00:03Et aujourd'hui dans la Pépite Santé, nous recevons le docteur Julie Salomon, directrice générale de
00:08médicale de CARE, pédiatre à l'hôpital Necker. Merci d'être avec nous docteur.
00:14CARE est une clinique digitale et vous avez développé CARE MIND, un programme d'accompagnement
00:19des patients souffrant d'anxiété ou de dépression avec un suivi quotidien entre les consultations.
00:24Comment est né CARE MIND pour commencer ?
00:26Alors d'abord de la volonté de CARE de faciliter l'accès aux soins partout pour tous et apporter
00:32des soins de qualité identiques sur tout le territoire. Et puis du constat que la prise
00:37en charge de la santé mentale qui est un gros sujet de société aujourd'hui était insuffisant
00:43dans le parcours présentiel en parallèle d'une attraction assez forte des patients pour le numérique.
00:50Et donc tout cela combiné nous a donné l'idée qu'un programme d'accompagnement de ces
00:56consultations de santé mentale pouvait être fait en numérique chez nous, sachant qu'on a la
01:02spécificité non seulement d'apporter des ressources numériques mais également de l'humain,
01:06ce qui est notre caractéristique.
01:08Et on a évoqué dans la partie précédente la notion d'écoute immédiate que permet l'IA,
01:13qui change donc notre rapport aussi à la santé mentale. Est-ce que c'est quelque chose qui a motivé
01:19aussi la création de CARE MIND ?
01:21Pas forcément parce que notre activité principale, ce sont des téléconsultations médicales.
01:26Il n'y a pas de chatbot en permanence ?
01:28Dans le programme, on en a développé un et ce n'est pas un chatbot, c'est un chat avec
01:31des humains derrière.
01:34Mais notre activité, elle est numérique, mais en fait c'est la digitalisation de la
01:37consultation médicale. Donc le numérique pour nous c'est une évidence, mais ce n'est pas le fait
01:43de l'attractivité des IA qui nous a motivés.
01:47D'accord.
01:48C'est vraiment de se dire, on propose déjà des téléconsultations avec des psychiatres.
01:52Il y a une vraie activité, enfin une vraie attraction aussi de la part des patients
01:57parce qu'on déstigmatise et on lève beaucoup de barrières et de tabous qui freinent l'accès
02:02aux soins. Et on s'est rendu compte qu'entre les consultations, entre les téléconsultations,
02:07il pouvait y avoir encore un espace pour un accompagnement digital et humain.
02:11Et concrètement, comment fonctionne CareMind au quotidien ? Qu'est-ce que reçoit le patient ?
02:15Alors le patient a une application sur laquelle il a un programme quotidien d'accompagnement
02:20avec des exercices psychoéducatifs, d'autorégulation émotionnelle, des évaluations à travers des
02:27questionnaires qui sont standardisés, reconnus, et puis des suivis de son observance thérapeutique
02:33aussi, ce qui est un gros enjeu au niveau de la santé mentale. Et lorsqu'il a besoin, entre
02:38les téléconsultations qui sont du coup facilitées sur CareM et qui peuvent être aussi de la
02:43consultation présentielle, l'application n'est pas forcément dépendante de la
02:46téléconsultation, le patient a accès à un chat avec des professionnels d'infirmières,
02:52psychologues. Disponible 24 sur 24 ?
02:56Cinq jours sur sept, parce qu'on ne peut pas non plus entretenir une espèce d'immédiateté
03:01qui n'est pas forcément salutaire.
03:02Qui n'est pas saine, vous pensez ?
03:04Pas forcément. Disons qu'il y a une réponse rapide dans les 24 heures globalement, puisque
03:08c'est cinq jours sur sept, donc c'est quand même une réponse très rapide pour un problème
03:12de santé mentale. Mais l'immédiateté, parfois, peut avoir un effet un peu retort, un peu
03:16pervers. Donc on a choisi cette intermédiaire entre la rapidité, mais pas l'immédiateté.
03:21Et pourquoi il y a un côté pervers ? Justement, ce serait intéressant d'aller un peu plus loin sur...
03:24Parce qu'en fait, ça entretient... C'est une population de patients qui ont des dépressions
03:29légères et modérées ou de l'anxiété.
03:31Plutôt jeunes, pardon ?
03:32Plutôt jeunes, notamment parce qu'il y a une population qui a une attractivité vers
03:35le numérique. Dans cette population jeune, on a plus de 60% des patients qui consultent
03:40sur CARE qui ont moins de 35 ans, donc c'est notre population. Mais en fait, le côté immédiat
03:46peut entretenir des ruminations anxieuses, avoir un espèce d'effet d'entretien
03:52si la bouffe...
03:54Ça nourrit le mal-être.
03:55Voilà. Néanmoins, on a des réponses rapides dans la journée. Quand quelqu'un a besoin,
03:59c'est quand même dans les minutes ou l'heure qui suit.
04:01Oui, oui. Il ne s'agit pas de l'étang de 13.
04:02Voilà. Ce n'est pas du H24 comme si c'était un bot. Parce qu'il y a des humains.
04:07Oui. Hervé, la dernière question te revient.
04:09Vous avez combien de patients déjà qui utilisent votre plateforme ou votre nombre de téléconsultations ?
04:14On a 3,5 millions de patients qui ont téléconsulté sur CARE. On a presque 10 millions de téléconsultations
04:20à notre actif depuis 2018. Et en fait, sur le programme qui a démarré l'été dernier,
04:26on est déjà à 2500 patients qui suivent ce programme.
04:30Merci beaucoup.
04:31Merci, Docteur Julie Salomon, directrice médicale de CARE. Merci à toi, Hervé.
04:35Et merci à Émilie Roche qui produit cette émission. À très bientôt sur Bismarck for Change.
Commentaires