14qui pèsent sur le musée.
00:15:16Et je voudrais signaler que
00:15:17la plupart de ces risques
00:15:18sont gérés par le musée du Louvre.
00:15:21Pour avoir visité énormément
00:15:22de musées en province
00:15:23depuis un quart de siècle,
00:15:24je peux vous assurer
00:15:25qu'il y a énormément de musées
00:15:27qui sont beaucoup plus sensibles
00:15:28que le Louvre
00:15:28à tous les risques
00:15:30que vous avez énoncés.
00:15:31Donc oui, c'est un rapport
00:15:32qui est très complet,
00:15:33mais qui n'est pas que centré
00:15:34sur le Louvre.
00:15:36Ce que dit le rapport,
00:15:37c'est que la sécurité,
00:15:38c'est un impensé du monde culturel.
00:15:41En 2024, seuls 23% des musées
00:15:43de France disposaient d'un plan
00:15:44d'urgence et de prévention des risques.
00:15:4625% seulement d'un plan de sauvegarde
00:15:48des biens culturels finalisés.
00:15:49La vidéosurveillance fait défaut
00:15:51dans près de la moitié
00:15:52des collections nationales.
00:15:53Je veux rendre à César
00:15:54ce qui est à César.
00:15:55Ça, c'est une enquête
00:15:56du ministère de la Culture
00:15:57qui est faite en 2024.
00:15:58C'est des éléments
00:15:58qu'on a retrouvés.
00:15:59C'est-à-dire que le ministère
00:16:00de la Culture...
00:16:00Mais l'avantage de votre rapport,
00:16:01c'est qu'il compile
00:16:02toutes ces informations.
00:16:02Oui, voilà, c'est ça.
00:16:04Donc, les établissements
00:16:05de bonne foi disent
00:16:06nous, pour l'instant,
00:16:07on n'a pas de dispositifs.
00:16:0823% dit nous,
00:16:09on a des dispositifs
00:16:11de sécurité du bâtiment.
00:16:12Enfin, voilà, pardon,
00:16:13je veux dire que
00:16:13ce n'est pas moi
00:16:14qui se donnait ces chiffres,
00:16:14c'est nous qui les avons.
00:16:15Oui, je voudrais relativiser
00:16:17un peu les choses quand même
00:16:17parce qu'aujourd'hui,
00:16:19on ne peut plus cambrioler
00:16:19les banques.
00:16:21Ça faisait partie
00:16:22de la question
00:16:22est-ce que les musées,
00:16:23c'est les nouvelles banques ?
00:16:24Et seul dans d'endroits
00:16:24où il y a des œuvres
00:16:25qui ont de la valeur,
00:16:26c'est les musées.
00:16:26Or, les musées,
00:16:28contrairement aux banques
00:16:28et aux bijouteries,
00:16:29accueillent des millions
00:16:30de visiteurs.
00:16:31Donc, vous avez quand même
00:16:31deux injonctions contradictoires.
00:16:33Par ailleurs,
00:16:40puisqu'il y a des contraintes
00:16:41techniques,
00:16:41vous le dites très bien
00:16:42dans votre rapport,
00:16:43des contraintes techniques
00:16:43qui ne permettent pas
00:16:44de faire passer des câbles.
00:16:46Donc, on est quand même
00:16:47face à deux injonctions
00:16:48qui sont contradictoires.
00:16:49Il faut à la fois
00:16:49faire venir du public,
00:16:51c'est la mission première
00:16:52quand même d'un musée,
00:16:53vous le rappelez très bien
00:16:53dans le rapport,
00:16:54et puis de l'autre,
00:16:55il faut protéger les œuvres.
00:16:56Donc, je pense qu'à cette aune-là,
00:16:58effectivement,
00:17:00les conservateurs de musées
00:17:01consacrent un peu moins d'énergie
00:17:02à protéger leurs musées,
00:17:03mais on ne peut pas dire
00:17:04que c'est un impensé,
00:17:05pardon, monsieur le député,
00:17:06que c'est un impensé
00:17:08des conservateurs de musées.
00:17:08Alors, moi, je voudrais...
00:17:10Je pense qu'on ne donne pas
00:17:11les moyens aux responsables
00:17:13d'établissement de faire face à ça.
00:17:14Par exemple, suite au camp
00:17:15de l'Âge du Louvre,
00:17:15il y a une circulaire
00:17:16qui a été envoyée
00:17:17à tous les établissements
00:17:18en leur disant attention,
00:17:19et le réflexe qu'ont eu
00:17:20les responsables d'établissement,
00:17:21et je les comprends,
00:17:22ça a été de retirer des objets
00:17:23et de les mettre
00:17:23dans des coffres forts,
00:17:24parce qu'en vérité,
00:17:25il y a des objets,
00:17:26notamment ce que vous dites,
00:17:27des nouvelles menaces,
00:17:28parce que c'est moins,
00:17:29comment dirais-je,
00:17:30l'œuvre qui les intéresse
00:17:30que les matériaux
00:17:31qui composent l'œuvre,
00:17:32aujourd'hui,
00:17:33on est dans un monde
00:17:33de rétractation
00:17:34de ce qui est proposé.
00:17:35Ça, ça ne va pas.
00:17:35Moi, j'ai rencontré
00:17:36que des gens de bonne volonté,
00:17:38mais si vous n'avez pas
00:17:39de visibilité,
00:17:40il n'y a pas de programmation
00:17:43pluriannuelle sur les budgets,
00:17:46un directeur d'établissement,
00:17:47comment voulez-vous qu'il programme
00:17:48des investissements
00:17:49s'il ne sait même pas
00:17:50l'année prochaine
00:17:50le type de budget qu'il va avoir,
00:17:52peut-être que ça peut reculer,
00:17:53etc.
00:17:54Deuxièmement,
00:17:54est-ce que la tutelle
00:17:55accompagne ça ?
00:17:56Troisièmement,
00:17:57je vais évoquer ce qu'on appelle
00:17:58la MISA,
00:17:59la mission d'information
00:18:00sur la sécurité
00:18:01et sûreté
00:18:02et d'audit.
00:18:04Pour 1218 musées de France,
00:18:06vous savez combien
00:18:07d'emplois temps plein
00:18:08à la MISA ?
00:18:09Trois emplois temps plein
00:18:10et depuis le cambriolage
00:18:11du Louvre,
00:18:12un pompier et un gendarme
00:18:15ont été ajoutés
00:18:15cinq personnes.
00:18:16Ah, il y a eu du transport.
00:18:16Oui, mais je veux dire,
00:18:17ce n'est pas à la hauteur
00:18:18du problème.
00:18:19Je découvre aussi
00:18:19que le musée du Louvre
00:18:20n'a jamais demandé
00:18:21à la MISA
00:18:22de faire un audit
00:18:23sur la sécurité
00:18:24de l'établissement.
00:18:25Donc, quand je dis,
00:18:26bien sûr que c'est peut-être
00:18:26un peu provoquant,
00:18:28mais quand je dis
00:18:29que c'est un impensé,
00:18:30c'est-à-dire que
00:18:31dans beaucoup d'établissements,
00:18:32ça n'est pas totalement
00:18:33la priorité.
00:18:34Il y a des contrats
00:18:35d'objectifs
00:18:35qui sont plutôt
00:18:36sur la fréquentation.
00:18:37Voilà, on sacrifie
00:18:38la sécurité
00:18:39au profit de la fréquentation,
00:18:41du rayonnement international
00:18:42pour ce qui est du Louvre.
00:18:43Vous parliez
00:18:44des autres musées
00:18:45parce que c'est vrai
00:18:45que finalement,
00:18:46le casse du Louvre,
00:18:47c'est l'acmé
00:18:47d'une série
00:18:48qui a commencé
00:18:49il y a un moment déjà,
00:18:50série de vol
00:18:51qui ont visé plusieurs musées
00:18:52sur tout le territoire.
00:18:53Comme le musée
00:18:54du Hieron,
00:18:55c'est à Parelmonial
00:18:56en Bourgogne,
00:18:57il a été braqué
00:18:57en novembre 2024,
00:18:59un an quasiment
00:18:59avant le Louvre.
00:19:01Stéphanie Despierres
00:19:01et Raphaël Lisambard
00:19:02sont retournés sur place.
00:19:03Reportage.
00:19:05Parelmonial,
00:19:06dans le sud
00:19:06de la Bourgogne,
00:19:07est une ville
00:19:08de pèlerinage
00:19:08réputée
00:19:09pour son patrimoine religieux.
00:19:11Moins d'un an
00:19:12avant le Louvre,
00:19:13son musée d'art sacré
00:19:14et le théâtre
00:19:15d'un braquage
00:19:15retentissent.
00:19:21Pour leur enquête
00:19:23sur la sécurisation
00:19:24des musées,
00:19:25les députés
00:19:25Alexis Corbière
00:19:26et Alexandre Portier
00:19:27ont voulu comprendre
00:19:28le déroulé des faits.
00:19:30Le 21 novembre 2024,
00:19:33des braqueurs
00:19:33armés
00:19:34entrent ici
00:19:35par la porte principale
00:19:36avec un objectif,
00:19:38la viavité,
00:19:39un trésor national
00:19:40créé par le joaillier
00:19:42Joseph Chomet.
00:19:43C'était une équipe
00:19:44de quatre personnes,
00:19:45on a une qui est restée
00:19:46et faire le gai
00:19:46à l'extérieur,
00:19:47une autre qui a tenu
00:19:47enjou les personnes
00:19:48à l'accueil
00:19:49et les deux autres
00:19:49se sont attaqués
00:19:50à la vitrine,
00:19:51d'abord avec une masse,
00:19:52ensuite avec une disqueuse
00:19:54thermique
00:19:54pour scier le vitre blindé,
00:19:57ça a quand même pris
00:19:57une bonne minute en entier.
00:19:59De l'oeuvre complète
00:20:00à la valeur inestimable,
00:20:02il ne reste qu'une photo.
00:20:04Les malfaiteurs
00:20:04ont dérobé
00:20:05presque la moitié
00:20:06des statuettes
00:20:07en ivoire et en or.
00:20:08Les malfaiteurs
00:20:09sont arrivés par la droite,
00:20:10ont pris un certain
00:20:11nombre de personnages
00:20:12et la gloire.
00:20:14Ça, vous l'avez,
00:20:16on l'a retrouvée,
00:20:17c'est ça que vous dites ?
00:20:18Les gendarmes
00:20:18nous l'ont restituée
00:20:19dans un état
00:20:20qui est absolument déplorable
00:20:21puisque pour être
00:20:22plus discret
00:20:23et pour faire rentrer
00:20:23cette pièce
00:20:24qui mesure quand même
00:20:25presque 60 cm de hauteur
00:20:27au sommet de la pièce,
00:20:28il a fallu tordre
00:20:29un par un les rayons
00:20:31et les arracher
00:20:32pour faire rentrer ça
00:20:33dans un sac noir
00:20:34plus discret.
00:20:34Ce n'est pas l'oeuvre
00:20:35qui les intéresse,
00:20:36c'est le matériau en réalité.
00:20:38Ils sont même prêts
00:20:38à détruire,
00:20:39à tordre les choses.
00:20:41C'est l'un des malfaiteurs
00:20:42qui a avoué
00:20:42que cette pièce
00:20:43avait été jetée
00:20:45dans la rivière
00:20:46lorsqu'il s'était rendu compte
00:20:48qu'elle n'était pas
00:20:50revendable,
00:20:50en tout cas
00:20:51que son poids d'or
00:20:51était minime.
00:20:54Les autres pièces
00:20:55ont probablement
00:20:56été fondues.
00:20:57En moins de 10 ans,
00:20:58ce musée municipal
00:20:59a été la cible
00:21:00d'au moins 4 vols
00:21:01ou tentatives de vol.
00:21:03La ville avait donc
00:21:04déjà renforcé
00:21:05la sécurité
00:21:05bien avant
00:21:06le pillage
00:21:07de son chef-d'oeuvre.
00:21:08Le musée est devenu
00:21:09une véritable forteresse
00:21:09avec ses barraudages,
00:21:11ses systèmes de sécurité,
00:21:12de caméras.
00:21:13J'ai l'impression
00:21:14que tout ça
00:21:14a finalement amené
00:21:16à ce qu'il n'y ait
00:21:17pas d'autre solution
00:21:18que d'attaquer
00:21:19en plein jour
00:21:19lors des périodes
00:21:20d'ouverture.
00:21:21Les 1200 musées français
00:21:22ne sont pas tous
00:21:23des forteresses.
00:21:24Dans leur rapport,
00:21:25les députés préconisent
00:21:26donc de renforcer
00:21:27en urgence
00:21:28la protection
00:21:29des oeuvres
00:21:30contenant
00:21:30des métaux précieux.
00:21:33Alexis Corbière,
00:21:33votre rapport,
00:21:34il insiste sur un point.
00:21:35C'est vrai qu'on a
00:21:35beaucoup parlé
00:21:36des bijoux volés.
00:21:38Mais la vraie valeur
00:21:39elle n'est pas financière,
00:21:40elle est patrimoniale.
00:21:41C'est-à-dire qu'on n'a pas
00:21:41seulement perdu des bijoux
00:21:42au Louvre ou à Paris le Monial.
00:21:44On a perdu des bouts
00:21:45d'histoire de France.
00:21:46Oui, oui.
00:21:47Moi je suis professeur d'histoire
00:21:48c'est pour ça que ça m'a
00:21:49beaucoup plu de faire ça.
00:21:50C'est qu'évidemment
00:21:50c'est passionnant
00:21:51ce qu'il y a dans les musées.
00:21:52Ce n'est pas qu'une valeur
00:21:54marchande.
00:21:55Même si après
00:21:56je pourrais développer
00:21:56l'émission
00:21:57est-ce que c'est vraiment
00:21:58les bijoux de la couronne
00:21:59etc.
00:21:59L'histoire de ce qui a été volé
00:22:01est plus compliquée que ça.
00:22:02C'est très bien raconté
00:22:03dans le livre
00:22:04de Patricia Touranchot
00:22:05par ailleurs.
00:22:06Et puis même
00:22:07les différents conservateurs
00:22:09du musée du Louvre
00:22:09nous l'avaient dit.
00:22:10Heureusement que la République
00:22:11les a rachetés aussi
00:22:12après les avoir vendus.
00:22:14Mais il y a un attachement
00:22:16c'est indiscutable
00:22:16et c'est terrible
00:22:18on le voit bien
00:22:19dans le reportage
00:22:19c'est-à-dire qu'il y a
00:22:20des offres qui sont détruites
00:22:21là les personnes
00:22:24qui volent
00:22:25arrachent tout
00:22:26pensant que ces rayons
00:22:27de lumière sont à nord
00:22:28pour quelques mètres
00:22:29plus loin les balancer
00:22:29à la rivière
00:22:30parce qu'il n'y avait
00:22:30même pas une expertise
00:22:31au préalable.
00:22:32Donc c'est vraiment
00:22:32le matériau qui les intéresse.
00:22:34Et la veille
00:22:36le musée Cognac-G à Paris
00:22:37avait été attaqué
00:22:38par des types cagoulés
00:22:39qui à coups de haches
00:22:41et de battes de baseball
00:22:42avaient dans l'expo
00:22:43piqué 7 tabatières
00:22:45en or
00:22:46certies de diamants
00:22:46et ils les ont
00:22:48abîmées vraiment
00:22:49depuis il y a eu
00:22:50des négociations
00:22:51avec l'assurance
00:22:51et tout ça
00:22:52il y en avait 5
00:22:52qui étaient prêtées
00:22:53par le Louvre
00:22:54qui ont été restituées
00:22:55au Louvre
00:22:55justement le casse
00:22:58les deux autres
00:22:59oui mais au Louvre
00:22:595
00:23:00et elles sont
00:23:01en très mauvais état
00:23:01ces tabatières.
00:23:02Donc les types
00:23:03ils prennent pour l'or
00:23:04le reliquaire d'Anne-de-Bretagne
00:23:06dont je parle
00:23:06à la fin du livre
00:23:07qui a été volé
00:23:08au musée d'Aubré à Nantes
00:23:10en 2018
00:23:11c'était parce que
00:23:12c'est pas le cœur
00:23:14d'Anne-de-Bretagne
00:23:14qui les intéressait
00:23:15c'est les 500 grammes
00:23:17d'or
00:23:19que constituait
00:23:19le reliquaire
00:23:20en fait.
00:23:21Là sur ça
00:23:21quand on a visité
00:23:22le Boutich Mnum
00:23:22on est allé aussi
00:23:23à l'Albert
00:23:24et...
00:23:26Viennet
00:23:26pardon ?
00:23:27Victorien
00:23:28Victorien
00:23:28Albert Museum
00:23:29qui avait prêté ça
00:23:30à nos amis
00:23:31Cognac Gé
00:23:32ce que je veux dire
00:23:32c'est qu'attention
00:23:33parce que la sécurité
00:23:34et la sûreté
00:23:35de nos établissements
00:23:35a une certaine conséquence
00:23:37diplomatique
00:23:37parce qu'il y a un réseau
00:23:38les établissements
00:23:39se respectent beaucoup
00:23:40entre
00:23:42des établissements
00:23:43étrangers
00:23:43et des musées français
00:23:44et cette abatière
00:23:46avait été prêtée
00:23:46à Cognac Gé
00:23:47par le Victorien
00:23:48Albert Museum
00:23:49ça a été dérobé
00:23:50heureusement retrouvé
00:23:51et d'autres par le Louvre
00:23:52ce que je veux dire
00:23:53c'est que
00:23:53c'est le rayonnement
00:23:54de toute la France aussi
00:23:56moi j'ai la dent dure
00:23:57mais que qu'on soit clair
00:23:58on a en même temps
00:23:59l'école nationale du Louvre
00:24:00c'est fabuleux
00:24:01on a des conservateurs
00:24:02de grande qualité
00:24:02on peut être très fiers
00:24:04de nos musées
00:24:04je ne suis pas en train
00:24:05de dire que ce qui se passe
00:24:05en France
00:24:06Jean-Christophe Castellin
00:24:06est-ce que depuis
00:24:07le cas du Louvre
00:24:08il y a eu une méfiance
00:24:08des musées étrangers
00:24:09à prêter des oeuvres
00:24:10à la France ?
00:24:11Absolument pas
00:24:13un des grands exemples
00:24:14que je cite souvent
00:24:14c'est le casse
00:24:15du musée d'art moderne
00:24:16qu'on a un peu oublié
00:24:17c'était en 2010
00:24:18il y a quand même
00:24:18100 millions de tableaux
00:24:19qui sont partis
00:24:20Spider-Man
00:24:21Spider-Man
00:24:22vous vous en souvenez
00:24:22la marraine
00:24:23depuis il y a eu
00:24:24énormément de donations
00:24:26qui ont été faites
00:24:26à ce musée
00:24:27et évidemment
00:24:28naturellement
00:24:28des prêts
00:24:29pour des expositions
00:24:30donc ça n'a pas eu d'impact
00:24:31ça c'est vrai
00:24:32qu'on a une très grande
00:24:33réputation internationale
00:24:34de ce point de vue là
00:24:35ça n'a pas encore été abîmé
00:24:36mais attention quand même
00:24:37moi je pense que
00:24:38nos amis étrangers
00:24:40regardent
00:24:40et sont parfois
00:24:41un peu étonnés
00:24:41quand même
00:24:42alors peut-être
00:24:42que c'est des anglais
00:24:43qui aiment bien
00:24:43taquiner les français
00:24:44mais les conditions
00:24:45du cambriolage du Louvre
00:24:46ça a quand même
00:24:46beaucoup surpris
00:24:47beaucoup beaucoup surpris
00:24:48nos amis du British Museum
00:24:50qui quand même
00:24:50étaient un peu sidérés
00:24:51à l'idée que
00:24:51aussi près d'une fenêtre
00:24:53ils puissent y avoir
00:24:53des objets de grande valeur
00:24:55comme ça
00:24:55là on a été un peu
00:24:56ça c'est leur première sidération
00:24:57la deuxième sidération
00:24:58des visiteurs étrangers
00:24:59c'est le prix
00:25:00peu élevé
00:25:01des entrées au musée
00:25:02en France
00:25:03alors c'est aussi
00:25:04ce qui fait peut-être
00:25:05notre rayonnement
00:25:05mais nous français
00:25:06quand on va à l'étranger
00:25:07visiter des musées
00:25:08on paye une fortune
00:25:10parce que ça a un prix
00:25:11aussi la culture
00:25:12est-ce que
00:25:14l'argent étant aussi
00:25:16le nerf de cette guerre là
00:25:17est-ce qu'à un moment
00:25:18il faut augmenter
00:25:19les prix d'entrée
00:25:19moi je ne suis pas d'accord
00:25:20pour donner plus de moyens
00:25:22au musée
00:25:23pour assurer notamment
00:25:23leur sécurité
00:25:24alors moi je ne suis pas d'accord
00:25:25je reste
00:25:26vous savez
00:25:26c'est la révolution française
00:25:27qui décide des musées
00:25:28c'est une idée
00:25:29un grand projet révolutionnaire
00:25:30que c'est le peuple
00:25:30doit avoir accès à ses oeuvres
00:25:31je suppose que ça reste
00:25:32sur des tarifs
00:25:33quand même qui sont abordables
00:25:3422 euros aujourd'hui
00:25:35pour visiter le musée du Louvre
00:25:36si vous allez en famille
00:25:37avec les enfants
00:25:37assez rapidement
00:25:38vous allez laisser
00:25:3960 ou 80 euros
00:25:40c'est beaucoup
00:25:41donc c'est déjà
00:25:42moi je ne suis pas d'accord
00:25:43avec ça
00:25:43c'est gratuit
00:25:45pour les moins de 26 ans
00:25:4630% des visiteurs du Louvre
00:25:48rentrent gratuitement au Louvre
00:25:49mais vous dites quoi
00:25:50vous Jean-Claude
00:25:50il faut un juste milieu
00:25:52entre la gratuité totale
00:25:54et
00:25:54sur l'aspect de la famille
00:25:56ok mais vous allez en couple
00:25:57il n'empêche que ça a un certain coût
00:25:58ça a un certain coût
00:26:00qui est déjà
00:26:00je veux dire
00:26:0222 euros
00:26:03ça n'est pas rien
00:26:04et moi je ne suis pas d'accord
00:26:05avec l'idée
00:26:06aussi que
00:26:07pour accompagner
00:26:08le grand projet
00:26:09Louvre Renaissance
00:26:10c'est notamment
00:26:11par une sur-augmentation
00:26:12de fréquentation
00:26:14et par des recettes supplémentaires
00:26:15je dis attention
00:26:16et en plus
00:26:17après on a le droit
00:26:18d'être en désaccord
00:26:18pour le coup
00:26:19mais moi je ne suis pas non plus
00:26:20pour que les étrangers
00:26:21payent plus cher
00:26:22je pense que c'est un musée monde
00:26:23eux n'hésitent pas
00:26:24à nous faire payer plus cher
00:26:25bon mais moi on a le droit
00:26:26aussi d'être fiers
00:26:27de ce qu'on fait
00:26:27et pas nécessairement
00:26:28s'aligner là-dessus
00:26:29je pense qu'on peut le faire
00:26:30mais à condition
00:26:31alors à ce moment-là
00:26:31autre solution
00:26:33limiter la jauge
00:26:34Jean-Christophe Castelin
00:26:35le Louvre accueille chaque jour
00:26:36l'équivalent
00:26:37d'une petite ville
00:26:38est-ce qu'on a atteint
00:26:39les limites du modèle
00:26:40est-ce qu'à un moment
00:26:42pour être
00:26:43pour mieux visiter
00:26:44il faut être moins
00:26:46non pas du tout
00:26:4770% des visiteurs
00:26:49occupent 14% des salles
00:26:50c'est-à-dire
00:26:50qu'ils vont directement
00:26:51de la pyramide
00:26:52à la salle des états
00:26:53où vous avez la joconde
00:26:54d'où ce sentiment
00:26:55de congestion
00:26:56et d'embolie
00:26:57entre la pyramide
00:26:58et puis la salle des états
00:26:59mais par ailleurs
00:27:00dans les 70 000 mètres carrés
00:27:02du reste du musée
00:27:03c'est relativement vide
00:27:04donc on pourrait
00:27:05très facilement
00:27:07doubler la fréquentation
00:27:08sans que ça devienne
00:27:09inconfortable
00:27:10j'ai fait un petit calcul
00:27:11si vous passez
00:27:11à 60 000 visiteurs
00:27:12par jour
00:27:13ça veut dire
00:27:14à l'instant T
00:27:1420 000 personnes
00:27:1520 000 personnes
00:27:16sur 70 000 mètres carrés
00:27:17ça fait 3,5 mètres carrés
00:27:19c'est très confortable
00:27:20c'est dans les ratios
00:27:21habituels de confort
00:27:22sauf que tout le monde
00:27:23va voir la joconde
00:27:24moi ce que je comprends pas
00:27:25mais là c'est n'est
00:27:26en quoi le fait
00:27:27qu'on augmente
00:27:28la participation
00:27:29amènera à ce que
00:27:29d'un seul coup
00:27:30les gens ne s'entasseront
00:27:31plus devant la joconde
00:27:32est-ce que c'est pas
00:27:32finalement
00:27:33la même embolie
00:27:35qui va avoir lieu
00:27:36si je me permets
00:27:36c'est pas tout à fait ça
00:27:37parce que dans le projet
00:27:38on va l'appeler Macron
00:27:39pour vous faire plaisir
00:27:40dans le projet Macron
00:27:41il y a deux volets
00:27:42il y a le volet restauration
00:27:44qu'on oublie toujours
00:27:45qui est à 480 millions d'euros
00:27:46dans le projet Macron
00:27:47il y avait
00:27:48je restaure
00:27:48je modernise le Louvre
00:27:49pour 480 millions
00:27:50et puis il y avait
00:27:51500 millions
00:27:52où je fais quoi
00:27:52avec ces 500 millions
00:27:53j'ouvre une entrée
00:27:55sur l'esplanade des colonnades
00:27:57et c'est ça
00:27:58qui coûte le plus cher
00:27:58je crée une salle
00:28:00sous la cour carrée
00:28:01dans laquelle
00:28:02je mets la joconde
00:28:03de sorte que
00:28:04et je réponds à votre question
00:28:05les millions de visiteurs
00:28:07qui ne viennent que
00:28:07pour la joconde
00:28:09viendraient sur
00:28:09l'esplanade des colonnades
00:28:11rentreraient par cette entrée
00:28:13et iraient directement
00:28:14sous la cour carrée
00:28:15pour visiter le Louvre
00:28:16ça permettrait de résoudre
00:28:17une grande partie
00:28:18c'est dommage
00:28:18parce que ça essentialise
00:28:19le musée à la joconde
00:28:20oui mais vous n'allez pas
00:28:21interdire aux gens
00:28:22de ne venir que pour la joconde
00:28:23on peut les encourager
00:28:25à venir voir autre chose
00:28:26que la joconde
00:28:27la signalétique
00:28:28n'est pas géniale
00:28:29parce que vous avez
00:28:30les salles de poussin
00:28:32au 17ème
00:28:33elles sont vides
00:28:33la peinture française classique
00:28:35elle est vide
00:28:36oui mais c'est pas un problème
00:28:37de signalétique
00:28:37c'est un problème d'appétence
00:28:38pour aller voir les collections
00:28:40Alexis Corbière
00:28:41votre rapport
00:28:41il contient 40 recommandations
00:28:43quelle est la mesure
00:28:44la plus urgente
00:28:45à prendre aujourd'hui
00:28:46non mais le dire comme ça
00:28:48il n'y a pas de solution magique
00:28:49je répète
00:28:50une loi de programmation
00:28:51pour donner la visibilité
00:28:52pour les responsables
00:28:53d'établissement
00:28:53c'est important
00:28:54vous avez dit tout à l'heure
00:28:55que Madame Dati
00:28:56après le cambriolage
00:28:57a dit 30 millions
00:28:57sur ce fonds de sûreté
00:28:58sur 3 ans
00:28:59moi je soutiens
00:29:00le président portier
00:29:01qui dit 50 millions
00:29:02sur un an
00:29:03et puis y compris
00:29:04avoir une précision
00:29:05quelle est la clé de répartition
00:29:06pour que les directeurs
00:29:07d'établissement puissent dire
00:29:08voilà combien on va récupérer
00:29:09pour programmer des choses
00:29:10ça c'est important
00:29:11je rappelle que
00:29:12c'était le rapporteur
00:29:13de la partie finance
00:29:14M. Jérémy
00:29:15Patrier-Lettus
00:29:17sur le débat budgétaire
00:29:18qui a été soldé
00:29:19certes par le 49.3
00:29:20lui il pensait
00:29:20qu'il fallait
00:29:202 milliards
00:29:21à 2,5 milliards
00:29:22pour notre patrimoine
00:29:24y compris
00:29:24qu'il comprenait
00:29:26les musées
00:29:26moi je pense
00:29:27qu'il faut des moyens
00:29:28ça c'est une chose
00:29:29après il y a les personnels
00:29:30j'en ai parlé
00:29:30mais je voudrais insister là-dessus
00:29:333776 agents
00:29:33en 2012
00:29:34qui aujourd'hui
00:29:35sont près de 3000
00:29:35il y a une baisse des personnels
00:29:36je pense qu'il faut
00:29:37réouvrir les concours
00:29:37on a des gens
00:29:38qui ont peu vieilli
00:29:39plus de la moitié
00:29:39de nos personnels
00:29:40ont plus de 50 ans
00:29:41il y a de l'absentéine
00:29:42de la fatigue
00:29:42on fera rien sans eux
00:29:44ce qu'on a de plus précieux
00:29:45souvent c'est eux
00:29:45il faut aussi avoir
00:29:47une formation
00:29:47qui ne leur permet pas
00:29:49d'avoir des évolutions
00:29:50de carrière
00:29:50telles que c'est souhaité
00:29:51ça aussi
00:29:52il n'y aura rien sans eux
00:29:53et leur mobilisation
00:29:54montre que c'est la priorité
00:29:55donner la gratuité
00:29:56d'accès au musée
00:29:57aux gendarmes
00:29:58et aux policiers
00:29:59quand ils sont
00:29:59sur leur temps libre
00:30:00ça c'était la proposition
00:30:01du collègue Christophe Marnier
00:30:03alors bon
00:30:03là aussi pour préciser les choses
00:30:04lui ce que proposait le collègue
00:30:06c'est à l'image
00:30:06de ce qui se fait
00:30:07dans les transports
00:30:07que des policiers
00:30:09puissent avoir leur arme
00:30:09sur eux
00:30:10pendant des visites
00:30:11pour qu'éventuellement
00:30:12s'il y a un cambriolage
00:30:12ils puissent intervenir
00:30:13à titre personnel
00:30:13je n'y suis pas favorable
00:30:15déjà parce que je pense
00:30:16que quand on est policier
00:30:17on a le droit
00:30:17d'aller visiter un musée
00:30:19avec ses enfants
00:30:20sans avoir nécessairement son arme
00:30:21et puis je veux dire
00:30:22c'est pas la réponse aussi
00:30:24ça me semble être un peu
00:30:26voilà une facilité
00:30:28et puis une logique
00:30:29moi je ne suis pas sécuritaire
00:30:30il faut que ça reste
00:30:31des lieux
00:30:31comment dirais-je
00:30:33où on peut y aller
00:30:33etc
00:30:34mais il n'y aura pas
00:30:35tout ça
00:30:36sans des politiques publiques
00:30:37qui permettent de donner
00:30:38de la visibilité
00:30:39et une amélioration généralisée
00:30:40dernière chose
00:30:41on n'a pas assez parlé
00:30:42l'évolution climatique aussi
00:30:43abîme nos musées
00:30:44attention
00:30:45les possibilités
00:30:46de non seulement
00:30:48des impacts climatiques
00:30:50sur des oeuvres
00:30:50doivent aussi être pris en compte
00:30:51dans ce que je considère
00:30:52comme étant la survie
00:30:53vous le racontez d'ailleurs
00:30:53Patricia Touranchot
00:30:54dans votre visite du Louvre
00:30:56les fuites d'eau
00:30:56juste une dernière question
00:30:58Patricia
00:30:59on les retrouvera les bijoux
00:31:01c'est pas sûr du tout
00:31:02mais peut-être dans quelques années
00:31:04s'ils ne sont pas détruits
00:31:05a priori il n'y a pas
00:31:06de collectionneurs richissimes
00:31:08qui auraient commandité
00:31:09ce casse
00:31:12l'histoire d'un recèleur
00:31:14pour les écouler
00:31:15les démonter
00:31:15c'est pas prouvé aujourd'hui
00:31:18il est fort possible
00:31:19que les gars d'Aubervilliers
00:31:22les aient planqués
00:31:22pendant quelques temps
00:31:24le temps de les faire oublier
00:31:25puis les ressortir
00:31:26peut-être qu'on les retrouvera
00:31:27dans quelques années
00:31:28en anti ou en morceaux
00:31:29ça on sait pas
00:31:31merci en tout cas
00:31:31à tous les trois
00:31:32d'être venus ce soir
00:31:32sur le plateau
00:31:33de chaque voix compte
00:31:34dans un instant
00:31:35la question qui fâche
00:31:36on va parler
00:31:37des forçats de la livraison
00:31:38après la plainte
00:31:39pour traite d'êtres humains
00:31:40déposés contre les plateformes
00:31:42Deliveroo et Uber Eats
00:31:43mais avant cela
00:31:44c'est quelle histoire
00:31:44et c'est Olivier Ravanello
00:31:54Et Olivier ce soir
00:31:55vous vouliez nous parler
00:31:55de ce procès
00:31:56à 850 milliards de dollars
00:31:58et peut-être plus
00:31:59si l'action monte
00:32:00qui se tient en ce moment
00:32:01en Californie
00:32:02et qui oppose
00:32:03l'homme le plus riche du monde
00:32:04Elon Musk
00:32:04à l'homme qui pourrait
00:32:05devenir le plus riche
00:32:07s'il gagne ce procès
00:32:08c'est Sam Altman
00:32:09le patron d'OpenAI
00:32:10Et le procès OpenAI
00:32:13c'est tout un spectacle
00:32:14les supporters sont là
00:32:16il y en a même
00:32:17qui sont venus avec
00:32:18vous voyez des marionnettes
00:32:19gonflables
00:32:20qui font des saluts nazis
00:32:21comme Elon Musk
00:32:22un soir d'élection
00:32:23c'est une véritable
00:32:24empoignade entre milliardières
00:32:26prêtes à se rouler
00:32:27dans la boue
00:32:27c'est du catch
00:32:29pour du cash
00:32:30de quoi s'agit-il d'abord ?
00:32:32OpenIA
00:32:33c'est cette société
00:32:35qui a créé
00:32:35ChadGPT
00:32:36en 2015
00:32:37le jeune Sam Altman
00:32:39va voir
00:32:40celui qui est déjà
00:32:41assez successful
00:32:42Elon Musk
00:32:43pour lui proposer
00:32:44de créer ensemble
00:32:44un laboratoire
00:32:45mais alors attention
00:32:46pas n'importe quel laboratoire
00:32:47un laboratoire
00:32:48à but non lucratif
00:32:50où on ferait de la recherche
00:32:51simplement pour
00:32:52le bienfait
00:32:53de l'humanité
00:32:54vous savez quoi
00:32:55moi je pense qu'ils sont capables
00:32:56d'y avoir cru
00:32:56un instant
00:32:57OpenAI est né
00:32:59fondation caritative
00:33:00du charity
00:33:01comme disent les américains
00:33:02exonéré d'impôts
00:33:03aujourd'hui
00:33:04c'est valorisé
00:33:05850 milliards
00:33:06de dollars
00:33:07elle est candidate
00:33:08cette société
00:33:09à une introduction
00:33:10en bourse
00:33:10les premières estimations
00:33:12la mettraient déjà
00:33:13à
00:33:14un trillion
00:33:15je suis obligé de le lire
00:33:16parce que c'est quand même
00:33:17les chiffres
00:33:18qu'on utilise
00:33:18assez peu
00:33:19j'ai pas calculé
00:33:21Microsoft détient
00:33:22un quart du capital
00:33:23la fondation non lucrative
00:33:24dont Elon Musk
00:33:25se veut le porte-parole
00:33:26en détient aussi un quart
00:33:27et puis Sam Altman
00:33:28qui partit de rien
00:33:30potentiellement
00:33:31s'il gagne ce procès
00:33:32peut se retrouver
00:33:32à la tête
00:33:33d'une gigantesque fortune
00:33:35donc la question
00:33:36c'est qui va ramasser
00:33:37la mise
00:33:37et beaucoup
00:33:38ont un avis
00:33:40l'intelligence artificielle
00:33:42n'est pas près
00:33:43de disparaître
00:33:44mais les milliardaires
00:33:45y ont beaucoup
00:33:45trop de pouvoir
00:33:46et ils vont utiliser
00:33:48le système judiciaire
00:33:49pour conserver ce pouvoir
00:33:50et continuer à prospérer
00:33:52en s'enrichissant
00:33:53sur notre dos
00:33:54en automatisant
00:33:55notre travail
00:33:56et en automatisant
00:33:57nos vies
00:33:57et nous devrions
00:33:58le dire plus fort
00:34:00et alors
00:34:01un peu comme au théâtre
00:34:02chacun a décidé
00:34:03de jouer un rôle
00:34:04dans ce procès
00:34:05ah oui
00:34:05donc vous avez
00:34:06Elon Musk
00:34:07qui se pose
00:34:07en cassandre
00:34:09un peu solitaire
00:34:10qui est le seul
00:34:11à penser
00:34:12à l'implication
00:34:14pour l'humanité
00:34:14de ce projet
00:34:15qui serait là
00:34:16pour le défendre
00:34:17bon sauf que
00:34:18tous les emails
00:34:18qui ont été exhumés
00:34:20durant ce procès
00:34:20montrent quand même
00:34:21le contraire
00:34:21il a tout de suite vu
00:34:22le potentiel lucratif
00:34:24de l'opération
00:34:25il essaye de prendre
00:34:2690% de la société
00:34:27à un moment donné
00:34:28à telle enseigne
00:34:29qu'un autre associé
00:34:30lui dit
00:34:30écoute Elon
00:34:31ça va pas être possible
00:34:32si tu fais ça
00:34:34tu vas devenir
00:34:34un dictateur
00:34:35c'est vraiment pas bon
00:34:36ni pour toi
00:34:36ni pour le monde
00:34:37et il a coupé
00:34:37immédiatement
00:34:38la discussion
00:34:39à la barre lui
00:34:40il répète aujourd'hui
00:34:41en boucle
00:34:41on ne peut pas vendre
00:34:42du charity
00:34:43la main sur le coeur
00:34:44évidemment
00:34:45certains ont une petite larme
00:34:46mais ils sont quand même
00:34:47assez peu nombreux
00:34:48face à lui
00:34:48vous avez Sam Altman
00:34:4941 ans
00:34:51sourire très calibré
00:34:52il est sorti de Stanford
00:34:54mais sans diplôme
00:34:55et aujourd'hui
00:34:56il a réussi l'exploit
00:34:57de se retrouver
00:34:57à la tête
00:34:58d'un véritable empire
00:34:59son idée
00:35:00ça a été de vendre
00:35:01à tout le monde
00:35:01que l'intelligence artificielle
00:35:03ça allait révolutionner
00:35:04l'humanité
00:35:05et la rendre bien meilleure
00:35:07pour l'instant
00:35:07l'abondance
00:35:08elle est surtout pour lui
00:35:09elle est en ligne
00:35:10et tous les actionnaires
00:35:13ont bien compris
00:35:15son système
00:35:15c'est à dire que Sam Altman
00:35:16il possède l'entreprise
00:35:18et en plus
00:35:18il fait travailler
00:35:19des entreprises
00:35:20dont il est lui-même
00:35:21optionnaire
00:35:22donc il est gagnant
00:35:23en permanence
00:35:23dans la croissance
00:35:24de cette société
00:35:26et puis vous avez
00:35:27de l'autre côté
00:35:29Elon Musk
00:35:31qui veut récupérer
00:35:32quand même
00:35:32134 milliards
00:35:33et lui
00:35:33qui est à la tête
00:35:35d'une société
00:35:37qui serait sans doute
00:35:39la plus grosse capitalisation
00:35:40jamais connue
00:35:41si on demande à Tchad GPD
00:35:42qui est quand même
00:35:43bien placé
00:35:44qui va gagner
00:35:45bon ben c'est ce que j'ai fait
00:35:46regardez
00:35:47alors qu'est-ce qu'il dit
00:35:48il dit juridiquement
00:35:49Altman semble légèrement favori
00:35:52politiquement et médiatiquement
00:35:53c'est plutôt Musk
00:35:54qui réussit à mettre la pression
00:35:56et à compliquer l'évolution
00:35:58on verra bien
00:35:59bon vous voyez que même
00:36:00quand on est une intelligence
00:36:01artificielle
00:36:01on a appris une chose
00:36:03faut jamais insulter
00:36:04la vie
00:36:06merci Olivier
00:36:07le mot du jour
00:36:08tout de suite
00:36:08c'est avec Mariette
00:36:14alors Mariette
00:36:15elle a ouvert
00:36:16le nouveau Dico
00:36:17cette semaine
00:36:17parce qu'on a découvert
00:36:19cette semaine
00:36:19quel nouveau mot
00:36:20allait entrer
00:36:21dans le Dico
00:36:22et alors donc
00:36:22il n'y en a pas un aujourd'hui
00:36:23il y en a beaucoup
00:36:24parce qu'ils disent
00:36:25quelque chose de nous
00:36:26et de notre époque
00:36:27exactement
00:36:27alors ils disent
00:36:28une première chose
00:36:29qui m'a frappée Adeline
00:36:30c'est qu'on est quand même
00:36:31assez inquiets
00:36:31pas mal de mots
00:36:32nous font peur
00:36:33et en particulier
00:36:35je ne sais pas
00:36:35si vous savez
00:36:35ce que c'est Mpox
00:36:37c'est un mot
00:36:38qui a trait à la santé
00:36:39c'est un virus
00:36:40celui du monkeypox
00:36:41c'est à dire
00:36:42le virus de la variole
00:36:43qui nous vient
00:36:43du monkey
00:36:43du singe
00:36:45vous voyez qu'on n'est pas
00:36:45dans des choses
00:36:46très joyeuses
00:36:47de même
00:36:48il y a des mots nouveaux
00:36:49qui sont liés à la drogue
00:36:50par exemple
00:36:51narcomicide
00:36:52on reconnaît le suffixe
00:36:54cide comme dans
00:36:55féminicide
00:36:55et on a d'ailleurs
00:36:56une grande présence
00:36:57de termes liés
00:36:58aux violences contre les femmes
00:36:59dans le dictionnaire
00:37:00oui
00:37:01alors on a même
00:37:01un sigle
00:37:03VSS
00:37:03pour violence sexuelle
00:37:05et sexiste
00:37:06et puis on a des mots
00:37:07anti-masculinistes
00:37:09comme incel
00:37:10par exemple
00:37:10vous savez
00:37:10ce sont ces hommes
00:37:12involuntary célibataires
00:37:13c'est à dire
00:37:13des hommes qui décident
00:37:15finalement de haïr les femmes
00:37:17d'une certaine façon
00:37:18alors ils sont au coeur
00:37:19de la manosphère
00:37:21la sphère des mène
00:37:23peu amène
00:37:24vis-à-vis des femmes
00:37:26c'est composé
00:37:27comme fachosphère
00:37:27vous voyez ce que je veux dire
00:37:29on connaît moins
00:37:30Adeline
00:37:30alors un autre mot négatif
00:37:31pour les hommes
00:37:32mais qui est français
00:37:33c'est le charot
00:37:35ah bah oui
00:37:35on connaît les charots
00:37:36c'est les charots
00:37:37vous parlez jeune
00:37:38vous ne connaissiez pas
00:37:40voilà
00:37:40c'est l'apocope
00:37:44comme on dit
00:37:44c'est la diminutif
00:37:45pour charognard
00:37:46vraiment un terme
00:37:47un terme très peu sympathique
00:37:48le vautour
00:37:49qui mange des animaux morts
00:37:51les ados aiment bien
00:37:53c'est ceux qui aiment
00:37:53les mythos
00:37:54par exemple
00:37:54vous voyez
00:37:54on coupe
00:37:56en fait ce qu'on voit
00:37:57c'est que les lexicologues
00:37:58ne veulent surtout pas
00:37:59se couper du parler jeune
00:38:00et c'est pour ça
00:38:01qu'ils intègrent
00:38:02ce genre de mots
00:38:03dans le dictionnaire
00:38:04exactement
00:38:04ils sont quand même
00:38:05un peu les surveillants
00:38:06de la culture populaire
00:38:07et alors ça m'a intéressée
00:38:08parce que je pense
00:38:09qu'il y a des mots
00:38:09qui viennent des séries
00:38:11et en particulier
00:38:12alors elles sont influentes
00:38:13parce qu'elles nous montrent
00:38:14les nouveaux critères de valeur
00:38:15d'ailleurs vous parliez
00:38:16d'Incel tout à l'heure
00:38:17Incel
00:38:18moi je sais que j'ai découvert
00:38:19cette mouvance
00:38:20avec la série adolescence
00:38:21vous vous pensiez aussi
00:38:23à HPI je crois
00:38:24ou d'autres mots
00:38:25oui il y a des mots
00:38:26qui disent HPI
00:38:27pour haut potentiel intellectuel
00:38:28c'est le signe
00:38:29que notre société
00:38:30elle valorise désormais
00:38:31les intelligences alternatives
00:38:32et donc entre dans le dictionnaire
00:38:34neuro atypique
00:38:36neuro divergent
00:38:37c'est la mode ça
00:38:39ça n'empêche pas
00:38:39des vieux mots aussi
00:38:40d'être là
00:38:41pour la première fois
00:38:42c'est quand même
00:38:42assez étonnant
00:38:43la dinguerie par exemple
00:38:44ou bouiner
00:38:45bouiner c'est un vieux mot
00:38:46oui c'est un vieux mot
00:38:48ça veut dire quoi d'ailleurs
00:38:48bouiner c'est ne pas
00:38:51c'est procrastiner
00:38:52ne pas vraiment
00:38:53beaucoup travailler
00:38:54c'est un rapport au filet
00:38:55un peu comme gilet
00:38:56voilà
00:38:56c'est bien parce qu'on utilise
00:38:58des vieux mots
00:38:58pour peut-être compenser
00:38:59les termes un peu anglo-saxons
00:39:01qui viennent en particulier
00:39:02des nouvelles technologies
00:39:03et de l'intelligence artificielle
00:39:04non ?
00:39:05oui certainement
00:39:05mais alors là
00:39:06on peut avoir des surprises
00:39:07si vous prenez prompt
00:39:08le prompt
00:39:09voilà monsieur
00:39:10le prompt
00:39:10c'est le texte qu'on dicte
00:39:11à une intelligence artificielle
00:39:13c'est ça
00:39:13voilà
00:39:13mais ça vient de la Silicon Valley
00:39:15la novlangue américaine
00:39:16mais en fait c'est du français
00:39:17Adeline
00:39:18prompt
00:39:18la promptitude
00:39:19on sait bien ce que c'est
00:39:20et ça vient du latin
00:39:22promptus
00:39:22c'est-à-dire ce qui est immédiat
00:39:23ce qui est très rapide
00:39:24voyez que parfois
00:39:25on fait une boucle
00:39:26ça devient limpide avec vous
00:39:28alors autre chose
00:39:29s'il va vous plaire Adeline
00:39:30vous savez ce que c'est
00:39:31qu'avoir un crush
00:39:32sur quelqu'un
00:39:33on imagine tout de suite
00:39:34une comédie romantique
00:39:35avec Yougrant
00:39:37mais non
00:39:38en fait ça vient aussi
00:39:38de l'ancien français
00:39:39avec un mot assez moche
00:39:41mais crucir
00:39:42qui voulait dire
00:39:43craquer
00:39:43faire craquer
00:39:44ah bon ?
00:39:45je crucis
00:39:46ça veut dire que j'ai un crush
00:39:47libre à vous Adeline
00:39:48bon on finit ce tour d'horizon
00:39:50Mariat
00:39:50est-ce que vous avez repéré
00:39:51des mots de la politique
00:39:52qui entreraient subitement
00:39:54dans le dictionnaire ?
00:39:55pas vraiment
00:39:56là c'est un peu
00:39:56le grand désert
00:39:57alors j'aurais mis
00:39:58PLFSS
00:39:59alors il y en a qui est joli
00:40:02c'est le boccia
00:40:03si on considère que c'est
00:40:05vous savez la pétanque
00:40:05en fauteuil
00:40:07si on considère
00:40:08que c'est un mot politique
00:40:10qui nous dit
00:40:10que nous avons envie
00:40:11d'inclusion
00:40:12comme au moment
00:40:13des JO
00:40:14mais bon je pense
00:40:15qu'il va falloir attendre
00:40:16la présidentielle
00:40:16Aurélie Aubert
00:40:17championne olympique
00:40:18de boccia
00:40:19exactement
00:40:20et alors mon camarade
00:40:22Olivier Davarello
00:40:23m'a glissé un scoop
00:40:24culturel
00:40:26Adeline
00:40:26parce qu'il y a les mots
00:40:27qui rentrent
00:40:27et il y a les mots
00:40:28qui sortent
00:40:28et là il y a un mot
00:40:30politique très très joli
00:40:31qui est sorti
00:40:32cette année
00:40:32qu'on a viré
00:40:33c'était un mot
00:40:34pourtant de la révolution
00:40:36de 1792
00:40:38et c'était le baiser
00:40:40l'amourette
00:40:41baiser l'amourette
00:40:42si j'ai bien compris
00:40:42c'est un moment
00:40:43où l'assemblée
00:40:44les députés
00:40:44se réconcilient
00:40:46et c'est un député
00:40:47qui s'appelait
00:40:48monsieur l'amourette
00:40:48qui avait proposé
00:40:50ce nom
00:40:50on comprend mieux
00:40:51pourquoi
00:40:52il est sorti
00:40:53du dictionnaire
00:40:54cette année
00:40:55merci Mariette
00:40:56on passe à la question
00:40:58qui fâche
00:41:05il y a un mot
00:41:06qui ne risque pas
00:41:07de sortir tout de suite
00:41:07du dictionnaire
00:41:08c'est l'ubérisation
00:41:09on va parler ce soir
00:41:10de cette procédure judiciaire
00:41:11inédite
00:41:12quatre associations
00:41:12viennent de porter plainte
00:41:14auprès du parquet de Paris
00:41:14contre les plateformes
00:41:16Deliveroo et Uber Eats
00:41:17le motif est grave
00:41:19traite d'êtres humains
00:41:21c'est une plainte
00:41:22pour dénoncer
00:41:22un modèle économique
00:41:23qui reposerait
00:41:24sur l'exploitation
00:41:25d'une main d'oeuvre précaire
00:41:26avec des salaires
00:41:27et des conditions de travail
00:41:28indignes
00:41:28ces livreurs à vélo
00:41:30sont-ils les esclaves
00:41:31des temps modernes
00:41:32et bien on va parler
00:41:33ce soir avec vous
00:41:34Daniel Simonnet
00:41:34bonsoir
00:41:35bonsoir
00:41:35vous êtes députée écologiste
00:41:37de Paris
00:41:37députée de l'après
00:41:39députée de l'après
00:41:40vous avez fait
00:41:41du combat
00:41:43et de la défense
00:41:44des livreurs à vélo
00:41:44un combat
00:41:45depuis de longues années
00:41:46notamment quand vous étiez
00:41:47au conseil de Paris
00:41:48merci d'être là
00:41:49à vos côtés
00:41:50Laurent Illy
00:41:50vous êtes cofondateur
00:41:51de la fédération nationale
00:41:52des auto-entrepreneurs
00:41:54et alors vous représentez aussi
00:41:55les livreurs indépendants
00:41:56auprès de la ARP
00:41:57c'est l'autorité
00:41:58des relations sociales
00:41:58des plateformes d'emploi
00:41:59merci d'être là
00:42:00et puis on est aussi
00:42:01avec Thibault Laforcade
00:42:02qui est avocat en droit social
00:42:04et qui défend
00:42:04les quatre associations
00:42:06qui ont déposé
00:42:07cette fameuse plainte
00:42:08pour traite d'êtres humains
00:42:09vous êtes avocat à Bordeaux
00:42:11et je vous remercie
00:42:11d'être en direct avec nous
00:42:12c'est Maïté Frémont
00:42:13qui vous pose
00:42:14la question qui fâche
00:42:15pour commencer
00:42:19dans la question qui fâche
00:42:21ceux qui sillonnent les rues
00:42:22arc-boutées sur leurs deux roues
00:42:24pour livrer repas
00:42:25ou courses à domicile
00:42:26ce sont les livreurs à vélo
00:42:28des plateformes numériques
00:42:30les heures
00:42:31on ne compte pas les heures
00:42:32on travaille toute la journée
00:42:33de 9h à parfois 22h
00:42:35quasiment c'est dur
00:42:36c'est dur
00:42:37cet après-midi là
00:42:38ce livreur
00:42:39qui souhaite rester anonyme
00:42:40fait un crochet
00:42:41à la maison des coursiers
00:42:43j'ai rendez-vous
00:42:43parce que je dois
00:42:44faire une déclaration d'impôt
00:42:46un peu d'aide
00:42:47ou même du répit
00:42:48comme lui
00:42:49ils sont nombreux
00:42:50à venir ici
00:42:51pour faire une pause
00:42:52entre deux courses
00:42:52est-ce que tu as déjà
00:42:53enregistré ici
00:42:54toutes tes données
00:42:55par rapport aux impôts
00:42:57ça je le fais sur l'ordi
00:42:58tu vois
00:42:59oui là
00:43:00tu l'as là
00:43:00j'ai mon truc
00:43:02on va le faire sur l'ordi
00:43:03comme ça ce sera plus facile
00:43:04accueilli depuis 5 ans
00:43:06loin de l'agitation
00:43:07de la rue
00:43:08et comme Ahmed
00:43:09l'occasion aussi
00:43:10de témoigner
00:43:11de leur épuisement mental
00:43:13pendant le repos
00:43:14tu es tout le temps connecté
00:43:15parce que c'est difficile
00:43:17de faire les chiffres
00:43:17si tu n'es pas en ligne
00:43:18souvent même
00:43:19tu es en train de manger
00:43:19tu espères avoir une commande
00:43:21parce que ça nous arrive
00:43:22souvent même
00:43:22de rester deux heures
00:43:23trois heures sans une commande
00:43:25donc si tu dois te déconnecter
00:43:27c'est pas sûr
00:43:27que tu auras assez de commandes
00:43:29quelqu'un qui n'est pas
00:43:29dans une situation précaractérée
00:43:30ne peut pas faire ce travail
00:43:31parce que c'est inadmissible
00:43:32de passer au moins
00:43:33une heure deux heures
00:43:33pour avoir 6 euros
00:43:34ou 5 euros
00:43:35pour 10 kilomètres
00:43:35Fatigue, nervosité
00:43:37et anxiété
00:43:38les livreurs indépendants
00:43:40de plateforme
00:43:41travaillent 63 heures
00:43:42par semaine
00:43:43pour environ
00:43:443 euros de l'heure
00:43:4599% sont des hommes
00:43:47et près des deux tiers
00:43:48sont sans titre
00:43:49de séjour
00:43:50un sondage
00:43:52qui pousse
00:43:52la maison
00:43:52des coursiers
00:43:53et trois autres associations
00:43:55à porter plainte
00:43:56pour traite
00:43:57d'êtres humains
00:43:58contre Uber Eats
00:43:59et Deliveroo
00:44:00on voit bien
00:44:01que la situation
00:44:02n'est pas normale
00:44:04pour les livreurs
00:44:05que ce n'est pas acceptable
00:44:06que c'est en dehors
00:44:07de tout cadre
00:44:07de droit du travail
00:44:09mais même
00:44:09de droit pénal
00:44:11en termes de travail
00:44:12dissimulé par exemple
00:44:13l'agence nationale
00:44:14de sécurité sanitaire
00:44:15préconise
00:44:16de faire évoluer
00:44:17la réglementation
00:44:18une loi européenne
00:44:19vise à renforcer
00:44:21leurs droits
00:44:21et doit être adaptée
00:44:23dans la loi française
00:44:24en décembre
00:44:25alors la question
00:44:26qui fâche ce soir
00:44:27la voici
00:44:28sommes-nous face
00:44:29à de l'esclavagisme
00:44:31moderne
00:44:34je voudrais d'abord
00:44:35aller vers vous
00:44:36Thibault Laforcade
00:44:37parce que vous défendez
00:44:38donc les quatre associations
00:44:39qui ont déposé
00:44:40cette plainte
00:44:40pour traite
00:44:41d'êtres humains
00:44:41je voulais savoir
00:44:42où en était la procédure
00:44:43d'abord
00:44:43parce que cette plainte
00:44:44elle a été déposée
00:44:45il y a à peu près
00:44:45un mois maintenant
00:44:47oui
00:44:47alors on a eu
00:44:49l'information
00:44:49il y a peu de temps
00:44:51que effectivement
00:44:52donc la procureure
00:44:54de la République de Paris
00:44:55qui avait été saisie
00:44:55avait décidé
00:44:56de saisir
00:44:57une section particulière
00:44:58une section spécialisée
00:44:59notamment dans le travail
00:45:01illégal
00:45:01du parquet de Paris
00:45:02donc on a bon espoir
00:45:04que les premiers actes
00:45:05d'enquête
00:45:05puissent démarrer
00:45:06dans les toutes prochaines semaines
00:45:08vous expliquez dans votre plainte
00:45:09que certains livreurs
00:45:10travaillent avec des comptes loués
00:45:11parfois confisqués
00:45:13ou déconnectés
00:45:13d'ailleurs
00:45:14avec des commissions
00:45:15qui sont prélevées
00:45:15par des réseaux
00:45:16est-ce que les plateformes
00:45:17le savent
00:45:18ou est-ce qu'elles ferment
00:45:19les yeux
00:45:21il n'y a aucun doute
00:45:23sur le fait
00:45:23que les plateformes
00:45:24connaissent
00:45:24la réalité
00:45:25de ces situations
00:45:27mais si vous voulez
00:45:27avec cette sous-location
00:45:29de comptes
00:45:29c'est la précarité
00:45:31d'une certaine manière
00:45:31qui alimente la précarité
00:45:32parce que le sujet
00:45:33n'est pas vraiment là
00:45:34d'abord
00:45:35pour répondre à votre question
00:45:36évidemment que les plateformes
00:45:37pourraient y mettre fin
00:45:37si elles le souhaitaient
00:45:39mais elles n'ont strictement
00:45:40aucun intérêt économique
00:45:41à le faire
00:45:42puisqu'elles savent très bien
00:45:43que deux tiers
00:45:44des livreurs
00:45:45qui travaillent
00:45:46pour elles
00:45:47sont en situation irrégulière
00:45:48et donc n'ont pas accès
00:45:50normalement
00:45:50au marché de l'emploi
00:45:52Daniel Simonnet
00:45:53le temps presse
00:45:53parce qu'il reste
00:45:54moins de six mois
00:45:54pour transposer
00:45:55la fameuse directive européenne
00:45:57qui est censée améliorer
00:45:59les conditions
00:45:59des travailleurs ubérisés
00:46:01et à lutter
00:46:01contre le faux travail indépendant
00:46:03on en est où
00:46:04on en est où
00:46:04de la discussion parlementaire
00:46:06pour transposer
00:46:07donc dans le droit français
00:46:08cette disposition européenne ?
00:46:10Bah écoutez
00:46:10sachez que
00:46:11cet après-midi même
00:46:12en commission des affaires sociales
00:46:14il y avait le ministre du travail
00:46:15monsieur Farandou
00:46:15et donc on était là
00:46:16pour poser des questions
00:46:17par rapport à ce que
00:46:18il n'y a pas eu de route
00:46:18donc je l'ai à nouveau interpellé
00:46:20pour savoir
00:46:20quel est le calendrier précis
00:46:23donc ce soit fait en décembre
00:46:24avant le 2 décembre
00:46:25avant le 2 décembre
00:46:26sachant que
00:46:27on va être en plein
00:46:28dans le débat budgétaire
00:46:29et bien je n'ai eu
00:46:30aucune réponse
00:46:31donc non seulement
00:46:32j'ai eu aucune réponse
00:46:33donc je ne connais pas
00:46:34le calendrier
00:46:34ça veut dire que
00:46:35le gouvernement
00:46:36peut-être s'apprête
00:46:37à finalement
00:46:38ne pas respecter
00:46:39son obligation
00:46:40et l'obligation
00:46:41pour l'état français
00:46:41de transporter
00:46:42dans le droit
00:46:43cette directive
00:46:44ça peut faire partie
00:46:44des options
00:46:45ça peut faire partie
00:46:46des options
00:46:46mais on aura une amende
00:46:47de Bruxelles
00:46:48dans ce cas là
00:46:48non ?
00:46:48oui je pense qu'ils se sont moques
00:46:49je pense que les amendes
00:46:50de Bruxelles
00:46:51ne sont pas si conséquentes
00:46:52que cela
00:46:53et dissuasives
00:46:54mais surtout
00:46:55il a fait
00:46:56il a
00:46:56il a nommé une mission
00:46:58dans les trois membres
00:46:59de cette mission
00:47:01il y a
00:47:02notamment
00:47:03le choix
00:47:03de madame
00:47:03Nathalie Collin
00:47:04qui est
00:47:05directrice générale
00:47:06adjointe de La Poste
00:47:07alors vous allez me dire
00:47:08où est le problème
00:47:09sauf que
00:47:10cette adjointe
00:47:11cette directrice générale
00:47:13adjointe de La Poste
00:47:14depuis 2014
00:47:14est aussi administrative
00:47:16de Géoposte
00:47:17qui détient
00:47:17depuis 2017
00:47:18la plateforme
00:47:19de livraison Stuart
00:47:20qui est une plateforme
00:47:21type
00:47:22sur le modèle Uber
00:47:23qui a déjà été condamnée
00:47:25pour pré-illicite
00:47:27de main d'oeuvre
00:47:27elle a été relaxée
00:47:29pour le travail
00:47:29dissimulé
00:47:29mais parce qu'en fait
00:47:30il n'y avait pas assez
00:47:31de livreurs
00:47:33qui avaient été entendus
00:47:34dans l'enquête
00:47:34après comme c'est une mission
00:47:35d'information
00:47:35on se dit
00:47:36c'est normal
00:47:36chaque voix compte
00:47:38si dans une mission
00:47:42vous mettez quelqu'un
00:47:43qui de fait
00:47:44adhère au modèle
00:47:45de l'ubérisation
00:47:46qui est un modèle illégal
00:47:48et en abuse
00:47:50et d'ailleurs
00:47:50son entreprise filiale
00:47:52a été condamnée
00:47:53pour cela
00:47:54à travers le pré-illicite
00:47:55de main d'oeuvre
00:47:55c'est quand même gravissime
00:47:56en fait ce qu'il faut comprendre
00:47:57c'est que tout le travail
00:47:58qui a été mis en place
00:47:59au niveau du Parlement européen
00:48:01il revient à dire quoi
00:48:03qu'en fait
00:48:03les travailleurs des plateformes
00:48:05sont des faux indépendants
00:48:06et qu'en fait
00:48:07les plateformes
00:48:08font croire
00:48:09qu'elles sont simplement
00:48:09des mises en relation
00:48:11alors que c'est des systèmes
00:48:13organisés de travail
00:48:13c'est-à-dire que ce sont
00:48:14des patrons
00:48:15des entreprises
00:48:16qui échappent
00:48:18à leurs obligations
00:48:19au niveau du respect
00:48:20du code du travail
00:48:21et au niveau
00:48:22des cotisations sociales
00:48:23en se faisant passer
00:48:24pour des simples
00:48:25mises en relation
00:48:26entre des travailleurs indépendants
00:48:27qui dans les faits
00:48:28ne le sont pas
00:48:29et des clients
00:48:30donc là il s'agit
00:48:31vraiment de remettre
00:48:32dans le droit français
00:48:33le droit français
00:48:34en fait
00:48:34et donc de dire
00:48:36bah non
00:48:37tous les faits montrent
00:48:38que les travailleurs
00:48:39des plateformes
00:48:39les chauffeurs VTC
00:48:41les livreurs
00:48:41mais c'est aussi
00:48:42dans plein de domaines
00:48:43vous avez des aides à domicile
00:48:44des infirmiers
00:48:45vous avez des guides conférenciers
00:48:47vous avez
00:48:47y compris dans la restauration
00:48:49dans plein de secteurs
00:48:50des gens qui sont en fait
00:48:51des faux indépendants
00:48:52on doit les requalifier
00:48:53en salariés
00:48:53et c'est aux plateformes
00:48:55si elles contestent
00:48:56de faire la preuve
00:48:57qu'elles ne sont pas
00:48:58un système organisé
00:48:59de travail
00:48:59et qu'elles n'ont pas
00:49:00affaire à des faux indépendants
00:49:02Laurent Elie
00:49:03il est là l'enjeu
00:49:04il est déterminé
00:49:05si les livreurs à vélo
00:49:06doivent rester des indépendants
00:49:08ou doivent devenir
00:49:09des salariés
00:49:10alors je vais
00:49:11si vous me permettez
00:49:13de repositionner
00:49:13un tout petit peu le débat
00:49:14concernant la mission
00:49:15la FNA a été auditionnée
00:49:17il y a un peu plus d'un mois
00:49:18justement par la mission
00:49:19c'était la première réunion
00:49:21qu'on attendait
00:49:21puisqu'il y avait déjà
00:49:22une réunion préalable
00:49:23en juillet 2025
00:49:25et puis il s'est passé
00:49:26quasiment neuf mois
00:49:28où rien n'a eu lieu
00:49:29on a eu une première audition
00:49:31on a évidemment manifesté
00:49:32notre volonté
00:49:33de participer
00:49:35à la transposition
00:49:36de cette directive
00:49:38parce que pour nous
00:49:38cette directive
00:49:39est extrêmement importante
00:49:40la nouveauté
00:49:41de cette directive
00:49:41c'est qu'elle va définir
00:49:43ce qu'est le lien
00:49:44de subordination
00:49:45et par défaut
00:49:48la relation
00:49:49entre une plateforme
00:49:50et un indépendant
00:49:52et par défaut
00:49:55requalifier en salarié
00:49:56sauf si
00:49:58les conditions
00:49:58du salarié
00:49:59ne sont pas remplies
00:50:00vous vous dites quoi ?
00:50:01vous dites qu'un livreur
00:50:02à vélo ça doit rester
00:50:03un auto-entrepreneur
00:50:04ou ça doit devenir
00:50:05un salarié ?
00:50:06pour le coup
00:50:06c'est compliqué
00:50:07je ne peux pas vous donner
00:50:08une réponse
00:50:08oui ou non
00:50:09ce qui est certain
00:50:10c'est que la situation
00:50:11des livreurs à vélo
00:50:12est extrêmement différente
00:50:13de toutes les autres plateformes
00:50:16toutes les plateformes
00:50:17sont en grande majorité
00:50:19des plateformes
00:50:19d'intermédiation
00:50:20qui mettent en relation
00:50:22un prestataire
00:50:23et un demandeur
00:50:25de service
00:50:25les plateformes
00:50:28de livraison
00:50:29le livreur à vélo
00:50:30est prestataire
00:50:31de la plateforme
00:50:32et donc
00:50:34la plateforme
00:50:34va prélever
00:50:35une commission
00:50:35de livraison
00:50:36auprès du client
00:50:37qui passe commande
00:50:38du restaurateur
00:50:39qui fabrique
00:50:40la commande
00:50:41va empocher
00:50:43elle se sucre en fait
00:50:44à tous les étages
00:50:45les deux commissions
00:50:46et va
00:50:48verser une obole
00:50:50à celui
00:50:51qui fait réellement
00:50:52le travail
00:50:52sur le terrain
00:50:53qui effectue
00:50:54la livraison
00:50:54et c'est ce système
00:50:56qui est effectivement
00:51:00très compliqué
00:51:02et qui justement
00:51:04nécessite
00:51:05d'évaluer
00:51:07véritablement
00:51:08nous notre position
00:51:09de la FNE
00:51:09c'est de dire
00:51:10qu'à partir du moment
00:51:11où le travailleur indépendant
00:51:13a choisi
00:51:13d'être indépendant
00:51:14et souhaite rester indépendant
00:51:16qu'il travaille
00:51:17dans la livraison
00:51:18dans le VTC
00:51:18ou prestataire informatique
00:51:21ou voyant
00:51:21ou que sais-je
00:51:24il doit pouvoir
00:51:25rester
00:51:25il doit pouvoir
00:51:26travailler indépendant
00:51:27mais il doit pouvoir
00:51:29déterminer
00:51:29ses conditions de travail
00:51:30son prix
00:51:31c'est ce que j'allais vous dire
00:51:31c'est à dire
00:51:31un auto-entrepreneur
00:51:33qui est vraiment libre
00:51:34c'est celui qui choisit
00:51:35ses tarifs
00:51:35ses horaires
00:51:36ses clients
00:51:37tout ce que ne fait pas
00:51:38un livreur à vélo
00:51:39tout ce que ne fait pas
00:51:39un livreur à vélo
00:51:40donc à un moment
00:51:40vous ne dites pas
00:51:41que vous qui êtes
00:51:42le fondateur
00:51:43de la Fédération nationale
00:51:44des auto-entrepreneurs
00:51:44le statut
00:51:45avec les livreurs à vélo
00:51:46il est dévoyé
00:51:46ah il est totalement dévoyé
00:51:48par les plateformes
00:51:49je suis là pour le coup
00:51:50100% d'accord
00:51:51je dirais que
00:51:52vous avez cité l'ARP
00:51:53le rôle de l'ARP
00:51:54qui est l'autorité
00:51:55de régulation
00:51:56des plateformes d'emploi
00:51:57le rôle de l'ARP
00:51:59était initialement
00:52:00d'instaurer un dialogue
00:52:02entre les représentants
00:52:04des indépendants
00:52:05et les plateformes
00:52:07VTC
00:52:07et livraison
00:52:08et ce dialogue
00:52:08il existe vraiment
00:52:09aujourd'hui ?
00:52:09ce dialogue
00:52:09n'existe plus
00:52:10depuis maintenant
00:52:11quasiment un an et demi
00:52:12en ce qui concerne
00:52:13la livraison
00:52:13pourquoi ?
00:52:14parce que
00:52:15nous organisations
00:52:16représentant
00:52:18les travailleurs indépendants
00:52:19nous exigeons
00:52:20que le livreur
00:52:22soit payé
00:52:23correctement
00:52:24à la course
00:52:25c'est une prestation
00:52:26cette exigence-là
00:52:27fait que le dialogue
00:52:28s'interrompt ?
00:52:28cette exigence
00:52:29fait que les plateformes
00:52:30refusent de discuter
00:52:31sur ce point essentiel
00:52:33qui est de dire
00:52:35c'est une prestation
00:52:36qui est commandée
00:52:37à un livreur
00:52:37il doit être rémunéré
00:52:39à la prestation
00:52:40puisque
00:52:41et c'est toute la difficulté
00:52:43dans ce domaine
00:52:43c'est que
00:52:44vous avez beaucoup
00:52:44de livreurs
00:52:45alors quand on dit
00:52:4660 ans par semaine
00:52:47c'est effectivement
00:52:48la vérité
00:52:48pour un certain nombre
00:52:49d'entre eux
00:52:50et notamment
00:52:50les travailleurs
00:52:51sans papiers
00:52:52ce que je dirais
00:52:52les travailleurs illégaux
00:52:54par contre
00:52:55il y a toute une catégorie
00:52:56de livreurs
00:52:56qui font ça
00:52:58en supplément de revenus
00:53:00en complément de revenus
00:53:01voilà
00:53:02ils sont salariés
00:53:02par ailleurs
00:53:03et puis le soir
00:53:04ou le week-end
00:53:05ils font des prestations
00:53:06de livraison
00:53:07pour espérer arrondir
00:53:08les fins de mois
00:53:09et améliorer
00:53:09Thibault Laforcade
00:53:10moi je voudrais vous poser
00:53:11une question
00:53:12dans le cadre
00:53:12de la transposition
00:53:14dans le droit français
00:53:15de cette directive européenne
00:53:16vous qui êtes au contact
00:53:18des livreurs à vélo
00:53:19est-ce qu'eux
00:53:20ils souhaitent
00:53:20le statut de salarié
00:53:21d'abord ?
00:53:23si vous voulez
00:53:25j'aimerais
00:53:25si vous me permettez
00:53:26revenir sur deux
00:53:27petits éléments
00:53:28pour répondre
00:53:29immédiatement
00:53:29à votre question
00:53:30d'abord
00:53:31il y a un mot
00:53:33qui m'a fait bondir
00:53:34que je viens d'entendre
00:53:34c'est le statut
00:53:35d'indépendant
00:53:37choisi
00:53:37vous savez
00:53:38moi
00:53:38les livreurs
00:53:40que j'ai rencontrés
00:53:41depuis maintenant
00:53:41plusieurs années
00:53:42sont des livreurs
00:53:43qui dans la très grande majorité
00:53:44n'ont pas d'accès aux soins
00:53:45qui pour un livreur
00:53:46sur deux
00:53:47sont dans une précarité alimentaire
00:53:48folle à Paris
00:53:49qui sont
00:53:51pour la majorité
00:53:52également
00:53:52qui vivent dans des conditions
00:53:53également d'une grande précarité
00:53:55donc si vous voulez
00:53:56à partir du moment
00:53:57où on me dit
00:53:57que le statut est choisi
00:53:58ça me pose une difficulté
00:53:59parce que ce statut
00:54:00il est subi
00:54:01et les plateformes le savent
00:54:03et les plateformes
00:54:04organisent leur économie
00:54:05organisent leur système
00:54:06autour de cette précarité
00:54:08je pense qu'il y a
00:54:09une première difficulté
00:54:10dans l'analyse
00:54:10une première divergence
00:54:12la deuxième
00:54:12c'est effectivement
00:54:14de dire que
00:54:14la plupart de ces livreurs
00:54:16en tout cas
00:54:17une grande partie
00:54:17de ces livreurs
00:54:18auraient comme complément de revenus
00:54:19ces revenus
00:54:21issus des plateformes
00:54:22c'est faux
00:54:22notamment
00:54:23le rapport remis
00:54:26par l'IRD
00:54:26et l'INED
00:54:27en partenariat
00:54:28avec Médecins du Monde
00:54:29démontre que
00:54:30plus de 90%
00:54:31des livreurs
00:54:32ont comme seul revenu
00:54:33le revenu
00:54:35issu des plateformes
00:54:35bien
00:54:36ensuite
00:54:36pour répondre à votre question
00:54:37sur leur volonté
00:54:39d'obtenir
00:54:40le statut
00:54:41de salarié
00:54:43j'ai presque envie
00:54:44de vous répondre
00:54:44que leur volonté
00:54:46elle va au-delà
00:54:47leur volonté
00:54:48elle est de trouver
00:54:48des conditions de travail
00:54:49qui soient dignes
00:54:50une rémunération
00:54:51qui soit à la hauteur
00:54:53du minimum horaire
00:54:55une des conditions
00:54:57de sécurité
00:54:58qui soit prise en compte
00:55:00par les plateformes
00:55:01vous voyez
00:55:01ça va encore
00:55:02un petit peu au-delà
00:55:03de la simple question
00:55:04du salariat
00:55:05pardon mais vous en avez
00:55:06parlé tout à l'heure
00:55:06c'est un peu l'éléphant
00:55:07dans la pièce
00:55:08est-ce qu'on peut régler
00:55:09la question du statut
00:55:10sans avoir abordé
00:55:11celle de la régularisation
00:55:12de ces travailleurs
00:55:15alors si vous voulez
00:55:16ça c'est un autre aspect
00:55:18de cette question
00:55:19et vous avez raison
00:55:19de la poser
00:55:20de la poser ainsi
00:55:21mais encore une fois
00:55:23lorsqu'on regarde
00:55:24selon les questions
00:55:25aujourd'hui
00:55:26sous la question
00:55:26de la dignité
00:55:27parce que c'est ça
00:55:28nous qu'on met en avant
00:55:29dans la plainte
00:55:30sans vouloir
00:55:32comment faire
00:55:32être trop intrusif
00:55:34et faire un cours
00:55:35de droit ici
00:55:36l'idée c'est de
00:55:37démontrer
00:55:38qu'il y a
00:55:38un recrutement
00:55:39des plateformes
00:55:40à des fins d'exploitation
00:55:42par des conditions
00:55:43indignes de travail
00:55:44contre une rémunération
00:55:46donc à partir du moment
00:55:47où on aura travaillé
00:55:48sur ces conditions
00:55:49de travail là
00:55:50je pense qu'on se posera
00:55:51la question
00:55:51aussi
00:55:52de la régularisation
00:55:54ça peut être un aspect
00:55:55de ces conditions
00:55:58plus dignes
00:55:58mais c'est cette question
00:55:59qu'il faut travailler
00:56:00c'est cette question
00:56:01nous sur laquelle
00:56:01on alerte en droit
00:56:02et sur laquelle
00:56:03la procureure de la République
00:56:04va avoir à se pencher
00:56:05Daniel Simonnet
00:56:06on parle depuis tout à l'heure
00:56:07des plateformes
00:56:08on parle des livreurs
00:56:10et on ne parle pas
00:56:10des consommateurs
00:56:12est-ce qu'ils sont exonérés
00:56:13de toute responsabilité
00:56:15dans cette histoire
00:56:15est-ce que pour paraphraser
00:56:18Éric Dupond-Moretti
00:56:19quand il parle de la drogue
00:56:20est-ce que la pizza
00:56:21à domicile
00:56:22elle a le goût
00:56:22de la sueur
00:56:23versée par le livreur
00:56:25vous savez franchement
00:56:26si on est simplement
00:56:27dans la culpabilisation
00:56:28du consommateur
00:56:29on ne s'en sortira pas
00:56:30pas la culpabilisation
00:56:31mais peut-être
00:56:32est-ce qu'on est tous
00:56:35finalement coupables
00:56:36d'une faute morale
00:56:37quand on se fait livrer
00:56:39alors qu'il pleut des cordes
00:56:40et qu'on se fait livrer
00:56:43un petit plat
00:56:44on va payer
00:56:45une commission
00:56:46de 75 centimes
00:56:48jusqu'à 1,50€
00:56:49la livraison
00:56:49oui alors du coup
00:56:51on va parfois
00:56:51se donner bonne conscience
00:56:52en mettant d'ailleurs
00:56:53un pourboire
00:56:53et sachez que
00:56:55quand vous mettez
00:56:55un pourboire
00:56:56sur l'application
00:56:57vous n'avez aucune garantie
00:56:59que le livreur
00:56:59en plus l'aurice
00:57:00c'est pour ça qu'il vaut mieux
00:57:00lui donner de la main à la main
00:57:01mais franchement
00:57:03changer cela
00:57:05passera par le fait
00:57:06de enfin restaurer
00:57:07l'état de droit
00:57:08c'est par ce biais là
00:57:09c'est à dire qu'on restaure
00:57:10l'état de droit
00:57:11et l'état de droit
00:57:12ce que je veux vous dire
00:57:13c'est que si ces livreurs
00:57:13ils existent
00:57:14c'est parce qu'il y a
00:57:14des livrets qui existent aussi
00:57:16oui bien sûr
00:57:16mais je vais vous dire une chose
00:57:19c'est la même chose
00:57:19que sur le travail du dimanche
00:57:20on peut casser
00:57:21les droits sociaux
00:57:22on peut généraliser
00:57:24le travail du 1er mai
00:57:25et bien si on généralise
00:57:27par exemple ceux qui sont responsables
00:57:29c'est pas ceux qui feront
00:57:29leur course le 1er mai
00:57:30c'est d'abord et avant tout
00:57:31le gouvernement
00:57:32qu'aura piétiné
00:57:34les conquis du mouvement ouvrier
00:57:35pour que le 1er mai
00:57:36reste un jour férié
00:57:38chômé
00:57:38donc je pense qu'il faut
00:57:39prendre les choses à l'endroit
00:57:40le gouvernement doit enfin
00:57:43faire respecter l'état de droit
00:57:44je vais vous donner un exemple
00:57:46je menais l'enquête parlementaire
00:57:47sur les Uber Files
00:57:48et dans le cadre de mes fonctions
00:57:49de rapporteur
00:57:50j'avais pu accéder
00:57:52à des notes internes
00:57:53au ministère du travail
00:57:53qui dataient de 2019
00:57:55et qui disaient qu'en 2019
00:57:57le ministère du travail
00:57:58a une note comme ça
00:57:59qui montre que
00:57:59l'ubérisation s'étend
00:58:01dans un nombre de domaines
00:58:02incalculables
00:58:02ils nous font toute la liste
00:58:04et ils disent
00:58:04dans tous ces domaines là
00:58:05les plateformes en fait
00:58:07sont hors la loi
00:58:07parce qu'elles ne respectent pas
00:58:08le code du travail
00:58:09elles ne respectent pas
00:58:10les obligations vis-à-vis de l'URSSAF
00:58:11elles ne respectent pas
00:58:12la concurrence
00:58:13les règles de la concurrence
00:58:14les professions réglementées
00:58:16donc on se dit
00:58:17les notes postérieures
00:58:18internes au ministère du travail
00:58:20vont traiter de
00:58:21comment est-ce qu'on fait
00:58:22respecter l'état de droit
00:58:23et bien non
00:58:23toutes les notes postérieures
00:58:25disaient
00:58:25comment protéger
00:58:26les plateformes
00:58:27du risque de leur
00:58:28qualification en salariés
00:58:29c'est-à-dire qu'on sait
00:58:30qu'Emmanuel Macron
00:58:32dans son projet
00:58:33à la présidentielle
00:58:34déjà en 2017
00:58:35il écrivait un livre
00:58:36qui s'appelle
00:58:36Révolution
00:58:37et son objectif
00:58:38était de s'attaquer
00:58:39au code du travail
00:58:40et à notre modèle
00:58:41de sécurité sociale
00:58:42et l'ubérisation
00:58:43c'est cela même
00:58:44c'est-à-dire
00:58:44vous n'avez plus besoin
00:58:45du code du travail
00:58:46puisque vous dites
00:58:47que non non
00:58:47on a affaire
00:58:48à des indépendants
00:58:49et vous ne payez plus
00:58:50de cotisation sociale
00:58:51et ça arrive
00:58:52au modèle
00:58:52de la plus grave
00:58:53sur-exploitation
00:58:54que sont les travailleurs
00:58:55sans-papiers
00:58:56donc il faut régulariser
00:58:57les travailleurs sans-papiers
00:58:58il faut requalifier
00:58:59en salariés
00:59:00l'ensemble des travailleurs
00:59:02parce que quand on est
00:59:02requalifié en salariés
00:59:04on a
00:59:05la reconnaissance
00:59:06de la compensation
00:59:07du lien de subordination
00:59:08une feuille de paye
00:59:10avec du droit du travail
00:59:11la médecine du travail
00:59:12avec les droits
00:59:14au congé
00:59:15la prise en charge
00:59:16de la sécurité sociale
00:59:17et aussi en termes
00:59:18de santé au travail
00:59:20on suivra en tout cas
00:59:21d'ici décembre
00:59:23la transposition
00:59:24dans le droit français
00:59:24de cette disposition européenne
00:59:26en espérant
00:59:26que les discussions
00:59:27parlementaires
00:59:28pour leur plainte
00:59:29pour la traite
00:59:29des êtres humains
00:59:30merci Thibault Laforcade
00:59:32d'avoir été en direct
00:59:32avec nous depuis Bordeaux
00:59:33merci Laurent Eli
00:59:34merci Daniel Simoni
00:59:35restez là
00:59:36parce que tout de suite
00:59:36c'est Bourbon Express
00:59:37c'est le journal
00:59:38de l'Assemblée Nationale
00:59:39avec Marco Pommier
00:59:44bonsoir
00:59:46dans Bourbon Express
00:59:47ce soir d'abord
00:59:47l'audition
00:59:48de la ministre de la Santé
00:59:50qui a tenté
00:59:51de calmer les inquiétudes
00:59:52autour de l'antavirus
00:59:52ce matin
00:59:53il n'y a pas
00:59:54de circulation du virus
00:59:55dans l'hexagone
00:59:56a insisté ce matin
00:59:57Stéphanie Riste
00:59:58devant les députés
00:59:59de la commission
00:59:59des affaires sociales
01:00:00alors qu'une seule française
01:00:02est officiellement contaminée
01:00:03elle est hospitalisée
01:00:04tout comme 22 cas contacts
01:00:06il n'empêche
01:00:07la ministre
01:00:07a été interpellée
01:00:08sur les moyens
01:00:09de protection
01:00:10en cas d'épidémie
01:00:11et notamment
01:00:12sur les stocks
01:00:13de masques
01:00:14qui avaient fait défaut
01:00:15au début de la pandémie
01:00:16de Covid-19
01:00:16Le stock stratégique
01:00:19de l'Etat
01:00:19est suffisant
01:00:20pour protéger
01:00:22le pays
01:00:23pendant minimum
01:00:24trois mois
01:00:25en cas de vague
01:00:27épidémique
01:00:28à ce stock stratégique
01:00:29s'additionnent
01:00:30tous les stocks
01:00:31privés et publics
01:00:33établissements de santé
01:00:34opérateurs
01:00:35entreprises
01:00:36collectivités
01:00:37permettant d'étendre
01:00:38de plusieurs semaines
01:00:39cette capacité
01:00:40de protection
01:00:41Et la ministre
01:00:42a aussi indiqué
01:00:43que la France
01:00:44était en capacité
01:00:45de produire
01:00:46des masques
01:00:46en grande quantité
01:00:47entre 2,6 et 3 milliards
01:00:49et demi
01:00:50par an
01:00:50selon elle
01:00:51tout en précisant
01:00:52qu'à ce stade
01:00:52il n'y avait aucune raison
01:00:53de porter un masque
01:00:54On en parlait hier soir
01:00:56dans Bourbon Express
01:00:57et vous nous aviez promis
01:00:58de nous donner
01:00:58les nouvelles
01:00:59de cette proposition
01:00:59de loi
01:01:00pour mieux informer
01:01:01et mieux protéger
01:01:01les victimes
01:01:02de violences sexuelles
01:01:03Le texte a été adopté
01:01:04à l'unanimité
01:01:05dans l'hémicycle
01:01:06hier soir
01:01:07porté par Lormiller
01:01:07La proposition de loi
01:01:09prévoit d'informer
01:01:10systématiquement
01:01:11si elle le souhaite
01:01:12les victimes
01:01:12de violences sexuelles
01:01:14quand leur agresseur
01:01:14sort de prison
01:01:15au plus tard
01:01:16un mois avant
01:01:17leur libération
01:01:18Après le vote
01:01:19Lormiller a tenu
01:01:20à faire résonner
01:01:21le nom de Yanis
01:01:21dans l'hémicycle
01:01:22Cet adolescent
01:01:23de 17 ans
01:01:24qui s'est suicidé
01:01:25en mars 2025
01:01:26faute d'avoir été informé
01:01:28de la remise en liberté
01:01:29de son agresseur
01:01:29Il vivait à quelques kilomètres
01:01:31de chez lui
01:01:32La famille de Yanis
01:01:33assistait au débat
01:01:34hier soir
01:01:34Je voudrais évidemment
01:01:37à cet instant
01:01:38et parce que cette loi
01:01:39je vous en remercie
01:01:39a été votée à l'unanimité
01:01:40Pensez à la famille de Yanis
01:01:43à son père
01:01:43sa mère
01:01:44et à son frère
01:01:44qui sont là
01:01:45qui sont sans doute
01:01:47submergés par l'émotion
01:01:48Je voudrais les remercier
01:01:57Et la proposition de loi
01:01:58va maintenant
01:01:59prendre la direction
01:02:00du Sénat
01:02:01Cet après-midi
01:02:02il y a aussi
01:02:02les questions au gouvernement
01:02:03et le Rassemblement National
01:02:04a attaqué le gouvernement
01:02:05sur la fermeture
01:02:06de la centrale
01:02:07de Fessenheim
01:02:07Un coup de poignard
01:02:08dans le cœur
01:02:09Selon Jean-Philippe Tanguy
01:02:10le député
01:02:11Eren
01:02:11interpellait le gouvernement
01:02:13après la publication
01:02:14d'un décret
01:02:14autorisant
01:02:15le démantèlement
01:02:16complet
01:02:17de l'ancienne centrale
01:02:18fermée en 2020
01:02:19Marine Le Pen
01:02:20avait dit la vérité
01:02:21à l'élection présidentielle
01:02:22Fessenheim
01:02:24pouvait redémarrer
01:02:25pouvait redémarrer
01:02:27et vous avez menti
01:02:28aucun des travaux
01:02:30n'avait été fait
01:02:31en 2022
01:02:32vous devez retirer
01:02:33immédiatement
01:02:34votre décret
01:02:35vous devez suspendre
01:02:36tous les travaux
01:02:37à Fessenheim
01:02:37et vous devez laisser
01:02:38les Français choisir
01:02:40en 2027
01:02:41à la présidentielle
01:02:42s'ils veulent vous faire
01:02:43payer votre cynisme répugnant
01:02:45Le ministre de l'économie
01:02:47et de la souveraineté industrielle
01:02:48a répondu
01:02:49en accusant
01:02:50Jean-Philippe Tanguy
01:02:51de dire n'importe quoi
01:02:52vous parlez de quelle
01:02:53madame Le Pen
01:02:54celle qui disait
01:02:55que le nucléaire
01:02:56était dangereux
01:02:57il y a 10 ans
01:02:57ou celle qui finalement
01:02:59considère qu'aujourd'hui
01:03:00il faut réouvrir
01:03:02une centrale
01:03:02dont tout le monde
01:03:04tout le monde sait
01:03:05qu'elle est fermée
01:03:06monsieur Tanguy
01:03:06vous pouvez brailler
01:03:07autant que vous voulez
01:03:09nous projetons la France
01:03:10vers l'avenir
01:03:11vous regrettez son passé
01:03:13nous vous y renverrons
01:03:15voilà ça casse
01:03:16les opérations
01:03:17de démantèlement
01:03:18de Fessenheim
01:03:19sont prévues jusqu'en 2048
01:03:2030 juin 2048
01:03:22exactement
01:03:22comme ça
01:03:23vous pourrez nous donner
01:03:23des nouvelles
01:03:24pas sûr
01:03:27on se donne rendez-vous
01:03:292048
01:03:29c'est noté
01:03:30on termine Marco
01:03:31avec cette grande opération
01:03:32de dépistage
01:03:33des facteurs de risque
01:03:34cardiovasculaire
01:03:35opération qui s'est déroulée
01:03:36ici à l'Assemblée nationale
01:03:37opération prévention
01:03:38hier à destination
01:03:39des députés
01:03:40de leurs collaborateurs
01:03:41et des agents
01:03:42de l'Assemblée
01:03:42au programme
01:03:43mesure de la pression artérielle
01:03:44par exemple
01:03:45auscultation cardiaque
01:03:46un rappel
01:03:47les maladies cardiovasculaires
01:03:49sont la deuxième cause
01:03:50de mortalité en France
01:03:51400 décès chaque jour
01:03:52on est tous concernés
01:03:53les députés aussi
01:03:55d'où cette opération
01:03:56de sensibilisation
01:03:57à l'initiative
01:03:58de Yannick Noder
01:03:59on est soumis
01:04:00quand même
01:04:00à un rythme de vie
01:04:01qui est quand même
01:04:02qui est quand même
01:04:03intensif
01:04:04donc la qualité du sommeil
01:04:06les phases de repos
01:04:08avec ce contexte
01:04:09à l'Assemblée nationale
01:04:10qui n'est pas très propice
01:04:11à la bonne qualité de vie
01:04:12ça présente plus
01:04:14pour faire encore plus attention
01:04:15Eyal Brounkivé
01:04:16s'est aussi prêté
01:04:17au jeu du dépistage
01:04:18avec le questionnaire santé
01:04:20tabac
01:04:21non
01:04:22j'ai arrêté
01:04:23j'ai arrêté de sel
01:04:25dans les plages
01:04:25jamais de la vie
01:04:27charcuterie
01:04:27aïe aïe aïe
01:04:29aïe aïe aïe
01:04:30oui
01:04:31stress
01:04:32jamais
01:04:33non
01:04:33surtout pas
01:04:35parfois on va mettre
01:04:37stress
01:04:37parfois
01:04:38nous dit
01:04:38charcuterie
01:04:39aïe aïe aïe
01:04:39charcuterie
01:04:40ce que j'ai retenu
01:04:41merci Marco
01:04:42merci d'être venu ce soir
01:04:43dans chaque voix compte
01:04:44merci à Mariette
01:04:45et à Olivier
01:04:46et merci à vous
01:04:47de nous avoir suivi
01:04:48cette émission est rediffusée
01:04:49tout à l'heure à 23h30
01:04:50et vous avez tout le pont
01:04:51de l'ascension
01:04:52pour la revoir
01:04:52sur lcp.fr
01:04:54ou sur les plateformes
01:04:55de podcast
01:04:56passez une belle fin de semaine
01:04:57je vous dis à mardi prochain
01:04:58je vous souhaite une excellente soirée
01:05:00sur la 8
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