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  • il y a 12 heures
Ce jeudi 14 mai, les raisons favorisant la hausse de la Bourse européenne depuis le début de l'année ont été abordées par François Gobron, gérant actions européennes et gérant du fonds GFA Actions Generali Investments, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00À 9h08 ce matin, nous allons parler d'Action Européenne avec vous, François Gobron.
00:05Bonjour, merci de vous accompagner ce matin.
00:07Vous êtes gérant Action Européenne chez Generali Investment.
00:11L'Europe n'a toujours pas retrouvé ses plus hauts historiques.
00:13On n'en est pas très loin, on est à 4-5% sur les grands indices européens,
00:18alors que Céoul a encore touché un record cette nuit.
00:20On en reparlera dans quelques minutes.
00:22Hier soir, c'était encore des plus hauts du côté de Wall Street.
00:25On a un marché aujourd'hui qui est très concentré sur la tech.
00:27On en reparlera dans un instant.
00:29Néanmoins, il n'y a pas de catastrophe.
00:31Même l'Europe, on n'arrête pas de dire l'Europe est en retard.
00:334-5%, rien de méchant, mais c'est sûr que par rapport à Wall Street, ça se voit.
00:37Oui, ça se voit.
00:38Et c'est vrai que la hausse en Europe est vraiment, comme les États-Unis d'ailleurs,
00:41très concentrée sur quelques acteurs.
00:43Et la grosse différence entre les États-Unis et l'Europe,
00:45c'est qu'aux États-Unis, ils ont beaucoup de valeur tech.
00:48Nous, on en a très peu.
00:49Et quand on regarde sur l'Eurostock 50, la hausse depuis le début de l'année,
00:55elle est principalement liée à Infineon et Eni.
01:00Infineon, c'est plus 65% Your2Date.
01:02Donc, c'est quand même une grosse performance.
01:04Eni, l'italien, le prétouriel italien, c'est 47% de hausse cette année.
01:09Et donc, en fait, toute la hausse des indices se retrouve tirée par quelques valeurs.
01:14Le reste ne fait rien ou quasiment rien.
01:16Donc, il faut être extrêmement sélectif.
01:17Et ASML aussi, bien sûr, qui est la plus grande capitalisation européenne,
01:22qui là aussi est tirée par l'intelligence artificielle.
01:24Ça sauve d'ailleurs l'Eurostock 50, comme beaucoup de fonds aujourd'hui sur la place de Paris.
01:29Oui, sauf que l'ASML, depuis le début de l'année, n'a pas fait grand-chose.
01:32Donc, on se retrouve en fait avec un moteur de croissance qui était les semi-conducteurs et l'IA,
01:37les rares valeurs européennes qui étaient vraiment très exposées au thème de l'IA,
01:42qui se retrouvent déjà bien valorisées.
01:43Et donc, on a moins de performances sur ces valeurs-là, même si ce sont de très très belles valeurs.
01:49C'est pour cette raison-là que je pense qu'il y a des opportunités
01:52qui sont dans les valeurs qui ont été injustement massacrées sur le risque IA,
01:56qui sont les SS2I.
01:58Il faut avoir du courage pour y aller maintenant,
02:01mais je pense qu'effectivement, il y a de la valeur dans les SS2I.
02:04Et surtout, les éditeurs de logiciels.
02:05Un éditeur de logiciels comme SAP, c'est 80% de chiffre d'affaires récurrent.
02:09Le titre a encore perdu 4% hier.
02:12Il y a notamment des craintes qui sont légitimes sur le fait,
02:16notamment qu'OpenIA a créé sa propre entité pour distribuer en direct ses solutions.
02:21Anthropik fait la même chose.
02:22Et in fine, la question, c'est est-ce que demain, on aura toujours besoin de SAP ?
02:26Exactement.
02:26Mais en fait, SAP est tellement intrinsèquement imbriqué dans tous les départements d'une entreprise
02:31que ça va être très difficile de les déloger, d'une part.
02:34Ils créent de la donnée.
02:35Et après, ce qu'ils sont en train de faire aujourd'hui,
02:37c'est qu'ils sont en train de ringfencer,
02:38de mettre des barrières autour de leurs données pour en interdire l'accès
02:42ou mettre un péage si on veut utiliser une IA externe pour utiliser les données internes à SAP.
02:47Donc, ils sont assez bien protégés.
02:49Et encore une fois, c'est 80% de chiffre d'affaires récurrent.
02:52Un modèle qui est en train d'évoluer vers un paiement, une facturation à l'usage et plus au siège.
03:01Donc, ils sont en train d'adresser le problème de l'IA assez rapidement.
03:05Et je pense que c'est quelque chose de très, très bon pour eux.
03:08Hier, ils ont fait leur conférence Saphir, qui est la grande conférence SAP, avec les nouveautés SAP.
03:15Et on voit très bien qu'ils sont en train d'adresser le problème de l'IA
03:18pour se positionner comme orchestrateur de l'IA au sein des entreprises.
03:23Mais le titre a perdu 4.
03:24Donc, le marché n'y croit pas vraiment.
03:25Je n'y suis pas convaincu.
03:28Et ça sera bien sûr à voir dans le temps.
03:30C'est vrai que maintenant, il faut que ces groupes arrivent à démontrer que le marché se trompe.
03:34Et ça peut prendre plusieurs semaines, plusieurs mois.
03:37Exactement.
03:38Alors, en Europe, on a le secteur technologique qui arrive à quand même jouer un petit peu son rôle d
03:43'amortisseur.
03:44Et puis, on a le secteur également pétrolier, parapétrolier.
03:47D'ailleurs, ça se voit sur le FTSE, la Bourse de Londres, qui surperforme certaines places européennes.
03:52Avec ce détroit d'Hormuz qui est toujours bloqué.
03:54Alors, c'est un sujet d'inquiétude.
03:55Et puis, de l'autre, ça profite au secteur du pétrole, du gaz.
04:00Le sujet, bien sûr, c'est combien de temps va rester bloqué ce détroit ?
04:03Aujourd'hui, c'est un frein pour l'Europe.
04:06Alors, sur cette thématique-là, nous, ce qu'on a fait, c'est qu'on a pris des sociétés pétrolières
04:11qui ne sont pas exposées au détroit d'Hormuz.
04:13Donc, des sociétés qui sont exposées au Brésil, comme Galp, ou à l'Afrique, comme Total Gabon.
04:18Qui sont vraiment des sociétés très, très peu exposées à Hormuz.
04:23Ou également Eni, les Italiens, qui sont assez peu exposées également à Hormuz.
04:28Eux, ils sont en train de bénéficier de la hausse du pétrole.
04:31Ils sont relativement peu edgés, on va dire.
04:34Ils n'ont pas vendu à terme leur production.
04:37Et donc, ils bénéficient à plein de la hausse du pétrole actuelle.
04:42Ceci dit, le vrai problème, c'est un problème finalement économique.
04:46Qu'est-ce qui va se passer ?
04:48Quand est-ce que ça va se rouvrir ?
04:49Qu'est-ce qui va se passer à la rouverture ?
04:50Et entre-temps, combien d'inflation est-ce que cela va générer ?
04:53Aujourd'hui, on a l'impression que le détroit va se rouvrir et que tout sera réglé.
04:59En fait, il y a un léger problème de logistique.
05:00C'est que tous les super-tankers sont repartis au Brésil.
05:04Donc, c'est 50 jours de mer pour aller au Brésil.
05:06De là, ils vont alimenter la Chine via le détroit de Panama, le canal de Panama.
05:12Et pour revenir, il faudra 50 jours.
05:14Donc, quand le détroit d'Hormuz va rouvrir, il faudra 50 jours de délai, de logistique pour amener les pétroliers
05:20à Hormuz.
05:22Les gagnants de cette potentielle paix, parce que c'est vrai que le marché est toujours dans l'anticipation,
05:29quels pourraient être les secteurs demain qui pourraient rebondir
05:32si un accord de paix se dessine ?
05:35Alors, déjà, je pense que le grand gagnant, ce sera l'Europe, en général.
05:39C'est nous qui...
05:40L'Europe et l'Asie.
05:41Mais l'Europe est en train de souffrir beaucoup de la hausse du pétrole.
05:44Tandis que les États-Unis sont autosuffisants en pétrole.
05:47C'est le premier producteur mondial de pétrole.
05:48Donc, ils en exportent eux-mêmes.
05:49Ils bénéficient eux aussi de la hausse des prix.
05:52Donc, quand il y aura une réouverture et une normalisation de la situation,
05:55l'Europe sera le grand gagnant.
05:56Et au sein de l'Europe, alors, c'est vrai que le secteur de l'énergie risque de souffrir un
06:00peu.
06:00Mais à part ça, les banques vont être les grandes gagnantes, à mon avis,
06:05avec une inflation qui va perdurer et des taux qui vont monter.
06:10Il y a un sujet technique sur la pontification ou l'aplatissement de la courbe des taux
06:14qu'il faudra regarder de près.
06:15Mais les banques sont principalement les grandes gagnantes.
06:18Et également, je pense, la technologie et la défense.
06:22puisqu'on a eu vraiment un choc sur la défense.
06:25On se rend compte que la défense est nécessaire et que la paix a un prix.
06:31Et on va continuer d'investir en la défense.
06:33La défense pourrait profiter d'une paix.
06:35Oui, je pense.
06:36C'est vrai qu'au départ de cette guerre, on s'est dit,
06:38tiens, le secteur de la défense va monter.
06:40Au final, non.
06:41Si on regarde l'Eurostox Défense, il était plus haut en février qu'aujourd'hui.
06:46Et à l'inverse, si demain on a une paix, ce secteur pourrait en profiter.
06:48Il faut être très sélectif.
06:51Il faut prendre des sociétés qui ont des contrats longs,
06:53avec des contrats multiannuels ou même sur des décennies.
06:57Donc les fabricants de navires, de guerres, de frégates,
07:04les fabricants d'avions.
07:06Et donc là, on tombe sur Dassault, sur Rheinmetall,
07:10sur les grands noms de la défense,
07:13qui n'ont pas bien performé en fait.
07:14Il y a eu une anticipation des marchés sur les besoins de matériel de défense.
07:21Et aujourd'hui, cette anticipation était un petit peu,
07:24peut-être on est allé un peu vite.
07:25Et donc, on est en train de revenir.
07:26Mais je pense que c'est un secteur extrêmement porteur pour les prochaines années
07:29pour maintenir la paix en Europe.
07:32Merci beaucoup François Gobron de nous avoir accompagné ce matin,
07:34gérant Action Européenne chez Generali Investment,
07:37de nous avoir partagé un petit peu vos convictions
07:39et de faire un point sur les actions européennes
07:41qui ont du retard, mais qui ont du potentiel.
07:43Et avec vous, ça nous permet d'avoir un petit peu un coup d'avance
07:46et de regarder quels sont les secteurs qui ont de l'intérêt aujourd'hui.
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