- il y a 2 jours
Tout savoir sur les grandes tendances du marché de l'immobilier avec les meilleurs experts et notre journaliste maison, Marie Coeurderoy, et vous !
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00:03BFM Business présente les experts de l'IMO, Marie-Cœur de Roi.
00:08Et il est midi une sur BFM Business lors des experts de l'IMO, mais avant cela un rappel des
00:12principaux titres de l'actualité.
00:13La prudence qui reste de mise sur les marchés, faute de visibilité sur le Moyen-Orient.
00:17Les principales bourses européennes sont tout juste à l'équilibre et le CAC 40 sous les 8000 points du côté
00:22du pétrole.
00:23Le baril de Brent recule légèrement mais reste au-dessus des 107 dollars.
00:27Stabilité également mais à un niveau élevé sur le marché obligataire.
00:30Le 10 ans français au-dessus des 3,7% et le 10 ans allemand toujours au-dessus des 3%.
00:35En attendant de nouveaux développements donc sur le front diplomatique avec la visite de Donald Trump en Chine.
00:40Notez quelques indicateurs publiés à ces dernières heures en France.
00:43D'abord le retour de l'inflation qui se confirme.
00:46L'INSEE affirme que les prix à la consommation ont augmenté de 2,2% sur un an au mois
00:51d'avril.
00:51Tirés par une forte accélération évidemment des prix de l'énergie et en particulier du pétrole.
00:56Retour de l'inflation et retour du chômage.
00:58Le taux de chômage repasse au-dessus des 8% au premier trimestre et on est au plus haut niveau
01:03depuis 5 ans.
01:04Allez, c'est l'heure des experts de l'IMO.
01:07Votre programme avec Bienici.
01:09On est bien ici.
01:10Trouvez votre futur logement par vie de quartier et temps de trajet sur bienici.com.
01:15Une bonne journée commence avec de bonnes infos.
01:17C'était votre programme avec Ikea pour les pros.
01:19Toute l'offre et les services d'Ikea dédiés aux pros.
01:22Ikea.
01:27BFM Business présente les experts de l'IMO.
01:30Marie Coeur de Roi.
01:31Et les experts de l'IMO, c'est tous les jours à l'heure de votre déjeuner sur BFM Business.
01:35Une demi-heure pour parler de notre immobilier, de nos logements.
01:38Et comme tous les jours, ça démarre par cette séquence qui vous concerne, amis professionnels de secteur de l'IMO,
01:43le pro de l'IMO.
01:44Des témoignages terrain de vos métiers qui nous intéressent aussi et qui vont intéresser nos chefs d'entreprise aujourd'hui
01:49parce qu'on va parler co-working.
01:51Mais attention, co-working haut de gamme, vous verrez ça dans quelques instants.
01:55Ensuite, retour en plateau pour le débat du jour.
01:57Ça faisait longtemps, mais revoilà notre baromètre d'Oxa Next City avec beaucoup d'enseignements toujours passionnants qu'on va
02:03décrypter ensemble pendant 20 minutes.
02:05Mais d'abord, c'est donc l'heure du pro de l'IMO.
02:08Les experts de l'IMO, le pro de l'IMO.
02:12Et on est en ligne avec Romain Pottier, directeur général de Querk.
02:15Bonjour Romain.
02:17Bonjour Marie.
02:18Je dis bien, j'ai dit Querk, ça se dit peut-être Querk.
02:24Ça se dit Querk, la prononciation n'était pas faite.
02:27Oui, bon bah super, génial.
02:28Donc voilà, c'était juste pour m'assurer de la prononciation.
02:30Merci Romain pour votre témoignage.
02:31Non, je plaisante.
02:32Donc je disais en frambule qu'on allait parler co-working haut de gamme.
02:36Je dis haut de gamme parce qu'effectivement maintenant, quand on est une entreprise, qu'on cherche du bureau, flexible,
02:40mais en même temps de qualité, on ne peut pas faire du petit co-working tout pourri.
02:44Et c'est à peu près l'état d'esprit de votre société.
02:47Et comment finalement vous vous adaptez à ces nouveaux besoins des entreprises ?
02:51Et vous aviez justement une entreprise, un exemple particulier à nous raconter aujourd'hui.
02:56Une entreprise qui vous a confié 10 000 m2 de bureaux.
03:00C'est ça l'idée ?
03:02Exactement.
03:04Pour donner un peu de contexte, effectivement, Quark, nous, on est un acteur de co-working.
03:08On propose des espaces de bureaux sur le segment haut de gamme.
03:11Donc on est essentiellement au cœur du huitième arrondissement.
03:14Et on s'adresse à une clientèle qui est, je dirais, parmi la plus exigeante aujourd'hui sur le marché,
03:19qui est composée principalement de la finance et de la tech.
03:22Et nous, on a la spécificité chez Quark, historiquement, de proposer, en plus d'une localisation et en plus d
03:30'un design très travaillé,
03:34tout un panel de services qu'on opère au quotidien pour nos clients.
03:37Et ce sont des services qui sont inspirés de l'hôtellerie.
03:41Donc ça commence avec la conciergerie, l'accueil de la conciergerie.
03:44On a aussi internalisé toute une offre de restauration avec différents formats.
03:49On a un restaurant gastronomique, on a des cafés-coueurs, qu'on a de la restauration rapide.
03:55La partie sport et wellness, également, avec des salles de sport, des coachs, une programmation sportive,
04:00une agence événementielle internalisée.
04:02Bref, on a tous les services dont une entreprise peut avoir besoin au quotidien, au bureau.
04:07On l'a internalisé et c'est ça qu'on propose à notre clientèle.
04:12Pardon Romain, je vous interromps, mais en fait, c'est quoi la différence entre ce que vous proposez
04:16et puis des bureaux classiques où on a fait venir tous ces services dont vous parlez ?
04:21Effectivement, des services de restauration, il y en a dans les entreprises aussi.
04:25Des salles de sport, il peut y en avoir.
04:26C'est quoi la différence entre les fameux beaux 369 qu'on peut prendre quand on est une boîte
04:33et le coworking version quirk ?
04:37Alors, il y en a deux.
04:38Il y a déjà le niveau de qualité de ces services où nous, on va vraiment essayer de pousser l
04:43'expérience au maximum
04:44et de proposer des services qui sont aussi gratuits pour les collaborateurs,
04:49comme des cours de sport, etc.
04:51Et après, nous, pour le coup, on est le seul acteur qui a internalisé l'intégralité de ces services-là
04:59et est capable, du coup, de faire des liens entre les différents services,
05:03d'animer les différents services les uns par rapport aux autres
05:08et d'avoir une connaissance client à chacun de ces interactions avec nos services
05:13qui soit personnalisée et ce qui nous permet aujourd'hui, en fait, de proposer un niveau de service
05:20qui est similaire à ce qu'on peut faire, ce qu'on peut trouver dans l'hôtellerie, haut de gamme,
05:24voire de luxe.
05:26Encore une fois, je repose ma question.
05:27Romain, vous ne vexez pas, mais quelle est la différence si moi, je décide ?
05:31En fait, est-ce que vous, justement, c'est quel type de contrat que vous signez avec l'entreprise, précisément,
05:36et en quoi ça diffère de ce qu'on peut faire aujourd'hui, au-delà du côté haut de gamme
05:40et de ce que vous proposez sur la restauration, le sport, machin, etc.
05:44Mais ce que je veux dire, c'est que voilà, en quoi c'est différent d'une boîte classique avec
05:48des beaux classiques ?
05:53Alors, déjà, pour répondre à votre première question, c'est-à-dire que nous, historiquement, effectivement,
05:58on propose ça dans nos espaces de coworking.
06:01Et la première question que vous avez posée, c'était sur le nouveau type de contrat qu'on est en
06:06train de,
06:06de partenariat qu'on est en train de créer, où on opère des bureaux en 3-6-9 classiques
06:11avec l'intégralité de nos services.
06:13Donc, nous, aujourd'hui, on propose les deux et on a fait évoluer l'offre dans ce sens-là.
06:19Ensuite, sur la différence d'expérience, en fait, nous, ça vient de retour de nos clients et de foncières.
06:28Aujourd'hui, la solution pour proposer tous les services qu'on propose,
06:31c'est de faire appel à des entreprises qui font uniquement un des services
06:37et n'ont pas de travail global de cohérence, d'animation de ces services-là.
06:45Et ça, pour le collaborateur au quotidien, ça ne permet pas d'avoir une expérience qui soit fluide
06:53et de faire les liens entre une information qui est donnée à l'accueil,
06:58qui est partagée aux coachs de sport et qui est partagée aussi aux serveurs dans le restaurant gastronomique
07:05pour, par exemple, aligner, je ne sais pas, le programme de restauration avec l'animation sportive au quotidien,
07:14la connaissance de l'accueil, que c'est, par exemple, je ne sais pas,
07:18soit l'anniversaire d'un client qui vient ou d'un membre particulièrement important
07:26et qui soit communiqué à l'ensemble des personnes de nos services.
07:31Ça permet d'avoir, en fait, une personnalisation de l'expérience et une cohérence globale
07:36qui est incapable, qui est impossible de répliquer lorsque tous les services sont fragmentés.
07:42Et c'est ça, en fait, dans ce genre de détail-là, qui fait que nos clients se sentent chez
07:46eux
07:46et qui fait que, par exemple, l'expérience qu'on peut avoir dans un hôtel 3 étoiles
07:52n'est pas le même que celui qu'on peut avoir dans un hôtel de luxe.
07:56Même si, dans les deux hôtels, on a effectivement un espace de restauration, une salle de sport.
08:03C'est juste que le lien avec les clients sont différents.
08:07C'est noté, Romain. En tout cas, j'aurais bien compris qu'il n'y a pas la chambre,
08:11mais ça ressemblera, nos bureaux, en tout cas, et les bureaux que vous opérez
08:14ressembleront presque à un hôtel 4 étoiles, c'est à peu près ça l'idée.
08:18Merci, en tout cas, pour votre témoignage.
08:20Romain Pottier, directeur général de Querc.
08:22Allez, c'est l'heure du débat du jour dans Les Experts de l'IMO.
08:30Et à mes côtés, Henri Buzicazo, président fondateur de l'Institut du Management des Services Immobiliers.
08:36Bonjour, Henri.
08:37Bonjour, Marie.
08:37Et Gaëlle Slimane, le président d'Odoxa. Bonjour, Gaëlle.
08:40Bonjour, Marie.
08:41Alors, je le disais en préambule, revoici, revoilà notre fameux baromètre.
08:45Baromètre, donc, Odoxa avec Next City, BFM Business et Capital.
08:49Et donc, à chaque fois, on remet à jour quelques indicateurs clés.
08:52Mais comme je n'ai pas envie qu'on perde trop de temps à revenir sur tous ceux qu'on
08:55connaît déjà,
08:56on va aller directement sur ce qui, moi, m'intéresse, très égoïstement.
09:00D'abord, le premier axe qui me paraît essentiel, c'est qu'on est quasiment pile à un an de
09:05notre prochaine élection,
09:06la grande élection présidentielle.
09:08On n'arrête pas de dire à l'antenne de BFM Business que le sujet logement est un sujet capital
09:13pour les Français
09:14et donc les futurs électeurs.
09:16En témoigne donc votre nouvelle version de notre baromètre.
09:19Là, clairement, il est capital, ce sujet logement.
09:21Il est capital, on n'y reviendra pas, mais on a réalisé dans les précédentes vagues
09:27et on a reposé cette fois-ci un certain nombre d'indicateurs qui montrent pourquoi il est capital.
09:30Donc, je n'y reviens pas.
09:31La conséquence, elle est sur la politique.
09:34On l'avait déjà mesuré, Marie, au moment des municipales
09:36où déjà les Français étaient une très large majorité à nous dire
09:40« Attention, les gars, ça va compter ce que vous nous direz dans vos programmes pour les municipales. »
09:45Et là, sur la présidentielle, quand on leur pose la question de l'importance qu'aura le thème du logement
09:52dans les programmes des candidats, on a 70% des Français qui nous disent que ça comptera,
09:57qu'ils en tiendront compte de ces propositions que feront les candidats sur le sujet.
10:02Et c'est un sujet qui comptera de manière assez consensuelle,
10:07quel que soit le type d'agglomération dans lequel on vit.
10:10Mais ce sera d'autant plus important que l'on vit dans des grandes villes
10:13et dans des villes où le sujet est en tension.
10:15Et ça comptera aussi pour l'ensemble du spectre politique.
10:19Donc, s'il y a vraiment un sujet qui était en dehors des radars
10:23lors des dernières présidentielles,
10:25qui est cette question du logement,
10:26il n'aura pas l'intérêt à l'être cette fois-ci.
10:28Parce que, de toute façon, pour adresser la priorité des priorités bien connues des politiques,
10:33qui est la question du pouvoir d'achat,
10:35notre baromètre l'a bien montré,
10:36les Français considèrent que, dans ce domaine-là,
10:39le logement, c'est ce qui pèse le plus lourd.
10:41Mais Gaëlle, vous prêchez une convaincue sur ce plateau.
10:43Je me retourne vers Henri.
10:44Moi, j'ai l'impression que la responsabilité médiatique et politique,
10:47elle est immense là-dedans.
10:49C'est-à-dire que quand on demande aux Français, effectivement,
10:51oui, le logement, c'est quand même ce qui nous coûte le plus cher.
10:54Et on le redit dans ce baromètre.
10:55Enfin, mensuellement, c'est ce qui pèse le plus dans notre pouvoir d'achat.
10:59Et pour autant, pour autant, dans les gros médias mainstream,
11:02pour autant, les politiques eux-mêmes vont rarement sur ce sujet logement.
11:06Il n'y a pas de prise de conscience ?
11:08Moi, je vois un progrès.
11:10Ce n'est pas pour être agréable à la classe politique.
11:13Non.
11:14Non, non, non.
11:16Ça se sait un peu, je dis ce que je pense.
11:19Moi, je vois un progrès aussi parce que j'y contribue, modestement.
11:23Alors, je suis très attentif aux maîtres de plus qu'on est arrivés à parcourir.
11:29Non, je vois dans les discours politiques,
11:32dans le discours aujourd'hui du Premier ministre,
11:36l'engagement avec un plan de relance qui est très complet.
11:40On en pense qu'on veut, mais on reconnaît qu'on n'a pas oublié
11:45quelques tiroirs de la commode que ce soit.
11:48Donc, ça, je vois qu'il y a un progrès, une prise de conscience.
11:52Parce qu'effectivement, l'opinion s'exprime très fort.
11:56Les spécialistes des enquêtes, des sondages accompagnent le mouvement.
12:00Ils analysent.
12:01Moi, je trouve que la presse en parle quand même de plus en plus.
12:05Alors, je vois une différence.
12:06Dans les élections présidentielles antérieures,
12:10bien sûr, j'en ai été un observateur très, très attentif,
12:14chaque candidat a eu une mesure phare pour le logement.
12:18Je vous en citais quelques-unes.
12:20Taxe d'habitation, taxe d'habitation !
12:22Suppression de la taxe d'habitation, c'était le président Macron.
12:24Encadrement des loyers, c'était le futur président Hollande,
12:27devenu président de la République.
12:29La France de propriétaire, c'était Nicolas Sarkozy.
12:33Voilà, trois présidents très...
12:35Et ce qui est dingue, c'est que beaucoup d'entre eux ont été élus là-dessus, d'ailleurs.
12:38Alors, très clairement, c'est l'une des mesures dans chacun des programmes
12:42qui ont compté pour faire élire.
12:45Et les Français le reconnaissent.
12:46Typiquement, le dernier, la suppression d'un impôt lourd.
12:51La taxe d'habitation.
12:53Il y avait taxe et il y avait habitation.
12:55On dit, on vous supprime les deux.
12:57On allège la vie de ceux qui habitent leur logement.
13:01Mais c'était des gadgets.
13:03Et je crois que ce qu'attendent, moi, quand je lis attentivement les résultats
13:07de cette vague Odoxa, je ne vois pas ça.
13:12Je ne vois pas l'attente d'une mesure miracle, phare,
13:15qui va exciter tout le monde.
13:17Je vois le besoin d'un programme, d'une pensée sur le logement.
13:23Et très clairement, la résolution des problèmes que les Français connaissent,
13:28ce ne sont pas tous les mêmes, mais en gros, un accès au logement difficile,
13:31ils ne s'attendent pas à ce que ce soit réglé avec du marketing politique.
13:35Alors, vous dites quand même, réaction Gaël,
13:38parce qu'il y a quand même des mesures qui plébiscitent ces Français.
13:40C'est peut-être gadget, comme le dit.
13:43Il y a tout à fait raison.
13:44Il y a tout à fait raison.
13:45On n'est plus sur une mesure, on n'agitera plus une mesure
13:51pour avoir une mesure de plus dans son programme
13:54en cochant la case logement.
13:55En gros, c'était ça le sujet.
13:57Et je vous trouve très optimiste, messieurs,
13:59parce que quand même, je suis désolée, j'interromps Gaël,
14:01mais sur typiquement, on sait qu'il y a une grosse partie de la droite
14:04et de l'extrême droite qui veut revenir sur les obligations
14:06de rénovation énergétique.
14:08Ils en feront peut-être, peut-être, un symbole
14:11pour leur future possible élection
14:14à la prochaine présidentielle.
14:15Et donc, typiquement, les interdictions de louer les passoires,
14:18est-ce qu'on ne pourrait pas en faire cette mesure gadget ?
14:22Il y a deux choses.
14:25Il y a ce qui a été fait autrefois.
14:28Vous l'avez très justement rappelé.
14:30Une mesure symbolique, mais prise isolément.
14:33C'est vraiment un îlot, logement, dans un océan de mesures.
14:36Pour faire simple, sécurité, immigration, emploi autrefois.
14:40Ça va peut-être revenir.
14:42On voit que ça risque de revenir, mais c'était les grands sujets.
14:46Là, je vous donne juste deux chiffres de notre baromètre ce mois-ci,
14:50qui le montrent.
14:51Les trois quarts des Français nous disent qu'il est difficile de se loger en France.
14:55Les trois quarts d'entre eux.
14:56Et quand on est plus pauvre et quand on est plus jeune,
14:59ça l'est particulièrement.
15:00Et on a 90% des Français qui nous disent qu'ils ne veulent pas une mesure.
15:06Ils veulent que les politiques déroulent un projet, un programme,
15:10quelque chose, une plateforme,
15:11pour montrer comment ils vont mettre à disposition davantage de logements dans le pays.
15:17Donc, après, ce qu'en feront les politiques ?
15:23Ils ont l'info.
15:25Vous avez raison, on voit de plus en plus de messages
15:28qui montrent que ça a pris de l'importance.
15:29Ils ont l'info.
15:31C'est un vrai sujet dont ils doivent se saisir.
15:34Le seul problème du logement, je l'ai déjà dit sur ce plateau,
15:36pour être déplaisant avec les politiques,
15:38mais c'est qu'il n'y a pas de mesure gadget
15:42qui vous permettrait, en un an, ou deux ans, ou trois ans,
15:46de marquer des points.
15:48On est sur quelque chose de lourd, de fondamental, de durable.
15:52Donc, si vous menez une politique en matière d'immobilier et de logement
15:55qui est réellement efficace,
15:57les effets ne se verront qu'au bout de cinq ans, six ans, dix ans.
16:02Et donc, c'est plus difficile de marquer des points dans l'opinion
16:05au-delà de mesures symboliques.
16:07Mais je crois, moi comme Henri, que les Français seront attentifs à ça,
16:11que les politiques l'ont un peu à l'esprit.
16:13Alors après, c'est la logique du dernier kilomètre.
16:16C'est-à-dire que, est-ce que le logement sera l'enjeu majeur de la présidentielle ?
16:21Pas sûr. Est-ce qu'on parlera davantage de questions de logement
16:25dans les programmes des candidats, cette fois-ci, qu'il y a cinq ans, dix ans ou quinze ans ?
16:29J'en ferai le pari de cela.
16:31J'ose espérer. Et puis d'autant qu'en plus, vous dites pas sûr,
16:33mais enfin, il y a des incidences, et on le voit aussi à travers le baromètre,
16:36de ce qui se passe à l'échelle internationale et géopolitique
16:40sur notre accès à l'immobilier ou notre accès à la propriété.
16:43Et notamment, cette crainte des Français liée à la guerre au Moyen-Orient qui patine.
16:48Et donc là, quand même, on a 71% des Français qui disent
16:52qu'il y aura un impact négatif de cette guerre.
16:54Ils craignent. Alors, ils ne sont pas forcément experts.
16:57Oui, mais enfin, moi, je vote avec eux.
16:59Ils craignent qu'effectivement, ça ait des conséquences.
17:01Ça aura des conséquences négatives sur le marché de l'immobilier en France, dans notre pays.
17:07Et quand on leur demande quel type de conséquences négatives craignez-vous le plus,
17:11à la première des conséquences, c'est l'impact sur leur pouvoir d'achat
17:15et de la hausse des autres dépenses du foyer.
17:19Et puis, il y a un impact qu'ils anticipent, qui est la hausse des taux.
17:23Et il faut voir une chose, c'est qu'on a été un tout petit peu plus loin encore.
17:27Les Français nous disent que les taux, ils deviendraient insupportables.
17:31Aujourd'hui, là où ils sont, autour de 3,5% pour un crédit sur 20 ans.
17:36Ou bien entre 3,5 et 4. Donc, on y est presque.
17:38De toute façon, ils sont là en train de nous dire que ce n'est déjà pas acceptable.
17:42Les deux tiers des Français nous disent que le niveau actuel des taux n'est pas supportable
17:45ou qu'une légère hausse de 0,5% de plus le rendrait insupportable.
17:50Non, mais ils sont lucides.
17:51Ils sont lucides.
17:51On va attendre la décision le 5 juin, je crois, prochaine de la Banque Centrale Européenne.
17:58Les analystes économiques, il y en a qui s'expriment ici, estiment qu'avant la fin de l'année,
18:03on aura deux ou trois vagues d'augmentation des taux.
18:06Et on va atteindre d'ailleurs le taux d'usure, on en reparlera.
18:09Et c'est déjà une partie des dossiers qui sont rejetés à cause de ça.
18:12Alors rapidement quand même, à chaque fois, je fais du lexique.
18:14Le taux d'usure, je vous rappelle, c'est le taux maximal auquel les banques sont autorisées à prêter.
18:18C'est un taux tout compris, donc pas uniquement le taux de 3,5% de marché,
18:22mais j'ajoute tout le reste des frais et l'assurance, etc.
18:25Et puis les frais de courtage, etc.
18:27Et donc si ce taux d'usure est trop bas et que les taux remontent trop vite en parallèle,
18:34ça fait effet ciseau et on ne peut pas vous accordez le crédit.
18:36Et il est trimestriel, désormais il faut de nouveau, on a connu ça il y a deux ans,
18:40le remb mensualisé pour suivre cette évolution rapide des taux.
18:43Donc ils n'ont pas tort, il y a ces conséquences-là.
18:45Moi je pense que des politiques, on n'attendra certainement pas le gadget, on l'a dit.
18:50Et ceux qui seront tentés de le faire, que ce soit les partis extrêmes ou les autres,
18:54ne seront pas audibles.
18:56On entend bien aujourd'hui que tout s'est déréglé.
18:59Les Français ne sont pas des spécialistes de logement, moi je crois que oui, au fond.
19:02Bon, parce que le logement c'est tellement quotidien.
19:05Si on connaît quelqu'un qui est locataire, on voit qu'il a du mal à avoir une location.
19:08Si on est accédant, on trouve que les mensualités sont élevées ou qu'on n'a pas le crédit.
19:12La transition énergétique, on a du mal à la comprendre et à la suivre.
19:17Beaucoup de choses se sont déréglées, logement privé, logement social.
19:20Donc face à ça, les Français se disent, sans être des grands spécialistes,
19:24il faut un programme, il faut s'attaquer à tout.
19:27Avec sans doute des tirs courts et des tirs longs.
19:29Le tir long, c'est la durée du mandat du président de la République.
19:33Un deuxième, s'il ou elle est réélu.
19:36Et le tir court, c'est quand même l'antidouleur.
19:38Parce que l'antidouleur, aujourd'hui, c'est effectivement que des aides soient maintenues.
19:44Pour moi, ce sont les aides principales.
19:46Bien sûr qu'il faut qu'on en sabre des aides, parce qu'on n'a plus de sous.
19:49Mais sabrer une aide de logement, aujourd'hui, c'est mettre à la rue.
19:53Là, il y a un projet de réforme de regrouper toutes les aides,
19:55qui ferait perdre à 22% des allocataires.
19:58Oui, mais je le précise.
19:59Ah ben, vous faites bien de le dire, oui.
20:00J'ai dit ce que j'en pensais, je n'ai pas été le seul.
20:03Nous considérons, le Conseil national de l'habitat, par exemple,
20:07à la quasi-unanimité, que ce n'est pour le moins pas pertinent.
20:12Peut-être même qu'il faut l'enterrer, cette réforme.
20:13Elle ferait perdre, à près d'un quart de ceux qui, aujourd'hui, touchent des aides,
20:18des dizaines d'euros par mois, jusqu'à 100, 120 euros.
20:22Et bien sûr, ce sont les tranches les plus fragiles qui seraient percutées.
20:25Bon, voilà, ça c'est d'urgence.
20:27Demain, je suis président de la République, permettez-moi cette phrase, c'est un plaisir.
20:31Mettez-le dans le scroll, Alban, Régis.
20:34J'ai le droit, après tout.
20:36Eh bien, ça, par exemple, je le sanctuarise.
20:38Je dis aujourd'hui, avec la hausse des carburants, avec tout qui va mal,
20:44protégeons, c'est l'urgence.
20:45Et puis, ce qui n'est pas de l'urgence, et les Français le savent.
20:48Par exemple, l'aménagement du territoire.
20:50Dans le projet de loi qu'a présenté M. Lecornu,
20:54est-ce qu'il ira à son terme, d'ailleurs, parce que le temps est très court là,
20:57il y a, par exemple, l'Agence Nationale de Rénovation Urbaine,
21:00un troisième programme pour que 150 quartiers, villes, soient de nouveau rénovés.
21:06D'ailleurs, intéressant, ce projet de loi dit, mais ça touche aussi à la sécurité,
21:11à la lutte contre le narcotrafic.
21:13Ça, je ne cesse de le dire.
21:14Oui, bien sûr.
21:16Et donc, tout ça, ça ira dit.
21:18Et bien sûr que l'aménagement du territoire, le réaménagement de certaines villes,
21:21c'est du temps long, c'est du temps long, mais il faut aussi le faire.
21:25Donc, moi, je pense qu'on va attendre une intelligence au logement,
21:28de la part des partis et des candidats.
21:30Mais on est d'accord là-dessus, il y a le temps long, il y a le temps court,
21:32et puis il y a des mesures clés.
21:34Et là-dessus aussi, Gaëlle, il y a eu quand même quelques...
21:38Allez, je ne vais pas parler de mesures gadget,
21:41mais il y a quand même ce dispositif Jean-Brun dont on nous a beaucoup parlé
21:43pour relancer l'offre locative.
21:46Là, on a sondé les Français là-dessus,
21:48qu'ils soient locataires ou propriétaires, ils y sont massivement favorables.
21:52Alors ça, c'est du temps court et long, puisque c'est aussi sur le neuf, sur l'ancien.
21:55Les trois quarts des Français.
21:5775% des Français nous disent qu'ils sont favorables au dispositif Jean-Brun,
22:01qui a quand même l'ambition de construire 2 millions de logements d'ici 2030,
22:06en incitant à acheter pour pouvoir proposer du rendement locatif,
22:12inciter les propriétaires à le faire.
22:13On est à 76% chez les locataires et 74% chez les propriétaires.
22:17Donc il y a une adhésion massive, vous avez raison,
22:21le temps court, le temps long, mais ça signifie une chose,
22:24parce qu'il y a le Jean-Brun qui est plébiscité,
22:27mais les dispositifs prévus, souhaités par le gouvernement
22:30pour assouplir les règles sur les interdictions des passoires thermiques,
22:34que vous évoquiez tout à l'heure Marie,
22:36sont aussi soutenus tout en voyant bien,
22:39parce que les gens sont capables, comme dirait Emmanuel Macron,
22:42de penser complexe, donc les concitoyens le voient bien,
22:46tout en voyant bien les inconvénients de tout cela.
22:48On liste un certain nombre d'inconvénients,
22:49les Français nous disent oui, je vois cet inconvénient,
22:51mais à la fin, si ça permet quand même
22:54que davantage de logements, tellement on est en tension,
22:57puissent être mis sur le marché,
22:59tant pis, on y est favorable,
23:01même si ça aura des incidences négatives.
23:02Après bon, pardonnez-moi, mais à chaque fois,
23:04dès qu'on parle ces derniers jours de cet assouplissement sur les passoires,
23:07qui étaient nécessaires pour tout un tas de propriétaires bailleurs
23:10qui n'étaient pas en capacité financière, technique, réglementaire,
23:12tout ce que vous voulez de faire, les travaux de rénovation,
23:15ça n'empêche que de vendre une mesure en disant à tout le monde
23:17« mieux vaut avoir un toit tout pourri sur sa tête,
23:20plutôt que de dormir sous les ponts »,
23:21c'est quand même problématique quand même,
23:23quand on vend la mesure.
23:24Mais pour autant, vous voyez, il y a le d'adhésion.
23:25Non mais ça dit quelque chose.
23:27Ça confirme tous les autres résultats qu'on voit depuis des mois,
23:31qui montrent que c'est plus qu'un problème,
23:33c'est un enjeu vital.
23:34D'ailleurs, dans le sondage, vous verrez, on teste les classiques besoins
23:38de première nécessité de la pyramide de Maslow,
23:40se nourrir, se loger, se soigner.
23:42Et on voit qu'avoir un toit au-dessus de sa tête,
23:45c'est à la fois un des premiers besoins exprimés par les gens,
23:48et c'est un de ceux pour lesquels ils pensent
23:50qu'on a le plus de difficultés à le respecter,
23:53à le tenir, ce besoin-là.
23:55Donc ça dit l'ampleur de cet enjeu logement chez nos concitoyens.
23:58Oui, et puis je parlais de réelle politique tout à l'heure.
24:01Moi, je suis désolé, je suis évidemment acquis à l'idée
24:05qu'il faut avancer le plus vite possible sur la transition environnementale.
24:08Et puis après, les locataires eux-mêmes disent
24:11« Oui, bon, allez, ma facture va être un petit peu élevée.
24:15Il y a des débats sur « Est-ce que je vais négocier un loyer moindre ? »
24:18Non, mais il y a des débats là-dessus,
24:18pour trouver un équilibre économique.
24:20Mais enfin, on va accepter que le logement soit moins vertueux
24:23pendant trois ans, par exemple, en copropriété,
24:24c'est le futur projet de loi.
24:25Cinq ans en copro, trois ans en maison.
24:29Non, c'est l'inverse.
24:29Non, non, c'est ça ?
24:30Non.
24:31Non, non, je vous assure, c'est cinq ans de plus pour les copros
24:34et on va donner cinq ans de plus.
24:36Je vous assure.
24:37On va donner du temps.
24:39Tomberons d'accord.
24:40Puis le texte n'est pas voté,
24:41mais on va donner un peu de temps et on peut s'en indigner.
24:43Mais non, on ne va pas s'en indigner,
24:45on va accepter d'être un peu moins merlogé.
24:47Ce n'est pas un toit tout pourri.
24:48Moi, je réfute, je comprends, c'est la provocation.
24:52Vous n'avez pas tort, Marie, mais non, ce n'est pas le cas.
24:54Les Français comprennent aujourd'hui aussi qu'il faut du pragmatisme.
24:58On ne les a pas écoutés.
25:00La loi climat-résilience, c'était un idéal.
25:02J'y ai souscrit.
25:03Je continue à y souscrire.
25:04Mais quand les politiques ont dit, comme un seul homme,
25:08et notamment le bloc central qui avait voté,
25:10non, non, on ne veut rien entendre,
25:11on ne touche pas au calendrier,
25:12on ne touche pas à ceci, on ne touche pas à cela,
25:14un parti d'extrême a dit effectivement,
25:18mais nous, on vous écoute, on va déchirer la copie.
25:21La vérité, elle est entre les deux,
25:22mais clairement, elle a acculé, je le dis,
25:25elle a acculé ceux qui sont aujourd'hui au pouvoir
25:27à ouvrir les oreilles et à dire,
25:29bon, les Français, ils ne peuvent pas,
25:31on va peut-être les écouter.
25:32La politique du logement doit écouter les Français.
25:35Oui, mais je rappelle quand même,
25:36je rappelle quand même,
25:36et je salue le travail de cette boîte qui s'appelle Argile,
25:39qui a calculé que pour un bien de même typologie,
25:42qui est noté G au diagnostic de performance énergétique,
25:46versus eux, c'est 100 euros de plus par mois
25:49à la charge du locataire en dépenses énergétiques.
25:52C'est quand même pas neutre en réalité.
25:54Non, ce n'est pas neutre.
25:55Mais je pense simplement que le bailleur,
25:58c'est aussi un acteur économique,
25:59et que le bailleur riche, c'est l'épaisseur du trait.
26:02Le bailleur, il est un peu plus riche que le locataire,
26:04ça c'est attesté.
26:05Mais enfin, s'il lui faut trouver,
26:08allez, on a les chiffres là-dessus,
26:1035-40 000 euros entre ce qui sera fait dans la copropriété
26:12et ce qu'il pourra faire lui-même dans l'appartement,
26:15eh bien, les bailleurs sont âgés, en moyenne, tout ça.
26:18Ça, c'est la réalité.
26:19Ça ne veut pas dire que, dans le projet de loi,
26:21il faudra qu'il y ait...
26:23Une réduction de loyer équivalente.
26:25Qu'il puisse y avoir des négociations.
26:27Je ne suis pas du tout fermé à ça.
26:28Mais non, mais très clément.
26:29Et aussi, par exemple, des prêts collectifs.
26:31On a du mal à les mettre en place
26:33parce que la plupart des copropriétaires bailleurs,
26:35il leur faut cet amortisseur qui est le crédit.
26:38Bon, il y a de l'ingénierie à faire
26:41et de la bonne volonté aussi de la part des bailleurs,
26:44mais il y a une réalité.
26:45Et quand on n'arrive pas à quelque chose,
26:47on ne peut pas politiquement se cogner contre un mur.
26:49Donc, les Français, je pense qu'ils sont entre les deux.
26:50Ils sont exigeants sur le logement.
26:52Ils vont l'être.
26:54Ceux qui n'auront que des gadgets à proposer
26:57seront écartés.
26:58Il faudra qu'il y ait un système de pensée.
27:00Il est unstoppable, Henri.
27:02Comment ?
27:02J'y l'est unstoppable.
27:04Oui, I'm speaking English.
27:05Non, je dis ça parce qu'Albon, notre réalisateur,
27:07a fait partir la musique de la fin de l'émission.
27:08Mais j'y crois.
27:09Et quand vous dites à Gaël ou à moi,
27:12vous vous y croyez optimiste,
27:13oui, oui, puis j'ai envie de l'être.
27:15Et puis je vais pousser en mêlée.
27:16Un dernier mot quand même, Gaël,
27:17après l'optimisme d'Henri.
27:19Alors oui, un optimisme et une explication
27:21peut-être en deux chiffres.
27:22On a 67% des Français qui disent
27:26que cette décision sur les passeports thermiques,
27:28ça risque de porter préjudice aux locataires
27:30ou en ces logements.
27:31Mais on a 76% de ces mêmes Français
27:33qui nous disent oui, mais ça en mettra davantage.
27:35Il y aura davantage de logements disponibles
27:36sur le marché.
27:37Donc à la fin, on en a 65% qui disent
27:40il faut le faire.
27:40Et donc ça veut dire quoi ?
27:41On va faire preuve de nuance ?
27:43C'est ça ?
27:43Ça veut dire qu'il faut être...
27:44Un peu de nuance dans ce sujet ?
27:45C'est le mot de la nuance dans ce monde de bruit.
27:47Mais voilà, et ce sera le mot de la fin.
27:49C'est le mot en même temps,
27:50mais je préfère la nuance.
27:51Merci Gaël.
27:52Gaël Slimane, président d'Odoxa
27:53et Henri Buzikazzo,
27:54président fondateur de l'Institut du Management
27:56des Services Immobiliers.
27:58Merci d'avoir été avec nous.
27:59Je vous retrouve demain
27:59pour un nouvel épisode
28:01des Experts de l'IMO sur BFM Business.
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