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Ce samedi 4 avril, Eric Vincent, directeur général de Pierre Hermé, Isabelle Vantard, directrice des solutions data Europe de Vusion, et Franck Bonfils, fondateur d'Un air d'Ici, étaient les invités dans l'émission Focus Retail présentée par Eva Jacquot. Focus Retail est à voir ou écouter le samedi sur BFM Business.

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Transcription
00:04BFM Business, Focus Retail, Eva Jaco.
00:09Bonjour à tous, je suis ravie de vous retrouver sur BFM Business pour votre émission Focus Retail.
00:15Et à quelques jours de Pâques, nous allons nous intéresser à un secteur clé, la pâtisserie et le chocolat,
00:20entre tensions sur les matières premières, évolution de la consommation et montée en gamme des maisons françaises.
00:26Je recevrai pour en parler Eric Vincent, il est directeur général de Pierre Hermé, une maison emblématique présente à l
00:33'international.
00:34Ensemble, nous reviendrons sur l'impact du contexte géopolitique sur l'activité, les enjeux d'approvisionnement,
00:39mais aussi sur la dynamique des ventes à l'approche de Pâques, un moment stratégique pour le secteur.
00:45Et puis enfin, nous nous intéresserons à l'évolution des modes de consommation avec l'essor du snacking sain
00:51et de nouveaux acteurs qui viennent bousculer les codes traditionnels.
00:55On recevra Franck Bonfils, il est fondateur de la PME, un air d'ici qui détient notamment GoNuts.
01:01Focus Retail, c'est parti !
01:10Et j'ai le plaisir de recevoir sur ce plateau Eric Vincent, bonjour !
01:14Bonjour !
01:14Vous êtes le directeur général de Pierre Hermé.
01:17Sur ce plateau, à mes côtés, notre expert retail cette semaine, c'est vous, Isabelle.
01:20Isabelle Vantard, vous êtes directrice des solutions Data Europe de Vusion.
01:26Alors, Pierre Hermé, c'est un peu plus d'une centaine de points de vente à travers le monde, avec
01:31différents formats.
01:32Vous avez notamment des boutiques au Moyen-Orient, dans plusieurs grandes villes, au sein d'hôtels et de malls.
01:39Dubaï, Doha, Abu Dhabi et j'en passe.
01:42Y a-t-il d'ores et déjà des incidences de la guerre sur le business ?
01:46Comment se part de votre activité là-bas ?
01:47Alors, juste un point de contexte, effectivement, sur ces 100 points de vente.
01:50On a 50 points de vente en France, 30 en propre, principalement sur Paris.
01:5620 en franchise avec nos partenaires dans le travail retail.
02:00Donc, on est très présent dans les carres parisiennes.
02:02Et on est en plus présent aussi sur les plateformes aéroportuaires de Paris, ainsi que sur les aéroports de Nice.
02:08On est au Japon depuis 30 ans, donc c'est un très gros marché pour nous.
02:11Nous avons une trentaine de points de vente sur l'ensemble des segments de marché, là aussi boutiques, avec des
02:16hôtels de luxe, en B2B, en e-commerce.
02:19Et enfin, l'international regroupe à ce jour 20 très gros flagships, soit dans des hôtels, soit dans des malls,
02:27puisqu'on parle principalement de malls,
02:28bien sur le Moyen-Orient que sur l'Asie.
02:31Donc, sur le Moyen-Orient, on a aujourd'hui une fabule exposition.
02:34On a ouvert en 2024 au sein de l'hôtel Rosewood à Abu Dhabi.
02:39On a ouvert l'année dernière avec le groupe Jumeirah, qui est un groupe leader de l'hôtel Luxe, dans
02:45leur nouveau flagship qui est le Mars Al Arab, qui est un hôtel extraordinaire.
02:50On l'a ouvert au mois de mars.
02:52Donc, hormis ces deux points de vente aujourd'hui, on n'a pas d'autres centres de revenus.
02:56En revanche, nous avons deux projets qui sont en stand-by d'ouverture.
03:01Un nouveau flagship à Abu Dhabi et aussi au Qatar, où nous sommes présents, avec un deuxième flagship.
03:08Donc, aujourd'hui, les travaux sont arrêtés.
03:10Ah, ils sont à l'arrêt complet.
03:11Vu le contexte, oui.
03:13Donc, en fait, le vrai sujet, c'est combien de temps va durer cette crise ?
03:17Est-ce que c'est une crise qui va se terminer avant la fin de l'été ?
03:20Et là, ça sera gérable pour nous pour ouvrir ces flagships qui sont quasiment finis.
03:24Ou est-ce qu'on s'inscrit dans une crise beaucoup plus long terme ?
03:28Et là, on avisera en conséquence.
03:29Ah, vous aviserez en conséquence.
03:31Mais là, comment se porte le business ?
03:33Toutes les boutiques sont ouvertes ?
03:34Alors, moi, je suis en contact très brièvement avec eux.
03:36Donc, la vie quotidienne est présente.
03:39C'est-à-dire que les locaux sortent peu en semaine.
03:41En revanche, sortent beaucoup plus le week-end.
03:45Les hôtels où nous sommes ont des taux d'occupation habituellement.
03:47Ils étaient à 80-80 %.
03:49Et là, ils sont plutôt autour des 20 %.
03:50Un peu moins durant la semaine.
03:52Un peu plus durant le week-end.
03:55Et les gens continuent de consommer dans le point de vente.
03:58Donc, on continue de produire de la pâtisserie, de la glace, des véloiseries.
04:02Évidemment, sur des volumes qui n'ont rien à voir avant la crise.
04:06Mais voilà, on est en position, je dirais, attentiste.
04:09On observe avec, évidemment, beaucoup d'intérêt qu'est-ce qui se passe là-bas.
04:12Après, difficile durée de se projeter.
04:15Je pense qu'à ce jour, personne n'a une réelle visibilité de ce qui peut se passer ou pas
04:19se passer.
04:20Alors, effectivement, vous le dites, c'est très compliqué d'avoir une vision à long terme.
04:25Il y a ce blocage, cette situation au détroit d'Hormuz.
04:28Qu'en est-il des tensions, notamment sur l'approvisionnement au niveau des matières premières ?
04:33Je sais que vous importez beaucoup la pistache d'Iran.
04:37D'ailleurs, ça représente quoi sur vos importations pour la pistache, notamment ?
04:41Alors, la pistache est un produit qui est très consommé.
04:44D'ailleurs, on le voit dans d'autres marques.
04:49La bonne nouvelle, c'est qu'on a toujours des plans B, nous, dans les approvisionnements.
04:53Et donc, on a encore des stocks.
04:54Le jour, et si jamais il n'y a plus de stocks, on va sorcer en Grèce, ainsi qu'en
04:59Sicile.
05:00Donc, c'est toujours important d'avoir un plan B quand on parle de produits, je dirais, assez stratégiques dans
05:05nos recettes.
05:06Alors, moi, il y a quelque chose que j'ai découvert, c'est que vous produisez absolument tous vos macarons
05:11en France.
05:11Ils sont tous produits en France.
05:13Comment est-ce que vous les faites voyager ?
05:16Vous utilisez plutôt des avions à la place du maritime ?
05:20Donc, si on parle de voyage, on parle de destination.
05:23Donc, juste, vous rappelez aussi qu'on a un très fort développement sur l'Asie.
05:28On a ouvert les dernières, un très gros flagship à Singapour.
05:31Nous sommes à Taïwan.
05:32Nous avons ouvert la Corée en fin 2025, qui est un marché incroyable.
05:37On a ouvert l'Indonésie à Jakarta avec le Grand Alliat Hotel.
05:42Nous ouvrons Shanghai cette année.
05:44Nous ouvrirons certainement Kuala Lumpur.
05:46Donc, on est vraiment sur une très grosse accélération, avec une ambition d'être présent sur toutes ces grandes villes,
05:51finalement, emblématiques.
05:53Oui, mais qu'en est-il des transports ?
05:55Alors, tout est produit localement par nos partenaires, puisqu'ils construisent des laboratoires pour pouvoir produire la pâtisserie, la glace,
06:03les venoiseries et les autres catégories.
06:05Seules deux catégories viennent de France, ce sont les macarons et le chocolat.
06:13Et ça, c'est une distribution monde pour l'ensemble de nos points de vente.
06:18Donc, ces produits-là voyagent par fret maritime.
06:23On peut avoir de l'aérien, mais comme c'est coûteux, c'est assez rare.
06:27Et nos partenaires passent des commandes de à trompe à l'avance.
06:32Donc, ils ont encore du stock pour l'instant.
06:33Ah oui, mais il va y avoir un sujet, si ça dure effectivement, sur l'approvisionnement des macarons.
06:38Sur le Moyen-Orient, tout à fait.
06:39Donc, là aussi, on reste vigilant et on observe ce qui va se passer, si c'est avant l'été
06:45ou si c'est parti pour durer longtemps.
06:49Un sujet aussi sur le transport, vous l'avez dit, les emballages peut-être ?
06:53Non, sur les emballages, je pense que s'il y avait un impact sur les emballages, ça sera plus sur
06:59le deuxième semestre.
07:00D'accord.
07:00C'est un peu tôt pour le dire.
07:02Vous évoquiez tout à l'heure la pistache, on a le chocolat.
07:05C'est vrai qu'à la veille de Pâques, le chocolat fait partie intégrante de vos créations.
07:10Il a beaucoup augmenté l'année dernière, 2025, suite à la hausse des cours 2024 et 2025.
07:17Cette année, ça va mieux, mais pourtant, on ne voit pas d'amélioration sur les prix encore.
07:20C'est le cas chez Pierre Hermé ?
07:21Alors, c'est normal.
07:23C'est normal, puisque les chocolats que vous voyez aujourd'hui, ils sont issus de la récolte 2025.
07:30Et en 2024, il y avait eu une très grosse sèche-fraise sur une région qui est la plus grande
07:34productrice de chocolat,
07:36à savoir la Côte d'Ivoire et le Ghana.
07:39Nous, en fait, on source nos chocolats plutôt sur l'Amérique latine, sur Belize, sur Malagascar,
07:47sur le Brésil, sur le Venezuela, sur les plantations qui sont plus petites, qui sont d'ailleurs validées par Pierre
07:55Hermé lui-même.
07:58Donc, la bonne nouvelle, c'est que en 2026, les cours de cacao devraient baisser de façon significative.
08:05Et donc, ça devrait se voir en magasin, ce qui n'est pas encore le cas pour l'instant.
08:07Ça se verra sur le second semestre et nous le verrons à Noël.
08:10Alors, justement, parlons un petit peu des créations que vous nous avez emmenées sur ce plateau.
08:14Décrivez-nous.
08:15Pour ceux qui nous écoutent et qui n'ont pas la chance de nous voir, vous avez un œuf.
08:18Alors, on imagine que le thème cette année, c'est les Jeux, puisqu'on a ici une cible de fléchettes.
08:25À côté, vous avez, dites-moi, un solitaire et un œuf, en fait.
08:30Ça, c'est ce qu'on appelle le dialogue des formes.
08:33Le dialogue des formes.
08:34Alors, dites-nous de cette création, de cette innovation.
08:37Comment est-ce que vous arrivez chaque année à trouver de nouvelles idées ?
08:40Alors, Pâques, déjà, est un terrain d'expression privilégiée pour exprimer toute la créativité de la Maison-Pierre Hermé et,
08:47entre autres, le chocolat.
08:48Il faut savoir que le chocolat fait vraiment partie de l'ADN de la Maison-Pierre Hermé depuis ses origines.
08:56Juste quelques chiffres qui pourront vous intéresser.
08:58Aujourd'hui, le chocolat représente à peu près 17% de l'achat d'affaires en France.
09:02Donc, ça devient une catégorie majeure et stratégique.
09:06Elle prend de plus en plus d'ampleur, ce n'était pas le cas avant ?
09:08On a eu une croissance de 30% l'année dernière sur les ventes de chocolat.
09:11Et c'est lié, en fait, à l'ouverture d'un format 100% chocolat qui se trouve au 23
09:16boulevard des Capucines à Paris.
09:18Où là, en fait, on a vraiment souhaité et on a une ambition, en fait, de s'affirmer comme un
09:24des acteurs majeurs du univers du chocolat.
09:27Et avec toute la communication qu'on a pu faire autour de ce lancement d'un nouveau format,
09:32en fait, nos consommateurs, qui déjà consommés chez Pierre Hermé, mais aussi les nouveaux,
09:37en fait, publicitent de plus en plus la qualité de nos chocolats et l'innovation aussi au niveau du goût
09:42au travers des différents bonbons de chocolat.
09:44Donc, pour revenir à Pâques, nous avons cinq sujets.
09:47Donc, ça, ce sont les cinq plus petits sujets.
09:51Donc là, effectivement, vous avez dans le mille, c'est notre terminologie.
09:55Là, vous avez le solitaire.
09:59Vous avez aussi les cavaliers qui sont un peu plus petits, à peu près de 170 grammes.
10:02Vous avez le puzzle qu'on retrouve en partie dedans.
10:07Et nous avons aussi le jeu de dame.
10:09Donc, ce sont cinq oeufs qui sont proposés avec différentes saveurs.
10:13Là, vous avez, donc ça, c'est du chocolat noir pure origine Belize.
10:17Là, vous avez le chocolat blond caméralisé à la fleur de sel.
10:21Eh bien, dis donc, c'est certainement le plus gourmand.
10:24Certainement le plus gourmand.
10:25Et vous n'êtes pas sûr, le chocolat Pierre Hermé Paris au lait.
10:29Donc, certains existent en trois saveurs de chocolat.
10:33Et ça, c'est le plus petit format que vous ayez ?
10:35Le plus petit, c'est le cavalier.
10:37D'accord.
10:37Donc, cavalier, on a un à cinq.
10:40Le cavalier fait 170 grammes.
10:43Et en termes de gamme de prix, on est comment ?
10:45On va de combien à combien ?
10:47Là-dessus, on va à peu près de 25 euros jusqu'à...
10:51Une pièce comme vous avez.
10:54Là, on est beaucoup plus fort.
10:56Isabelle.
10:56Et justement, aujourd'hui, comment vous pourriez décrire l'expérience
10:59d'un client Pierre Hermé, de la découverte de la marque
11:03jusqu'à la dégustation de ces magnifiques créations ?
11:07Je l'invite à aller d'abord visiter notre boutique au 23 Bois-la-Capucine.
11:11C'est vraiment un écrin où on retrouve les codes de la Haute-Jouaillerie
11:15puisque vous avez 25 grammes de chocolat que vous pouvez acheter au détail.
11:18Vous avez des créations exclusives, des fleurs, le Capucine, qui en fait sont des fleurs
11:25de guimauve.
11:26Vous avez des assortiments de tablettes de chocolat.
11:28Vous avez ce qu'on appelle le pH cube.
11:30C'est vraiment...
11:32Avec différentes fameuses.
11:33En tout cas, c'est une découverte de goût.
11:35Aussi bien qu'ils viennent du Japon, de l'Asie, mais aussi européens.
11:41On a aussi une variété de différentes origines, comme je l'ai précisé, Madagascar.
11:46En fait, c'est le sourcing qui fait le caractère du chocolat.
11:49Donc, on a différentes sources d'approvisionnement.
11:54Et on a surtout une offre qui est extrêmement large, puisque sur la Bois-la-Capucine,
11:59on a 25 gourmands au chocolat différents.
12:02Et on a un assortiment aussi de snacking, qui est très important.
12:07Et si aujourd'hui, ça représente 17% des chiffres d'affaires de la maison en France,
12:13ça répond à une demande croissante.
12:16Et quand on y revient, c'est qu'on aime.
12:20Et justement, tout à l'heure, on parlait beaucoup d'ouverture de flagship.
12:23Et je pense au flagship ouvert à Singapour.
12:26Comment vous adaptez justement cette expérience de marque,
12:29en sortant de la culture française ?
12:33Alors, évidemment, deux mots sur ce flagship qui était quand même le plus gros projet
12:39que la maison ait jamais réalisé, que ce soit en France ou à l'international.
12:43Donc, c'est un flagship qui fait 500 mètres carrés.
12:45On est vraiment sur une expérience immersive, multisensorielle, dédiée au goût.
12:50Où on met en avant toutes les grandes catégories des savoir-faire Pierre Hermé.
12:55Que ce soit le chocolat, où on a un espace immersif, c'est que le chocolat.
13:02Évidemment, les macarons, la haute pâtisserie, la viennoiserie.
13:06On a innové aussi en faisant un bar à glace de douze saveurs.
13:11Et Pierre Hermé a développé aussi des glaces végétales et véganes,
13:15pour la clientèle indienne qui est nombreuse à Singapour.
13:19On crée aussi beaucoup d'exclusivités.
13:21Pierre Hermé, en fait, identifie les différents ingrédients,
13:25les différents goûts qui fonctionnent très bien dans différentes zones géographiques.
13:29Et ce sont des exclusivités propres à chaque pays.
13:31Et ça, ça fonctionne, puisque en général, c'est souvent les meilleures ventes.
13:36Et on le fait aussi dans les hôtels, où par exemple,
13:37on a développé la corne de gazelle, revisité par Pierre Hermé,
13:40à la Mamouille, à Marrakech.
13:41– Éric, j'ai deux questions, il nous reste très peu de temps.
13:44La première, c'est le macaron, finalement, c'est quand même le produit phare de Pierre Hermé.
13:48Ça représente combien ?
13:50– Ça représente 60% des ventes.
13:52– 60% des ventes, quand même.
13:53Une question aussi sur les tendances de consommation.
13:56On a vu que les dépenses de consommation des biens de ménage ont reculé,
13:59se sont repliées en février, d'1,4%.
14:03Paradoxalement, il y a le syndicat du chocolat qui nous dit
14:05que les Français vont continuer à dépenser pour Pâques,
14:09en moyenne 30 euros par achat.
14:12Et il y a aussi ce sujet de, depuis le début du conflit,
14:15est-ce que vous ressentez qu'il y a moins de monde dans les boutiques ?
14:18Est-ce que vous ressentez ça, notamment au niveau des touristes ?
14:20– Sur le chocolat, je confirme que ça sera un bon cru pour Pierre Hermé.
14:24Je pense que c'est aussi un peu un produit refuge,
14:26mais c'est surtout un produit qui est dans la symbolique des fêtes de Pâques.
14:31Et je pense que certains consommateurs font un arbitrage de consommation,
14:35mais pour le chocolat de Pâques, a priori, non, ou en tout cas très peu.
14:41Donc, en fait, tout va jouer sur cette dernière semaine.
14:43Ce qu'on constate, c'est qu'il y a les achats, finalement, de dernière minute.
14:47On l'a vu ce week-end, et la dernière ligne droite sera dans les prochains jours.
14:52– Et un mot sur les touristes ? Ils sont encore là dans les mois d'an ?
14:55– On voit… Déjà, la bonne nouvelle, c'est que notre collection de Pâques fonctionne très bien.
15:01Et on commence à sentir moins de touristes.
15:06À nouveau, c'est aussi lié à la crise du Moyen-Orient.
15:10Donc, je pense que par rapport à cette tendance,
15:13mais ce qui n'est pas une tendance, ça ne fait que 30 jours.
15:16Donc, tout va dépendre à nouveau de l'issue du Moyen-Orient.
15:19Mais je crois que, plus que jamais, il faut innover davantage.
15:23Il faut diversifier ces zones géographiques par rapport à ce qui se passe.
15:30Et je pense qu'une de nos grandes forces aujourd'hui, c'est d'avoir cette accélération
15:33et cette stratégie, l'intervention est au cœur de notre stratégie.
15:37– Et notamment du côté de l'Asie.
15:39Merci beaucoup, Éric Vincent, sans plus attendre, on passe au focus de notre experte.
15:46Alors Isabelle, la filière de la pâtisserie tend à se diversifier.
15:49et notamment à monter en gamme de plus en plus.
15:52Le premier facteur que vous identifiez, c'est celui de l'incarnation.
15:56Pourquoi ?
15:56– Absolument. On est dans une transformation profonde.
15:59On est passé d'une figure artisanale incarnée par le nôtre pendant très longtemps
16:04jusqu'à des créateurs de marques.
16:06Pierre Hermé a fait partie des premiers, a imposé une vision et un univers très fort,
16:12suivi par toute une génération très médiatique.
16:15Christophe Michalak, Cyril Lignac à la télévision,
16:18Cédric Grolet qui aujourd'hui a 9,5 millions de followers sur TikTok.
16:23Donc c'est des vraies créations de marques.
16:29Et le pâtissier, c'est devenu une personnalité publique,
16:32voire une icône médiatique, un peu comme les grands chefs de gastronomie,
16:36ce qui permet d'attirer beaucoup les clients, du rassuré sur la qualité.
16:40Et la French Touch permet aussi l'accélération de l'internationalisation.
16:44On a parlé Moyen-Orient avec Pierre Hermé ou l'Asie,
16:47mais c'est la durée aussi au continent africain.
16:50Au-delà de l'incarnation, comment ces maisons suscitent-elles un sentiment de désirabilité
16:55et comment est-ce qu'elles arrivent à aller recruter une nouvelle génération ?
16:58C'est le deuxième levier effectivement, c'est la mise en scène du désir
17:01en reprenant les codes du luxe.
17:03Et là, on a plusieurs exemples.
17:05Le macaron chez la durée, c'est devenu un produit iconique
17:08qui est mis en scène dans des boutiques où on est vraiment sur des expériences dans les magasins.
17:14On voit aussi le goûter à la française, le tea time qui est très théâtralisé
17:18puisque ça attire une clientèle internationale qui intéresse fortement les palaces.
17:23On peut citer le Peninsula.
17:25Et enfin, on a des figures aussi comme Cédric Grolet qui vont encore plus loin
17:29en étant sur des maisons de création, en investissant sur le côté artistique
17:33avec des visuels qui se reconnaissent immédiatement.
17:36Mais pour aller chercher un nouveau public, là, on se diversifie encore plus.
17:39Ah oui.
17:40Et alors, on change le modèle économique.
17:42On va diversifier les canaux et les formats.
17:46Et là, on va pouvoir parler de concept hybride.
17:48On a la durée qui a ouvert par exemple une boutique dans le 16e
17:52où on est sur les coffee shop premium
17:55où on veut cibler des jeunes urbains
17:57et on va y intégrer dans l'offre, par exemple, la boisson de tendance, le matcha.
18:01Après, on a aussi l'accessibilité maîtrisée.
18:04Là, on peut prendre l'exemple de Christophe Michalac
18:07avec sa gamme d'oursons revisitées au printemps femmes.
18:11Merci beaucoup, Isabelle.
18:12Très rapidement, Éric Vincent, ce n'est pas au programme un coffee shop piramée ?
18:16Alors, si, mais pas en France.
18:18Ah, intéressant.
18:19Ça sera au Japon.
18:20Nous allons commencer à développer un concept de coffee shop,
18:24mais plutôt tourné de titane pour le coup,
18:26premium, voire très premium.
18:29Merci beaucoup.
18:29On passe tout de suite à notre start-up et au pitch de la start-up.
18:35Focus Retail, la start-up.
18:38Et Franck Bonfils nous a rejoint sur ce plateau.
18:41Bonjour.
18:41Bonjour.
18:41Bienvenue sur Focus Retail.
18:43Alors, vous êtes le fondateur d'une PME qui s'appelle Un Air d'ici.
18:46Ça regroupe deux marques, GoNuts et YoNuts.
18:50Alors, vous avez fêté, justement, les 10 ans de GoNuts,
18:52marque que vous avez rachetée il y a deux ans.
18:55Ce sont des pâtes à tartiner à base d'oléagineux, mais pas seulement.
18:59Et justement, vous étiez cette semaine présent sur le salon du snacking à Paris,
19:03Porte de Versailles.
19:05Salon du snacking où on s'est rendu compte que le snack sain prenait de plus en plus d'ampleur.
19:10Ça, c'est ce que vous avez ressenti cette semaine, Franck ?
19:12Oui, tout à fait.
19:13Et c'est ce que l'on ressent depuis des années.
19:15Et ça se confirme cette année ?
19:17Et ça se confirme, disons que nous, nous sommes spécialistes des fruits secs bio depuis 26 ans.
19:24Et évidemment, avec GoNuts, on a diversifié notre offre,
19:29puisqu'on faisait des fruits secs de manière assez classique.
19:33Et aujourd'hui, on les propose en pâte à tartiner, en purée de fruits secs,
19:38et en enrobé chocolat également.
19:40Alors, vous avez deux marques.
19:42Qu'est-ce qui les différencie toutes les deux ?
19:45Parce que vous avez aussi des pâtes à tartiner chez GoNuts.
19:48Oui, tout à fait.
19:49Comme je le disais, GoNuts, c'est le spécialiste du fruit sec,
19:52plutôt peu transformé, naturel, bio évidemment, dans les deux cas,
19:56qui est présent en grande distribution.
19:59Et quant à GoNuts, c'est notre marque,
20:01dont la spécialité, c'est le beurre de cacahuète.
20:04Et cette marque-là, elle est présente dans les magasins spécialisés bio,
20:08que l'on retrouve chez Biocop, Naturelléa, La Vie Claire, etc.
20:12Et 200 points de vente essentiellement en France ?
20:15Alors non, on est présent aujourd'hui dans plus de 3500 points de vente en France
20:20avec la marque GoNuts,
20:21et 1700 points de vente en magasins spécialisés bio avec la marque GoNuts,
20:26dont 200 magasins de plus l'année dernière,
20:30et une vraie dynamique, et vous le soulignez,
20:33une dynamique autour de ces plaisirs sains,
20:35puisqu'on a connu 40% de croissance l'année dernière.
20:38– Alors on parlait tout à l'heure avec Éric Vincent
20:41de l'import de matières premières,
20:43de la pistage de ces matières premières
20:46qui sont difficiles à obtenir.
20:48Vous, vous avez ce sujet-là avec le conflit au Moyen-Orient.
20:51En ce moment, vous commencez à sentir des difficultés ?
20:54– Alors, en fait, les difficultés que l'on ressent
20:59sont des difficultés dominos.
21:02C'est-à-dire que nous, on s'approvisionne
21:03avec des matières au plus proche.
21:06Si je prends l'exemple de l'amande ou de la noisette,
21:09c'est Turquie, Italie, Espagne.
21:12Idem pour la pistache.
21:15En revanche, sur la noix de cajou,
21:16on travaille avec le Vietnam.
21:18D'ailleurs, je reviens du Vietnam
21:20et des filières qu'on a développées là-bas,
21:22où potentiellement, on pourrait ne pas être impacté,
21:24puisque nos produits ne transitent pas par l'étroit d'Hormuz.
21:28Mais en revanche, il y a un effet domino.
21:29C'est-à-dire que les portes-containers
21:32qui doivent charger dans les ports au Vietnam
21:35sont retardés dans le détroit d'Hormuz
21:37et donc on attend pour recharger ces containers.
21:41Mais de manière générale,
21:43on ne peut pas dire qu'on soit énormément impacté,
21:46parce que l'ADN même de GoNuts,
21:49c'est d'avoir des recettes très courtes,
21:52avec des produits qui sont sourcés essentiellement aux plus proches.
21:56Je le disais, on a choisi de faire de l'amende
22:01qui vient d'Espagne,
22:02donc des produits 100% bio.
22:04Et européens, mais il y a quand même le souci du transport,
22:06du coût du transport.
22:07Bien sûr, il y a évidemment le souci du coût du transport
22:10en amont et en aval, puisqu'il faut livrer les magasins.
22:12Et là, pour l'instant, vous arrivez à garder vos prix
22:15plus ou moins stables.
22:16Il n'y a pas de répercussions encore ?
22:17Oui, pour l'instant, on fait le dorant,
22:18comme souvent le font les PME françaises.
22:21Isabelle, et qui sont vos clients
22:22et comment vous les segmentez avec vos deux marques ?
22:25Alors, les clients, grande distribution française...
22:29Je pensais Shopper.
22:30Je pensais vraiment le consommateur final.
22:32Moi, par exemple, qui achète...
22:34Je pense que vous êtes exactement l'archétype
22:39de notre consommatrice,
22:40puisque 84% des consommateurs sont des consommatrices
22:44pour GoNuts.
22:47Et j'allais dire qu'en fait, on vise très large.
22:51Nos consommateurs sont des consommateurs
22:53qui cherchent du bon,
22:55mais du bon pour la planète et pour la santé.
22:58Je le disais.
23:00Nous, notre credo, c'est de dire
23:01que la liste d'ingrédients peut ne pas avoir de S.
23:05Et lorsqu'on veut un beurre de cacahuètes,
23:07on peut simplement prendre des cacahuètes d'Egypte,
23:09dont on maîtrise la filière,
23:11les broyer à côté de Lyon, à Génas,
23:14et en faire un très bon beurre de cacahuètes.
23:16Et c'est ce que recherchent nos consommateurs.
23:18Aujourd'hui, il y a une tendance, vous le disiez,
23:19qu'est-ce qui se passe au salon du snacking ?
23:21On en revient.
23:22Et là, on sent qu'il y a une vraie dynamique
23:27autour d'une consommation plus saine,
23:29mais sans pour autant renier sur le goût.
23:33Et c'est ce que l'on s'efforce de faire
23:36avec nos deux marques.
23:37Elles ont ce dénominateur commun,
23:39qui est de dire qu'on peut avoir des produits
23:41qui ont du goût,
23:42tout en étant bon pour la santé
23:43et bon pour l'environnement.
23:44Éric, Vincent, je rebondis sur ce que nous dit Franck,
23:48et notamment sur le chocolat
23:50qui peut être un peu plus sain aussi.
23:53Ça, c'est quelque chose que vous avez mis en place chez vous ?
23:55Oui.
23:56Mais en fait, comme je disais,
23:57le chocolat fait partie vraiment de l'ADN de la marque
24:00depuis sa création.
24:02D'ailleurs, on nous fêteront nos 30 ans dans deux ans.
24:04Mais vous allez vers des réductions de sucre
24:07pour travailler les recettes ?
24:08Pierre Armé a toujours très peu sucré ses recettes,
24:11que ce soit la pâtisserie ou que ce soit le chocolat.
24:13Donc, il était avant-garriste là-dessus,
24:15mais on ne désucre pas plus qu'il a déjà désucré.
24:18Je reviens à vous, Franck Bonfils.
24:21On est sortis des négociations commerciales
24:23il y a un peu plus d'un mois maintenant.
24:24Comment ça s'est passé pour vous ?
24:26Ça s'est passé pour la 26e fois,
24:29comme ça se passe avec la grande distribution française,
24:32à chaque fois.
24:33C'est-à-dire que,
24:36la négociation,
24:37c'est essayer d'arriver à trouver un juste milieu.
24:39On a un intérêt commun avec la grande distribution,
24:41nous, industrielles,
24:43ou nous, petites PME.
24:44C'est d'arriver à proposer des produits de qualité
24:46au meilleur prix aux consommateurs.
24:50Et évidemment,
24:51chacun est légitime dans sa demande.
24:53Il faut qu'on arrive tous à vivre au milieu de ça.
24:55Et donc, arriver à trouver ce juste milieu,
24:57ça fait 26 ans qu'on le fait.
24:59Il faut passer par l'innovation,
25:00il faut passer par des produits
25:03qui ont du goût,
25:04des produits qui ont de la qualité,
25:05et arriver à les valoriser.
25:08J'ai toujours cru en une distribution plus humaine.
25:11C'est la raison pour laquelle,
25:13moi, je pense qu'il faut de l'humain sur le terrain.
25:17Et c'est, certes,
25:20en négociant une fois au national nos accords,
25:24mais c'est surtout en étant au quotidien dans les magasins,
25:26et en ayant des femmes et des hommes
25:27qui vont promouvoir nos produits
25:29dans les magasins au quotidien.
25:31Merci beaucoup, Franck Monfils,
25:33d'avoir été avec nous.
25:34Restez là, on passe tout de suite à l'actu de la semaine.
25:35– Alors là, Isabelle,
25:40on change absolument, absolument de registre.
25:43On part en Allemagne,
25:44qui traverse actuellement une crise,
25:47une crise de la filière de la saucisse,
25:49un produit emblématique de leur terroir.
25:51Quels sont les enjeux ?
25:52– Effectivement, Eva Lavers
25:54traverse une grosse zone de turbulence,
25:57alors que ça reste un pilier
25:58aussi bien culturel que politique,
26:01puisque les Allemands consomment
26:02de moins en moins de saucisses,
26:04alors que ça reste 29 kilos de saucisses par an
26:07et que ça représente 55%
26:09de leur consommation de viande.
26:10Mais la tendance, elle est claire,
26:12ils consomment de moins en moins de viande.
26:14On est passé de 62 kilos par habitant en 2021
26:18à 53,2 kilos cette année.
26:22Donc vous voyez bien la tension
26:23que l'on va avoir entre la tradition
26:25et les changements d'habitude de consommation.
26:28– Un peu comme chez nous,
26:29finalement cette tendance,
26:30elle gagne tous les pays européens.
26:31Est-ce que la filière traditionnelle,
26:33elle peut quand même continuer à vivre ?
26:34– C'est tout l'enjeu.
26:36Et la filière tente de se réinventer,
26:38justement en basculant sur les substituts végétaux.
26:42Et c'est un énorme marché.
26:44L'Allemagne est d'ailleurs devenue
26:45le premier intervenant
26:47sur la production de substituts végétaux,
26:50puisque le Good Food Institute Europe
26:53nous annonce 2,2 milliards d'euros en 2025,
26:57ce qui représente 40% de produits végétaux
27:02pour l'Europe de l'Ouest.
27:04Mais paradoxe, en mars 2026,
27:07les eurodéputés ont décidé de limiter
27:09les appellations à substituts végétaux,
27:14ce qui va forcément freiner l'adoption des consommateurs
27:17et du coup remettre, accélérer la crise de la filière.
27:20– Et ça, ça laisse quoi comme marge de manœuvre aux entreprises ?
27:22– Elles sont hyper étroites.
27:23Et les conséquences, on les voit déjà,
27:25puisqu'on a l'usine emblématique Eberswalder Fabrique,
27:29j'espère que je prononce bien,
27:30qui a fermé en février parce qu'elle n'était plus rentable.
27:34Et la concurrence étrangère arrive fortement.
27:37Les Chinois, qui sont les premiers producteurs de porc,
27:40veulent pénétrer le marché européen
27:42en proposant des prix agressifs.
27:44Et si on prend un autre exemple,
27:46la plateforme Temu,
27:47qui maintenant se met à vendre des produits alimentaires,
27:51veut investir dans des usines alimentaires
27:53pour contrôler la chaîne locale.
27:56Donc on voit bien que l'évolution des tendances de consommation,
27:58c'est un enjeu de pérennité
28:00pour les acteurs européens de la filière.
28:02– Merci beaucoup Isabelle pour votre expertise.
28:04Ça méritera une deuxième chronique,
28:06ça notamment sur Temu qui se lance dans l'alimentaire.
28:08Merci à vous d'avoir été avec nous sur cette émission.
28:10Merci à vous de nous avoir suivis.
28:12On se donne rendez-vous la semaine prochaine.
28:15Quant à nous, on vous souhaite un très très bon week-end
28:17qui sera chocolaté, on l'espère.
28:20Allez, bonne journée et à bientôt.
28:21– Focus Retail, la distribution de demain s'invente aujourd'hui.
28:27– Sous-titrage Société Radio-Canada –
28:28– Sous-titrage Société Radio-Canada –
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