- il y a 4 mois
Retrouvez le club de la Bourse du jeudi 14 mai dans l'émission Good Morning Market. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Good Morning Market, le club de la bourse.
00:03Avec nos invités que j'accueille, Thibaut Prébet, bonjour.
00:07Bonjour.
00:07Économiste indépendant à vos côtés, Nicolas Voincher, responsable de l'allocation des thématiques actions chez BNP Paribas CIB.
00:13Bienvenue.
00:14Merci.
00:14Un petit quart d'heure ensemble avec Étienne Braque toujours pour le club de la bourse avant l'ouverture des
00:20marchés parisiens dans 20 minutes maintenant.
00:23Bon, ce qui nous préoccupe et ce qui nous accompagne depuis le début de la semaine, mais ça y est,
00:27c'est fait, il a atterri.
00:29Et ils ont discuté, Donald Trump et Xi Jinping, notre regard est tourné vers la Chine.
00:35Je commence avec vous, peut-être Thibaut Prébet, le président américain qui promet au président chinois un avenir fabuleux entre
00:42leurs deux nations.
00:43Xi Jinping de son côté, que Chine et les États-Unis devraient être des partenaires, pas des rivaux.
00:49En dehors de ces grandes déclarations, quel est le rapport de force entre ces deux puissances ?
00:55Ce qui est intéressant, c'est qu'on a des écarts de style qui n'ont jamais changé.
00:58Donc, les réunions sont assez prévisibles en tant que telles.
01:00Si on peut parler de ça dans une réunion qui est intègre Donald Trump, c'est-à-dire que Donald
01:03Trump raconte toujours énormément de choses.
01:05Et c'est toujours du vent.
01:06Et Xi Jinping ne dit jamais grand-chose, mais c'est toujours important.
01:09Parce qu'il ne change pas d'avis toutes les secondes, il fait des plans de long terme, etc.
01:12Et donc, ça donne des réunions qui ne servent pas à grand-chose, à part montrer que tout le monde
01:15est ami, que c'est formidable et que tout le monde veut faire des choses ensemble.
01:18Donc, en fait, c'est vrai qu'il n'y a pas énormément de choses à en ressortir.
01:22Ce qui est intéressant, effectivement, c'est que Donald Trump devait ne pas aller sur certains sujets, il y est
01:26évidemment allé, etc.
01:27Donc, voilà, on a toujours ce côté un peu imprévisible, mais en réalité, on est vraiment dans la façade.
01:31Dans une période où il y a beaucoup de choses à oublier dans ce début d'année, à sacasser, cataclysmique
01:35pour Donald Trump.
01:36Et ce côté, je m'affiche avec la Chine, je suis reçu en grande pompe, on est très important, ce
01:39que la Chine fait toujours.
01:41Ça fait du bien. Je pense qu'on est quand même dans une certaine théâtralité.
01:44Mais alors, qu'est-ce que vous en attendez, vous, de cette rencontre ?
01:47Rien. Rien, mais encore une fois, on est dans l'affichage.
01:50La Chine et les États-Unis n'ont pas besoin que Donald Trump se déplace pour essayer de faire des
01:53deals.
01:54Le gros sujet, évidemment, c'est que la Chine contribue à essayer de débloquer le détroit d'Hormuz.
01:58Elle le fera pour son intérêt propre si elle considère que l'affaiblissement américain est moins important que le fait
02:03qu'au bout d'un moment,
02:04les hydrocarbures commencent à manquer et que c'est un problème.
02:06Elle ne le fera pas pour faire plaisir à Donald Trump.
02:08Donc, j'attends beaucoup de choses qui se passent dans les semaines à venir,
02:11mais je pense qu'aucune ne dépend, à part facilement, de cette rencontre.
02:16Bon, beaucoup de numérique, de tech.
02:19Nicolas Vanchet, quand même, parce que Donald Trump n'est pas parti tout seul.
02:23Il y a une armée de patrons, quand même, avec lui.
02:26Oui, donc, effectivement, il y a un côté très économique aussi dans ce genre de réunion.
02:31Et Trump, il met beaucoup d'attention.
02:34Après, nous, ce qui nous surprend de plus en plus, quand même, côté chinois,
02:38c'est la capacité de la Chine à se créer des filières dans tous les domaines.
02:41Je trouve que dans la tech, la Chine fait des progrès également phénoménaux.
02:44Donc, à la fin, on voit bien que la Chine a eu besoin de certaines filières américaines dans le passé,
02:50de moins en moins dans le présent.
02:52DeepSic, récemment, a sorti un très bon modèle sur une puce Huawei.
02:56Donc, on voit bien que les entreprises américaines ont besoin de rester en Chine,
03:00mais la Chine a potentiellement, avec l'évolution qui se fait en Chine,
03:03de moins en moins besoin des États-Unis.
03:05Donc, c'est un rapport qui est quand même beaucoup plus équilibré que ce qu'il était à une époque,
03:08voire qui s'est quand même inversé.
03:10Et je dirais juste, pour terminer sur le côté géopolitique,
03:12que le seul point de convergence, il y en a peut-être d'autres,
03:16mais un point de convergence entre Trump et Xi Jinping,
03:19c'est l'idée de dire que c'est la théorie des grands espaces de Carl Schmitt.
03:23C'est l'idée de dire qu'on veut chacun nos zones.
03:25Donc là, ce que Xi Jinping a quand même assis ce matin,
03:28c'est l'idée qu'il voulait remettre l'accent sur Taïwan.
03:32Et effectivement, il y a cette approche dans laquelle,
03:35en échange d'hormouzes, en échange de certains éléments,
03:37Xi Jinping va quand même essayer de récupérer des billes sur Taïwan auprès de Trump,
03:41dans une logique dans laquelle chacun veut sa zone d'influence à l'avenir
03:44et la fin d'une forme d'universalisme, en fait.
03:46Sur le business, je reviens sur cette déclaration,
03:49parce que Xi Jinping dit au patron américain ce matin,
03:51la porte de la Chine continuera de s'ouvrir toujours plus grand.
03:54C'est du vent ?
03:57Il ne pouvait pas dire autre chose,
03:59étant donné le nombre d'entreprises qui se sont déplacées avec Trump.
04:02On peut quand même espérer des signatures de contrats.
04:05On sait que Boeing n'a pas signé de contrats, par exemple, en Chine depuis 9 ans, je crois.
04:08Donc il y a vraiment une logique dans laquelle on va sans doute avoir des signatures de contrats.
04:11Mais tout comme, je me souviens, dans les années 2000,
04:13quand Jacques Chirac se déplaçait en Chine à des entreprises françaises,
04:16on avait également des contrats français pour les entreprises françaises à ce moment-là.
04:20Donc là, on va sans doute avoir beaucoup de signatures de contrats.
04:22Mais derrière, on a, je trouve, une filière industrielle et économique chinoise
04:26qui est de plus en plus indépendante, de plus en plus compétitive
04:29et qui pénètre un petit peu l'ensemble du monde.
04:32Est-ce que c'est la dernière fois qu'on va voir un événement comme celui-là
04:35où un président américain part avec une délégation de chefs d'entreprise
04:39pour aller signer des milliards de contrats ?
04:41Est-ce qu'on peut se dire que ça sera marqué dans l'histoire
04:46et que dorénavant, la Chine n'aura plus besoin des Américains,
04:49en tout cas plus à ce niveau ?
04:52Attendons de voir la suite, c'est un petit peu compliqué.
04:54On est dans un monde, pour nous, qui est marqué par des disruptions.
04:57Le mot qui est à la mode en ce moment, c'est disruption.
04:59On a une disruption technologique, on a les disruptions géopolitiques en cours.
05:02Pour nous, on aura potentiellement des disruptions monétaires à venir.
05:05Donc, on a beaucoup de disruptions.
05:07Donc, avoir une vision à long terme, c'est l'objectif de chacun de ces pays.
05:10Et on sait que les Chinois ont toujours eu des objectifs à long terme,
05:13de manière beaucoup plus facile que le reste du monde
05:16et beaucoup plus logique par rapport à ce qu'est la Chine.
05:20Donc, savoir ce qui va se passer dans un futur assez lointain
05:23est aujourd'hui beaucoup plus compliqué qu'il y a quelques dizaines d'années.
05:26Thibaut Prémet ?
05:26Oui, je vous rappelle ces engagements qui avaient été pris par tous les pays du Golfe
05:29vis-à-vis de Trump, de milliers de milliards de dollars, de partenariats.
05:34C'était énorme.
05:34D'ailleurs, plusieurs fois, le PIB de ces pays, c'était ridicule.
05:37Ce qu'il faut avoir en tête, c'est que dans des pays très endettés,
05:39où les marges de manœuvre sont assez limitées,
05:40ce genre de grand roadshow qui brasse un peu du vent,
05:42ça fait de la com' pour pas cher.
05:43On signe plein de trucs qui soit étaient déjà signés,
05:46soit l'auraient été, soit qui n'engagent pas parce que c'est des intentions.
05:49Donc, c'est typiquement le genre de truc qui marche très bien.
05:51Ça fait de la communication, ça ne coûte rien.
05:52Donc, je pense que c'est plutôt des choses qui vont se multiplier,
05:54que s'effacer à l'avenir.
05:56En revanche, la réalité qu'il y a derrière commence à être de plus en plus ténue
06:00par rapport à ce qui se passe.
06:01Donc, voilà, on est dans des exercices de communication.
06:03La période en est friande.
06:04Je pense qu'il y a peu de chances qu'on les voit disparaître.
06:06Nicolas Vanchet, sur le marché chinois, justement,
06:09qu'est-ce qu'on regarde ?
06:10Les secteurs, bon, la tech, bien sûr, mais les valeurs,
06:12qu'est-ce qu'on achète ?
06:14Déjà, ce que je dis régulièrement sur le sujet,
06:17ce qui me fascine, c'est la différence entre le capitalisme américain
06:20et le capitalisme chinois,
06:21qui vient quand même d'un pays qui est encore communiste.
06:24Donc, il faut voir les différences.
06:26Et la principale différence, c'est que le capitalisme américain
06:28travaille sur une concurrence verticale.
06:30Le but, c'est de faire beaucoup d'innovations,
06:31de créer des monopoles.
06:32Et on a vu par le passé toutes ces entreprises américaines,
06:35y compris dans la dernière vague d'Internet,
06:36se créer des monopoles, les Google, Facebook, etc.
06:40Sur le capitalisme chinois,
06:41on a une logique qui est beaucoup plus compétitive
06:43en compétition horizontale.
06:45On crée plein d'entreprises dans le domaine d'activité.
06:48On les fait se battre les unes contre les autres
06:49pour avoir une grosse efficience de coût.
06:52Et puis ensuite, on peut conquérir le monde
06:53avec une base de coût très efficiente.
06:55Et peu à peu, dans une logique
06:57beaucoup moins ambitieuse, mais progressive,
07:00on monte en gamme dans les différentes filières.
07:03On l'a vu dans le solaire.
07:05Finalement, les Chinois ont réussi à, aujourd'hui,
07:07avoir quasiment tout le marché.
07:09Dans les batteries, c'est le cas aussi.
07:10Les batteries, c'est un secteur d'activité
07:11qui est très intéressant, sur lequel la Chine est quand même en avance.
07:14L'automobile, on voit bien que l'Europe souffre beaucoup.
07:16Non mais ça y est, les constructeurs chinois
07:18viennent s'installer dans les usines
07:20des constructeurs européens en Europe.
07:22Ce qui est quand même un signe assez incroyable
07:25et ce qui montre la difficulté, aujourd'hui,
07:26qu'il y a l'Europe à s'opposer à la Chine,
07:28puisque finalement, l'automobile était quand même
07:30un des domaines dans lesquels l'Europe avait une filière
07:32qui était plus forte que celle des autres.
07:35Et puis, évidemment, aujourd'hui, il y a la tech.
07:37Mais dans tous ces secteurs d'activité,
07:38ce qui me fascine, c'est de voir la manière dont ça se passe.
07:41Et donc, on a vraiment cette logique de concurrence.
07:43Et on avait hier les résultats d'Alibaba et de Tencent.
07:46Quand on compare les résultats de la tech américaine
07:49avec les résultats de la tech chinoise,
07:51des boîtes comme Alibaba et Tencent ont un tout petit peu déçu.
07:54Bon, les performances n'étaient pas très bonnes boursièrement récemment,
07:57donc ce n'est pas gênant en soi.
07:59Les valorisations sont beaucoup plus attractives
08:01que ce qu'elles sont, par exemple, sur la tech américaine.
08:03Mais on sent qu'on a plus de compétition.
08:05Une boîte comme Alibaba a déçu
08:07parce qu'ils sont obligés d'investir beaucoup
08:08dans le e-commerce en Chine
08:09et qu'aujourd'hui, ce n'est pas rentable
08:11parce qu'il y a beaucoup de compétition dans ce domaine-là.
08:13Tencent rentabilise beaucoup moins.
08:15WeChat, par exemple,
08:16que Meta ne rentabilise les réseaux sociaux.
08:18Et donc, on a cette logique.
08:19Aujourd'hui, on est encore dans une approche
08:21de compétition forte
08:22et puis on verra pour la rentabilité après.
08:24Mais pour nous, il y a quand même
08:26énormément de facteurs de croissance à venir en Chine
08:28parce qu'en fait, l'écosystème est quand même
08:31assez bon, assez efficient.
08:33Et donc, on pense qu'on a quand même
08:34de la croissance à venir
08:34et on est assez positif globalement
08:36sur l'écosystème chinois,
08:37y compris dans la tech.
08:38Etienne Braque, vous nous racontiez tout à l'heure
08:39que Wall Street a touché des records hier soir
08:41grâce justement à l'intelligence artificielle,
08:44au secteur des semi-conducteurs.
08:46Wall Street qui s'envole malgré
08:48les crises qui sont accessoires
08:50finalement pour le marché américain.
08:52En Europe, ce n'est pas la même ambiance.
08:54Non, ce n'est pas la même ambiance
08:55avec en Europe des investisseurs
08:57qui regardent les taux longs,
08:58qui continuent de progresser.
09:00On est à 3,7% sur le 10 ans français,
09:033,1% pour le 10 ans allemand.
09:05Et ça vient en quelque sorte
09:08refroidir un petit peu les ardeurs
09:09et mettre un petit peu en difficulté
09:11les indices européens.
09:12Alors certes, depuis le début de la guerre en Iran,
09:15il n'y a pas de catastrophe.
09:16Le CAC 40 est à 8000 points,
09:17on est à 8600 points avant ce conflit.
09:20Quand vous regardez l'Eurostock 50,
09:21on est également à 4-5% des plus hauts.
09:23Mais du côté de Wall Street,
09:24c'est vrai qu'encore hier,
09:25on a eu un record,
09:26plus de 1,2% pour le Nasdaq.
09:28Cisco a gagné 20% en après-bourse
09:30après la publication de ses résultats.
09:33Et puis, vous avez une boîte aujourd'hui
09:34qui va rentrer en bourse,
09:36c'est Cerebra.
09:36Ça va lever plus de 5 milliards de dollars
09:38aujourd'hui à la bourse de New York.
09:40C'est la plus grosse introduction de l'année.
09:42Donc, on a un marché qui est très concentré
09:44sur la tech.
09:45Et malheureusement,
09:45comme on a assez peu de valeurs technologiques
09:47en Europe,
09:47à part certaines valeurs comme ASML
09:49et l'industrie des semi-conducteurs,
09:51in fine, l'Europe creuse son écart
09:53avec Wall Street.
09:54Et on parle d'une possible augmentation de taux
09:56en Europe ?
09:56Oui.
09:57Désormais, le marché anticipe à 85%
09:59une hausse des taux de la BCE
10:00dès le mois de juin.
10:01Sachant que,
10:02quand vous regardez le consensus,
10:03il table toujours sur 2 à 3 hausses de taux
10:05sur l'ensemble de l'année.
10:07Et forcément,
10:07ça, ça se répercute.
10:09Le marché qui est toujours dans l'anticipation,
10:11ça se répercute sur les taux longs
10:12et sur les taux courts.
10:13Thibaut Prébet,
10:14est-ce que les marchés ont raison
10:15d'anticiper ces hausses de taux de la BCE ?
10:17Alors, est-ce qu'ils ont raison d'anticiper ?
10:18Oui, je pense que le discours a un peu changé.
10:20Après, est-ce qu'elles sont nécessaires ou utiles ?
10:21Non, c'est complètement ridicule.
10:23Mais c'est l'ère actuelle.
10:25C'est-à-dire que l'ère actuelle,
10:26c'est qu'on a oublié que les gouvernements
10:27avaient le droit de faire des choses,
10:28de bloquer les prix,
10:29de prendre en charge des chocs exogènes
10:31et que la BCE est censée s'occuper
10:33de la politique monétaire.
10:34On comprend bien ce que c'est
10:35qu'une inflation monétaire,
10:36qui est dans le rapport
10:37entre l'épargne et la consommation,
10:38rend l'épargne plus attractive
10:39quand il le faut,
10:40moins attractive.
10:41Quand il y a un choc pétrolier
10:42et que le plein augmente,
10:42les gens n'ont pas une élasticité totale,
10:44même si la consommation a baissé.
10:46Et donc, dans ce type de situation,
10:47ce serait plutôt aux États
10:48de prendre en charge les surcoûts
10:50et aux banques centrales,
10:51éventuellement,
10:51de racheter des emprunts d'étalon
10:52pour baisser le coût de financement
10:54et venir apaiser.
10:55Mais comme, particulièrement en Europe,
10:57avec la crise de 2011,
10:58on est parti du principe
10:59que les États ne feraient jamais rien
11:00extra aux banques centrales
11:01de tout gérer,
11:01avec Draghi qui est devenu
11:03une sorte de ministre
11:04de l'économie européen global,
11:06on a oublié ça.
11:06Et donc, on est au fait
11:07dans cette logique-là.
11:08Mais si vous réfléchissez,
11:09que va faire une hausse de taux
11:10contre un détroit d'Hormuz fermé ?
11:13Est-ce que la BCE peut ouvrir
11:14le droit d'Hormuz ?
11:14Non.
11:15Ça ne changera rien.
11:15Elle peut mettre les taux à 5.
11:17Si l'étroit d'Hormuz reste fermé
11:18pendant 2 ou 3 mois de plus,
11:20on va avoir une inflation
11:21qui va monter à 5, 6.
11:22Ça ne changera rien.
11:23Donc, je pense qu'il faudrait
11:24re-réfléchir à ce que c'est
11:26qu'un phénomène monétaire
11:27ou est-ce que la banque centrale
11:28est utile et donc légitime.
11:30Aujourd'hui, on n'est pas
11:30dans cette logique.
11:31Donc, est-ce que le marché
11:32va vers des hausses de taux
11:33limitées, symboliques ?
11:34Oui.
11:34En réalité, tant qu'il n'y a pas
11:36de boucle de salaire,
11:36c'est-à-dire pas avant l'année prochaine,
11:38c'est complètement idiot,
11:39voire contre-productif.
11:39Nicolas Vanchet, on voit
11:40qu'on a déjà un 10 ans allemand
11:42à 3,1, 10 ans français à 3,7.
11:44Quelles sont les conséquences
11:46et comment est-ce que vous aussi
11:47vous arbitrez en portefeuille ?
11:49Alors, on est d'accord sur ce sujet-là.
11:52Sur un point, c'est-à-dire que la BCE
11:53va sans doute monter les taux en juin,
11:54on l'a compris.
11:55Est-ce qu'elle arrivera
11:55à faire d'autres hausses de taux ?
11:57Je rappelle juste que dans des périodes
11:58du passé dans lesquelles
11:59on avait des chocs exogènes
12:00et un ralentissement macroéconomique
12:02en Europe, malgré un peu plus
12:04d'inflation liée à un choc exogène,
12:06la BCE n'arrivait pas forcément
12:07à faire beaucoup de hausses de taux.
12:09Ça a été le cas au début des années 2010, etc.
12:11Et donc, ce qu'on a regardé chez BNP
12:12et au sein du CIE Office,
12:14c'est les périodes dans lesquelles
12:17la BCE a monté ses taux,
12:18mais en regardant ce qui se passait
12:19sur l'activité économique.
12:20En général, quand la BCE monte ses taux
12:22et que l'activité économique
12:23se porte bien, les taux longs montent.
12:26Mais quand la BCE monte ses taux
12:27et que l'activité économique pique du nez,
12:30ce qui est le cas en ce moment,
12:31en général, les taux longs baissent.
12:32C'est-à-dire qu'on a ce qu'on appelle
12:33un aplatissement de la courbe.
12:34Et nous, on a plutôt tendance
12:36à penser aujourd'hui
12:38que la BCE aura peut-être du mal
12:39à faire toutes les hausses de taux prévues
12:40et qu'en tout cas,
12:41ce qu'il y a d'impressionnant,
12:42c'est qu'on a eu une très forte
12:43surperformance des actions américaines
12:44sur les actions européennes
12:45pour acter le fait
12:46qu'on avait plus de croissance
12:47aux États-Unis,
12:48mais aussi plus d'inflation.
12:49Si on a plus de croissance
12:50et plus d'inflation aux États-Unis,
12:51il est normal qu'on ait des taux
12:53qui montent aux États-Unis.
12:54Et par contre, en Europe,
12:55avec moins d'inflation
12:56et surtout moins de croissance,
12:58les taux longs nous paraissent
12:59avoir très peu de potentiel de hausse.
13:01Et en tout cas,
13:01on s'attend à ce qu'il y ait quand même
13:02une divergence de performance
13:03entre l'Europe et les États-Unis
13:04sur les taux longs,
13:05au-delà de ce que fera la BCE.
13:07Donc, pas de changement structurel
13:09sur les arbitrages en portefeuille,
13:11sur le marché actions ?
13:12Sur les taux, en tout cas,
13:14c'est une opportunité.
13:15On préfère aujourd'hui
13:16acheter des taux que des actions en Europe
13:18parce qu'on acte vraiment
13:19ce gros différentiel
13:21de conjoncture qui est en train
13:22de se créer entre l'Europe
13:23et les États-Unis.
13:24On n'a pas de technologie
13:25également en Europe.
13:26Donc, on souffre d'un manque
13:27d'investissement
13:28qui dope les États-Unis aujourd'hui.
13:30Et sur les actions,
13:32on continue à travailler sur l'Europe,
13:34sur des thèmes de souveraineté,
13:35sur des thèmes de sécurité énergétique
13:36qui sont des thèmes intéressants.
13:37Parce qu'il y a la défense aussi,
13:38mais on voyait que ça ne fonctionnait
13:40pas aussi bien
13:42que ce qu'on pourrait espérer.
13:43Oui, je pense que sur la défense,
13:45on a été trop vite, trop fort.
13:46C'est toujours pareil.
13:47On a eu un gros momentum,
13:49quelque part.
13:51Il est un petit peu battu en brèche.
13:52Et puis, on sait très bien
13:53qu'il y a potentiellement,
13:54on espère en tout cas,
13:56des nouvelles positives en Ukraine.
13:57On verra ce que ça donne.
13:58Mais globalement,
13:59sur la défense,
13:59je pense qu'on a été trop vite,
14:00trop fort.
14:01Comme d'habitude,
14:03le thème reste porteur.
14:04Mais il était logique
14:05qu'on corrige un peu
14:06parce qu'on avait été
14:07un peu trop vite au départ
14:08sur la performance des...
14:10Prébet, pour conclure,
14:11on a beaucoup parlé de l'IA,
14:12il n'y a pas que de l'IA.
14:13Ou si, il n'y a que de l'IA ?
14:15Non, il n'y a pas que de l'IA.
14:15Et ce qui est intéressant,
14:16justement,
14:16c'est qu'aux États-Unis,
14:17comme le secteur de la tech
14:18est méga surreprésenté,
14:19mais en termes de chiffre d'affaires,
14:20c'est que dalle.
14:21C'est-à-dire que comme c'est
14:21des marges énormes,
14:22ces chiffres d'affaires
14:23qui sont très faibles
14:24créent une valeur boursière
14:24qui est colossale.
14:25Mais tout le reste de l'activité
14:26ne se porte pas bien.
14:27Et on le voit d'ailleurs
14:28sur les chiffres d'inflation
14:28qui sont parus,
14:29en particulier dans les prix
14:30à la production.
14:31On a des gens qui ont
14:31un pouvoir d'achat qui baisse,
14:33qui est touché par le prix du pétrole,
14:34qui dans le même temps
14:35ont des coûts de production
14:36qui souffrent déjà
14:37parce que les effets
14:38de la guerre commerciale
14:39et droit de douane
14:40mettent du temps à se transmettre
14:41et maintenant soufflent
14:42des prix pétroliers.
14:43Donc il faut en tête
14:43que le consommateur américain
14:44ne va pas bien.
14:45Tant que des entreprises
14:46qui ont des marges
14:47de 50 à 80%
14:49captent une partie de ça,
14:50génèrent beaucoup de valeur
14:51et sont boursièrement énormes,
14:52ça ne crée pas de crise
14:53parce qu'on se dit
14:53au moins la retraite va bien,
14:55les portefeuilles vont bien
14:56même si le consommateur souffre.
14:57Mais la réalité sous-jacente
14:59est que si on enlève
14:59cette déformation des marchés
15:01par la technologie,
15:02les Etats-Unis
15:03ne vont pas très bien,
15:04probablement moins bien
15:05que l'Europe.
15:06Ça ne se voit pas beaucoup
15:07sur Wall Street,
15:07ça commence à se voir
15:08sur Main Street
15:08et donc je pense que
15:09si les trois dormus
15:10ne s'ouvrent pas,
15:11le consommateur américain
15:12va commencer à tirer
15:13un peu la gueule.
15:13Thibaut Prébet,
15:14économiste indépendant,
15:15Nicolas Voincher
15:16et son sap de l'allocation
15:17des thématiques actions
15:17chez BNP Paribas,
15:19CIB.
15:19Merci beaucoup
15:19d'avoir été avec nous
15:21ce matin
15:21pour ce briefing boursier.
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