Jeudi 18 décembre 2025, retrouvez Jean-Baptiste Marcy (Rédacteur en chef, Gestion de Fortune) dans SMART PATRIMOINE, une émission présentée par Nicolas Pagniez.
00:00Et nous commençons tout de suite avec Patrimoine Thématique où nous allons revenir sur l'année 2025 en matière de gestion de patrimoine.
00:11Quel bilan, quelle analyse faire de cette année 2025 ?
00:14Nous avons le plaisir d'accueillir sur le plateau de Smart Patrimoine pour en parler Jean-Baptiste Marcy.
00:18Bonjour Jean-Baptiste Marcy.
00:19Bonjour Nicolas.
00:20Merci d'être avec nous. Vous êtes le rédacteur en chef du magazine Gestion de Fortune.
00:23Vous êtes au contact avec de la profession régulièrement.
00:26Et alors si on devait donner un mot pour qualifier cette année 2025, vous trouvez que c'est une année atypique cette année 2025 en matière de gestion de patrimoine, Jean-Baptiste Marcy ?
00:35Exactement. Oui, on a un mot atypique. Pourquoi ? Parce que paradoxalement 2025 va rester une bonne année pour les investisseurs.
00:43D'accord.
00:44Quelles que soient les classes d'actifs.
00:45D'accord.
00:46Actions, obligations. Il est difficile en fait de trouver sur l'année une classe d'actifs qui a fait une performance négative en fait.
00:53Et paradoxalement, pourquoi en lien avec les actualités politiques, géopolitiques, incertitudes fiscales par exemple, on aurait pu s'attendre à ce que ce soit une mauvaise année et finalement on se rend compte à la fin de l'année que ça a plutôt été une bonne année pour les différentes classes d'actifs ?
01:08Tout à fait. Et si on remonte un an en arrière, l'élection de Donald Trump, des incertitudes sur sa politique des droits de douane, côté français...
01:18Incertitudes qui nous ont rythmées d'ailleurs tout au long de l'année 2025 aussi.
01:21Voilà. Un printemps, début d'été assez complexe. Et au final, tout ça, c'était presque balayé par les marchés à action qui ont enjambé ces barrières avec une déconcertante facilité presque.
01:34Malgré quelques pics de volatilité ici et là, l'année va terminer sur les indices européens avec des performances comprises entre 10 et 20%.
01:43Bien sûr.
01:44Et à peu près des chiffres ISO sur les chiffres américains.
01:48Bon alors, on tourne cette émission deux semaines avant la fin de l'année, mais on estime que ça pourrait effectivement être à ce niveau-là.
01:53Il y a un sujet qui a beaucoup occupé l'actualité au global, c'est l'endettement de la France, l'endettement des États européens.
02:00Ça n'a pas pesé sur la performance des classes d'actifs, ça Jean-Baptiste Marcy ?
02:04Pour l'instant, non. Les entreprises prévoient, les entreprises également réfléchissent à l'échelle mondiale.
02:10Donc, si ça reste un gros sujet en France et un gros sujet en Europe, pour l'instant, c'est passé quand même assez facilement.
02:20Alors, vous êtes au contact régulier de la profession des conseillers en gestion de patrimoine.
02:27Vous avez échangé avec eux tout au long de l'année.
02:29Comment eux ont vécu cette année ?
02:32Qu'est-ce qu'on peut dire de la profession vécue par les professionnels à la fin de l'année ?
02:36D'une manière générale, on est dans un continuum des années précédentes, à savoir une concentration du marché.
02:42Oui, toujours.
02:43Les plateformes, les gros cabinets de CGP deviennent de plus en plus gros.
02:48D'un autre côté aussi, on constate beaucoup de lancements de jeunes cabinets de CGP.
02:51D'accord.
02:52Tout ça concourt à professionnaliser la clientèle et vraiment à faire que le secteur des CGP est en pleine croissance.
02:59Et quand on voit des jeunes arriver, des jeunes cabinets se créer, ils arrivent avec des stratégies différentes, avec des propositions de valeurs différentes ou pas forcément ?
03:09Déjà, souvent, ce sont des jeunes qui se lancent aussi beaucoup sur les réseaux sociaux, qui captent de la clientèle sur les réseaux professionnels et qui savent également capter les nouvelles classes d'actifs,
03:22comme les cryptos et aussi les ETF qui sont en pleine expansion.
03:25D'accord. Donc, on voit une évolution peut-être des classes d'actifs proposées en fonction de l'âge des cabinets, c'est ça ?
03:33Pas forcément, non ?
03:33Ça serait peut-être réduire quand même ce schéma-là, mais peut-être un petit peu plus d'ouverture là-dessus.
03:39Et alors, en matière de classes d'actifs, est-ce que, parce que c'est vrai qu'on voit une certaine saisonnalité parfois quand on suit ce secteur depuis longtemps,
03:48il y a des années où on voit beaucoup de produits structurés, des années où on nous dit que c'est beaucoup d'immobilier,
03:52des années où on parle énormément de crypto, même si tout le monde ne décide pas forcément d'y aller.
03:57Est-ce qu'il y a une saisonnalité dans les classes d'actifs en 2025 que vous avez constaté ?
04:02Pas tant que ça, au final.
04:04Une petite saisonnalité, c'est qu'on a toujours en fin d'année les produits de défiscalisation.
04:08D'accord.
04:09À l'image du plan d'épargne-retraite.
04:10Après, la collecte de toutes les classes d'actifs, trimestre après trimestre, ça reste assez régulier.
04:17Si on prend la pierre-papier, on est à peu près à un milliard de collectes chaque trimestre.
04:22D'accord.
04:23Les derniers chiffres de la SPIM, sur le troisième trimestre cumulé, on est autour de 3 milliards.
04:30Et concernant l'agition d'actifs et l'agition passive, on est sur des échelles assez régulières, trimestre après trimestre.
04:37Les produits structurés, j'ai l'impression, là d'où je suis, qu'on en parle très régulièrement.
04:44Ça a l'air d'être un des outils aujourd'hui très utilisés par les professionnels de la gestion de patrimoine.
04:50Vous faites le même constat dans les échanges que vous avez chez la gestion de fortune avec les professionnels du secteur ?
04:55Exactement.
04:56Il ne faut pas réduire les produits structurés à une stratégie qu'il faut reproduire à tous les clients.
05:03Bien sûr.
05:03C'est une part dans l'allocation d'actifs. Depuis 3 ans, les encours augmentent régulièrement.
05:11Il faut le dire, le produit est simple pour le client. Il souscrit et il a les 3 scénarios possibles.
05:17Scénario favorable, scénario médian et scénario défavorable. Il sait à quoi s'en tenir.
05:22Donc, dans un contexte où, effectivement, en termes de fiscalité, en termes d'incertitude économique, ça le rassure.
05:27Et aujourd'hui, avec les taux actuels, les acteurs, donc les structureurs, arrivent à faire des produits à garantie totale.
05:38À capital garantie ou en tout cas capital protégé à l'échéance.
05:40Donc, ça, ça plaît, j'imagine, à ceux qui proposent et potentiellement aux clients également.
05:45Tout à fait.
05:46Est-ce qu'il y a d'autres classes d'actifs en tendance cette année que vous avez beaucoup entendu dans les discussions avec la profession ?
05:54Oui, je peux dire les ETF.
05:56Oui, bien sûr.
05:57Donc, les ETF, c'est un peu une scie sur un peu avec les CGP. Certains en font, d'autres pas.
06:03D'accord. Ils ne sont pas tous d'accord encore ?
06:06Ils ne sont pas tous d'accord. Voilà. C'est un peu, je dirais, le mur de Berlin entre les gestions actives et les gestions passives.
06:12Peut-être que le mot est un peu fort, mais les deux doivent cohabiter.
06:17Et on constate surtout l'émergence de la gestion des ETF actifs.
06:22D'accord. Donc, ça n'est plus de la gestion passive, mais on reste sur les ETF.
06:25Pourquoi ? Parce qu'une question de frais réduits, mais on a quand même de la gestion active de l'autre côté, c'est ça ?
06:31Voilà, exactement. C'est de ne pas être trop passif en cas, effectivement, de choc économique, de crise soudaine.
06:36Donc, arriver quand même un petit peu à piloter ce fonds-là et avec des frais contenus.
06:42Dernière question, Jean-Baptiste Marcy. Sur les professionnels, comment est-ce que vous les voyez finir l'année et aborder l'année 2026 ?
06:51Avec optimisme, avec résilience ? Quel est l'état d'esprit de la profession à l'heure actuelle ?
06:57Déjà, tous ceux que j'ai rencontrés, par des interviews personnalisées ou à patrimonia, sont fiers d'exercer leur métier.
07:04Après, les points de friction que font remonter d'ailleurs à leurs associations, c'est l'incertitude, c'est la complexité, l'empilement des règles, l'empilement des lois.
07:16Mais après, ils ont un degré d'ouverture qui est assez phénoménal. Ils sont prêts à s'adapter.
07:20Ils savent s'équiper et aborder l'IA aussi, qui est un peu important.
07:27Et quel que soit l'âge du CGP, je dirais.
07:30Même, j'ai rencontré des CGP assez âgés dans la dernière décennie de leur activité et ils s'équipent sans aucun souci.
07:37Merci Jean-Baptiste Marcy de nous avoir accompagnés dans la première partie de Smart Patrimoine.
07:41Je rappelle que vous êtes le rédacteur en chef de Gestion de Fortune. Merci beaucoup.
07:44Merci à vous Nicolas.
07:45Et quant à nous, on se retrouve tout de suite dans Enjeu Patrimoine.
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