00:00À 9h08 ce matin, nous allons parler d'Action Européenne avec vous, François Gobron.
00:05Bonjour, merci de vous accompagner ce matin.
00:07Vous êtes gérant Action Européenne chez Generali Investment.
00:11L'Europe n'a toujours pas retrouvé ses plus hauts historiques.
00:13On n'en est pas très loin, on est à 4-5% sur les grands indices européens,
00:18alors que Céoul a encore touché un record cette nuit.
00:20On en reparlera dans quelques minutes.
00:22Hier soir, c'était encore des plus hauts du côté de Wall Street.
00:25On a un marché aujourd'hui qui est très concentré sur la tech.
00:27On en reparlera dans un instant.
00:29Néanmoins, il n'y a pas de catastrophe.
00:31Même l'Europe, on n'arrête pas de dire l'Europe est en retard.
00:334-5%, rien de méchant, mais c'est sûr que par rapport à Wall Street, ça se voit.
00:37Oui, ça se voit.
00:38Et c'est vrai que la hausse en Europe est vraiment, comme les États-Unis d'ailleurs,
00:41très concentrée sur quelques acteurs.
00:43Et la grosse différence entre les États-Unis et l'Europe,
00:45c'est qu'aux États-Unis, ils ont beaucoup de valeur tech.
00:48Nous, on en a très peu.
00:49Et quand on regarde sur l'Eurostock 50, la hausse depuis le début de l'année,
00:55elle est principalement liée à Infineon et Eni.
01:00Infineon, c'est plus 65% Your2Date.
01:02Donc, c'est quand même une grosse performance.
01:04Eni, l'italien, le prétouriel italien, c'est 47% de hausse cette année.
01:09Et donc, en fait, toute la hausse des indices se retrouve tirée par quelques valeurs.
01:14Le reste ne fait rien ou quasiment rien.
01:16Donc, il faut être extrêmement sélectif.
01:17Et ASML aussi, bien sûr, qui est la plus grande capitalisation européenne,
01:22qui là aussi est tirée par l'intelligence artificielle.
01:24Ça sauve d'ailleurs l'Eurostock 50, comme beaucoup de fonds aujourd'hui sur la place de Paris.
01:29Oui, sauf que l'ASML, depuis le début de l'année, n'a pas fait grand-chose.
01:32Donc, on se retrouve en fait avec un moteur de croissance qui était les semi-conducteurs et l'IA,
01:37les rares valeurs européennes qui étaient vraiment très exposées au thème de l'IA,
01:42qui se retrouvent déjà bien valorisées.
01:43Et donc, on a moins de performances sur ces valeurs-là, même si ce sont de très très belles valeurs.
01:49C'est pour cette raison-là que je pense qu'il y a des opportunités
01:52qui sont dans les valeurs qui ont été injustement massacrées sur le risque IA,
01:56qui sont les SS2I.
01:58Il faut avoir du courage pour y aller maintenant,
02:01mais je pense qu'effectivement, il y a de la valeur dans les SS2I.
02:04Et surtout, les éditeurs de logiciels.
02:05Un éditeur de logiciels comme SAP, c'est 80% de chiffre d'affaires récurrent.
02:09Le titre a encore perdu 4% hier.
02:12Il y a notamment des craintes qui sont légitimes sur le fait,
02:16notamment qu'OpenIA a créé sa propre entité pour distribuer en direct ses solutions.
02:21Anthropik fait la même chose.
02:22Et in fine, la question, c'est est-ce que demain, on aura toujours besoin de SAP ?
02:26Exactement.
02:26Mais en fait, SAP est tellement intrinsèquement imbriqué dans tous les départements d'une entreprise
02:31que ça va être très difficile de les déloger, d'une part.
02:34Ils créent de la donnée.
02:35Et après, ce qu'ils sont en train de faire aujourd'hui,
02:37c'est qu'ils sont en train de ringfencer,
02:38de mettre des barrières autour de leurs données pour en interdire l'accès
02:42ou mettre un péage si on veut utiliser une IA externe pour utiliser les données internes à SAP.
02:47Donc, ils sont assez bien protégés.
02:49Et encore une fois, c'est 80% de chiffre d'affaires récurrent.
02:52Un modèle qui est en train d'évoluer vers un paiement, une facturation à l'usage et plus au siège.
03:01Donc, ils sont en train d'adresser le problème de l'IA assez rapidement.
03:05Et je pense que c'est quelque chose de très, très bon pour eux.
03:08Hier, ils ont fait leur conférence Saphir, qui est la grande conférence SAP, avec les nouveautés SAP.
03:15Et on voit très bien qu'ils sont en train d'adresser le problème de l'IA
03:18pour se positionner comme orchestrateur de l'IA au sein des entreprises.
03:23Mais le titre a perdu 4.
03:24Donc, le marché n'y croit pas vraiment.
03:25Je n'y suis pas convaincu.
03:28Et ça sera bien sûr à voir dans le temps.
03:30C'est vrai que maintenant, il faut que ces groupes arrivent à démontrer que le marché se trompe.
03:34Et ça peut prendre plusieurs semaines, plusieurs mois.
03:37Exactement.
03:38Alors, en Europe, on a le secteur technologique qui arrive à quand même jouer un petit peu son rôle d
03:43'amortisseur.
03:44Et puis, on a le secteur également pétrolier, parapétrolier.
03:47D'ailleurs, ça se voit sur le FTSE, la Bourse de Londres, qui surperforme certaines places européennes.
03:52Avec ce détroit d'Hormuz qui est toujours bloqué.
03:54Alors, c'est un sujet d'inquiétude.
03:55Et puis, de l'autre, ça profite au secteur du pétrole, du gaz.
04:00Le sujet, bien sûr, c'est combien de temps va rester bloqué ce détroit ?
04:03Aujourd'hui, c'est un frein pour l'Europe.
04:06Alors, sur cette thématique-là, nous, ce qu'on a fait, c'est qu'on a pris des sociétés pétrolières
04:11qui ne sont pas exposées au détroit d'Hormuz.
04:13Donc, des sociétés qui sont exposées au Brésil, comme Galp, ou à l'Afrique, comme Total Gabon.
04:18Qui sont vraiment des sociétés très, très peu exposées à Hormuz.
04:23Ou également Eni, les Italiens, qui sont assez peu exposées également à Hormuz.
04:28Eux, ils sont en train de bénéficier de la hausse du pétrole.
04:31Ils sont relativement peu edgés, on va dire.
04:34Ils n'ont pas vendu à terme leur production.
04:37Et donc, ils bénéficient à plein de la hausse du pétrole actuelle.
04:42Ceci dit, le vrai problème, c'est un problème finalement économique.
04:46Qu'est-ce qui va se passer ?
04:48Quand est-ce que ça va se rouvrir ?
04:49Qu'est-ce qui va se passer à la rouverture ?
04:50Et entre-temps, combien d'inflation est-ce que cela va générer ?
04:53Aujourd'hui, on a l'impression que le détroit va se rouvrir et que tout sera réglé.
04:59En fait, il y a un léger problème de logistique.
05:00C'est que tous les super-tankers sont repartis au Brésil.
05:04Donc, c'est 50 jours de mer pour aller au Brésil.
05:06De là, ils vont alimenter la Chine via le détroit de Panama, le canal de Panama.
05:12Et pour revenir, il faudra 50 jours.
05:14Donc, quand le détroit d'Hormuz va rouvrir, il faudra 50 jours de délai, de logistique pour amener les pétroliers
05:20à Hormuz.
05:22Les gagnants de cette potentielle paix, parce que c'est vrai que le marché est toujours dans l'anticipation,
05:29quels pourraient être les secteurs demain qui pourraient rebondir
05:32si un accord de paix se dessine ?
05:35Alors, déjà, je pense que le grand gagnant, ce sera l'Europe, en général.
05:39C'est nous qui...
05:40L'Europe et l'Asie.
05:41Mais l'Europe est en train de souffrir beaucoup de la hausse du pétrole.
05:44Tandis que les États-Unis sont autosuffisants en pétrole.
05:47C'est le premier producteur mondial de pétrole.
05:48Donc, ils en exportent eux-mêmes.
05:49Ils bénéficient eux aussi de la hausse des prix.
05:52Donc, quand il y aura une réouverture et une normalisation de la situation,
05:55l'Europe sera le grand gagnant.
05:56Et au sein de l'Europe, alors, c'est vrai que le secteur de l'énergie risque de souffrir un
06:00peu.
06:00Mais à part ça, les banques vont être les grandes gagnantes, à mon avis,
06:05avec une inflation qui va perdurer et des taux qui vont monter.
06:10Il y a un sujet technique sur la pontification ou l'aplatissement de la courbe des taux
06:14qu'il faudra regarder de près.
06:15Mais les banques sont principalement les grandes gagnantes.
06:18Et également, je pense, la technologie et la défense.
06:22puisqu'on a eu vraiment un choc sur la défense.
06:25On se rend compte que la défense est nécessaire et que la paix a un prix.
06:31Et on va continuer d'investir en la défense.
06:33La défense pourrait profiter d'une paix.
06:35Oui, je pense.
06:36C'est vrai qu'au départ de cette guerre, on s'est dit,
06:38tiens, le secteur de la défense va monter.
06:40Au final, non.
06:41Si on regarde l'Eurostox Défense, il était plus haut en février qu'aujourd'hui.
06:46Et à l'inverse, si demain on a une paix, ce secteur pourrait en profiter.
06:48Il faut être très sélectif.
06:51Il faut prendre des sociétés qui ont des contrats longs,
06:53avec des contrats multiannuels ou même sur des décennies.
06:57Donc les fabricants de navires, de guerres, de frégates,
07:04les fabricants d'avions.
07:06Et donc là, on tombe sur Dassault, sur Rheinmetall,
07:10sur les grands noms de la défense,
07:13qui n'ont pas bien performé en fait.
07:14Il y a eu une anticipation des marchés sur les besoins de matériel de défense.
07:21Et aujourd'hui, cette anticipation était un petit peu,
07:24peut-être on est allé un peu vite.
07:25Et donc, on est en train de revenir.
07:26Mais je pense que c'est un secteur extrêmement porteur pour les prochaines années
07:29pour maintenir la paix en Europe.
07:32Merci beaucoup François Gobron de nous avoir accompagné ce matin,
07:34gérant Action Européenne chez Generali Investment,
07:37de nous avoir partagé un petit peu vos convictions
07:39et de faire un point sur les actions européennes
07:41qui ont du retard, mais qui ont du potentiel.
07:43Et avec vous, ça nous permet d'avoir un petit peu un coup d'avance
07:46et de regarder quels sont les secteurs qui ont de l'intérêt aujourd'hui.
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