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Les invités d’Elodie Huchard débattent de tous les thèmes qui font la une de l'actualité dans #120MinutesInfoWE, tous samedis à 15h

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00:00:01Bonjour, bienvenue à tous dans ce 120 minutes info. On est ensemble pendant deux heures.
00:00:05On va commencer nos débats dans un instant. Mais d'abord le journal de Sandra Tchombeau.
00:00:09Bonjour Sandra. Bonjour Elodie.
00:00:10Et on commence avec le pape Léon XIV qui a donc confirmé sa venue en France.
00:00:14Ça sera du 25 au 28 septembre prochain.
00:00:17Et c'est une grande joie mais aussi une grande responsabilité selon le président de la Conférence des évêques de
00:00:23France.
00:00:23Ce déplacement, dont le programme sera détaillé ultérieurement, marque la première visite d'Etat pour un souverain pontife dans l
00:00:30'Hexagone depuis 18 ans.
00:00:32Emmanuel Macron a évoqué un honneur pour notre pays, un grand moment d'espérance pour tous.
00:00:39A l'international, le chef de la branche armée du Hamas a été tué dans la bande de Gaza.
00:00:44L'armée israélienne et le mouvement islamiste palestinien l'ont annoncé ce samedi, au lendemain de la frappe l'ayant
00:00:50visé.
00:00:50Le ministère israélien de la Défense a présenté Esdine Aladad comme un terroriste de premier plan et l'un des
00:00:57principaux architectes du massacre du 7 octobre 2023 en Israël.
00:01:02Et une collision entre un train de marchandises et un bus a fait au moins 8 morts à Bangkok.
00:01:07Et plus d'une trentaine de blessés cet après-midi dans la capitale thaïlandaise.
00:01:12L'accident s'est produit à un carrefour très fréquenté du centre-ville, emprunté chaque jour par des dizaines de
00:01:17milliers de véhicules.
00:01:18L'incendie a été rapidement éteint. La zone est désormais bouclée pour permettre le travail des secouristes.
00:01:24Pour faire face aux fusillades dans les écoles, une entreprise américaine commercialise des drones qui sont capables de détecter une
00:01:31intrusion et d'agir en cas d'attaque.
00:01:33Et oui, et ces engins sont pilotés à distance par des opérateurs humains.
00:01:37Depuis un centre basé à Austin au Texas, coordonné en temps réel avec les forces de police, ils se veulent
00:01:44une première ligne de réponse.
00:01:46Les détails de Julia Ferrant.
00:01:50Renforcer la sécurité des établissements scolaires, aux Etats-Unis, une start-up commercialise des drones pour faire face aux fusillades.
00:01:59Dans un premier temps, cette entreprise réalise une cartographie 3D de l'école.
00:02:04Les drones sont ensuite installés dans des mini-hangars positionnés à des endroits stratégiques.
00:02:10Car l'objectif est d'intervenir en moins de 15 secondes après le déclenchement d'une alarme.
00:02:17Le type d'intervention est déterminé par les agissements du suspect.
00:02:20S'il s'agit simplement d'un enfant déambulant dans un couloir avec une arme à la main,
00:02:25l'intervention de nos drones pourrait suffire à régler la situation.
00:02:28Car ils sont équipés d'un système audio bidirectionnel.
00:02:31Ils peuvent donc communiquer avec le suspect et lui donner des ordres.
00:02:34Ces engins sont pilotés à distance par des opérateurs humains depuis un centre basé à Austin, au Texas
00:02:42et coordonnés en temps réel avec la police.
00:02:45Il est donc possible que la simple présence de nos drones constitue la seule intervention nécessaire.
00:02:50Nous pouvons alors informer les forces de l'ordre.
00:02:53« Hé, il a posé son arme. Nous allons le surveiller jusqu'à votre arrivée. »
00:02:57Aux Etats-Unis, 233 incidents avec des armes à feu ont eu lieu sur des campus éducatifs pour la seule
00:03:04année 2025.
00:03:05Ce type de programme est déjà intégré dans plusieurs établissements scolaires en Floride et en Géorgie,
00:03:12financés par les autorités locales.
00:03:14À Austin, ce sont même les parents d'élèves qui se sont emparés de cette initiative.
00:03:20La finale de l'Eurovision a lieu ce soir.
00:03:2225 pays vont donc tenter de décrocher le trophée de cette 70e édition, Sandra.
00:03:27Une saison marquée par un boycott historique autour de la participation d'Israël.
00:03:32Mais dans le pays, les habitants, vous allez le voir, sont prêts à célébrer cette soirée.
00:03:35Un moment très important pour eux qui rêve d'une victoire.
00:03:38Reportage à Tel Aviv de nos envoyés spéciaux Stéphanie Rouquier et Goderic B.
00:03:45Tel Aviv est prête pour l'Eurovision.
00:03:47Ce soir, de nombreux bars et clubs retransmettent la finale en direct.
00:03:51Dans cette auberge de jeunesse, la soirée se déroulera dans le salon.
00:03:55Jonathan et ses amis, tout juste âgés de 18 ans, seront au rendez-vous.
00:04:00Le chanteur représente tout le pays et c'est très important.
00:04:04Surtout en ces temps de guerre.
00:04:06Oui, c'est important pour tout le monde parce que ça montre réellement ce qu'est Israël.
00:04:11À quelques mètres au-delà, Erez tient une galerie d'art.
00:04:15Il regrette que le concours soit gangréné par la géopolitique.
00:04:20C'est un événement très positif, mais je crains que ces dernières années, il ait été beaucoup trop politisé.
00:04:28Et j'espère que nous pourrons revenir à la musique.
00:04:30C'était très agréable quand on se concentrait sur la musique.
00:04:35Dès 21h, face à la plage, des centaines de personnes vont se rassembler au pied de ces écrans géants
00:04:41en essayant d'oublier les polémiques et les appels au boycott liés à la participation d'Israël.
00:04:47On est juste bons dans les chansons.
00:04:49Ils sont tous jaloux.
00:04:50Ils blâment les Juifs, toujours les Juifs.
00:04:55Mais les Juifs sont de bonnes personnes.
00:04:58On ne fait rien de mal, on veut juste la paix.
00:05:01L'an dernier, la candidate israélienne Eden Golan avait terminé à la cinquième place,
00:05:06déjà dans un contexte de vif polémique.
00:05:09Cette année, tous espèrent voir Noane Bétane décrocher la victoire.
00:05:16Voilà pour l'essentiel de l'actualité.
00:05:18Merci Sandra Thionbo.
00:05:19On parlera justement de l'Eurovision dans un instant avec mes invités.
00:05:23Pour m'accompagner aujourd'hui, Karim Averick, bonjour.
00:05:25Bonjour.
00:05:25Journaliste à CNews, Mathieu Devesse, bonjour.
00:05:28Bonjour Elodie, bonjour à tous.
00:05:29Du service poli-justice de la rédaction, Raphaël Saint-Ville, bonjour.
00:05:31Bonjour Elodie.
00:05:32Journaliste au JDD et Olivier Vial, bonjour.
00:05:34Bonjour.
00:05:34Vous êtes directeur du CERU.
00:05:36On va commencer cette émission en parlant de Redouane Faïd,
00:05:40parce que ce prisonnier fait beaucoup parler de lui.
00:05:43Et puis surtout, son avocat, lui-même, dénonce des conditions de détention
00:05:47qui ne seraient pas dignes.
00:05:49On va en parler justement avec vous, Mathieu Devesse,
00:05:51parce qu'on va rappeler quand même qui est Redouane Faïd.
00:05:53C'est un braqueur multirécidiviste.
00:05:55Il est connu notamment pour s'être évadé deux fois de prison en 2013
00:06:00à l'aide d'explosifs et en 2018 par hélicoptère, Mathieu.
00:06:03Exactement Elodie, ce n'est pas n'importe qui, Redouane Faïd.
00:06:06On parle quand même, vous l'avez dit, d'un braqueur multirécidiviste.
00:06:09En 2013, c'était à l'explosif 2018 par hélicoptère.
00:06:14Alors Interpol avait délivré en 2013, vous allez le voir,
00:06:16une demande d'arrestation, vous voyez, du braqueur auprès de ses 190 pays membres.
00:06:21Et vous voyez en image l'avis de recherche diffusé à l'époque.
00:06:24Alors les images suivantes, regardez, c'est l'hélicoptère utilisé pour l'évasion.
00:06:28Le 1er juillet 2018, il s'était évadé, aidé par un commando armé
00:06:32qui avait pris en otage un pilote d'hélicoptère.
00:06:35Depuis Redouane Faïd, elle a été condamnée.
00:06:38C'était en 2023, à 14 ans de diffusion criminelle pour cette évasion.
00:06:42Et il purgeait déjà des peines pour des braquages, dont l'un.
00:06:44On s'en souvient d'écouter l'avis à une policière municipale, c'était en 2010 Elodie.
00:06:49Et on rappelle Mathieu qu'aujourd'hui, il est incarcéré à la prison de Condé-sur-Sarthe dans l'Orne,
00:06:53l'une des prisons de haute sécurité.
00:06:55Exactement, une prison dans laquelle se trouvent notamment les narcotrafiquants les plus dangereux.
00:07:00Voici l'établissement en question.
00:07:02Je vous ai sorti des images d'archives.
00:07:04Donc une prison conçue pour être totalement étanche, pour couper les détenus du monde extérieur.
00:07:10Sachez qu'une deuxième prison de haute sécurité se trouve à Vendin-le-Vieil.
00:07:13Ça, c'est dans le pas de cale.
00:07:14Mais vous l'aurez compris, Edouane Faïd, il se plaint de ses conditions de détention.
00:07:19Et selon nos confrères du Parisien, il vient de remporter une bataille dans son bras de fer avec l'administration
00:07:25pénitentiaire.
00:07:26Une juge d'application des peines a déclaré bien fonder sa dernière requête.
00:07:31Ça, c'était hier.
00:07:32Selon la magistrate, les conditions de détention, écoutez bien, seraient contraires à la dignité de la personne humaine,
00:07:39avec notamment des parloirs équipés d'un hijéphone.
00:07:42Vous savez, c'est une cloison transparente qui sépare les détenus des visiteurs.
00:07:47Donc, il n'y a pas de contact physique.
00:07:49Mais aussi, la magistrate, elle dénonce l'absence de vie familiale ou encore le caractère aléatoire des sorties de promenade.
00:07:56La juge d'application des peines fixe donc un délai de 30 jours pour permettre à l'administration pénitentiaire de
00:08:02mettre fin, je cite,
00:08:03à l'indignité de ces conditions de détention par tout moyen.
00:08:07Le parquet fait appel de cette décision.
00:08:10Un appel, je vous le rappelle, qui est suspensif.
00:08:12Le bras de fer, donc, est appelé à se poursuivre.
00:08:14Merci beaucoup, Mathieu Devesse. Vous restez avec nous pour ce débat.
00:08:18Raphaël Saint-Ville, c'est vrai que ce qui semble insupportable, c'est qu'au moment où Gérald Darmanin, ministre
00:08:22de la Justice,
00:08:22a mis en place ces prisons de haute sécurité, certains Français disaient, en fait, on a réinventé la prison.
00:08:27Une prison où on ne téléphone pas à l'intérieur, où on ne se passe pas des clés USB ou
00:08:32que sais-je.
00:08:32Et pourtant, on a de cesse de voir des avocats très doués et qui arrivent, en fait, à faire plier,
00:08:37malgré tout, la justice.
00:08:38C'est une fois de plus la volonté politique d'un côté contre la volonté d'une partie de magistrats.
00:08:43Des avocats et des juges qui, finalement, parfois marchent main dans la main pour obtenir des allégements,
00:08:49des aménagements dans ces conditions de rétention, effectivement très strictes dans ces deux prisons de haute sécurité.
00:08:57Pour autant, ce n'est pas la première fois que Redwood Faïd tente, par l'entremise de son avocat,
00:09:03et finalement la mensuétude de certains juges à obtenir l'allègement de ces conditions de rétention.
00:09:14À chaque fois, ça a été retoqué par le Conseil d'État.
00:09:18Il faudrait, pour qu'il puisse parvenir à ses fins, qu'un médecin puisse documenter la dégradation de son état
00:09:27physique et psychologique.
00:09:28En l'état, je n'ai pas l'impression qu'il y ait eu une nouveauté, une avancée,
00:09:32si ce n'est cette volonté, cette philosophie même de cette juge,
00:09:38de demander à l'administration pénitentiaire de revoir les conditions de détention de Redwood Faïd.
00:09:44Et puis, vous rappeliez effectivement les nombreuses demandes, mais Karima, on rappelle que ça n'est pas n'importe quel
00:09:48détenu.
00:09:49C'est un détenu qui, par deux fois, a réussi à s'évader de prison,
00:09:53qui, lors d'un braquage, a causé la mort d'une policière municipale.
00:09:56On imagine bien aussi pourquoi il est surveillé à ce point-là.
00:09:59Ses avocats feignent de dire, le pauvre, il est dans des situations assez peu confortables.
00:10:04Il se retrouve aussi à l'isolement et dans une prison de haute sécurité,
00:10:09parce que, pardon, il l'a mérité. Il a commis un certain nombre d'actes qui conduisent à cette détention
00:10:14-là.
00:10:14Oui, c'est ça. Quand on regarde, en fait, l'historique de ses agissements, de ses crimes, de ses délits,
00:10:20on voit à quel point, finalement, c'est quelqu'un qui a été quand même extrêmement dangereux,
00:10:25qui a fait des récidives et il se retrouve dans ces fameuses, ces deux prisons.
00:10:30Et en fait, vous savez, aujourd'hui, quand on regarde l'état des prisons actuelles,
00:10:33on a tous cette réflexion, on veut améliorer les conditions, c'est pas ça le point.
00:10:37Mais ce sont probablement les deux seules prisons aujourd'hui qui font encore un peu, j'allais dire, un peu
00:10:41peur.
00:10:42On se dit, OK, là...
00:10:42Qui sont des prisons, en fait, simplement.
00:10:44Qui sont des prisons et il n'y a personne qui a envie de torturer qui que ce soit.
00:10:48Non.
00:10:48C'est-à-dire que c'est la justice aussi.
00:10:50C'est en fonction des conséquences aussi, des gestes de la personne.
00:10:54C'est-à-dire que vous payez quelque part à la société pour les gestes que vous avez commis.
00:10:59Et ensuite, c'est aussi une façon de protéger le public.
00:11:02S'ils se retrouvent dans une prison à haute sécurité, ces prisons à haute sécurité,
00:11:07elles ont été créées pour quelques détenus.
00:11:10On parle tout au plus éventuellement, quand on regarde même les quartiers à haute sécurité
00:11:14qui vont se déployer dans les prochains mois, on parle peut-être maximum autour de 1000 prisonniers.
00:11:19Oui.
00:11:19Et si on se rend là, on n'est pas rendu encore là.
00:11:22Mais on parle vraiment des prisonniers qui posent le plus de risques, qui sont les plus dangereux aussi.
00:11:28Quand on parle aussi pour les prisonniers qui font du trafic de drogue,
00:11:32qui continuaient à organiser leur business, qui peuvent entraîner aussi parfois la mort d'individus.
00:11:38Je pense qu'on oublie ça.
00:11:39On pense évidemment aux détenus, mais on oublie qu'ils sont là pour une raison.
00:11:43On oublie qu'il y a eu des victimes aussi.
00:11:45Je pense que ça, ce n'est pas à négliger.
00:11:47Et ça pose complètement le débat sur ces fameuses prisons de haute sécurité.
00:11:51C'est qu'il y a, je pense, plusieurs aussi qui vont militer de plus en plus.
00:11:55Bien sûr, simplement pour que ça n'existe pas.
00:11:56Et plus on leur donnera raison d'ailleurs, plus il y aura sans doute aussi des poursuites.
00:12:01Vous vouliez rajouter quelque chose ?
00:12:02Oui, citons deux cas concrets pour comprendre un peu la dangerosité de ces détenus.
00:12:06Vous avez Salah Abdeslam, impliqué dans les attentats du 13 novembre 2015,
00:12:10avant d'un le vieil actuellement.
00:12:12Et puis Mohamed Amra, on en a beaucoup parlé, car il y a deux jours, si je ne me trompe
00:12:16pas,
00:12:16c'était les deux ans de sa terrible évasion de cette prison lors du transfert au péage d'Incarville
00:12:23qui avait coûté la mort à deux agents pénitentiaires.
00:12:25Donc on ne parle pas non plus de n'importe quel détenu.
00:12:28Et Redouane Faïd en fait partie.
00:12:29Et puis Olivier, il y a aussi quelque chose d'autre qu'on ne regarde pas.
00:12:32C'est que Redouane Faïd, alors certes, ce serait des conditions inhumaines selon son avocat,
00:12:37mais en l'occurrence, il est dans une cellule seule, ce que n'ont pas tous les détenus.
00:12:41Il est en sécurité puisqu'il ne peut croiser personne.
00:12:44Il continue à parler à sa famille, sauf qu'effectivement, il y a ce fameux hijiafone.
00:12:48En plus, on a envie de dire que Redouane Faïd est plutôt mieux loti que certains.
00:12:51En revanche, c'est sûr qu'il ne peut plus s'évader a priori et plus continuer un quelconque business.
00:12:55Donc c'est peut-être ça qui gêne.
00:12:57En fait, c'est là, c'est qu'effectivement, vous l'avez dit,
00:12:59mais Redouane Faïd, quand il s'évade la première fois avec des explosifs,
00:13:02c'est parce qu'on lui a fourni des explosifs en prison.
00:13:05Donc l'higiafone sert à ça.
00:13:07Quand il s'évade avec un hélicoptère, c'est lui qui organise cette évasion-là depuis sa prison.
00:13:13Donc effectivement, c'est légitime que l'administration pénitentiaire
00:13:17veuille contrôler un peu plus ses fréquentations.
00:13:20Surtout qu'en plus, on ne peut pas dire que ce soit un homme de parole.
00:13:22On se rappelle qu'en 2010, il publie un livre où il se présente comme un repenti,
00:13:27alors que pendant qu'il écrit ce livre, il est le cerveau...
00:13:29Et il fait le tour de tous les plateaux télés, d'ailleurs.
00:13:31Et il est le cerveau d'un braquage qui va conduire justement à la mort de cette policière.
00:13:36Un braquage aborté, effectivement.
00:13:38Et donc effectivement, on est dans ce moment-là où on voit bien que c'est un personnage particulier
00:13:43qui a en plus un égo surdimensionné.
00:13:46Donc là-haut aussi, il y a un côté un peu spectacle dans toutes ses volontés de se poser en
00:13:52victime
00:13:52parce que c'est un moyen aussi pour lui de faire parler de lui.
00:13:55Il a aimé ça, il aime ça, il a continué à se stariser.
00:13:59Il y a une forme de romantisation autour du personnage de Redouane Faïd.
00:14:06Et donc effectivement, il faut avoir tout ça en tête.
00:14:08Et quand on essaye aujourd'hui de le faire passer pour une victime,
00:14:12je pense que c'est aussi une partie du personnage qu'il essaie de se créer.
00:14:16Et malheureusement, ça peut être aussi, si on n'y fait pas attention,
00:14:21le début d'une troisième évasion, si grâce à ça, il obtient des concessions
00:14:27qui lui permettront demain de récidiver une nouvelle fois.
00:14:31Et on rappelle d'ailleurs que les personnes qui se sont mises justement sous ce régime très sévère
00:14:35avaient été choisies notamment et on avait évidemment regardé les profils de chacun.
00:14:40Merci beaucoup Mathieu d'avoir accompagné.
00:14:42Et on va parler maintenant de l'Eurovision et malheureusement plutôt sous l'angle des polémiques
00:14:47puisque Israël concourt à l'Eurovision.
00:14:50Et comme l'an dernier, cela semble en choquer quelques-uns.
00:14:53Il y a cinq pays qui ont donc décidé de boycotter ce concours de chansons.
00:14:57On écoute notamment l'argument du Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez.
00:15:03L'Espagne a toujours été engagée en faveur de ce concours
00:15:05qui a été créé précisément pour promouvoir la paix, nous rapprocher
00:15:09et célébrer la diversité du continent européen.
00:15:14Mais face à cette guerre injuste et à ce génocide, le silence n'est pas une option.
00:15:18Et nous ne pouvons pas rester indifférents à ce qui continue de se passer à Gaza et au Liban.
00:15:22C'est une question de cohérence, de responsabilité et d'humanité.
00:15:26Alors Karim Amrik, on entend Pedro Sanchez parler notamment de cohérence.
00:15:30En revanche, on a parfois du mal à avoir la cohérence.
00:15:32On parle d'un chanteur, Noam Bethan, qui va concourir à un concours de chansons
00:15:36comme la France le fait, comme notre pays le font.
00:15:38Et quand on écoute Pedro Sanchez, quand on écoute tout un tas de responsables politiques
00:15:43ou d'associations, on a l'impression que cette personne est responsable de tous les maux du monde.
00:15:48On voit bien qu'en réalité, il n'y a pas de cohérence dans ce boycott.
00:15:51Non, tout à fait.
00:15:52Et en plus, on a l'impression, on se dit, bon, il devrait rester peut-être quelques lieux
00:15:56où il y a cette fameuse cohésion, où on se dit finalement qu'on peut penser qu'on peut être
00:16:03unis
00:16:04et qu'on se rassemble autour de ça.
00:16:06Et non.
00:16:06Donc, on en fait effectivement un événement extrêmement politique.
00:16:09On ne fait pas la distinction.
00:16:11Finalement, on cible.
00:16:12Il y a une forme de déshumanisation des artistes.
00:16:14Et on cible ce chanteur.
00:16:15Voilà.
00:16:16Et ce n'est pas la première année, en fait.
00:16:18Il y avait eu Eden Golan qui avait reçu des menaces.
00:16:22L'année dernière aussi, la chanteuse, c'était Yuval Raphaël.
00:16:26Donc, on voit finalement, on va personnifier.
00:16:29On va mettre toutes, disons, ce n'est pas ces mauvaises énergies,
00:16:33mais vous voyez ce que je veux dire.
00:16:34C'est-à-dire qu'on va cibler, en fait, cette haine.
00:16:36Voilà.
00:16:37On va cibler des artistes israéliens.
00:16:40Et finalement, ça va être le déversement de haine.
00:16:43Et aussi des vraies menaces pour eux.
00:16:46Et plus largement, je vous dirais, pour l'ensemble, en fait,
00:16:49de ces artistes, de ces sportifs.
00:16:51Et je trouve ça, en fait, extrêmement dommage et même grave
00:16:55qu'il n'y ait plus ces possibilités, justement, de rassemblement.
00:16:59Au contraire, ça va au-delà du politique, en fait.
00:17:03Ça devient vraiment quelque chose de frontal.
00:17:05Et on va déshumaniser, finalement, ces artistes.
00:17:09Et justement, on sera tout à l'heure sur place.
00:17:11On rejoindra notre équipe qui va nous évoquer aussi
00:17:13un certain nombre de manifestations qui ont lieu sur place.
00:17:16Mais pour l'instant, on reste sur l'Espagne.
00:17:18Vous venez d'entendre Pedro Sanchez et son avis sur ce boycott.
00:17:21Qu'en pense la population espagnole ?
00:17:23Élément de réponse avec Frédéric Traini, notre correspondant sur place.
00:17:27Pour la première fois en 65 ans, donc pas de candidat espagnol à l'Eurovision.
00:17:31Pas non plus de finale retransmise par la télévision publique espagnole
00:17:34qui estime au passage que le concours est tronqué
00:17:37et qu'Israël, qui termine second l'an passé,
00:17:40le doit à une campagne orchestrée en sous-main d'appels massifs téléphoniques
00:17:45pour favoriser sa candidature.
00:17:46A noter que l'opposition est présente dans le conseil d'administration
00:17:49de la chaîne publique et elle a voté contre ce boycott.
00:17:52Mais que bizarrement, la droite espagnole,
00:17:54virulente avec toutes les décisions du gouvernement socialiste,
00:17:58sur cette affaire est plutôt silencieuse et discrète.
00:18:00Il faut dire que seulement 25% des Espagnols sont contre ce boycott,
00:18:04que 70% sont contre la guerre menée par Israël et les États-Unis en Iran
00:18:08et que 82% estiment qu'il y a eu génocide à Gaza.
00:18:12Du coup, Pedro Sanchez en profite pour marteler l'idée,
00:18:16et bien que, selon sa vision, c'est l'Espagne qui est du bon côté de l'histoire.
00:18:20Raphaël Saint-Ville, on voit donc que cette rhétorique,
00:18:23elle finit par se diffuser.
00:18:24Et je citerai aussi des confrères du service public
00:18:27qui expliquent qu'ils font un article sur l'Eurovision,
00:18:29un outil politique pour Israël,
00:18:30en expliquant que l'Eurovision, c'est avant tout,
00:18:32selon ce site, un outil politique pour promouvoir son image
00:18:35et afficher un soutien international.
00:18:38Cette rhétorique qu'on entend là, malheureusement,
00:18:40elle se diffuse et, comme le disait Karima,
00:18:42elle met des cibles dans le dos de ses artistes,
00:18:45mais finalement de tous ceux qui auraient tort
00:18:47de représenter d'une façon ou d'une autre Israël.
00:18:50Oui, mais cette rhétorique, elle se diffuse,
00:18:52mais ce n'est pas anodin que l'Espagne soit finalement
00:18:55le fer de lance de ses accusations à l'égard d'Israël,
00:19:00parce que l'Espagne, plutôt l'Espagne de Pedro Sanchez,
00:19:06dont il faut rappeler tout de même
00:19:07qu'il y a des forts soupçons de financement de son parti
00:19:11par le régime de Maduro allié lui-même avec l'Iran.
00:19:18Et donc, on a l'impression qu'à travers ces soupçons d'alliance,
00:19:23se dessine, oui, un cartel de pays
00:19:26qui ont finalement presque juré la destruction d'Israël.
00:19:30Alors, je ne sais pas si on en est là avec Pedro Sanchez,
00:19:33mais en tout cas, la manière dont il appréhende
00:19:36cette Eurovision et le discours sous-jacent
00:19:39participent finalement de ce discours de haine
00:19:43à l'égard d'Israël et des Juifs.
00:19:45Et on verra justement les répercussions
00:19:47et les conséquences de ces discours de haine.
00:19:50On va marquer une pause et au retour justement de la pub,
00:19:52on sera avec notre équipe sur place,
00:19:54Olivier Benkémoun et Emma Loro.
00:19:56On va voir les manifestations notamment qui ont lieu
00:19:58contre la participation d'Israël au concours.
00:20:01Restez avec nous, on voit ça juste après la pause.
00:20:07De retour pour la deuxième partie de 120 minutes infos.
00:20:10On va continuer dans un instant notre discussion sur l'Eurovision.
00:20:13Mais c'est l'heure d'un nouveau journal de Sandra Tchambour.
00:20:15Bonjour Sandra.
00:20:15Bonjour Elodie.
00:20:16Et on commence avec un homme qui est en garde à vue ce samedi
00:20:19après avoir tenté d'incendier la maison des grands-parents du petit Émile.
00:20:23La nuit dernière, vers minuit 30, plusieurs départs de feu
00:20:27ont été constatés autour de la résidence secondaire des grands-parents
00:20:30située au Vernet, dans les Alpes de Haute-Provence.
00:20:33C'est là que le petit garçon de deux ans et demi avait disparu en 2023.
00:20:36Les gendarmes ont rapporté une forte odeur d'essence sur les lieux,
00:20:40laissant présumer un acte volontaire.
00:20:42L'homme interpellé âgé de 78 ans viendrait de Marseille, selon le procureur.
00:20:47Un quadragénaire a été tué par balle.
00:20:49Ça s'est passé dans une voiture hier soir à Bobigny.
00:20:52Les faits ont lieu peu après 23 heures.
00:20:55Un homme portant des gants et une cagoule s'est approché en marchant d'un véhicule à l'arrêt
00:21:00avant de tirer plusieurs balles avec une arme de poing en direction de son unique occupant.
00:21:05Le tireur a ensuite pris la fuite à pied.
00:21:07Atteint de deux balles à l'abdomen, la victime est décédée sur place.
00:21:11Et un couple de sexagénaires a été victime d'un violent homejacking.
00:21:15Ça s'est passé dans la nuit de jeudi à vendredi à Bocaire, dans le Gard.
00:21:18Oui, l'homme de 69 ans a été roué de coups et blessé à la tête.
00:21:22Les agresseurs ont dérobé papier d'identité, carte bancaire et une voiture retrouvée accidentée à proximité du domicile des victimes.
00:21:30Reportage de Franck Triviaud avec le récit de Chloé Tarka.
00:21:34Un homejacking d'une grande violence.
00:21:37Les faits se sont produits dans la nuit de jeudi à vendredi à Bocaire, dans le Gard.
00:21:42C'est dans cette petite ville qu'un couple de sexagénaires belges a été agressé à son domicile par plusieurs
00:21:48individus.
00:21:49Selon les premiers éléments, les victimes ont été frappées puis ligotées.
00:21:53Blessé à la tête, le mari, âgé de 69 ans, a été transporté à l'hôpital.
00:21:59Une agression d'un couple âgé qui, à Bocaire, provoque inquiétude et indignation.
00:22:04Ça fait peur. On peut se dire que si ça leur est arrivé, ça peut très bien nous arriver à
00:22:09nous aussi.
00:22:10C'est vraiment tragique parce que c'est attaqué en plus à des personnes qui sont âgées, si j'ai
00:22:13bien compris.
00:22:14Donc je leur éprouve. Je pense que sincèrement, c'est une question de dignité et que les gens réfléchissent à
00:22:20ce qu'ils font.
00:22:21Les auteurs présumés, trois hommes âgés de 25 à 30 ans, ont pris la fuite avec la voiture du couple.
00:22:27Un véhicule qui a été retrouvé accidenté à seulement quelques centaines de mètres.
00:22:31Des home-jacking en forte augmentation dans la région, avec des conséquences psychologiques dramatiques pour les victimes.
00:22:37Lorsqu'on est victime d'un cambriolage, même si on n'a pas eu affaire aux cambrioleurs,
00:22:41on se sent, je reprends souvent ces termes-là, on se sent violé quelque part à domicile.
00:22:46Vous imaginez un petit peu le choc quand finalement on est à domicile, parce qu'on est cambrioleur sur place.
00:22:52Vous imaginez en plus lorsque les cambrioleurs s'en prennent physiquement à vos enfants, à votre épouse ou à vous
00:23:00-même.
00:23:00C'est très choquant.
00:23:01Une enquête est en cours pour retrouver les auteurs et déterminer les circonstances exactes des faits.
00:23:07Et des dizaines de milliers de manifestants sont rassemblés en ce moment dans le centre de Londres.
00:23:12Parmi eux, des pro-palestiniens et militants antiracistes d'un côté, des sympathisants du militant anti-immigration et anti-islam
00:23:20Tommy Robinson de l'autre.
00:23:22Les deux marches sont tenues à l'écart l'une de l'autre et encadrées par une opération de police
00:23:26d'envergure exceptionnelle.
00:23:28Quelques 4000 policiers sont déployés sur le terrain justement pour éviter tout débordement.
00:23:33On en parlera justement avec mes invités, notre spécialiste international à 16h30.
00:23:37Et pour terminer ce journal, en plein festival de Cannes, les chiens Renifleurs s'invitent sur la croisette, Sandra.
00:23:42À quelques pas du tapis rouge foulé chaque jour par les grandes stars de cinéma,
00:23:46c'est qu'à un traque les vendeurs de drogue et consommateurs également.
00:23:50Le maire de la ville, David Lysnard, a réclamé une opération ciblée de lutte contre les stupéfiants tout au long
00:23:56de l'événement.
00:23:57Les explications de Valentin Polidori.
00:24:01Sur la croisette à Cannes, ce chien Renifleurs ne passe pas inaperçu auprès des festivaliers.
00:24:07Ces chiens circulent au milieu de la foule, dressés pour traquer les vendeurs et les consommateurs de stupéfiants.
00:24:13Chaque année, le festival attire près de 200 000 personnes et fait tripler la population de la ville pendant 10
00:24:19jours.
00:24:20Des contrôles qui se font sans distinction particulière.
00:24:23On peut me diriger aussi bien vers une femme, vers un homme, quelqu'un qui soit en costume ou apprêté
00:24:30en tenue de soirée
00:24:31ou quelqu'un qui soit en survêtement, casquette, je ne sais pas, même le chien de toute façon ne fait
00:24:36pas la différence.
00:24:37Lui, elle suit les odeurs et ce pourquoi elle est informée.
00:24:42Un dispositif mis en place à la demande du maire de Cannes, David Lysnard, qui souhaite renforcer la lutte contre
00:24:47ce fléau.
00:24:48Plus on aura la possibilité d'aller sur des lieux privés, plus on sera efficace.
00:24:52C'est la législation qui nous contraint aujourd'hui à faire ça sur la voie publique.
00:24:59En tout cas, ça nous suffit pour travailler, pour être efficace et pour obtenir de bons résultats.
00:25:05Autre point de vigilance pendant le festival, les vols de montres de luxe qui se multiplient.
00:25:10Une délinquance aux origines transfrontalières.
00:25:13L'an dernier, 65% des vols de montres dans la ville émanaient d'une délinquance étrangère.
00:25:19Et c'est la fin de ce journal. Merci Sandra, on vous retrouve à 16h.
00:25:23On va continuer à parler de l'Eurovision.
00:25:25On va justement se rendre sur place.
00:25:27On rejoint Olivier Benkeemoun et Emma Loro.
00:25:29Bonjour Olivier, Emma et merci à tous les deux d'être avec nous.
00:25:32On le disait Olivier avec mes invités juste avant la pause.
00:25:35Encore une ambiance très particulière pour Israël.
00:25:38Des appels au boycott et des manifestations aussi qui sont organisées sur place.
00:25:44Ah oui, je crois que les appels au boycott, ils datent du premier jour, vous vous souvenez,
00:25:48quand l'UER qui organise cette Eurovision a décidé, après un vote,
00:25:54qu'Israël aurait le droit de participer à ce concours.
00:25:58A partir de là, il y a cinq pays qui ont décidé que non, ils boycotteraient.
00:26:01Vous avez l'Espagne, bien entendu, l'Islande, l'Irlande, les Pays-Bas et la Slovénie.
00:26:05Et depuis, évidemment, ces appels au boycott se rappellent au boycott.
00:26:09Le candidat israélien Noab Betam vit dans une sorte de bulle de sécurité ici,
00:26:14dès qu'il doit se déplacer.
00:26:16Effectivement, il y a eu des manifestations.
00:26:17Elles ne sont pas énormes, ces manifestations.
00:26:19Ils ne sont pas très nombreux, les manifestants.
00:26:21Ils sont là derrière moi, très, très encadrés aujourd'hui par la police, évidemment,
00:26:25parce que les manifestants ont décidé de se diriger vers l'endroit
00:26:29où il y a la salle de concert ce soir, de s'en approcher.
00:26:32Il est hors de question, évidemment, de les laisser faire.
00:26:33Donc, vous avez un gros dispositif policier juste derrière.
00:26:36Vous avez un hélicoptère au-dessus.
00:26:38Vous avez, peut-être qu'Emma va vous montrer, beaucoup de voitures de police, évidemment.
00:26:42Ce n'est pas une situation facile pour le candidat israélien, évidemment,
00:26:47qui s'est qualifié pour la finale.
00:26:49Je vais juste vous donner une petite anecdote pour finir,
00:26:52parce que la question a été posée par des collègues d'une télévision israélienne
00:26:56à d'autres candidats pour l'Eurovision.
00:26:59Est-ce que vous avez une pensée pour Noam Betam ?
00:27:02Qu'est-ce que vous pensez de sa chanson ?
00:27:04Et à chaque fois, c'est très compliqué d'avoir une réponse.
00:27:07En général, les autres chanteurs, et notamment la chanteuse polonaise,
00:27:11a dit « Attendez, je ne vais pas vous répondre.
00:27:13Je vais demander à mon attaché de presse, qui immédiatement,
00:27:16arrête la conversation et l'interview. »
00:27:18Vous voyez, cette ambiance, en tout cas, Noam Betam, candidat israélien, franco-israélien même,
00:27:23puisqu'il a sa famille d'originaires de Grenoble,
00:27:26reste dans les favoris du côté des Boukmeuker.
00:27:30Et ces dernières heures, il était classé dans le top 5, exactement.
00:27:35Merci beaucoup, Olivier Benkemoun.
00:27:37Merci à Emma Loro, qui vous a accompagnée pour ce duplex.
00:27:40Olivier Vielle, on vient d'entendre aussi les conditions dans lesquelles
00:27:43ce candidat, mais comme ceux des autres années, se prépare.
00:27:47Et on voit bien à quel point, aujourd'hui, le boycott,
00:27:48il peut concerner toute personne qui représente Israël,
00:27:51toute personne née en Israël.
00:27:53On pense par exemple à Amir, et ça, ça a lieu chez nous en France.
00:27:56Et on voit bien toute la rhétorique qui est mise en place.
00:27:58On a commencé, finalement, à se dire que toute personne israélienne,
00:28:01ou même juive d'ailleurs, serait responsable d'un génocide.
00:28:04Je reprends évidemment les mots de Pedro Sanchez.
00:28:07Il y a deux choses qui sont intéressantes.
00:28:08C'est qu'on voit que les Boukmeuker disent qu'il est dans les favoris.
00:28:11Et déjà l'année dernière, la candidate avait obtenu la majorité
00:28:17des voix-eux du public.
00:28:18On voit donc bien que la polémique, elle est essentiellement liée
00:28:22aux organisateurs et finalement à une forme d'élite de l'Eurovision.
00:28:28Parce que le public, lui, n'est pas du tout dans cette rhétorique-là.
00:28:31Ça montre finalement, l'Eurovision, je trouve, très bien ce que sont
00:28:35les querelles intestines aujourd'hui au sein de la gauche culturelle européenne
00:28:40et occidentale.
00:28:41Parce qu'en réalité, depuis 20 ans, l'Eurovision a été totalement instrumentalisée
00:28:46par la gauche qui en a fait pendant longtemps le fer de lance
00:28:50de toute une politique progressiste.
00:28:53Et là, finalement, ce qu'on voit aujourd'hui, c'est que ces deux gauches-là,
00:28:56qui se sentent propriétaires plus que le public de l'Eurovision,
00:29:02elles s'affrontent depuis quelques années avec cette question d'Israël
00:29:07qui devient pour elles à la fois le symbole du génocide,
00:29:10mais surtout finalement le symbole de l'impérialisme occidental.
00:29:13Et donc c'est en cela qu'aujourd'hui, on voit deux gauches qui s'affrontent
00:29:16et l'Eurovision devient ce théâtre-là.
00:29:19C'est très regrettable.
00:29:20Heureusement, le public ne suit pas, mais on voit effectivement
00:29:23que ces polémiques sont de plus en plus vives.
00:29:25Oui, des polémiques vivaces malheureusement.
00:29:27Et on pose aux candidats qui doivent performer dans ces circonstances.
00:29:31On va changer de sujet puisqu'on l'a appris à la mi-journée.
00:29:34Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, se rendra donc en Algérie
00:29:38demain soir et lundi sur invitation des autorités algériennes.
00:29:41Précise son cabinet.
00:29:43Le ministre va notamment échanger avec son homologue.
00:29:46On va regarder un peu plus dans la précision le but de cette visite,
00:29:50la communication du cabinet.
00:29:51Ce déplacement a pour objet de travailler l'ouverture d'un nouveau chapitre
00:29:54de la coopération judiciaire entre nos deux pays,
00:29:57fondé sur le respect des spécificités et principes propres
00:30:01à nos institutions judiciaires,
00:30:03ainsi que sur des échanges réguliers politiques et judiciaires à haut niveau.
00:30:06Il poursuit la lutte contre la criminalité organisée et le narcotrafic,
00:30:10sujet sur lequel nous avons de très nombreux enjeux communs,
00:30:13sera particulièrement abordé,
00:30:15tout comme le renforcement de notre relation bilatérale
00:30:17dans la lutte contre le terrorisme et contre la délinquance économique et financière transnationale,
00:30:21y compris pour les dossiers de bien mal acquis.
00:30:24Alors Raphaël Stainville, on voit depuis quelques temps,
00:30:26on a vu Laurent Nunez, on a vu Alice Ruffeau,
00:30:28on voit maintenant Gérald Darmanin se rendre en Algérie.
00:30:31Est-ce qu'on peut espérer que Gérald Darmanin,
00:30:34peut-être plus politique que les deux profils que je viens de citer,
00:30:37qui a déjà rencontré à plusieurs reprises le président Tebboune,
00:30:41puisse obtenir des choses justement des autorités algériennes ?
00:30:44En tout cas, c'est indispensable que les relations reprennent
00:30:49et qu'un certain nombre de sujets, de dossiers extrêmement chauds puissent avancer.
00:30:53Alors on pense, même si ce n'a pas été évoqué par le ministre de la Justice,
00:30:59du cas de Christophe Géz.
00:31:00Bien sûr, on va le voir.
00:31:01Mais bien évidemment, il y a aussi tous les sujets liés au narcotrafic,
00:31:05où l'on sait qu'un certain nombre de dirigeants, de responsables de la DZ mafia
00:31:09ont trouvé refuge en Algérie.
00:31:13Et donc je pense qu'une part de ce voyage, de ce déplacement de Gérald Darmanin à Alger
00:31:19sera pour obtenir une collaboration active des services de l'Algérie
00:31:28pour obtenir l'arrestation.
00:31:32Et puis dans un second temps, le transfert de ces suspects pour qu'ils soient jugés en France.
00:31:39Et vous parlez de Christophe Géz, qui est mentionné, des affaires individuelles sensibles,
00:31:43nous dit-on, seront également discutées.
00:31:45En particulier le cas, évidemment, de notre compatriote Christophe Géz,
00:31:48qui est toujours incarcéré en Algérie.
00:31:50Évidemment, pour l'instant, il est très dur de s'engager sur une possible libération.
00:31:55Effectivement, sur ce qui concerne la DZ mafia, notamment, Olivier,
00:31:58ce qu'on voit, c'est que le ministre part avec une délégation de magistrats.
00:32:02Il y aura notamment la procureure nationale du parquet anticriminalité organisée,
00:32:06le procureur national financier et ce qu'on comprend de la chancellerie,
00:32:11des pistes qu'on nous dit.
00:32:12Il y a évidemment l'extradition, comme le disait Raphaël, sans doute,
00:32:15de certaines personnes liées à la DZ mafia qui sont sur place
00:32:18et la volonté aussi de récupérer des informations.
00:32:21Parce que les magistrats algériens ont des informations, en fait, qui nous concernent.
00:32:25Et l'absence de coopération judiciaire depuis les dernières années
00:32:28nous empêche, en fait, de les récupérer.
00:32:29Oui, alors, je pense qu'il y a deux choses.
00:32:31Effectivement, dans la méthode, il y a l'idée de renouer, sans doute,
00:32:34des relations, finalement, entre spécialistes, entre experts,
00:32:38moins au niveau politique qu'au niveau, justement, des acteurs de terrain.
00:32:41On sait que pendant très longtemps, même quand la situation était extrêmement tendue,
00:32:45il restait quand même des relations, notamment, entre nos services
00:32:49et les services algériens, qui avaient eu, notamment,
00:32:52des contacts sur ce qui se passait au Mali avec nos services.
00:32:55Donc, il y a toujours eu ça.
00:32:57Peut-être qu'effectivement, c'est une des bonnes méthodes.
00:32:59C'est, effectivement, de renouer des relations au niveau des administrations,
00:33:03au-delà du niveau politique.
00:33:04Malgré tout, il y a la question de savoir, quand même,
00:33:06parce qu'on voit bien que le niveau politique est toujours extrêmement important,
00:33:11que le gouvernement de Teboun est extrêmement susceptible,
00:33:15et qu'effectivement, à n'importe quelle occasion,
00:33:20ou quelquefois, d'ailleurs, des choses qui ne sont même pas,
00:33:22qui dépendent de la politique intérieure algérienne,
00:33:24peuvent devenir un prétexte pour retendre la situation.
00:33:27Donc, il va falloir voir, quand même, parce qu'on sort d'une séquence
00:33:30où il y a eu beaucoup de concessions.
00:33:33Sans doute, la plus grosse concession, c'était quand même la présence
00:33:35de la ministre de la Défense lors de cette journée d'hommage,
00:33:40qui a été quand même mal vécue par beaucoup de gens.
00:33:42Mais est-ce que ces concessions-là vont finir par être payantes ?
00:33:46C'est la question qu'on peut se poser, parce qu'on nous a beaucoup dit
00:33:49qu'il fallait faire des concessions.
00:33:52Là, aujourd'hui, on en a fait beaucoup.
00:33:54Il est peut-être temps qu'on récolte quelques fruits de ces concessions-là.
00:33:57Est-ce que, Karima, finalement, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin,
00:34:00va aussi un petit peu réparer ce que Bruno Rotaillot a cassé ?
00:34:04On nous dit parfois que Bruno Rotaillot, que ce soit sur le cas de Boalem Sansal
00:34:08ou sur la relation avec l'Algérie, il a beaucoup trop tendu,
00:34:11il a beaucoup trop fait dans les médias,
00:34:12et que, justement, comme le disait Olivier, le but, c'était davantage un travail de fond
00:34:16et, sans doute, d'avoir des vraies garanties qui soient concrètes.
00:34:21Est-ce qu'aujourd'hui, il est temps, justement, d'aller réparer
00:34:24ce qu'on a peut-être un peu distendu ces derniers mois, ces dernières années ?
00:34:27En fait, c'est sûr qu'il y a une urgence de régler des dossiers qui sont prioritaires.
00:34:31C'est-à-dire, on connaît l'histoire entre la France et l'Algérie,
00:34:35les liens historiques.
00:34:36Il y a cette relation à la fois très, très, je le dirais, passionnelle,
00:34:41mais en même temps qui est extrêmement compliquée, très complexe.
00:34:45Il y a aussi une question de respect qui doit se faire des deux côtés.
00:34:49Oui, les derniers mois ont été extrêmement mouvementés
00:34:51et c'est important qu'il y ait cette coopération.
00:34:54On a mentionné sur les services, c'est des choses qu'on voit moins.
00:34:57Il y a tout l'aspect politique, le langage, la communication,
00:35:00mais il y a aussi un rapport de force et ça fonctionne aussi comme ça.
00:35:03Mais je pense que Gérald Darmanet arrive aussi en disant,
00:35:06il arrive avec sa vision aussi,
00:35:08d'essayer peut-être de changer un peu ces derniers mois qui ont été mouvementés.
00:35:12Mais cela étant dit, on est sur les derniers mois.
00:35:14Il y aura la prochaine élection présidentielle.
00:35:17Je pense que tout est là et on essaie peut-être de garder un peu ce contact,
00:35:21de dire on part sur de nouvelles bases,
00:35:23on va trouver des compromis, on va trouver ce qu'il faut.
00:35:26Mais il n'y a personne quand même qui peut oublier qu'il y a des vrais enjeux,
00:35:29la question des OQPF, la question de la coopération judiciaire aussi.
00:35:33Donc tous ces éléments-là ne vont pas disparaître,
00:35:36mais peut-être dans le ton, c'est clair qu'il y a un changement.
00:35:38On va marquer une pause et on se retrouve avec mes invités
00:35:41pour parler notamment du narcotrafic.
00:35:43Alors avec l'exemple malheureusement de Nantes,
00:35:45on rappelle que dans cette ville, 26 épisodes de tirs ont été recensés
00:35:49depuis le début de l'année,
00:35:50mais on parlera plus largement des 79% de communes français
00:35:54qui sont gangrénées par ce fléau.
00:35:56Restez avec nous, à tout de suite.
00:36:0016h sur CNews, bienvenue dans la deuxième heure de 120 minutes infos.
00:36:03On va continuer nos discussions notamment sur le narcotrafic dans un instant,
00:36:07mais d'abord le rappel de l'actualité avec Sandra Tchombeau.
00:36:10Rebonjour Sandra.
00:36:11Rebonjour Elodie, rebonjour à tous.
00:36:12Le Vatican l'a annoncé ce samedi,
00:36:15le pape Léon XIV sera en France du 25 au 28 septembre prochain.
00:36:19C'est une grande joie mais aussi une grande responsabilité
00:36:21selon le président de la Conférence des évêques de France.
00:36:24Ce déplacement, dont le programme sera détaillé ultérieurement,
00:36:27marque la première visite d'État pour un souverain pontif dans l'Hexagone.
00:36:31Depuis 18 ans, Emmanuel Macron a évoqué un honneur pour notre pays.
00:36:35Israël mène une série de frappes sur le sud du Liban ce samedi
00:36:39et ce malgré la prolongation pour un mois et demi de la trêve entre les deux pays.
00:36:43Ces attaques qui visent selon l'armée israélienne des infrastructures du Hezbollah
00:36:47dans plusieurs zones, notamment sur les régions de Nabatye et Saïda,
00:36:50ont été précédés d'un ordre d'évacuation de neuf villages.
00:36:55Et puis la République démocratique du Congo est frappée par une souche hautement létale,
00:36:58jusqu'à 50% selon le ministre congolais de la Santé, du virus Ebola.
00:37:03Il est à l'origine de l'épidémie en cours dans le pays.
00:37:05Il n'existe ni vaccin ni traitement spécifique pour contrer ce variant,
00:37:09d'après Samuel Roger Kamba.
00:37:11La maladie est suspectée d'être à l'origine de 80 décès en RDC
00:37:14et d'un autre en Ouganda voisin.
00:37:17Merci beaucoup Sandra Tchombo pour toute l'actualité.
00:37:20Avec moi toujours Raphaël Stainville, Olivier Vial, Karim Abrik et j'accueille Christian Flèche.
00:37:25Bonjour.
00:37:25Bonjour.
00:37:26Je rappelle que vous êtes l'ancien directeur de la police judiciaire de Paris.
00:37:29On va parler donc narcotrafic avec notamment Nantes.
00:37:32On est 48 heures après la mort d'un adolescent.
00:37:35Je vous rappelle qu'il a été tué dans une fusillade sur fond de narcotrafic.
00:37:39Et à Nantes, depuis le début de l'année, ce sont 26 épisodes de tirs qui ont été recensés dans
00:37:44la ville.
00:37:45Les habitants sont à bout.
00:37:46Ils n'en peuvent plus.
00:37:47Reportage sur place de Malo Steiner, Corenta Lonzo et François Tiskevitch.
00:37:53Situé sur les bords de l'Erdre, dans le nord de la ville, voici le secteur du Port Boyer.
00:37:59Ici, près de 5000 habitants vivent dans la peur car ce quartier est gangréné par le trafic de drogue.
00:38:05Ce jeudi, un adolescent de 15 ans a été tué dans une fusillade survenue en pleine journée.
00:38:11Les habitants sont à bout.
00:38:13Moi, ça fait 36 ans que j'y habite.
00:38:16Franchement, il y a toujours eu des jeunes qui guillaient, mais jamais ils cassaient.
00:38:21On n'entendait pratiquement pas parler de...
00:38:23Mais là, depuis quelques années, c'est affolant, quoi.
00:38:27Depuis 2020, la situation s'est dégradée.
00:38:31Et au fur et à mesure, ça ne fait que s'empirer, quoi.
00:38:34Des règlements de comptes quasi quotidiens.
00:38:37Quelques jours plus tôt, un homme de 18 ans avait déjà été blessé par balle dans ce même quartier.
00:38:42Fin avril, une autre fusillade avait fait un mort et un blessé grave.
00:38:46À la criminelle de Nantes, ils sont 14 effectifs pour 238 dossiers.
00:38:53Il y a une augmentation de 9% de la masse de dossiers pour la brigade criminelle.
00:38:58Et en ce qui concerne l'office qui lutte contre les stupéfiants, l'OFAST, on est monté aussi de 209
00:39:05à 378.
00:39:08Depuis le début de l'année à Nantes, il y a eu 26 épisodes de tir dans les rues de
00:39:13la ville.
00:39:14Christian Flech, on va entendre dans un instant le ministre de l'Intérieur.
00:39:17Précisément, Laurent Nunez était sur place.
00:39:19Mais on voit bien à quel point, là, on parle de Nantes.
00:39:21On peut parler de Marseille.
00:39:22On peut même parler de 79% de nos communes, selon la Cour des comptes,
00:39:26qui aujourd'hui sont en proie au fléau du narcotrafic.
00:39:29Oui, c'est vrai, c'est quelque chose qui est très inquiétant,
00:39:32dans la mesure où on voit que ce trafic de stupéfiants, maintenant,
00:39:35va dans des villes qui sont des villes moyennes, voire des petites villes,
00:39:39ce qui était extrêmement nouveau.
00:39:40Avant, on avait l'habitude de la région parisienne, de Marseille.
00:39:44Et puis, c'est ça qui était vraiment inquiétant.
00:39:45Il y a vraiment un focus en plus sur Nantes,
00:39:47parce que ce n'est effectivement pas la première fusillade.
00:39:50Et on a les chiffres pour l'année, mais il y a aussi des années précédentes.
00:39:54C'était également le cas.
00:39:56Je voudrais qu'on écoute justement le ministre de l'Intérieur.
00:39:58D'ailleurs, je vous le disais, il s'est rendu sur place.
00:40:00Écoutez ce que disait Laurent Nounia, c'était hier.
00:40:03Cet événement ne fait que renforcer la détermination qui est la mienne,
00:40:07qui est celle du gouvernement,
00:40:08et qui est tout particulièrement la mienne comme ministre de l'Intérieur,
00:40:10pour continuer cette lutte intraitable contre le narcotrafic,
00:40:15qui mène à des drames.
00:40:17On l'a vu hier soir, ici.
00:40:19On l'a vu à Nice.
00:40:21Évidemment, quand on déstabilise les territoires,
00:40:24on crée des guerres de territoires.
00:40:26C'est ce qui s'est passé à Nice.
00:40:27C'est ce qui s'est passé à Dessine, aussi,
00:40:29dans le département du Rhône,
00:40:30où on a eu un incendie que je qualifierais d'intimidation,
00:40:33qui a conduit à la mort de trois personnes.
00:40:36Tous ces faits ne font qu'on renforcer notre détermination.
00:40:38Et croyez-moi, la mienne est intacte et totale
00:40:40pour continuer cette guerre contre le narcotrafic
00:40:44et continuer à gagner des batailles.
00:40:47Nous le devons évidemment à ces victimes.
00:40:48Nous le devons aux habitants des quartiers.
00:40:51Karim Abrik, il a sans doute raison,
00:40:53le ministre, de parler de guerre de territoire.
00:40:55Mais c'est quand même le ministre de l'Intérieur
00:40:56qui admet qu'aujourd'hui, il y a une guerre
00:40:58entre l'État d'un côté et ses narcotrafiquants,
00:41:01les mêmes qui expliquent que quand Bruno Rotaillot
00:41:04parle de mexicanisation, ils estiment qu'il exagère.
00:41:07Pourtant, on a l'impression de voir les prémices
00:41:09quand même de cette situation sur notre territoire.
00:41:11Oui, et vous l'avez mentionné il y a quelques instants.
00:41:13Maintenant, ça se passe dans des villes moyennes,
00:41:15des petites villes, c'est partout.
00:41:16Donc, ça gangrène, ce n'est pas juste...
00:41:18On voyait avant certains quartiers qu'on connaît bien
00:41:21du côté de Marseille, par exemple.
00:41:23Et maintenant, oui, on le voit.
00:41:25Et les chiffres le montrent aussi encore une fois.
00:41:28On parle de 26 fusillades depuis le début de l'année
00:41:30dans la ville de Nantes.
00:41:31On est début même.
00:41:32Un jeune maintenant de 15 ans qui est mort.
00:41:34On se rappelle aussi...
00:41:36Bon, ça, c'est du côté de Marseille,
00:41:38mais le frère d'Amine Kessassi qui a été assassiné,
00:41:40qui n'avait rien à voir.
00:41:42Donc, un innocent qui est mort, les victimes collatérales.
00:41:45Donc, oui, c'est une guerre, mais encore une fois,
00:41:47une guerre, ça prend des moyens.
00:41:49On sent qu'il y a une volonté.
00:41:50Je ne dis pas qu'il n'y a pas de choses qui sont faites.
00:41:52Il y a des choses qui sont faites.
00:41:53Mais ça demande, en fait, un déploiement d'énormément d'argent,
00:41:58un déploiement d'énormément d'effectifs, le renseignement.
00:42:01On a parlé aussi de, par exemple, la question des frontières aussi,
00:42:05parce qu'on voit qu'il y a des trafiquants qui décident,
00:42:08par exemple, à travers différents pays.
00:42:09On peut aussi avoir ces réseaux qui sont finalement transnationaux.
00:42:16Donc, extrêmement complexe.
00:42:18S'attaquer également au portefeuille.
00:42:20Il y a toute la question de la justice aussi des mineurs,
00:42:23qui sont des proies aussi.
00:42:24On va parler dans un instant.
00:42:25Mais qui sont des proies aussi de ces réseaux de trafic.
00:42:28Et on voit que les narcotrafiquants sont de plus en plus redoutables,
00:42:32plus aucune limite, plus de code.
00:42:34En plein jour, en pleine ville.
00:42:36Exactement.
00:42:36Et finalement, s'il y a des victimes collatérales, tant pis.
00:42:40C'est comme ça que ça se passe.
00:42:41Donc, bref, c'est une guerre.
00:42:42Mais jusqu'où est-on prêt à aller pour essayer de contrer le fléau ?
00:42:46Ça, c'est une autre histoire.
00:42:47C'est une autre histoire.
00:42:48Et puis, vous avez évoqué la volonté politique.
00:42:50Raphaël Stainville, évidemment, il y a des maires qui font beaucoup pour la sécurité,
00:42:54qui essayent de mettre en place des caméras de vidéosurveillance
00:42:57ou tout ce genre de choses.
00:42:58Et on a aussi des maires qui, par idéologie, ne mettent pas franchement le paquet à leur niveau.
00:43:02Évidemment, le maire ne peut pas tout faire pour lutter contre le narcotrafique.
00:43:06Oui, on voit à quel point certaines municipalités, parce qu'elles ont basculé sous l'égide notamment des écologistes,
00:43:16ont pu basculer et sombrer.
00:43:18C'est le cas de Grenoble.
00:43:20C'est le cas pour Nantes avec Johanna Roland.
00:43:24Effectivement, on voit que la volonté ou l'incarnation d'une politique par certains hommes politiques
00:43:31a soit amplifié un phénomène qui était déjà existant,
00:43:36soit au contraire a pu limiter les effets de cette guerre.
00:43:40Mais pour en revenir vraiment, non pas au niveau de ces élus locaux,
00:43:43qui ont une responsabilité, mais qui est bien moindre en comparaison de celle de l'État
00:43:47et notamment d'Emmanuel Macron.
00:43:49Parce que si on dresse le bilan d'Emmanuel Macron en matière de lutte contre la drogue,
00:43:54on voit qu'il a une responsabilité immense.
00:43:57Gérald Darmanin, qui était ministre de l'Intérieur pendant 4 ans,
00:44:00reconnaissait lui-même qu'il n'y avait plus de lieu safe en France.
00:44:06C'est quand même un diagnostic absolument effarant.
00:44:09On voit qu'il y a une métastase et que finalement, cette guerre aujourd'hui,
00:44:14elle est presque déjà perdue.
00:44:16En tout cas, ce trafic est presque hors de contrôle.
00:44:18Ça, c'est une certitude avec effectivement une énergie qui est aujourd'hui déployée,
00:44:23mais bien tardivement en fait par l'État,
00:44:25comme s'il y avait eu un réveil trop tardif, un retard à l'allumage.
00:44:28Souvenez-vous, encore il n'y a pas si longtemps,
00:44:30lorsque Éric Dupond-Moretti était ministre de la Justice
00:44:33et que des magistrats marseillais étaient interrogés,
00:44:36ils leur reprochaient finalement d'avoir mis des mots sur une réalité
00:44:40en leur disant que des magistrats ne devaient pas dire ça.
00:44:43Lors d'une commission d'enquête, il aurait fallu qu'ils mentent.
00:44:46Mais on voit que finalement, cette cécité, cet aveuglement de certains
00:44:50a permis aux narcotrafiquants de prendre une avance sur l'État
00:44:57et sur la manière dont il faudrait pouvoir mener cette guerre.
00:45:00Et pendant le temps où l'État a peut-être trop hésité ou trop longtemps,
00:45:03ceux qui ont payé le prix fort de ces narcotrafiquants,
00:45:06ce sont les habitants.
00:45:07Notre équipe a pu rencontrer Mélanie.
00:45:09Elle vit dans ce quartier de Nantes.
00:45:11Écoutez le quotidien qu'elle nous livre.
00:45:14Je veux partir, mais comme je suis toute seule avec mes deux enfants,
00:45:16après je travaille, je ne peux pas aller en privé.
00:45:18Je suis obligée de rester en H&M.
00:45:20Et dans ce métropole Habitat, ils ne sont pas décidés de nous faire partir.
00:45:23Vous ne vous sentez plus en sécurité ?
00:45:25Pas du tout, pas du tout.
00:45:26Et surtout pour mes enfants.
00:45:28On n'est plus du tout en sécurité ici.
00:45:31On voit Olivier à quel point on a abandonné ses habitants.
00:45:33Elle-même le dit, elle n'a pas les moyens de prendre un autre appartement.
00:45:37Et donc, ses habitants subissent le narcotrafic, subissent le risque
00:45:41et subissent parfois aussi les contrôles de ces narcotrafiquants
00:45:44qui checkent à l'entrée notamment de ces immeubles
00:45:46qui peut aller ou non leur rendre visite.
00:45:48Oui, on voit bien qu'effectivement, c'est une guerre aussi de territoire.
00:45:50Et d'ailleurs, cette habitante est courageuse.
00:45:54Parce que bien souvent, maintenant, effectivement, les habitants témoignent
00:45:57à visage couvert, anonyme, parce qu'ils savent qu'ils peuvent avoir
00:46:02des répercussions sur leur vie quotidienne.
00:46:05Parce que justement, il y a une forme d'autorité qui s'est développée
00:46:08dans ces quartiers qui est désormais celle des narcotrafiquants.
00:46:11On le voit pour les habitants.
00:46:12On l'a vu il y a quelques mois pour des entreprises, pour des commerçants
00:46:16qui ont été obligés aussi finalement de se plier.
00:46:19C'est soit vous partez du quartier, soit vous vous pliez à la loi du narcotrafic.
00:46:24Et donc ça, effectivement, c'est un vrai souci.
00:46:26Où je rejoins Raphaël, c'est qu'effectivement, on a eu l'impression
00:46:29que le gouvernement a mis très longtemps à se réveiller,
00:46:33qu'il a fallu en gros la mission d'information du Sénat
00:46:37pour qu'on mette enfin les mots sur le fait qu'on était haut.
00:46:41Ce n'était pas simplement du trafic de drogue classique,
00:46:44mais qu'on avait quelque chose qui était devenu une vraie hydre
00:46:46qui était capable de faire vraiment, de s'imposer dans les quartiers,
00:46:53d'imposer son autorité.
00:46:54Et puis, on a encore une tentation de ce gouvernement
00:46:57d'être dans une forme de, en tout cas, si ce n'est pas de déni,
00:47:00c'est au moins d'édulcorer la réalité.
00:47:03On l'a vu encore cette semaine avec le patron de la police
00:47:06qui nous dit que finalement, il n'y a pas de zone de non-droit,
00:47:09que tout peut être géré.
00:47:12Alors oui, tout est géré, mais on voit bien qu'on peut y aller,
00:47:14mais on voit bien quand même que la police a de plus en plus de difficultés
00:47:17à aller dans certains quartiers.
00:47:18Et il y a un rapport qui a été fait par le service d'information et de renseignement
00:47:23de la criminalité organisée,
00:47:25qui montre bien que pendant ce temps-là,
00:47:27le narcotrafic a fait un bon capacitaire,
00:47:29c'est-à-dire qu'ils utilisent aujourd'hui de nouvelles technologies
00:47:31que n'ont pas forcément la police.
00:47:33Ils sont en capacité d'utiliser des moyens
00:47:36qui se sont décuplés, même des moyens financiers.
00:47:39Donc la corruption augmente à proportion que leurs moyens financiers augmentent.
00:47:43Et puis qu'ils ont même développé des stratégies
00:47:45qui rendent de plus en plus difficiles les enquêtes,
00:47:47puisqu'ils sont de plus en plus en capacité
00:47:49de sous-traiter les parties les plus dangereuses
00:47:52à d'autres entités,
00:47:54quelquefois qui sont liées aux terroristes,
00:47:57quelquefois qui sont liées à la criminalité organisée,
00:47:59mais dans d'autres pays,
00:48:00de façon à pouvoir diluer leurs responsabilités
00:48:03et de rendre encore plus difficile le travail des enquêteurs.
00:48:05Donc dans ce cadre-là, effectivement,
00:48:07on se dit qu'il ne faut pas édulquerer la réalité.
00:48:09On est en face d'une menace qui est réellement importante.
00:48:12Vous voulez y rajouter quelque chose ?
00:48:14Oui, bien sûr.
00:48:14Je connais Laurent Nounet, j'ai travaillé avec lui.
00:48:16Je suis sûr de sa détermination.
00:48:18Maintenant, c'est un sujet du ministère de l'Intérieur,
00:48:20mais pas que le ministre de l'Intérieur.
00:48:22Sur les forces de répression,
00:48:24il y a déjà les douanes,
00:48:25qui dépendent du ministère des Finances,
00:48:27c'est le premier point.
00:48:27Il y a bien sûr la justice qui doit être impliquée.
00:48:30Et la justice, ça a déjà été entamé
00:48:32en dehors des prisons de haute sécurité.
00:48:33Il y a un vrai plus pour mettre hors d'état de nuire
00:48:36des trafiquants et pour éviter qu'ils continuent leur trafic.
00:48:39Il y a un sujet de coopération judiciaire
00:48:41avec les pays où se réfugient les trafiquants,
00:48:44où il y a également des biens à saisir
00:48:46parce que c'est le produit du trafic.
00:48:49Ensuite, il y a un sujet de prévention, bien sûr.
00:48:51Pourquoi on a autant de consommateurs en France ?
00:48:53Il y a un sujet avec le ministère de la Santé
00:48:55pour l'impliquer là-dedans.
00:48:57Et puis peut-être qu'on peut envisager
00:48:59un sujet avec les affaires étrangères.
00:49:01On a un certain nombre de pays
00:49:02qui sont les plus gros fournisseurs de stupes
00:49:04et qui sont assez proches de nous.
00:49:06Du coup, il faudra peut-être un délégué interministériel
00:49:08ou quelque chose qui coordonne plus ça
00:49:09que d'avoir un chapelle par chapelle.
00:49:11Franchement, je ne sais pas s'il faut un délégué interministériel.
00:49:13Ça fait une structure de plus.
00:49:14Il y a déjà plein de structures.
00:49:16En tout cas, il faut qu'il y ait au niveau du Premier ministre
00:49:18une coordination interministérielle
00:49:20et qu'il y ait des décisions.
00:49:22Parce que, bien sûr, vous évoquiez le directeur général.
00:49:25Le directeur général dit qu'on peut aller partout,
00:49:27mais il faut prendre un certain nombre de précautions.
00:49:29C'est vrai. J'étais en Seine-Saint-Denis il y a 25 ans.
00:49:32Je savais qu'il y avait des moments où il ne fallait pas y aller.
00:49:36C'était plus facile d'aller à 6h du matin
00:49:38dans un certain nombre d'endroits
00:49:40que d'y aller à 16h.
00:49:41Vous voyez ?
00:49:42Donc, on le savait.
00:49:43On prenait nos précautions.
00:49:44On savait où il fallait garer les voitures ou pas.
00:49:47On apprenait à regarder
00:49:48quand on rentrait dans un haut du meuble
00:49:50ce qui pouvait tomber des fenêtres.
00:49:51C'est précisément ça, la définition d'une zone de non-droit.
00:49:54Lorsqu'on est obligé de s'adapter à la situation
00:49:58et n'y aller que de manière très ponctuelle,
00:50:00on comprend le désastre, voire la désespérance
00:50:02de ces habitants qui vivent dans ces tours
00:50:05comme des exilés de l'intérieur.
00:50:06Bien sûr, mais ce n'est pas une nouveauté.
00:50:08C'est un truc qui est plus long, plus ancien.
00:50:11Et que vous découvrez, vous,
00:50:13parce qu'il y a une chose que vous avez évoquée aussi.
00:50:16Il y a deux ans, deux agents pénitentiaires sont morts
00:50:19à l'occasion d'évasion d'Amra.
00:50:21Et là, on a découvert qu'Amra avait neuf téléphones en prison
00:50:24et qu'il continuait à œuvrer sur son trafic de stupes
00:50:27et pilotait des meurtres depuis sa prison.
00:50:30Et on a découvert que la corruption arrivait.
00:50:32C'est pour ça qu'on peut aussi,
00:50:34quand le ministre de l'Intérieur de l'époque
00:50:36a évoqué la mexicanisation,
00:50:37il y avait un sujet autour de la corruption
00:50:39qui est un sujet réel, qu'on découvre maintenant.
00:50:42Et qui touche tous les ministères, d'ailleurs.
00:50:43Et pour évoquer aussi, pour terminer sur ce narcotrafic,
00:50:47on voit deux choses.
00:50:48Premièrement, à Christian Flèche,
00:50:50on voit un recours aux mineurs,
00:50:52parce que malheureusement,
00:50:53c'est un peu de la chair à canon facile.
00:50:55Et on voit aussi que de plus en plus de femmes sont recrutées.
00:50:58On voit des narcotrafiquants aussi qui s'adaptent.
00:51:00On nous dit que, par exemple,
00:51:01sur les mineurs, ils risquent moins.
00:51:03Ils osent plus aussi parfois être des cibles.
00:51:07Et puis sur les femmes, on nous dit
00:51:08que quand il s'agit de livrer, par exemple, des femmes,
00:51:10on a davantage confiance.
00:51:11On voit ce marché aussi qui évolue.
00:51:12Alors, il évolue.
00:51:14Les femmes ont été aussi, les femmes seules notamment,
00:51:16ont été souvent utilisées comme nourrices.
00:51:18C'est-à-dire, elles stockaient chez elles,
00:51:20parce qu'elles vivaient sales,
00:51:21qu'elles avaient des soucis financiers,
00:51:24moyennant une somme.
00:51:25Elles stockaient la marchandise,
00:51:26ça évitait, ça passait inaperçu.
00:51:28C'est vrai que les femmes, sur la livraison,
00:51:29passent plus facilement inaperçues
00:51:31par rapport à la vigilance de la police.
00:51:33Et le sujet nouveau, c'est les mineurs.
00:51:36Mais c'est un sujet, j'évoquais tout à l'heure,
00:51:38qui existe aussi en matière de terrorisme.
00:51:39On voit maintenant la jeunesse des gens
00:51:42qui sont impliqués en matière de terrorisme.
00:51:44On voit la fragilité aussi de ces mineurs
00:51:46qui sont capables de basculer
00:51:48parce qu'un prédicateur va leur vendre quelque chose
00:51:51ou parce qu'un autre va leur donner un billet.
00:51:53Et c'est pour ça qu'il y a un volet d'éducation,
00:51:56bien sûr, qu'il faut...
00:51:57Parce que tous ces mineurs qui sont dans la rue,
00:51:59c'est des mineurs qui ont une obligation de scolarité.
00:52:01Bien sûr.
00:52:01Donc, pourquoi ça n'est pas contrôlé ?
00:52:03On peut faire référence à un autre fait divers
00:52:05qui a eu lieu il n'y a pas longtemps,
00:52:07où un mineur a été séquestré par son père
00:52:10dans une camionnette en face de chez lui
00:52:12pendant un an ou un peu plus d'un an,
00:52:14sans que personne ne s'en préoccupe.
00:52:16Oui, mais à ces mineurs,
00:52:17à ces mineurs dont l'autorité parentale fait défaut,
00:52:22il y a aussi, c'est un phénomène de plus en plus marqué,
00:52:26ces mineurs isolés.
00:52:27Les MN1 qui, aujourd'hui, viennent en nombre grossir
00:52:31les rangs de ces petites mains du trafic de drogue.
00:52:35Je crois que ce sont 10 000 mineurs, aujourd'hui,
00:52:38qui sont considérés comme travaillants pour le narcotrafic.
00:52:42C'est totalement ahurissant.
00:52:43Ou un sujet de relations internationales,
00:52:45puisqu'il y a aussi un sujet avec le pays d'origine
00:52:47qu'il faut travailler.
00:52:48Et d'où l'importance aussi,
00:52:49quand on parlait un peu plus tôt,
00:52:51de ces prisons à haute sécurité,
00:52:53pour vraiment ces criminels, par exemple,
00:52:55qui organisent les trafics.
00:52:57On parle de quoi?
00:52:58Une centaine de places à Vendin-le-Vieille.
00:53:00Donc, à quel point c'est important aussi,
00:53:02parce qu'on voit que la prolifération
00:53:05dans les petites villes ou ailleurs,
00:53:06quand on voit que le trafic est gangréné,
00:53:09gangrène partout, finalement, à travers la France,
00:53:11il y a ces grands bons du crime
00:53:14qui sont capables aussi d'organiser
00:53:15les trafics un peu partout.
00:53:16Donc, ça prend aussi une réponse
00:53:18qui est extrêmement forte.
00:53:19Bien sûr.
00:53:19Ça, c'est très important.
00:53:20Et oui, sur l'enjeu de la consommation,
00:53:23qu'est-ce qui pousse aussi toute une jeunesse
00:53:26et ce renouvellement aussi des consommateurs,
00:53:29c'est un vrai sujet.
00:53:30C'est un vrai sujet.
00:53:31Et puis, pour terminer sur les mineurs,
00:53:33en plus, on voit, Olivier,
00:53:35que ces mineurs,
00:53:35ils sont aussi très utiles pour le narcotrafic
00:53:38parce qu'ils risquent beaucoup moins
00:53:39s'ils venaient à se faire attraper que les autres.
00:53:42Donc, finalement, les narcotrafiquants ne sont pas idiots.
00:53:44Ils savent que ce sont des proies faciles pour eux.
00:53:46Mais effectivement, en fait, il y a une forme d'opportunisme.
00:53:51Les narcotrafiquants ont bien compris
00:53:53qu'effectivement, les jeunes, en plus,
00:53:55surestiment le fait qu'ils ne risquent rien
00:53:58et donc sont facilement mobilisables
00:54:01par des narcotrafiquants
00:54:02qui ont capacité de les payer
00:54:05beaucoup plus que ce qu'ils peuvent gagner.
00:54:07Ce qui fait que, d'ailleurs,
00:54:08l'autorité dans la famille se renverse très rapidement
00:54:10parce que quand un gamin ramène beaucoup plus d'argent
00:54:13que ses parents,
00:54:15c'est difficile d'appliquer l'autorité parentale.
00:54:18Donc, ça participe de cette modification
00:54:21de l'écosystème familial
00:54:23et de l'écosystème de ces quartiers.
00:54:24Mais effectivement, aujourd'hui,
00:54:25c'est sans doute les mineurs
00:54:27qui sont les plus touchés
00:54:29parce qu'ils sont de plus en plus
00:54:31la proie de ces...
00:54:33Et l'angélisme qu'on a eu
00:54:34en pensant qu'on était bienveillants
00:54:36en ne les mettant pas en prison,
00:54:37je pense que c'était une erreur majeure.
00:54:39Et on ne les a pas forcément effectivement aidés
00:54:41en ne leur imposant pas des sanctions.
00:54:43On va marquer une dernière pause
00:54:44dans ce 120 minutes info
00:54:46et on se retrouvera avec mes invités
00:54:47pour parler notamment du film
00:54:49qui retrace les derniers jours de Samuel Paty.
00:54:52On verra ce qu'en pense un influenceur.
00:54:54Pour lui, c'est un film pour l'extrême droite.
00:54:56Évidemment, je le cite,
00:54:57on verra ce qui se cache derrière ses arguments.
00:54:59Restez avec nous à tout de suite.
00:55:05De retour pour la dernière partie
00:55:06de 120 minutes info week-end.
00:55:08On va parler maintenant de ce film
00:55:10L'abandon qui retrace les derniers jours
00:55:12de Samuel Paty.
00:55:13Eh bien, un influenceur livre son analyse.
00:55:17Je le cite, évidemment, c'est de la merde.
00:55:18C'est un film pour l'extrême droite.
00:55:20Voilà ces mots.
00:55:21Un film qui a été présenté au Festival de Cannes.
00:55:24On a interrogé plutôt ceux qui ont vu ce film.
00:55:27On regarde justement cette confrontation d'idées
00:55:29résumée par François Tiskevitch.
00:55:32C'est un film dangereux.
00:55:32Fais-moi un film pour l'extrême droite, pour le RN.
00:55:35Lui, c'est Grim Cujo,
00:55:36un streamer aux plus de 220 000 abonnés sur Instagram.
00:55:40Il vient d'assister à la projection du film
00:55:42sur les derniers jours de Samuel Paty
00:55:43au Festival de Cannes.
00:55:45Pendant plusieurs minutes,
00:55:46il dénigre le film qui, selon lui,
00:55:48est d'extrême droite.
00:55:49Ils font un teasing.
00:55:50Attention, il meurt à la fin.
00:55:51Et à la scène de la mort,
00:55:51il crie à la wagba avant de mettre le coup de couteau.
00:55:53Et après, les flics arrivent,
00:55:54je suis en bonne.
00:55:55Ok les gars, fais-moi un film pour l'extrême droite,
00:55:56pour le RN.
00:55:57Un an de l'élection, c'est bien ça.
00:55:59En plus, les méchants musulmans,
00:56:00ah, ils sont antisémites.
00:56:01Franchement, un film dangereux,
00:56:02j'ai rien d'autre à dire.
00:56:02Pourquoi tu votes en 2027 ?
00:56:04La réponse est déjà donnée.
00:56:05Voter Mélenchon en 2027,
00:56:06on encule le RN et l'extrême droite.
00:56:08Un avis loin d'être partagé par ces Français
00:56:10que nous avons rencontrés
00:56:12à la sortie d'une séance du film.
00:56:14Très objectifs.
00:56:18Aucun parti pris politique.
00:56:21Très fidèle, je pense que très fidèle
00:56:23à ce qui s'est réellement passé.
00:56:24Je trouve que c'est très bien joué,
00:56:26que le comédien principal,
00:56:28il est très proche,
00:56:31très émouvant.
00:56:33Et ça ne dénigre personne,
00:56:35dans le sens où on voit bien,
00:56:37quelles que soient les communautés,
00:56:38il y en a qui sont du bon côté
00:56:39et d'autres du mauvais côté.
00:56:41C'est un film que tout le monde doit voir.
00:56:44Aussi bien les élèves, les parents,
00:56:48que n'importe qui dans le monsieur tout le monde
00:56:51ou madame tout le monde.
00:56:52Sorti mercredi et présenté hors compétition à Cannes,
00:56:56l'abandon relate les 11 jours précédents
00:56:58l'assassinat de Samuel Paty,
00:56:59le 16 octobre 2020.
00:57:02Olivier, vous avez vous-même vu ce film.
00:57:04C'est hallucinant aujourd'hui
00:57:05qu'on entend de tels propos.
00:57:06On parle d'un film qui retrace
00:57:08les derniers jours de la mort
00:57:09d'un professeur qui a été décapité.
00:57:12Et on entend ces idioties.
00:57:13Le journaliste, je ne sais pas si on qualifie
00:57:15le journaliste d'ailleurs,
00:57:16qui interroge cet influenceur,
00:57:18est mort de rire quand il dit
00:57:19qu'on sait qu'à la fin, il meurt.
00:57:21Oui, oui, mais effectivement,
00:57:23quand il dit que le film est d'extrême droite,
00:57:24en réalité, pour eux,
00:57:25c'est la réalité qui est d'extrême droite.
00:57:26Parce que ce film,
00:57:27il est à la fois extrêmement efficace,
00:57:30parce que justement,
00:57:30il n'y a pas de volonté d'être dans l'émotion.
00:57:33C'est très factuel.
00:57:35On voit effectivement chaque journée qui se passe.
00:57:37C'est basé sur l'enquête
00:57:39qui avait été faite par Stéphane Simon,
00:57:41qui avait retracé avant même le procès,
00:57:43puis avec tous les éléments du procès.
00:57:45Donc effectivement,
00:57:46on a une base factuelle extrêmement forte,
00:57:48avec en plus la sœur de Samuel Paty
00:57:51qui a été associée au film.
00:57:53Donc on a vraiment quelque chose
00:57:54qui est au plus près.
00:57:56Et ce n'est pas d'extrême droite.
00:57:58Samuel Paty était un professeur
00:57:59qui n'était pas du tout d'extrême droite,
00:58:01plutôt d'ailleurs de gauche.
00:58:02On parle d'une institution,
00:58:03l'éducation,
00:58:04où on voit bien que tous les acteurs
00:58:06sont un peu perdus.
00:58:07Et c'est aussi des valeurs de gauche
00:58:09qui défendaient.
00:58:10Et donc simplement,
00:58:11c'est qu'à la fin,
00:58:12oui, il y a une réalité qui nous choque.
00:58:14C'est cette réalité de cette radicalisation,
00:58:17cette volonté qui,
00:58:18au nom de l'islamophobie qu'on brandit,
00:58:20peut finir par armer le bras
00:58:23d'un jeune radicalisé
00:58:24qui effectivement n'attendait que ça
00:58:26pour commettre ce crime.
00:58:28Et je trouve que ce film,
00:58:29il est extrêmement efficace.
00:58:31Il est extrêmement...
00:58:32Il nous amène aussi à beaucoup
00:58:33à réfléchir,
00:58:34parce que l'idée,
00:58:35c'est quand même surtout
00:58:35de comprendre le titre de l'abandon.
00:58:37C'est qu'effectivement,
00:58:38on a eu l'impression
00:58:39qu'à la fois l'institution scolaire,
00:58:42la police,
00:58:43la municipalité
00:58:44n'a pas été totalement à la hauteur
00:58:45de, malheureusement,
00:58:48de ce qui est arrivé à Samuel Paty
00:58:50et qui, aujourd'hui,
00:58:51doit encore nous amener à réfléchir.
00:58:53Vous avez raison,
00:58:53justement, sur ce titre,
00:58:54Raphaël, l'abandon.
00:58:55Alors, ça n'arrange peut-être pas
00:58:56un certain nombre d'institutions
00:58:58que ce titre ait été choisi.
00:58:59Pas plus que ça n'arrange
00:59:00les institutions,
00:59:01ce qu'a pu raconter Michael Paty
00:59:02en expliquant que son frère
00:59:04a été abandonné,
00:59:06aussi lâché parfois
00:59:07parmi ses collègues.
00:59:08Alors, certains essayent
00:59:09de réécrire l'histoire
00:59:10et peut-être qu'ils n'apprécient pas
00:59:11que là, on soit sur quelque chose
00:59:12de factuel et pas d'idéalisé.
00:59:14Oui, non, mais c'est pour ça
00:59:15que c'est important
00:59:16de regarder cette réalité en face
00:59:18avec un certain nombre
00:59:20de manquements,
00:59:21de lâchetés commis
00:59:24par les uns et les autres.
00:59:25Ce fameux pas de vague
00:59:27qui a encore cours,
00:59:28malheureusement,
00:59:29au sein de l'éducation nationale
00:59:30bien trop souvent
00:59:31pour, justement,
00:59:33éviter toute ennui,
00:59:34éviter de satisfaire,
00:59:38tirer des ennuis
00:59:39en alertant.
00:59:41Ce film raconte tout ça,
00:59:42en fait.
00:59:43C'est ça qui rend pour beaucoup
00:59:45ce film insupportable.
00:59:46C'est pour ça qu'une partie
00:59:48de la gauche
00:59:50s'est empressée
00:59:51de le critiquer.
00:59:53Et c'est aussi pour ça,
00:59:54moi, je pense que
00:59:55c'est intéressant
00:59:56de pouvoir le regarder
00:59:58et de le montrer
01:00:01même dans les écoles
01:00:01parce que c'est absolument vital
01:00:04de voir à quel point
01:00:06cette liberté d'expression
01:00:08qu'on essaie
01:00:08de défendre.
01:00:10Si on commence
01:00:11à s'interdire
01:00:12de parler
01:00:13de ce genre de drame,
01:00:16malheureusement,
01:00:16on risque de les voir
01:00:17se reproduire.
01:00:18C'est arrivé
01:00:19à Samuel Paty,
01:00:20c'est arrivé
01:00:21à Dominique Bernard
01:00:22et malheureusement,
01:00:23je pense qu'un certain
01:00:24nombre de personnes
01:00:25encore aujourd'hui
01:00:26font mine
01:00:27de ne pas voir
01:00:27cette réalité brutale
01:00:29qui fait que des gamins
01:00:31sont capables
01:00:32de basculer,
01:00:35de se radicaliser
01:00:36et de commettre
01:00:37ce genre de crimes.
01:00:38Oui, parce qu'effectivement,
01:00:39Karima,
01:00:39on est là face à une réalité,
01:00:41face à des faits
01:00:42et on a ce YouTuber
01:00:43qui explique que
01:00:44parce qu'à la fin,
01:00:46il meurt,
01:00:46parce que ce sont
01:00:48des islamistes
01:00:48qui le tuent,
01:00:49eh bien,
01:00:50ça devient d'extrême droite.
01:00:51En réalité,
01:00:51comme le disait Olivier,
01:00:53finalement,
01:00:53ce n'est pas d'être
01:00:54extrême droite ou pas,
01:00:55c'est simplement
01:00:55une réalité
01:00:56que certains
01:00:57continuent de nier
01:00:58ou en tout cas,
01:00:59même dont ils se moquent
01:01:00parce qu'on entend bien
01:01:01le ton en plus
01:01:01avec lequel il le dit
01:01:02ce jeune homme.
01:01:03Oui, c'est terrible
01:01:04et au fond,
01:01:05c'est de faire l'amalgame,
01:01:06c'est encore pire en fait,
01:01:07c'est ça,
01:01:08c'est de dire finalement
01:01:09que l'islamisme,
01:01:10ce serait quoi,
01:01:11si on lutte
01:01:12contre l'islamisme,
01:01:13on lutte contre l'islamisme.
01:01:13On est d'extrême droite.
01:01:14C'est ça,
01:01:15mais on lutte justement
01:01:16contre ces extrêmes
01:01:17qui vont même
01:01:18jusqu'à la mort,
01:01:19en fait,
01:01:20qui peuvent conduire
01:01:20à la mort
01:01:20et ça a été le cas
01:01:22pour Samuel Paty.
01:01:23Donc, il y a quelque chose
01:01:24de contre-productif
01:01:26dans le discours,
01:01:27c'est-à-dire,
01:01:27on devrait tous être unis
01:01:28pour se dire
01:01:28non, on n'accepte pas,
01:01:30on ne peut pas accepter ça,
01:01:31on ne peut pas accepter
01:01:32que la France soit
01:01:32cette cible,
01:01:34justement,
01:01:34de ces crimes,
01:01:36de ces drames
01:01:37liés à l'islamisme.
01:01:38Il y a eu,
01:01:38évidemment,
01:01:39les attentats,
01:01:40Charlie Hebdo,
01:01:40le Bataclan,
01:01:41on ne va pas refaire
01:01:42les drames.
01:01:44Il y a ce qui s'est passé
01:01:45avec Samuel Paty,
01:01:46il y a tout cet idéal
01:01:47justement de la France
01:01:48sur le côté
01:01:49de la liberté d'expression,
01:01:50sur cette France
01:01:51justement des lumières
01:01:52et l'abandon.
01:01:53Je trouve que le terme,
01:01:55si on n'a pas été
01:01:56à la hauteur dans le passé,
01:01:57il faut aussi être
01:01:58à la hauteur aujourd'hui
01:01:59d'assumer ce qui s'est passé,
01:02:01surtout de se dire
01:02:02non, plus jamais.
01:02:03Et ça,
01:02:04ça devrait faire un peu
01:02:05cette unanimité,
01:02:06donc de ne pas être
01:02:07justement dans l'abandon
01:02:08de ces idéaux,
01:02:09dans l'abandon
01:02:10de cette lutte
01:02:11contre les extrêmes
01:02:12qui conduisent
01:02:13justement jusqu'à la mort.
01:02:15Donc j'espère
01:02:16qu'on sera aujourd'hui
01:02:17à la hauteur.
01:02:17On espère qu'on sera
01:02:18à la hauteur
01:02:19parce qu'effectivement
01:02:19Christian Flèche,
01:02:20quand on voit
01:02:20qu'on en arrive
01:02:21à débattre
01:02:22d'un film
01:02:22sur un professeur
01:02:23qui a été décapité
01:02:25où il y a sans doute
01:02:25une volonté aussi
01:02:26de faire oeuvre
01:02:27de pédagogie,
01:02:28d'expliquer peut-être
01:02:29aux générations futures
01:02:30ce qui s'est passé
01:02:30et on voit,
01:02:31là on a vu ce youtuber,
01:02:32mais effectivement
01:02:32une partie de la gauche aussi
01:02:33commence à polémiquer
01:02:34sur un film,
01:02:35on ne devrait pas le faire.
01:02:36Après,
01:02:37il a payé du prix de sa vie
01:02:38son engagement
01:02:39et aujourd'hui
01:02:39on a l'impression
01:02:40que certains
01:02:40presque le condamnent
01:02:42une deuxième fois finalement.
01:02:43Oui,
01:02:43je trouve que la réaction
01:02:44que vous avez montrée
01:02:45est affligeante
01:02:46et puis si on fait
01:02:47un parallèle
01:02:48avec ce dont on vient
01:02:49de parler,
01:02:49les stups,
01:02:49c'est d'ailleurs
01:02:50le refus d'affronter
01:02:51la réalité.
01:02:51C'est-à-dire qu'à un moment
01:02:52donné,
01:02:53au travers de faits divers,
01:02:55on découvre la réalité
01:02:56et il faut être capable,
01:02:57la société doit être capable
01:02:58de se défendre
01:03:00par rapport à ça.
01:03:00On va pour cette
01:03:02dernière partie
01:03:03évoquer ce qui se passe
01:03:04à Londres,
01:03:05notamment avec vous
01:03:05Dora Delrazic.
01:03:06Bonjour.
01:03:06Bonjour.
01:03:07Merci de nous avoir rejoints
01:03:08puisque Londres
01:03:09est sous haute tension.
01:03:10Aujourd'hui,
01:03:11il y a deux rassemblements
01:03:11en même temps
01:03:12dans le centre de la capitale,
01:03:14un rassemblement pro-palestinien
01:03:15et un autre anti-immigration,
01:03:17une manifestation
01:03:18baptisée
01:03:19« Unir le Royaume ».
01:03:20Elle est organisée
01:03:21par Tommy Robinson.
01:03:23Alors,
01:03:23qui est justement
01:03:24ce Tommy Robinson,
01:03:25le chef de file
01:03:26de la contestation populaire
01:03:27anti-immigration, Dora ?
01:03:28Alors,
01:03:29Tommy Robinson,
01:03:30c'est un ancien hooligan.
01:03:31Il est aujourd'hui
01:03:32vraiment la figure
01:03:33de l'anti-islam
01:03:35et de l'anti-immigration
01:03:36au Royaume-Uni.
01:03:37Alors,
01:03:37très critique,
01:03:38évidemment,
01:03:38à l'égard
01:03:40du gouvernement.
01:03:41Ce mouvement
01:03:42a pris de l'ampleur
01:03:43ces derniers mois.
01:03:43On se rappelle,
01:03:44au mois de septembre,
01:03:44d'ailleurs,
01:03:44qu'elle avait organisée
01:03:45une grande manifestation
01:03:46« Unite the Kingdom ».
01:03:48Pareil,
01:03:49« Unir le Royaume ».
01:03:50Elle avait rassemblé
01:03:51à ce moment-là
01:03:52plus de 150 000 personnes
01:03:53dans les rues de Londres.
01:03:55Alors,
01:03:55il faut savoir
01:03:56qu'aujourd'hui,
01:03:56en Angleterre,
01:03:57l'immigration
01:03:58et l'identité nationale
01:03:59sont vraiment au cœur
01:04:00du débat public.
01:04:01Donc,
01:04:01les manifestants
01:04:03qui participent
01:04:03aujourd'hui
01:04:04à ce rassemblement
01:04:05ont de nombreuses
01:04:06revendications.
01:04:07Il dénonce
01:04:07notamment
01:04:08la politique migratoire
01:04:10britannique.
01:04:11Il réclame surtout
01:04:12que le peuple britannique
01:04:13passe en priorité
01:04:14en fait
01:04:15dans tout ce qui est
01:04:15question de logement
01:04:17mais aussi
01:04:18de services publics.
01:04:19C'est un mouvement
01:04:20qui veut,
01:04:21on va dire,
01:04:23ressusciter
01:04:23un petit peu
01:04:24le sentiment
01:04:24d'appartenance
01:04:25à une même nation.
01:04:26Donc,
01:04:27englober les Anglais,
01:04:28les Écossais
01:04:29et les Irlandais du Nord.
01:04:30Donc,
01:04:30voilà cette manifestation
01:04:31que l'on a à l'image.
01:04:33Et de l'autre côté,
01:04:34une manifestation
01:04:35pro-palestinienne,
01:04:36elle qui commémore
01:04:37en fait la Nakba,
01:04:39ce qui signifie
01:04:40catastrophe en arabe.
01:04:42Ça fait référence
01:04:42évidemment
01:04:43à l'échec
01:04:45des pays arabes
01:04:46lors de la guerre
01:04:47de 48 face à Israël
01:04:48avec la création
01:04:49de l'État d'Israël
01:04:50et puis l'exode
01:04:51des Palestiniens.
01:04:52Voilà,
01:04:52vous le disiez,
01:04:53deux manifestations.
01:04:54Donc,
01:04:54mais il y a aussi
01:04:55la finale de la Coupe
01:04:56d'Angleterre.
01:04:57Tout cela a lieu
01:04:58à Londres.
01:04:59Est-ce qu'on doit craindre
01:05:00malheureusement
01:05:00des débordements ?
01:05:01On imagine en plus
01:05:02qu'il y a beaucoup
01:05:02de forces de l'ordre
01:05:03aussi qui sont mobilisées.
01:05:04Et justement,
01:05:05pour ces deux manifestations,
01:05:06en plus évidemment
01:05:07de la Coupe d'Angleterre
01:05:08qui se joue
01:05:09au stade de Wembley
01:05:10qui est,
01:05:11vous l'avez dit,
01:05:12à Londres
01:05:12entre Chelsea
01:05:13et Manchester City,
01:05:14un dispositif exceptionnel.
01:05:17D'ailleurs,
01:05:18la police parle même
01:05:21de mesures
01:05:22sans précédent
01:05:23depuis ces dernières années.
01:05:24Il y a environ
01:05:254000 policiers
01:05:26qui sont déployés
01:05:27un petit peu partout.
01:05:28les deux manifestations
01:05:29ne devraient pas
01:05:30vraiment se croiser.
01:05:33Elles ont lieu
01:05:33dans deux endroits différents.
01:05:35Par contre,
01:05:35là où ça risque
01:05:36de se compliquer,
01:05:37ça va être justement
01:05:37la présence des hooligans
01:05:39qui pourraient être tentés
01:05:40de rejoindre la manifestation
01:05:41à United Kingdom.
01:05:44Donc,
01:05:45il y a ces policiers,
01:05:46il y a aussi
01:05:46tout ce qu'on a déployé autour
01:05:48puisqu'il y a
01:05:48des véhicules blindés,
01:05:50des hélicoptères,
01:05:51des drones.
01:05:52Et pour la première fois
01:05:53dans le cadre
01:05:53d'une manifestation,
01:05:54et ça,
01:05:54c'est bien de le noter,
01:05:56c'est l'utilisation
01:05:57de caméras
01:05:58à reconnaissance faciale
01:05:59en direct.
01:06:00D'habitude,
01:06:00on utilise vraiment ça
01:06:01dans les stades
01:06:01et dans les concerts.
01:06:03De son côté,
01:06:04il faut savoir
01:06:04que Tommy Robinson
01:06:05a diffusé un message
01:06:07sur son réseau social
01:06:09pour demander
01:06:10justement à ces militants
01:06:11surtout de ne pas être masqués,
01:06:13de faire attention
01:06:14à l'abus d'alcool
01:06:15et de manifester pacifiquement.
01:06:17Voilà,
01:06:17pour l'instant,
01:06:18pas de débordement.
01:06:19Merci beaucoup
01:06:19pour toutes ces explications.
01:06:20Dora,
01:06:21vous restez avec nous.
01:06:22Raphaël,
01:06:22c'est vrai que
01:06:23ce type de manifestation,
01:06:25c'est pas la première fois
01:06:25qu'on le voit en Angleterre
01:06:27comme le disait Dora
01:06:28et on l'avait vu
01:06:29notamment après Southport
01:06:30juste après d'ailleurs
01:06:31que Kirstammer
01:06:32ait été nommé
01:06:33Premier ministre,
01:06:33c'est Anglais
01:06:34qui s'étaient justement révoltés
01:06:35et on voit aussi
01:06:37que le gouvernement britannique
01:06:38a conscience
01:06:38qu'il faut faire attention
01:06:39à ce type de soulèvement
01:06:40du peuple.
01:06:41Oui,
01:06:41mais je trouve que
01:06:42cette manifestation,
01:06:43elle est d'autant plus importante
01:06:45qu'elle intervient
01:06:45une semaine après
01:06:46que Nigel Farage
01:06:48ait remporté
01:06:49un scrutin local
01:06:52et d'une certaine manière,
01:06:53c'est la prolongation
01:06:54de ce mouvement.
01:06:57Si Nigel Farage
01:06:59l'a emporté,
01:07:00c'est parce que précisément
01:07:01un certain nombre
01:07:02de Britanniques
01:07:03aujourd'hui
01:07:04reprochent
01:07:04et aux travaillistes
01:07:06et aux conservateurs
01:07:07d'avoir trahi
01:07:08les promesses
01:07:11du Brexit
01:07:13qui s'étaient notamment
01:07:14jouées sur les questions
01:07:15d'identité
01:07:16et d'immigration.
01:07:17Aujourd'hui,
01:07:18ils réclament
01:07:20une reprise en main
01:07:21ferme
01:07:22de ces sujets
01:07:23là où finalement
01:07:24les gouvernements
01:07:25qui se sont succédés
01:07:27ont fait beaucoup d'annonces
01:07:28sans qu'elles ne se traduisent
01:07:30par des changements notables
01:07:32pour les Britanniques.
01:07:34Et puis Olivier,
01:07:35on voit aussi
01:07:35que c'est un peu la fin
01:07:36de ce modèle multiculturel
01:07:38qui a beaucoup été
01:07:40d'ailleurs prôné
01:07:41comme un exemple
01:07:41de réussite
01:07:42et qui peut-être
01:07:43sans doute
01:07:43atteint aujourd'hui
01:07:44ses limites.
01:07:45Oui,
01:07:45je pense qu'il y a
01:07:45un vrai effet de balancier
01:07:46c'est que l'Angleterre
01:07:48a été pendant très longtemps
01:07:50le symbole
01:07:51du multiculturalisme
01:07:53allant même très loin
01:07:54puisque on avait quand même
01:07:55c'était le pays
01:07:56qui accueillait
01:07:57les islamistes
01:07:58les plus radicaux
01:08:00on parlait à l'époque
01:08:01du Londonistan
01:08:02où effectivement
01:08:03certains terroristes
01:08:04qui étaient rejetés
01:08:05des pays arabes
01:08:06arrivaient à Londres
01:08:07pour pouvoir avoir
01:08:08au nom de la liberté
01:08:09d'expression
01:08:09la possibilité
01:08:10de pouvoir
01:08:11faire leur prêche
01:08:12à Londres.
01:08:13Je pense qu'effectivement
01:08:13c'est un peu ça
01:08:14qu'aujourd'hui
01:08:15payé l'Angleterre
01:08:17avec les gouvernements
01:08:19successifs
01:08:19qui n'ont pas réussi
01:08:20à comprendre
01:08:21que ce modèle-là
01:08:22était un échec
01:08:23on se rappelle
01:08:24que ça a été la même chose
01:08:25dans les pays
01:08:26du nord de l'Europe
01:08:27et que même
01:08:29Angela Merkel
01:08:29avait à un moment donné
01:08:31dit que peut-être
01:08:32qu'on était allé trop loin
01:08:32dans le multiculturalisme
01:08:33et je crois que là
01:08:34c'est vraiment
01:08:35l'effet retour
01:08:36un effet de balancier
01:08:37très fort
01:08:37puisqu'effectivement
01:08:38aujourd'hui
01:08:39Nigel Farage
01:08:40gagne des élections
01:08:41et qu'il est
01:08:41alors qu'il était
01:08:42il y a encore quelques années
01:08:43l'aile la plus à droite
01:08:45du paysage politique
01:08:47anglais
01:08:47il est aujourd'hui
01:08:48encore dépassé
01:08:49à sa droite
01:08:50par Timmy Robinson
01:08:52On arrive au terme
01:08:53de ce 120 minutes infos week-end
01:08:55merci à tous les 5
01:08:56d'avoir été mes invités
01:08:57merci à vous
01:08:58évidemment
01:08:58de nous avoir suivis
01:09:00tout de suite
01:09:00vous retrouvez
01:09:01Thierry Cabane
01:09:02et ses invités
01:09:02dans Punchline
01:09:03moi je vous dis
01:09:04rendez-vous demain
01:09:04à 11h
01:09:05bonne fin de journée
01:09:06sur CNews
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