- il y a 10 heures
Vendredi 10 avril 2026, retrouvez David Charlet (président, ANACOFI) dans SMART PATRIMOINE, une émission présentée par Nicolas Pagniez.
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00:04Et nous enchaînons à présent avec Enjeu Patrimoine, nous avons le plaisir de recevoir sur le plateau de Smart Patrimoine
00:09à la convention annuelle de l'Anacofi, David Charlet.
00:12Bonjour David. Bonjour. Merci d'être avec nous, vous êtes le président de l'Anacofi, l'Anacofi qui tient sa
00:17convention annuelle aujourd'hui.
00:18Et justement avec un petit peu de nouveauté dans cette convention par rapport aux années précédentes.
00:23Oui, on a revu le format, on a un format où d'abord on a changé le lieu totalement, il
00:28n'a plus rien à voir avec le Louvre.
00:30Ensuite on a construit un événement plus péchu, on l'a un peu musclé, c'est un peu plus rapide,
00:38c'est des duos là où il y aurait eu dans le temps des tables rondes,
00:41elles ne s'enchaînent pas, elles sont à différents moments, on a mis des ateliers, les ateliers ne sont pas
00:47dans les mêmes salles,
00:48donc on crée un peu de flux, d'ailleurs qui apparemment ont beaucoup plu puisqu'on a dû rajouter des
00:52salles dans les ateliers.
00:53D'accord.
00:54Voilà, et donc on voit bien, on a tout changé, on a rajouté un site internet dédié à cet événement.
00:59Donc on a fait beaucoup de choses pour faire un événement qui ressemble par certains marqueurs à celui d'avant,
01:06mais qui soit fondamentalement différent, si ce n'est une chose, on est obligé de faire nos assemblées générales,
01:10mais même nos assemblées générales, je sors de la première des assemblées générales, ce n'est pas la même ambiance.
01:15D'accord, c'est plus dynamique, c'est ça, c'est plus interactif peut-être ?
01:20Dans la salle qu'on avait au Louvre, c'était quand même très noir, très fermé, là où on a
01:24une salle, on a plus de lumière, là il y a plus d'énergie.
01:29Est-ce qu'il faut y voir une interprétation ?
01:31L'Anna Kofi modernise son événement parce que le secteur, les CGP, les conseillers qui sont avec nous aujourd'hui
01:39sont en attente de modernité,
01:40peut-être qu'eux aussi voient leur métier évoluer ?
01:43Non, je pense surtout que c'était la version d'avant qui était morte.
01:45D'accord, soyons clairs.
01:47Oui, oui, oui, on la faisait comme ça depuis 12 ans, elle n'avait plus de nouveauté pour qui que
01:52ce soit et que ce soit nos membres ou autres,
01:54donc certains disaient que c'est devenu un moment qu'on attend, parce qu'il était fixe, oui mais il
01:59était tellement fixe qu'en fait ce format était mort.
02:03D'accord.
02:03Donc là ce que l'on a fait c'est qu'on a repris les codes dont on savait qu
02:06'il plaisait de cet événement, on avait compris que le lieu qui était exceptionnel quand on l'a utilisé, on
02:10avait été les premiers,
02:11était maintenant utilisé par tout le monde, donc ça rendait ce côté exceptionnel là mort.
02:16D'accord.
02:16Donc on est venu ailleurs où c'est un peu plus aéré, et puis on avait fait, on avait testé
02:22un concept d'université d'été pendant deux ans qui est beaucoup plu.
02:24Oui.
02:25Mais on a dit on ne peut pas porter de grands événements par an.
02:27Donc en fait ce qu'on a fait ici, on a ramené des codes de ce que l'on avait
02:31fait pour les universités d'été, on a pris certains des marqueurs de la convention,
02:37et on a fabriqué ça, mais l'autre était de toute façon mort et on en était tous d'accord.
02:42On enregistre cette interview à la mi-journée, donc au milieu de l'événement David, qu'est-ce qui ressort
02:48des allées, quels sont les enjeux du secteur à l'heure actuelle,
02:52les inquiétudes, peut-être aussi les sources de félicitations, à quoi fait face le secteur aujourd'hui selon vous, et
03:01qu'est-ce qui ressort dans les allées ?
03:02Alors dans les allées, j'y étais moins que les autres parce que j'étais en pleinière, mais j'échange
03:07avec mes membres régulièrement.
03:10Les enjeux, on a toujours les réglementaires, on a toujours la réorganisation des entreprises, et pas forcément que pour des
03:19raisons réglementaires.
03:19Là j'expliquais tout à l'heure ce que l'on a constaté sur les fusions d'entreprises, la modification
03:26de la nature même des membres que l'on a,
03:29et puis on a un grand enjeu qui n'était presque pas attendu à cette dimension-là, si je puis
03:34dire, c'est la succession des crises.
03:37En fait on a eu le Covid, on a vécu ça, mais après on s'est dit tiens ça va
03:40se calmer, ça ne s'est pas calmé.
03:41Et puis alors maintenant on a des crises d'une autre nature, et donc il faut s'adapter aussi dans
03:47la préconisation, dans des espèces d'éléments d'anticipation,
03:51mais d'anticipation de choses non anticipables, et mine de rien depuis le Covid, donc ça commence à...
03:56Il y a un moment on va taper à 10 ans...
03:58Ça fait 6 ans qu'on est dans une incertitude permanente.
04:00Exactement, donc ça c'est quelque chose d'assez nouveau, quand notamment les juges il y a 15 ans disaient
04:06à quoi sert un CGP à sécuriser ce que va faire un client,
04:09bah oui mais à sécuriser ce que va faire un client dans un univers incertain et jamais stable.
04:15Donc ça voilà, ça fait quand même plusieurs sujets, qui sont des sujets sur lesquels on a des interrogations.
04:21Par contre attention, une association ce n'est pas un organe de prévision.
04:24Bien sûr.
04:25C'est un organe d'accompagnement.
04:27Mais c'est aussi un organe où les professionnels peuvent échanger entre eux.
04:31Et c'est vrai que ce sujet d'avoir des convictions vis-à-vis des épargnants, vis-à-vis de
04:36ses clients, dans un monde aussi incertain,
04:38et où les mouvements de marché peuvent aller très vite, alors à la hausse comme à la baisse, parfois ça
04:41peut durer quelques jours seulement,
04:44ça rend plus compliqué le métier aujourd'hui ?
04:48Ça a toujours été un métier de conseil, on a vécu plusieurs crises.
04:51Ça ne le rend pas plus compliqué pour ceux qui ont un peu d'expérience.
04:54D'accord.
04:55Parce qu'on a tous vécu plusieurs crises.
04:57Donc on a vu comment réagissait un client, alors des clients avec des nouvelles manières de fonctionner, il y en
05:02a,
05:02mais sur la majorité, on s'en sort.
05:05Donc non, je pense que ça le rend plus compliqué pour des novices, des gens qui arrivent et qui n
05:10'avaient jamais vécu une crise,
05:11comme tout le monde, quand tu n'as pas vécu une crise, attend d'avoir vécu la première, d'avoir
05:15compris.
05:15Donc ça ne le rend pas plus compliqué, mais ça le rend compliqué tout le temps.
05:20D'accord.
05:21A la limite.
05:23Mais la nature fait qu'on s'habitue.
05:25C'est-à-dire qu'à un moment, si tous les jours tu sais que tu...
05:28Ça devient du régulier.
05:31Donc pour la plupart des entreprises, non.
05:33Par contre, le réglementaire et la complexation du réglementaire qui vient en plus de ce côté compliqué marché et autres,
05:40ça, pour certains, ça fait trop.
05:43Et une partie des arrêts sont maintenant clairement imputables au fait qu'il y a des acheteurs d'un côté
05:49et il y a des contraintes de l'autre que les gens n'ont plus envie de supporter.
05:52C'est vrai aussi, il faut le dire.
05:52Donc là, c'est en lien avec le réglementaire, avec les obligations réglementaires liées au métier de...
05:56Dans un métier qui est compliqué, tu dois gérer tous les jours et tu dois vraiment être derrière tes clients
06:00et tu dois t'adapter au digital et tu dois t'adapter...
06:03Et en plus, on te propose en face un chèque parce que tu as beaucoup d'acheteurs sur le marché
06:08de ton cabinet
06:09ou d'acteurs qui veulent la consolidation.
06:11C'est vrai qu'on voit dans la pyramide des âges des moments où des gens réfléchissent à passer.
06:18L'année dernière, on est arrivé à un moment de la pyramide des âges où il y en avait plus
06:22et du coup, ça a accéléré ce phénomène.
06:25Nous, on le voit bien.
06:27Un mot des plus jeunes, parce qu'on voit aussi pas mal de nouveaux cabinets se lancer.
06:30Eux aussi adhèrent à des associations.
06:32Les associations comme l'Anacofi ont un rôle vis-à-vis de ces cabinets.
06:35Est-ce qu'il faut faire plus de pédagogie si justement dans un monde aussi incertain,
06:39il faut avoir de l'expérience pour faire face à la nécessité d'avoir des convictions ?
06:45La pédagogie vis-à-vis d'eux, il faut l'avoir.
06:49Maintenant, nos organisations, l'Anacofi, bien sûr, mais pas forcément que nous,
06:54on a tous adapté nos modèles de transmission de l'information.
06:58On utilise des médias, on vous utilise, on crée nos propres vecteurs.
07:03Et cette année, notamment en 1926, on est en train de déployer des choses qu'on avait testées en 1925.
07:08On a éliminé ce qui ne marchait pas.
07:09On a identifié des trucs qui marchaient pour faire passer,
07:11qui sont très différents de ce qu'on faisait il y a 10 ans, par exemple.
07:13En matière de communication ?
07:14En matière de communication.
07:16On le voit d'ailleurs, quand je disais, sur cette Assemblée Générale,
07:18on a remis le site Internet relooké, que l'on avait construit pour nos universités d'été,
07:24mais relooké tel qu'il le faudrait aujourd'hui.
07:26On a refait ça, on a créé un truc qui s'appelle chez nous les Anacophiles.
07:29Les Anacophiles, c'est du webinaire, en fait, sur un format.
07:32On a testé plusieurs formats.
07:33Finalement, celui-là, il marche, il accroche, il plaît.
07:35On a beaucoup de monde qui le suive.
07:37On a gardé nos formations classiques.
07:40On a garni nos facteurs d'information, la Anacophiles.
07:43On a rajouté.
07:44Par contre, à un moment, on s'est rendu compte qu'on a peut-être eu tentation
07:46de faire trop de choses différentes.
07:49Et que les gens ne s'y retrouvaient pas.
07:50Donc, en 25, on a testé des trucs.
07:52En 26, on a gardé ce qui marchait.
07:55Et on essaie de déployer.
07:56Et pour l'instant, nous ne sommes qu'en avril, mais pour l'instant,
08:00ça a l'air de marcher.
08:01Et de passer.
08:01Et de pouvoir couvrir tous les publics de membres.
08:06Un mot du secteur.
08:07Alors, vous en avez déjà un petit peu parlé, notamment avec cette pyramide des âges.
08:10Mais c'est vrai qu'on a vu d'abord une consolidation au sein du secteur
08:14des conseillers en gestion de patrimoine.
08:15On a ensuite vu l'arrivée des fonds de private equity sur le secteur.
08:19On voit maintenant les mutualistes arriver sur le secteur.
08:22Et plusieurs, enfin quelques-uns en tout cas,
08:24et plusieurs professionnels et notamment plusieurs patrons de grands groupes
08:29nous dire que la prochaine étape, maintenant, c'est l'Europe.
08:31C'était d'ailleurs un des premiers sujets qui a été traité à la Convention annuelle cette année.
08:36avec, justement, des acteurs européens qui étaient là pour échanger avec vous.
08:40Ben oui, mais ça, c'est évident.
08:42Mais sauf que ça fait 25 ans, je le dis.
08:44Alors, ceci dit, moi, mon cabinet de départ était franco-britannique.
08:47J'ai été un des premiers CGP à essayer d'avoir un cabinet avec les agréments en Grande-Bretagne.
08:51Ça fait des années que je ne comprends pas pourquoi on n'exporte pas le savoir-faire français.
08:55J'ai présidé la Fédération européenne, je le disais.
08:57J'ai même accompagné des groupes de CGP à l'époque d'une bonne taille.
09:00Je les ai accompagnés dans certains pays en disant,
09:02mais regarde ce marché, nom d'un chien, il y a plus de 10 ans et ils n'y allaient
09:04pas.
09:06Donc, moi, je suis le premier convaincu qu'on a l'une des meilleures gestions de patrimoine du monde.
09:11Qu'on a maintenant des entreprises qui ont une bonne taille,
09:13que ça fait des années que nos cabinets frontaliers regardent de l'autre côté.
09:17Alors, la réglementation et les règles du passeport compliquent un peu les choses.
09:20Oui, mais on peut faire de l'investissement capitalistique, s'adapter de l'autre côté.
09:23On peut faire plein de choses.
09:24Ça fait 25 ans que je le dis et ça fait une bonne quinzaine d'années
09:28que je suis convaincu qu'on a l'une des meilleures gestions de patrimoine du monde
09:31avec des acteurs qui peuvent sortir de chez nous.
09:33Et ce sera une meilleure solution que jouer le passeport.
09:37Voilà. Donc, oui, il faut y aller.
09:39Et tout à l'heure, je vous ai montré...
09:40C'est un bon moment aujourd'hui ?
09:41C'est-à-dire qu'à partir d'un moment, quand vous êtes un acteur d'une grande taille française,
09:45vous n'allez pas manger tous les autres petits.
09:47Donc, il y a un moment de consolidation.
09:48On le voit d'ailleurs sur nos réalisations.
09:50On a une impression d'une purge avec toutes ces consolidations et ces rachats.
09:54Ça s'est fait sur trois ans.
09:56Et là, cette année, sur les réalisations, ça ne marche plus tout à fait pareil.
09:59Il y a des gens qui résistent.
10:00Cela, ils n'ont pas forcément envie.
10:01Et eux-mêmes, ils veulent leur croissance.
10:03Peut-être qu'il y aura une autre phase.
10:04Alors, ça va continuer.
10:05Donc, bien sûr, va regarder l'étranger.
10:08À l'étranger, pardon, mais dans beaucoup de pays, ils sont pauvres.
10:11Par rapport à nous, en compétence et en offre,
10:13nous sommes bons et nous avons des moyens.
10:16Il faut y aller.
10:16Pour bien comprendre ce que vous dites,
10:18et peut-être en lien aussi avec ce qui a été dit ce matin,
10:20ça veut dire que les acteurs français sont bien placés.
10:23Est-ce qu'ils doivent avoir peur des acteurs européens
10:24ou au contraire, ça n'est qu'un marché d'opportunité pour le moment ?
10:28Ah non, mais les acteurs européens qui ont voulu rentrer sur le marché français,
10:31ils se sont tous...
10:32Ça n'a pas été simple.
10:34Voilà.
10:35Je ne vais pas donner des noms.
10:36Mais moi, je me souviens d'un grand lancement.
10:37Il y avait trois personnes dedans,
10:38alors que c'est prévu pour 200 personnes avec le champagne.
10:40D'accord.
10:44Donc, c'est bien sûr que certains viendront chez nous.
10:46On a pas mal de cabinets anglais depuis le Brexit
10:47qui ont installé une structure française en France
10:49parce que le marché...
10:52Mais nous, on peut y aller.
10:54On a la taille.
10:55Et quand vous regardez, par exemple,
10:56ne serait-ce que le marché allemand,
10:58il est attaquable.
10:59Le marché italien des promotores et des indépendants,
11:03il est attaquable.
11:04D'ailleurs, il l'a été par quelques-uns,
11:06mais pas assez nombreux.
11:07Là, on a vu des Portugais qui arrivaient
11:09et qui disaient,
11:10nous, on n'a pas de problème 65% du marché du crédit
11:13par les intermédiaires.
11:14Mais si on le conseille,
11:15ah !
11:16Oui, on fait du crédit.
11:17Et nous, on a des administrateurs franco-portugais
11:20qui commencent là-bas à faire un carton
11:22en apportant ce qu'ils savent faire depuis la France.
11:24Ils amènent un nouveau métier presque.
11:26Ils amènent peut-être ce qu'on a développé en France
11:28dans un marché qui est mûr pour qu'il y ait de l'intermédiation,
11:31mais où, à part la partie sur le crédit,
11:34tout ne s'est pas encore fait.
11:36Voilà.
11:36Mais moi, je sais que pour un peu plus voir la partie italienne
11:40ou des choses comme ça,
11:40des pays comme ça,
11:43on dit, mais les Français,
11:45vous pourriez avoir une place ici.
11:47Vous avez des particularités.
11:49Avant, on n'avait pas les moyens.
11:50Ça coûte un peu d'argent.
11:50Mais là, on a des groupes qui ont des moyens.
11:52C'est faisable.
11:53Et honnêtement, même l'Angleterre, c'est attaquable.
11:55Je l'avais fait à l'époque en petit.
11:57Ça peut se faire en grand et plus en moyen.
11:59On finira là-dessus.
12:00Merci beaucoup, David Charlet,
12:01de nous avoir accompagné dans Enjeux Patrimoine,
12:03tourné ici à la Convention annuelle de l'AnnaCofi.
12:05Je rappelle que vous êtes le président de l'AnnaCofi.
12:06Merci beaucoup.
12:07Merci à vous.
12:07Et quant à nous, on se retrouve tout de suite
12:08dans l'œil de l'expert.
12:09Merci à vous.
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