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Vendredi 8 mai 2026, retrouvez Cyrielle Gauvin (avocate, Aœdé) dans ART & MARCHÉ, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.
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00:08Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Art et Marché, l'émission qui vous ouvre les portes du marché
00:12de l'art.
00:13Et dans quelques jours, les portes de la Biennale de Venise ouvriront un rendez-vous incontournable
00:18où chaque nation affirme son identité, sa puissance culturelle sur la scène internationale.
00:23Et cette année, le Maroc y fait une entrée historique.
00:27Et pour la première fois, le Royaume disposera d'un pavillon national officiel.
00:32C'est l'occasion pour nous de nous pencher sur ce pays qui s'impose progressivement sur la place du
00:36marché de l'art mondial,
00:37renforçant son attractivité culturelle avec ambition.
00:41Pour décrypter ces enjeux, avec nous j'ai le plaisir d'accueillir Cyrielle Gauvin,
00:44qui est avocate au sein du cabinet Aédélo et dont l'activité s'étend au Maroc.
00:49C'est parti pour Art et Marché.
00:55Le Maroc s'inscrit progressivement sur la scène internationale culturelle.
00:59En témoigne le premier pavillon national officiel présenté lors de la Biennale de Venise
01:04qui ouvre ses portes dans quelques jours.
01:06Et pour en parler, je suis ravie d'être en compagnie du Cyrielle Gauvin.
01:08Bonjour.
01:09Bonjour Cybille.
01:10Vous êtes avocate au sein du cabinet Aédélo et donc cabinet qui étend son activité au Maroc.
01:16Est-ce que tout d'abord vous sauriez nous dire depuis quand le Maroc a pris à bras le corps
01:21cette question du soft power et de sa position sur la scène culturelle internationale ?
01:29Alors déjà je pense qu'il faut revenir sur ce qu'est exactement le soft power,
01:33qui est le pouvoir doux, délicat.
01:36Donc une influence qu'on exerce par des moyens qui ne sont pas coercitifs,
01:40qui ne sont pas contraignés en tant que tels.
01:42Et donc on peut utiliser tout un tas de biais pour parvenir en fait à ce soft power.
01:50Parmi ces biais, on a notamment l'éducation, la diplomatie internationale,
01:55on a le loisir, le divertissement et notamment le sport qui est très important pour le Maroc
02:02avec la canne qui a eu lieu très récemment.
02:05Et puis il y a aussi l'art, la culture, le tourisme.
02:10Donc ce sont des éléments qui permettent d'avoir un soft power assez important et étendu
02:16et généralement on utilise plusieurs biais.
02:20On peut constater que depuis 20-25 ans à peu près,
02:25depuis le début du règne du roi du Maroc Mohamed VI,
02:31eh bien il y a vraiment beaucoup d'actions qui sont mises en œuvre
02:36pour valoriser l'art, la culture, les industries culturelles et créatives, le patrimoine.
02:44Et chaque année, chaque mois, chaque semaine nous confortent dans ces idées.
02:50Ça va en s'accélérant.
02:51Exactement.
02:53Au cabinet, on fait des petites actualités par semaine
02:56et il est rare que d'une semaine à l'autre,
02:59il n'y ait pas au moins une actualité dédiée aux industries culturelles et créatives au Maroc.
03:03Est-ce qu'il y a des politiques culturelles fortes qui ont été décidées
03:10et qui pour vous ont servi vraiment de points importants,
03:14en tout cas pour ce développement de ces dernières années ?
03:17Alors il y en a beaucoup.
03:18Je ne vais en citer que quelques-unes.
03:20Je vais les citer de manière plutôt chronologique,
03:21mais elles sont plus ou moins importantes.
03:25Il me semble que c'était en 2006,
03:27a été créée sur l'initiative du roi du Maroc.
03:31Cette association qu'on appelle la Fondation IBA
03:35et qui est vraiment dédiée à la valorisation
03:38au rayonnement des industries culturelles et créatives au Maroc
03:41et qui depuis 3-4 ans maintenant
03:45a créé même un forum des industries culturelles et créatives
03:48qui est soutenu notamment par l'Union Européenne
03:52et l'Institut français du Maroc
03:53et qui a vraiment cette volonté de rassembler différents acteurs
03:57des différentes industries culturelles et créatives au Maroc.
04:00Ça c'est un exemple.
04:02On a également eu en 2011
04:04la création de la Fondation Nationale des Musées
04:07qui est présidée par...
04:08Ça structure bien en fait l'environnement.
04:11L'environnement des musées
04:12puisque le but de la fondation
04:15c'est vraiment en effet de gérer,
04:19valoriser tout le maillage des musées du Maroc.
04:24Donc là c'est vraiment une action au Maroc.
04:26Et puis après on a aussi à l'échelle internationale
04:32des accords qui ont été pris et que je trouve intéressants
04:34notamment il y a quelques années avec l'UNESCO
04:37où le Maroc s'est engagé à partager auprès des autres pays
04:41du continent africain son expérience en matière de préservation
04:46et de valorisation du patrimoine
04:47notamment dans des zones de conflits, de trafic illicite
04:51de certains biens culturels.
04:54Et plus récemment, 2025 là, très récemment,
04:59avec l'Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle
05:04avec le but de renforcer le cadre, la protection légale
05:10en matière de patrimoine culturel marocain
05:14avec différents types de protections.
05:17Voilà, un petit peu des exemples.
05:19Et sur le plan du marché de l'art,
05:21notamment il y a la foire 154 ou 154 selon.
05:25Ça, vous trouvez que c'est des éléments très importants,
05:28très forts pour le pays marocain ?
05:31Oui, alors ça fait un petit moment maintenant que ça a été créé
05:33puisque ça a été créé en 2013 par Touria El Glaoui
05:38et les éditions marocaines, et notamment à Marrakech,
05:42ont débuté il y a 6 ou 7 ans si je ne me trompe pas.
05:47Sinon, ils sont également présents à Londres et à New York.
05:53Oui.
05:54Et donc c'est vrai que c'était important
05:57et c'est un vrai levier culturel, artistique,
06:02en tout cas de rayonnement,
06:03pour les arts africains contemporains,
06:07donc pour valoriser les artistes émergents
06:11et non émergents mais contemporains
06:13du continent africain ou de la diaspora africaine.
06:17Donc c'est vraiment un événement
06:20qui est très important aujourd'hui
06:22et qui est majeur aussi au Maroc
06:24en ce que ça ne concerne pas seulement
06:28la foire en elle-même et Marrakech,
06:31mais ça crée tout un écosystème
06:32pendant cette semaine
06:34d'événements culturels, créatifs,
06:37avec énormément de personnes
06:38qui viennent du continent africain
06:40mais aussi d'ailleurs.
06:43Et donc c'est, même en termes de tourisme,
06:45en fait ça va avoir des incidences.
06:46Oui, indirectes et indirectes.
06:48Exactement.
06:49Parce qu'à quoi est-ce qu'on mesure ce soft power ?
06:52Je parlais en introduction du pavillon à la Biennale.
06:54Ça c'est des choses qui sont fondamentales
06:57pour s'inscrire sur la place internationale.
06:59C'est un élément qui est en effet important.
07:02C'est vrai que c'est la première année
07:03où il y a un pavillon du Royaume du Maroc
07:09avec justement la curatrice de ce pavillon
07:14et Meryem Berrada qui est par ailleurs
07:17la directrice artistique du MACAL
07:19qui est le musée d'art contemporain africain
07:21qui est à Marrakech.
07:23Et donc c'est vrai que c'est un élément supplémentaire
07:27disons pour valoriser l'écosystème
07:32et le patrimoine artistique, créatif marocain.
07:35Et donc c'est vrai que c'est un élément,
07:37c'est un indicateur supplémentaire.
07:39Ce n'est pas le seul, il n'est pas indispensable
07:42pour que ce élément existe.
07:43Oui, c'est une accumulation de tout.
07:45Exactement.
07:46Et il y en a plein d'autres, des exemples comme celui-ci.
07:50Un exemple que je trouve intéressant,
07:53c'est que Rabat a été désigné en 2023
07:58comme capitale africaine de la culture
08:01et pour deux ans.
08:03En fait, ça tourne entre les différents pays.
08:07Et récemment, Rabat a été désigné
08:11comme siège du comité de cette initiative-là
08:17qui a vraiment pour vecteur
08:20de valoriser la création contemporaine
08:23et l'art au global.
08:25Et il y en a plein d'autres.
08:27Le Maroc était représenté au Salon du Livre
08:31qui était le pays invité l'année dernière.
08:33On peut trouver plein d'exemples comme ça.
08:35Oui, donc on voit qu'il y a plein d'initiatives
08:36qui se font petit à petit et qui se structurent.
08:38Est-ce que tout ça, c'est porté par peut-être
08:41un arsenal réglementaire ou en tout cas
08:43des initiatives politiques qui pouvent...
08:45En tout cas, la réglementation,
08:46est-ce que ça soutient tout ça ?
08:47Alors, on l'a vu, il y a des accords
08:49qui peuvent être conclus.
08:52Là, on l'a vu avec l'UNESCO,
08:54on l'a vu avec l'Organisation mondiale
08:55de la propriété intellectuelle
08:57pour tenter de valoriser et de renforcer
09:01un cadre qui est déjà existant.
09:04Et je vais y revenir.
09:05On a des accords aussi avec des pays
09:08qui sont mis en place,
09:10notamment avec la France beaucoup,
09:11mais récemment avec l'Allemagne
09:13pour créer des initiatives communes
09:16en matière de muséographie.
09:18Ça, c'est très très récent aussi.
09:19Donc, il y a tout un tas d'accords
09:22qui sont engagés et pris,
09:25parce qu'ils sont contraignants aussi,
09:28de manière générale,
09:29pour aller dans le sens d'un renforcement
09:32d'un cadre qui est existant.
09:34Sur le Maroc, il faut savoir que le Maroc,
09:37dans toutes les conventions internationales
09:39qui visent à préserver le patrimoine,
09:41l'héritage, il est partie prenante.
09:46Enfin, c'est un royaume partie prenante
09:48de ces conventions internationales-là.
09:51Et puis après, il y a ce qui se passe
09:53au niveau local, national, en tout cas.
09:56Et là, il y a tout un corpus de règles
09:59qui existent, notamment par exemple
10:01en matière de droits d'auteur,
10:03en matière de protection du patrimoine culturel.
10:06Il y a des régimes qui sont en place.
10:10Maintenant, ce sont des régimes
10:11qui ont besoin d'être, comment dire,
10:15modifiés pour suivre les évolutions
10:17aussi de ce rayonnement
10:19pour bien encadrer, bien protéger
10:21le patrimoine et la création.
10:24Et ça passe par tout un tas de réflexions,
10:28voire de projets de loi
10:29qui sont pris pour renforcer ce cadre.
10:33Donc, on va avoir...
10:34En ce moment, il y a des projets de loi
10:35qui sont déjà sur la table.
10:36Oui. Alors là, il y en a un récemment
10:39sur le sujet du numérique
10:42et comment on insère la donnée numérique
10:45dans un cadre de droits d'auteur
10:47qui est fondamental.
10:49On avait... Le pays était un des...
10:51était un des premiers, entre guillemets,
10:55en tout cas, qui, dès lors qu'il avait mis en place
10:57sa réglementation en matière de droits d'auteur,
10:59avait inséré le droit de suite.
11:02Néanmoins, il y avait assez peu
11:04d'applications concrètes derrière.
11:06Et récemment, des modalités concrètes
11:08ont été prises pour que ce soit mis en place,
11:10avec même un forum qui a eu lieu récemment
11:13avec d'autres États africains
11:15pour parler de ce sujet du droit de suite
11:17qu'on a en matière de droits d'auteur.
11:19Et puis, on a aussi un projet de loi,
11:24en tout cas, sur lequel ils sont en train de travailler,
11:26sur la question de la fraude en matière artistique,
11:30donc qui ne se rattache pas seulement
11:31aux droits d'auteur en tant que tel
11:33et à la protection des artistes
11:36et de leur œuvre originale,
11:38mais également à toute fraude, en fait,
11:41qui pourrait y avoir,
11:42et notamment des défauts, en fait,
11:45qui pourraient circuler.
11:47Il nous reste une minute de votre retour terrain.
11:49S'il devait y avoir une étape à franchir
11:53pour améliorer encore plus ce rayonnement,
11:55ce serait à quel niveau ?
11:56Alors, il y a plusieurs...
11:58On peut toujours, évidemment, s'améliorer.
12:02C'est vrai qu'il y a une puissance telle
12:04sur les événements et les actions
12:06qui sont entreprises,
12:07et c'est assez fabuleux
12:08parce que ça donne encore plus d'envergure
12:10et de rayonnement au Maroc
12:13et à tous les créatifs
12:15et à tous les acteurs de la création.
12:17Je pense qu'en effet,
12:18ce renforcement du cadre légal
12:21à plusieurs égards est très important
12:23pour venir bien protéger chacun des acteurs
12:27et chacun des maillons
12:27parce que pour valoriser, en fait,
12:30un marché, quel qu'il soit,
12:32il faut qu'il y ait une réglementation
12:33qui s'applique et qui soit contrôlée
12:35et donc avec des sanctions.
12:37Et il faut que tout ça se mette en place
12:39et évolue au fur et à mesure aussi
12:41du monde qui va très vite.
12:42Le monde change à une vitesse,
12:44c'est pas possible.
12:45Et puis un besoin d'éducation aussi,
12:47de pédagogie, de transmission
12:49entre les différents acteurs
12:51lors du forum des industries culturelles
12:53et créatifs dont je parlais,
12:55a été mis sur la table à plusieurs reprises.
12:57Le fait que ces différents acteurs
12:58ne se connaissaient pas nécessairement
13:01entre, par exemple,
13:01ceux qui peuvent financer des initiatives
13:03ou des entreprises dans ces secteurs-là
13:06ou des artistes
13:07et inversement,
13:10les artistes auteurs,
13:11les sociétés dans ces industries-là
13:13n'ont pas forcément connaissance
13:15de tous leurs droits.
13:16Donc il y a aussi un travail
13:17à faire de ce côté-là.
13:19Merci beaucoup, Cyrielle Gauvin.
13:20Je rappelle que vous êtes avocate
13:21au sein du cabinet à aider l'eau
13:23et que vous étendez votre activité au Maroc.
13:26Et merci à vous toutes et tous
13:27de nous avoir suivis.
13:28C'était Arré Marché.
13:29Merci, Tvili.
13:30Sous-titrage Société Radio-Canada
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