- il y a 5 heures
Ce samedi 28 février, Anouck Paumard, porte-parole de Lidl en France, Louise Bonne, agricultrice, médaille d'argent au Concours général agricole 2026, et François Valadas, directeur des solutions data France de VusionGroup, étaient les invités dans l'émission Focus Retail présentée par Eva Jacquot. Focus Retail est à voir ou écouter le samedi sur BFM Business.
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00:04BFM Business, Focus Retail, Eva Jaco.
00:10Bonjour à tous, je suis ravie de vous retrouver en direct du Salon de l'Agriculture pour une émission Focus
00:15Retail bien particulière.
00:17Un salon où la crispation agricole est encore bien présente, une fréquentation en baisse,
00:23notamment liée à l'absence des vaches sur le salon, mais aussi face à l'attente de la dermatose,
00:28l'attente aussi des décrets de loi d'orientation agricole, la loi du plomb, les interrogations quant à la PAC
00:34et au Mercosur.
00:36Et cette année sur le Salon, Lidl est encore une fois présent, c'est le seul distributeur à être là
00:41depuis 11 ans consécutifs.
00:45J'aurai le plaisir de recevoir la porte-parole France, Anouk Pommard, elle viendra nous détailler justement les engagements que
00:52Lidl a pris sur ce Salon.
00:53Et puis on ira faire un tour également du côté du concours agricole avec une jeune lauréate qui vient tout
01:00juste d'obtenir sa première médaille d'argent.
01:03On fera le point avec elle sur ses attentes, cette médaille qui est souvent très importante et qui permet de
01:08booster les ventes des jeunes TPE, PME
01:11ou encore des producteurs, des jeunes agriculteurs. Allez Focus Retail, c'est parti !
01:17Focus Retail, l'interview.
01:22Anouk Pommard, bienvenue. Nous sommes ravis de vous accueillir sur le plateau de BFM Business délocalisé pour l'émission sur
01:29le Salon de l'Agriculture.
01:30Vous êtes porte-parole de Lidl en France. À mes côtés sur ce plateau, François Valada, vous êtes directeur des
01:37solutions DataFranche chez Vusion.
01:39Bienvenue également. Vous êtes notre expert. Alors c'est donc la onzième année consécutive que Lidl est présent sur le
01:46Salon de l'Agriculture.
01:48Toujours seul distributeur à y participer. Votre stand est plus petit que d'habitude mais vous avez toujours vos salariés,
01:54vos collaborateurs qui le tiennent, vos salariés ambassadeurs.
01:58Alors cette année, ça marque aussi les 10 ans de vos contrats tripartites signés entre éleveurs, producteurs et Lidl.
02:05En tout, 15 contrats sur les filières bœuf, porc et lait. C'est 6 000 producteurs concernés.
02:12Mais l'an dernier, vous avez opéré un repositionnement, notamment sur le prix de milliers de produits. Est-ce que
02:19ça, ça a impacté les producteurs ?
02:21Alors pas du tout parce que la conviction profonde de Lidl, c'est le fait de pouvoir préserver la matière
02:26première agricole, de pouvoir s'engager vis-à-vis des agriculteurs de manière durable et surtout à long terme.
02:33Mais aussi de préserver le pouvoir d'achat de nos clients. Et c'est la conviction de base de Lidl
02:38en France. Et c'est l'essence et l'ADN du modèle discount surtout.
02:41Donc le meilleur prix, la meilleure qualité, un assortiment réduit, des magasins plus petits et un stand légèrement plus petit
02:49puisqu'on a quand même un très grand stand sur le Haut-Lin cette année.
02:52Alors justement, les éleveurs de porc sont percutés par la baisse des cours, moins 10% l'an dernier. De
02:59quelle manière est-ce que vous, vous arrivez à les soutenir ?
03:01Alors je dirais qu'il y a deux manières. D'abord, la première, c'est l'intensité du dialogue.
03:06Aujourd'hui, le salon de l'agriculture, ça donne un coup de projecteur sur nos engagements. Mais en réalité, ce
03:12n'est pas un rendez-vous.
03:13C'est la continuité d'engagement qui doit se faire tout au long de l'année.
03:16Donc le premier impératif, c'est continuer à dialoguer tout au long de l'année.
03:21Le deuxième, c'est d'engager des contrats pluriannuels avec les différentes filières. Pourquoi ? Pour donner de la visibilité.
03:28Aujourd'hui, les agriculteurs ont du mal à faire face. Vous l'avez dit.
03:31On a entendu, comme tous les Français, la colère agricole dans les rues, partout, dans nos magasins, etc.
03:38Et évidemment, on est dans l'empathie. Et c'est à nous, distributeurs responsables, de donner les moyens pour l
03:44'agriculture française de se développer demain.
03:48Et comment est-ce que les contrats sont revalorisés chaque année ?
03:52Bien sûr. En réalité, la pluriannualité n'empêche pas le fait de renégocier les contrats.
03:59C'est donner de la visibilité. Et l'idée, c'est de toujours préserver la valeur de la matière première.
04:04La matière première, c'est ceux qui nous nourrissent. Et nous, on ne fait que vendre les produits de ceux
04:10qui nous nourrissent.
04:10Donc le principe du discounteur que nous sommes, c'est celui d'avoir très peu de marques nationales dans nos
04:17rayons.
04:17Quand vous entrez dans un Lidl, vous trouverez des marques dites de distributeurs qui sont faites pour Lidl et de
04:23manière durable aux côtés des producteurs.
04:26C'est combien, justement, le ratio de ces marques, de ces MDD ?
04:29C'est 90% de nos rayons, aujourd'hui, les MDD, oui.
04:32Alors en ce moment, on parle beaucoup de la pénurie d'œufs dans les rayons des magasins.
04:37Je ne suis pas allée vérifier dans tous les Lidl de Paris. Mais qu'en est-il ? Est-ce
04:42que vous faites appel, vous importez des œufs étrangers ?
04:45Alors, pour vous répondre, d'abord, c'est le sujet de la filière œuf. C'est un sujet qui est
04:51complexe parce qu'en fait, il est aussi la conséquence d'une évolution du mode de consommation des Français.
05:00Aujourd'hui, les Français regardent leur portefeuille. C'est une évidence. On fait attention au pouvoir d'achat.
05:06Donc, on est passé d'une viande à des produits comme le poulet, la volaille, puis de la volaille et
05:12au poulet aux œufs.
05:13Aux œufs, nous, on observe plus 20% de ventes d'œufs dans nos rayons au niveau national. Donc, c
05:19'est énorme.
05:20Après, il y a une question de structuration de la filière. Comment est-ce qu'on fait pour répondre à
05:24cette nouvelle demande ?
05:25Et là aussi, on a un rôle, nous, de distributeur, d'accompagnement. Donc, on a pris des engagements dans la
05:30durée pour les accompagner.
05:32Après, il y a évidemment le rôle des pouvoirs publics. Mais tout le monde a un rôle dans la...
05:36Ils ne font pas grand-chose pour ces structures-là. C'est vraiment la fédération des œufs qui gère.
05:41Comment est-ce que vous vous engagez concrètement ?
05:43Alors, nous, on a signé un partenariat avec la filière pour passer à l'échelle et investir dans de nouveaux
05:50poulaillers.
05:51Mais après, il y a toujours un sujet réglementaire qui est un sujet aussi de difficulté de normes, de régulation.
05:57Et ça, ça pèse beaucoup sur cette filière en particulier.
05:59Puisqu'en fait, aujourd'hui, c'est très compliqué de s'installer pour un nouvel entrant dans ce type de
06:06filière.
06:06C'est très compliqué.
06:08Et alors, justement, vous faites appel à des œufs étrangers ?
06:10On le fait le moins possible. On l'a fait. Mais c'est une minorité toujours de notre assortiment.
06:16Et nous, l'idée, c'est vraiment de rester sur une grande majorité de produits français.
06:21Aujourd'hui, c'est 70% de nos produits qui sont français dans nos rayons.
06:26Alors, on parle d'un engagement auprès de la filière œuf.
06:29Vous avez d'autres engagements autour du zéro déchet, autour de choses comme ça.
06:33Qu'est-ce que vous pouvez nous dire là-dessus ?
06:35Alors, Lidl est un modèle européen. Ça, vous le savez peut-être.
06:38Nous avons deux différences avec les autres supermarchés que vous connaissez ou acteurs de la grande distribution.
06:46La première, c'est que nous avons un modèle intégré.
06:48Ce qui veut dire que nos salariés ne sont ni indépendants ni franchisés.
06:53Ce sont nos salariés d'enseigne.
06:55Et ça permet aussi d'aller plus vite dans l'élaboration de feuilles de route.
06:59Donc, on en a mis en place une feuille de route très ambitieuse jusqu'à 2030 à l'échelon européen
07:04puisque nous sommes présents dans 32 pays.
07:07Et l'idée, c'est de passer, d'être en avance de phase sur ces sujets recyclage, anti-gaspillage, packaging.
07:14Et force est de constater que quand on produit ces produits, on est maître des cahiers des charges.
07:19Donc, on peut tout de suite impacter l'emballage plastique.
07:23On peut tout de suite décider d'être le meilleur élève de la classe, en réalité.
07:27Alors, moi, j'avais une question parce que là, sur ce salon, vous avez fait plusieurs annonces.
07:30Vous avez notamment annoncé un partenariat avec l'APAL.
07:33C'est l'association de production animale de l'Est.
07:36C'est-à-dire que vous avez voulu créer un rémunérascore.
07:40C'est une notation de rémunération des producteurs sur les produits.
07:43Combien de produits sont concernés par ça ?
07:46Actuellement, on a six références de viande, bovine et limousine qui sont dans la démarche du rémunérascore.
07:53Alors, le rémunérascore, vous connaissez le nutricore.
07:56Ça, c'est implanté partout.
07:58Nous, on a à peu près 70% de nos produits qui sont en nutricore.
08:01Et la moitié en A ou B.
08:02Le rémunérascore, l'idée, c'est que pour le consommateur qui rentre en rayon,
08:07il va avoir face à lui un produit dans lequel il saura, s'il passe à l'acte d'achat,
08:13quel est le montant reversé aux agriculteurs et aux éleveurs bovins.
08:17Donc, c'est une manière très rapide et très concrète de favoriser l'acte d'achat
08:23parce que même si nous avons une responsabilité, au final, c'est le consommateur et le client qui choisit.
08:28Donc, une transparence sur les prix.
08:30Ça, vous allez l'étendre à d'autres produits ?
08:33On a des discussions.
08:34L'idée, c'est d'avoir les meilleures pratiques.
08:37Mais sachant que, et ça, c'est quand même important aussi de le dire,
08:40c'est que dans tous les produits, chez Lidl, un produit égale un prix en France.
08:45Vous n'aurez pas de différence en fonction du Lidl, s'il est dans le nord-ouest ou dans le
08:49sud de la France.
08:50Ça sera le même produit.
08:51Alors, sur ce salon, il y avait aussi la présence de McDonald's
08:54qui a affirmé ses engagements auprès des filières françaises.
08:57Le groupe promet une enveloppe de 3,5 milliards d'euros d'achats dans le pays.
09:01D'ailleurs, vous avez lancé un projet pilote avec eux.
09:05Sur la transition écologique, qu'est-ce que ça implique pour les agriculteurs,
09:09en termes de coûts notamment pour eux ?
09:11Alors, l'idée, avec ce projet porté par McDonald's et Lidl, c'est une première en France.
09:16L'idée, c'est aussi de passer à l'échelle et d'être aux côtés réellement des filières agricoles.
09:22Et comment est-ce qu'on fait ça ?
09:23On fait ça concrètement en les aidant à investir en amont, dans l'amont agricole, en réalité,
09:30c'est-à-dire sur leur exploitation.
09:32On leur aide à avoir des outils de diagnostic performants,
09:36à changer leur méthodologie de travail aussi,
09:39pour qu'ils puissent ensuite pourvoir à nos besoins nos distributeurs.
09:42C'est un exemple.
09:44On aimerait le dupliquer.
09:45Mais c'est une best practice de ce qui peut se faire de mieux
09:49entre les distributeurs, les agriculteurs, l'amont et l'aval de la chaîne.
09:54Est-ce que ça vous permet aussi d'améliorer la traçabilité ?
09:56Parce que c'est aussi un sujet clé.
09:58Aujourd'hui, les Français souhaitent vraiment connaître l'origine des matières premières
10:02dans les produits qu'ils consomment.
10:03Comment vous traitez ce sujet-là de traçabilité ?
10:05Alors, l'origine, c'est un grand sujet aussi pour les agriculteurs
10:09et leurs représentants syndicaux.
10:11On a passé beaucoup de temps avec les organisations syndicales ces derniers jours
10:14et ils nous disent tous que le volume, la valeur et l'origine
10:17sont des sujets clés pour eux et pour l'avenir de l'agriculture de demain.
10:21Comment on fait ?
10:22Déjà, première réponse, on suit la réglementation.
10:27C'est un impératif.
10:28On veut être le plus transparent possible.
10:30Et ensuite, cette transparente, elle peut être encore plus poussée
10:33que ce qui est légalement admis pour nous.
10:36C'est-à-dire qu'au lieu d'avoir quelque chose qui sera originueux,
10:39vous aurez vraiment les pays d'origine d'où proviennent les produits.
10:44Ensuite, tout ça s'intègre quand même, nous, dans un sourcing et une préférence nationale
10:49puisque notre objectif, nous qui achetons en France,
10:52c'est vraiment de privilégier l'achetat et le sourcing local, les produits français.
10:58L'achat en France, c'est 76 produits français dans les rayons de chez Lidl.
11:01C'est bien ça.
11:02Oui, c'est ça.
11:04Justement, quelle est votre vision par rapport au Mercosur ?
11:07Est-ce que vous comptez y participer ?
11:10Non, pas du tout.
11:11On a été très clair là-dessus dès le début des débats,
11:13quand on a été interpellé pour dire qu'effectivement,
11:16nous ne souhaitions pas de produits issus du Mercosur dans nos rayons,
11:20même dans les alimentations, on dit les aliments transformés, non bruts.
11:24Donc ça, on a été très clair dessus.
11:26Nous, on a aussi un sujet et une particularité, je vous le disais au début,
11:29c'est qu'on est un modèle européen.
11:30Et ce qu'on sait moins de Lidl, c'est que Lidl exporte les produits français à l'échelon européen.
11:37Aujourd'hui, c'est un milliard, par exemple, de produits en valeur
11:40qui ont été exportés l'année dernière.
11:42Alors justement, c'est intéressant puisque Lidl se développe beaucoup aux Etats-Unis, notamment.
11:48Quelle est la réception faite de Lidl là-bas ?
11:52Alors, beaucoup, je ne sais pas.
11:54Un petit peu. Vous avez de la concurrence avec Aldi, mais en tout cas...
11:57On a un peu de concurrence, c'est un démarrage.
11:59Le marché américain, c'est un marché qui est foncièrement différent du marché européen.
12:05Et en réalité, c'est aussi pour nous, c'est le signe qu'un modèle européen peut fonctionner.
12:10Et c'est aussi le signe que le modèle du discount que nous défendons
12:15est un modèle qui peut répondre au pouvoir d'achat, même mondialement.
12:20Mais la réalité aujourd'hui, c'est vraiment que nous sommes très implantés en Europe.
12:25C'est notre cœur. En réalité, c'est un groupe allemand, vous le savez,
12:29qui est depuis 35 ans en France.
12:31Et c'est nos premiers marchés, même si effectivement, on se développe aux USA.
12:36Alors, Anouk, vous êtes la porte-parole officielle de France.
12:39Pour Lidl en France, ça, on peut le dire.
12:41Qu'est-ce qui est prévu dans cette année à venir ?
12:43On rappelle, Lidl, c'est 8% de part de marché.
12:46Est-ce que vous avez prévu des ouvertures ?
12:48On parle beaucoup de proximité.
12:49C'est ça, le créneau fort pour les distributeurs aujourd'hui.
12:52Où est-ce que vous allez vous implanter ?
12:54Est-ce que vous allez ouvrir d'autres magasins cette année ?
12:56Alors, bien sûr, on va en ouvrir.
12:57Ça, c'est vrai que le rythme de croissance est reparti, si je puis dire.
13:01Nos ambitions, elles ont été très claires et fixées par notre CEO,
13:04de John Paul Scali, c'est donc 2000 magasins à échéance 2020.
13:10Donc, ça veut dire qu'il faut quand même être dans un rythme d'ouverture assez rapide.
13:15L'idée, c'est d'ouvrir une quarantaine à peu près de magasins
13:19et d'avoir un Lidl, un magasin Lidl à 10 minutes de chaque Français.
13:24C'est l'objectif.
13:25Aujourd'hui, on en a 1600.
13:27C'est énorme.
13:27Ça donne une bonne granularité, une bonne pénétration territoriale.
13:31Mais il faut aller encore au plus proche parce que la proximité, elle est clé dans le modèle du discount
13:36qui fait que ce sont des magasins qui sont plus petits que des hypermarchés
13:39dans lesquels vous pouvez faire vos courses en 40 minutes et avec un assortiment réduit.
13:45Et vous renouez un petit peu avec le Lidl d'autrefois.
13:48Est-ce qu'on abandonne cette premiumisation de Lidl qu'on commençait à connaître ces dernières années ?
13:53Pas du tout.
13:54Les clients qui sont chez Lidl, c'est un miroir de la société française.
13:58Donc, vous avez tous les budgets.
14:00On a aujourd'hui 41% de nos clients qui sont CSP+.
14:05On ne le sait pas trop.
14:07Donc, des catégories plutôt aisées.
14:08Ce qui veut dire que le modèle de discount répond à tous les enjeux dès que la qualité reste présente.
14:15Et on va continuer à faire ça.
14:17Il faut répondre aux besoins de tous les Français.
14:19Et juste rapidement, votre marché en croissance ailleurs à l'international, c'est lequel ?
14:24La France est une priorité.
14:26La France est une priorité.
14:27J'avais une dernière question avant de terminer cette interview.
14:30C'est vrai que votre ambition, c'est aussi d'arriver à réduire les émissions carbone à hauteur de 55
14:37% d'ici à 2030.
14:38Là, vous partez de moins 32%.
14:40Comment est-ce que vous comptez faire ?
14:41On regarde ça de très, très, très, très près.
14:44En réalité, on a fait beaucoup déjà d'évolutions sur le scope 1 et scope 2.
14:49Je suis désolée, ça devient technique.
14:50Mais on a fait moins 32% en deux ans.
14:53Et pourquoi on fait ça ?
14:54Parce qu'en fait, on sait déployer très rapidement à l'échelle sur l'ensemble de nos magasins,
14:58les outils pour être plus performants environnementalement.
15:01Et ça, on le sait parce qu'on est un modèle intégré.
15:05Merci beaucoup, Anouk, d'avoir été avec nous.
15:07Restez là, on passe tout de suite au focus de notre expert.
15:16Alors, François, c'est vrai qu'on parle souvent des tensions entre les agriculteurs et la grande distribution,
15:21notamment sur la question des prix.
15:23Pour autant, la distribution, ça peut être un vrai levier de cohésion.
15:27Oui, complètement.
15:28C'est-à-dire que cette relation agriculteur-distributeur, elle est essentielle.
15:32Donc, l'important, c'est vraiment que tout ce qui peut la faciliter, l'enrichir,
15:36toutes ces initiatives-là sont importantes.
15:38On peut parler des initiatives locales, comme les alliances locales de Leclerc ou U, local et engagé.
15:43Et beaucoup d'enseignes, ce type de démarche, je sais que vous les avez aussi.
15:46L'idée étant de pouvoir permettre une relation directe entre le magasin et le producteur
15:50pour à la fois une meilleure rémunération et lui sécuriser aussi le débouché pour ses volumes.
15:54Au-delà du prix, de la question du prix,
15:56est-ce que la grande distribution peut influencer directement les pratiques agricoles ?
16:01Complètement.
16:02C'est-à-dire que ça fait des années que ça existe à travers les filières.
16:04Là, on parle d'agroécologie. Carrefour incite ses partenaires depuis 2013 et que vous êtes lancé aussi sur cette démarche
16:11-là.
16:11C'est protéger l'écosystème tout en gardant une rentabilité suffisante des terres.
16:15Et quand les grands acteurs de la distribution changent leurs standards, clairement, il y a un impact du producteur sur
16:21le consommateur.
16:22Et puis, sans oublier l'impact social sur les territoires directement.
16:25Évidemment. Et je suis content qu'on en parle parce que les magasins, c'est évidemment des lieux où on
16:29fait les courses.
16:30Mais c'est aussi des hommes et des femmes qui, tous les jours, travaillent dans ces magasins-là.
16:34On peut estimer sur les zones rurales en France que la proxy, les petits supermarchés, c'est environ 300 000
16:40emplois.
16:40Donc, c'est vraiment pas négligeable.
16:42Et donc, ça crée de la vie, des emplois dans les zones, je dirais, qui en ont vraiment besoin.
16:47Et le deuxième aspect, c'est sur l'aspect de la nature même de l'activité.
16:50Puisque quand je suis centre auto, centre optique, parapharmacie, j'apporte ces services-là dans le territoire.
16:55Donc, en résumé, les magasins ont vraiment aujourd'hui un rôle, un maillon fort de cohésion du territoire.
17:01Merci beaucoup, François, pour votre expertise.
17:03On passe tout de suite au pitch de notre start-up.
17:07Focus Retail, le pitch de la start-up.
17:12Et Louise Bonne nous a rejoint sur ce plateau.
17:14Bienvenue, Louise.
17:15Vous avez une exploitation familiale avec votre frère, votre mari.
17:20Vous produisez des céréales, des pommes de terre, du maïs.
17:24Mais pas seulement, vous faites aussi des produits.
17:27Oui, tout à fait.
17:29Donc, on est agriculteur, exactement.
17:32Et on a un élevage de porcs.
17:33Et donc, avec ces porcs, on fait de la diversification.
17:36On a un magasin à la ferme avec un labo de transformation.
17:39C'est-à-dire qu'on fait tout de A à Z chez nous.
17:42Et donc, on fait tout, ainsi que du saucisson.
17:46Alors, justement, parlons-en.
17:47Vous nous avez apporté du saucisson.
17:51C'est grâce à ça que vous avez décroché une médaille d'argent sur le très prestigieux concours agricole.
17:57Donc, félicitations.
17:57C'est votre première médaille.
17:59C'était la première fois que vous participiez ?
18:00Non, c'est la première fois que j'ai une médaille.
18:03Mais c'est la deuxième fois qu'on participe au concours.
18:05On y a participé l'année dernière.
18:07On a rectifié.
18:08On a su prendre les commentaires.
18:10C'est toujours pour ça aussi qu'on fait un concours.
18:12C'est toujours bon à prendre.
18:13Comme on dit, les commentaires sont toujours bons à prendre.
18:16On en a fait bonnes sciences.
18:18Et aujourd'hui, on a juste rajouté une semaine de séchage.
18:21Et ça a donné son mérite.
18:22On a eu la médaille d'argent.
18:23Oui, parce qu'il faut le dire, le concours agricole,
18:25il y a 20 000 produits présentés chaque année à ce concours.
18:29Un produit sur quatre est récompensé.
18:31C'est un jury de plus de 7 000 personnes.
18:33Ça s'étale sur plusieurs jours.
18:36Des médailles de bronze, d'argent et d'or.
18:39Cette médaille, ça peut être un tremplin pour certaines marques,
18:42pour certaines PME, pour certains agriculteurs comme vous.
18:46Qu'est-ce que vous attendez concrètement de cette médaille ?
18:48Alors concrètement, au début, on l'a fait pour nos équipes.
18:51Parce que derrière, à la ferme, j'ai quand même 9 salariés
18:54qui travaillent avec nous.
18:56Donc c'est se dire, bravo les gars, c'est bien, on travaille bien.
18:58On revient avec le mérite de se dire,
19:00je suis partie 10 jours au salon de l'agriculture,
19:02mais je reviens avec une médaille.
19:03Je reviens avec le fruit de votre travail qui est bien fait.
19:06On a été félicité, entre guillemets.
19:08Et la deuxième propulsion, c'est qu'aujourd'hui,
19:12nous, on est dans un...
19:14Où est-ce qu'on est situé dans notre ferme ?
19:15On est en train de développer complètement.
19:17On a triplé notre labo.
19:19On a doublé notre séchoir.
19:20Même si les clients l'arrachent déjà,
19:23on se dit qu'on va avoir un volume supplémentaire.
19:25Donc ça nous permet aussi d'avoir une visibilité supplémentaire,
19:28de se dire, j'achète un saucisson médaillé.
19:31Je pense qu'on aura aussi cet honneur-là.
19:33Oui, on parle de visibilité,
19:34mais il y a aussi un effet sur les ventes.
19:37Un sacré impact quand même,
19:39car en moyenne, un produit médaillé
19:42fait croître ses ventes.
19:43Je crois que c'est plus 24% en moyenne sur les ventes.
19:47Ça, c'est quelque chose d'intéressant pour vous.
19:48D'ailleurs, vous vendez où vos produits en général ?
19:50Alors aujourd'hui, nos produits,
19:52on les vend principalement chez nous, à la ferme.
19:54On a déjà un beau potentiel de clients chez nous.
19:57Mais justement, le fait de développer,
19:59c'est aussi de pouvoir amener le produit ailleurs.
20:02Et le fait, je pense, d'avoir la médaille,
20:03on n'arrive pas juste avec son saucisson.
20:06On arrive avec un saucisson médaillé.
20:07Et je pense que du coup,
20:08ça peut permettre de placer plus facilement son produit.
20:10Et d'aller toquer aux portes
20:11de la grande distribution finalement.
20:14Oui, peut-être pas encore, mais pourquoi pas ?
20:17Non, mais pourquoi pas ?
20:18C'est vrai qu'aujourd'hui, dans l'échelle où on est,
20:22on a déjà d'aller développer sur des petites boutiques
20:24qui sont près de chez nous.
20:25Mais après, oui, pourquoi pas ?
20:27Ça peut ouvrir d'autres...
20:28Alors aujourd'hui, vous avez eu le saucisson.
20:30Est-ce que vous avez déjà d'autres idées en tête
20:31pour les années à venir sur d'autres produits
20:33que vous fabriquez ?
20:34Oui.
20:35Vous ne pouvez pas en dire plus ?
20:36Oui, on ne va pas s'arrêter là.
20:39Vous pouvez nous en dire plus ?
20:40Oui, bien sûr.
20:41En fait, on se dit pourquoi pas la rillette,
20:43pourquoi pas plusieurs zones de charcuterie.
20:47Parce qu'en fait, on a un gros panel à la ferme.
20:49Donc on se dit rillette, les terrines de campagne.
20:52En fait, d'essayer de mettre le produit fermier à l'honneur.
20:56C'est vrai que ces médailles, on les connaît beaucoup.
20:58Et là, je m'adresse à Anouk.
20:59Mais notamment sur le vin, il y a 12 000 vins
21:02qui sont présentés parmi les 20 000 produits, justement.
21:05Vous, comment est-ce que vous référencez vos produits ?
21:09Parce que vous avez des produits de jeunes PME.
21:13Comment vous les sourcez, ces produits-là ?
21:15Alors, il y a plusieurs manières de faire.
21:17En réalité, les TPE et les PME,
21:20le sujet, c'est peut-être celui que vous rendez possible là.
21:23Il n'est pas forcément tout le temps possible.
21:25C'est-à-dire qu'on n'a pas forcément accès aux produits.
21:28De la même manière, aussi vite,
21:29les acheteurs qui sont à Châtenay Malabri,
21:33sur nos fournisseurs avec une relation, je disais, durable.
21:39Ils n'ont pas forcément le sourcing de ces petites pépites
21:41comme celles qu'on voit là aujourd'hui.
21:43Donc, il y a un premier sujet, c'est comment abolir les frontières ?
21:46Comment faire en sorte qu'on soit plus proche
21:50pour trouver le meilleur du patrimoine gustatif français ?
21:53Ça, on a plusieurs manières de le faire.
21:55La première, c'est nous, on a un partenariat avec la FEF,
21:59donc la fédération qui représente les PME et les TPE dans ce pays.
22:03Et elle nous permet, et ce partenariat aussi,
22:06nous permet d'avoir aujourd'hui 40% de produits
22:09qui sont issus des TPE et PME dans nos rayons.
22:12Donc, c'est un premier moyen.
22:14Et puis ensuite, il y a rapproché nos acheteurs
22:16dans leur réalité d'achat,
22:19avec nos fournisseurs futurs, en tout cas.
22:21Et ça, on fait une journée annuelle au siège
22:24avec tous les fournisseurs
22:26et une journée spécifique pour les PME et les TPE
22:29pour qu'on voit le meilleur de ce qu'ils puissent nous donner.
22:32Donc, vous soutenez justement l'économie locale.
22:34Tout à l'heure, vous nous en parliez un petit peu.
22:36Comment, parce que vous contribuez à exporter ces produits-là
22:39justement ailleurs dans le monde,
22:42de quelle manière est-ce que vous faites ça ?
22:44Alors, c'est assez simple.
22:47En réalité, nous, une fois que l'assortiment est convenu,
22:50en réalité, il peut aller sur d'autres marchés
22:53si on sent le besoin, mais avec la même technique.
22:57La logistique est tout à fait sur un modèle européen.
22:59Donc, c'est très facile pour nous
23:01d'envoyer de la marchandise à l'étranger
23:03avec des acheteurs qui sont des acheteurs
23:05qui parlent aussi au niveau international.
23:07Donc, en réalité, le modèle est intégré
23:09et c'est plus simple pour nous.
23:11C'est 400 000 litres de vin l'année dernière
23:16qui a été exporté sur l'échelon européen.
23:19Vous avez aussi une approche de territoire de demain
23:21pour justement vous rapprocher des agriculteurs
23:23et mieux connaître leurs besoins.
23:24Est-ce que ça peut s'appliquer à ce type d'exploitation ?
23:28Alors, terres innovantes ou territoire de demain ?
23:30Terres innovantes, oui.
23:31Nous sommes mécènes de terres innovantes.
23:33Terres innovantes, c'est une initiative
23:36qui a été lancée par les jeunes agriculteurs,
23:39les JIA exactement,
23:41qui en fait permet de rapprocher aussi
23:44le modèle de la grande distribution.
23:45Les jeunes qui seront les agriculteurs de demain
23:49parce qu'il y a aussi un sujet de renouveau des générations.
23:52Aujourd'hui, un agriculteur sur deux en France
23:54a plus de 55 ans.
23:56Donc, ça pose très vite des questions aussi d'approvisionnement.
24:00Et donc, ce type d'initiative est vraiment à souligner
24:03parce que c'est exemplaire en réalité.
24:07Louise, il nous reste une minute.
24:08Qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour cette année à venir ?
24:12Déjà que le fruit de cette médaille
24:14nous amène plein de clients.
24:16Et puis, après aujourd'hui, oui, c'est une fierté.
24:20Je me dis que je viens au Salon de l'agriculture
24:23pour la médaille et puis aussi pour se faire connaître,
24:26pour avoir une visibilité, pour avoir plus de clients,
24:28pour développer notre chiffre d'affaires.
24:29On ne va pas se mentir.
24:30On a beau être une petite exploitation agricole,
24:33aujourd'hui, on veut se développer.
24:34On a des emprunts, on a tout ce qu'il faut pour devoir travailler.
24:38J'ai 9 salariés avec moi.
24:40On nourrit 12 familles avec moi.
24:43C'est vrai qu'aujourd'hui, c'est un développement
24:46qui, on espère, se propulser.
24:48Merci beaucoup, Louise, d'avoir été avec nous.
24:50Restez là, on passe tout de suite à l'actu de la semaine.
24:56François, le Salon de l'agriculture
24:58n'est pas le seul à mettre les agricultures à l'honneur.
25:01C'est même devenu un enjeu de communication clé
25:04pour, justement, les enseignes et les marques.
25:06Exactement.
25:06Parler de celles et ceux qui produisent,
25:09les montrer, c'est devenu un enjeu de communication majeur
25:12pour et les enseignes et les industriels.
25:14On peut prendre deux exemples d'actualité
25:16avec, par exemple, Thierry Cotillard,
25:18le président du groupe André Mousquetaires,
25:19qui fait une énorme promotion sur le film documentaire
25:22qui va sortir, qui s'appelle Rural,
25:23avec Jérôme Bell qui était une figure de proue du mouvement agricole.
25:27Et côté industriel, on peut parler de Sodial,
25:29Oui ou Les Français, qui est leur campagne,
25:31et derrière laquelle ils mettent,
25:32notamment sur leur site,
25:33plein de producteurs partenaires,
25:35productrices, pardon, partenaires avec photos, profils.
25:38L'idée étant vraiment de faire le lien
25:39entre les agriculteurs et les consommateurs.
25:41Alors, c'est vrai, tout à l'heure,
25:42on parlait de ce score mis sur les produits.
25:45Justement, est-ce que les consommateurs,
25:47ils ont envie de transparence ?
25:51C'est clair, j'en parlais déjà tout à l'heure,
25:53parce qu'il y a 85% des Français aujourd'hui
25:55qui disent être très sensibles
25:56et vouloir connaître l'origine de la matière première
25:58qui sont dans les produits qu'ils consomment.
26:00Et parmi eux, c'est 59% qui disent qu'ils le veulent
26:03parce qu'ils veulent protéger les agriculteurs en France.
26:05Donc on voit qu'il y a un vrai enjeu
26:07pour les distributeurs là-dessus.
26:09Et ça veut dire une traçabilité totale,
26:10c'est pour ça que je parlais de la question tout à l'heure,
26:12c'est qu'il faut vraiment être capable
26:14de savoir ce qui se passe du champ jusqu'au magasin.
26:17Donc ça veut dire la technologie,
26:18des caisses connectées pour suivre le produit complètement
26:22et vraiment investir sur ce sujet-là
26:24parce que c'est un sujet majeur de consommation.
26:26Et ça, ça se traduit aussi en magasin ?
26:28Oui, alors moi je pense qu'aujourd'hui,
26:31faire de la pédagogie,
26:34ramener la valeur de ce qu'est la production,
26:36de ce que sont les filières dans les magasins
26:38à travers de la dégustation,
26:40eh bien ça a tout à fait sa place.
26:42Et je pense qu'il n'y a personne de mieux placé
26:44que les agriculteurs eux-mêmes pour faire ça.
26:47Et c'est un petit fils d'agriculteur qui vous en parle.
26:49Merci beaucoup François, le message est passé.
26:52Merci à toutes les deux d'avoir été avec nous
26:54sur cette émission spéciale.
26:55Merci à vous de nous avoir suivis.
26:58On se donne rendez-vous la semaine prochaine
26:59pour un tout nouveau numéro de Focus Retail.
27:01Cette fois-ci, on sera de retour dans nos studios.
27:04Je vous souhaite un excellent week-end
27:06et je vous dis à lundi dans la matinale de BFM Business.
27:09Focus Retail, la distribution de demain s'invente aujourd'hui.
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