- il y a 6 heures
Ce samedi 18 avril, Mathieu Hamelle, directeur général de Vertbaudet, Mélanie Effroy, directrice commerciale de Médiaperformances, et Aude Viaud, co-fondatrice de Smala, étaient les invités dans l'émission Focus Retail présentée par Eva Jacquot. Focus Retail est à voir ou écouter le samedi sur BFM Business.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:04BFM Business, Focus Retail, Eva Jaco.
00:10Bonjour à tous, je suis ravie de vous retrouver sur BFM Business pour votre émission Focus Retail.
00:15Et au programme aujourd'hui, on se concentre sur le marché de l'enfant, un secteur sous pression entre ralentissement
00:21de la consommation,
00:22concurrence accrue et nouvelles attentes des parents.
00:25Comment les acteurs historiques se réinventent-ils ? Quelle place pour le digital ?
00:28La seconde main ou encore les magasins physiques ?
00:31Et surtout, quels sont les nouveaux relais de croissance dans cet univers en pleine mutation ?
00:35Pour en parler, j'aurai le plaisir de recevoir Mathieu Hamel, il est directeur général de Verbaudet.
00:40Et puis, restez avec nous pour la seconde partie de cette émission,
00:43puisque nous parlerons de la montée en puissance de la seconde main avec une start-up qui bouscule les codes
00:49et qui s'appelle Smala.
00:50Focus Retail, c'est parti.
00:54Focus Retail, l'interview.
00:57Et sur ce plateau, j'ai la chance de recevoir aujourd'hui Mathieu Hamel, bonjour.
01:01Bonjour Eva.
01:01Vous êtes le directeur général de Verbaudet.
01:04À mes côtés, sur ce plateau, notre expert Retail cette semaine, c'est vous, Mélanie.
01:08Mélanie Effroy, vous êtes directrice commerciale de la régie chez Média Performance.
01:13Alors Verbaudet, c'est une entreprise qui a été créée dans les années 60, acteur incontournable de la vente à
01:18distance.
01:19C'est aujourd'hui un site e-commerce dédié à l'enfant, à tout ce qui l'entoure, pas seulement
01:23le prêt-à-porter.
01:24Mathieu Hamel, on a vu cette semaine que les prix à la consommation sont en hausse de 1% en
01:29mars, dopés par le prix du pétrole.
01:32Le contexte géopolitique pèse sur les Français qui consomment moins, on l'a vu en mars.
01:36Le chiffre d'affaires des enseignes non alimentaires a reculé de 2,2% par rapport à la même période
01:41l'an dernier.
01:42Vous le ressentez, vous, qu'en est-il chez Verbaudet ?
01:45Alors, pour l'instant, on n'observe pas d'impact ni sur notre activité, ni sur les coûts.
01:51On a une activité en mars en France qui est en progression de l'ordre de 5% sur Internet,
01:55en légère régression dans nos magasins parce que le trafic régresse un peu dans les magasins.
01:59Il peut y avoir un lien de cause à effet d'ailleurs avec le prix du carburant.
02:04Donc, pour l'instant, pas d'impact chez nous, la tendance reste bonne.
02:07Et sur les coûts, les impacts sont également très limités, très circonstanciés.
02:11Donc, pas de coûts supplémentaires liés à l'énergie, aux emballages et tout ce qui est ?
02:15Non, en fait, il y a un tout petit peu de coûts supplémentaires sur la livraison Last Mile,
02:20donc la livraison chez le consommateur par Colissimo, Mondial Relais, etc.
02:24Par contre, on n'a pas d'impact pour l'instant sur le coût du transport maritime qui est important
02:27pour nous.
02:28Pour le moment, les prix sont relativement stables.
02:30Et comme chez Verbaudet, nos produits sont essentiellement constitués
02:33plutôt de coton pour le textile ou de bois pour la maison et les jouets.
02:37On n'est pas exposés aux variations du prix du plastique,
02:41qui est celui-là lié aux hydrocarbures.
02:43Donc, on est, nous, plutôt protégés par rapport à ce qui se passe aujourd'hui.
02:47Et nos ventes, je le redis, sont bien orientées sur le début d'année.
02:50Alors oui, vous dites plus 5%, alors qu'on a vu en mars,
02:54les marques d'habillement sont à moins 4,4%.
02:5885% de vos ventes sont effectuées en ligne.
03:01C'est selon vous ce qui vous permet de gagner des points face à vos concurrents,
03:05cette présence en ligne ?
03:07Oui, je pense que c'est une des raisons qui expliquent la bonne santé de Verbaudet en ce moment.
03:12Notre présence en ligne, c'est ce qui est attendu par beaucoup de consommatrices et de consommateurs aujourd'hui.
03:18À côté de ça, on a aussi eu un gros travail de diversification de l'offre produit,
03:22qui nous permet de répondre à beaucoup d'envie, beaucoup de besoins des futurs parents, des jeunes parents.
03:27Verbaudet, ce n'est pas seulement des vêtements pour enfants,
03:29c'est de la déco, c'est du mobilier, c'est de la puriculture, c'est des jouets.
03:33Donc voilà, tout ça participe aussi au succès.
03:35Et puis, on a des marques propres qui sont également très fortes.
03:38Alors, vous avez évoqué pas mal de points dont on va parler,
03:41mais j'aimerais m'attarder sur ce que vous disiez par rapport à cette catégorie des jeux et jouets du
03:46mobilier.
03:47C'est ce qui a fait, quand vous avez lu, via la FEVAD, site internet préféré par les consommateurs.
03:54Qu'est-ce que ça représente, ce segment, chez vous ?
03:56D'abord, ce prix, c'était pour nous plus qu'une récompense, c'était une vraie marque de confiance,
04:00parce qu'il est décerné pas par la profession, mais par 6 000 consommateurs qui ont voté.
04:06Voilà, et Verbonnet est ressorti premier du classement devant les plus grands,
04:10les plus beaux concurrents, Amazon, pour ne pas le citer notamment.
04:13Donc, c'était une vraie marque de confiance.
04:16Je crois que le travail qui est fait, en fait, que ce soit sur nos meubles, sur la déco, sur
04:21les jouets,
04:23il fait des produits assez singuliers.
04:25En fait, les produits sont conçus, designés, mis au point par des ingénieurs qualité chez nous, en France.
04:32Et il y a une vraie singularité sur le style,
04:34il y a une vraie identité, quelque part.
04:37Il y a un vrai travail qui est fait sur la responsabilité aussi des matières qu'on utilise.
04:41Nos jouets sont essentiellement en bois, avec du bois qui provient de forêts qui sont durablement gérés.
04:46Donc, pour toutes ces raisons, je pense qu'on a une proposition qui est singulière
04:50et qui est plébiscitée par les consommatrices et par les consommateurs.
04:54Un bureau de design, donc, en France, mais les produits sont majoritairement fabriqués en Asie.
04:59Vous ne m'avez pas répondu, cette catégorie, elle est en croissance sur le mobilier, les jeux jouets ?
05:03Absolument. Ce qu'on observe, c'est que chez nous, les ventes de prêt-à-porter sont plutôt stables
05:08et que la croissance, on va effectivement la chercher sur le meuble, sur le jouet,
05:15un peu sur la puériculture aussi, même si c'est un marché qui est un petit peu plus challengé.
05:18Donc, c'est effectivement sur ces catégories-là que nous avons fait notre croissance l'année dernière.
05:23Challengé de par la baisse de la natalité. À vous, Mélanie.
05:27Longtemps, on vous a connu comme étant un acteur de la vente à distance.
05:30Comment le magasin joue-t-il un rôle dans vos stratégies à l'heure actuelle ?
05:34Alors, Eva l'a dit, 85% des ventes sont réalisées en ligne.
05:38On se définit comme un quasi-cure player aujourd'hui.
05:41On est très focalisé sur l'expérience en ligne.
05:43Tous nos investissements marketing sont très orientés vers le online.
05:46On a 75 magasins. On est très heureux de les avoir.
05:50Ces magasins jouent plusieurs rôles.
05:52D'abord, ce sont des centres de profit.
05:54Ce sont des magasins qui génèrent des ventes et de la rentabilité.
05:57Mais c'est surtout aujourd'hui un vrai relais, quelque part un point de service pour le web.
06:03On a une grande partie des commandes web qui sont récupérées dans nos magasins.
06:06Et là, les personnes qui se déplacent en magasin peuvent bénéficier d'un accueil humain, de services, d'expertise.
06:13Donc, on capitalise là-dessus.
06:15Et puis, je crois aussi que les magasins deviennent maintenant comme des médias.
06:18Donc, le fait d'avoir des magasins bien visibles, très matérialisés, c'est une manière aussi d'être présent à
06:28l'esprit pour les consommatrices et pour les consommateurs.
06:31Et c'est sans doute une de nos forces aussi par rapport à des pure players qui, eux, n'opèrent
06:34absolument qu'en ligne.
06:37Ces magasins, d'ailleurs, il y en a 75.
06:40D'ailleurs, où est-ce qu'ils sont situés ?
06:42Alors, ils ne sont que en France.
06:43Il faut savoir que Verbaudet réalise deux tiers de son activité en France, un tiers à l'international.
06:47Donc, nos magasins ne sont qu'en France et ils sont aux quatre coins de la France.
06:51Alors, on n'a pas une couverture complète du territoire avec 75 magasins.
06:54On en ouvre d'ailleurs chaque année de nouveau.
06:58Voilà, l'idée, c'est peut-être d'arriver à un moment donné une centaine de magasins, mais on peut
07:01en retrouver un peu partout.
07:02Des magasins que vous voyez comme des showrooms, est-ce qu'on y trouve absolument l'entièreté de la gamme
07:06?
07:06Alors, c'est une très bonne question.
07:09Malheureusement, compte tenu du fait qu'on a à peu près 6 000 références, dont des références de meubles, de
07:14jouets extrêmement…
07:15Enfin, qui sont des très beaux jouets, mais qui sont un peu encombrants, on ne peut pas tous les montrer
07:18en magasin.
07:19Donc, on a essentiellement l'assortiment du prêt-à-porter en magasin et ensuite un peu d'échantillonnage, quelque part,
07:24de ce qu'on propose sur le reste.
07:25Et tous nos magasins sont équipés d'iPad qui permettent d'accéder à l'ensemble de l'offre.
07:30Et on prend des commandes web en magasin avec le conseil, avec l'expertise de nos conseillers et conseillers de
07:36vente.
07:37Je me posais la question, face à des acteurs comme Zalando ou Amazon, c'est quoi votre véritable atout, finalement
07:43?
07:45Aujourd'hui, on a une ambition qui est simple, c'est de devenir le one-stop-shop préféré des parents.
07:51Et la singularité de Verbodet par rapport à ces acteurs-là, c'est qu'on est véritablement un spécialiste de
07:58la parentalité et de l'enfance.
08:00Et je crois qu'on a su installer une relation de confiance avec nos clientes et avec nos clients, à
08:07la fois sur notre marque propre,
08:09mais aussi par rapport à toutes les marques qu'on peut proposer aujourd'hui sur notre marketplace,
08:13qu'on choisit avec beaucoup de minutie, avec beaucoup d'exigence sur la qualité, sur la durabilité, sur le style,
08:20pour ne pas trahir notre promesse, quelque part, de qualité.
08:23Donc, je pense que ce qui nous distingue de ces très grandes marketplaces, c'est la sélection,
08:30la curation, la qualité des produits, et donc le rapport de confiance que ça peut créer.
08:34Il ne faut pas oublier que nos produits, ils sont utilisés par des enfants, par des bébés.
08:38Donc, voilà, la dimension de qualité, de durabilité, de sécurité, cette dimension, elle est clé.
08:43Vous soulevez un point intéressant. Vous dites que vous êtes une marketplace, vous avez aussi votre marque propre.
08:47Comment est-ce que ça se partage, cette activité ?
08:50Alors, l'essentiel de l'activité se fait sur notre marque propre.
08:54C'est à peu près 80% des ventes.
08:55Et je l'ai dit tout à l'heure, tous les produits sont mis au point à Tourcoing par nos
09:00équipes de style, etc.
09:02Et on réalise 20% de l'activité avec des marques autres, dont une grande partie sur la marketplace.
09:09On a lancé notre marketplace il y a maintenant deux ans.
09:12L'objectif est plutôt d'essayer de compléter l'offre sur des catégories sur lesquelles on n'est pas naturellement
09:17présent avec Verbonnet.
09:19Typiquement, on a lancé en début d'année toute une gamme d'hygiène et de soins pour bébés, pardon, avec
09:25une marque comme Biolan, qui a très bien démarré chez nous.
09:28On a en ce moment une mise en avant sur les jeux de plein air.
09:30On ne fait pas de jeux de plein air sur Verbonnet, mais on a une marque comme Trigano.
09:33Ces deux marques-là ont en commun d'être des marques françaises avec beaucoup de made in France.
09:37Donc, ça nous permet aussi de proposer des produits qui sont imaginés et fabriqués en France.
09:43Et on regarde peut-être à réintroduire du livre pour enfants aussi au travers de la marketplace.
09:47Donc, c'est toujours cette idée de couvrir le plus possible de besoins.
09:50Cette marketplace, elle correspond à quoi sur votre activité totale ?
09:55En fait, c'est 80% sur la marque propre et 20% sur des marques tierces.
09:59Vous êtes tout de même en concurrence, et il faut le dire, avec les plateformes chinoises.
10:04Comment est-ce que vous voyez l'essor ? Parce qu'il faut vraiment parler d'un essor de ces
10:08plateformes e-commerce.
10:10D'abord, je tiens à redire qu'il y a un problème de distorsion de concurrence majeure.
10:15Je sais que ça a été dit et répété des dizaines de fois, mais les pouvoirs publics ont pris conscience
10:19du problème,
10:20mais les décisions ne suivent pas suffisamment rapidement.
10:23Je pense que c'est extrêmement important que l'Europe légifère sur le sujet.
10:26On a vu des choses.
10:28Notamment avec la loi sur les petits colis.
10:31qui arrivent au niveau européen le 1er juillet, la responsabilité des plateformes sur les produits
10:38qui vont être vendus sur les plateformes pourraient être engagées, je crois, dans quelques mois.
10:42Mais tout ça ne va pas assez vite, parce qu'il y a beaucoup d'entreprises qui sont dans une
10:45difficulté terrible à cause de ça.
10:47Nous, on a suffisamment, je pense, d'avantages concurrentiels et peut-être de différences
10:51qui font qu'on arrive à continuer à croître dans cet environnement.
10:54Mais c'est vraiment terrible.
10:56Et je tiens à dire aussi qu'on a attaqué Chine en justice.
11:00On fait partie de cette centaine d'entreprises qui poursuit Chine en concurrence déloyale.
11:04On demande des dommages et intérêts à Chine.
11:07Vous savez que beaucoup de fédérations professionnelles et beaucoup d'entreprises ont attaqué.
11:10On en fait partie.
11:12Et j'insiste, c'est un combat qui n'est pas terminé.
11:14Comment on fait pour résister par rapport à ça ?
11:16On a un positionnement qui est très différent de celui de Chine et Temu.
11:18Je l'évoquais tout à l'heure.
11:19On fait vraiment de la curation sur les marques, les produits.
11:23On est très exigeant sur la qualité, la durabilité.
11:25Évidemment, on est plus cher aussi.
11:27Les produits Verbodès sont beaucoup plus coûteux que ce qu'on peut trouver sur Temu ou sur Chine.
11:31Mais le grade de qualité est sans commune mesure.
11:33Et la question de la sécurité, notamment, s'agissant des bébés,
11:38chez nous, on est très exigeant avec nous-mêmes sur les questions de qualité.
11:42Donc, il n'y a pas de risque.
11:43C'est ce qui nous différencie fondamentalement des plateformes chinoises.
11:46Mais qu'est-ce que vous recommanderiez ?
11:47Comment est-ce que vous iriez encore plus loin
11:49pour imposer justement un contrôle plus important ?
11:52En fait, il y a plusieurs sujets.
11:55D'abord, le sujet des droits de douane.
11:57Donc ça, la taxe sur les petits colis va commencer à y répondre.
11:59Donc, il faut que les droits de douane soient imposés.
12:01Quand nous, nous importons un produit d'Asie,
12:03on paye 12% de droits de douane dessus,
12:05enfin de Chine, pour être plus précis.
12:07Il faut que les plateformes chinoises
12:08qui exportent massivement les petits colis soient soumis aux mêmes règles.
12:11Il faut ensuite que les réglementations sur la qualité des produits,
12:15les normes de sécurité, les normes européennes en fait,
12:17s'appliquent.
12:18Aujourd'hui, il n'y a aucun contrôle, comment dire, systématique.
12:22Et quand ces contrôles sont faits sous forme de prélèvement,
12:24on s'aperçoit en fait que la majorité des produits ne sont pas conformes.
12:28Après, il y a plein d'autres questions.
12:29Il y a celle des éco-contributions par exemple.
12:30On paye des éco-contributions aux organismes
12:33qui sont en charge du recyclage, du réemploi, etc.
12:35Les plateformes chinoises ne les acquittent pas.
12:37Mathieu, il nous reste une minute.
12:39Allez, je laisse la parole à Mélanie.
12:41Alors, sur un autre sujet,
12:42comment exploitez-vous les données de votre site, justement,
12:45pour proposer des offres, peut-être aux consommateurs,
12:49ou alors leur suggérer certains produits ?
12:52Très bonne question.
12:53D'abord, on respecte scrupuleusement la RGPD,
12:55ce qui est une nouvelle différence par rapport à certains acteurs chinois.
12:59Le sujet de la personnalisation, il est fondamental.
13:02C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on essaye beaucoup de personnaliser les offres.
13:06On a des personas différents selon qu'on s'adresse à des futurs parents,
13:09selon qu'on s'adresse à des grands-parents ou des parents de familles nombreuses.
13:12Donc, toutes nos offres sont personnalisées.
13:15Ça passe par du CRM,
13:16ça passe par la personnalisation de la navigation sur le site.
13:19Et on travaille sur un projet qui va être central pour nous,
13:22qui va être celui d'une application mobile,
13:24qui nous permettra d'aller un cran plus loin
13:26et d'aller chercher ce qu'on appelle de l'hyperpersonnalisation
13:28avec des contenus qui seront vraiment très adaptés
13:31selon que vous soyez parent d'un nouveau-né
13:33ou d'une famille de pré-ado.
13:36Mathieu, en un mot, quel est votre panier moyen ?
13:39Le panier moyen, il est de 70 euros.
13:42Ah oui, donc ça reste quand même rien à voir avec les plateformes chinoises.
13:45Merci beaucoup, restez avec nous.
13:46On a encore plein d'autres questions, notamment sur la seconde main,
13:48mais on en parlera avec vous et notre start-up.
13:51Et puis, sans plus attendre, on passe tout de suite au focus.
13:57Alors, on l'a abordé justement avec notre grand patron en plateau.
14:01La France a enregistré l'an dernier plus de décès que de naissances.
14:03Dans ce contexte inédit, comment le marché de la puériculture arrive à résister ?
14:08Alors, c'est tout le paradoxe finalement de ce secteur.
14:11C'est malgré une baisse très forte de la natalité qui s'opère depuis 2014,
14:16on le sait, les ventes de produits de grosse puériculture arrivent à résister,
14:22et notamment résistent par une stratégie qui est assez logique,
14:26celle de la montée en gamme.
14:28Donc, en termes d'équipement, l'équipement de base, on est sur une poussette,
14:32un siège auto, un lit, et cet équipement atteint 1500 euros en moyenne.
14:37Et pour 50% de cet équipement, on est sur la poussette,
14:42qui, avec des modèles comme la yo-yo notamment, on avoisine les 800 euros.
14:47Donc, on est sur un marché de la puériculture où on achète moins,
14:51mais en fait, on dépense plus.
14:53Oui, la yo-yo, effectivement, qui est une poussette que l'on voit absolument partout.
14:57Ce modèle, est-ce qu'il arrive à faire face à la montée en puissance de la seconde main ?
15:01Alors, c'est là que ça se complique, parce que finalement,
15:03ces produits sont généralement conçus pour durer,
15:07et on assiste, au résultat, à un marché de l'occasion qui est extrêmement dynamique,
15:13puisque chaque année, c'est plus de 5 millions d'annonces
15:16qui sont publiées sur le site du Boncoin, par exemple,
15:19et les marques se retrouvent avec un effet de boomerang
15:23concurrencés par leurs propres produits, ce qui est assez atypique.
15:27Et, en l'occurrence, la seconde main, et on en a parlé tout à l'heure,
15:32il faut être assez vigilant sur la notion, il y a un risque,
15:35c'est celui de la sécurité, et notamment sur les sièges auto.
15:38Ah oui ?
15:39Oui, parce qu'il y a quand même une notion importante de se dire
15:42je n'achète pas un siège auto qui ne serait pas...
15:44Un peu comme les casques, finalement.
15:46Exactement.
15:47Il y a une autre option qui est en train de voir le jour
15:49et de se pérenniser, c'est la location.
15:51Alors, complètement.
15:53Et cette location, on fait appel à des acteurs comme Familibe
15:57qui mettent à disposition sur des points relais
15:59des produits de puriculture que l'on peut louer.
16:02Par exemple, une poussette premium est disponible
16:04aux alentours de 30 euros, donc bien moins cher
16:06que l'achat d'une poussette neuve.
16:09Merci beaucoup, Mélanie, pour votre expertise.
16:12Sans plus attendre, on passe au pitch de notre start-up.
16:21Lors de la première année de vie d'un enfant,
16:23les parents achètent près de 70 vêtements.
16:26C'en est autant à vendre, à revendre par la suite.
16:28C'est ce sur quoi opère notre start-up aujourd'hui.
16:31J'ai le plaisir de recevoir Aude Viau.
16:32Vous êtes la fondatrice de Smala.
16:35C'est une start-up spécialisée dans la gestion, le traitement
16:38et la valorisation de vêtements pour enfants.
16:41Vous opérez-vous uniquement en ligne.
16:43Quand on va regarder sur votre site, vous êtes un vrai site en ligne
16:46où on peut acheter et vendre.
16:49Quelle est votre différence avec Vinted, par exemple ?
16:51La vraie différence de Smala, c'est que, comme vous l'avez dit,
16:54on a un modèle complètement intégré.
16:57C'est-à-dire qu'on va gérer de l'achat à la revente
17:00en passant par le reconditionnement.
17:02On opère toute la chaîne de reconditionnement
17:06en certifiant la qualité de chaque produit.
17:10C'est-à-dire que chaque produit va être inspecté, trié.
17:13Pour vraiment garantir son état.
17:15Ça, c'est vraiment sur le produit.
17:17Et nettoyé aussi ?
17:18Non, il n'est pas nettoyé.
17:19Par contre, on demande à ce que le produit soit impeccable.
17:22Il va ensuite se retrouver sur notre site Internet
17:26où, là, il y a la vraie différence, je dirais,
17:28avec des plateformes comme Vinted.
17:30C'est que c'est une expérience, finalement, comme celle du neuf
17:33où le consommateur va pouvoir faire un seul et même panier
17:38de plusieurs articles.
17:39C'est un seul et même colis.
17:41Il n'y a pas de négociation de prix, etc., d'échanges.
17:46Il y a une certification de l'état du produit.
17:49Il y a aussi une expérience client, un SAV dédié,
17:54qu'on va pouvoir contacter en cas de problème.
17:55Donc, c'est vraiment une adaptation du modèle du neuf
18:01à la seconde main.
18:02On ne peut pas négocier les prix,
18:03mais ça reste quand même un moindre coût par rapport à du neuf.
18:05Bien sûr.
18:06Ce que je veux dire par négocier les prix,
18:07c'est vrai que souvent, les parents nous disent…
18:10Voilà, les vêtements pour enfants, vous avez dit,
18:12c'est 70 vêtements la première année.
18:13Ça prend un temps de dingue.
18:15Et les parents nous disent,
18:17moi, je suis en recherche de faciliter, de gagner du temps.
18:19Et donc, on a imaginé, nous, Smala, justement,
18:22pour faciliter la vie des parents
18:24dans cette expérience de seconde main
18:26qui, habituellement, prend du temps.
18:29Chez Smala, c'est rapide.
18:31Alors, vous collectez 500 000 vêtements par an
18:34que vous récupérez auprès de particuliers
18:36ou alors auprès de marques assez connues.
18:39C'est quoi votre business model ?
18:41Comment ça se partage, cette activité ?
18:42Alors, sur la partie seconde main,
18:45parce qu'on a aussi deux autres activités,
18:47mais en tout cas, sur la partie seconde main, en effet,
18:49on propose aux familles de nous envoyer
18:52les articles de leurs enfants
18:54et d'opérer, finalement, tout le tri,
18:56leur passage, la photo, toute la mise en ligne,
18:59en fait, qu'ils feraient exactement sur une plateforme
19:02et de vendre ces articles.
19:04Les parents sont payés directement
19:07et nous, on revend ces articles
19:10sur notre site Internet.
19:12Ça, c'est à peu près, je dirais,
19:1360 à 65 % de notre business.
19:15On a aussi, depuis 2021
19:18et depuis 2022
19:21avec Varg Modé,
19:22des partenariats avec des marques, en fait,
19:25pour lesquelles on opère
19:26en marque blanche.
19:27C'est-à-dire que les marques
19:29offrent ce service à leurs clients.
19:31Les clients vont envoyer
19:33leurs articles d'occasion,
19:35leurs articles déjà portés
19:36à la marque.
19:38Derrière la marque, en fait,
19:39c'est Smala qui va opérer
19:40toute la chaîne logistique,
19:42va traiter le produit jusqu'au bout
19:44pour le remettre en ventre,
19:46le remettre en circulation,
19:48soit sur Smala,
19:49sur les sites en marque blanche
19:52ou sur le site Varg Modé,
19:55dans le cas de Varg Modé.
19:55Alors, vous êtes aussi en partenariat
19:57avec Varg Modé,
19:58donc, vous l'avez dit,
19:59mais Jacques Adi et Cyrillus.
20:00Mathieu Hamel,
20:01vous, vous avez commencé
20:02à proposer de la seconde main
20:06avec Smala ou c'était déjà le cas avant ?
20:08Non, non, absolument.
20:09Nous, on a commencé
20:09notre activité de seconde main
20:10avec Smala.
20:12Vous avez parlé de Vinted.
20:13Vinted a pris une part
20:14de marché considérable.
20:15Nous, ce qui nous a séduit
20:16chez Smala,
20:17c'est la possibilité d'offrir
20:18à nos clientes,
20:18à nos clients,
20:19un vrai service.
20:20Smala, c'est hyper simple.
20:22Je prends mes vêtements
20:23qui sont trop petits,
20:23je les mets dans un paquet,
20:24je les envoie
20:25et je ne m'occupe plus de rien après.
20:26Nous, c'est ça qu'on a voulu proposer.
20:28Que vous êtes allés chercher.
20:29C'est ça qu'on est allés chercher.
20:31Ce service, chez nous,
20:32s'appelle Reverbaudet.
20:33Il est opéré en marque blanche
20:34par Smala.
20:35On est très contents
20:36de ce partenariat
20:37parce que c'est un vrai service
20:38qu'on offre à nos clients
20:39aujourd'hui,
20:40sans avoir eu besoin
20:41d'intégrer un savoir-faire
20:43qui est très spécifique
20:44chez nous.
20:44Notre métier,
20:45c'est des produits de première main
20:46qu'on va mettre sur le marché
20:48dans les meilleures conditions possibles.
20:49La seconde main,
20:49c'est autre chose.
20:50C'est un service qui fonctionne
20:51et au moment où on se parle,
20:52il y a 20 000 articles
20:54Verbaudet d'occasion
20:55qui sont disponibles
20:55sur verbaudet.fr.
20:57Tout ça est opéré
20:58avec Smala
20:58et grâce à Smala.
20:59Mélanie,
21:00aujourd'hui,
21:01on voit finalement
21:02la seconde main,
21:03ça reste un marché
21:04assez tactique
21:05et en l'occurrence,
21:07je me posais la question
21:08de vous,
21:11qu'est-ce qui freine encore
21:13les parents à l'heure actuelle
21:14pour acheter des produits
21:16de seconde main ?
21:17Alors,
21:18la seconde main,
21:20il y a plusieurs freins
21:21qui existent.
21:22Il y a d'abord
21:24le temps,
21:26c'est-à-dire que la seconde main,
21:27ça prend toujours
21:27un petit peu plus de temps
21:28puisque c'est des références uniques
21:31donc il faut chercher.
21:33Même sur les meilleures plateformes,
21:34il faut quand même
21:35chercher son article.
21:37Donc je dirais
21:37qu'il y a le temps
21:38et il y a surtout
21:38la crainte
21:39mais qu'on essaie de lever
21:41avec Smala aussi
21:42de l'état du vêtement,
21:44de l'expérience.
21:45C'est une vraie crainte
21:45des parents
21:46et nous,
21:47nos clients nous disent
21:47en fait,
21:48je passe par Smala
21:49parce que je suis sûre
21:50en fait de ce que vous allez
21:51m'envoyer,
21:52je suis sûre
21:52que ce sera nickel,
21:54je ne vais pas avoir
21:55des retours,
21:56je ne vais pas avoir
21:56des problèmes,
21:57je vais avoir un...
21:58Et si jamais
21:59il y a un souci,
21:59il y a un SAV qui est dédié.
22:01Mathieu Hamel,
22:02est-ce que ça vous a donné
22:02l'envie de faire
22:04la même chose
22:04avec d'autres catégories
22:06comme les jouets,
22:08le mobilier ?
22:09Est-ce que ça pourrait
22:09être une option ?
22:10Alors,
22:11c'est une très bonne question
22:12et évidemment,
22:13on se pose la question
22:14mais comme ce métier
22:16de la seconde main
22:16n'est pas notre métier,
22:17on a besoin de trouver
22:18le bon partenaire
22:19pour repérer
22:20et pour l'instant,
22:21Smala ne propose pas
22:22finalement d'autres catégories
22:24au-delà du textile,
22:24je crois qu'on fait
22:25un peu de linge
22:25de maison ensemble.
22:27Voilà,
22:27il nous faut trouver
22:28le bon partenaire
22:28mais c'est sûr
22:29que pour de la puriculture,
22:30ça aurait beaucoup de sens.
22:31Aude,
22:31c'est à l'étude ça ?
22:32Alors,
22:33c'est vraiment,
22:33en fait,
22:34la seconde main,
22:34c'est un métier
22:35et chaque catégorie
22:36est un métier,
22:37c'est-à-dire que nous,
22:37on fait du textile enfant,
22:39autant comme l'adulte
22:40ne nous pose pas de soucis,
22:41on fait d'ailleurs
22:42des vêtements maternité,
22:43la puriculture,
22:44c'est un autre métier,
22:46c'est des transports différents,
22:47c'est des,
22:47voilà,
22:48c'est de l'inspection
22:49de produits un peu différents.
22:51Oui,
22:51parce que ce qui est intéressant,
22:53c'est est-ce qu'il y a
22:53des catégories
22:54dans les vêtements
22:55qui sont plus difficiles
22:56à récupérer ?
22:58Oui,
22:58alors ce qu'on observe
22:59sur la seconde main,
23:00le marché est fait
23:01qu'il y a énormément
23:02de vêtements sur le bébé
23:04puisque le bébé grandit
23:05très vite,
23:05donc renouvelle
23:06très très vite
23:07sa garde-robe
23:07et à partir de 18 mois,
23:09deux ans,
23:10il y a moins de pièces
23:11en état d'être,
23:13de vivre une seconde vie
23:14sur le marché.
23:15Ça,
23:16on voit vraiment
23:16un déclin
23:18entre le 18 mois
23:19et deux ans
23:19sur l'offre produit.
23:20Trois partenaires,
23:21donc Jacques Adi,
23:22Verbaudet,
23:22Cyrillus,
23:23est-ce que vous avez
23:23d'autres pistes
23:24pour les mois qui viennent ?
23:26Eh bien,
23:26on est toujours
23:27en recherche de pistes,
23:29c'est vrai que pour nous
23:29c'est un enjeu,
23:30le sourcing est un vrai enjeu,
23:33les partenariats comme ça,
23:34c'est à la fois du volume
23:35et c'est aussi
23:36la qualité de sourcing
23:38et puis voilà,
23:39nous on est un site
23:40où on doit proposer
23:41des produits,
23:42plus on a de produits
23:43à proposer,
23:43on sait que plus
23:44on grandira,
23:46plus le consommateur
23:47convertira.
23:47Merci beaucoup Aude,
23:49merci Mathieu,
23:49restez avec nous,
23:50on passe tout de suite
23:50à l'actu de la semaine.
23:55Alors Mélanie,
23:56alors que les grands rendez-vous
23:57du vélo démarrent
23:58et que le salon Vélo in Paris
23:59ouvre ses portes,
24:01comment expliquer
24:02que les magasins spécialisés
24:03ont moins la cote
24:04malgré finalement
24:05un usage du vélo
24:07toujours aussi fort ?
24:08Alors effectivement,
24:09le vélo reste
24:10un mode de déplacement
24:11qui est extrêmement plébiscité
24:12par les Français
24:13à l'heure actuelle,
24:14mais il est vrai
24:15que le marché recule
24:16à l'heure actuelle.
24:17On a enregistré
24:17une baisse des ventes
24:18de 12% en volume,
24:206% en valeur
24:21et c'est aussi le cas
24:24des vélos
24:25avec assistance électrique
24:27qui sont à moins 16%
24:28depuis 2022.
24:30Donc ce qui est sûr,
24:30c'est qu'on pédale toujours,
24:32mais les ventes
24:33sont moins là.
24:34Qu'est-ce que ça change
24:35pour justement
24:36ces magasins spécialisés ?
24:38Alors,
24:39pour les magasins spécialisés,
24:41ça franchilise
24:42finalement leur modèle.
24:44Pendant longtemps,
24:45leur business
24:46était appuyé
24:48sur la vente
24:49de produits neufs
24:50et donc ce qui s'est passé,
24:51c'est qu'on vient
24:52de le voir,
24:55c'est plus ce qui crée
24:56de la valeur finalement
24:57et les magasins spécialisés
24:59doivent gérer
25:00cette offre
25:01vis-à-vis des magasins
25:02plus généralistes
25:03comme Decathlon
25:04qui proposent des vélos
25:05qui sont très performants
25:07à des prix très accessibles.
25:09Donc en l'occurrence,
25:10sur un vélo de route
25:11chez Decathlon,
25:12on va le trouver
25:12à 3 000 euros
25:13comme dans un magasin spécialisé,
25:15on est plutôt
25:16entre 5 et 12 000 euros.
25:18Donc voilà,
25:18un vrai changement.
25:19Donc les magasins spécialisés
25:20doivent apporter
25:21de la valeur
25:22à leurs clients,
25:23notamment autour
25:24de ce qui est
25:24de la réparation,
25:25de l'entretien,
25:26mais aussi de proposer
25:27des produits connexes.
25:28Qu'est-ce que ça dit
25:29de l'usage
25:30et de la consommation ?
25:31Alors finalement,
25:32l'usage a évolué.
25:35En l'occurrence,
25:36on est passé
25:36d'un cycle
25:37où il y avait
25:37un très fort taux
25:40d'équipements,
25:41notamment post-Covid,
25:42avec l'appui
25:44des aides de l'État.
25:45Donc ces aides,
25:45elles se sont arrêtées
25:46en début d'année dernière.
25:48Et en l'occurrence,
25:49maintenant,
25:49on est plus sur,
25:50c'est ce que je disais,
25:51la réparation finalement.
25:53En l'occurrence,
25:54on est sur 6 millions
25:55de réparations par an.
25:57C'est quand même
25:57trois fois plus
25:58que le nombre de vélos
25:59qui sont vendus.
26:00Et donc on se retrouve
26:01avec de plus en plus
26:02de vélos
26:02qui sont d'occasion
26:03sur ce marché
26:04et qui transforment
26:06un peu la vente.
26:07Merci beaucoup,
26:08Mélanie.
26:09Merci à tous les deux
26:09d'avoir été avec nous
26:10sur cette émission spéciale.
26:13Merci à vous
26:14de nous avoir suivis
26:15depuis la maison.
26:16On se retrouve
26:17la semaine prochaine
26:17pour un tout nouveau
26:18rendez-vous
26:18de Focus Retail.
26:20Et quant à moi,
26:20je vous retrouve lundi
26:21dans la matinale
26:22de BFM Business.
26:23et je vous souhaite
26:24un excellent week-end
26:25à tous.
Commentaires