- il y a 1 jour
Dans « LCP-Lundi C'est Politique », en partenariat avec Radio Classique et Challenges, Francis Letellier reçoit Jean-François Copé, maire « Les Républicains » de Meaux, ancien ministre.
Avec :
- Thierry Fabre pour Challenges,
- Laurie-Anne Toulemont pour Radio Classique,
- Elsa Mondin-Gava pour LCP,
- Hugo au perchoir pour Twitch.
Face à vous : Christophe Robert, sociologue, délégué général de la Fondation pour le Logement des défavorisés (ex-Fondation Abbé Pierre) « Pour les sans voix ».
Alors que l'Assemblée nationale figure plus que jamais au coeur de la vie politique, Francis Letellier interroge chaque lundi les ténors du parlement et du gouvernement, en partenariat avec Radio Classique et Challenges.
En première partie de l'émission : un tête-à-tête avec une grande personnalité politique, pour mettre en perspective l'ouverture de la semaine parlementaire, avant les Questions au Gouvernement du mardi.
Francis Letellier est ensuite rejoint en plateau par trois chroniqueurs, journalistes politiques des rédactions de LCP, Radio Classique et Challenges, pour un échange avec l'invité.
Pour conclure l'émission, le face à face : une personnalité issue du monde culturel, économique ou social (écrivain, artiste, expert...) interpelle l'invité et réagit à ses propos.
Hugo au Perchoir, « streamer » politique et parlementaire sur Twitch, intervient également en relayant les questions de sa communauté.
Diffusée le lundi à 19h30 et rediffusée à 23h30, l'émission est également disponible en replay sur LCP.fr et la chaîne YouTube de LCP. Les moments forts seront aussi relayés sur Radio Classique et Challenges.
Avec :
- Thierry Fabre pour Challenges,
- Laurie-Anne Toulemont pour Radio Classique,
- Elsa Mondin-Gava pour LCP,
- Hugo au perchoir pour Twitch.
Face à vous : Christophe Robert, sociologue, délégué général de la Fondation pour le Logement des défavorisés (ex-Fondation Abbé Pierre) « Pour les sans voix ».
Alors que l'Assemblée nationale figure plus que jamais au coeur de la vie politique, Francis Letellier interroge chaque lundi les ténors du parlement et du gouvernement, en partenariat avec Radio Classique et Challenges.
En première partie de l'émission : un tête-à-tête avec une grande personnalité politique, pour mettre en perspective l'ouverture de la semaine parlementaire, avant les Questions au Gouvernement du mardi.
Francis Letellier est ensuite rejoint en plateau par trois chroniqueurs, journalistes politiques des rédactions de LCP, Radio Classique et Challenges, pour un échange avec l'invité.
Pour conclure l'émission, le face à face : une personnalité issue du monde culturel, économique ou social (écrivain, artiste, expert...) interpelle l'invité et réagit à ses propos.
Hugo au Perchoir, « streamer » politique et parlementaire sur Twitch, intervient également en relayant les questions de sa communauté.
Diffusée le lundi à 19h30 et rediffusée à 23h30, l'émission est également disponible en replay sur LCP.fr et la chaîne YouTube de LCP. Les moments forts seront aussi relayés sur Radio Classique et Challenges.
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NewsTranscription
00:00:01A un an de la présidentielle, à droite, plusieurs candidats sont sur les rangs.
00:00:04Edouard Philippe et Bruno Retailleau sont déjà déclarés.
00:00:06Tous les deux ont participé au gouvernement d'Emmanuel Macron.
00:00:09Pour 2027, devront-ils assumer cet héritage où lui tourner le dos ?
00:00:13Question de positionnement et de stratégie, de choix sur les sujets économiques.
00:00:16Le temps de la clarification est arrivé.
00:00:18La prochaine présidentielle sera aussi une question de survie pour la droite,
00:00:22concurrencée par le Rassemblement National.
00:00:23Pour en parler avec nous, Jean-François Copé, maire Les Républicains de Maux,
00:00:27ancien ministre, qui est l'invité de LCP, l'indice est politique.
00:00:47Bonsoir, ravi de vous retrouver sur le plateau de l'indice et politique sur LCP.
00:00:51Bonsoir Jean-François Copé, merci d'être avec nous.
00:00:53Je vous présente ceux qui sont en face de vous pour vous interviewer ce soir,
00:00:56mes éminents consoeurs et confrères.
00:00:58D'abord, Lauriane Tout-le-Mont pour Radio Classique, bonsoir Lauriane.
00:01:02Elsa Mondagava, bonsoir, pour LCP Elsa, bonsoir.
00:01:04Bonsoir Thierry Fab, qui est en train de faire le challenge.
00:01:07Et puis Hugo, Hugo Couturier, Hugo Auperchoir sur la chaîne LCP Twitch Assemblée Nationale,
00:01:12en direct, pour réagir en temps réel.
00:01:14Et peut-être des questions qui vous seront directement adressées par les gens qui nous suivent.
00:01:19Et puis en fin d'émission, vous aurez un invité face à vous pour parler de logement.
00:01:23Il est en l'occurrence le délégué général de la Fondation pour le logement des défavorisés, ex-Fondation Abbé Pierre.
00:01:30Le gouvernement promet de passer à la vitesse supérieure pour aider les Français confrontés depuis deux mois à l'envolée
00:01:35des prix des carburants.
00:01:36Sébastien Lecornu doit normalement dire plus cette semaine.
00:01:39Le Premier ministre est sous la pression des différentes oppositions qui réclament plus.
00:01:42Et sous la pression aussi des Français qui voient leur pouvoir d'achat diminuer de semaine en semaine.
00:01:48Maude Bréjon, porte-parole du gouvernement, ministre chargé de l'énergie, a donné un petit peu le tempo ce matin.
00:01:55On voit que cette situation perdure.
00:01:57Et on sait aujourd'hui que quand bien même le conflit s'arrêterait demain, les effets se feront ressentir dans
00:02:04la durée.
00:02:06Il y a donc lieu de continuer à aider d'abord les Françaises et les Français que l'on aide
00:02:09déjà.
00:02:10Et à amplifier ces aides, pour être extrêmement clair, davantage de Français seront aidés dans les semaines à venir parce
00:02:17que la situation devient de plus en plus difficile.
00:02:20Elle est de plus en plus difficile parce qu'elle dure.
00:02:22Et donc de nouvelles annonces seront faites par le Premier ministre d'ici à une semaine.
00:02:27Jean-François Copé, vous qui êtes élu de Seine-et-Marne, un territoire en bordure de l'île de France
00:02:32qui est à la fois semi-urbain, rural, où les gens utilisent beaucoup la voiture,
00:02:35est-ce que les gens que vous croisez pensent que le gouvernement était à la hauteur et fait assez ?
00:02:40Ils sont évidemment, pour beaucoup d'entre eux, très inquiets parce que le sujet numéro un, c'est un sujet
00:02:47d'argent, c'est un sujet de revenu.
00:02:49Beaucoup de Français sont extrêmement inquiets, pas simplement un mot, de l'envolée des prix du carburant puisque c'est
00:02:57aujourd'hui un moyen de transport essentiel.
00:02:59Est-ce que le gouvernement doit faire plus et plus vite surtout ?
00:03:01La question, ce n'est pas tellement de savoir ce qu'il doit faire plus et plus vite.
00:03:04La question, c'est qu'il ne faut pas mentir.
00:03:08Si on veut vraiment aider les Français en matière de pouvoir d'achat, à ce moment-là, il n'y
00:03:14a pas 36 solutions, il faut faire des économies ailleurs.
00:03:16Ça, on va y revenir, mais là, en l'occurrence, oui, mais là, ok.
00:03:19Mais aujourd'hui, c'est...
00:03:20Mais Français, c'est-à-dire qu'il ne faut pas y revenir, c'est maintenant qu'il faut le
00:03:22dire.
00:03:22Non, mais on va y revenir dans l'émission, je veux dire.
00:03:23Non, mais j'ai compris, mais j'ai bien compris ce que vous allez dire.
00:03:25Mais pourquoi vous mettez tout de suite ça en face ?
00:03:28C'est parce que j'en ai un peu marre, en fait, de la manière dont les partis extrémistes nous
00:03:35disent
00:03:35que le gouvernement n'a qu'à bloquer les prix ou baisser les taxes.
00:03:39Mais pourquoi pas ?
00:03:40Non, en fait.
00:03:40Tout simplement parce que c'est bien gentil de dire ça.
00:03:43C'est la facilité de l'opposant, surtout quand il est démagogue.
00:03:46Le vrai sujet, c'est qu'on n'a plus de...
00:03:48D'accord, mais les Français, ils entendent ça.
00:03:48Non, mais écoutez...
00:03:49Ils entendent ça et ils disent qu'il faut remplir le réservoir et ça coûte cher.
00:03:51Je sais bien.
00:03:52Le gouvernement, il ne fait pas grand-chose, avouez.
00:03:53Le gouvernement ne fait pas grand-chose.
00:03:55C'est que malheureusement, nous avons...
00:03:57Nos gouvernements successifs depuis ces dernières années ont été tellement irresponsables
00:04:02dans la gestion des deniers publics qu'il n'y a pratiquement plus de marge de manœuvre.
00:04:06J'entends, mais je ne comprends pas.
00:04:07Oui, mais je ne vois pas.
00:04:08Donc, si on doit faire un effort sur le pouvoir d'achat,
00:04:11et j'entends Maude Bréjean le dire à l'instant,
00:04:14alors ce qui est absolument capital,
00:04:16c'est que le gouvernement ait le courage de dire comment il va le financer.
00:04:21D'accord, mais ça ne dit pas comment on aide les Français aujourd'hui.
00:04:24Il n'y a pas 36 solutions.
00:04:25Si on doit baisser les taxes, ce qui, de mon point de vue,
00:04:28va créer des effets de bord considérables.
00:04:30Parce que baisser les taxes, vous êtes obligés de le baisser pour tout le monde.
00:04:33Donc, y compris des gens qui n'ont pas le même problème de pouvoir d'achat que les autres.
00:04:36La conséquence immédiate, c'est que ça va se chiffrer
00:04:40en dizaines de milliards.
00:04:42Il faut donc pouvoir l'équilibrer.
00:04:43Tout ça d'accord, mais quelle serait votre préconisation ?
00:04:45Est-ce que vous dites au gouvernement, là, il faut quand même y aller plus vite, quand même ?
00:04:49Ma préconisation, je suis désolé, mais j'ai été ministre du Budget.
00:04:52C'est pour ça ?
00:04:52Donc, moi, je considère que si on augmente une dépense,
00:04:57puisque ce sera ça, pour pouvoir aider les Français...
00:04:59Il faut qu'il ne faut rien faire.
00:05:00Il faut le gager sur une économie, dans un autre domaine.
00:05:03J'entends bien, mais je ne comprends pas ce que vous...
00:05:05Ça veut dire, par exemple, qu'il faut prendre des mesures d'économie immédiate
00:05:10dans d'autres domaines.
00:05:10Donc, vous dites un euro dépensé, un euro économisé ailleurs.
00:05:13C'est ça, mon point.
00:05:14Et je n'en demanderai pas.
00:05:15Et comment on peut le dépenser, cet euro ?
00:05:16Avec des chèques carburants ?
00:05:17Après, le vrai sujet, c'est que malheureusement,
00:05:20ce sont des fusils à un coup,
00:05:21parce que le chèque carburant, le gouvernement l'a déjà fait il y a deux ans.
00:05:24Ça a coûté 150 millions d'euros, je crois, de mémoire.
00:05:27Ça a été bouché avalé, bouché oublié.
00:05:31C'est-à-dire que, sur le moment...
00:05:32Donc, ça, c'est pas bon.
00:05:33C'est un petit balon d'économie qui ne suffit pas.
00:05:35Qu'est-ce qui serait bien ?
00:05:36En réalité...
00:05:37Je vous demande une idée, en fait.
00:05:40Toutes les idées qui permettent d'améliorer le pouvoir d'achat des gens
00:05:44pour payer le prix du carburant sont bonnes,
00:05:46mais simplement, comme ça sera de l'argent public,
00:05:48il faut le gager sur des dépenses, des économies.
00:05:51Donc, vous dites...
00:05:52Pour moi, le sujet, dans tous les cas de figure...
00:05:54On n'exclut rien, mais il faut compenser.
00:05:56Que ce soit bloquer les prix, ça veut dire fausser les prix,
00:06:00parce qu'on dit bloquer les prix, comme dit Mélenchon,
00:06:02c'est-à-dire qu'on les fausse, donc on les subventionne.
00:06:03Que ce soit baisser les taxes, c'est la même chose.
00:06:06Ça veut dire que derrière, il faut le compenser.
00:06:09Pardon, c'est pas pour dire...
00:06:10J'en ai assez, moi, de cette idée qu'on va vendre des remèdes miracles.
00:06:15Le côté, ah bah oui, on va aider, on va donner 300 millions ici,
00:06:18150 millions à cette politique du chèque,
00:06:19qui a été celle de M. Macron pendant des années,
00:06:22elle nous a mené à l'impasse, en vrai,
00:06:23parce qu'on n'a pas dit la vérité aux gens.
00:06:25La vérité, c'est qu'on ne peut pas mettre un litre et demi d'eau
00:06:28dans une bouteille d'un litre.
00:06:29Malheureusement, le niveau des délits...
00:06:312,20€, ça coûte cher aussi ?
00:06:332,20€, si c'est du gazole, même 2€,
00:06:36si ça n'en est pas, dans tous les cas de figure,
00:06:38c'est énormément d'argent.
00:06:39Mais le problème, c'est que...
00:06:40Et là, ce sont les Français qui payent directement.
00:06:42Oui, mais il faut bien comprendre que si vous baissez les impôts,
00:06:45ça veut dire que c'est le contribuable qui va le payer autrement.
00:06:48Mais le contribuable n'est pas forcément le consommateur,
00:06:50il y a un Français sur deux qui ne payent pas d'impôts.
00:06:51Mais vous avez complètement raison.
00:06:53Non, mais le Français sur deux qui ne payent pas d'impôts,
00:06:55c'est celui qui en a de plus besoin.
00:06:56Il ne nous a pas échappé que le consommateur,
00:06:58si on baisse sa taxe sur le carburant,
00:07:00qu'il soit riche ou pauvre,
00:07:01il bénéficie de la même baisse de taxe.
00:07:03Donc vous voyez que tout ça est compliqué.
00:07:04Dans tous les cas de figure.
00:07:05Mais pour l'instant, vous n'avez pas de solution miracle.
00:07:07Mais bien sûr qu'on n'a pas de solution miracle.
00:07:08Vous n'avez pas de solution miracle.
00:07:09Mais personne n'a de solution miracle.
00:07:11Il y a des solutions de charlatan,
00:07:13de faire semblant,
00:07:14de faire croire qu'on va régler le problème.
00:07:15Donc en réalité, ce que je veux vous dire,
00:07:17c'est que s'il est décidé une baisse des taxes sur les carburants,
00:07:22ou s'il est décidé un blocage des prix,
00:07:25dans les deux cas de figure,
00:07:27soit c'est du déficit que les Français devront rembourser,
00:07:29soit sinon c'est une économie que l'État doit faire ailleurs.
00:07:32Donc pour l'instant, ce que fait le gouvernement, ça vous va bien ?
00:07:33Comment ?
00:07:33Ce que fait le gouvernement, pour l'instant, ça vous va bien ?
00:07:35Le compte y est, le compte est bon ?
00:07:36Surtout que ce qui ne me va pas,
00:07:37c'est que le gouvernement n'a préservé
00:07:39aucune marge de manœuvre budgétaire
00:07:41durant ces dernières années,
00:07:42et que malheureusement,
00:07:43il ne peut pas faire face à une situation
00:07:45qui est aujourd'hui d'urgence,
00:07:47et c'est ça l'impuissance publique.
00:07:48En tout cas, un euro d'aide sera un euro économisé,
00:07:50ça c'est le ministre du Budget qui l'a dit.
00:07:52Bien sûr.
00:07:52C'est une façon de rappeler que,
00:07:53quoi qu'il en coûte, elle est bien terminée, Elsa.
00:07:55Il n'aurait jamais dû exister une fois terminée la crise du Covid.
00:07:58Et c'est comme ça, à votre avis,
00:07:59que vous expliquez les réticences aussi du gouvernement ?
00:08:02C'est de dire le quoi qu'il en compte,
00:08:03on a essayé,
00:08:04ça grève encore aujourd'hui nos finances publiques,
00:08:05c'est pour ça que le gouvernement reste
00:08:07sur des mesures ciblées d'après vous ?
00:08:08Je vais vous donner un exemple très concret.
00:08:10Si, pour une raison X ou Y,
00:08:12la guerre en Iran ne se termine pas,
00:08:14et malheureusement,
00:08:15vu la manière dont ces gens complètement fous
00:08:17gèrent la situation,
00:08:19je parle de ces leaders populistes,
00:08:21que ce soit aux Etats-Unis,
00:08:23que ce soit ce qu'on voit en Iran, etc.,
00:08:25si cette guerre qui ne dit pas son nom
00:08:27se poursuit, se prolonge,
00:08:29ce que nous risquons, nous,
00:08:31c'est d'avoir un choc inflationniste majeur.
00:08:34Et pour le coup, nous n'avons plus
00:08:35un euro de marge de manœuvre budgétaire.
00:08:37Donc voilà pourquoi, effectivement,
00:08:39nous sommes aujourd'hui,
00:08:40comme on dit vulgairement,
00:08:41à l'os,
00:08:41qu'il n'y a pas de marge de manœuvre.
00:08:42Donc il va bien falloir prendre
00:08:44des décisions drastiques dans ce contexte.
00:08:46Vous l'avez expliqué,
00:08:47vous n'êtes ni favorable
00:08:48aux baisses des taxes proposées par le RN,
00:08:50ni favorable au blocage des prix
00:08:52que souhaitent les insoumis.
00:08:54Est-ce que la nationalisation
00:08:55d'un groupe comme Total est taboue ?
00:08:57Après tout, on parle de reprendre
00:08:58une forme de souveraineté.
00:09:00C'est une idée idiote, en fait.
00:09:03Parce que je rappelle ce que c'est
00:09:04qu'une nationalisation.
00:09:06Une nationalisation, ça veut dire
00:09:07que l'État achète l'entreprise
00:09:09à hauteur de 50, 80, 100% de son capital.
00:09:14Vous connaissez la valorisation de Total aujourd'hui ?
00:09:16L'État n'arrive même pas
00:09:18à faire un chèque pour les Français.
00:09:20Alors Manuel Bompard...
00:09:21Et vous me dites qu'ils vont nationaliser les Total.
00:09:25Manuel Bompard,
00:09:26la France insoumise en face de vous hier
00:09:27sur un média disait
00:09:28que c'est une entreprise
00:09:30qui fait beaucoup d'argent,
00:09:31donc l'État est tout de suite remboursé.
00:09:33Mais d'accord.
00:09:34C'est ce qu'il dit,
00:09:35mais c'est un raisonnement.
00:09:35Oui, c'est un raisonnement.
00:09:37Il oublie un petit détail,
00:09:40c'est que pour ça,
00:09:41il faut qu'il l'achète, l'État.
00:09:42Et l'État n'a pas les moyens
00:09:44d'acheter cette société.
00:09:45Et les bénéfices réalisés,
00:09:48ils le sont par une entreprise privée.
00:09:51L'État n'est pas un entrepreneur privé.
00:09:53Il n'a absolument pas
00:09:54le même mode de fonctionnement.
00:09:56Donc tout ça, en réalité,
00:09:57n'est pas responsable.
00:09:59Et encore une fois,
00:10:00lorsque je dis que la solution
00:10:02d'un blocage des prix par l'État
00:10:05ou d'une baisse d'impôts
00:10:07n'est pas la bonne solution,
00:10:09ce n'est pas que ce n'est pas la bonne solution.
00:10:10C'est que ça ne peut se faire
00:10:11que si l'État fait des économies
00:10:13dans d'autres domaines
00:10:14pour ne pas que ça aggrave.
00:10:15Et ce, la bonne solution,
00:10:17ce serait d'enquêter, justement,
00:10:18pour savoir s'il y a
00:10:19des profiteurs de crise.
00:10:20Un député du groupe
00:10:20de la droite républicaine,
00:10:21Antoine Vermorel-Marquès,
00:10:23fait cette proposition en disant
00:10:24qu'il faut qu'on puisse regarder
00:10:25côté distributeur et côté pétrolier
00:10:28s'il n'y a pas finalement
00:10:29des gens qui s'enrichissent
00:10:30sur cette crise.
00:10:30Ça me paraît être une très bonne idée
00:10:31parce que c'est une initiative
00:10:33de transparence qui permettra
00:10:35de renforcer le degré de connaissance
00:10:37des parlementaires,
00:10:39mais aussi des Français,
00:10:40sur la réalité de ce marché.
00:10:42Et qui va aller taxer
00:10:43si on se rend compte
00:10:44que des marges sont faites.
00:10:45Oui, typiquement,
00:10:46voilà un exemple de chose
00:10:47que le gouvernement doit faire.
00:10:49C'est que là, il y a effectivement
00:10:51un surcroît de recettes fiscales
00:10:52qui est lié à l'augmentation
00:10:55des prix du pétrole.
00:10:56Moi, je ne vois que des avantages
00:10:58à ce que l'État redistribue
00:11:00ce surcroît de recettes fiscales
00:11:02pour aider les Français
00:11:03les plus défavorisés.
00:11:03Et taxer les recettes
00:11:05et les bénéfices des grands groupes,
00:11:06par exemple, ou des distributeurs.
00:11:09Pourquoi pas ?
00:11:09Mais à la condition, naturellement,
00:11:11que ça ne se traduise pas,
00:11:13à la fin, par une double peine.
00:11:14Parce que, par exemple,
00:11:16ce qu'en total bloque les prix,
00:11:17ça veut dire qu'il prend
00:11:18sa propre partie de l'effort.
00:11:21Donc, on ne peut pas le retaxer
00:11:22une deuxième fois.
00:11:22Sauf à vouloir en permanence
00:11:25culpabiliser les uns ou les autres,
00:11:26ce que font très bien
00:11:28LFI d'un côté,
00:11:30le RN de l'autre.
00:11:30Mais ce n'est pas comme ça
00:11:31que marche le monde.
00:11:32Vous avez été ministre du budget.
00:11:34Là, on se voit que le budget
00:11:34a été voté il y a à peine six mois.
00:11:36Il y a une crise internationale
00:11:37entre-temps.
00:11:38Est-ce que le budget,
00:11:38il est caduque ?
00:11:39Est-ce qu'il faut un PLFR,
00:11:40un projet de loi de finances
00:11:42rectificatif,
00:11:42pour justement que ce budget
00:11:43soit sincère avec tout ce qu'on a
00:11:45connu dans le monde
00:11:46depuis son adoption ?
00:11:47De toute façon, le budget,
00:11:48du jour où il a été voté,
00:11:49on avait compris
00:11:49qu'il ne serait pas sincère.
00:11:51Puisque, en réalité,
00:11:52il partait sur des hypothèses
00:11:53qui avaient peu de chances
00:11:54d'être mises en oeuvre,
00:11:55ce que, d'ailleurs,
00:11:56et la Cour des comptes
00:11:57et le Haut Conseil aux finances publiques
00:12:01a tout de suite dit.
00:12:03Mais votre parti l'a voté.
00:12:05Oui, il l'a voté.
00:12:07Parce que, qu'est-ce que les choses disent ?
00:12:07Le pays est totalement paralysé.
00:12:08Le parti l'a voté, le fait.
00:12:09Oui, mais, Francis,
00:12:10le pays est totalement paralysé
00:12:13par cette folie
00:12:14qu'a été la dissolution
00:12:16décidée par Emmanuel Macron
00:12:17et son refus
00:12:18de programmer sa démission.
00:12:20Donc, anticiper.
00:12:21Du coup, on s'est retrouvé,
00:12:22on le savait,
00:12:23je l'ai écrit dès le début,
00:12:24dans trois ans
00:12:25de descente aux enfers
00:12:26jusqu'en 2027.
00:12:27Donc, qu'a fait LR ?
00:12:28Il a fait un acte de responsabilité
00:12:30qui était d'essayer
00:12:30de limiter la casse
00:12:32parce qu'il faut
00:12:32que le pays fonctionne.
00:12:33Il faudra un budget rectificatif,
00:12:34vous pensez ?
00:12:35Mais plus que ça.
00:12:35Il faut une réforme complète
00:12:37du système.
00:12:38Oui, mais ça ne se fait pas du normal.
00:12:39Là, d'ici 2027.
00:12:40Ah non, mais d'ici 2027.
00:12:41Ça n'arrivera pas.
00:12:41Mais est-ce qu'il faut au moins
00:12:42un texte pour corriger
00:12:43les prévisions budgétaires,
00:12:44les aides d'ici l'été ?
00:12:45Oui, mais bien sûr.
00:12:46Le problème qu'on a,
00:12:47vous l'avez compris,
00:12:48c'est qu'il n'y a pas
00:12:48de majorité
00:12:49et que les partis extrémistes
00:12:50bloquent le jeu.
00:12:51C'est-à-dire que les partis
00:12:51extrémistes qui veulent
00:12:52le pouvoir, en réalité,
00:12:54se comportent en parties
00:12:56irresponsables.
00:12:57Ils l'ont montré
00:12:57à l'automne dernier,
00:12:58quand ils ont voté ensemble,
00:12:59LFI et RN,
00:13:0040 milliards de hausses
00:13:01d'impôts sur les entreprises.
00:13:02Ils ont voté 40 milliards
00:13:03de hausses d'impôts.
00:13:04Donc, on voit bien
00:13:06que face à ça,
00:13:07on est avec des partis
00:13:08extrémistes irresponsables
00:13:09et qu'il faut renouer
00:13:10avec la logique
00:13:10d'une droite de gouvernement
00:13:12qui n'a rien à faire
00:13:14avec ces gens-là
00:13:17sévères avec la gestion
00:13:18budgétaire de Sébastien Lecornu.
00:13:20Mais il a tout de même
00:13:21pris une décision,
00:13:21c'est de geler
00:13:226 milliards d'euros de dépenses.
00:13:24Est-ce qu'au moins,
00:13:25vous trouvez que c'est
00:13:26un bon réflexe
00:13:27dans un cas de crise
00:13:28avant de dépenser ?
00:13:30On parle de millions
00:13:31de dépenses,
00:13:31il a gelé des milliards.
00:13:33Est-ce qu'au moins,
00:13:33c'est une saine réaction ?
00:13:34Il n'avait pas le choix.
00:13:35Il fallait absolument
00:13:36qu'il le fasse.
00:13:37D'abord, il faut savoir
00:13:38que les processus
00:13:39de gel budgétaire
00:13:41sont des processus
00:13:42qui sont de très bonne politique
00:13:44pour éviter que ça parte
00:13:46dans tous les sens,
00:13:46dans un contexte comme celui-là,
00:13:48d'un État qui n'est plus tenu.
00:13:49Vous savez,
00:13:49le sujet souvent dit
00:13:50la Constitution ne marche pas,
00:13:52c'est un débat qu'on a
00:13:53ici dans la chaîne parlementaire.
00:13:54Ce n'est pas la Constitution
00:13:55qui est dysfonctionnelle,
00:13:56c'est le système politique
00:13:57qui est dysfonctionnel.
00:13:58Parce qu'en réalité,
00:13:59c'est l'absence
00:13:59de majorité absolue
00:14:01à l'Assemblée nationale
00:14:02qui bloque le jeu
00:14:03dans des proportions folles.
00:14:04Et nous le payons
00:14:05au prix le plus élevé.
00:14:06Donc le gel budgétaire,
00:14:08c'était évidemment
00:14:10la meilleure
00:14:11ou la moins mauvaise décision possible.
00:14:12Sauf qu'il faut faire des choix.
00:14:13Parce qu'il y a 2 milliards
00:14:16Est-ce que vous sentez
00:14:17tout de même une amélioration
00:14:18justement du point de vue budgétaire ?
00:14:19Il y a ce gel
00:14:20et il y a la décision jusqu'alors
00:14:22de ne pas refaire
00:14:23de grandes dépenses
00:14:24comme lors du bouclier tarifaire,
00:14:25vous vous souvenez,
00:14:26lors de la crise énergétique
00:14:27liée à la guerre en Ukraine.
00:14:28Est-ce qu'on peut dire
00:14:29que côté État,
00:14:30il y a une amélioration
00:14:31de faire plus attention
00:14:33aux dépenses ?
00:14:35Oui, vous avez raison,
00:14:36mais en fait,
00:14:37ils n'ont pas le choix.
00:14:39Non, mais je suis désolé
00:14:40de devoir le dire comme si
00:14:40c'est horrible.
00:14:41Parce que dire d'un pouvoir politique
00:14:43qui n'a pas le choix,
00:14:43c'est qu'il s'est mis
00:14:44dans une nasse lui-même
00:14:45par l'absence de majorité absolue
00:14:47et il n'a pas le choix.
00:14:48Pourquoi ?
00:14:48Parce que sinon,
00:14:49le risque,
00:14:50c'est une explosion
00:14:51des taux d'intérêt
00:14:52qui auraient des conséquences
00:14:53absolument dramatiques
00:14:55sur notre situation budgétaire
00:14:56puisque comme on est très endettés,
00:14:58les taux d'intérêt élevés,
00:14:59ça veut dire
00:15:00un surenchérissement
00:15:01du coût de la dette.
00:15:016 milliards,
00:15:022 milliards à trouver
00:15:03sur la Sécu,
00:15:034 sur le budget d'État.
00:15:04Vous les trouvez où,
00:15:05ces 6 milliards ?
00:15:06Les 2 milliards,
00:15:07la Sécu, c'est où ?
00:15:08En vérité,
00:15:09vous ne pouvez pas les trouver
00:15:09en 5 minutes.
00:15:10Vous ne pouvez les trouver.
00:15:11Ce n'est pas pour balayer la question,
00:15:14c'est parce que pour les trouver,
00:15:15il faut un processus budgétaire
00:15:17d'une année,
00:15:18c'est pour ça
00:15:18que l'année budgétaire
00:15:19est organisée,
00:15:20une majorité absolue
00:15:21pour le voter
00:15:21et une vraie transparence
00:15:23sur l'efficacité des mesures
00:15:24parce que ce n'est pas
00:15:25en claquant des doigts.
00:15:26Je prends un exemple
00:15:27très concret,
00:15:27le système des retraites.
00:15:29Vous savez que,
00:15:30malheureusement,
00:15:30le système des retraites
00:15:32contribue à alourdir
00:15:33terriblement
00:15:34le déficit
00:15:34de la Sécurité sociale.
00:15:35Aujourd'hui,
00:15:36nous avons suspendu
00:15:37la réforme des retraites.
00:15:38Le surcoût est colossal.
00:15:40Deuxième exemple,
00:15:41la réforme hospitalière.
00:15:43Il y a un énorme travail
00:15:45à faire sur l'hôpital
00:15:46pour rationaliser,
00:15:48moderniser l'hôpital.
00:15:49Tout est bloqué.
00:15:50Je vous donne là deux exemples.
00:15:51Je pourrais vous en donner
00:15:52sur le secteur social.
00:15:53Mais ça ne se fait pas
00:15:54du jour au lendemain.
00:15:55Donc quand le gouvernement
00:15:55qui est similaire
00:15:56comme ça du jour au lendemain,
00:15:57c'est un effet d'annonce ?
00:15:58C'est un effet d'annonce.
00:15:59En tout cas,
00:16:00ça veut dire qu'il va
00:16:01raboter du mieux qu'il peut
00:16:02dans des conditions
00:16:03qui ne sont pas toujours
00:16:03très transparentes
00:16:04pour limiter les dégâts.
00:16:06On ne va pas refaire
00:16:06l'histoire budgétaire
00:16:07de la France,
00:16:08mais vous critiquez
00:16:09beaucoup la dérive
00:16:10de nos dépenses.
00:16:11À quand remonte
00:16:12une gestion sérieuse
00:16:13du budget de la France ?
00:16:14C'est lorsque Jean-François Copé
00:16:15était ministre du Budget ?
00:16:17Ben oui.
00:16:17Non, sérieux ?
00:16:18Désolé, je suis désolé de vous dire,
00:16:19mais là, vous remuez
00:16:20le couteau dans la plaie.
00:16:20Ben oui, je vous rappelle
00:16:21quand même,
00:16:22puisque vous êtes journaliste,
00:16:23vous êtes précis.
00:16:23Vous vous souvenez sans doute
00:16:24qu'avec mon ami Thierry Breton,
00:16:25entre 2004 et 2007,
00:16:27nous avons fait trois années
00:16:29en exécution,
00:16:30pas en prévisionnelle,
00:16:32en exécution,
00:16:33dans lesquelles nous avons
00:16:34eu des budgets
00:16:35qui étaient avec baisse
00:16:36de la dépense,
00:16:37baisse de l'impôt,
00:16:38baisse du déficit
00:16:38et baisse de la dette.
00:16:39Et depuis plus rien.
00:16:41Ensuite,
00:16:41qu'est-ce qui s'est passé ?
00:16:42Malheureusement,
00:16:43il y a eu,
00:16:43vous le savez,
00:16:44la crise financière de 2009,
00:16:462008, 2010,
00:16:47et là où les Allemands,
00:16:48une fois cette crise terminée,
00:16:50ont tout de suite
00:16:51baissé les dépenses
00:16:52et ainsi maîtrisé leurs comptes,
00:16:55malheureusement,
00:16:56la fin du quinquennat
00:16:57de Nicolas Sarkozy,
00:16:58ça a été très compliqué,
00:16:59il a fallu augmenter
00:17:00en catastrophe les impôts,
00:17:01rappelez-vous du plan Fillon
00:17:02de 11 milliards
00:17:02qui, moi,
00:17:03à titre personnel,
00:17:03m'avait rendu fou,
00:17:04enfin c'est ainsi,
00:17:05et puis après,
00:17:06ça a été la gauche,
00:17:07et puis enfin Macron
00:17:08qui a laissé filer
00:17:09les déficits
00:17:10de manière incroyable.
00:17:11Hugo ?
00:17:11Oui, monsieur Copé,
00:17:12il y a plusieurs questions.
00:17:13Et je vous rappelle,
00:17:13pardon,
00:17:14tu dois vous couper là-dessus,
00:17:14nous respections parfaitement
00:17:16les critères de Maastricht
00:17:17à l'époque où nous étions
00:17:18remerciés avec Thierry Breton
00:17:19sur Jacques Chirac.
00:17:20Oui, il y a plusieurs questions
00:17:21et remarques qui vont
00:17:22dans le même sens,
00:17:22qui vous demandent
00:17:23pourquoi vous êtes de retour,
00:17:25pourquoi vous revenez
00:17:26après une certaine traversée
00:17:28du désert,
00:17:28pourquoi vous avez eu envie
00:17:29de revenir dans une période
00:17:31ou vous risquez
00:17:31de vous prendre des coups ?
00:17:33Bon, je ne sais pas
00:17:33si je vais prendre des coups,
00:17:34mais de toute façon,
00:17:34je ne peux pas en prendre
00:17:35beaucoup plus
00:17:35que ce que j'ai pris
00:17:36il y a 10 ans ou 12 ans
00:17:38lorsque j'ai été
00:17:39dans cette nasse
00:17:40de l'affaire dite Big Ballion,
00:17:42des comptes de campagne
00:17:43de Nicolas Sarkozy à l'époque,
00:17:44enfin une des affaires,
00:17:46après avoir été totalement
00:17:47d'ailleurs innocenté.
00:17:48J'avais décidé vraiment
00:17:49de ne plus me consacrer
00:17:50à la politique nationale.
00:17:52J'étais à la fois
00:17:53mon activité d'avocat
00:17:54et puis maire de mots.
00:17:55Et puis,
00:17:55lorsqu'est arrivée
00:17:56cette dissolution de 2024
00:17:57et la montée des extrémistes,
00:18:00j'ai considéré
00:18:01que je devais
00:18:02prendre la parole,
00:18:03pas pour prendre
00:18:04des fonctions,
00:18:05mais revenir dans
00:18:05le débat public
00:18:06pour contribuer
00:18:07à un message d'alerte
00:18:09à l'égard des Français
00:18:10sur les dangers
00:18:11des partis populistes.
00:18:12Quand on voit
00:18:12les partis populistes
00:18:13au pouvoir en Hongrie,
00:18:15aux Etats-Unis malheureusement,
00:18:16ce système de votre livre,
00:18:17on va en parler tout à l'heure,
00:18:18je pense qu'on doit
00:18:19alerter les Français
00:18:20et puis essayer
00:18:20de recomposer
00:18:21une droite de gouvernement.
00:18:22Vous parliez tout à l'heure
00:18:23des retraites, Lauriane.
00:18:24Vous parliez de la suspension
00:18:25de la réforme des retraites,
00:18:26vous dénoncez
00:18:27une forme de lâcheté.
00:18:28Est-ce que pour vous,
00:18:29beaucoup à droite,
00:18:30il faut repousser
00:18:31l'âge de départ à la retraite ?
00:18:33Jusqu'à quel âge ?
00:18:34Écoutez, d'abord,
00:18:34moi j'étais vraiment
00:18:36très, très, très scandalisé
00:18:38que le PS
00:18:41fasse du chantage
00:18:41au gouvernement
00:18:43sur la réforme des retraites
00:18:44et exige
00:18:45que l'on revienne
00:18:45sur cette réforme.
00:18:46Parce que tout le monde sait
00:18:48qu'il n'y avait pas
00:18:49d'autre choix
00:18:49que de prolonger
00:18:51l'âge de retraite
00:18:52jusqu'à 64 ans.
00:18:5364 ans ?
00:18:53C'était la réforme
00:18:54qui a été suspendue.
00:18:55Bon, c'est déjà
00:18:57un énorme progrès.
00:18:58Bon, on va dire
00:18:59c'est horrible
00:19:00de travailler aussi longtemps.
00:19:01Oui, c'est vrai.
00:19:02Mais il y a des dispositifs
00:19:03de carrière longue
00:19:04qui sont extrêmement généreux
00:19:06et qui sont uniques
00:19:08dans le monde occidental.
00:19:09Le problème,
00:19:10il est simple.
00:19:10Lorsque les gens vous disent,
00:19:11il y avait un très bon dossier
00:19:12dans le journal
00:19:13Le Parisien hier,
00:19:14quand les gens vous disent
00:19:14j'ai cotisé,
00:19:16donc j'y ai droit,
00:19:17c'est pas vrai,
00:19:17c'est un malentendu.
00:19:18Justement.
00:19:19Écoute,
00:19:19attendez,
00:19:20je termine ma foi.
00:19:21Quand on dit
00:19:22j'ai cotisé,
00:19:23j'y ai droit,
00:19:23non,
00:19:24vous cotisez
00:19:25pour les générations
00:19:26précédentes
00:19:26et en réalité,
00:19:27c'est les successeurs
00:19:28qui vont cotiser pour vous.
00:19:29Donc, vu l'espérance de vie
00:19:31d'un côté,
00:19:32la baisse démographique
00:19:33de l'autre,
00:19:34on risque
00:19:37une vraie faillite
00:19:38du système.
00:19:39Donc, il faut travailler
00:19:40plus longtemps
00:19:40comme le font
00:19:41tous les autres pays européens.
00:19:42C'est un problème,
00:19:43il n'y a pas assez d'actifs.
00:19:44Est-ce que vous,
00:19:44vous êtes pour
00:19:46un effort,
00:19:47un plan sur la natalité,
00:19:49ou une immigration choisie ?
00:19:50Il y a plusieurs pistes.
00:19:52Écoutez,
00:19:53moi, je n'ai rien
00:19:53contre les plans
00:19:54comme vous dites
00:19:55pour encourager la natalité,
00:19:56mais enfin,
00:19:56s'il y a vraiment
00:19:57un domaine
00:19:59qui ne se décrète pas,
00:20:01c'est la natalité,
00:20:02si vous voyez
00:20:02ce que je veux dire.
00:20:03Donc, il y a un moment
00:20:04où il faut créer
00:20:04les conditions
00:20:05pour que les gens
00:20:06ont suffisamment confiance
00:20:07en l'avenir.
00:20:07Et aujourd'hui,
00:20:08vous savez que
00:20:09parmi les critères
00:20:10qui expliquent
00:20:11la baisse de la natalité
00:20:12en Europe en général
00:20:13et en Occident aussi,
00:20:15c'est la peur
00:20:16de l'avenir.
00:20:17Bon, donc,
00:20:18moi, je pense que
00:20:18le meilleur plan,
00:20:19il est de créer
00:20:20les conditions
00:20:21de rassurer les gens
00:20:22qui n'aient plus peur
00:20:22pour leur pouvoir d'achat,
00:20:24pour leurs parents,
00:20:25pour leurs enfants
00:20:26et donc rétablir l'ordre.
00:20:28Ça, c'est la première chose.
00:20:30La deuxième chose,
00:20:31une immigration choisie,
00:20:32c'est pas une immigration choisie,
00:20:33ça, c'est un espèce
00:20:34de slogan
00:20:35qu'on met toujours
00:20:36en avant à droite
00:20:37et pourquoi pas,
00:20:38évidemment,
00:20:38l'idée, elle est là.
00:20:40C'est d'essayer
00:20:40de faire venir en France
00:20:42des gens
00:20:43qui peuvent apporter
00:20:44véritablement
00:20:45leur énergie,
00:20:46leurs talents,
00:20:46leurs compétences
00:20:47à notre pays
00:20:48et réussir ainsi
00:20:49leur processus
00:20:49d'assimilation en France.
00:20:51Bon, on en est
00:20:52malheureusement
00:20:52très loin aujourd'hui.
00:20:53Juste une question,
00:20:54vous disiez tout à l'heure
00:20:55quand les gens
00:20:55ont cotisé pour la retraite,
00:20:56ils disent
00:20:57j'ai droit à ma retraite.
00:20:58Il y a une piste
00:20:59qui est taboue à droite,
00:21:00c'est sur les retraités
00:21:01les plus aisés.
00:21:02Est-ce que les retraités
00:21:03les plus aisés
00:21:04doivent éventuellement
00:21:06revenir sur l'exonération
00:21:07de 10% d'impôts
00:21:08pour cela ?
00:21:10D'abord,
00:21:10ce n'est pas tabou.
00:21:12C'est évoqué,
00:21:13mais ça ne se met jamais
00:21:14en place.
00:21:15De manière générale,
00:21:15à droite,
00:21:18normalement,
00:21:19on privilégie
00:21:19les baisses de dépenses
00:21:20aux hausses d'impôts.
00:21:21Donc,
00:21:21sur les retraités
00:21:22les plus aisés.
00:21:22De manière générale,
00:21:23j'ai plutôt tendance
00:21:24à vous dire
00:21:24que je ne commencerai pas
00:21:25par là.
00:21:26Je pense que le vrai
00:21:27programme de réforme
00:21:28des retraites,
00:21:29c'est premièrement
00:21:30d'allonger
00:21:31l'âge de départ
00:21:32pour l'adosser
00:21:33à l'espérance de vie
00:21:34comme ça se fait
00:21:34au Portugal
00:21:35ou à un certain nombre
00:21:36de pays en Europe,
00:21:36qui n'a rien d'infamant,
00:21:39de créer des fonds
00:21:40de pension,
00:21:41c'est-à-dire
00:21:42une retraite
00:21:43par capitalisation
00:21:44complémentaire
00:21:44comme ça existe
00:21:45dans tous les pays
00:21:46du monde,
00:21:46sauf en France
00:21:47pour des raisons
00:21:48idéologiques,
00:21:49idiotes.
00:21:49Et si on l'avait fait
00:21:50dans les années 90,
00:21:51croyez-moi,
00:21:51notre système
00:21:52ne serait pas du tout
00:21:53en danger.
00:21:54Et enfin,
00:21:55troisièmement,
00:21:55une fois qu'on a fait
00:21:56tout cela,
00:21:57de voir dans quelle mesure
00:21:58tout le monde
00:21:58peut contribuer
00:21:59et à ce moment-là
00:22:00le dire également
00:22:01à ceux qui ont
00:22:03des retraites
00:22:03les plus importantes.
00:22:04Mais il ne faut pas
00:22:05non plus faire n'importe quoi
00:22:06parce que la retraite
00:22:06la plus importante
00:22:07ça ne veut pas dire
00:22:08non plus
00:22:08des gens
00:22:09qui sont richissimes.
00:22:10A partir de combien ?
00:22:12Je ne sais pas,
00:22:12j'avoue que je n'ai pas
00:22:14réfléchi à un curseur,
00:22:15il faudrait qu'on prenne
00:22:15le temps,
00:22:16que je prenne plus de temps
00:22:17sur ce sujet.
00:22:17Mais éventuellement,
00:22:19demander aux retraités
00:22:20les plus aisés
00:22:20à fixer le tarif,
00:22:22j'allais dire,
00:22:23ce n'est pas une idée
00:22:23que vous rejetez.
00:22:24Non, c'est attention,
00:22:25mais bien entendu,
00:22:26ça ne peut s'inscrire
00:22:27que dans un plan global.
00:22:27Comme je suis assez habitué
00:22:29quand même à tous ces trucs-là,
00:22:30à toutes ces questions,
00:22:31à chaque fois,
00:22:31c'est la même chose
00:22:32et on vous sort,
00:22:33vous voyez,
00:22:33il veut taxer les plus aisés.
00:22:35Donc non,
00:22:36vous le savez bien entendu,
00:22:37ça ne peut être que dans
00:22:39un plan global
00:22:40où tous les efforts
00:22:42sont demandés
00:22:42à tous les Français
00:22:43et là,
00:22:44à ce moment-là,
00:22:44ça a du sens
00:22:44de demander un effort
00:22:46aussi aux plus aisés
00:22:47mais encore une fois,
00:22:48il faut que ce soit
00:22:49proportionné
00:22:50avec toutes les mesures.
00:22:51Nous sommes sur LCP,
00:22:52on va parler du travail parlementaire
00:22:53parce que le temps presse
00:22:54pour le travail parlementaire,
00:22:55on est très peu loin
00:22:57de la prochaine présidentielle,
00:22:58des sexes sont toujours en attente,
00:22:59certains débattus
00:23:00ou relancés,
00:23:01c'est le cas,
00:23:02Lauriane,
00:23:02sur la fin de vie.
00:23:03Le texte vient de faire
00:23:05son retour au Sénat,
00:23:07les débats promettent
00:23:08d'être tendus
00:23:08sous pression de la droite.
00:23:10Est-ce que vous,
00:23:10si vous étiez parlementaire,
00:23:12vous voteriez cette loi ?
00:23:14Non, je ne crois pas.
00:23:15Pourquoi ?
00:23:15Je ne crois pas
00:23:16parce que
00:23:17j'ai lu les analyses
00:23:21de mon ami Philippe Juvin
00:23:24avec lesquelles
00:23:24j'ai beaucoup parlé
00:23:25de tout cela
00:23:25et je pense que ce texte
00:23:27va trop loin
00:23:29qu'il banalise
00:23:31un certain nombre
00:23:32de décisions
00:23:34qui ont trait
00:23:35à la fin de vie
00:23:36pour finalement
00:23:38un résultat
00:23:39qui ne correspond pas
00:23:41complètement
00:23:41à ce que l'on peut attendre.
00:23:43Donc,
00:23:44je ne suis pas sûr
00:23:45que je le voterai.
00:23:45Mais pour aller jusqu'au bout
00:23:46de ma pensée,
00:23:48je suis surtout
00:23:49très malheureux
00:23:50de voir
00:23:50que ce sujet
00:23:52est aussi,
00:23:53finalement,
00:23:54aussi banalisé,
00:23:55n'a pas donné lieu
00:23:56à des débats
00:23:58aussi approfondis
00:23:59qu'on aurait pu le souhaiter.
00:24:00Non, non,
00:24:00pas à l'Assemblée,
00:24:01en France.
00:24:02Dans les sondages,
00:24:0387% des Français
00:24:04sont disfavorables
00:24:05à l'aide à Montréal.
00:24:06Vous savez combien
00:24:08les sondages sont à risque
00:24:09dans ces cas-là ?
00:24:10Parce que ça simplifie
00:24:11terriblement la question.
00:24:13Quand vous rentrez
00:24:13dans le détail du texte,
00:24:14c'est beaucoup plus complexe.
00:24:16Les réformes sociétales,
00:24:17justement,
00:24:18le président de votre parti,
00:24:20Bruno Retailleau,
00:24:21promet,
00:24:21s'il est élu président
00:24:22de la République,
00:24:23d'y mettre au fin.
00:24:24Est-ce que vous souscrivez
00:24:26à cette promesse ?
00:24:27Alors, c'est-à-dire,
00:24:27il faut faire du cas par cas
00:24:28parce qu'il peut y avoir
00:24:28des sujets dits de société
00:24:30qui peuvent être importants
00:24:32de traiter.
00:24:32Mais de manière,
00:24:33je n'ai pas d'idée comme ça,
00:24:34mais de manière générale,
00:24:35je suis assez d'accord avec lui
00:24:36au sens où nous avons
00:24:38énormément d'urgence
00:24:39dans des domaines
00:24:40politiques, économiques,
00:24:42sociaux, sécuritaires,
00:24:43régalien à traiter
00:24:45avant les débats de société
00:24:46qui, aujourd'hui,
00:24:47sont extraordinairement clivants
00:24:49dans la société.
00:24:49Il y a un encombrement
00:24:51de l'agenda parlementaire.
00:24:52Le gouvernement multiplie
00:24:53les projets de loi,
00:24:55agriculture,
00:24:56programmation militaire,
00:24:57justice criminelle.
00:24:58Est-ce que tout cela
00:24:59est bien utile
00:25:00à un an
00:25:00de l'élection présidentielle ?
00:25:02Les députés finissent
00:25:03de travailler fin février.
00:25:04Non, mais c'est factice,
00:25:05surtout.
00:25:05C'est factice.
00:25:06En fait,
00:25:06rien de tout cela ne passera.
00:25:08Il n'y a pas de majorité.
00:25:08Il y a un théâtre,
00:25:10il y a un côté théâtre d'ombre
00:25:11à tout ça.
00:25:12Vous y êtes toute la journée
00:25:13à la chaîne parlementaire,
00:25:14vous le voyez bien.
00:25:15On fait tous semblant.
00:25:16Ils font tous semblant.
00:25:16Ils font croire
00:25:17qu'ils vont traiter
00:25:18des tas de priorité,
00:25:19mais ils n'ont pas de majorité.
00:25:21Donc, ils ne peuvent pas
00:25:21les traiter.
00:25:22Et c'est dramatique
00:25:23parce que des lois aussi essentielles
00:25:24que la loi sur les polices municipales
00:25:25dont on a absolument besoin.
00:25:27Elle pourrait passer
00:25:28la loi sur les polices municipales.
00:25:29J'espère.
00:25:29Oui, mais j'ai vu.
00:25:30Écoutez,
00:25:31en préparant notre rencontre,
00:25:33je me suis fait passer
00:25:34la liste de tous les textes
00:25:35qui sont en attente.
00:25:36Ils sont tous importants
00:25:37parce qu'il y a aussi
00:25:38la Galédonie.
00:25:38Il y a beaucoup de choses.
00:25:39Il y a la loi sur l'antrisme.
00:25:41La Corse.
00:25:42Il y a la Corse.
00:25:42Je ne sais pas comment
00:25:43vous allez passer tout ça
00:25:45à l'Assemblée et au Sénat
00:25:47sans aucune majorité
00:25:48et une capacité d'obstruction
00:25:50de la part des députés extrémistes
00:25:51quand même très forte.
00:25:53Et alors, justement,
00:25:53vous avez dénoncé
00:25:54les méfaits
00:25:55de l'absence de majorité.
00:25:56Vous avez dit
00:25:57que c'est un blocage absolu.
00:25:58Mais est-ce qu'il ne faut pas
00:25:58s'y habituer
00:25:59à cette absence de majorité absolue ?
00:26:01Est-ce que vous pensez vraiment
00:26:01que les législatives 2027
00:26:03vont donner une large majorité
00:26:05à quelconque parti politique ?
00:26:06Je pense qu'on veut faire
00:26:06de l'avenir de notre pays.
00:26:08Si on pense que c'est super
00:26:09quand il est complètement bloqué,
00:26:10oui, restons comme ça.
00:26:11Oui, ça, c'est sûr.
00:26:12Mais je pense que les Français,
00:26:13c'est des vieux habitués
00:26:14de la démocratie.
00:26:14Vous savez,
00:26:15il y a quand même 250 ans
00:26:16d'expérience.
00:26:16Et les Français,
00:26:17ils connaissent la politique par cœur.
00:26:18Oui, mais comment c'est autant ?
00:26:19Alors, il faut de la proportionnelle
00:26:20ou au contraire ?
00:26:21La proportionnelle,
00:26:22avec le désordre qu'on a là,
00:26:23vous voulez en plus l'aggraver,
00:26:24le pérenniser,
00:26:24que la proportionnelle,
00:26:25vous, c'est tout ce que vous avez trouvé.
00:26:26Les Français,
00:26:27ils peuvent condamner
00:26:27l'absence de majorité absolue.
00:26:28Ce n'est pas pour ça
00:26:29qu'ils vont changer leur vote
00:26:30pour donner une majorité absolue
00:26:31à quelqu'un
00:26:32qui ne sont pas d'accord.
00:26:32On a quand même,
00:26:34je vous disais tout à l'heure,
00:26:35on est dans un pays
00:26:36qui connaît très, très bien
00:26:37la politique.
00:26:38Les Français,
00:26:39ils n'aiment pas beaucoup
00:26:40l'économie,
00:26:40ils n'aiment pas beaucoup
00:26:41la géographie,
00:26:42mais ils adorent l'histoire
00:26:42et la politique.
00:26:43Donc, ils sont bien au point
00:26:43sur tout ça.
00:26:44Et moi, de mon point de vue,
00:26:46tout va dépendre
00:26:46de la présidentielle.
00:26:47Et ils donneront une majorité
00:26:49au futur ou à la future présidente ?
00:26:50Attendez,
00:26:50ça dépend comment tout ça
00:26:51va se faire.
00:26:52Mais en tout cas,
00:26:52c'est une option
00:26:53qu'il va falloir vendre
00:26:54aux Français
00:26:55avec la plus grande énergie.
00:26:56si on arrive à droite
00:26:59à avoir un candidat unique
00:27:00pour la droite
00:27:01et le centre-droit
00:27:02qui est étanche
00:27:03avec le Rassemblement national.
00:27:06Naturellement,
00:27:06le LFI,
00:27:07c'est une évidence,
00:27:08mais étanche
00:27:08avec le Rassemblement national
00:27:09et qui propose une politique
00:27:10que je plaide
00:27:11de droite décomplexée
00:27:12pour rétablir l'ordre
00:27:13et en même temps
00:27:14être une droite de progrès
00:27:17et qu'il est élu,
00:27:19cet homme ou cette femme
00:27:20est élu président de la République
00:27:21et qu'il dit aux Français
00:27:22je dissous l'Assemblée,
00:27:24j'ai besoin
00:27:24d'une majorité absolue
00:27:25pour sortir de ce système
00:27:27complètement dysfonctionnel.
00:27:29On va dire aux Français,
00:27:30c'est vous qui voyez quand même.
00:27:31Est-ce que vous êtes conscient
00:27:33de l'absolue nécessité
00:27:35que le nouveau président
00:27:36de la République,
00:27:37si encore une fois,
00:27:38il l'a emporté
00:27:39avec des idées claires,
00:27:40courageuses de réforme,
00:27:42il a une majorité absolue
00:27:43pour pouvoir gouverner.
00:27:44Sinon, le désordre
00:27:45reprendra dès le lendemain.
00:27:46Et la parole aux Français,
00:27:47justement.
00:27:48Oui,
00:27:49juste sur la fin de vie,
00:27:50c'était pour vous parler
00:27:51des sondages.
00:27:52On rappelle qu'il y a eu
00:27:52la Convention citoyenne
00:27:54sur la fin de vie
00:27:55où pendant 27 jours,
00:27:57des Français tirés au sort
00:27:58ont travaillé
00:27:58et on est sur du 75,6%
00:28:01des gens qui disent
00:28:01qu'il faut qu'on aille
00:28:03vers une fin de vie
00:28:04choisie et décidée.
00:28:06Je sais,
00:28:06je suis minoritaire.
00:28:08J'assume,
00:28:08c'est un sujet
00:28:10extraordinairement difficile
00:28:11qui doit faire l'objet,
00:28:12évidemment,
00:28:13de la souplesse nécessaire.
00:28:15c'est une situation
00:28:15qui est propre
00:28:17à chaque famille,
00:28:18mais je pense que
00:28:20dans ces domaines-là,
00:28:21la loi,
00:28:22par son caractère
00:28:23systématique,
00:28:24peut parfois
00:28:25être mauvaise conseillère.
00:28:25On va revenir
00:28:26à nos préoccupations
00:28:28parlementaires,
00:28:29Thierry,
00:28:29avec les commissions
00:28:31d'enquête parlementaire,
00:28:32surtout une qui a fait parler.
00:28:34Absolument.
00:28:34Il y a beaucoup
00:28:34de commissions d'enquête,
00:28:36et notamment celle
00:28:36sur l'audiovisuel public,
00:28:37qui a suscité
00:28:38un véritable affrontement
00:28:41idéologique,
00:28:41médiatique,
00:28:42entre certains
00:28:43qui trouvaient
00:28:43que c'était un travail
00:28:45malhonnête
00:28:45et d'autres
00:28:46qui trouvaient
00:28:46que c'était un travail
00:28:47qui apportait
00:28:47beaucoup de choses nouvelles
00:28:49sur l'audiovisuel.
00:28:50Qu'est-ce que vous en pensez
00:28:51de cette commission ?
00:28:52Est-ce qu'elle a été utile,
00:28:53quand même ?
00:28:54Vous savez,
00:28:54moi je connais assez bien
00:28:55la question de l'audiovisuel public,
00:28:57parce que j'ai été le porteur
00:28:58d'une réforme
00:28:59qui visait à supprimer
00:29:02la publicité
00:29:03dans l'audiovisuel public
00:29:04le soir,
00:29:05pour justement...
00:29:05Elle a été mise en place,
00:29:06cette réforme.
00:29:07Absolument,
00:29:07pour justement faciliter
00:29:09le financement d'oeuvres
00:29:11qu'on ne peut pas trouver
00:29:12dans le secteur privé
00:29:13pour des raisons
00:29:14qui ont trait
00:29:15à la rentabilité.
00:29:16Donc moi je suis très attaché
00:29:17à ce qu'il y a
00:29:17à un audiovisuel public.
00:29:18Je veux simplement
00:29:19qu'il soit bien géré.
00:29:20Le vrai sujet
00:29:20c'est qu'il soit bien géré.
00:29:22Est-ce que Charles Aloncle
00:29:22a bien fait son boulot ?
00:29:23Alors maintenant
00:29:24on en revient à cette commission.
00:29:25Écoutez,
00:29:25je vais vous dire,
00:29:26en fait,
00:29:27cette commission,
00:29:29il n'a fait que de la politique,
00:29:31M. Aloncle.
00:29:32Il ne fallait rien attendre
00:29:33d'autre de l'extrême droite.
00:29:34En fait,
00:29:35qu'est-ce qu'il a voulu faire ?
00:29:36Il a voulu faire
00:29:37beaucoup de bruit.
00:29:38Il a voulu faire
00:29:40beaucoup de bruit
00:29:40en instrumentalisant
00:29:42tout ce que l'on peut faire
00:29:43pour caricaturer
00:29:44l'audiovisuel public.
00:29:45Au profit de qui ?
00:29:46Au profit de ses idées
00:29:48d'extrême droite.
00:29:48Est-ce qu'il y a des propositions ?
00:29:50En gros,
00:29:52oui, bien sûr.
00:29:53On est aussi dans le détail
00:29:53dans les propositions d'économie,
00:29:56dans les liens
00:29:56avec les producteurs
00:29:58de l'audiovisuel,
00:29:59dans les salaires
00:29:59des dirigeants
00:30:00de France Télé.
00:30:01Est-ce qu'il y a des choses
00:30:02quand même intéressantes
00:30:02à regarder ?
00:30:03Mais bien sûr.
00:30:04Je vais vous en dire un mot
00:30:05dans un instant.
00:30:05Vous avez tout à fait raison.
00:30:06Mais simplement,
00:30:07ce qu'il faut bien comprendre,
00:30:08c'est que l'angle qu'il a pris
00:30:09n'a pas été un angle scientifique,
00:30:11n'a pas été un angle rigoureux.
00:30:12Il a pris un angle
00:30:13qui était volontairement polémique
00:30:17en considérant
00:30:17que ce qu'il pouvait faire
00:30:19de plus bruyant,
00:30:20c'était de faire passer
00:30:22sur le grill
00:30:23avec force question agressive.
00:30:25Et on a bien vu
00:30:25que la forme,
00:30:26et tout était dans la théâtralisation
00:30:28de cette affaire,
00:30:29comme le font souvent
00:30:29les populistes,
00:30:31pour essayer justement
00:30:32de les stigmatiser,
00:30:33les dirigeants,
00:30:34les producteurs,
00:30:35et d'en faire
00:30:36des boucs émissaires
00:30:36pour dire,
00:30:37vous voyez,
00:30:37la télé publique,
00:30:38elle est de gauche,
00:30:39c'est avec l'argent des Français,
00:30:41et donc,
00:30:42il faut arrêter tout ça.
00:30:43Bon, c'était ça le message.
00:30:44Est-il un agent d'influence,
00:30:46Charles Alonc,
00:30:47du groupe Bolloré,
00:30:48pour vous ?
00:30:49En tout cas,
00:30:50il n'aura pas nuit.
00:30:51C'est le moins qu'on puisse dire.
00:30:53Mais ce que je veux dire,
00:30:54c'est que, en fait,
00:30:55quand vous rentrez dans le détail
00:30:56d'un certain nombre
00:30:56de propositions d'économie,
00:30:57en fait,
00:30:58elles sont très consensuelles,
00:30:58on est tous bien d'accord,
00:30:59qu'il faut certainement
00:31:00être beaucoup plus rigoureux
00:31:02dans le suivi,
00:31:03le contrôle,
00:31:04de la relation
00:31:04entre la télévision publique
00:31:06et les sociétés de production,
00:31:08les frais de fonctionnement,
00:31:09qui sont évidemment,
00:31:10pour beaucoup d'entre eux,
00:31:11anormalement élevés.
00:31:12Tout ça est parfaitement exact.
00:31:13Le taux de syndicalisation
00:31:15qui bloque les réformes,
00:31:16moi, je l'ai vu
00:31:16quand j'ai présidé
00:31:18la commission sur le sujet,
00:31:19donc ça n'a pas beaucoup changé
00:31:20de ce point de vue.
00:31:21Il y a eu, en revanche,
00:31:22des points très positifs,
00:31:23le développement
00:31:24de l'entreprise unique
00:31:25qui rassemblait
00:31:26les différentes sociétés,
00:31:27il y a eu beaucoup
00:31:27de choses positives,
00:31:28mais pas suffisantes.
00:31:29Mais moi, je défends quand même
00:31:29le contenu du secteur
00:31:31de l'audiovisuel public,
00:31:32je n'ai pas peur de le dire,
00:31:33parce que les documentaires,
00:31:36les podcasts
00:31:36sur la radio publique,
00:31:39les émissions de flux
00:31:40qui, pour certaines d'entre elles,
00:31:41sont de qualité,
00:31:42pas toutes,
00:31:44font aussi la singularité
00:31:46de l'audiovisuel public.
00:31:47Après, on ne va pas se mentir,
00:31:49il y a des choses
00:31:49qui sont très choquantes,
00:31:51et en tant que téléspectateur,
00:31:53je ne peux pas dire
00:31:54que j'ai adoré
00:31:55une soirée des Molières
00:31:57aussi orientée
00:31:58dans sa manière d'être.
00:31:59Alors, je m'imagine
00:32:00que les téléspectateurs
00:32:01auraient attendu autre chose
00:32:02de la présentation
00:32:04de la saison théâtrale française
00:32:05qui était autrement plus diverse,
00:32:07je le dis exprès comme ça,
00:32:09que ce que nous avons vu
00:32:10sur la scène.
00:32:11Quand les populistes
00:32:11trahissent le peuple,
00:32:12c'est le nom de votre ligne,
00:32:13vous avez déjà évoqué,
00:32:15utilisé beaucoup
00:32:15le mot populisme
00:32:16depuis qu'on est ensemble,
00:32:18vous faites une opposition,
00:32:19c'est le constat,
00:32:20entre le peuple
00:32:21et les élites.
00:32:23Vous dites
00:32:23qu'elle est instrumentalisée,
00:32:25mais elle existe,
00:32:26cette différence
00:32:27entre les deux,
00:32:28non ?
00:32:28Non,
00:32:29ce que j'explique,
00:32:30c'est que les populistes
00:32:31ont toujours essayé
00:32:34de conquérir le pouvoir
00:32:36en instrumentalisant
00:32:37les émotions,
00:32:37et donc,
00:32:38la peur,
00:32:38la colère,
00:32:39la frustration,
00:32:39et en expliquant
00:32:40aux électeurs
00:32:41qu'ils étaient,
00:32:43en réalité,
00:32:44pris en otage
00:32:45par quelques personnes
00:32:47élitistes
00:32:48qui confisquaient le pouvoir.
00:32:49J'ai rappelé,
00:32:50dans mon livre,
00:32:51de manière très détaillée,
00:32:53que les populistes,
00:32:54eux-mêmes,
00:32:54quand ils sont au pouvoir,
00:32:56créent leur propre élite,
00:32:57sauf que celle-ci,
00:32:58s'émancipe de l'état de droit,
00:33:00s'émancipe de toute forme
00:33:01d'éthique,
00:33:02et en réalité,
00:33:03ils ne font rien d'autre
00:33:04que de reproduire en pire
00:33:06les mauvais côtés
00:33:07de tout ça.
00:33:08Regardez l'exemple
00:33:09d'Orban en Hongrie,
00:33:10ce qu'on découvre aujourd'hui
00:33:12sur le niveau extrême
00:33:13de corruption,
00:33:14la prise en main complète
00:33:16des médias,
00:33:17des milieux économiques,
00:33:19des atteintes
00:33:20aux libertés fondamentales,
00:33:21par qui ?
00:33:21Par l'élite
00:33:22qui a entouré Orban.
00:33:23Donc,
00:33:24cette instrumentalisation
00:33:25de l'élite,
00:33:25elle est extrêmement choquante.
00:33:27Et la deuxième chose
00:33:27que je dis,
00:33:28c'est que dans toute société
00:33:29organisée,
00:33:30il y a forcément des gens
00:33:31qui réussissent un peu plus vite
00:33:33que d'autres,
00:33:33qui ont des qualités
00:33:35de leadership
00:33:35que d'autres n'ont pas.
00:33:36Ce qui compte,
00:33:37c'est qu'ils soient contrôlés.
00:33:39C'est qu'il y ait
00:33:39de la transparence.
00:33:40Et c'est très exactement
00:33:41la grandeur
00:33:42de la démocratie
00:33:43par opposition
00:33:44aux populistes.
00:33:45Sauf que,
00:33:45alors j'entends,
00:33:46mais si on réactualisait
00:33:48un peu votre livre
00:33:49au rythme de l'actualité,
00:33:50vous avez vu que...
00:33:51Très récent,
00:33:52on a beaucoup parlé d'actualité.
00:33:53Oui, mais ça va très vite,
00:33:54vous allez voir.
00:33:54Vous avez vu que
00:33:55l'explosion des populismes,
00:33:56ce n'est pas seulement
00:33:58en Hongrie,
00:33:59éventuellement en France,
00:34:00parce que vous le dites,
00:34:01vous avez vu
00:34:01les dernières élections
00:34:02au Royaume-Uni
00:34:02qui, pour l'instant,
00:34:03étaient plutôt exempts
00:34:05de ces phénomènes
00:34:06de populisme,
00:34:07pas dans l'histoire,
00:34:08mais récemment.
00:34:09Le Brexit, c'est ça.
00:34:10D'accord.
00:34:11C'est les mêmes, d'ailleurs.
00:34:11Ça continue.
00:34:12Est-ce qu'il n'y a pas
00:34:13un problème en Europe,
00:34:14en fait ?
00:34:14Bien sûr.
00:34:15C'est un problème européen.
00:34:16Non, c'est un problème occidental.
00:34:17C'est un problème occidental.
00:34:18Regardez les Etats-Unis.
00:34:20Qui aurait imaginé
00:34:22voir à la tête
00:34:22des Etats-Unis
00:34:23ce pays censé
00:34:24incarner les libertés
00:34:26et parfois même la morale,
00:34:28y compris religieuse,
00:34:29voir ce pays
00:34:30virer comme il le vire aujourd'hui
00:34:32au populisme le plus absolu,
00:34:34la confiscation des pouvoirs,
00:34:36la fin de la séparation
00:34:37des pouvoirs,
00:34:38la confiscation
00:34:38du pouvoir judiciaire
00:34:39et encore celui-ci résiste
00:34:40des médias,
00:34:42les menaces sur les entreprises.
00:34:43C'est inimaginable.
00:34:45Et les menaces
00:34:45sur le reste du monde.
00:34:46C'est véritablement
00:34:47ce qui est le plus douloureux
00:34:49pour des gens
00:34:50qui, comme moi,
00:34:51ont été élevés
00:34:52au souvenir
00:34:53de l'amitié franco-américaine.
00:34:54Alors, l'Europe
00:34:56n'échappe pas,
00:34:57effectivement,
00:34:57vous avez raison,
00:34:58à ce processus.
00:34:58On a même l'impression
00:34:59que c'est le cœur.
00:34:59C'est la raison pour la...
00:35:01Le cœur, oui et non.
00:35:02L'Argentine,
00:35:03ce n'est pas en Europe.
00:35:04D'accord, d'accord.
00:35:05Et on voit ce qui se passe.
00:35:06Mais là où vous avez,
00:35:06je vous rejoins tout à fait,
00:35:08c'est que vous avez
00:35:08des tentations populistes
00:35:09sur le continent européen
00:35:11liées, il faut bien le dire,
00:35:14aux reculades,
00:35:15aux échecs
00:35:15d'un certain nombre
00:35:16de partis de gouvernement
00:35:17qui n'ont pas osé
00:35:18aller jusqu'au bout
00:35:19des réformes,
00:35:19qui ont calé.
00:35:20C'est ce que j'évoque
00:35:21dans mon livre,
00:35:21les fameux 7 péchés capitaux,
00:35:23les demi-mesures,
00:35:24les renoncements,
00:35:25les mauvaises concessions
00:35:26sur le communautarisme,
00:35:28sur l'éducation,
00:35:29sur les finances publiques,
00:35:30sur ces sujets absolument...
00:35:31Sur la sécurité,
00:35:32sur ces sujets essentiels
00:35:34qui ont fait le lit
00:35:35des populistes.
00:35:36Mais quand vous lisez
00:35:37l'action,
00:35:38le discours des populistes,
00:35:39qu'est-ce que vous voyez ?
00:35:40Que ce sont des charlatans.
00:35:41C'est-à-dire qu'en réalité,
00:35:42ils ne proposent jamais
00:35:43de solution courageuse.
00:35:44Vous appelez Jean-François Copé
00:35:44du coup à une droite décomplexée.
00:35:46Vous avez l'impression
00:35:47qu'elle est décomplexée
00:35:47la droite aujourd'hui ?
00:35:51Jean-François Taillot ?
00:35:52Vous avez l'impression
00:35:53qu'il est décomplexé ?
00:35:53Là, je suis content
00:35:54parce que Bruno Taillot,
00:35:56il a parlé de radicalité raisonnable.
00:35:57C'est un copier-coller
00:35:59de la droite décomplexée.
00:36:00Ça veut dire la même chose.
00:36:01Sans jeu de mots.
00:36:01Mais voilà.
00:36:03Mais en vrai,
00:36:06malheureusement,
00:36:06quand elle a été au pouvoir,
00:36:07elle était très...
00:36:09Elle n'a pas été jusqu'au bout.
00:36:10Il n'y a pas quelque chose
00:36:10qui a changé là quand même ?
00:36:11Écoutez, on verra bien.
00:36:12Pour l'instant,
00:36:13le moins qu'on puisse dire,
00:36:14c'est qu'il faut que
00:36:15cette droite décomplexée,
00:36:17elle garantisse son efficacité
00:36:20en montrant qu'elle est étanche
00:36:21par rapport au Rassemblement national.
00:36:22Regardez l'état du PS
00:36:23qui s'est vautré avec LFC.
00:36:26Ils ont fait toutes les alliances.
00:36:27Au passage,
00:36:28on est tellement plus indulgents
00:36:29avec le PS qu'avec la droite.
00:36:31Parce que nous,
00:36:32on ne nous passe pas
00:36:33quand on a une demi-alliance
00:36:34au fin fond du Tarn-et-Garonne
00:36:36avec un Rassemblement national,
00:36:38alors qu'eux se sont alliés
00:36:39absolument partout.
00:36:39C'était même un UDR.
00:36:41Absolument.
00:36:42Partout.
00:36:43Mais je ne pense pas que là.
00:36:44Partout avec LFC.
00:36:46Et on dit,
00:36:46non mais ce n'est pas grave,
00:36:47l'extrême gauche,
00:36:48c'est frais, c'est printanier.
00:36:49D'ailleurs, on appelle ça
00:36:50la gauche de la gauche.
00:36:50Bon, c'est une honte.
00:36:51Et regardez comment le PS,
00:36:53qui était quand même
00:36:54le chantre de la laïcité,
00:36:57s'est vautré dans le communautarisme.
00:36:59Le PS qui se vautrait dans le communautarisme.
00:36:59Bien sûr.
00:37:00Mais ils ont tous aidé
00:37:01de manière scandaleuse.
00:37:03C'est ça qui est impardonnable.
00:37:04Hugo.
00:37:05Oui, monsieur Copé,
00:37:06vous parlez de populisme.
00:37:07Je suis retrouvé en cherchant
00:37:08un article de 2012
00:37:09qui parlait de vous,
00:37:11qui faisait une revue
00:37:12de presse internationale
00:37:13et qui disait
00:37:15à l'étranger,
00:37:16Copé est vu comme un populiste.
00:37:18Est-ce que vous n'avez pas été
00:37:19vous aussi populiste
00:37:20dans votre carrière,
00:37:20notamment au moment
00:37:21de la guerre de l'UMP ?
00:37:22Alors, encore une fois,
00:37:23il faut se mettre d'accord
00:37:24sur le terme.
00:37:24Moi, j'ai toujours fait partie
00:37:26de la philosophie
00:37:27des partis de gouvernement,
00:37:29c'est-à-dire de ceux
00:37:29qui considèrent
00:37:30qu'il n'y a pas
00:37:32de politique assumée
00:37:34qui ne donne
00:37:35de solution crédible.
00:37:36Voilà.
00:37:36Par exemple,
00:37:37vous ne m'avez jamais entendu
00:37:39dire qu'il fallait
00:37:41être complaisant
00:37:42sur les finances publiques.
00:37:44Jamais.
00:37:44Et quand vous entendez
00:37:45aujourd'hui
00:37:46Mme Le Pen dire
00:37:47qu'elle voudrait
00:37:48la retraite à 60 ans,
00:37:49elle veut bien 62 ans.
00:37:50Je rappelle que c'était
00:37:51la première proposition
00:37:52qui a été faite ici
00:37:53dans la niche parlementaire
00:37:54du RN il y a 18 mois.
00:37:55C'était la baisse
00:37:56de l'âge de la retraite.
00:37:57Bon, vous ne m'avez jamais
00:37:58entendu faire de la démagogie
00:37:59sur ces sujets-là.
00:38:01Alors après,
00:38:01je ne sais pas
00:38:02quel est le journaliste étranger
00:38:03qui avait écrit...
00:38:04Le Télégraph,
00:38:05vous qualifiez
00:38:05d'outsider populiste
00:38:06dont la campagne
00:38:07a beaucoup parlé
00:38:08de blancs anti-blancs
00:38:09censés être un fléau
00:38:10dans les banlieues.
00:38:10Bon, écoutez,
00:38:12pourquoi pas ?
00:38:12C'est les Britanniques.
00:38:15Qui n'ont plus de leçons
00:38:16à nous donner
00:38:16dans ce domaine d'ailleurs.
00:38:17Comment expliquez-vous
00:38:18que les populistes
00:38:19aient capté massivement
00:38:21l'électorat populaire ?
00:38:22Parce qu'on voit bien
00:38:23que l'électorat de Le Pen-Bardella
00:38:25c'est notamment
00:38:26la classe ouvrière
00:38:27que le PS a perdu
00:38:29mais que la droite aussi a perdu.
00:38:31Quelle est votre explication profonde ?
00:38:33Parce que les partis de gouvernement
00:38:35et en particulier la droite
00:38:35parce que la France est très...
00:38:37En fait, la France
00:38:37est à droite aujourd'hui
00:38:38sur beaucoup de sujets
00:38:39mais les Français
00:38:41mais les gouvernements de droite
00:38:42n'ont pas fait ce pour quoi
00:38:43ils avaient été élus
00:38:44et c'est ça que nous payons.
00:38:46On nous attendait
00:38:47sur la sécurité
00:38:48et c'est vrai
00:38:48qu'entre...
00:38:49Notamment à partir de 2007
00:38:50on a bien vu
00:38:52il y avait une grande attente
00:38:53et on a reculé.
00:38:54On a laissé
00:38:55les effectifs de police
00:38:56par exemple à l'époque.
00:38:57Moi j'avais été très critique
00:38:58vis-à-vis de ce qui avait été fait.
00:38:59Bien sûr.
00:39:00Sur les finances publiques
00:39:01on attendait une bonne gestion
00:39:03et on a laissé filer
00:39:04les déficits
00:39:06dans cette même période
00:39:07et puis les socialistes
00:39:07les ont aggravés.
00:39:08sur les questions migratoires
00:39:10on a promis
00:39:10qu'on serait très ferme.
00:39:11On n'a pas été.
00:39:12Je peux vous citer
00:39:13un certain nombre d'exemples
00:39:14comme ça.
00:39:14Le sujet prioritaire
00:39:14pour reconquérir
00:39:15la classe ouvrière
00:39:16c'est lequel ?
00:39:17Je pense qu'il y en a deux.
00:39:18Non il y en a deux.
00:39:19Il y en a deux alors lesquels ?
00:39:20Il y en a deux.
00:39:20C'est le pouvoir d'achat
00:39:21et c'est la sécurité.
00:39:23C'est les deux.
00:39:24Aujourd'hui à mot
00:39:26moi je vois bien
00:39:27ce que me disent les gens
00:39:28et d'ailleurs
00:39:28ils ont beaucoup soutenu
00:39:30la politique que je conduis
00:39:31à mot de sécurité.
00:39:32On a été très très ferme
00:39:33là-dessus
00:39:34avec 350 caméras
00:39:36avec 180 policiers
00:39:38municipaux armés
00:39:38on a fait un gros travail
00:39:39pour baisser la délinquance
00:39:40dans des quartiers
00:39:42qui étaient très délincogènes
00:39:43avant
00:39:43avec beaucoup de bars
00:39:44de tours etc.
00:39:45Bon pourquoi je vous dis ça ?
00:39:46C'est parce que
00:39:46quand on parle avec les gens
00:39:47on se rend compte
00:39:47qu'en fait
00:39:48leurs deux sujets
00:39:49c'est le revenu
00:39:50et c'est la peur.
00:39:52Lauriane.
00:39:52Et c'est là-dessus
00:39:53qu'il faut apporter des réponses.
00:39:54Quels échos vous avez eus
00:39:55de votre dernier livre
00:39:57dans la classe politique ?
00:39:58Edouard Philippe a fait
00:39:59l'éloge de votre livre.
00:40:00Est-ce que vous avez eu
00:40:01de retour par exemple
00:40:02de Bruno Retailleau ?
00:40:03Alors de manière générale
00:40:07les hommes politiques
00:40:08entre eux
00:40:08ne sont pas hyper bienveillants.
00:40:10Ils ne se lisent pas
00:40:12les uns les autres.
00:40:13Comment ?
00:40:13Ils ne se lisent pas
00:40:14les uns les autres.
00:40:14Ils peuvent se lire
00:40:15mais entre eux
00:40:17se lire
00:40:18et appeler l'autre
00:40:19pour dire
00:40:19écoute j'ai lu ton livre
00:40:20c'est juste un chef-d'oeuvre
00:40:21absolu
00:40:22c'est une espèce
00:40:22d'effort
00:40:24psychanalytique
00:40:24hyper difficile.
00:40:25Il n'y a qu'Edouard Philippe
00:40:26qui l'a fait quoi ?
00:40:27Non il n'y a pas
00:40:28qu'Edouard Philippe
00:40:28qui l'a fait
00:40:29il y en a un certain nombre
00:40:29d'autres
00:40:30mais à la question
00:40:31est-ce que Bruno Retailleau
00:40:32l'a fait
00:40:32la réponse c'est non.
00:40:33C'est dommage
00:40:34vous le regrettez ?
00:40:36On regrette toujours
00:40:37de ne pas être félicité.
00:40:38Vous présentez aussi
00:40:39votre livre
00:40:39comme une contribution au débat.
00:40:41Oui bien sûr
00:40:42mais c'est une contribution au débat.
00:40:43Il aurait pu dire
00:40:44tiens j'apprécie
00:40:44cette contribution au débat.
00:40:45Il n'y a pas eu.
00:40:46Après maintenant
00:40:47si vous me demandez
00:40:47mon avis personnel
00:40:48sur mon livre
00:40:49oui c'est un excellent livre.
00:40:50Mais ça je vous le comprends.
00:40:51C'est un excellent livre
00:40:52parce que
00:40:53c'est le livre
00:40:54de quelqu'un
00:40:54qui n'est pas candidat
00:40:56donc c'est même pas pour moi
00:40:57que je le fais
00:40:57mais qui a pour vocation
00:40:59d'alerter les français
00:41:00sur la gravité
00:41:01du risque populiste.
00:41:03Alors justement
00:41:03il y en a un qui est candidat
00:41:05c'est Edouard Philippe
00:41:06candidat à la présidentielle
00:41:07à Reims hier
00:41:08il a réuni ses cadres
00:41:09pour organiser la campagne
00:41:10c'est pas encore
00:41:12officiellement
00:41:12le lancement de campagne
00:41:13mais ça a donné le ton quand même.
00:41:15Je viens de la droite
00:41:17je l'ai dit sur le perron
00:41:19de Matignon
00:41:19le jour de ma prise de fonction
00:41:22et croyez-moi
00:41:22à l'époque
00:41:25ça en a surpris
00:41:27quelques-uns
00:41:29qui ne s'y attendaient pas
00:41:30à l'époque
00:41:31on disait que
00:41:32tout ça n'avait plus de sens
00:41:33je sais d'où je viens
00:41:35et je ne vais pas m'en excuser
00:41:36de la même façon
00:41:37que je ne vais pas m'excuser
00:41:38d'avoir été
00:41:39le premier ministre
00:41:40le premier premier ministre
00:41:41d'Emmanuel Macron
00:41:42et je suis assez fier
00:41:43d'avoir été le premier
00:41:44premier ministre
00:41:45d'Emmanuel Macron
00:41:46c'est-à-dire
00:41:46le premier premier ministre
00:41:48d'un quinquennat
00:41:50où réformer la France
00:41:52était encore
00:41:53un mot
00:41:53qui avait un sens.
00:41:55Est-ce qu'Edouard Philippe
00:41:56il est le mieux placé
00:41:57pour représenter la droite
00:41:58en 2027 ?
00:41:58On verra bien
00:42:00vous n'avez pas l'air
00:42:01très convaincu
00:42:01comment ?
00:42:02Mais non mais c'est pas ça
00:42:02le sujet
00:42:03c'est que la campagne
00:42:03présidentielle
00:42:04elle passe pour la droite
00:42:06par la nécessité absolue
00:42:09qu'il n'y ait qu'un seul candidat
00:42:10aujourd'hui
00:42:11il y en a beaucoup
00:42:12donc il faut absolument
00:42:13que ce départage ait lieu
00:42:15aujourd'hui il est en tête
00:42:16dans les intentions de vote
00:42:17ce qui évidemment
00:42:18est un élément absolument majeur
00:42:20mais on n'est qu'au tout début
00:42:22de l'aventure.
00:42:23Alors il nous avait promis
00:42:24un programme massif
00:42:25sans ces termes
00:42:26après les municipales
00:42:27et puis il a gagné les municipales
00:42:29mais on attend toujours
00:42:30son programme massif
00:42:30qui tarde
00:42:31alors est-ce que vous avez
00:42:32une explication
00:42:32qu'est-ce que ça révèle
00:42:33ce silence à votre avis ?
00:42:35Le silence en question
00:42:36c'est parce qu'il est en train
00:42:37de, enfin je ne suis pas
00:42:39son point de parole du tout
00:42:40mais il est en train
00:42:40de créer les conditions
00:42:42d'une montée en puissance
00:42:43d'une campagne
00:42:44il est le favori
00:42:45c'est lui qui est aujourd'hui
00:42:46le mieux placé à droite
00:42:47donc je pense qu'il construit
00:42:50un récit
00:42:51et ce qui sera très important
00:42:53c'est de voir comment
00:42:54dans les premiers discours
00:42:57de campagne
00:42:57il va positionner les choses
00:42:59mais là il a déjà hier
00:43:01de mon point de vue
00:43:02posé assez clairement
00:43:03un premier acte politique majeur
00:43:04qui est de dire
00:43:05je suis de droite
00:43:06pourquoi ?
00:43:07parce qu'il y avait
00:43:08quelques bonnes raisons
00:43:09de penser
00:43:09que celui qui a été
00:43:10le premier ministre
00:43:11il y a maintenant longtemps
00:43:12d'un président de la République
00:43:14qui a imaginé
00:43:17gouverner au centre
00:43:18en faisant du coup
00:43:18monter les extrêmes
00:43:19la question était de savoir
00:43:20est-ce que
00:43:21est-ce qu'Edouard Philippe
00:43:23allait prendre des risques
00:43:23parce que c'est un risque
00:43:24de faire ce qu'il a fait
00:43:25de dire qu'on est droite
00:43:26bien sûr
00:43:27pour quelqu'un
00:43:28pour quelqu'un
00:43:29dont l'électorat
00:43:30dont le parti
00:43:31a une partie
00:43:32de ses mandants
00:43:33qui sont
00:43:34qui sont au centre
00:43:35voire au centre-gauche
00:43:36il a clairement décidé
00:43:38c'est ça qu'on a compris
00:43:39c'est un premier acte
00:43:40je pense que ce qui s'est passé hier
00:43:41est loin d'être complètement
00:43:43à mettre de côté
00:43:44c'est une rupture
00:43:45c'est en tout cas
00:43:46un premier acte
00:43:47qui fonde sa candidature
00:43:48alors pour le mettre en oeuvre
00:43:49quel type de mesures
00:43:50doit-il annoncer
00:43:51est-ce qu'il doit
00:43:52promettre du sang et des larmes
00:43:53notamment sur la retraite
00:43:54il avait annoncé
00:43:56d'ailleurs dans Challenge
00:43:56il y a quelques années
00:43:58une retraite à 67 ans
00:44:00il s'était engagé là-dessus
00:44:01est-ce qu'il faut
00:44:02aller aussi loin
00:44:03dans une élection présidentielle
00:44:05au risque de susciter
00:44:06un rejet
00:44:07vous avez dit du sang
00:44:09et des larmes
00:44:09du sang et des larmes
00:44:10alors à ma connaissance
00:44:12cette phrase
00:44:13a été prononcée
00:44:15par Winston Churchill
00:44:17c'est exact
00:44:17en 1940
00:44:19nous parlions à l'époque
00:44:21de guerre
00:44:22de mort
00:44:23de déportation
00:44:25de nazis
00:44:28là il s'agit de savoir
00:44:29si on va
00:44:31dérembourser le Doliprane
00:44:34reporter un peu
00:44:34la construction du rond-point
00:44:35près de chez nous
00:44:36ou travailler un peu plus longtemps
00:44:37ou faire des aides au carburant
00:44:39un peu plus longtemps
00:44:40pas beaucoup plus longtemps
00:44:41non mais écoutez-moi
00:44:41attendez
00:44:42je vais vous dire
00:44:43c'est pas un hasard
00:44:44si je fais cette référence historique
00:44:45je pense qu'il est grand temps
00:44:47que le discours politique
00:44:49des partis de gouvernement
00:44:50se réapproprie
00:44:51quelque chose
00:44:53qu'avec les années
00:44:54et l'absence de guerre
00:44:55nous avons perdu
00:44:56c'est le rapport au tragique
00:44:57le tragique
00:44:58c'est pas ça
00:44:58ce qu'a dit Emmanuel Macron
00:44:59vous reprenez
00:45:00le tragique
00:45:00ou il a repris les miens
00:45:02ça fait longtemps
00:45:03le tragique
00:45:04c'est la guerre
00:45:06j'ai construit
00:45:06j'ai fait construire à mot
00:45:07le musée de la grande guerre
00:45:08celui de 14-18
00:45:10bon inutile de vous dire
00:45:11que c'est ça le tragique
00:45:12alors pourquoi je vous dis tout ça
00:45:13c'est parce que la réforme des retraites
00:45:15c'est pour préserver
00:45:17les générations futures
00:45:19c'est travailler
00:45:20un peu plus longtemps
00:45:21un peu plus longtemps
00:45:22je suis désolé de devoir le dire
00:45:23un peu plus longtemps
00:45:23avec des revenus garantis
00:45:25parce que forcément
00:45:26quand on travaille plus longtemps
00:45:27c'est toujours mieux
00:45:28que quand on est à la retraite
00:45:29et surtout qui permet
00:45:30de financer la retraite
00:45:32de ses aînés
00:45:33et de réaliser
00:45:34ceux des enfants
00:45:35donc c'est vital
00:45:37pour le pays
00:45:37la campagne présidentielle
00:45:38la campagne présidentielle commence
00:45:39mais là on sent bien
00:45:40que vous serez plus prompt
00:45:41à suivre Edouard Philippe
00:45:43par exemple
00:45:43que Bruno Retailleau
00:45:44ça le choix
00:45:44il semble fait
00:45:46non le choix
00:45:47quand je l'aurai définitivement fait
00:45:49je vous jure je le dirai
00:45:50mais je parle plus de mon genre
00:45:51de faire de la langue de bois
00:45:52donc je vous le dirai
00:45:53c'est vrai
00:46:07de l'école chiracienne
00:46:08comme Valérie Pécresse
00:46:09comme Xavier Bertrand
00:46:10comme Gérard Larcher
00:46:11comme Michel Barnier
00:46:12comme Michel Tabarro
00:46:13comme beaucoup d'autres
00:46:14moi je vous dis très clairement
00:46:15je n'accepterai pas d'ambiguïté
00:46:17avec le Rassemblement National
00:46:18je n'en serai pas
00:46:20voilà
00:46:20parce que je sais trop
00:46:21ce que c'est l'histoire de France
00:46:24ça veut dire qu'à partir du moment
00:46:26où on fait le choix
00:46:27de soutenir M. Ciotti
00:46:29plutôt que M. Estrosi à Nice
00:46:30ou quand on vote
00:46:31comme l'a fait François-Xavier Bellamy
00:46:32la motion de censure
00:46:34présentée par Jordan Bardella
00:46:36contre Ursula von der Leyen
00:46:37qui est de notre famille politique
00:46:38je considère que c'est une ambiguïté
00:46:41qui n'est pas acceptable
00:46:41vous dénoncez le risque des extrêmes
00:46:44il faut donc d'après vous
00:46:44un seul candidat du centre
00:46:46du centre droit
00:46:47est-ce que si Gabriel Attal
00:46:48surpasse ses droits
00:46:49un candidat de droite
00:46:50et de centre droit
00:46:51on va le dire dans ce sens là
00:46:52pas la même chose
00:46:52très bien
00:46:53est-ce que si c'est Gabriel Attal
00:46:55qui est le mieux placé
00:46:56est-ce que ça peut cocher vos cases ?
00:46:58on verra bien
00:46:59je ne sais pas répondre
00:47:00à votre question aujourd'hui
00:47:01mais vous n'excusez pas
00:47:01il n'y en ait qu'un
00:47:02et deuxièmement
00:47:03il faut qu'il soit de droite
00:47:04et du centre droit
00:47:05et en tête des sondages
00:47:06puisque ça ne peut pas passer
00:47:07par une primaire
00:47:08comme ils n'ont pas voulu de primaire
00:47:10moi je n'ai pas voulu de primaire
00:47:11mais comme ils n'ont pas voulu de primaire
00:47:12je voulais que je vous dise
00:47:13donc à partir de là
00:47:13il n'y a pas 36 solutions
00:47:14il faut que ce soit des candidats
00:47:16d'abord qu'il y ait des moyens financiers
00:47:22les moyens financiers
00:47:22il a tout ça Gabriel Attal
00:47:23les moyens financiers
00:47:24si c'est lui
00:47:26vous ne dites pas
00:47:27non vous ne l'excusez pas
00:47:27mais Francis
00:47:28il n'est pas le seul
00:47:29je vous rappelle quand même
00:47:30que monsieur Retailleau
00:47:31est chef de parti
00:47:32monsieur Edouard Philippe
00:47:33il est chef de parti
00:47:34donc les trois
00:47:35ils ont les moyens
00:47:35avec un peu moins de moyens financiers
00:47:37avec un peu moins de moyens
00:47:38vous savez qu'on est le pouvoir
00:47:39il n'y a plus de moyens financiers
00:47:39honnêtement je n'en sais rien du tout
00:47:40mais ce que je sais
00:47:41c'est qu'ils peuvent
00:47:42en tout cas avoir des emprunts bancaires
00:47:43qui leur permettent
00:47:44de financer la campagne
00:47:45donc moi mon point simplement
00:47:46c'est qu'il faut qu'il n'y ait
00:47:47qu'un seul candidat
00:47:47qu'il ait les moyens
00:47:49de mobiliser
00:47:50et puis ensuite
00:47:51qu'il soit de droite
00:47:52et de centre-droite
00:47:54et étanche avec le Rassemblement National
00:47:55il y en a d'autres
00:47:56sur la ligne de départ à droite
00:47:58Dominique de Villepin
00:47:59Xavier Bertrand
00:48:00David Lissnard
00:48:01et j'en passe
00:48:01est-ce que parmi ceux-là
00:48:03certains devraient déjà renoncer
00:48:06pour clarifier les choses
00:48:07franchement
00:48:07c'est à eux de le décider
00:48:10c'est pas à moi
00:48:10vous l'avez évoqué
00:48:11l'étanchéité nécessaire
00:48:13avec le Rassemblement National
00:48:14quelle garantie devra donner
00:48:16là où le candidat
00:48:17qui sera soutenu par la droite
00:48:18en 2027
00:48:19sur cette étanchéité
00:48:21comment on garantit ?
00:48:22pas d'alliance
00:48:23pas d'alliance électorale
00:48:24non non
00:48:25pas d'alliance électorale
00:48:26non mais vous savez
00:48:26les choses elles sont très très simples
00:48:29pour moi
00:48:30lorsqu'on fait une alliance électorale
00:48:32c'est à dire on dit aux Français
00:48:32on peut gouverner ensemble
00:48:33il ne faut pas mentir
00:48:34moi le coup des alliances techniques
00:48:36telles que nous a fait la gauche
00:48:37avec Mélenchon
00:48:39j'ai trouvé que c'était une honte
00:48:40parce qu'en réalité
00:48:42ça voulait dire que ces gens-là
00:48:43expliquaient qu'ils préféraient
00:48:44garder leur petit siège
00:48:45en s'alliant avec des gens
00:48:47qui ont
00:48:47je parle de LFI
00:48:49des propos antisémites
00:48:51absolument scandaleux
00:48:52qui sont communautaristes
00:48:54au dernier degré
00:48:54qui sont gauchistes
00:48:57voilà
00:48:57c'est pour ça que moi
00:48:58je mets un signe populiste
00:48:59un signe égal
00:49:00entre l'ERN et LFI
00:49:02sauf que l'EPS
00:49:03a assumé une alliance
00:49:04avec ces gens-là
00:49:05électorale
00:49:05pour garder leur siège
00:49:06donc pour moi
00:49:07eux sont définitivement compromis
00:49:08c'est là l'étanchéité
00:49:09et quand je dis
00:49:10pas d'alliance avec l'ERN
00:49:11c'est à dire
00:49:12pas d'alliance électorale
00:49:13avec l'ERN
00:49:13pendant les municipales
00:49:14on l'a vu
00:49:15est-ce que vous tentez
00:49:16vous êtes inquiet
00:49:18que ça puisse se répéter
00:49:19pendant la campagne présidentielle
00:49:20qu'il y ait des rapprochements
00:49:22LR-RN
00:49:22j'appelle simplement
00:49:23l'attention sur le fait
00:49:24que s'il y a une alliance
00:49:26électorale
00:49:27qu'on le veuille ou non
00:49:28non mais ce que dit Lorient
00:49:29c'est qu'il y a eu
00:49:30des précédents municipales
00:49:31Bruno Retailleau
00:49:32là-dessus
00:49:32il n'a pas été clair
00:49:32vous lui demandez
00:49:33d'être clair
00:49:33moi je l'ai été
00:49:34il faut qu'il clarifie
00:49:35Bruno Retailleau
00:49:36je l'ai demandé
00:49:37oui
00:49:39alors le dernier
00:49:40qui a réussi
00:49:41que la droite
00:49:42arrive au pouvoir
00:49:43et a éliminé
00:49:44le rassemblement national
00:49:45au premier tour
00:49:46c'était Nicolas Sarkozy
00:49:48en 2007
00:49:48est-ce qu'il y a
00:49:49quelque chose
00:49:50à garder
00:49:52de la méthode Sarkozy
00:49:54pour la présidentielle
00:49:55là en 2027
00:49:55bien sûr
00:49:57la droite décomplexée
00:49:58c'est-à-dire
00:49:59d'assumer
00:49:59ce que nous sommes
00:50:00et en vérité
00:50:01si nous avions fait
00:50:02ce pourquoi
00:50:02nous avions été élus
00:50:04en 2012
00:50:04je pense que Nicolas Sarkozy
00:50:06il aurait été réélu
00:50:07voilà
00:50:07donc tout le but du jeu
00:50:09c'est d'assumer
00:50:10vis-à-vis des français
00:50:11une politique
00:50:12qui soit réaliste
00:50:14qui soit en même temps
00:50:15raisonnable
00:50:16pas une politique
00:50:17de raison
00:50:17c'est pas raison ou tort
00:50:19raisonnable
00:50:20vous savez
00:50:20nos parents
00:50:21quand on était petit
00:50:22nous disaient
00:50:22soit raisonnable
00:50:23c'est-à-dire
00:50:24ne fait pas
00:50:25quelque chose
00:50:25qui ne peut pas fonctionner
00:50:27donc le but du jeu
00:50:28c'est qu'on dise aux français
00:50:29nous allons vous proposer
00:50:31des solutions
00:50:32raisonnables
00:50:33réalistes
00:50:33on ne va pas vous mentir
00:50:34sur ce qu'on est capable de faire
00:50:35ou de ne pas faire
00:50:36Hugo rapidement
00:50:36justement vous parlez de pas de porosité
00:50:38Horizon par exemple
00:50:39a déjà voté des textes
00:50:41du rassemblement national
00:50:42notamment lors de leur
00:50:43dernière niche parlementaire
00:50:44est-ce que c'est une erreur
00:50:45de la part d'Horizon
00:50:46vous parlez de pas de porosité
00:50:47est-ce que c'est une erreur ?
00:50:48on peut en discuter
00:50:49parce que ça dépend aussi
00:50:51des textes
00:50:52si on dit
00:50:53non mais c'est autre chose
00:50:53c'est pas tout à fait pareil
00:50:55parce que
00:50:56si on est sur des évidences
00:50:58le texte sur l'Algérie
00:50:58c'était la première fois
00:50:59qu'un texte
00:51:01représenté par le Rennes
00:51:02a été voté à l'Assemblée
00:51:03c'est vrai
00:51:03mais je ne vous ai pas dit
00:51:04oui avec enthousiasme
00:51:05j'ai dit on peut en discuter
00:51:06ce que je veux dire par là
00:51:07c'est qu'il peut se trouver
00:51:09que de manière circonstanciée
00:51:10sur un sujet donné
00:51:12tout le monde se retrouve
00:51:12ça a été le cas par exemple
00:51:14sur la constitutionnalisation
00:51:17de l'IVG
00:51:18donc je veux dire
00:51:19il y a des choses
00:51:20qui peuvent être
00:51:21de nature
00:51:23à rassembler la nation
00:51:25voilà
00:51:25mais encore une fois
00:51:26ça ne doit en aucun cas
00:51:28constituer un accord électoral
00:51:30ni encore moins
00:51:30un accord de gouvernement
00:51:31en commun
00:51:32Jean-François Copé
00:51:33il est l'heure maintenant
00:51:33d'accueillir dans un instant
00:51:34l'invité qui va être face à vous
00:51:36Christophe Robert
00:51:36c'est important d'être dans
00:51:37de temps en temps
00:51:38d'assumer ces nuances
00:51:39Christophe Robert
00:51:40qui est délégué général
00:51:41de la Fondation pour le logement
00:51:42des défavorisés
00:51:42son portrait est signé
00:51:43Marco Pommier
00:51:45Face à vous
00:51:46Jean-François Copé
00:51:47un défenseur du droit au logement
00:51:49témoin de la précarité
00:51:53sociologue
00:51:53délégué général
00:51:54de la Fondation pour le logement
00:51:56des défavorisés
00:51:57depuis des années
00:51:59notre invité alerte
00:52:00sur l'aggravation
00:52:01de la crise de l'habitat
00:52:02en France
00:52:03car la production
00:52:04de logements sociaux
00:52:05ralentit
00:52:0693 000 en moyenne
00:52:07par an
00:52:08depuis 2020
00:52:09contre plus de 112 000
00:52:10auparavant
00:52:11la loi SRU
00:52:12en impose pourtant
00:52:1325%
00:52:14dans les communes
00:52:15les plus tendues
00:52:16mais aujourd'hui
00:52:17de nombreuses villes
00:52:18restent loin des objectifs
00:52:20et les demandes
00:52:21explosent
00:52:22plus de 2,8 millions
00:52:23de ménages
00:52:24attendent un logement
00:52:25social en France
00:52:26autre alerte
00:52:28la hausse des expulsions
00:52:29locatives
00:52:30en 2025
00:52:31plus de 30 000 ménages
00:52:33ont été expulsés
00:52:34un record
00:52:35en hausse de 27%
00:52:37sur un an
00:52:37hausse des loyers
00:52:39inflation
00:52:39durcissement
00:52:40des procédures judiciaires
00:52:42pour notre invité
00:52:43l'expulsion
00:52:44reste la pire
00:52:45des solutions
00:52:46elle ne doit pas être
00:52:47une réponse automatique
00:52:49il est urgent
00:52:50de revenir à une logique
00:52:51de prévention
00:52:52des expulsions
00:52:53digne de ce nom
00:52:54d'encadrer les loyers
00:52:55de revaloriser
00:52:56les APL
00:52:56de produire
00:52:57suffisamment
00:52:58de logements sociaux
00:52:59il en va de la responsabilité
00:53:01de l'état
00:53:01et de notre cohésion sociale
00:53:03alors pourquoi la France
00:53:04construit-elle moins
00:53:05de logements sociaux
00:53:06et comment enrayer
00:53:08l'explosion
00:53:08des expulsions locatives
00:53:10face à vous
00:53:11Christophe Robert
00:53:14ces questions
00:53:14qui vont être portées
00:53:16par notre invité
00:53:16qui arrive sur ce plateau
00:53:17Christophe Robert
00:53:18bonsoir
00:53:18je vous laisse
00:53:20saluer Jean-François Copé
00:53:21bonsoir
00:53:21merci d'être avec nous
00:53:22sur ce plateau
00:53:22installez-vous
00:53:23je vous en prie
00:53:24et vous avez
00:53:24presque 8-9 minutes
00:53:26pour échanger
00:53:27avec Jean-François Copé
00:53:28par exemple
00:53:28sur les logements sociaux
00:53:29construire plus
00:53:30de logements sociaux
00:53:31oui bah merci
00:53:32pour cette invitation
00:53:33monsieur Copé
00:53:35vous avez beaucoup parlé
00:53:36de capacité budgétaire
00:53:37des ménages
00:53:38au début de cet entretien
00:53:39la capacité à vivre
00:53:40dans de bonnes conditions
00:53:41on sait que le logement
00:53:42c'est le premier poste
00:53:43de dépense des ménages
00:53:45en moyenne c'est 30%
00:53:46mais pour beaucoup
00:53:46c'est 40, 50, 60%
00:53:48de leurs ressources
00:53:49qui sont dédiées
00:53:49au logement
00:53:50ça s'est inversé
00:53:51en 30-40 ans
00:53:52par rapport à l'alimentation
00:53:53et pour beaucoup
00:53:54de nos concitoyens
00:53:55les plus pauvres a fortiori
00:53:57mais des catégories modestes
00:53:58des classes moyennes inférieures
00:53:59c'est beaucoup trop cher
00:54:00le logement
00:54:00et ça ampute
00:54:01leur capacité
00:54:02de vivre convenablement
00:54:03au quotidien
00:54:04dans ce contexte là
00:54:05il faudrait qu'on arrive
00:54:07à apaiser
00:54:07les marchés du logement
00:54:08qui sont trop chers
00:54:09par rapport au portefeuille
00:54:10des ménages
00:54:11et en fait
00:54:11ce qu'on a vécu
00:54:12depuis 8 ans
00:54:12c'est une baisse
00:54:13de la construction sensible
00:54:14on sait qu'il faut
00:54:15à peu près 400 000 logements
00:54:16par an
00:54:16pour répondre aux besoins
00:54:18globalement
00:54:18on est en dessous
00:54:19des 300 000
00:54:20à une époque
00:54:20on construisait
00:54:21430 000
00:54:22440 000 logements
00:54:23parce que le logement
00:54:25a été perçu
00:54:26comme un des principaux
00:54:27contributeurs
00:54:27à la baisse
00:54:28de dépenses publiques
00:54:28c'est ça la décision
00:54:29qu'il y a eu
00:54:30et notamment
00:54:30sur le volet
00:54:31du logement social
00:54:32pour bien comprendre
00:54:33en quelques mots
00:54:34quand en 2016
00:54:36on construisait
00:54:37125 000 logements sociaux
00:54:39ces dernières années
00:54:40c'était plutôt
00:54:4080 000
00:54:4185 000 par an
00:54:42parce qu'il y a eu
00:54:43une ponction
00:54:43d'1,2 milliard
00:54:45sur le budget
00:54:46des HLM
00:54:46qui vont moins construire
00:54:48moins rénover
00:54:48moins apporter
00:54:49des services
00:54:49à leurs locataires
00:54:50donc ma question
00:54:51c'est comment
00:54:52on peut relancer
00:54:53la production
00:54:53de logements
00:54:53dans ce pays
00:54:54notamment de logements sociaux
00:54:55qui pour beaucoup
00:54:56de nos concitoyens
00:54:57y compris quand ils bossent
00:54:58c'est la seule solution adaptée
00:55:01il y a beaucoup de choses
00:55:03dans votre question
00:55:04mais moi je partage
00:55:05largement ce diagnostic
00:55:06je suis maire d'une ville
00:55:07qui a 40% de logements sociaux
00:55:09des seuils extrêmement élevés
00:55:11à mots
00:55:12et on a fait des choix
00:55:13en plus
00:55:13on a cassé les tours
00:55:14et on a remplacé
00:55:15par des immeubles
00:55:16à taille humaine
00:55:17des immeubles de 4 étages
00:55:18puisque les tours
00:55:18étaient génératrices
00:55:19de mal-être terribles
00:55:20les nouveaux immeubles
00:55:21que nous avons construits
00:55:22de logements sociaux
00:55:22et accessions
00:55:23à taux réduit
00:55:24donc pour des gens
00:55:25qui étaient locataires sociaux
00:55:26et qui ont pu accéder
00:55:28à la propriété
00:55:28ça a complètement changé
00:55:30la qualité de vie
00:55:31donc je sais qu'il y a
00:55:32une martingale gagnante
00:55:33cette martingale gagnante
00:55:34elle passe effectivement
00:55:35par le fait pour l'Etat
00:55:36de repenser sa politique
00:55:38du logement social
00:55:39il faut de l'argent pour ça
00:55:40dit Christophe
00:55:40absolument
00:55:41et les budgets ont été
00:55:42erroniés
00:55:43arrêter les ponctions
00:55:44donc
00:55:44les budgets ont été
00:55:45erroniés
00:55:46pourquoi ?
00:55:46ils ont été erroniés
00:55:47parce que malheureusement
00:55:48l'Etat
00:55:49depuis ces dernières années
00:55:50n'a plus de vision globale
00:55:52mais c'est le logement
00:55:52qui trinque
00:55:53si c'était que le logement
00:55:55oui mais en l'occurrence
00:55:56c'est bien sûr
00:55:57mais malheureusement
00:55:58tous les secteurs
00:55:59sont concernés
00:56:00parce qu'en réalité
00:56:01nous sommes
00:56:01l'Etat s'est ruiné
00:56:03en dépenses de fonctionnement
00:56:04la fonction publique
00:56:05aujourd'hui
00:56:06pèse très lourdement
00:56:07en termes de nombre
00:56:08en termes d'avantages
00:56:09tout n'est pas d'égal
00:56:09et tout n'est pas d'égal
00:56:11c'est vraiment le secteur
00:56:13qui a subi
00:56:14notamment le logement social
00:56:15les plus grosses coupes
00:56:16ça a été un des principales
00:56:17contributeurs
00:56:17à la baisse des dépenses
00:56:18donc ma question c'est
00:56:19est-ce que vous êtes d'accord
00:56:20pour dire que cet argent
00:56:21qui a servi la production
00:56:23et qui crée des logements
00:56:24pendant 50 ans
00:56:2560 ans
00:56:26en dessous du marché
00:56:26il faut lui redonner du souffle
00:56:28pour pouvoir repartir
00:56:29vers une production
00:56:30plus importante
00:56:31et adaptée aux besoins
00:56:32bien sûr
00:56:32mais vous ne pouvez lui redonner
00:56:33du souffle
00:56:34que si vous avez
00:56:34des marges de manœuvre
00:56:35budgétaires
00:56:35je suis désolé d'insister
00:56:36là-dessus à nouveau
00:56:37mais c'est trop facile
00:56:38pour moi d'être complètement
00:56:39dans l'idée de dire
00:56:40vous avez raison sur tout
00:56:41il n'y a qu'à ouvrir les vannes
00:56:42si l'Etat
00:56:43veut renouer
00:56:44avec une nouvelle politique
00:56:45du logement
00:56:45parce qu'aujourd'hui
00:56:46elle est totalement à l'arrêt
00:56:48il faut
00:56:48parce qu'elle est coûteuse
00:56:50on est bien d'accord
00:56:50il faut que l'Etat
00:56:52assume un changement
00:56:53de paradigme
00:56:54et moi je pense
00:56:55et je pense qu'il faut
00:56:56privilégier l'investissement
00:56:58et donc en l'occurrence
00:56:59la construction de logements
00:57:00y compris de logements sociaux
00:57:02et la contrepartie
00:57:03c'est de faire
00:57:04des économies massives
00:57:06sur des secteurs
00:57:07où l'Etat n'a rien à faire
00:57:08ce que je suis en train
00:57:08de vous dire
00:57:09c'est qu'il nous semble
00:57:10que compte tenu des dégâts
00:57:11que provoque le mal logement
00:57:13sur la santé
00:57:14sur l'éducation des enfants
00:57:15sur la vie familiale
00:57:17sur le quotidien
00:57:18de nos concitoyens
00:57:19et bien sûr
00:57:20on l'a dit
00:57:20sur leur amputation
00:57:21de pouvoir d'achat
00:57:22c'est pas un secteur
00:57:23comme les autres
00:57:24et non seulement
00:57:25c'est pas un secteur
00:57:26comme les autres
00:57:26et en plus
00:57:27il a fait l'objet
00:57:27de ponctions
00:57:28beaucoup plus importantes
00:57:29donc il y a un moment
00:57:30on ne peut pas toujours
00:57:31renvoyer à l'idée
00:57:32de dire
00:57:33si on y arrive
00:57:34en faisant des économies
00:57:35ici
00:57:35là je vous parle de ponctions
00:57:36c'est de revenir à un équilibre
00:57:37je n'ai pas demandé plus
00:57:38pour le logement social
00:57:39mais c'est quand même un sujet
00:57:40parce qu'on peut faire autrement
00:57:42on peut par exemple
00:57:43mutualiser les ressources
00:57:44des bailleurs sociaux
00:57:45et puis trouver des moyens
00:57:46pour prendre plus
00:57:47là où on a besoin
00:57:48les arsonaux
00:57:48de mesures
00:57:49elles sont là
00:57:51on les connait
00:57:51c'est vraiment un sujet
00:57:52qu'on a plutôt bien expertisé
00:57:54les uns et les autres
00:57:55mais monsieur le Président
00:57:55si je peux me permettre
00:57:56d'aller jusqu'au bout
00:57:58du raisonnement
00:57:59et de vous porter
00:58:00un peu la contradiction
00:58:00vous avez dit à juste titre
00:58:01que le logement
00:58:02c'est pas un bien
00:58:04comme les autres
00:58:04oui
00:58:05mais parce que vous vous occupez
00:58:06de logement
00:58:06l'alimentation
00:58:08n'est pas un bien
00:58:08comme les autres
00:58:09la santé
00:58:10n'est pas un bien
00:58:10comme les autres
00:58:11la sécurité
00:58:12n'est pas un bien
00:58:13la vérité
00:58:13c'est que
00:58:14notre grande difficulté
00:58:15c'est que l'État
00:58:16depuis trop longtemps
00:58:18a dit oui
00:58:18à tout le monde
00:58:19et moi
00:58:20je pense que demain
00:58:21l'État doit se dessaisir
00:58:23de toute une série de sujets
00:58:24qui ne sont plus
00:58:25de sa compétence
00:58:26soit pour les donner
00:58:27aux collectivités locales
00:58:28avec la ressource fiscale
00:58:30qui va avec
00:58:30soit pour le donner
00:58:31aux privés
00:58:32dans certaines situations
00:58:33et se concentrer
00:58:34sur ce qui relève
00:58:35du lourd
00:58:36dont le logement
00:58:36dans l'infrastructure
00:58:37dont le logement
00:58:38je ne vous ai pas dit
00:58:39que c'était
00:58:40au-dessus
00:58:41des autres sujets
00:58:42bien sûr que c'est
00:58:43avec l'éducation
00:58:43avec la santé
00:58:44avec la sécurité
00:58:45sans doute les sujets
00:58:46majeurs
00:58:47je vous dis qu'il y a eu
00:58:47des ponctions
00:58:48qui nous ont fait passer
00:58:49de 125 000 logements sociaux
00:58:51à 80 000
00:58:51et la banque des territoires
00:58:52la caisse des dépôts
00:58:53qui est le financière
00:58:54du logement social
00:58:54nous dit
00:58:55si on reste
00:58:55dans ce modèle économique
00:58:56ça sera 70 000 par an
00:58:58donc on va créer
00:58:59plus de dégâts sociaux
00:59:00et on a baissé la voilure
00:59:02on a régressé
00:59:03c'est ça dont je vous parle
00:59:03bref
00:59:04on peut ne pas être d'accord
00:59:05et il y a un autre sujet
00:59:06qui a été évoqué
00:59:07dans le sujet tout à l'heure
00:59:07c'est la question
00:59:08des expulsions
00:59:09oui alors sur les expulsions
00:59:10là c'est vraiment un choix
00:59:12enfin cette explosion
00:59:13des expulsions
00:59:14dans votre sujet
00:59:14vous le pointiez
00:59:15c'est un choix politique
00:59:16on n'a jamais vu ça
00:59:17alors il y a deux raisons
00:59:18il y a la fragilité
00:59:19des ressources
00:59:19de nos concitoyens
00:59:20face à des coûts du logement
00:59:21beaucoup trop haut
00:59:22c'est un des premiers facteurs
00:59:24mais le deuxième facteur
00:59:25c'est qu'il a été pris
00:59:26des décisions
00:59:27je pense notamment
00:59:27à la loi de monsieur
00:59:28Guillaume Casbarian
00:59:29de 2023
00:59:30où on prévient moins
00:59:31les expulsions
00:59:32c'est à dire qu'on aide
00:59:32moins les gens
00:59:33mais on les expulse
00:59:34plus rapidement
00:59:35parfois même
00:59:36des ménages que nous
00:59:37nous accompagnons
00:59:37qui sont en fragilité
00:59:39des personnes âgées
00:59:39des personnes avec des enfants
00:59:40des personnes avec des
00:59:42qui accompagnent des personnes
00:59:43en situation de handicap
00:59:44on peut même
00:59:45parfois leur donner des délais
00:59:47on pouvait donner des délais
00:59:48via le juge
00:59:48et on ne peut plus
00:59:49les donner désormais
00:59:50et c'est mauvais pour le propriétaire
00:59:51comme pour le locataire
00:59:52parce qu'en reprenant le paiement
00:59:53comme on le faisait
00:59:54eh bien on satisfaisait
00:59:56tout le monde
00:59:57et là on a vu
00:59:57cette situation sociale
00:59:59devenir extrêmement douloureuse
01:00:01pour beaucoup de nos
01:00:02pour le coup
01:00:03le maire que je suis
01:00:04peut en témoigner
01:00:05mais alors
01:00:06mais des dizaines de cas
01:00:07quelle est la difficulté
01:00:09que nous avons
01:00:09il faut séparer les situations
01:00:11parce que vous avez
01:00:12la manière dont se comportent
01:00:12les organismes
01:00:13de logements sociaux
01:00:14mais aussi les propriétaires privés
01:00:16et en réalité
01:00:17moi je regarde de près
01:00:18le comportement
01:00:19des propriétaires privés
01:00:20qui louent
01:00:21dans des conditions
01:00:21absolument
01:00:22pour certains d'entre eux
01:00:24irresponsables
01:00:25soit des appartements
01:00:26en mauvais état
01:00:27soit pour des loyers
01:00:28beaucoup trop élevés
01:00:29qui fragilisent les familles
01:00:30mais qui fragilisent aussi
01:00:31les propriétaires
01:00:32et même les immeubles
01:00:33donc en réalité
01:00:34sur ce sujet
01:00:34il n'y a pas d'organisation
01:00:36tout ça est fait
01:00:37dans l'anarchie la plus totale
01:00:38et nous les maires
01:00:39on arrive en bout de course
01:00:40on nous disait
01:00:41c'est trop tard
01:00:42la famille vient d'être expulsée
01:00:43donc en fait
01:00:44moi je pense
01:00:44ça c'est peut-être un point
01:00:45qui peut nous dire
01:00:46c'est du cas par cas
01:00:47chaque situation est différente
01:00:48et le juge est bien passé
01:00:49pour le faire
01:00:49mais la loi Cazbarian
01:00:50a réduit la capacité
01:00:51du juge d'appliquer
01:00:52le juge fait son travail
01:00:53mais il est dans l'application
01:00:54de la loi
01:00:55c'est le rôle
01:00:56des associations
01:00:57et des maires
01:00:57d'accompagner ces situations
01:00:59pour que les gens
01:00:59puissent retrouver
01:01:00des solutions
01:01:01et notamment
01:01:02c'est un sujet
01:01:02de pouvoir d'achat
01:01:03c'est un sujet
01:01:04de quantité de travail
01:01:05et c'est une des propositions
01:01:06que je formule dans mon livre
01:01:07il faut assumer
01:01:08que les français
01:01:09ont un problème
01:01:10de pouvoir d'achat
01:01:11que s'ils travaillaient
01:01:12une demi-journée de plus
01:01:13par semaine
01:01:13qui serait survitaminée
01:01:15en matière de salaire direct
01:01:17on réglerait
01:01:18beaucoup de ces problèmes là
01:01:19et on financerait
01:01:20avec ça
01:01:20et l'emploi d'achat
01:01:21et de l'autre
01:01:22la sécurité
01:01:23Christophe Robert
01:01:23d'être venu échanger
01:01:24quelques minutes
01:01:24avec Jean-François Copé
01:01:25sur un sujet
01:01:26qui est très très large
01:01:27merci Jean-François Copé
01:01:28d'avoir été invité
01:01:28de lundi
01:01:29c'est politique
01:01:30qui revient lundi prochain
01:01:31bonne soirée
01:01:32merci
01:01:32à la semaine prochaine
01:01:47Sous-titrage Société Radio-Canada
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