- il y a 4 heures
Samedi 9 mai 2026, retrouvez Jean Eudes Tesson (Président du Conseil d'Administration, Groupe Tesson) dans GÉNÉRATION IMPACT, une émission présentée par Julien Lescs.
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00:07Bonjour et bienvenue sur Génération Impact, l'émission qui met en lumière les familles entrepreneuriales
00:13pour décrypter avec elles leur organisation au filtre de trois cercles.
00:17Celui des entreprises bien sûr, mais également celui des actionnaires et enfin celui de la famille.
00:22Elles nous racontent leurs enjeux de transition et de transmission
00:25et en quoi l'urgence environnementale est une formidable opportunité de continuer l'aventure en famille avec la nouvelle génération
00:31à bord.
00:32Je reçois aujourd'hui Jean-Eude Tesson du groupe Tesson.
00:37Jean-Eude, bonjour.
00:38Bonjour Julien.
00:39Jean-Eude, je suis ravi de te recevoir.
00:41Ça fait un moment qu'on se connaît, mais c'est la première fois que je te reçois sur cette
00:45émission.
00:46On a une petite tradition, c'est de demander à notre invité de présenter sa famille.
00:50En moins d'une minute, est-ce que tu peux relever ce défi ?
00:52Oui, je suis la génération 3 de l'entreprise.
00:56Mon grand-père avait 12 enfants, mes parents 7 enfants et j'ai 5 enfants.
01:02Ça fait déjà beaucoup de monde si on multiplie par le nombre d'enfants de mes grands-parents, etc.
01:07Et c'est une famille entrepreneuriale du côté de mon père, mais aussi du côté de ma mère.
01:12Mes grands-parents maternels étaient épiciers en gros en Normandie
01:16et par fusion successive, la petite entreprise familiale, réunie avec d'autres, est devenue promodeste, puis Carrefour maintenant.
01:25Voilà, donc à 69 ans, je suis retraité de la direction de l'entreprise,
01:33mais je reste président du conseil d'administration.
01:35Génial. Entreprise familiale centenaire, on va la découvrir ensemble.
01:41Je te propose de rentrer dans cette première partie qu'on appelle une histoire de famille.
01:45Est-ce que tu peux nous parler de la genèse de ce groupe familial et de ses métiers ?
01:51La genèse, ça commence à mon grand-père.
01:53En fait, ça commence à tous nos ancêtres qui ont apporté de l'ADN d'entrepreneur, je pense.
01:59Et mon grand-père était ingénieur de l'école centrale de Paris, comme moi.
02:05Mon père, lui, était ingénieur de l'école centrale de Nantes.
02:08Et après ses études, il était passionné de train.
02:13Il s'est retrouvé chef de gare à Vannes à 20 ans.
02:17Et puis, il voulait être entrepreneur.
02:20Il avait un projet de lancer une fabrique de pain de glace au Sable d'Olonne.
02:25Et la guerre est arrivée, la guerre de 14-18.
02:29Il a fallu attendre l'armistice pour que son projet naisse sur le port de Sable d'Olonne.
02:36Alors, la glace, ce n'est pas un produit qu'on fabrique trop maintenant.
02:41À l'époque, c'était utilisé soit pour conserver le poisson dans les bateaux, comme maintenant,
02:45mais c'était aussi utilisé pour conserver les aliments dans les glacières domestiques.
02:49Dans les maisons, il n'y avait pas de réfrigérateur.
02:52Il y a un meuble qui ressemblait à un réfrigérateur.
02:55Les inventaires des réfrigérateurs, ils n'ont pas eu beaucoup d'imagination.
02:58Ils ont copié les glacières et ont metté un petit morceau de glace qui refroidissait les aliments.
03:03Il avait deux petites chambres froides.
03:05Et puis, comme mon père l'a rejoint en 1953,
03:11il a commencé par s'ennuyer.
03:15Il ne comprenait pas ce qu'il faisait là, en fait.
03:17Et puis, il a eu une perspective, c'est-à-dire qu'était l'évolution normale de ce métier-là,
03:23de la conservation des aliments, en ouvrant un premier entrepôt frigorifique
03:27pour la congélation et le stockage de produits alimentaires.
03:31Ton père qui est ingénieur aussi.
03:33Oui.
03:33Et ça, c'était en 1960, 1961, le premier établissement.
03:39Et ça, c'était quand même le métier de l'entreprise, c'est-à-dire conserver des aliments.
03:45C'est intéressant d'ailleurs de voir comment tout ça a évolué.
03:50La notion de conservation a été assez présente toujours.
03:54Et bien, à partir de ce premier entrepôt frigorifique au Sable de Lonne,
03:58mon père, qui était un vrai entrepreneur, a essaimé en construisant de nouveaux entrepôts
04:05dans le département, puis dans le département Lumitrophes.
04:08Et moi, quand je suis arrivé en 1982, c'était mon premier job après mes études.
04:15J'ai développé l'entreprise dans son métier.
04:19On a multiplié notre taille par presque 10.
04:22On est devenu le numéro 2 en France de ce secteur-là.
04:27Et puis, c'est une branche, j'en parle maintenant, dont on s'est séparé en 2019.
04:34C'était quelque chose, un projet qui était préparé déjà depuis presque 10 ans.
04:39On avait une opportunité et l'opportunité de céder,
04:44mais surtout de réinvestir dans d'autres activités que j'avais créées.
04:48Et ces autres activités que j'ai créées, il y a toujours un lien.
04:51Moi, je crois beaucoup à l'ADN des organisations.
04:54Et nous, donc, logisticiens du froid, congélation, stockage,
04:59et puis à la fin, transport, à moins 18.
05:05Mon père avait investi dès 1978 dans de la micro-informatique.
05:10C'était vraiment le début.
05:13Et on avait un logiciel fait maison par le réceptionnaire d'un de nos entrepôts
05:19et qui était assez extraordinaire, simple d'utilisation.
05:23Et tous nos collègues le voulaient.
05:25Donc, j'ai créé une société pour équiper en informatique nos concurrents.
05:30C'est ce qu'on a fait.
05:31Et on a équipé 90% des sociétés d'entreposage frigorifique en France.
05:37Et partant de ce métier d'informatisation des entrepôts frigorifiques,
05:40on s'est développé dans les métiers de l'informatique.
05:43Et c'est encore une activité présente dans le groupe, le digital.
05:47Puis autre opportunité aussi,
05:50en 2000, on avait un entrepôt à Bordeaux.
05:55Et on avait quelques demandes de viticulteurs ou de négociants bordelais
06:02qui nous demandaient de stocker du vin à température dirigée.
06:05Alors, entrepôt frigorifique, ils pensaient que c'était du plus 2 degrés,
06:09plus 15, parce que le vin, c'est plutôt plus 15.
06:12Sauf que nous, c'était moins 18.
06:14Mais à la troisième demande, je me suis dit,
06:16mais il y a peut-être une évolution dans le métier du stockage du vin.
06:20Et effectivement, de plus en plus de professionnels voulaient stocker leur vin à température dirigée.
06:26Ce qui est quand même la moindre des choses,
06:27parce qu'on fait acheter des caves à vin aux particuliers
06:32pour bien stocker leur vin dans de bonnes conditions.
06:35Mais des grands crus, très grands crus,
06:38sont encore stockés à température ambiante
06:42et transportés dans des camions bâchés.
06:45Bon, c'est de moins en moins vrai,
06:47mais ça, c'était une activité du groupe qui est née en 2000
06:50et qui est l'activité la plus importante aujourd'hui en termes de...
06:53pas de chiffre d'affaires, mais d'effectifs.
06:57On est leader en France de la logistique des vins et spiritueux.
07:00Tout ça en venant de la logistique du froid.
07:04Et puis après, avant même, avant 2000,
07:11on s'est intéressé à l'ionisation,
07:14c'est-à-dire la débactérisation des produits alimentaires
07:18par des rayons gamma ou bien des rayons X
07:20émis par des accélérateurs d'électrons.
07:24Donc débactérisation, mais aussi stérilisation de matériel médical à usage unique.
07:28Donc ça, c'est une activité que j'avais créée en 89,
07:30qu'on a développée pour être aussi le leader en France,
07:36enfin par fusion avec une filiale de la Cogema,
07:39enfin de Arriva.
07:42On s'est retrouvés à 50-50.
07:44Alors nous, petite entreprise vendéenne associée à la Cogema à l'époque,
07:49c'était un peu original, à 50-50 surtout.
07:54Et puis ils ont décidé que c'était trop PME pour eux,
07:58cette activité-là.
07:59Et on a récupéré la majorité.
08:03Mais devant les possibilités de développement à l'international
08:05et qu'on n'avait pas les moyens de mener de front de loup,
08:08on a cédé cette activité en 2000.
08:10Je regrette aujourd'hui,
08:12parce qu'on aurait peut-être fait quelque chose de bien,
08:14mais ça s'est présenté comme ça.
08:16Et puis, on a eu d'autres opportunités de développement.
08:20On a créé une start-up dans la distribution des vins et spiritueux,
08:23qui accompagne les professionnels.
08:24C'est une plateforme en fait,
08:27qui les aide à gérer leurs flux commerciaux,
08:29mais aussi les flux logistiques.
08:31Et puis on a une petite activité de tourisme au Sable d'Olonne,
08:36qu'on aime beaucoup.
08:38Ça s'appelle Les Salines,
08:39et c'est un parc d'activité sur la thématique du sel.
08:42Mais c'est un clin d'œil à l'histoire,
08:44c'est pour ça que j'en parle.
08:46Et que là encore, il y a une sorte d'ADN.
08:48J'ai retrouvé, près des Sables d'Olonne,
08:52dans une exposition,
08:55l'histoire des marais salants dans la région.
08:58Et j'ai découvert,
08:59il était écrit plutôt,
09:01qu'en 1919,
09:02à cause de la concurrence de la glace,
09:06hydrique,
09:08l'industrie du sel a périclité.
09:10En clair,
09:11mon grand-père a tué l'industrie du sel.
09:13C'est ça.
09:13Et aujourd'hui,
09:14on exploite un centre d'activité
09:16qui fait la promotion du sel.
09:18Oui, puisque le sel servait à conserver les aliments.
09:19Oui, oui.
09:21Alors, à un moment,
09:22ça servait à conserver,
09:23mais de tout temps plutôt.
09:24Mais à un moment,
09:25c'était un moyen d'échange.
09:27Le salarius,
09:30ça vient du sel.
09:31C'est-à-dire qu'on payait,
09:32on achetait des esclaves
09:33en fonction de la longueur de leurs pieds en sel.
09:37On payait avec du sel.
09:39Beaucoup de choses étaient payées avec du sel.
09:41Ça a été aussi un motif de contrebande
09:44avec la gabelle
09:46qui a été très présent dans l'histoire de France.
09:48Ça a beaucoup compté.
09:49Donc le sel,
09:50il y a une perpétuité autour du sel
09:55qui est intéressante.
09:56Et puis surtout,
09:57avec l'histoire de ma famille.
09:59Génial.
10:00Toi, quand tu rentres dans l'entreprise familiale,
10:04avant de rentrer dans l'entreprise familiale,
10:05quand t'es gamin,
10:05on va dire une dizaine d'années,
10:07pour toi,
10:07l'entreprise familiale
10:08est dirigée par ton père.
10:11Ton grand-père ne doit plus y être,
10:13a priori.
10:13Quand j'étais enfant,
10:14mon grand-père y était.
10:16Donc,
10:16tu vois ça comment,
10:17en fait,
10:18toi,
10:19de ton corps de petit bonhomme
10:22qui regarde son père et son grand-père ?
10:23Alors,
10:24il y a un mélange de beaucoup de choses.
10:26D'abord,
10:27c'était très associé à mon grand-père,
10:29à mon père et à mon grand-père.
10:31Et ce qui m'a fait plaisir,
10:34j'étais touché par ça.
10:35Sur le site web de l'entreprise,
10:38www.tesson.fr,
10:40mes filles ont choisi
10:42de mettre une photo en noir et blanc
10:43de moi à trois ans
10:44dans les bras de mon grand-père.
10:46Donc,
10:46c'est une façon de répondre
10:48à ta question.
10:49C'est-à-dire qu'il y a cet attachement
10:51à la figure de mon grand-père,
10:53qu'on aimait beaucoup,
10:54qui était drôle,
10:56chaleureux,
10:59et qui s'est retrouvé veuf
11:01très tôt,
11:02avec douze enfants.
11:03Ma grand-mère avait 37 ans
11:05quand elle est décédée.
11:07Donc,
11:08en fait,
11:08toute sa vie,
11:09c'était l'entreprise aussi,
11:10au point qu'il a continué à travailler
11:12jusqu'à 85 ans,
11:14le jour où il est décédé
11:17d'un accident de voiture
11:17en allant au bureau
11:19après le déjeuner.
11:21il était tout à fait sobre.
11:23Mais voilà,
11:24un accident de voiture
11:25en allant travailler
11:26à 85 ans.
11:27Mais pour moi,
11:28c'était,
11:29alors,
11:30un lieu,
11:31là,
11:32c'est selon mes sens.
11:34Il y a mes oreilles
11:35et mon nez
11:37qui me rappellent
11:38la vieille glacière
11:40de la fabrication
11:41de pins de glace.
11:42Je ne parle pas
11:42des entrepôts frigorifiques.
11:43Il y a des pins de glace
11:44avec un bruit,
11:46un gros bruit
11:47quand on démoule
11:48les pins de glace.
11:49Ça a éclaboussé.
11:52Et moi,
11:54enfin,
11:54voilà,
11:54je suis...
11:56En en reparlant,
11:57les souvenirs me reviennent.
12:00Et ça a certainement
12:01contribué à mon attachement
12:02à l'entreprise.
12:03Et puis,
12:03il y avait aussi autre chose.
12:05C'était,
12:05alors,
12:05quand mon père a lancé
12:06l'entrepôt frigorifique,
12:07il nous a pas mal associés.
12:09Moi,
12:09j'avais en 61,
12:13ou 62,
12:14l'ouverture,
12:1461,
12:14la construction.
12:15Mais en 62,
12:16j'avais 5 ans.
12:19Et je me souviens
12:21de quelque chose.
12:22Alors,
12:22c'était ultra moderne
12:23à l'époque.
12:24Il y avait des visiteurs
12:25du monde entier
12:26qui venaient visiter
12:26l'installation.
12:28Et donc,
12:30ça veut dire aussi
12:31un sentiment de fierté.
12:32Bien sûr.
12:33Et puis,
12:33comme c'était moins 18,
12:35c'était spectaculaire.
12:38Il y avait
12:39des produits
12:40très variés.
12:43Et puis après,
12:44dans mon adolescence,
12:46c'était des jobs d'été.
12:49mes frères,
12:49mes cousins,
12:50on venait travailler
12:51comme manutentionnaire.
12:52Et donc,
12:53c'est une vie,
12:56jusqu'à mes études,
12:57ça faisait partie
12:58de ma vie.
12:59Et puis,
13:00je me souviens
13:01des conversations
13:02quand il investissait
13:04sur le choix
13:05des fournisseurs.
13:07On en parlait
13:07à la maison.
13:08Il faisait venir
13:09même des fournisseurs
13:10qu'il invitait
13:11à des repas.
13:11Je me souviens.
13:12Je me souviens
13:13d'un fournisseur
13:14avec un bouquet de fleurs
13:15pour ma mère.
13:15C'est bizarre.
13:17il y a 65 ans
13:18de ça.
13:19Génial.
13:20Toi,
13:21tu as plein de casquettes
13:24et tu es ultra engagé
13:26dans plein de causes,
13:27mais tu as aussi
13:28été sportif
13:29de haut niveau.
13:31comment tu décides
13:32de rejoindre
13:33l'entreprise familiale ?
13:35Tu fais tes études.
13:37Qu'est-ce qui se passe
13:38dans ta tête
13:38à ce moment-là ?
13:39Tu es un jeune adulte.
13:40Qu'est-ce qui va t'emmener
13:41par là ?
13:42J'ai eu deux vies
13:43à ce moment-là.
13:44La vie d'étudiant
13:45à Centrale,
13:46mais le gros du travail
13:47était fait en prépa
13:48et en passant au concours.
13:49Après,
13:49c'était plus cool.
13:50J'avais le temps
13:51de faire du sport,
13:52en l'occurrence
13:52de la planche à voile
13:53et j'étais dans
13:53l'équipe de France.
13:55Mais on n'était pas
13:56encore professionnels.
13:58C'est l'école centrale
13:59qui m'a financé
14:02mon premier voyage
14:03à des championnats du monde
14:04parce qu'on n'avait pas
14:05encore de sponsors.
14:07mes deux premiers
14:07championnats du monde.
14:09Et puis après,
14:10les sponsors sont arrivés
14:11pendant mes études.
14:13Donc,
14:14j'avais les moyens
14:15de courir,
14:17d'exercer
14:18mon activité sportive
14:19préférée.
14:20Et puis,
14:21à la fin de mes études,
14:24le moment était venu
14:25dans ce sport
14:27de choisir
14:28entre être professionnel
14:29de la planche à voile,
14:30ne faire que ça,
14:31et puis faire autre chose.
14:33Mais si on faisait
14:34autre chose,
14:35on n'avait plus le temps
14:36de s'entraîner,
14:37on n'était plus au niveau
14:40et ça n'avait pas
14:41le même intérêt quand même.
14:44Et en fait,
14:45j'avais à faire ce choix,
14:46soit continuer,
14:49au moins pour quelques années,
14:52soit rejoindre mon père
14:54après avoir fait
14:55mon service militaire quand même,
14:57parce qu'on le faisait
14:57à l'époque.
14:58Et le choix de rejoindre
15:00mon père,
15:02il s'est fait bizarrement.
15:06on n'en avait pas
15:07beaucoup parlé
15:08et pendant mes études,
15:10je me souviens très bien,
15:12on jouait au tennis,
15:13mon père et moi,
15:15et puis on se retrouve
15:16au filet
15:17pour ramasser des balles,
15:18et puis moi,
15:20je me souviens
15:21que mon père
15:22m'a proposé
15:22de le rejoindre,
15:23et lui se souvient
15:25que c'est moi
15:25qui lui ai demandé
15:26de le rejoindre.
15:27Alors,
15:29je ne pense pas
15:30qu'on puisse savoir
15:31la vérité,
15:32parce qu'on a compé
15:33sur nos interprétations,
15:35mais ce n'est pas grave,
15:36il y avait des planètes
15:37qui étaient alignées
15:38forcément à ce moment-là.
15:40Et vous étiez d'accord ?
15:42Et on était d'accord,
15:43c'est-à-dire que c'est devenu
15:44un projet,
15:47mais un projet à préparer,
15:49c'est-à-dire que moi,
15:50j'avais fait des études
15:51très généralistes,
15:52et on a envisagé
15:55que je puisse me perfectionner
15:56avec un diplôme supplémentaire
16:00spécialisé dans le froid
16:01industriel,
16:02ce que j'ai fait,
16:03en même temps
16:04que j'ai travaillé
16:05comme stagiaire
16:06dans une société
16:07d'ingénierie
16:09spécialisée
16:09dans les entrepots
16:10frigorifiques,
16:11donc j'ai appris
16:11le métier techniquement
16:12juste avant
16:14de rejoindre mon père,
16:16et puis en 1982,
16:18j'ai débarqué
16:20au Sable de Nolonne,
16:21où je suis revenu,
16:22plus exactement.
16:24Bon, donc toi,
16:24tu travailles avec ton père
16:26un long moment,
16:26et je crois que ça fait partie
16:27aussi de votre histoire,
16:28c'est qu'il n'y a pas eu
16:29beaucoup de périodes
16:29où vous étiez seul
16:30à diriger la famille,
16:33c'est ça ?
16:33À diriger l'entreprise,
16:34oui.
16:35C'est vrai que mon père
16:36a travaillé de 53 à 72
16:41avec son père,
16:42ça fait 20 ans,
16:43et puis après,
16:44de 72 à 82,
16:47il était tout seul.
16:48moi,
16:50j'ai été tout seul
16:52de 94 à 2000,
16:54à peu près,
16:55donc en fait,
16:56il n'y a pas eu
16:56beaucoup d'interruptions,
16:57effectivement,
16:59d'un membre de la famille
17:01seul,
17:02sans son enfant,
17:04en l'occurrence.
17:05Et du coup,
17:07on arrive à la période
17:08de l'arrivée de ta fille,
17:09Priscille,
17:10comment ça se joue,
17:12son arrivée ?
17:15Alors,
17:15Priscille,
17:17qui a 38 ans,
17:20c'est la troisième
17:21de mes cinq enfants,
17:22c'est l'aîné des filles,
17:24les deux aînés
17:26avaient leur vie ailleurs,
17:30et puis elle,
17:31elle n'aurait qu'une chose,
17:33c'est d'être pilote
17:33d'hélicoptère,
17:36et elle s'est retrouvée
17:37pour ça,
17:38elle est officier pilote
17:39dans l'héronaval
17:40à 18 ans.
17:41Elle était un peu
17:42en avance dans ses études,
17:43donc elle est allée
17:44commencer des études
17:45aux Etats-Unis,
17:46puis à 18 ans,
17:46elle a pu rentrer
17:49à l'école navale,
17:51où là,
17:52elle a fait
17:52des initiations en vol,
17:55enfin une initiation,
17:56une vie de commando,
17:57plus exactement,
17:58qui l'a passionnée,
18:00elle a appris
18:01la voltige,
18:03c'était parfait,
18:05et puis au bout
18:06de 5 mois,
18:07on lui a dit
18:07mademoiselle,
18:10ils étaient 12
18:11dans la promo,
18:11elle était la seule femme,
18:13elle lui a dit
18:13mademoiselle,
18:14vous n'avez pas réussi
18:15à faire 2 fois ça
18:16ou 3 fois ça,
18:18vous repartez ce soir
18:19chez vous.
18:19C'était le drame
18:20pour elle,
18:21elle a décidé
18:22de créer
18:22sa société d'hélicoptère,
18:24et puis,
18:26je lui ai dit,
18:27ça serait peut-être
18:27quoi,
18:27quand même bien
18:28que tu fasses des études,
18:29oui,
18:30mais avec la vie
18:30de commando que j'ai eue,
18:31je ne peux pas,
18:32c'est impossible
18:32d'aller sur les bancs
18:33de la fac,
18:35et finalement,
18:36on s'est orienté
18:37vers une formation
18:39de gestion
18:39en alternance,
18:41on a trouvé
18:41une société amie
18:42qui l'a accueillie
18:43au début,
18:44et puis au bout
18:45d'assez vite,
18:47enfin au bout
18:47d'un an,
18:48elle m'a dit,
18:48écoute,
18:50les boîtes d'hélicoptères
18:51c'est souvent monté
18:52par des anciens militaires,
18:53ça va être compliqué
18:54pour moi,
18:55et en fait,
18:55j'aimerais bien
18:56venir travailler
18:56avec toi.
18:58Waouh,
18:59quelle joie,
19:00et donc,
19:01elle termine
19:02son alternance
19:03chez nous,
19:04mais au plus bas
19:05de l'échelle,
19:06c'est-à-dire,
19:06elle apprenait,
19:07elle était en alternance,
19:08elle faisait des lignes
19:09comptables,
19:10etc.,
19:10et puis,
19:12assez vite,
19:14au bout
19:14de quelques années,
19:15on avait,
19:16bon,
19:16elle avait pas mal
19:18de compétences
19:19quand même,
19:20et j'entrevoyais
19:21plutôt
19:21un poste
19:22de directeur financier,
19:23mais j'avais besoin
19:24d'un directeur financier,
19:25elle était trop jeune,
19:27normalement,
19:28j'aurais recruté
19:29quelqu'un
19:30de 35,
19:3145 ans,
19:32voilà,
19:33et puis,
19:33je me suis dit,
19:34mais il va lui
19:35barrer la route
19:36si elle n'est pas
19:37beaucoup plus jeune,
19:40et donc,
19:40j'ai recruté
19:41un seigneur
19:41qui avait 56 ans,
19:43qui avait deux missions,
19:44la première,
19:44d'être directeur financier,
19:45et la deuxième,
19:47de coacher Priscille,
19:48et c'est ce qui s'est passé,
19:50et puis,
19:52elle est devenue
19:54finalement
19:54directeur général
19:55du groupe,
19:57enfin,
19:58d'une société
19:58de notre pôle digital,
20:00puis,
20:01puis du groupe,
20:03et puis,
20:05quelques années
20:06avant,
20:07mes perspectives
20:08de repos
20:09méritées,
20:12ah oui,
20:13étaient rentrés
20:14dans l'entreprise
20:14un domaine de vœux
20:16qui était son
20:18twin cousin,
20:18c'est-à-dire les deux cousins
20:19inséparables
20:20quand ils étaient jeunes,
20:22et il s'appelle Paul,
20:23et Paul s'est retrouvé
20:25directeur commercial
20:25de notre pôle
20:27logistique
20:27des vins et spiritueux,
20:29et puis,
20:30un jour,
20:31ils sont venus me dire,
20:33en fait,
20:34on s'entend bien
20:35tous les deux,
20:36on verrait bien
20:36tous les deux
20:37reprendre ta suite,
20:38bon,
20:39très bien,
20:40on était partis pour ça,
20:42et puis,
20:43quelques temps avant,
20:44Paul m'a dit,
20:45mais moi,
20:45je me sens profondément
20:46entrepreneur,
20:47j'aimerais bien être
20:47moi-même,
20:48mon propre patron,
20:50je lui ai dit,
20:51écoute,
20:52si je peux t'aider
20:53à réfléchir,
20:54ça sera ton choix,
20:56et voilà,
20:56et c'est ce qui s'est fait,
20:57et il a repris une boîte,
20:59ça se marche très bien,
21:01mais pour Priscille,
21:02elle se retrouvait seule,
21:04mais entre-temps,
21:06elle avait suivi une formation
21:07au campus des dirigeants,
21:09qu'un de mes frères
21:10avait monté,
21:11et qui forme des futurs
21:13dirigeants d'entreprise,
21:15souvent des cadres
21:16qui ont bien grandi
21:17dans l'entreprise,
21:18et qui sont appelés
21:19à diriger une filiale,
21:20c'est une formation
21:21de 18 jours,
21:22qu'elle a suivie,
21:23et à la fin,
21:25ça correspondait
21:25à un moment où Paul
21:26a dit qu'il partait,
21:28il m'a dit,
21:28mais en fait,
21:29j'ai réalisé que
21:30j'étais au fond de moi,
21:31j'étais dirigeante,
21:33donc je peux être seule,
21:35parce que c'était
21:36sa crainte au départ,
21:38mais elle avait peur,
21:39elle voyait
21:40qu'elle n'était pas
21:41mon clone aussi,
21:41et pour elle,
21:44l'image du dirigeant,
21:45c'était moi,
21:47et elle a réalisé
21:48que pas forcément,
21:51et tant mieux,
21:53et on est différents,
21:57mais voilà,
21:58donc elle a,
22:00non seulement,
22:01elle ne s'est pas réjouie
22:02que Paul s'en aille,
22:03mais en tout cas,
22:04il y a quelque chose
22:05chez elle
22:06qui devenait aussi possible,
22:08qui s'est aligné,
22:09exactement,
22:11et ça c'était,
22:14enfin on a commencé
22:15à vraiment préparer,
22:16c'est-à-dire qu'elle a été
22:20désignée
22:20comme successeur
22:21par le conseil d'administration
22:23à peu près deux ans
22:24avant mon départ,
22:25donc on a eu deux ans
22:26à préparer ce départ,
22:27avec une anecdote
22:28que je raconte quand même,
22:30deux ans avant,
22:31elle débarque dans mon bureau,
22:33et elle me dit,
22:33papa,
22:34j'ai quelque chose à te dire,
22:35mais je n'y arrive pas,
22:36et bon,
22:36très bien,
22:37si tu n'y arrives pas,
22:38c'est peut-être que tu penses
22:39que moi je n'arrive pas
22:40à t'entendre,
22:41et si on a besoin
22:43de se dire des choses,
22:44peut-être qu'il vaut mieux
22:44qu'on soit accompagné,
22:46oui,
22:46très bien,
22:47c'est ce que je veux,
22:48tu choisis quelqu'un
22:49qui va nous aider,
22:52et c'était quelqu'un,
22:54une de mes amies,
22:56mais avec laquelle
22:57elle avait déjà travaillé,
22:58donc il y avait
22:59une relation de confiance,
23:00ça ne me pas été très long,
23:03je crois qu'il n'a fallu
23:04qu'une séance,
23:06et moi je me suis dit,
23:07mais tout ça pour ça,
23:08et en réalité,
23:10ça ne pouvait me paraître
23:11pas très important,
23:12mais en fait,
23:13pour elle,
23:13ça l'était,
23:14c'était important
23:14parce que c'était important
23:15pour elle,
23:16et puis si elle n'y arrivait pas,
23:18c'est que ça pouvait venir de moi,
23:21donc ça m'a forcément
23:22un peu bousculé aussi,
23:25et à partir de ce moment-là,
23:27elle a vu
23:27qu'on pouvait se dire tout,
23:29et on a passé deux ans
23:30super à collaborer,
23:33et pour préparer mon départ.
23:35On va passer
23:35dans la deuxième partie
23:36de cette émission
23:38qui s'appelle
23:38Les Trois Cercles,
23:39et là,
23:39ce qui m'intéresse,
23:40c'est que tu puisses
23:41nous décrire
23:42l'organisation
23:43de la gouvernance
23:44de votre famille,
23:45alors bien sûr,
23:46celle de l'entreprise,
23:46mais tu vas nous le redire,
23:49et tu nous l'as déjà
23:49un petit peu dit,
23:50mais c'est plutôt
23:51une famille nombreuse,
23:53et donc,
23:53ce qui va nous intéresser,
23:55c'est de savoir
23:57vous êtes combien d'actionnaires,
23:58finalement,
23:58il n'y en a pas tant que ça
23:59qui sont venus travailler
23:59dans l'entreprise,
24:00donc,
24:01nous décrire un petit peu
24:02l'organisation,
24:03est-ce qu'il y a un conseil
24:03de famille,
24:04est-ce que vous avez
24:04une charte familiale,
24:05est-ce que vous avez
24:06une bourse d'échange,
24:07quels sont les outils
24:07que vous avez mis en place
24:08pour ces différents sujets ?
24:10Alors,
24:11de 1919 à 1987,
24:14on était dans le régime
24:16de la commandite simple.
24:17Ok.
24:19On est passé en commandite
24:20par action
24:21jusqu'à deux ans
24:23avant mon départ
24:23à la retraite.
24:25Alors,
24:25la commandite par action,
24:26comme la commandite
24:28en général,
24:28c'est un système
24:29qui donne le pouvoir
24:32aux commandités
24:33puisqu'on distingue
24:34les commandités
24:34et les commanditaires
24:36et quand on est
24:36commandité et gérant,
24:38c'est encore mieux
24:39puisqu'il faut
24:39l'unanimité
24:40des commandités
24:41pour révoquer un gérant.
24:44Donc,
24:44on est inamovible,
24:45ça donne un pouvoir
24:46et dans la commandite
24:48par action,
24:48il y a un conseil
24:49de surveillance
24:49mais qui a encore
24:51moins de pouvoir
24:51que dans une SA
24:52à la conseil de surveillance.
24:56Nous n'avions
24:57que des membres familiaux,
24:58alors ça c'était
24:59au niveau de la holding,
25:00on a eu des sociétés
25:01dans lesquelles
25:02il y a eu
25:02des conseils d'administration
25:05plus opérationnels
25:06mais je parle bien
25:07de la holding
25:08Tesson et compagnie
25:09puisque souvent
25:10les commandites
25:10s'appelaient
25:11et compagnie
25:14et en fait
25:15c'était un système
25:16qui avait été instauré
25:17par mon grand-père
25:18puis poursuivi
25:19par mon père
25:20et puis
25:23puisqu'on avait quand même
25:24des conseils d'administration
25:25dans les filiales,
25:26on n'avait pas forcément
25:28le besoin de changer
25:31maintenant je regrette
25:32pas l'avoir fait plus tôt
25:33même si le conseil
25:34de surveillance
25:35donnait un avis
25:37mais formellement
25:38il n'avait pas
25:38à prendre des décisions
25:39des orientations stratégiques
25:41par exemple
25:44composé donc
25:45de membres de la famille
25:46exclusivement à l'époque
25:47et puis
25:49donc chez mon père
25:50ils étaient 12 enfants
25:52mais 10 vivants
25:53après la guerre
25:55et
25:57il y avait
25:57quelques soeurs célibataires
25:59enfin
25:59il n'y avait pas
26:00des enfants
26:00chez tous
26:01mais quand même
26:02ça faisait du monde
26:03et puis surtout
26:03il y avait deux familles
26:05de 7 enfants
26:05une famille de 5
26:08etc.
26:09enfin 26
26:09on était 26
26:10à ma génération
26:11du côté de mon père
26:12ok
26:13donc 26 actionnaires
26:14potentiels
26:15et
26:17comme je l'ai dit
26:17tout à l'heure
26:18mes parents
26:197 enfants
26:1937 petits-enfants
26:21ça fait potentiellement
26:22beaucoup de monde
26:23mais
26:24mon père
26:25assez vite
26:25quand il a lancé
26:26l'activité
26:27la nouvelle activité
26:28s'est retrouvé
26:28avec 70%
26:29du capital
26:30donc il contrôlait
26:31et puis moi
26:32en 98
26:33j'ai pu
26:34racheter des actions
26:35d'oncle et tante
26:36ou de cousins et cousines
26:36qui voulaient vendre
26:37donc je me suis retrouvé
26:39finalement
26:39à être majoritaire
26:41à mon tour
26:43c'est pas la même chose
26:45quand il y a un actionnaire
26:46de référence
26:47ou même majoritaire
26:48dans une famille
26:51c'est pas la même chose
26:52parce que c'est assez
26:54dilué
26:56et
26:58quand je
26:59on a envisagé
27:01quand j'ai envisagé
27:02de prendre ma retraite
27:03on s'est dit
27:04que c'était l'occasion
27:05de revoir un peu
27:08cette gouvernance
27:10en créant
27:11un vrai conseil
27:12d'administration
27:12en séparant
27:15la présidence
27:15du conseil
27:16d'administration
27:16et la présidence
27:17de l'entreprise
27:17c'est pour ça que
27:19Priscille ma fille
27:19est présidente
27:20de l'entreprise
27:21et moi présidente
27:21du conseil
27:22d'administration
27:23et puis
27:25on a signé
27:27un pacte
27:29familial
27:29on avait déjà
27:30signé un pacte
27:31d'Utreil
27:31il y a longtemps
27:32heureusement d'ailleurs
27:33vous aviez fait une charte
27:34avant ?
27:34non non non
27:35sans charte
27:36c'était juste
27:37un pacte d'Utreil
27:38et là
27:38dans le même temps
27:39on a signé
27:40un pacte d'actionnaire
27:41et on a signé
27:42une charte de gouvernance
27:43qui n'est pas exactement
27:44une charte familiale
27:44mais une charte de gouvernance
27:46et surtout
27:47on a mis en place
27:48une bourse familiale
27:50alors
27:50on l'a fait
27:52parce que
27:53depuis déjà
27:54depuis 98
27:55ceux qui ne vous
27:57n'avaient pas voulu vendre
27:58en 98
27:58ont pu changer d'avis
28:00et puis je sentais bien
28:02que certains avaient
28:03des projets
28:05pour leurs enfants
28:06ou pour eux
28:07donc la question
28:08de la liquidité
28:09se posait
28:10et
28:12on s'est fait accompagner
28:14pour trouver
28:15une méthode
28:16de valorisation
28:18et puis mettre en place
28:19cette bourse
28:20qui chaque année
28:21après l'Assemblée Générale
28:22Annuelle d'Approbation
28:23des Comptes
28:24donne une valeur
28:25de l'entreprise
28:26à partir des comptes
28:27c'est très mathématique
28:28il n'y a pas de contestation
28:29possible
28:30et là
28:30on demande
28:31à tous les actionnaires
28:33et même à ceux
28:34qui ne le sont pas
28:35alors
28:35aux actionnaires
28:36s'ils veulent vendre
28:38et
28:38aux actionnaires
28:40s'ils veulent en acheter
28:40ou à ceux
28:42qui ne le sont pas
28:42parce qu'ils sont trop jeunes
28:43enfin
28:44ils n'ont pas encore hérité
28:45de leurs parents
28:46s'ils veulent en acheter
28:48alors
28:50en dehors de la liquidité
28:51que ça permet
28:52ça a eu un autre effet
28:53au moment où Priscille
28:54prenait ses fonctions
28:55que
28:56je n'avais pas
28:59imaginé
28:59à ce point
29:02on a fait en sorte
29:04que tout le monde
29:04soit servi
29:05dans ceux qui voulaient vendre
29:06c'est-à-dire que l'entreprise
29:07en dehors de ceux
29:08qui voulaient acheter
29:10a acheté ses propres actions
29:12en réduisant son capital
29:13après
29:14donc il y a 25%
29:15du capital
29:16qui a été vendu
29:16ce qui veut dire
29:18puisqu'on avait
29:20l'engagement
29:20de servir tout le monde
29:21que ceux
29:22qui sont restés
29:24qui auraient pu vendre
29:26étaient en fait
29:26investisseurs
29:27c'est comme s'ils avaient
29:28racheté des actions
29:30ça veut dire
29:31que d'un point de vue
29:31de l'affection sociétatiste
29:32c'est vachement important
29:33parce que
29:34puisqu'ils avaient le choix
29:35et qu'ils sont restés
29:36ils achetaient le projet
29:38et ils achetaient
29:38la dirigeante
29:39Priscille
29:40et pour Priscille
29:41c'est hyper confortable
29:43parce que c'était
29:43un signe de confiance
29:44formidable
29:47mais assorti
29:48d'une sacrée responsabilité
29:49aussi
29:50et d'ailleurs
29:51je dis souvent
29:53que
29:54quand on transmet
29:55on transmet
29:58du patrimoine
29:59on transmet
30:00du pouvoir
30:01mais surtout
30:02on transmet
30:03une responsabilité
30:04d'ailleurs
30:04on ne transmet pas
30:05de pouvoir
30:05parce que le pouvoir
30:06il n'existe que
30:08par la responsabilité
30:09qu'on a
30:09si on n'a pas
30:09la responsabilité
30:10on n'a pas
30:11à avoir du pouvoir
30:11le pouvoir
30:12il vient de la responsabilité
30:14et cette transmission
30:15de responsabilité
30:16c'est
30:18c'est pas seulement
30:19la responsabilité
30:19de l'entreprise
30:20c'est la responsabilité
30:21vis-à-vis de la famille
30:22actionnaire
30:23c'est la responsabilité
30:25vis-à-vis de l'histoire
30:26aussi
30:27vis-à-vis des valeurs
30:29et c'est pas rien
30:30et quand on ne vit pas
30:32cette situation là
30:32c'est difficile
30:34de comprendre
30:35on s'en tient
30:36à ce qui est visible
30:37c'est la transmission
30:38d'un patrimoine
30:39mais la transmission
30:40du patrimoine
30:43c'est
30:43c'est pas une vue
30:46de l'esprit
30:47parce que
30:47ça serait
30:50ne pas reconnaître
30:51là aussi
30:51l'importance
30:52que ça peut avoir
30:53le patrimoine
30:54ça a de la valeur
30:55il y a plein de choses
30:55derrière
30:56simplement
30:58quand on
30:59on est des passeurs
31:00moi j'ai hérité
31:01d'actions
31:02j'en ai acheté d'autres
31:02mais à titre personnel
31:04je ne me suis pas versé
31:05de dividende
31:06ma holding
31:06en a reçu
31:07pour pouvoir
31:08racheter des actions
31:09mais moi
31:10j'ai rien vu
31:11et j'ai transmis
31:12à mes enfants
31:13sans avoir rien vu
31:14donc en fait
31:14le patrimoine
31:15que j'ai reçu
31:16finalement
31:16il est chez mes enfants
31:17aujourd'hui
31:17exactement
31:18et ça
31:20c'est intéressant
31:21de regarder les choses
31:22de cette façon là
31:23plutôt sous l'angle
31:23de la responsabilité
31:25je trouve ça
31:26parfait
31:26on a souvent
31:27ces deux sujets
31:29dans les familles
31:31actionnaires
31:31entre la responsabilité
31:32et la liberté
31:33et souvent
31:36mes clients
31:37ou les familles
31:37que je rencontre
31:38me disent
31:40on a dit à nos enfants
31:41qu'ils pourraient
31:41faire ce qu'ils voulaient
31:42ils étaient libres
31:42ils n'étaient pas obligés
31:43de venir dans l'entreprise
31:45et je leur réponds toujours
31:46oui mais tu leur as donné
31:47des actions
31:49et donc
31:51d'une certaine manière
31:52on vient toucher
31:53la responsabilité
31:54de l'actionnaire
31:54alors effectivement
31:54elle est différente
31:55quand il y a la commandite
31:56ou quand c'est
31:56un actionnariat traditionnel
31:58vous avez gardé la commandite
32:00j'ai oublié une chose
32:01très importante
32:02sur la commandite
32:02c'est que le gérant
32:04de la société en commandite
32:05il est responsable
32:06à la différence
32:08de la responsabilité limitée
32:09il n'y a pas de limite
32:11dans la responsabilité
32:12le gérant
32:13il est responsable
32:14sur ses biens propres
32:14alors j'ai fini par contourner
32:16en mettant ma holding
32:17mais quand même
32:19donc il n'y a plus de commandite
32:20c'est une ESA
32:21un conseil d'administration
32:23SAS pardon
32:23on va rentrer
32:25dans la troisième partie
32:26que je voulais
32:30relativement longue
32:30dans cet épisode
32:33parce que tu as
32:34de multiples casquettes
32:35cette partie s'appelle
32:37Génération Impact
32:37c'est le nom de l'émission
32:38elle vient aborder
32:40tous les enjeux
32:41de la RSE
32:42mais aussi
32:43tous les enjeux sociétaux
32:45et j'aimerais bien
32:46qu'on évoque
32:48tes responsabilités
32:49au FBN
32:49et puis la création
32:51de ce fonds de dotation
32:52dont tu es à l'initiative
32:54qui s'appelle
32:54Family Impulse
32:55qui milite pour
32:57l'entrepreneuriat familial
32:59donc raconte-nous
33:00ce que c'est le FBN
33:01et parlons de Family Impulse
33:05alors le FBN
33:07c'est un réseau mondial
33:08d'entreprises familiales
33:09qui a une branche française
33:10le FBN France
33:12et qui a cette particularité
33:15c'est que ces adhérents
33:17sont des entreprises
33:18mais les membres
33:19sont des membres
33:20des familles
33:21il peut y avoir
33:2210 membres d'une famille
33:25pour un adhérent
33:26entreprise
33:28et ce réseau
33:31il échange
33:32et en fait
33:33on dit
33:33le slogan
33:34c'est pour les familles
33:35et par les familles
33:36c'est à dire qu'en fait
33:38on offre des services
33:39mais c'est chacun de nous
33:40qui offre des services
33:41aux autres familles
33:42en témoignant
33:43en racontant
33:44en échangeant
33:49tout simplement
33:49et c'est un réseau
33:52qui est organisé
33:54territorialement
33:55avec des ateliers
33:56qui se font dans les régions
33:58et qui sont
34:00avec une règle
34:01de confidentialité
34:01qui permet justement
34:02des échanges
34:03en profondeur
34:04et en vérité
34:05et c'est pas la course
34:09à celui qui est le plus gros
34:11le plus fort
34:12qui réussit le mieux
34:14on est là
34:15en tant que membre
34:17d'une famille
34:18entrepreneuriale
34:19et on essaye
34:21de se faire grandir
34:22les uns les autres
34:23de cette façon là
34:26et j'avoue
34:27que l'esprit
34:28qui règne
34:29au FBN
34:30est assez extraordinaire
34:32justement
34:33par cette proximité
34:35qu'on peut avoir
34:35les uns des autres
34:36et puis le FBN
34:39donc qui est au service
34:40de ses membres
34:42promeut
34:43l'entrepreneuriat familial
34:45depuis
34:46sa création
34:47pratiquement
34:48participe à des événements
34:49finance
34:50des travaux
34:51dans des chaires
34:52en université
34:54ou grandes écoles
34:56et en fait
35:00on s'est devolé
35:01ils étaient
35:02enfin
35:03on ne peut pas dire
35:04que c'est difficile
35:05à articuler
35:06l'un avec l'autre
35:06service aux membres
35:07et l'activité
35:08plutôt philanthropique
35:10mais on a décidé
35:11de scinder
35:12et de créer
35:14Family Impulse
35:15qui est un fonds
35:15de dotation
35:17qui reprend
35:18des activités
35:20philanthropiques
35:20du FBN
35:21mais dont la mission
35:22générale
35:22c'est bien
35:24la promotion
35:24de l'entrepreneuriat
35:25familial
35:26soit en finançant
35:28des recherches
35:28sur le sujet
35:29soit en les menant
35:30soit en organisant
35:32des événements
35:33ou en participant
35:34à des événements
35:34soit en travaillant
35:37sur l'acquisition
35:38d'expertise
35:40je prends un exemple
35:41par exemple
35:41la résilience
35:42des entreprises familiales
35:43c'est un sujet
35:44qui n'est pas
35:45très développé
35:46alors on se dit
35:47assez naturellement
35:48ou intuitivement
35:49les entreprises familiales
35:51sont résilientes
35:52parce qu'elles s'inscrivent
35:53dans la durée
35:53mais ça ne suffit pas
35:56en quoi elles sont résilientes
35:57et qu'est-ce qu'il faut
35:59pour qu'elles soient
35:59qu'elles restent résilientes
36:01et d'ailleurs
36:01cette résilience
36:02parce que c'est la résilience
36:04de l'entreprise
36:04celle du dirigeant
36:05celle de la famille
36:06et tout ça
36:07ça se combine
36:09et c'est intéressant
36:10d'aller plus loin
36:11et ce qu'on a décidé
36:13de faire là-dessus
36:13c'est que
36:14c'est de ne pas faire
36:15des travaux
36:16de recherche académique
36:17mais plutôt
36:18de s'appuyer
36:19sur le vécu
36:21l'expertise
36:22de nos membres
36:22parce que
36:24je pense
36:25qu'il n'y a pas
36:25un membre
36:27du FBN
36:28qui n'a pas connu
36:29des périodes
36:29où il a fallu
36:30de la résilience
36:31pour continuer
36:33surtout sur des entreprises
36:34centenaires
36:34il s'est passé
36:35plein de choses
36:36mais ce qui est intéressant
36:38c'est de regarder
36:38quel est le carburant
36:42de tout cela
36:44à quoi on doit
36:44faire attention
36:45justement
36:46alors
36:47il y a plein de choses
36:48et je ne vais pas
36:48apporter
36:49on commence tout juste
36:50à y travailler
36:50mais voilà un exemple
36:52de ce que
36:53Family Impulse
36:54ce sur quoi
36:54Family Impulse
36:55peut travailler
36:56pour le compte
36:57des entreprises familiales
36:58combien de membres
36:59au FBN aujourd'hui ?
37:01il y a
37:01je ne sais pas exactement
37:03entre 250 et 300
37:05adhérents
37:05mais si on multiplie
37:07par 10
37:07ça fait 2500
37:08à 3000 personnes
37:10qui sont
37:11qui ont des places
37:12très variées
37:13dans les entreprises
37:13il y en a qui sont opérationnels
37:17dirigeants opérationnels
37:18d'autres cadres
37:19d'autres associés
37:21à la gouvernance
37:22certains qui ne sont
37:23qu'actionnaires
37:24certains qui sont
37:26actifs dans la fondation
37:27le fonds de dotation familiale
37:29par exemple
37:29qui a été créé
37:30quand il y en a
37:30donc en fait
37:32ça fait partie
37:32de la richesse du FBN aussi
37:34c'est qu'il y a
37:35des places très différentes
37:38d'où se croisent les regards
37:41et il suffit de frapper
37:42à la porte
37:43alors pour Family Impulse
37:45alors le FBN
37:47il suffit de frapper
37:48à la porte
37:49il y a une condition
37:50normalement
37:51c'est 10 millions
37:52de chiffre d'affaires minimum
37:53et puis il y a un agrément
37:55par le conseil d'administration
37:56ou par le bureau
37:57je ne sais plus
37:58et puis Family Impulse
38:00il y a un site
38:02on peut être donateur
38:05et on peut faire un don
38:07fléché
38:08ou un don non fléché
38:09par exemple
38:09si
38:13si tu veux
38:14faire un don
38:15pour financer une étude
38:16sur la résilience
38:17des entreprises familiales
38:18tu peux dire
38:19je fais un don
38:20je souhaite qu'il soit utilisé
38:21pour ça
38:22par exemple
38:22c'est très ouvert
38:24mais on commence tout juste
38:28pourquoi ce capitalisme familial
38:31ou ces entreprises familiales
38:32en tout cas
38:32cette forme d'entrepreneuriat
38:33est importante
38:34pour la France
38:35et pourquoi en fait
38:37il est nécessaire
38:38qu'on puisse l'étudier
38:39et investir
38:40pour soit le faire progresser
38:42perdurer
38:43et aussi le rendre plus résilient
38:44on voit bien
38:45que la France
38:46est un peu en retard
38:47vis-à-vis
38:47de ses confrères
38:50espagnols
38:51allemands
38:51italiens
38:52sur la transmission
38:53des entreprises familiales
38:54on est moins fort
38:55beaucoup pour des raisons fiscales
38:56mais pas que
38:57aussi pour la manière
38:58dont on s'organise
38:59et on structure les choses
39:02toi ton point de vue
39:03c'est quoi là-dessus
39:04alors les raisons
39:05pour lesquelles
39:06on se transmet moins
39:09de famille en famille
39:10enfin à l'intérieur
39:11de la famille plutôt
39:12je pense que les raisons
39:13elles sont multiples
39:14elles sont surtout
39:15je pense aussi culturelles
39:17je pense aussi que
39:19contrairement à ce que
39:20beaucoup disent
39:20la France est un territoire
39:22qui est assez attractif
39:23y compris pour des investisseurs
39:24étrangers
39:24et qui sont contents
39:26de venir racheter
39:28des entreprises familiales
39:29françaises
39:30parce qu'il y a
39:31cette performance
39:31donc ce sont des bonnes
39:33c'est l'ambivalence
39:34je pense que
39:35les entreprises familiales
39:36et notamment françaises
39:37sont de trop bonnes cibles
39:39pour des investisseurs
39:40financiers
39:41et notamment étrangers
39:42c'est pour moi
39:43une partie des explications
39:45mais
39:48il y a une réalité
39:48aujourd'hui
39:50c'est que
39:52il y a beaucoup d'entreprises
39:53qui ne sont pas transmises
39:53à l'intérieur de la famille
39:55alors
39:56heureusement que le pacte
39:57d'Utreil existe
39:59et
40:00moi j'ai le souvenir
40:01de mon père
40:02il n'y avait pas de pacte d'Utreil
40:04quand il a fait
40:04une première donation partage
40:06il a emprunté
40:08pour payer les droits
40:08de succession
40:10pour ses enfants
40:13voilà c'est tout
40:14je trouve que
40:15le pacte d'Utreil
40:16à cause de ça
40:17pour moi
40:17c'est à préserver
40:20ensuite
40:24l'une des raisons
40:25pour lesquelles
40:27les entreprises familiales
40:29ont un bel avenir
40:29je pense
40:30c'est que
40:31ça tourne autour
40:32de la question du sens
40:34les générations Y
40:35ont commencé
40:36à avoir des exigences
40:37fortes en matière de sens
40:39la génération Z
40:40sans doute aussi
40:42on la voit arriver
40:43enfin elle est déjà
40:44depuis quelques années
40:45mais voilà
40:45et ce besoin de sens
40:47c'est à la fois
40:48le sens qu'on veut donner
40:49à sa vie
40:51le sens qu'on veut donner
40:52à sa vie professionnelle
40:53et
40:56toute la
40:57l'époque
40:58de la financierisation
40:59de l'économie
41:00a fait perdre
41:01beaucoup de sens
41:02aux salariés
41:05et
41:06je pense
41:07que quand une famille
41:10montre qu'elle est là
41:11pour longtemps
41:12qu'elle est attachée
41:13il y a un lien
41:14avec un métier
41:15c'est à dire
41:16un art
41:16du départ
41:17une compétence technique
41:19souvent
41:20l'art d'exercer le métier
41:23ça rassure
41:24et ça donne
41:27du sens
41:28à l'activité
41:28de l'entreprise
41:29et donc du sens
41:31au travail
41:31de ceux
41:32qui
41:32qui versent
41:34un métier
41:36si je reviens
41:37sur le groupe
41:38Tesson
41:39on est dans cette partie
41:41génération impact
41:43quels sont
41:43les
41:43les gros enjeux
41:45de la RSE
41:46que doit relever le groupe
41:48et
41:49toi
41:49qui a
41:51finalement
41:51diversifié énormément
41:52ce groupe là
41:53jusqu'à vendre
41:54une partie du métier historique
41:56ce qui n'a pas dû être facile
41:57j'imagine
41:58pour la famille
41:59non plus
41:59pas assez difficile que ça
42:00mais comment tu projettes le groupe
42:02comment vous projetez le groupe
42:03sur ces sujets là
42:04dans les 10 ans
42:0615 ans qui viennent
42:06alors
42:07il y a un lien
42:08avec la RSE justement
42:10et
42:10il se trouve
42:12que
42:12le stage que j'ai fait
42:13sur
42:14dans un bureau d'études
42:16juste après mes études
42:17à Centrale
42:18c'était sur les économies d'énergie
42:20dans les entrepôts frigorifiques
42:21ok
42:22bingo
42:23c'était en 81
42:2582
42:25voilà
42:27j'y ai travaillé
42:28j'ai pu mettre en oeuvre
42:30en arrivant
42:31certaines choses
42:33pour récupérer de l'eau chaude
42:34sur le refroidissement
42:35des installations frigorifiques
42:38mais déjà
42:39j'avais cette préoccupation
42:40et puis
42:42j'ai présidé
42:43le syndicat professionnel
42:44pendant 30 ans
42:46j'ai été président européen
42:48pendant quelques années aussi
42:49et quand j'étais président
42:50du syndicat européen
42:51j'avais
42:52lancé
42:53comme challenge
42:54pour tous mes collègues
42:55européens
42:55de réduire la consommation
42:57électrique
42:58de 30%
42:59alors
43:00la consommation électrique
43:01dans un entrepôt frigorifique
43:02à l'époque
43:02c'était 10% des charges
43:03c'est pas rien
43:04c'est passé à 15
43:0620% à une époque
43:07encore récente
43:08et ça pourrait
43:08le redevenir
43:09à cause du prix
43:10de l'électricité
43:12donc
43:13et par ailleurs
43:14la réglementation
43:16ce qu'on appelle
43:17le décret tertiaire
43:18impose
43:19de réduire
43:20de 40%
43:20la consommation électrique
43:22en 2030
43:23par rapport
43:23à une référence
43:24de 2010
43:27indépendamment
43:28des enjeux financiers
43:29que ça représente
43:30parce que
43:30quand c'est 10%
43:32des charges
43:32en montant
43:3340%
43:34c'est 4%
43:35des charges
43:35c'est pas rien
43:37il y a
43:39ça devient un sujet
43:40RSE
43:41alors réglementaire
43:42respect de la réglementation
43:43mais aussi un sujet RSE
43:45et
43:47j'ai
43:50quand je regarde
43:51les 40 ans
43:52pendant lesquels
43:52j'ai travaillé
43:53je me dis
43:54alors je ne me flagelle pas
43:56parce que je ne suis pas
43:58vraiment responsable
43:59parce que j'ai porté
44:00au contraire
44:00cette préoccupation
44:01dans ma profession
44:03mais
44:04il n'y a pas eu de progrès
44:05il y a eu
44:06très peu de progrès
44:07mais parce que
44:08il faut que
44:09les fournisseurs
44:10d'installation
44:11fassent eux-mêmes
44:12des progrès
44:14et personne n'avait
44:15cette motivation
44:16pour le faire
44:17personne n'avait
44:18cette conscience
44:19maintenant que la loi
44:20nous y oblige
44:21la réglementation
44:22plutôt
44:23on y est confronté
44:24donc j'ai créé
44:27en 2017
44:28une société
44:29qui s'appelle
44:29Free Energy
44:30dont le métier
44:32enfin le projet
44:33est d'améliorer
44:34l'efficacité énergique
44:35des installations
44:36frigorifiques
44:36et pour ça
44:38on a proposé
44:40à des exploitants
44:41d'installations
44:42frigorifiques
44:42des entrepôts frigorifiques
44:43nos anciens concurrents
44:45d'exploiter nous-mêmes
44:46leurs installations
44:47frigorifiques
44:48c'est-à-dire
44:49qu'on suit
44:50on a mis des capteurs
44:52on a à peu près
44:53250 sites
44:53aujourd'hui
44:54que l'on pilote
44:56avec à chaque fois
44:58des projets
44:59à chaque fois
45:00qu'on reprend
45:00l'exploitation
45:01on a un projet
45:02d'amélioration
45:02de l'efficacité énergétique
45:03ça
45:04c'est du pur impact
45:06environnemental
45:07et
45:08ce métier-là
45:09c'est de produire du froid
45:11ce qui était quand même
45:12le métier de mon grand-père
45:13le métier de mon père
45:13c'était la conservation
45:14des aliments
45:15c'était stockage
45:16et congélation
45:17logistique
45:17et le métier
45:19de mon grand-père
45:19c'était de produire du froid
45:20que l'on stockait
45:21dans de la glace
45:23et finalement
45:25100 ans après
45:27on est revenu
45:28au métier
45:29de mon grand-père
45:32mais avec une préoccupation
45:33environnementale
45:34que lui n'avait sûrement pas
45:35à l'époque
45:37et moi ça me plaît
45:38comme approche
45:40de l'impact
45:41et du coup
45:42puisque c'est
45:43le plus gros chiffre d'affaires
45:46de l'entreprise
45:46aujourd'hui
45:47c'est cette activité-là
45:48c'est un peu
45:49c'est un peu
45:51du faux chiffre d'affaires
45:52parce que c'est beaucoup
45:53de consommation électrique
45:55plus de la moitié
45:56de nos charges
45:56c'est de la consommation électrique
45:58mais néanmoins
45:59ça a permis
46:00à ma fille
46:02Priscille
46:03qui
46:04dans son projet
46:05à elle de dirigeante
46:06il y avait
46:07s'engager
46:09dans la RSE
46:09c'est-à-dire
46:11d'accorder
46:12autant d'importance
46:13à la performance
46:14extra-financière
46:15qu'à la performance
46:16financière
46:17donc elle s'est
46:18beaucoup investie
46:19elle a écrit
46:20enfin nous a proposé
46:21un projet
46:22là-dessus
46:24donc moi
46:25je me réjouis
46:25de cela
46:26et puis
46:27j'ai l'impression
46:27alors c'est pas boucler la boucle
46:29parce que quand on est entrepreneur
46:30c'est pour revenir en arrière
46:32c'est pour me dire moins drôle
46:33mais en tout cas
46:35ça
46:35ça donne du sens aussi
46:37elle a d'ailleurs participé
46:38si je dis pas de bêtises
46:39à la Convention des entreprises
46:40pour le climat
46:40une des premières sessions
46:44donc du coup
46:45elle a
46:45j'imagine
46:46ce document
46:47qui est un document phare
46:49à la CEC
46:49qui est cette fameuse
46:50feuille de route
46:51est-ce qu'il y a
46:52deux trois sujets
46:52de cette feuille de route
46:53que tu peux partager avec nous
46:56alors je connais pas suffisamment
46:59les détails de la feuille de route
47:00mais les économies d'énergie
47:02que l'on recherche
47:03à travers
47:03enfin c'est majeur
47:04il y a des enjeux très importants
47:06c'est-à-dire que
47:06en termes économiques
47:08c'est plusieurs millions d'euros par an
47:09que l'on pourrait faire comme économie
47:12mais en termes de
47:14en fait on consomme
47:15chacun des 300 gigawatts heure
47:18c'est-à-dire l'équivalent
47:19d'une ville
47:19de 80 millions d'habitants
47:22ben quand on travaille
47:23sur des économies
47:24de 10-20%
47:27ça se voit quoi
47:27ça se voit
47:28ouais
47:29ça c'est majeur
47:30mais il y a aussi
47:31tout l'aspect
47:31enfin dans la RSE
47:33il y a l'aspect social aussi
47:34qui est très pris en compte
47:36c'est quelque chose
47:37qu'on a porté
47:38enfin que j'avais apporté
47:39et qu'une autre
47:40de mes filles porte aussi
47:42qui est
47:45directrice
47:45des relations sociales
47:47c'est autour
47:48des interactions
47:48travail et vie privée
47:49parce que
47:50je pars d'un
47:51alors c'est une
47:52ça vaut ce que ça vaut
47:53mais j'ai une définition
47:54hyper simple
47:55du management
47:56manager
47:57c'est permettre à chacun
47:58de donner le meilleur de lui-même
47:59et pour que chacun
48:00donne le meilleur de lui-même
48:01c'est pas seulement
48:02ses conditions de travail
48:03c'est faire en sorte
48:04qu'il règle
48:06ses interactions
48:07travail et vie privée
48:08et que quand il y a
48:09quelque chose
48:10qui cloche
48:10dans sa vie personnelle
48:12et que ça se ressent
48:13sur son travail
48:13on ne règle pas
48:15son problème
48:16parce que là
48:16ça serait
48:18moralement
48:19trop intrusif
48:20oui
48:20trop intrusif
48:21en tout cas
48:22mais en tout cas
48:23qu'on lui donne les moyens
48:24de donner le meilleur
48:26de lui-même
48:27c'est d'être accompagné
48:29de trouver de la ressource
48:30etc.
48:31sans que l'entreprise
48:31soit intrusive
48:33génial
48:34on glisse tout doucement
48:36vers la fin
48:38de cette émission
48:39Jean-Eude
48:39et moi
48:41ce que je trouve fantastique
48:42dans le parcours
48:43de cette entreprise
48:44c'est toute la diversification
48:45en fait
48:45toute l'orientation
48:46entrepreneuriale
48:47que vous avez développée
48:48c'est assez intéressant
48:49parce que
48:50les académiques
48:51bien sûr
48:52cherchent
48:52toutes
48:52toutes et tous
48:54la formule magique
48:56pour s'assurer
48:56qu'une famille
48:57peut passer
48:57les générations
48:58alors il y a plein d'idées
49:00mais il n'y a pas de vérité
49:02la seule chose
49:03que certains académiques
49:05ont retrouvé
49:06dans le monde entier
49:07peu importe la culture
49:09et on a des cultures
49:10très différentes
49:10dans le business
49:11soit dans le monde occidental
49:12ou dans d'autres régions du monde
49:14c'est que celles qui arrivent
49:15à passer les générations
49:16de manière répétée
49:17elles font quelque chose
49:18que ne font pas les autres
49:19elles développent une orientation
49:21entrepreneuriale distinctive
49:22à chaque génération
49:25et ça je trouve
49:26que c'est très marqué
49:27dans l'histoire de ta famille
49:29oui
49:29et ça fait partie
49:31de la résilience
49:31je pense
49:32parce que
49:32le changement de dirigeant
49:34c'est
49:35alors c'est pas une épreuve
49:36mais c'est pas anodin
49:38dans l'entreprise
49:39bien sûr
49:39et en fait
49:40c'est
49:41ça peut être un choc même
49:43et la résilience
49:45qui suit ce choc
49:46peut conduire justement
49:47à diversifier
49:48enfin c'est
49:50pour moi
49:51c'est très lié
49:52alors c'est bientôt la fin
49:53Jean-Eude
49:54et on a une tradition
49:55dans cette émission
49:58on aime bien
49:59poser la question suivante
50:00à nos invités
50:01j'espère que tu vas pouvoir
50:02aller répondre
50:05si
50:07ce groupe familial
50:08cette entreprise familiale
50:09était un membre
50:09de ta famille
50:10mais un membre fictif
50:11c'est à dire
50:12qui ne peut pas être incarné
50:14dans quelqu'un
50:15de réel
50:17qui serait-il
50:18ou qui serait-elle
50:19pour toi
50:21au moment où je parle
50:24et
50:25enfin
50:26je pense à un enfant
50:27évidemment
50:30mais à un enfant
50:30avec une place particulière
50:32c'est à dire
50:32que
50:35je l'aime l'entreprise
50:37comme j'aime mes enfants
50:39mais
50:39c'est pas du même ordre
50:40bien évidemment
50:42je n'ai pas la même
50:42ma priorité
50:44ça a toujours été
50:45mes enfants
50:46et pas l'entreprise
50:47pas mon métier
50:48au point que
50:49je m'efforçais
50:51pendant toute ma vie professionnelle
50:52de rentrer déjeuner avec eux
50:53sauf
50:54je m'accordais
50:55deux jours sur cinq
50:56où je pouvais aller au restaurant
50:57mais
50:58si
50:59peut-être trois parfois
51:01mais
51:02c'était
51:03donc
51:03c'était
51:04c'était pas l'enfant préféré
51:05ils nous feraient la même réponse
51:06que toi ou pas
51:08ah oui
51:08oui
51:09ça
51:10ils le savent
51:11mais c'est
51:12un enfant
51:12c'est à dire
51:13que
51:15évidemment
51:16il y a de l'amour
51:17mais il y a de la confiance
51:19moi j'ai une très grande confiance
51:20dans tous mes enfants
51:21dans ce qu'ils peuvent faire
51:23et
51:24l'entreprise
51:25elle a connu
51:26des passages difficiles
51:27dans certaines activités
51:29c'est encore le cas
51:30même
51:32mais je fais confiance
51:33dans l'entreprise
51:34alors quand on te dit
51:35l'entreprise
51:36c'est ceux qui travaillent
51:37c'est ceux qui la dirigent
51:39ce sont les équipes
51:41pour
51:43traverser des passages difficiles
51:44encore le lien
51:45avec la résilience
51:47mais clairement
51:48oui
51:49et c'est aussi
51:52ce qui me fait
51:54répondre
51:54enfants
51:55c'est que
51:55nos enfants
51:56souhaitent le meilleur
51:57pour eux
51:57l'entreprise
51:58je souhaite le meilleur
51:59pour elles aussi
52:00et donc ça serait une fille
52:01ou un garçon
52:02alors là
52:03non
52:04il y a
52:04il y a
52:07je
52:08je
52:08je peux pas répondre à ça
52:10tu peux pas répondre
52:11je sais pas
52:12alors c'est vrai que
52:14les pères ont des relations
52:17différentes avec leur fille
52:18et avec leur garçon
52:20mais
52:22du point de vue
52:23d'où je parle
52:24et compte tenu de ce que j'ai dit
52:26peu importe
52:27c'est-à-dire
52:28vouloir le meilleur
52:28et avoir confiance
52:30que ce soit un garçon
52:31ou une fille
52:31c'est pareil
52:33c'est intéressant
52:34parce que
52:34on a
52:36moi j'ai pu étudier
52:37ce qu'on appelle
52:37l'animus et l'anima
52:39des organisations
52:39donc la partie masculine
52:40et la partie féminine
52:41et notamment
52:42des organisations familiales
52:44et ce qui est intéressant
52:45c'est que
52:45l'animus
52:46vient incarner
52:47l'énergie masculine
52:48donc la structure
52:50le leadership
52:51les objectifs
52:51l'ordre
52:55les réussites
52:56et l'anima
52:59la partie féminine
53:00vient incarner
53:01l'innovation
53:02l'orientation
53:02entrepreneuriale
53:03la communication
53:04et c'est assez intéressant
53:06quand ça s'incarne
53:07dans une femme
53:08l'avenir
53:09parce que ça vient
53:10titiller cette
53:11orientation entrepreneuriale
53:13qui nourrit
53:14le capitalisme familial
53:16dont on parlait
53:16tout à l'heure
53:16mais il y a un lien
53:20avec les interactions
53:21de travail privé
53:22enfin moi
53:22pendant un moment
53:24j'ai animé
53:25il y a 15 ans
53:25j'ai animé
53:26un groupe de travail
53:26au MEDEF
53:27sur les interactions
53:29de travail privé
53:29et on a
53:31on commençait à parler
53:32de bienveillance
53:32alors il y avait des gens
53:34qui nous traitaient
53:34de bisounours
53:36mais en fait
53:36la bienveillance
53:37c'est une caractéristique
53:39dite féminine
53:41je bien dis
53:42dite
53:44qu'on ne trouvait pas
53:45beaucoup dans l'entreprise
53:46on n'était pas
53:46dans ce registre là
53:47et depuis
53:48effectivement 15 ans
53:50on peut noter
53:51que la bienveillance
53:52n'est pas un gros mot
53:53d'ailleurs
53:54la bienveillance
53:55c'est souvent
53:56le premier ingrédient
53:57de la bienveillance
53:58c'est l'exigence
54:00pour moi
54:00en tout cas
54:02et donc
54:03c'est pour ça
54:04que le caractère
54:05féminin
54:06de l'entreprise
54:07c'est lorsqu'elle
54:08on y trouve
54:09de la bienveillance
54:10et qu'on n'est pas
54:10que dans la course
54:11au plus fort
54:12bien sûr
54:13et c'est une histoire
54:14d'équilibre
54:15pas que de l'anima
54:16pas que de l'animus
54:16c'est bien
54:17j'aimerais te remercier
54:19de t'être prêté au jeu
54:20d'être venu sur notre émission
54:22je vous remercie
54:23de nous avoir écouté
54:24je remercie aussi
54:24toutes les équipes techniques
54:25pour l'organisation
54:26de cette magnifique émission
54:27je vous dis à très bientôt
54:29dans un prochain épisode
54:30de Génération Impact
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