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  • il y a 24 minutes
Face au succès des IA conversationnelles utilisées comme soutien émotionnel, certaines plateformes médicales cherchent à proposer un accompagnement plus encadré. Avec Qare Mind, programme conçu par des professionnels de santé, l’objectif est d’offrir un suivi humain et personnalisé aux patients souffrant d’anxiété ou de dépression, sans laisser les algorithmes seuls face à la détresse psychique.

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Transcription
00:03Et aujourd'hui dans la Pépite Santé, nous recevons le docteur Julie Salomon, directrice générale de
00:08médicale de CARE, pédiatre à l'hôpital Necker. Merci d'être avec nous docteur.
00:14CARE est une clinique digitale et vous avez développé CARE MIND, un programme d'accompagnement
00:19des patients souffrant d'anxiété ou de dépression avec un suivi quotidien entre les consultations.
00:24Comment est né CARE MIND pour commencer ?
00:26Alors d'abord de la volonté de CARE de faciliter l'accès aux soins partout pour tous et apporter
00:32des soins de qualité identiques sur tout le territoire. Et puis du constat que la prise
00:37en charge de la santé mentale qui est un gros sujet de société aujourd'hui était insuffisant
00:43dans le parcours présentiel en parallèle d'une attraction assez forte des patients pour le numérique.
00:50Et donc tout cela combiné nous a donné l'idée qu'un programme d'accompagnement de ces
00:56consultations de santé mentale pouvait être fait en numérique chez nous, sachant qu'on a la
01:02spécificité non seulement d'apporter des ressources numériques mais également de l'humain,
01:06ce qui est notre caractéristique.
01:08Et on a évoqué dans la partie précédente la notion d'écoute immédiate que permet l'IA,
01:13qui change donc notre rapport aussi à la santé mentale. Est-ce que c'est quelque chose qui a motivé
01:19aussi la création de CARE MIND ?
01:21Pas forcément parce que notre activité principale, ce sont des téléconsultations médicales.
01:26Il n'y a pas de chatbot en permanence ?
01:28Dans le programme, on en a développé un et ce n'est pas un chatbot, c'est un chat avec
01:31des humains derrière.
01:34Mais notre activité, elle est numérique, mais en fait c'est la digitalisation de la
01:37consultation médicale. Donc le numérique pour nous c'est une évidence, mais ce n'est pas le fait
01:43de l'attractivité des IA qui nous a motivés.
01:47D'accord.
01:48C'est vraiment de se dire, on propose déjà des téléconsultations avec des psychiatres.
01:52Il y a une vraie activité, enfin une vraie attraction aussi de la part des patients
01:57parce qu'on déstigmatise et on lève beaucoup de barrières et de tabous qui freinent l'accès
02:02aux soins. Et on s'est rendu compte qu'entre les consultations, entre les téléconsultations,
02:07il pouvait y avoir encore un espace pour un accompagnement digital et humain.
02:11Et concrètement, comment fonctionne CareMind au quotidien ? Qu'est-ce que reçoit le patient ?
02:15Alors le patient a une application sur laquelle il a un programme quotidien d'accompagnement
02:20avec des exercices psychoéducatifs, d'autorégulation émotionnelle, des évaluations à travers des
02:27questionnaires qui sont standardisés, reconnus, et puis des suivis de son observance thérapeutique
02:33aussi, ce qui est un gros enjeu au niveau de la santé mentale. Et lorsqu'il a besoin, entre
02:38les téléconsultations qui sont du coup facilitées sur CareM et qui peuvent être aussi de la
02:43consultation présentielle, l'application n'est pas forcément dépendante de la
02:46téléconsultation, le patient a accès à un chat avec des professionnels d'infirmières,
02:52psychologues. Disponible 24 sur 24 ?
02:56Cinq jours sur sept, parce qu'on ne peut pas non plus entretenir une espèce d'immédiateté
03:01qui n'est pas forcément salutaire.
03:02Qui n'est pas saine, vous pensez ?
03:04Pas forcément. Disons qu'il y a une réponse rapide dans les 24 heures globalement, puisque
03:08c'est cinq jours sur sept, donc c'est quand même une réponse très rapide pour un problème
03:12de santé mentale. Mais l'immédiateté, parfois, peut avoir un effet un peu retort, un peu
03:16pervers. Donc on a choisi cette intermédiaire entre la rapidité, mais pas l'immédiateté.
03:21Et pourquoi il y a un côté pervers ? Justement, ce serait intéressant d'aller un peu plus loin sur...
03:24Parce qu'en fait, ça entretient... C'est une population de patients qui ont des dépressions
03:29légères et modérées ou de l'anxiété.
03:31Plutôt jeunes, pardon ?
03:32Plutôt jeunes, notamment parce qu'il y a une population qui a une attractivité vers
03:35le numérique. Dans cette population jeune, on a plus de 60% des patients qui consultent
03:40sur CARE qui ont moins de 35 ans, donc c'est notre population. Mais en fait, le côté immédiat
03:46peut entretenir des ruminations anxieuses, avoir un espèce d'effet d'entretien
03:52si la bouffe...
03:54Ça nourrit le mal-être.
03:55Voilà. Néanmoins, on a des réponses rapides dans la journée. Quand quelqu'un a besoin,
03:59c'est quand même dans les minutes ou l'heure qui suit.
04:01Oui, oui. Il ne s'agit pas de l'étang de 13.
04:02Voilà. Ce n'est pas du H24 comme si c'était un bot. Parce qu'il y a des humains.
04:07Oui. Hervé, la dernière question te revient.
04:09Vous avez combien de patients déjà qui utilisent votre plateforme ou votre nombre de téléconsultations ?
04:14On a 3,5 millions de patients qui ont téléconsulté sur CARE. On a presque 10 millions de téléconsultations
04:20à notre actif depuis 2018. Et en fait, sur le programme qui a démarré l'été dernier,
04:26on est déjà à 2500 patients qui suivent ce programme.
04:30Merci beaucoup.
04:31Merci, Docteur Julie Salomon, directrice médicale de CARE. Merci à toi, Hervé.
04:35Et merci à Émilie Roche qui produit cette émission. À très bientôt sur Bismarck for Change.
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