00:04Et nous commençons tout de suite avec cette première partie dédiée aux convictions d'un professionnel de la gestion de
00:10patrimoine
00:11vis-à-vis de la dette privée investie en infrastructures. Pour en parler, nous avons le plaisir d'accueillir Philippe
00:17Mousseau.
00:18Bonjour Philippe. Bonjour Nicolas. Merci d'être avec nous. Vous êtes cofondateur de Bonjour Patrimoine.
00:22Est-ce que vous pouvez nous dire quelles sont les convictions que vous avez en tant que professionnel de la
00:27gestion de patrimoine
00:28sur cette classe d'actifs amenée à se développer, portée par des plans de relance, notamment en Europe et en
00:35Allemagne,
00:35ces investissements en infrastructures au moyen de la dette privée qui s'ouvre aux particuliers ?
00:41Oui, c'est ça exactement. Je dirais que c'est le timing où toutes les planètes sont alignées un petit
00:47peu pour cette classe d'actifs.
00:50Pourquoi ? Alors déjà, l'infrastructure, effectivement, ça va être des actifs physiques, ça peut être du digital, ça peut
00:56être des transports,
00:57ça peut être du social. Mais si on se focus un petit peu sur le digital, on se rend compte
01:01que c'est quand même le moment.
01:03On va parler de quoi, notamment ? On va parler de data center.
01:06Oui, bien sûr. Aujourd'hui, l'intelligence artificielle, exactement.
01:11Et après, il y a le cadre réglementaire, que ce soit français, avec la loi, effectivement, Industrie verte, fin 2024,
01:18que ce soit effectivement aussi la réglementation européenne, avec LTIF 2.0, aussi fin 2024.
01:25Tout ça concourt à faire en sorte que, oui, on va parler de démocratisation, c'est un grand mot,
01:30ça reste une classe d'actifs institutionnels qui s'ouvre.
01:33La loi Industrie verte, maintenant, permet effectivement, dans les mandats de gestion des PER ou des assurances-vie,
01:39de mettre entre 4 à 8% sur les gestions profilées.
01:43Donc ça, c'est quand même un vrai point.
01:44Et il ne faut pas se tromper, si ça s'ouvre aux particuliers, c'est parce qu'il y a
01:47des besoins d'investissement
01:48et qu'on cherche l'épargne des particuliers pour accompagner ces besoins d'investissement,
01:52mais ça peut créer des opportunités pour les particuliers.
01:54Exactement.
01:54Il faut simplement savoir dans quoi on va.
01:56Exactement, il faut savoir dans quoi on va et comment on y va.
01:59D'accord.
01:59C'est pour ça que nous, en tant que CGP, on a vraiment une place prépondérante par rapport à ça,
02:03pour accompagner nos clients, pour sélectionner les meilleurs fonds de la classe d'actifs.
02:08Alors oui, il y a une profondeur.
02:09Aujourd'hui, les chiffres, à peu près, sur les 10, 15 prochaines années,
02:13on parle de 10 000 à 20 000 milliards d'investissement en data center.
02:17D'accord.
02:17C'est un chiffre absolument impressionnant pour illustrer la profondeur qu'on peut avoir.
02:23Donc oui, effectivement, la réglementation, pour une fois, va dans le bon sens.
02:27D'accord.
02:27OK.
02:28Notre job, nous, maintenant, c'est d'accompagner nos clients par rapport à ça.
02:30Quand on parle de 10 000 à 20 000 milliards d'investissement en data center,
02:33est-ce que ça ne risque pas de créer aussi une sorte d'euphorie et de concentration,
02:40ou même de manque de sélectivité ?
02:42Comment est-ce qu'on accompagne des clients ?
02:43Et comment est-ce qu'on développe des convictions sur la dette infra, Philippe ?
02:46Oui, exactement.
02:47Je vais faire un amalgame, une analogie qui est rigolote ou pas,
02:51quand on a un peu de recul maintenant.
02:52Mais on pourrait dire, effectivement, que les fonds Evergreen Infrastructure
02:56sont les SCPI, si on remonte dans les années 80.
03:00D'accord, dans les années 80, oui.
03:01Au début, parce qu'on démocratise une classe d'actifs institutionnels
03:07sur un fonctionnement où, oui, Evergreen,
03:10parce qu'il y a un peu plus de liquidité à la SCPI sur le principe,
03:14c'était ça, on a vu les dérives.
03:17Et effectivement, par rapport à la concentration,
03:20au début, c'était essentiellement des SCPI de bureau.
03:22D'accord.
03:22Maintenant, ça s'est largement ouvert.
03:23Et on peut tomber dans le même fonctionnement.
03:28Donc, il faut être très vigilant par rapport à ça.
03:29Il faut bien comprendre l'analogie,
03:31parce que les SCPI ont eu des moments très porteurs
03:34et des moments plus douloureux.
03:35Comment est-ce que vous la positionnez, cette analogie, vis-à-vis des SCPI ?
03:40Je reviens, allez, 30 ans en arrière, au tout début.
03:44Là où l'idée première des SCPI,
03:47c'était effectivement permettre d'avoir accès à une classe d'actifs
03:50dont les particuliers ne pouvaient pas avoir accès en temps normal.
03:52D'accord. Donc là, on est dans la même dynamique.
03:53Voilà, exactement.
03:54Mais effectivement, il y a eu des dérives,
03:56parce qu'il y a eu de la concentration,
03:57parce qu'il y a eu des très belles années.
03:58Et maintenant, en 2026, on a un regard différent.
04:02Eh bien, justement, c'est une très bonne analogie
04:06pour rappeler qu'il faut regarder dans quoi on investit
04:08et aller plus loin, effectivement,
04:09que le terme générique dédié à la classe d'actifs.
04:10Il faut regarder les stratégies de gestion aussi, du coup.
04:12Exactement.
04:13C'est le métier du professionnel de gestion de patrimoine.
04:15Et c'est pour ça qu'on est là.
04:17Exactement.
04:17Oui, oui, effectivement, il faut regarder dans quoi on investit.
04:20Les fonds, alors, ça reste très simple comme classe d'actifs.
04:22La profondeur aujourd'hui de marché, elle n'est pas énorme.
04:25Mais on commence, effectivement, à avoir des grands noms.
04:27Schroeder, TKO, AXA, Eiffel,
04:30sur lesquels on peut analyser, vraiment,
04:32et avoir une belle diversification.
04:35C'est une classe d'actifs, aujourd'hui,
04:37qui doit s'analyser dans le cadre d'un patrimoine global
04:39pour nos clients,
04:40au même titre que le private equity,
04:43au même titre que, pourquoi pas, les cryptos,
04:45que les actions, que les obligations.
04:46Donc, voilà, c'est une classe d'actifs
04:47qui peut représenter jusqu'à 10% d'un patrimoine.
04:49Il y a un argument qui revient souvent.
04:51C'est dans une stratégie de diversification.
04:52C'est cet aspect décorrélé d'autres classes d'actifs.
04:56Ça fait partie des arguments ?
04:58Ça fait partie des arguments.
04:59C'est un des arguments.
05:01Mais je dirais, ça peut être le premier.
05:03Le deuxième, je dirais, c'est plutôt
05:05le fait de lutter contre l'inflation.
05:08Parce que souvent, effectivement,
05:09c'est une classe d'actifs
05:10sur laquelle il va y avoir des revenus
05:12qui vont être indexés.
05:13Pourquoi pas ?
05:13Donc, pour un particulier investisseur,
05:16c'est une décorrélation par rapport au marché.
05:19D'accord.
05:20Voilà, quand on regarde deux ans en arrière,
05:21c'est une classe d'actifs qui va moins bien performer
05:23que les marchés d'action.
05:24C'est normal.
05:24Les marchés d'action, sur les deux dernières années,
05:26sont quand même bien montés.
05:29Bien sûr.
05:30Mais effectivement,
05:32lutte contre l'inflation, décorrélation.
05:34Et malgré tout,
05:36on a une valeur liquidative
05:37qui reste, je dirais,
05:41assez intransparente,
05:41mais qui permet effectivement
05:42d'investir et de ne pas stresser
05:46comme sur les marchés d'action.
05:48La liquidité,
05:49très rapidement,
05:51permise,
05:52enfin en tout cas,
05:53les fenêtres de liquidité,
05:54soyons précis,
05:55permises par les fonds Evergreen,
05:56c'est un argument aussi
05:57ou au contraire,
05:58il ne faut pas y aller
05:58pour cette raison-là ?
06:01C'est un peu des deux.
06:03D'accord.
06:04Ça peut être un argument,
06:05mais ça ne doit pas être
06:05l'argument principal.
06:06Exactement.
06:07C'est un argument
06:08parce qu'effectivement,
06:09par rapport à un fonds fermé classique,
06:12on va écraser un peu la courbe en J.
06:13D'accord.
06:14Les fonds,
06:14au lieu d'avoir des appels de fonds,
06:16déjà souvent les tickets,
06:17ce n'est pas les mêmes.
06:17Sur des fonds fermés,
06:18ça va être plutôt aux alentours de 100 000.
06:19Sur les fonds Evergreen,
06:20ça va être des tickets plus petits.
06:22Une performance souvent moins importante
06:24quand même que les fonds fermés.
06:27Mais le gros avantage,
06:28c'est que ça écrase la courbe en J
06:30parce qu'en fait,
06:31le fonds est déjà investi en lui-même,
06:32donc l'investisseur rentre déjà
06:33dans une solution qui tourne,
06:35entre guillemets.
06:36Donc ça, c'est quand même
06:37une force en tant que telle.
06:40Et derrière,
06:41c'est effectivement
06:42les portes de sortie
06:43qui peuvent être mensuelles
06:45trimestriels organisées
06:45de toute façon
06:46par la société de gestion.
06:47Mais attention,
06:48ce n'est pas un livret A non plus.
06:49Ce n'est pas parce qu'elles sont organisées
06:51que de toute façon,
06:51elles se passeront.
06:53Ça ne reste qu'une possibilité offerte
06:55par rapport à un fonds fermé,
06:56mais ce n'est pas certain non plus.
06:58Merci beaucoup,
06:59Philippe Mousseau,
06:59de nous avoir accompagné
07:00dans la première partie de cette émission.
07:01Je rappelle que vous êtes
07:02le cofondateur de Bonjour Patrimoine.
07:03Et quant à nous,
07:04on se retrouve tout de suite
07:04dans Enjeu Patrimoine.
07:05dans la première partie de la question.
07:06Et on se retrouve tout de suite
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