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  • il y a 8 heures
Ce samedi 16 mai, Franck Poncet, PDG de Biocoop, Claire Koralewski, directrice générale de Médiaperformances, et Philippe Crozet, directeur général de La Ruche Qui Dit Oui !, étaient les invités dans l'émission Focus Retail présentée par Eva Jacquot. Focus Retail est à voir ou écouter le samedi sur BFM Business.

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Transcription
00:04BFM Business, Focus Retail, Eva Jaco.
00:10Bonjour à tous, je suis ravie de vous retrouver pour une toute nouvelle émission de Focus Retail.
00:14Et aujourd'hui, focus sur le secteur de la bio qui a retrouvé des couleurs depuis maintenant deux ans.
00:20Comment le marché se porte-t-il alors qu'il semblait se stabiliser ?
00:24Le retour des tensions géopolitiques et la fragilité sur le pouvoir d'achat pourraient rebattre les cartes.
00:29Et pour en parler, j'aurai le plaisir de recevoir Franck Poncet.
00:32Il est directeur général de Biocop. Il sera mon invité pour cette première partie.
00:37Et puis, pour le pitch de la start-up, nous nous intéresserons au circuit court et à l'évolution d
00:41'un acteur historique.
00:42La ruche qui dit oui. Pour en parler, nous recevrons son président directeur général, Philippe Crozet.
00:47Il sera avec nous en plateau Focus Retail. C'est parti !
00:52Focus Retail, l'interview.
00:56Franck Poncet, bonjour. Bienvenue sur le plateau de BFM Business.
01:00Vous êtes le directeur général de Biocop. Bienvenue sur Focus Retail.
01:03Merci, bonjour.
01:04À mes côtés, notre experte, c'est vous, Claire Coraleski.
01:06Cette semaine, vous êtes directrice générale de Média Performance.
01:10Alors, depuis deux ans, le secteur de la bio semble sorti de sa phase difficile.
01:14Les tensions sur le pouvoir d'achat, l'inflation, la rationalisation du parc magasin sont derrière vous.
01:20Sauf que, depuis quelques mois, de nouvelles pressions émergent liées notamment au conflit au Moyen-Orient.
01:26Le pouvoir d'achat des Français s'en trouve quelque peu impacté.
01:30Selon vous, Franck Poncet, est-ce qu'on assiste aux prémices d'une nouvelle crise ?
01:36Tout d'abord, la crise est derrière nous, celle que vous avez évoquée.
01:41Le marché retrouve des couleurs.
01:44Et le leader Biocop fait son travail de leader et annonce de très bons résultats.
01:522024, une année historique.
01:542025, une année record.
01:56Le premier quadrimestre 2026 dans la droite lignée de 2025.
02:00des performances qui sont tirées par la fréquentation.
02:04De plus en plus de monde fréquentent nos magasins.
02:07Plus de volume.
02:08Des gains de part de marché.
02:10Une notoriété qui progresse.
02:12De plus en plus de clients.
02:14Et donc, on gagne de nouveaux clients.
02:16Et donc, tous les signaux sont positifs.
02:19Alors, on reste très attentif à ce qui se passe actuellement.
02:22Le contexte géopolitique, économique, bien évidemment.
02:26Mais pour l'instant, tout va bien.
02:30On a encore plus de monde dans nos magasins.
02:33Tous les signaux sont au vert.
02:35Donc, on reste prudent.
02:38On regarde ce qui va se passer.
02:39Mais j'insiste, la crise était derrière nous.
02:42On a eu de très bonnes performances.
02:44C'est confirmé sur le premier quadrimestre.
02:47Donc, pas d'inquiétude.
02:48Même si on reste encore une fois prudent.
02:51Oui, on le voit.
02:52Notamment, vous progressez.
02:53Biocop, c'est 16% du marché bio.
02:55Néanmoins, vous dites, voilà, vous êtes tiré par le trafic en magasin plutôt positif.
03:01Mais là, depuis ces deux derniers mois, est-ce que vous avez noté que les Français font peut-être plus
03:06attention ?
03:07Est-ce que ça se ressent dans le panier moyen ?
03:09Est-ce que ça se ressent par plutôt un seul passage par semaine au lieu de trois, par exemple ?
03:14Alors, non, toujours de la fréquentation, toujours de la fréquence, toujours de nouveaux clients, toujours des clients beaucoup plus fidèles,
03:24qui découvrent aussi l'offre et la largeur d'offres, qui aussi sont étonnés par, finalement, c'est pas plus
03:32cher de consommer bio.
03:33Je vais prendre un exemple, le rayon des fruits et légumes.
03:36Les fruits et légumes bio chez Biocop sont moins chers que chez nos concurrents spécialisés bio, mais sont aussi parfois
03:42moins chers que les fruits et légumes bio en grande distribution, et même moins chers que le conventionnel.
03:47Donc, si vous achetez des fruits et légumes de saison, qui n'ont pas pris l'avion, qui ne sont
03:52pas soumis à la hausse des prix des engrais, ça coûte pas forcément plus cher.
03:58Et donc, pour l'instant, tout va bien.
04:01Alors, cette année, vous allez fêter vos 40 ans. Biocop, c'est près de 744 magasins.
04:06Vous visiez 160 en ouverture l'an dernier, mais vous en avez ouvert seulement 10, vous en avez fermé 6.
04:11L'ambition, c'est d'arriver à 900 d'ici à quelques années, à 3-4 ans. Comment est-ce
04:17que vous comptez vous y prendre ?
04:18Alors, plusieurs leviers. D'abord, nos sociétaires magasins ont de nouveau beaucoup de projets pour essaimer et donc ouvrir de
04:26nouveaux magasins.
04:27On est sollicité de nouveau par beaucoup plus de nouveaux porteurs de projets qui veulent rejoindre la coopérative et qui
04:35veulent s'engager dans la coopérative.
04:36Et également, des magasins bio indépendants qui sont attirés par ce que l'on peut offrir au sein de la
04:44coopérative et rejoindre ce projet et adhérer au projet Biocop.
04:47Donc, ça va être non pas une course à l'ouverture, c'est un développement maîtrisé, apaisé, progressif, mais on
04:56sait que le potentiel de la coopérative, c'est jusqu'à 900 magasins sur le territoire français.
05:02Et avec quel type de format, justement ? Est-ce que, comme les distributeurs, vous visez la proximité, sachant que
05:07les concepts, les magasins Biocop, ça va de moins de 100 m² à plus de 1000 m² ?
05:11C'est la beauté du modèle, c'est-à-dire qu'on s'appuie sur des formats différents, des zones
05:16différentes.
05:18On peut très bien être à Paris, on peut être dans un milieu urbain, périurbain, provincial, régional, dans des zones
05:25populaires, dans de nouvelles zones.
05:27Donc, le potentiel d'ouverture par le multi-format, le multi-zone et une offre adaptée à chaque fois sur
05:34le territoire, on est très impliqué localement sur le territoire.
05:37D'ailleurs, on travaille beaucoup avec les producteurs locaux.
05:40Donc, le potentiel est là et, encore une fois, si on le fait correctement, à notre rythme, avec des nouveaux
05:46porteurs de projets, en s'appuyant sur nos sociétaires magasins,
05:50on peut avoir un développement bien maîtrisé et créateur de valeurs pour toutes les parties prenantes, notamment pour le monde
05:58agricole.
05:59Claire Corrales.
06:00Oui, alors vous parlez effectivement de l'accessibilité des prix, vous prenez aussi des positions assez militantes sur tout ce
06:05qui est transformation,
06:07sur effectivement, forcément, l'origine des produits. Alors, quand on est retailer, on arrive aussi à être militant ?
06:14L'équilibre, c'est commerçant-militant, militant-commerçant, donc de ne jamais oublier notre ADN, ce qui a fait le
06:22projet et ce qui a fait le succès de la coopérative.
06:24Et en même temps, nous sommes des commerçants et, effectivement, si on veut rendre une bio exigeante, plus accessible, plus
06:31désirable, on sait le faire.
06:34On a toutes les armes pour le faire et c'est bien notre projet, rendre la bio exigeante, accessible et
06:39désirable au plus grand nombre.
06:41Donc, par l'accessibilité, ça peut être les magasins, plus de magasins. L'accessibilité, ça peut être le prix, l
06:47'offre, la largeur d'offre, l'équilibre avec les produits locaux,
06:51construit aussi avec l'amont et nos producteurs et éleveurs bio. Et donc, de défendre une bio qui est française,
06:59locale, paysanne et, bien évidemment, toujours 100% bio,
07:04ça participe à cette accessibilité et même l'accessibilité dans le discours.
07:08Et notamment, peut-être aussi sur votre marque propre. On a vu, selon une étude circana, que les MDD progressent
07:14de 3,7% en volume et grignonne des parts de marché aux distributeurs.
07:18Vous, vous avez créé votre marque il y a 6 ans maintenant. Aujourd'hui, est-ce que ça prend de
07:24plus en plus d'ampleur dans vos magasins ?
07:26Alors, on a environ 600 produits à notre marque Bocop.
07:30Sur 10 000 références ?
07:31Sur 10 000 références au catalogue, plus les produits locaux. Donc, 600 références qui font environ 10% du chiffre
07:39d'affaires.
07:40J'ai souvent envie de dire, et ce n'est pas de l'orgueil mal placé, que c'est surtout
07:44les produits les meilleurs du monde,
07:45parce qu'ils sont bio, ils sont issus du commerce équitable, ils sont avec les ingrédients de nos paysans.
07:51On lutte contre l'ultra-transformation. Donc, quand vous achetez un produit à la marque Bocop, vous pouvez l'acheter
07:57les yeux fermés.
07:59Donc, on pourra développer cette offre, mais là aussi, il n'y a pas d'objectif affiché sur notre marque,
08:06mais elle a tendance à se développer.
08:08Et encore une fois, je vous invite à les déguster, c'est certainement les meilleurs produits du monde.
08:13Claire le disait, vous êtes militant. Mardi, cette semaine, effectivement, la ministre de l'Agriculture, Annie Gennevar,
08:18a rassuré sur l'avenir de l'agence bio et de son maintien auprès de Bruno Martel, son président,
08:25entre les effets d'annonce et la réalité des actes. Quel est, vous, votre regard sur cette annonce ?
08:30Il y a franchement un décalage. Les comptes n'y sont pas.
08:34Tant mieux si l'agence bio pourra continuer à soutenir et à communiquer autour du marché et des valeurs du
08:43bio.
08:44Mais que ce soit le dernier rapport de l'ASNANC, la Stratégie nationale d'alimentation, nutrition et climat,
08:51qui dit qu'on pourrait pousser, bien évidemment, plus le bio.
08:55Quand on voit que les budgets sont plutôt coupés, il y a une différence entre les déclarations et les actes.
09:02Là, elle évoquait quand même la validation d'un budget de 800 000 euros et 5 millions d'euros de
09:07reliquats d'aide pour la conversion au bio.
09:10Est-ce que ça vous paraît suffisant ? Est-ce que c'est des paroles et donc on attend les
09:14actes, justement ?
09:15Forcément, ce n'est pas suffisant.
09:17Deuxièmement, j'aimerais quand même que ça soit concret et que ça soit bien versé, ce qui n'est pas
09:22toujours le cas, honnêtement.
09:24Le message est passé, Claire.
09:25Alors oui, effectivement, vous êtes retailer et pourtant vous défendez aussi publiquement
09:30que les autres retailers doivent défendre le bio, agrandir les rayons bio.
09:34Alors sinon, ça peut nous sembler un peu antinomique de défendre le bio chez les concurrents, mais expliquez-nous.
09:40Je me permets de vous corriger ? On n'est pas retailer.
09:43Pardon.
09:44On n'est pas distributeur.
09:45Vous êtes copérateur.
09:45On est commerçant spécialisé de proximité bio.
09:51Et oui, on part du principe que nous, notre projet, fondamentalement, exclusivement, c'est le développement d'agriculture biologique.
09:59Donc tant mieux si la grande distribution, de nouveau, parce que ça n'a pas été le cas tout le
10:05temps,
10:06notamment en période de crise où mes amis distributeurs ont plutôt réduit leurs assortiments, réduit leurs linéaires,
10:13fait des mauvaises péréquations de prix, qui a déstabilisé l'amont.
10:17Donc nous, on leur dit, on leur propose, mais développer le bio, c'est un sujet de société,
10:23c'est un sujet environnemental, c'est un sujet de santé.
10:26Donc oui, développer le bio, et encore plus, et nous, de toute façon, dans notre rôle de leader, de précurseur,
10:33et avec notre modèle, et on prouve que notre modèle fonctionne,
10:36on saura de toute façon être toujours en avant sur des combats et des valeurs,
10:40et tant mieux si ça devient les normes de demain.
10:43Oui, mais ça, Franck, justement, ça vous a été bénéfique, en fait, pour vous,
10:47le fait qu'il y ait moins de produits dans les rayons de la grande distribution.
10:49Vous avez récupéré des clients, finalement, au supermarché.
10:53Oui, on sert environ 5 millions de foyers français avec nos 750 magasins.
10:58On a gagné des clients, des nouveaux clients, plus de 300 000 foyers,
11:04et forcément, on a récupéré quelques déçus de la grande distribution,
11:07et qui sont venus nous rejoindre, et qui ont découvert la qualité de l'offre Biocop,
11:13et qui sont donc plus nombreux dans nos magasins.
11:15Mais tant mieux s'il y a de plus en plus de distributeurs qui proposent une bio,
11:20encore une fois, qui n'a pas fait le tour du monde, quand même,
11:23qui est française, qui est paysanne, qui est locale,
11:27on participe à un projet de transformation de la société,
11:30et nous, on est pour, on les invite à le faire.
11:32Alors, Franck Poncé, l'autorité de la concurrence,
11:34vient de sanctionner plusieurs acteurs du secteur pour des pratiques jugées anti-concurrentielles,
11:39une amende de un peu plus de 12 millions d'euros
11:41pour le syndicat des magasins bio et des distributeurs.
11:43Est-ce que, selon vous, cette affaire risque d'abîmer durablement l'image de la bio auprès des consommateurs ?
11:50Et comment est-ce qu'aujourd'hui, vous allez redonner de la confiance ?
11:55Alors, d'abord, on n'est pas directement concernés.
11:57C'est le SINADIS, le syndicat des distributeurs spécialisés bio,
12:01qui a reçu cette notification,
12:04et qui, j'imagine, défendra les intérêts des distributeurs spécialisés bio.
12:08Mais je ne crois pas que ce soit le sujet qui puisse compromettre
12:12et l'avenir de la distribution spécialisée bio,
12:15et sa stratégie fournisseur et production.
12:18C'est, je pense, une décision qui est assez inédite, d'ailleurs,
12:24mais qui pourrait compromettre en quoi nos actions en faveur de cet agriculteur biologique.
12:32Je ne suis pas inquiet, mais de toute façon, je compte sur le syndicat pour se défendre.
12:37Alors, il y a un sujet sur lequel, effectivement, j'aimerais bien vous entendre,
12:40c'est effectivement la consigne, parce qu'on verra tout à l'heure mon intervention.
12:46Alors, je crois que vous avez déjà, vous, mis en place la consigne et de la récupération.
12:51Si vous pouvez un peu nous en dire plus.
12:52Oui, tous nos magasins ont mis en place une solution de consigne collecte-réemploi.
12:59Le système est assez simple et assez vertueux.
13:01Vous achetez des produits chez Biocop contenant en verre environ plus de 200 références.
13:07Vous le consommez, vous nous rapportez la bouteille verre, on la collecte,
13:12on l'envoie à nos prestataires qui vont la nettoyer et qui vont la renvoyer chez nos fournisseurs,
13:18qui eux-mêmes vont de nouveau conditionner le produit,
13:20et vous les trouverez de nouveau dans nos rayons.
13:23Et donc, on est très avancé sur le sujet.
13:25Mais encore une fois, je passe un message que tout le monde mette en place ça
13:28dans les magasins de la distribution française.
13:31C'est dans tous vos magasins ?
13:32750 magasins.
13:33750 magasins.
13:34Merci beaucoup, Franck Poncey.
13:35Restez avec nous.
13:36On passe tout de suite au focus de notre export.
13:42Alors, Claire, au-delà du bio, un autre marché semble changer d'échelle, c'est le végétal.
13:47Est-ce que c'est véritablement devenu un segment à part entière dans la grande distribution ?
13:51Tout à fait.
13:52Aujourd'hui, effectivement, c'est un marché qu'on pourrait dire maintenant de masse.
13:55Quand on regarde effectivement les chiffres, on est à 16,3 milliards d'euros
13:59sur les six principaux pays européens en 2025.
14:02Entre 2024 et 2025, en France, on a une progression de 11% sur ce marché.
14:09Alors, ce qui est intéressant, c'est qu'effectivement, ce marché,
14:11il est en train de quitter le côté un peu vegan militant
14:14pour reprendre le commun qui a envie de mieux consommer.
14:20Alors, effectivement, certains se disent flexitarien.
14:22Enfin, ce côté un peu flexible et de se dire, je ne vais peut-être pas forcément
14:25éliminer la viande ou le poisson.
14:27Mais par contre, ça sera de meilleure qualité et moins souvent.
14:30Et donc, effectivement, le végétal est une bonne alternative.
14:33Et donc, c'est de moins en moins un marché de niche.
14:35On voit effectivement que les distributeurs créent des corners à part entière.
14:39Comment se saisissent-ils de cette évolution dans la consommation ?
14:42Alors, ce qui est amusant, c'est qu'effectivement, il y a les corners à part entière.
14:45Et maintenant, on trouve même les bonnes implantations
14:48dans les produits au niveau des alternatives.
14:51Donc, on est dans le multiple implantation.
14:53Alors, c'est quelque part vraiment pour que le consommateur puisse bien faire son choix
14:57et pas quelque part être obligé d'entrer dans le rayon de l'alternative.
15:01Donc, on se rend compte qu'effectivement.
15:03Et puis, la MDD, c'est aussi mis.
15:04Donc, le distributeur agit sur ces produits.
15:08Donc, Carrefour, aujourd'hui, à peu près 70 références
15:11avec Carrefour Sensation Végétale.
15:13Auchan, aussi une référence Véri-Végie.
15:15Donc, sur cette partie-là.
15:16Et les marques, forcément, les industriels ?
15:19Voilà, forcément.
15:20Donc, les marques s'y mettent.
15:22Donc, le groupe Bell développe des alternatives fromagères.
15:26Donc, affecte effectivement du végétal avec deux nouvelles variétés
15:29qui viennent d'être lancées début de 2026.
15:32Fleury Michon, c'était déjà mis.
15:33Et depuis 2024, on est déjà à cinq recettes avec la dernière en date.
15:37Donc, du tranché lentille de coral curry.
15:41Donc, qui est effectivement au rayon de tout ce qui est jambon.
15:45Alors, ce qui est intéressant, c'est que le chef Thierry Marx,
15:48sur ce principe-là, dit que l'IA va beaucoup aider.
15:51Que dans la recherche qu'il est en train de mener avec l'université Paris-Saclay,
15:54il pense que ça va leur permettre demain de trouver l'ingrédient de demain
15:58pour pouvoir travailler à base de protéines végétales, des alternatives.
16:04Merci beaucoup, Claire.
16:05Et on n'oublie pas non plus les startups qui prennent de plus en plus d'ampleur,
16:07notamment La Vie ou encore Eura.
16:09Eh bien, on passe tout de suite au pitch de notre startup.
16:17Et Philippe Crevet nous a rejoint sur ce plateau.
16:19Bienvenue.
16:20Vous êtes le directeur général de La Ruche qui dit oui,
16:23acteur du cirque court depuis 2011.
16:25Et vous avez été racheté en mars 2025 par la plateforme espagnole Crowd Farming,
16:30spécialiste de la livraison à domicile de produits bio.
16:33Un an après, où est-ce que vous en êtes ?
16:35Bonjour, merci de me recevoir déjà.
16:36Oui, effectivement, on a été racheté par Crowd Farming il y a un an.
16:41On a passé toute cette année à apprendre à se connaître, fusionner les équipes,
16:47comprendre comment on pouvait travailler ensemble
16:49et surtout commencer à créer des ponts entre nos différents modèles.
16:52Et après un an, on a réussi à sortir un site commun,
16:56qui est une plateforme qui est un site internet sous la marque La Ruche qui dit oui,
17:02qui regroupe toutes les offres, à la fois l'ancien modèle de La Ruche qui dit oui,
17:06qui continue de perdurer, et les offres de Crowd Farming sous le nom La Ruche qui dit oui.
17:10Donc il y a toujours des ruches, mais la nouveauté, c'est vraiment que vos clients
17:14peuvent dorénavant se faire livrer à domicile.
17:17Ça, c'est inédit pour le coup.
17:18Exactement.
17:19Donc le modèle des ruches, qui est le modèle historique, existe toujours.
17:22Donc c'est un réseau de points de distribution hyper locaux.
17:28Tenus par des particuliers.
17:30Exactement.
17:30Tenus par des particuliers qui ont à cœur de développer le circuit court
17:33et donc qui, quelque part, construisent une communauté de producteurs,
17:37construisent une communauté de clients
17:38et animent cette communauté tout au long de l'année pour organiser des ventes.
17:42C'est de la précommande en ligne.
17:43Et ensuite, on vient récupérer son produit sur un point de distribution,
17:47dans un créneau de données.
17:48On peut rencontrer les producteurs et on recrée ce lien.
17:50Il y a un lien digital qui est créé d'abord entre le producteur et le consommateur
17:53et ensuite un lien social physique.
17:55Donc ça, ça existe toujours.
17:57Et puis par ailleurs, pour atteindre toujours beaucoup plus de clients
17:59et aussi pour avoir une complémentarité d'offres,
18:02on a les offres originelles de Crowd Farming
18:04qui sont donc de la livraison à domicile.
18:06et vous pouvez vous faire livrer une box de produits bio de saison
18:12sélectionnés par les équipes de Crowd Farming
18:14avec des producteurs avec lesquels aussi on a un lien fort.
18:17Et on peut aussi aller un peu plus loin, c'est-à-dire s'engager pour...
18:20Parce que derrière tout ça, il y a l'idée de donner de la stabilité
18:23et de la visibilité aux producteurs pour qu'ils vivent mieux de leur métier.
18:26Et donc on peut s'engager en s'abonnant
18:29pour recevoir une box récurrente de produits de saison
18:32ou même adopter un arbre.
18:33Ça, c'est un modèle unique qui a été créé par Crowd Farming.
18:36On peut adopter un arbre, un animal ou une parcelle
18:39et de ce fait donner un peu de visibilité aux producteurs
18:43et recevoir une partie de la production quand c'est la saison.
18:45Et au niveau de la fréquentation des ruches,
18:47est-ce que ça n'a pas impacté justement vos clients habituels ?
18:50Non, c'est encore un peu tôt pour dire
18:52parce que le site commun n'a qu'un mois.
18:55Mais en fait, moi j'ai la conviction
18:59que les comportements d'achat sont assez différents
19:02ou alors complémentaires.
19:03Déjà, ce n'est pas les mêmes produits.
19:05Dans une ruche, on a une offre extrêmement locale.
19:07En moyenne, les produits viennent
19:10de maximum 150 kilomètres autour de la ruche,
19:13alors que les produits Crowd Farming
19:15sont des produits qui viennent généralement d'un peu plus loin.
19:18Par exemple, des fruits.
19:19On a beaucoup de clients en Allemagne,
19:20ils n'ont pas d'orange.
19:21Ils achètent des oranges corse, italienne ou espagnole par exemple,
19:26via Crowd Farming.
19:27Ou de l'huile d'olive, du parmesan,
19:28des produits comme ça qu'on ne peut pas trouver partout.
19:31Oui, alors là, on vient de voir l'avancée avec la plateforme numérique.
19:35Pourtant, vous aviez quand même des valeurs très fortes aussi
19:37d'incarner la valeur humaine,
19:39puisque c'était effectivement ce consommateur qui recevait.
19:42Alors comment on réussit à garder ces valeurs
19:44quelque part humaines, sociales,
19:47alors qu'il y a quand même le pouvoir d'une plateforme numérique ?
19:49Alors ça paraît peut-être un peu antinomique au départ.
19:52En fait, à l'origine de l'idée de la ruche qui dit oui,
19:58il y a effectivement le fait de remettre le producteur au centre
20:01et de recréer un lien fort entre le producteur et le consommateur.
20:04On a des producteurs d'un côté qui n'arrivent pas à vivre de leur métier,
20:07sont soumis à beaucoup de pression, beaucoup d'aléas.
20:09Et puis de l'autre côté, des consommateurs
20:10qui savent plus ce qu'ils ont dans leur assiette.
20:12Donc l'idée, c'est de les reconnecter.
20:14Et on a fait ça par une plateforme.
20:16Et comme vous dites, il y avait aussi ce lien social,
20:17il existe toujours dans les ruches.
20:19Néanmoins, je pense que le lien digital, il est très fort.
20:21Et il est parfois plus fort que ce qu'on peut retrouver dans un magasin.
20:26C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on est capable d'expliquer à un client
20:29que sa box de produits qui devait être livrée à domicile mardi
20:32n'arrivera que la semaine d'après
20:33parce qu'il y a eu de la pluie sur l'exploitation,
20:35qu'il y a eu des aléas qu'il n'a pas pu récolter.
20:39Et ça, en fait, le producteur envoie un WhatsApp directement au client,
20:43une petite vidéo, un petit mot.
20:44Si vous allez sur le site, vous pouvez voir la météo qu'il fait en direct sur l'exploitation.
20:47Et ça, c'est des choses qu'on ne peut pas faire, en fait, dans un magasin.
20:51La proximité, Franck Poncey, c'est aussi au cœur de votre relation avec vos agriculteurs ?
20:55Commerçants spécialisés, de proximité, très intégrés sur l'amont.
20:59On a quelques points communs.
21:01La communauté, le lien, le social, l'humain.
21:06On a une différence fondamentale.
21:08On est moins digital.
21:08On est surtout physique avec 750 magasins.
21:13Et exclusivement bio, je crois que vous faites aussi un peu de bio,
21:16mais plutôt un modèle d'agriculture régénérative.
21:19Voilà, on a des fondements ou des fondamentaux qui sont les mêmes.
21:23Et en même temps, peut-être deux points complètement différents.
21:27Plus digital, plus physique.
21:29Et justement, le digital, ça prend combien de parts chez Biocop ?
21:32Alors, c'est encore très faible et c'est basé uniquement sur le modèle de livraison magasin.
21:38C'est-à-dire que vous commandez sur le site biocop.fr.
21:41C'est le magasin qui traite votre commande.
21:44Soit vous récupérez la commande en magasin, soit le magasin vous livrera à domicile.
21:49Mais c'est la petite différence.
21:50On est un peu moins digital native que la ruche.
21:54Alors, c'est vrai que dernièrement, on voit beaucoup de concepts qui apparaissent de vente directe.
21:59Par exemple, j'ai un exemple en tête, c'est Nature en Ville qu'on voit beaucoup à Paris.
22:02Il y a aussi des initiatives d'agriculteurs et de producteurs qui ont construit un supermarché, si je puis dire.
22:09C'est près de Nîmes.
22:10Est-ce que tout ça, c'est une concurrence pour vous ?
22:14Nous, à la ruche, on a toujours dit que, et je pense que c'est un peu ce que disait
22:17Franck sur la bio juste avant,
22:19nous, le but, c'est de développer le circuit court et la vente directe au maximum.
22:21Donc, on considère que toutes ces initiatives qui mettent la vente directe et le circuit court sur le vent de
22:26la Seine, c'est bienvenu.
22:27Après, c'est vrai que, comme vous dites, la vente directe et le circuit court, c'est un marché qui
22:32est très éclaté,
22:33qui est constitué de beaucoup d'acteurs locaux.
22:35Et effectivement, l'une des raisons et l'un des fondements de ce rapprochement avec crowdfarming,
22:39c'est que déjà, on était deux acteurs assez uniques parce que déjà, avec une implantation européenne,
22:45la ruche était déjà présente dans sept pays européens,
22:46et crowdfarming, avec sa logistique, peut livrer dans n'importe quel pays en Europe.
22:50Et donc là, en unissant nos forces et nos moyens, nos forces, nos moyens logistiques, etc.,
22:55on va pouvoir vraiment passer à l'échelle et démocratiser encore plus la vente directe de manière beaucoup plus structurée.
23:01Merci beaucoup, Philippe Crozet, d'avoir été avec nous.
23:04Restez là, on passe tout de suite à l'actu de la semaine.
23:10Alors Claire, une étude récente de l'UFC Que Choisir, menée dans 1659 supermarchés français,
23:16montre que les objectifs en matière de réduction plastique à usage unique,
23:21eh bien, c'est toujours pas ça.
23:23Le plastique reste ultra dominé dans les rayons,
23:26et le premier responsable, ce sont les bouteilles d'eau en plastique.
23:29Voilà, tout à fait.
23:29Alors, on sait que c'est aujourd'hui vraiment un rayon, entre guillemets, indispensable,
23:33parce qu'il y a une grande attente sur la bouteille d'eau.
23:35La bouteille d'eau en France a progressé de 3,3% en 2025 en GMS.
23:42Donc, ce rayon représente à lui-même 40% des plastiques à usage unique en supermarché.
23:49Ce marché représente 6 milliards de bouteilles vendues chaque année.
23:53Il faut savoir que dans les 6 milliards, on a tous en tête ou entendu parler de la marque Crystalline,
23:57qui aujourd'hui écoule déjà 2,3 milliards de bouteilles.
24:01Donc, effectivement, c'est un point assez antinomique,
24:05avec cette chasse au plastique, ce rayon, cette catégorie.
24:10Ce qui fait finalement cette dépendance au plastique et aux bouteilles en plastique,
24:13c'est les nouveaux usages de consommation des Français.
24:16Alors voilà, le problème, c'est qu'on ne le voit pas que dans les bouteilles d'eau.
24:19Ce côté, je gagne du temps, je cherche de la practicité d'un point de vue consommateur,
24:25le prêt à consommer.
24:25On voit émerger les fruits et légumes prédécoupés.
24:28Les fruits et légumes prédécoupés, ils sont en boîte plastique.
24:32Et prêt aujourd'hui d'un magasin sur deux va le proposer.
24:36Et on sait que c'est quand même quelque chose qui représente à peu près déjà 10% de cette
24:39catégorie.
24:40Alors, on voit aussi la baisse du vrac,
24:42parce qu'on sait que c'était une alternative au plastique de pouvoir.
24:45Et on se rend compte qu'entre 2023 et 2026,
24:48on est passé de 57% des magasins qu'ils proposent à 38% des magasins.
24:52Donc, on a vraiment en GSA un retrait du vrac.
24:57Et puis, alors là, j'ai envie de dire l'aberration,
24:59c'est de se dire que maintenant, les fruits et légumes bio,
25:02on les met dans des barquettes plastiques.
25:05À 91%, ces produits bio sont emballés.
25:08Donc, on retrouve là aussi du plastique.
25:10Je vois que Franck Ponset, en plateau, toujours avec nous, fait la mou.
25:15En 2017, la coopérative Biocop a pris la décision d'arrêter de vendre de l'eau en bouteille plastique.
25:22Le plastique, c'est le septième continent, c'est six fois la France,
25:25pour se donner un petit peu les enjeux environnementaux et même également santé.
25:30Nous, 36% de notre chiffre d'affaires est sans emballage unique,
25:36et donc en économie de plastique.
25:38Fruits et légumes, bien évidemment, mais le rayon vrac.
25:40On a l'offre de vrac la plus étendue, la plus large du marché.
25:44Et donc, c'est un sujet de consommation et c'est vital pour l'environnement.
25:49Donc, tout ce qui participe à réduire les emballages plastiques est vraiment un enjeu phénoménal.
25:55Donc, nous, on a décidé de traiter le sujet.
25:59Et dès 2017, on a arrêté de vendre de l'eau en bouteille plastique.
26:01Et pourtant, comme dans la grande distribution, ça faisait partie des bonnes ventes.
26:04Et pourtant, Claire, rapidement, c'est vrai qu'il va y avoir des nouvelles mesures encore plus strictes
26:08qui ne vont pas tarder à arriver, notamment de la part de Bruxelles.
26:11Tout à fait. Le règlement européen PPWR entrera en vigueur en août 2026.
26:16Il va imposer des règles beaucoup plus strictes sur la réduction des emballages,
26:19la recyclabilité et le réemploi.
26:21Alors, on se rend bien compte qu'il y a certaines initiatives.
26:24Tout à l'heure, je vous ai interrogé dessus.
26:25On sait que la consigne peut faire partie d'une bonne initiative pour cette partie-là.
26:30Et puis, de toute façon, il faut se dire que du plastique, c'est du pétrole.
26:34Aujourd'hui, quand on est en train de voir les cours qui sont en train d'exposer,
26:37il y a tout intérêt à bien intégrer ce problème.
26:41Merci beaucoup, Claire Coraleski, pour votre expertise.
26:44Merci à tous les deux d'avoir été avec nous pour cette émission spéciale consacrée au bio et au circuit
26:49court.
26:50Merci à vous de nous avoir suivis.
26:52On se donne rendez-vous la semaine prochaine pour un tout nouveau rendez-vous Focus Retail.
26:56Et puis, quant à moi, je vous retrouve dès lundi pour la matinale de BFM Business.
26:59Bon week-end à tous.
27:01Focus Retail, la distribution de demain s'invente aujourd'hui.
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