- il y a 22 heures
Ce mardi 5 mai, Raphaël Legendre a reçu Dorothée Rouzet, cheffe économiste de la direction générale du Trésor, Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez Rexecode, et Nicolas Bouzou, fondateur du cabinet d'analyse économique et de conseil Asterès, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:06BFM Business et la Tribune présente
00:09Les experts, Raphaël Le Gendre
00:12Bonjour à tous, il est 9h passé de 32 minutes, on est un peu en retard, mais c'est le
00:16nouvel horaire des experts aujourd'hui.
00:19Désormais, tous les jours sur BFM Business, 9h30, 10h30, on est ensemble pour une heure de débat et de controverses.
00:26C'est parti, alors que le monde tangle, les ministres du commerce du G7 se retrouvent aujourd'hui et demain
00:34à Paris
00:35pour discuter sur capacité industrielle, minerais critiques et petits colis, mais pas de droits de douane,
00:42alors que Washington agite à nouveau la menace de nouvelles taxes sur les véhicules européens.
00:47Alors qu'attendre de cette réunion, et puis plus largement, quelles sont les priorités économiques de la France pour ce
00:53G7 sous présidence française ?
00:55Comment prépare-t-on un tel sommet ?
00:58On va en parler en début d'émission, on a notamment la chef économiste du Trésor, Dorothée Rosé,
01:02qui est au cœur de l'organisation et qui est avec nous aujourd'hui.
01:05Ça va être passionnant.
01:07Et puis, on viendra aussi sur la dernière lettre du gouverneur de la Banque de France au président de la
01:13République,
01:14François Villerois de Gallo, qui sera l'institution de la rue de la Banque au mois de juin.
01:18François Villerois de Gallo, qui n'y va pas par quatre chemins, je le cite,
01:22« Si notre pays poursuit ses choix gérontocratiques, oui, gérontocratiques, il ne pourra pas bien préparer l'avenir. »
01:32On en parlera avec mes experts, ce sera le deuxième thème du jour.
01:36Et puis enfin, les pétroliers font-ils des profits excessifs ?
01:40Emmanuel Macron a durci le ton hier contre les compagnies pétrolières.
01:44Les Européens devront réagir si des profits excessifs ou des comportements prédateurs étaient constatés.
01:53On va voir ce qu'en pensent mes experts du jour.
01:56Il est 9h passé de 33 minutes, vous êtes en direct sur BFM Business, c'est les experts.
02:01Allez, c'est parti.
02:06Et pour parler de tout ça, j'ai le plaisir d'accueillir Dorothée Rosé.
02:09Je le disais en introduction, bonjour Dorothée, chef économiste de la Direction Générale du Trésor,
02:15au cœur des discussions du G7 Finance, du G7 Commerce.
02:20Bien sûr, à vos côtés, Anthony Morley, la vie d'Ali.
02:23Bonjour Anthony, économiste chez Rex & Code.
02:27Et face à vous, j'ai le plaisir d'accueillir Nicolas Bouzou.
02:30Bonjour Nicolas, fondateur du cabinet d'analyse économique et de conseil Asteres.
02:36Quelle priorité économique pour le G7 sous présidence française ?
02:42Je le disais, les ministres du Commerce du G7 se retrouvent aujourd'hui et demain à Paris
02:47pour discuter sur capacité industrielle, minerais critiques et petits colis.
02:53Mais pas de droits de douane, Dorothée Rosé.
02:56Pas de droits de douane alors même que Donald Trump a à nouveau menacé les Européens et les Allemands,
03:01plus particulièrement de 25% supplémentaires sur les automobiles.
03:09Quels sont les enjeux pour commencer de la réunion de ce jour-là à Paris ?
03:13Oui, alors peut-être rappeler déjà, le G7, c'est un groupe de coordination ou de coopération
03:18entre sept grandes économies qui est créées dans les années 70.
03:22Donc il y a la France qui assure la présidence cette année.
03:24La présidence tourne chaque année entre les pays.
03:27L'Allemagne, l'Italie, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, le Canada et le Japon
03:30ainsi que l'Union Européenne également en tant que telle.
03:33Et donc chaque année, quelque part, la présidence définit les priorités
03:36qui sont plus des sujets structurels ou de fond,
03:40qui sont travaillés par des groupes techniques,
03:42ensuite par les suppléants des ministres
03:44et je dirais dans chaque filière du G7,
03:46finances, commerce, intérieur, environnement, etc.
03:49Ça culmine par des réunions ministérielles
03:52et ensuite par le sommet des chefs d'État qui aura lieu au mois de juin.
03:55Donc en fait, on travaille un petit peu en remontant la chaîne,
04:00je dirais, du niveau technique au niveau très politique
04:04pour à la fois partager des informations, des analyses, des expériences
04:09et trouver des réponses coordonnées au sujet qu'on a en commun
04:13là dans le domaine commercial.
04:14On a aussi des discussions sur les crises,
04:17notamment en filière finance, évidemment la crise au Moyen-Orient,
04:21évidemment l'Ukraine, évidemment le Liban.
04:22Et enfin, donc les priorités urgentes au fil de l'année,
04:27on en parle évidemment aussi.
04:29En revanche, ce n'est pas vraiment une instance de négociation bilatérale,
04:31c'est-à-dire que ce n'est pas autour de la table du G7
04:34que l'Union européenne va négocier avec les États-Unis
04:36ou parler de ces différents.
04:38Évidemment, pendant que les représentants sont là,
04:41ils se parlent aussi en marge,
04:42enfin il y a aussi des rencontres entre ministres en marge,
04:44mais on ne va quelque part pas faire notre négociation avec les Américains,
04:47avec les Canadiens et les Japonais dans la salle, etc.
04:48Donc ce n'est pas exactement cette instance-là.
04:51Par contre, c'est aussi l'occasion pour tout le monde de se parler.
04:54Donc une instance de dialogue, de réflexion,
04:56on se nourrit les uns les autres.
05:01Anthony Morlaix-Lavidali,
05:03je le disais, aujourd'hui c'est un G7,
05:05il y a deux piliers, peut-être qu'on explique ça aussi,
05:07c'est-à-dire qu'il y a un pilier G7 commerce,
05:10en termes de questions économiques,
05:11il y a le G7 commerce et le G7 finance,
05:15qui sont les deux couloirs de discussion en quelque sorte.
05:20Aujourd'hui, c'est un G7 commerce.
05:22Quels sont les enjeux de cette réunion ?
05:24Ce qui est très frappant,
05:25c'est qu'on va parler évidemment des déséquilibres mondiaux,
05:27je crois que c'est un peu la grande thématique,
05:30avec cette idée de surcapacité industrielle
05:32qu'on a à l'échelle mondiale,
05:33un peu au fond,
05:34alors qu'ils sont très localisés en Asie,
05:36mais qu'on retrouve un peu partout.
05:36Ce qui me frappe beaucoup,
05:38c'est qu'il y a un petit peu un paradoxe,
05:39une schizophrénie entre à la fois l'idée
05:41de vouloir lutter contre des surcapacités industrielles,
05:44et en même temps,
05:44tous les pays veulent réindustrialiser.
05:46Réindustrialiser, c'est rajouter des surcapacités aux surcapacités.
05:48Donc ça, c'est quand même une grande problématique,
05:50c'est de se dire,
05:52en fait, ce qu'on demande,
05:53c'est que certains pays abandonnent pour partie
05:55des capacités industrielles,
05:56a fortiori l'Asie,
05:57ce qu'ils ne sont absolument pas prêts à faire,
05:59parce qu'aujourd'hui,
05:59c'est devenu en plus une arme de rétorsion commerciale
06:01et même de négociations diplomatiques.
06:03Et nous, on aimerait retrouver un peu de souveraineté,
06:06parce que c'est un petit peu le mot à la mode,
06:07de sécurité économique,
06:09ça revient aussi dans le verbatim,
06:11et c'est toute la difficulté.
06:12Est-ce qu'on est en capacité, en réalité,
06:14de revenir faire fleurir sur le territoire européen,
06:17et pas dans tous les pays,
06:18parce qu'on a certains pays, comme l'Allemagne,
06:20qui sont déjà en surcapacité.
06:21Au fond, on a des pays qui, nous-mêmes, sont concernés.
06:24Et quand on parle aussi de déséquilibre,
06:25ce qui me frappe beaucoup,
06:26c'est que l'Europe contribue au déséquilibre mondiaux.
06:29On est en excédent d'épargne,
06:30alors qu'il faut prendre la zone euro dans son ensemble,
06:32pas la France.
06:33Mais la zone euro dégage un excédent courant
06:35absolument gigantesque.
06:36Donc on pourrait, nous-mêmes,
06:38en quelque sorte, faire une partie du travail
06:39en stimulant davantage la demande européenne.
06:42Très souvent, on se dit qu'on est dans des régimes
06:44de basse croissance,
06:45on a des marges de manœuvre,
06:46alors elles sont localisées dans certains pays,
06:47et malheureusement pas chez nous.
06:49Mais probablement, on pourrait faire une partie du travail.
06:51C'est-à-dire que quand on demande aux autres
06:51de faire des efforts,
06:52la zone euro pourrait aussi regarder en son sein
06:54ce qui est capable de...
06:55C'est bien le but.
06:56Et les Pays-Bas, par exemple,
06:58il faudrait arriver à...
06:59Mais faire des efforts,
07:00pour ceux qui nous écoutent
07:00et qu'on explique bien ce que ça veut dire,
07:03Nicolas Bouzou,
07:03faire des efforts,
07:04ça voudrait dire quoi ?
07:05C'est réorienter les flux d'investissement
07:09qui partent à l'étranger
07:10pour investir davantage chez nous, c'est ça ?
07:12Oui, ça veut sans doute dire
07:13quelque chose comme ça,
07:14mais je pense que c'est pas clair,
07:15en réalité,
07:16que derrière toutes ces notions,
07:17en effet, de surcapacité,
07:18de déséquilibre, etc.
07:20En fait, ça fait...
07:21Enfin, moi, depuis que j'ai commencé ce métier,
07:23ça fait 25 ans,
07:25et ces problèmes sont toujours les mêmes,
07:26et on essaie toujours de les traiter
07:28dans le cadre des instances
07:29comme le G7.
07:31Néanmoins, je pense que c'est très important,
07:32quand même,
07:33d'avoir ce type de structure de coordination,
07:37surtout à un moment
07:38où le multilatéralisme a un peu volé en éclats,
07:41je pense que c'est forcément positif,
07:43et le G7, sans doute plus que le G20...
07:48C'est un peu mort, non, le G20 ?
07:49En tout cas, les témoignages,
07:50quand vous écoutez,
07:51moi, j'ai beaucoup parlé...
07:53Dorothée connaît ça de l'intérieur,
07:55mais moi, je vois ça de l'extérieur,
07:56mais j'ai beaucoup...
07:57Je parle toujours avec les ambassadeurs,
07:59en fait,
08:00qui sont les ambassadeurs du pays
08:02qui reçoivent le G20,
08:03et tous me disent que...
08:05Enfin, c'est devenu quelque chose,
08:06mais d'un ennui
08:07qu'on peine absolument à imaginer.
08:11Donc, le G7 et les verticales du G7
08:15sont sans doute plus adaptées.
08:16Après, ce que je voudrais dire quand même,
08:19peut-être aussi,
08:19pour donner le cadre,
08:21c'est qu'on va assez peu parler,
08:24a priori, des questions commerciales,
08:27mais c'est d'une certaine façon
08:28une bonne nouvelle.
08:30Non, mais ce que je veux dire par là,
08:31c'est qu'en fait,
08:34le Liberation Day a eu lieu
08:35donc il y a un petit peu plus d'un an,
08:36et il n'y a pas eu de guerre commerciale.
08:38Moi, j'ai été très impressionné,
08:39là, par la lecture d'un livre
08:41d'un économiste qui s'appelle
08:42Richard Baldwin,
08:43qui est un spécialiste
08:44du commerce international,
08:45et qui explique, là, dans son livre
08:46qui vient de sortir,
08:47deux choses que je trouve
08:48tout à fait passionnantes.
08:49Première chose,
08:49c'est qu'il explique bien
08:51que les Américains ont déclenché
08:53une guerre commerciale,
08:54mais en fait,
08:54il n'y a pas eu de guerre commerciale
08:56en raison de la réaction des acteurs.
08:59Les Chinois ont adopté
09:02la stratégie du fort au fort.
09:03On montrait des muscles.
09:04Et ce sont les Chinois
09:05qui ont gagné,
09:05les Américains qui ont perdu,
09:07schématiquement.
09:08Les autres,
09:09c'est-à-dire les Européens,
09:11Canadiens, Britanniques,
09:11ont plutôt fait profil bas,
09:13et ils ont eu raison,
09:14parce que d'une certaine façon,
09:15ils ont gagné aussi,
09:16c'est-à-dire que ça a réussi
09:18à calmer...
09:18Ils ont eu les taux les plus faibles.
09:20Oui, bien sûr.
09:22Mais le Royaume-Uni,
09:23à peu près pareil.
09:25Donc ça,
09:25c'est la première chose.
09:26C'est quand même très intéressant,
09:29cette remarque.
09:30La deuxième chose
09:31que remarque Baldwin,
09:33c'est que,
09:35certes,
09:36le multilatéralisme
09:37a éclaté,
09:39provisoirement,
09:40à mon avis,
09:40mais en fait,
09:41il y a eu une multiplication
09:42des accords régionaux.
09:44Et aujourd'hui,
09:45beaucoup de pays,
09:46regardez le Canada,
09:47par exemple,
09:48beaucoup de pays
09:50cherchent
09:50à renforcer
09:51leurs relations économiques,
09:52commerciales surtout,
09:53mais pas seulement,
09:54avec des accords régionaux.
09:57Et Baldwin explique
09:58que ce n'est pas si idiot
09:59que ça,
10:00en fait,
10:00parce que ces accords régionaux,
10:01ils peuvent donner
10:02le sentiment
10:02d'un désordre général,
10:05parce qu'on n'a plus
10:06l'organisation mondiale
10:07du commerce,
10:08du monde,
10:08mais en fait,
10:10ils sont assez efficaces
10:11et ils ont des forces
10:12d'attraction
10:12qui sont importantes,
10:14si bien qu'il n'y a pas eu
10:16de guerre commerciale
10:16depuis un an,
10:17il n'y a pas eu véritablement
10:18de démondialisation non plus.
10:20Quand on regarde
10:21les flux commerciaux,
10:22ils ont augmenté.
10:23Alors,
10:23ils sont plus coûteux,
10:25ils empruntent
10:26des chemins différents,
10:27plus longs,
10:27plus compliqués,
10:28les routes.
10:29Alors,
10:29ce n'est pas que le protectionnisme,
10:30c'est aussi,
10:30bien évidemment,
10:31la crise géopolitique,
10:32mais en fait,
10:34on voit plutôt
10:35une augmentation
10:36du coût de la mondialisation
10:37qu'une démondialisation.
10:40Tout ça pour dire
10:41qu'on a eu
10:43le protectionnisme,
10:45on a deux fronts
10:47en Russie-Ukraine
10:49et Proche et Moyen-Orient.
10:52Finalement,
10:54la mondialisation,
10:55elle est toujours là
10:56et le commerce international
10:57est toujours là,
10:59dans un mode dégradé,
11:00mais il est toujours là.
11:02Oui,
11:02et puis qui augmente
11:03encore une fois.
11:03C'est les chiffres de 2025,
11:05Dorothée Rousset,
11:06corrigez-moi si je me trompe,
11:07mais les échanges internationaux
11:09ont progressé
11:10en valeur beaucoup,
11:12en volume aussi pas mal,
11:14en dépit de la guerre
11:16internationale
11:16entamée par la France.
11:17Il y a eu plein d'effets
11:17assez spécifiques
11:18au début de l'année,
11:19il y a eu
11:20tous les effets d'anticipation
11:21avant les droits de donne,
11:22donc il y a beaucoup eu
11:23d'échanges et de stockage
11:25au premier trimestre 2025.
11:27Ensuite,
11:27il y a eu tout le commerce
11:28lié à l'IA,
11:29en fait,
11:29de tous les produits liés à l'IA
11:30qui a complètement boosté
11:31le commerce international
11:32l'année dernière.
11:33Et puis,
11:34il y a des pays émergents
11:35qui sont toujours en croissance,
11:36donc ils continuent d'importer.
11:37Enfin voilà,
11:37il se passe toujours
11:38des choses dans le monde,
11:39même quand Trump impose
11:40des droits de donne,
11:41effectivement.
11:43Ensuite,
11:43pour revenir aux sujets
11:45qui sont en fait
11:45les sujets aujourd'hui
11:46de coopération
11:47pour lesquels ça marche
11:48et c'est pertinent
11:49de se parler en G7
11:50et qui vont être les sujets,
11:52la lutte contre
11:53les surcapacités industrielles,
11:54alors pour moi,
11:55je ne dirais pas
11:56la Chine est en surcapacité,
11:57l'Allemagne est en surcapacité
11:58parce que les deux
11:58ont un excédent.
11:59Là, l'idée,
11:59c'est de regarder
12:00les pratiques déloyales,
12:01les pratiques qui sont
12:02non marchandes
12:02et comment coordonner,
12:04à la fois les identifier,
12:06les mesurer,
12:06coordonner nos réponses.
12:07Je vous coupe Dorothée,
12:08je voudrais qu'on comprenne,
12:09moi je suis désolé,
12:10la lutte contre
12:10les surcapacités industrielles,
12:12je pense que personne
12:14ne comprend ce que ça veut dire
12:15en réalité.
12:15Si je donne un exemple
12:16concret,
12:17la Chine produit plus d'acier
12:18que l'ensemble
12:19de la demande mondiale
12:19en acier.
12:21Si c'est régi
12:22par les lois du marché,
12:25ça ne marche pas.
12:26Ça ne peut pas être le cas.
12:28Mais ce qu'on appelle
12:30les surcapacités industrielles,
12:32effectivement,
12:32ce n'est pas clair
12:33et ce n'est pas un terme
12:33que la Chine accepte non plus.
12:36Mais c'est la combinaison,
12:38je dirais,
12:38d'une offre surabondante
12:40sur le marché
12:41qui crée des risques
12:42non seulement industriels
12:43mais aussi de sécurité
12:44pour les autres pays.
12:45Quand on domine
12:46plus de la moitié
12:47de la production mondiale
12:48d'un bien,
12:49on a quand même
12:50des leviers de coercition
12:51sur les autres pays
12:51dont on voit qu'ils marchent
12:53et qui sont soutenus
12:55par des pratiques
12:56non marchandes.
12:57Alors,
12:57on parle beaucoup
12:57de subventions
12:58mais c'est aussi
13:00le coût du capital
13:01pas cher
13:01qui est facilité
13:02par la pression financière
13:03en Chine,
13:04le fait d'avoir
13:05du foncier quasi gratuit.
13:06Voilà,
13:07en fait,
13:07c'est tout un ensemble
13:08de systèmes
13:08mais ce n'est pas du tout
13:09facile de mesurer
13:10en fait
13:10quelles sont ces pratiques.
13:11Le CDE fait d'ailleurs
13:13un travail remarquable
13:14pour essayer de mesurer
13:15un peu dans tous
13:16les différents domaines
13:17quels sont
13:18tous les avantages
13:19dont bénéficient
13:20les firmes
13:20dans certains secteurs
13:21et les pays.
13:23Donc,
13:23de les identifier,
13:24de les mesurer
13:25et de coordonner
13:25notre réponse.
13:27Donc,
13:27il y a cet aspect-là.
13:28De même,
13:29sur les petits colis,
13:30on a tous le sujet
13:31des petits colis
13:31qui explosent
13:32avec des enjeux
13:33de protection du consommateur,
13:34des enjeux de renoncler,
13:35etc.
13:36C'est relativement nouveau
13:37pour tout le monde.
13:37Donc,
13:38ne serait-ce que partager
13:38les informations,
13:39les questions opérationnelles,
13:40la coopération
13:41entre nos douanes,
13:42c'est des sujets utiles.
13:44Et puis,
13:45sur les sujets
13:46qu'on appelle
13:47de sécurité économique
13:48qui veulent dire
13:48que là où on est vulnérable
13:50et notamment
13:51sur les minerais critiques,
13:51c'est comment trouver
13:52des solutions ensemble
13:54parce que ça a aussi
13:56beaucoup de sens
13:57de se dire
13:58essayons de trouver
13:58une réponse coordonnée,
13:59d'avoir des pratiques communes
14:01entre nous,
14:02de développer des partenariats
14:03avec d'autres pays
14:04pour divertifier nos sources,
14:05de réfléchir à davantage,
14:08investir,
14:09raffiner,
14:09recycler chez nous,
14:11mais dans une sorte
14:11de club de pays
14:12qui se font confiance
14:13et qui vont faire ça ensemble
14:14plutôt que d'essayer chacun
14:15d'avoir ton nominé
14:15dans notre propre économie.
14:17Là aussi,
14:17c'est un vrai sujet
14:18de coopération
14:18sur lequel il y a
14:19une vraie valeur
14:20à se parler.
14:21Ils sont très demandeurs
14:22de ça.
14:22Ce club de confiance,
14:23ils sont aussi concurrents,
14:24je veux dire,
14:25les membres du G7,
14:26les uns contre les autres.
14:27Comment on fait
14:28dans ces cas-là ?
14:28Justement,
14:29si on laisse juste
14:30la concurrence entre nous,
14:31on va tous perdre.
14:32En gros.
14:33C'est qu'on va tous perdre,
14:34on va tous chercher
14:34à s'approvisionner
14:35un peu à la va-vite
14:37à n'importe quel prix,
14:38on payera tous plus cher
14:39et on ne sera pas plus
14:39en sécurité.
14:40Et cette coordination,
14:40elle fonctionne aujourd'hui ?
14:42Elle avance pas mal.
14:42Un peu.
14:43Il y a des pays
14:44qui sont très demandeurs.
14:45Regardez,
14:46et il se trouve que
14:47j'ai une petite activité
14:48au Canada,
14:48je connais bien le Canada,
14:50c'est un pays
14:51qui est incroyablement
14:52demandeur de relations
14:52avec le Royaume-Uni
14:54et avec l'Union Européenne.
14:55Et le Premier ministre canadien
14:56était invité
14:58à la CPO aujourd'hui
14:59à l'Union Européenne.
15:00C'est un économiste,
15:00c'est un banquier central,
15:01il a une vision
15:02extrêmement précise
15:03de tous ces sujets-là
15:05et il voit bien
15:06que dans le domaine commercial,
15:07mais pas seulement,
15:08dans le domaine militaire
15:09par exemple,
15:10mais aussi dans le domaine
15:11en effet des minerais critiques,
15:12le Canada a beaucoup
15:13d'hydrocarbures,
15:14le nord du Canada
15:15c'est des hydrocarbures
15:16et du pétrole.
15:17Ils savent très bien
15:18que nous en Europe,
15:20en réalité,
15:20dans notre sous-sol,
15:21ça commence à se savoir
15:22parce que la Commission Européenne
15:23d'ailleurs fait un bon travail
15:24à ce niveau-là,
15:24mais on a beaucoup
15:25nous de minerais critiques.
15:27C'est un sujet
15:29absolument majeur
15:30pour nous
15:30de les extraire
15:31et de les raffiner.
15:32Encore faut-il qu'on...
15:33C'est ça, oui.
15:34Je trouve vraiment
15:35que l'Union Européenne
15:36pour le coup
15:36fait un très...
15:37On avance bien
15:38sur ce sujet.
15:40Les Canadiens,
15:40ils voient parfaitement
15:42clair là-dessus.
15:43Vous voyez ?
15:44Mais le Royaume-Uni,
15:44pareil.
15:47Rendez-vous compte
15:48qu'en ce moment,
15:48j'élargis un tout petit peu
15:49par rapport aux essais,
15:51mais pas complètement.
15:52Les Britanniques,
15:53le Parlement britannique
15:54en ce moment,
15:55ils sont en train
15:55de faire passer des lois
15:56pour que le Parlement
15:58puisse intégrer
15:59les directives
16:00de l'Union Européenne
16:01de façon quasiment
16:02automatique.
16:03Vous vous rendez compte de ça ?
16:04C'est le Brexit, hein ?
16:05Non, non, non.
16:06C'est-à-dire qu'en fait,
16:08si j'étais un Brexiteur,
16:10en réalité,
16:11c'est une soumission
16:12à l'Union Européenne
16:13plus importante
16:14que quand le Royaume-Uni
16:15était à l'intérieur
16:16de l'Union Européenne,
16:17parce que là,
16:17ils n'auront pas leur mot
16:18à dire sur les directives.
16:20Mais donc,
16:20ils sont en train
16:21de demander
16:21à leurs parlementaires.
16:24ce que je veux vous dire
16:25par là,
16:26c'est qu'en fait,
16:27l'isolationniste américain
16:29et le fait
16:30qu'il est difficile
16:30de discuter avec la Chine
16:31parce que les surcapacités chinoises,
16:33en fait,
16:34le FMI nous dit
16:35les subventions
16:36à l'économie chinoise,
16:37ça représente
16:3810% du PIB chinois.
16:39Bon,
16:40c'est juste gigantesque.
16:42Mais en effet,
16:43c'est un sujet
16:43dont on ne peut pas parler
16:44avec les Chinois.
16:45Ils ne veulent pas parler.
16:46Donc,
16:47on a des incitations
16:48extrêmement fortes
16:49à la coopération
16:51entre pays
16:52avec lesquels,
16:53alors certes,
16:53il y a de la concurrence,
16:54etc.
16:54Bien sûr,
16:55mais enfin,
16:55vous voyez,
16:56Canada,
16:57Royaume-Uni,
16:58Union Européenne,
16:58l'incitation à la coopération,
17:00elle n'a jamais été aussi forte
17:01qu'aujourd'hui.
17:01Là,
17:02on est sur le volet commercial.
17:04Je voulais qu'on parle
17:04du volet finance aussi,
17:06Dorothée Rouset.
17:07Il y a trois priorités françaises
17:09pour le G7 Finance.
17:10C'est un peu,
17:11bon,
17:12c'est un peu des exercices classiques.
17:14C'est réduire les déséquilibres
17:16macroéconomiques,
17:17renforcer la sécurité économique,
17:19soutenir une croissance équilibrée,
17:21durable et préservant
17:22la stabilité financière.
17:24Quels sont précisément
17:25les objectifs de la France
17:27sur le volet financier ?
17:29Alors,
17:31effectivement,
17:31il y a trois grandes priorités.
17:34Donc,
17:34ça peut paraître un peu éthéré
17:35de dire,
17:36alors Anthony a commencé
17:37à en parler,
17:37de dire,
17:37on veut réduire
17:38les déséquilibres macroéconomiques.
17:39En fait,
17:40il y a un côté...
17:41C'est scisif, quoi.
17:41En tout cas,
17:42moi,
17:42ça fait 20 ans
17:43que j'entends la même chose.
17:43Alors,
17:43qu'est-ce qu'on appelle
17:44les déséquilibres macroéconomiques ?
17:46C'est le fait
17:46qu'on a
17:48des positions extérieures
17:50qui divergent
17:51de plus en plus.
17:52Donc,
17:52ce n'est pas sans lien
17:53avec ce dont on vient de parler.
17:54Des positions extérieures.
17:54C'est-à-dire,
17:56les États-Unis
17:57sont en déficit commercial
17:59et déficit courant
18:01qui persiste.
18:02La Chine
18:03est en excédent
18:04qui persiste
18:05et la zone euro
18:06est en excédent
18:07qui persiste.
18:07En gros,
18:07c'est ces trois régions
18:08qui comptent.
18:10Alors,
18:10pourquoi c'est inquiétant ?
18:12Déjà,
18:13parce que si on regarde,
18:14alors ces divergences,
18:15elles s'accroissent.
18:16La dernière fois
18:17qu'on était à peu près
18:18à ce niveau-là,
18:18c'était juste avant
18:19la crise de 2008.
18:20Et historiquement,
18:21ces épisodes de divergences,
18:22ils se résolvent
18:22par des crises.
18:24Pourquoi ?
18:24Parce qu'en face,
18:25il y a des flux de capitaux
18:26qui financent ces déficits
18:26mais qui peuvent se retourner
18:28ou qui peuvent financer
18:30la mauvaise chose.
18:31Typiquement,
18:33aux États-Unis,
18:34avant la crise de 2008,
18:35ils allaient vers les subprimes.
18:36Les crédits hypothécaires
18:37auxquels plus personne
18:38ne comprenait.
18:39Et donc,
18:40ces flux de capitaux,
18:41ils peuvent se retourner
18:41et créer une crise financière.
18:42Ou par ailleurs,
18:43l'autre chose qu'on voit bien,
18:45c'est que ces déficits,
18:46ils alimentent
18:46pas mal de ressentiments,
18:48des tensions,
18:49du protectionnisme
18:50parce que les pays
18:51en déficit,
18:53je dirais,
18:53choisissent des réponses
18:54qui ne sont pas forcément
18:55les bonnes
18:55à un problème
18:56qui est véritable.
18:57Donc,
18:57pour éviter que ça se résolve
18:58par une crise économique
18:59ou financière
19:00qui est effectivement
19:00très efficace
19:01pour réduire les déséquilibres
19:02mais à un coût économique
19:03très élevé,
19:05la question,
19:06c'est est-ce qu'on peut
19:07chercher une approche
19:07plus coopérative ?
19:09En fait,
19:09ces déséquilibres extérieurs,
19:10ils sont toujours
19:11le reflet
19:11d'un déséquilibre
19:13dans le modèle
19:13de croissance
19:14de chaque pays.
19:14En gros,
19:15en Chine,
19:15c'est un modèle
19:16de croissance
19:16qui est tourné à fond
19:17vers l'investissement,
19:18vers l'export
19:19en réprimant la consommation.
19:21En Europe,
19:22on n'a pas assez
19:23d'investissement,
19:24pas assez de productivité
19:25par rapport
19:25à notre niveau de départ,
19:26donc on manque
19:27d'investissement
19:28et c'est ça
19:29qui est à la source
19:30de notre excédent courant,
19:31pas français
19:32mais européen.
19:34Et aux États-Unis,
19:35c'est un modèle
19:35de croissance
19:36qui est alimenté
19:36par la surconsommation,
19:38la dette
19:38et le déficit budgétaire.
19:39Donc,
19:40si chaque pays
19:41rééquilibre un peu
19:42son propre modèle
19:42de croissance
19:43pour se rendre lui-même
19:44dans un modèle
19:46de croissance
19:46un peu plus stable
19:47et un peu plus soutenable,
19:48en fait,
19:49on gagne en stabilité mondiale.
19:50Alors évidemment,
19:51est-ce qu'on est
19:53prêt à faire
19:54pour le G7
19:54des choses
19:55qu'on n'aurait pas fait
19:55pour nous ?
19:56Non.
19:56Mais si on écoute
19:57la rhétorique
19:58plus que la pratique
19:59côté américain,
20:00ils disent qu'ils sont
20:01très attentifs
20:01à leur situation budgétaire
20:02et qu'ils veulent réduire
20:03le déficit.
20:03Pour la première fois,
20:06ça va dépasser les 100%
20:07du PIB aux Etats-Unis ?
20:08De la dette, oui.
20:09De la dette, pardon.
20:10En Europe,
20:11l'Allemagne réinvestit massivement.
20:13On investit dans la défense,
20:14etc.
20:15Donc, on est sans doute
20:16ceux qui prennent le plus
20:16le chemin du rééquilibrage.
20:18Alors, en Chine,
20:19c'est pareil.
20:19Si vous lisez
20:20le 15e plan quinquennal,
20:21ils disent
20:21la consommation est une priorité.
20:23Dans les faits,
20:23on n'y est pas.
20:24Mais c'est une base de discussion
20:25et en fait,
20:26ne serait-ce que d'avoir,
20:27d'arriver à un point...
20:28Alors évidemment,
20:28la Chine n'est pas au G7
20:29mais dans ce cadre,
20:30on discute avec la Chine.
20:32Si on arrive à un point
20:33où chaque zone
20:34reconnaît sa contribution
20:36à ce risque
20:36sur la stabilité mondiale
20:38et s'engage
20:39à mettre en œuvre
20:41des actions
20:41pour essayer de les réduire,
20:43il vaut mieux le faire
20:43de manière coordonnée
20:44parce que si l'un agit
20:45et pas l'autre,
20:46on peut avoir des effets
20:47sur la demande mondiale
20:48ou des effets
20:48sur les taux d'intérêt
20:49qui vont rendre les choses
20:50plus coûteuses pour tout le monde.
20:51Donc en fait,
20:52on a tous intérêt
20:52à agir de manière coordonnée.
20:54Évidemment,
20:54on ne le fera pas juste
20:55pour le G7
20:56si on n'y voit pas
20:56notre propre intérêt.
20:57Ça, ça n'existe pas.
20:58Mais ne serait-ce
20:59que d'avoir cette discussion
21:01de, j'irais d'admettre
21:02que dans les trois grandes zones,
21:03on en est collectivement responsables
21:04et qu'on a tous intérêt
21:05à éviter que ça se résolve
21:06par une crise
21:06et de trouver les moyens
21:07de le faire,
21:08c'est déjà un objectif
21:09certes ambitieux
21:09mais important,
21:11y compris à relativement court terme.
21:12Donc je résume.
21:13Pour les Chinois,
21:15stimuler la demande intérieure.
21:17Pour les Européens,
21:20investir sur le sol européen.
21:22Et pour les États-Unis,
21:24rétablir un peu leur déficit.
21:26Je le disais,
21:27le déficit,
21:28la dette américaine
21:29vient de passer
21:30les 100% du PIB américain.
21:331000 milliards de charges
21:34sur la dette
21:35payée chaque année.
21:37C'est des chiffres
21:37qui paraissent
21:39totalement délirants.
21:40Est-ce qu'on se dirige
21:41globalement
21:42vers une résorption
21:43de ces déséquilibres ?
21:44Malheureusement,
21:45je ne crois pas.
21:46Je suis parfaitement d'accord
21:47avec le diagnostic
21:47et c'est même sain
21:48d'essayer d'en parler.
21:50Mais les Américains,
21:51aller leur expliquer
21:51qu'ils consomment de trop,
21:52bon courage,
21:54politiquement,
21:54c'est infaisable.
21:56Alors que la réalité,
21:56c'est qu'il y a un énorme problème
21:58de surconsommation
21:59du côté des ménages.
22:00La Chine,
22:01le vieux serpent de mer,
22:02c'est l'idée de dire
22:02qu'il faut stimuler la consommation.
22:04Mais ils sont dans une logique
22:05où ils veulent dominer
22:05les technologies,
22:06donc la production.
22:08Et on peut les comprendre
22:09parce que c'est aussi
22:09une arme de rétorsion.
22:10Alors maintenant,
22:11ça devient une grande puissance militaire.
22:12Mais ça n'était pas le cas avant.
22:13Donc ils ont d'abord dominé,
22:15on va dire,
22:16ils ont assis leur domination
22:17sur une industrie
22:18sur laquelle ils peuvent faire pression
22:19sur l'ensemble des pays
22:20dans le reste du monde.
22:21Donc leur dire qu'il faut
22:21davantage consommer
22:22et relâcher une partie
22:23des contraintes
22:24qu'ils exercent sur le reste du monde,
22:25il y a la production,
22:26j'y crois,
22:27assez peu.
22:28Et même nous,
22:28au sein de la zone euro,
22:29ce qui moi me frappe,
22:30c'est qu'on n'est pas capable
22:31de dire aux Pays-Bas
22:3210% d'excédent courant,
22:33c'est inadmissible,
22:34vous ne vous avez pas droit
22:35de faire ça.
22:36Ça ne devrait pas pouvoir exister.
22:37Et pourtant,
22:38on le fait.
22:38Donc même dans des pays
22:39qui normalement...
22:39Ça fait partie des déséquilibres
22:40agro-interne à l'Europe,
22:41ça, normalement.
22:43Et on peut aussi...
22:44La Commission pourrait...
22:46Et surtout dans des pays
22:46qui normalement se ressemblent,
22:48se parlent,
22:48on devrait avoir une capacité
22:49à converger rapidement.
22:51On n'y arrive déjà pas
22:51au sein de la zone euro.
22:52Donc je suis assez pessimiste
22:53sur...
22:54Et je comprends, moi,
22:55les intérêts de chaque pays.
22:55C'est-à-dire qu'il faut bien voir
22:56que même les Pays-Bas
22:57n'ont pas du tout envie.
22:58C'est chacun pour soi, finalement.
22:59Le règne des nations.
23:00Bien sûr.
23:00Et puis il vaut mieux être à la fin
23:01un pays qui a une position
23:02extérieure nette extraordinairement...
23:05Pour René, l'Allemagne,
23:06par exemple,
23:06c'est 80 points de PIB
23:08de position extérieure nette positive.
23:10Nous, on doit être à moins 30,
23:11moins 35.
23:12C'est sûr que quand vous êtes détenu
23:13par le reste du monde,
23:14vous êtes un peu vassalisé,
23:16en réalité.
23:16Et à l'inverse,
23:17quand vous détenez le reste du monde,
23:18vous avez une capacité d'agir,
23:19en tout cas,
23:20ou de faire la question.
23:20Plus de pouvoir.
23:21C'est ce qu'il faisait dire
23:22à Jean-Marc Daniel ce matin
23:23que les États-Unis
23:24étaient un pays du tiers monde,
23:26en réalité,
23:27puisque c'est l'Europe
23:28qui détient Manhattan.
23:29Ils ont d'autres moyens,
23:30d'autres leviers.
23:32On est d'accord aussi,
23:32Nicolas Bouzou.
23:33C'est très difficile,
23:35politiquement, évidemment,
23:36mais aussi concrètement,
23:37de résorber ces déséquilibres.
23:39Parti communiste chinois,
23:40ils sont parfaitement conscients
23:41des problèmes de surproduction.
23:43Ils l'ont parfaitement théorisé,
23:45c'est-à-dire que cette surproduction
23:46qui génère des baisses de prix,
23:48qui génère des baisses de marge,
23:50voire beaucoup d'entreprises.
23:51C'est très frappant,
23:52quand vous faites un peu de micro,
23:54vous regardez les très grandes
23:55entreprises chinoises
23:56qui nous impressionnent
23:57dans le numérique,
23:58dans l'automobile, etc.
23:58En fait, il y en a plein
23:59qui ne gagnent pas d'argent.
24:00Ils ne sont pas profitables.
24:01Parce que les prix sont très bas.
24:02Personne ne voudrait investir
24:03là-dedans, avec nous,
24:04nos critères financiers
24:05d'investissement.
24:07Et alors ça,
24:07les Chinois,
24:08ils n'ont pas le problème,
24:09il est parfaitement identifié.
24:11Simplement,
24:13comment faudrait-il faire
24:14en pratique ?
24:15Il faudrait supprimer
24:16les subventions,
24:17en tout cas les diminuer,
24:19c'est-à-dire assumer le fait
24:20qu'au fond,
24:21vous avez tout un tas
24:22d'entreprises
24:22qui vont disparaître.
24:24Alors intellectuellement,
24:25c'est parfait,
24:26mais c'est exactement
24:27comme la résorption
24:28de la consommation
24:30aux Etats-Unis.
24:31On va mettre plein d'impôts
24:32sur la consommation.
24:33Vous allez consommer moins
24:34parce que c'est bon pour vous.
24:35On va supprimer
24:37les subventions comme ça,
24:38enfin diminuer les subventions
24:39comme ça.
24:39Il y a plein d'entreprises
24:40qui vont disparaître
24:41et c'est formidable.
24:42Vous voyez que c'est
24:44ça la solution technique.
24:46Mais c'est difficile
24:47ces pays à présenter.
24:48On a un peu du mal
24:49à avoir un point
24:50d'atterrissage,
24:51effectivement.
24:51Là, vous prenez
24:52la face nord,
24:52c'est-à-dire que les Etats-Unis
24:53dire on va diminuer
24:54la consommation,
24:54effectivement,
24:55c'est indicible.
24:56Dire que les Etats-Unis
24:57ont un problème de dette
24:58et de soutenabilité
24:59de la dette,
25:00et en fait,
25:00d'ailleurs,
25:01si on reprend leurs annonces
25:03de l'année dernière,
25:04ils allaient réduire
25:05drastiquement leurs déficits.
25:06C'était l'objectif aussi
25:07des tarifs douaniers.
25:08En tout cas,
25:09c'est un objectif
25:10à moyen terme
25:10qu'ils affichent
25:11à défaut de prendre
25:12pour l'instant
25:13les actions
25:14sur la consommation
25:15ou de dire
25:16il faut un peu moins
25:17de dérégulation financière
25:18parce qu'il y a des risques
25:18financiers dans votre système.
25:19C'est indicible,
25:20ça, je suis d'accord.
25:21Pour les Chinois,
25:22ce n'est pas indicible
25:23de parler de consommation.
25:24Dire réduire les subventions
25:25et laisser vos entreprises
25:26mourir et renoncer
25:26à dominer l'industrie mondiale,
25:28c'est plus compliqué.
25:29En revanche,
25:30ce qui plombe aussi
25:31la consommation chinoise,
25:32c'est le fait
25:32que la crise immobilière
25:33continue à traîner
25:34en longueur
25:35et n'est pas résorbée.
25:36À un moment,
25:37je dirais,
25:38nettoyer le bilan
25:39du secteur immobilier
25:40et redonner un peu
25:42de visibilité
25:43aux ménages là-dessus,
25:45investir davantage
25:46dans la santé
25:47et l'éducation,
25:47c'est aussi dissible.
25:48Donc, en fait,
25:48c'est aussi là
25:49qu'il faut trouver
25:50les voies
25:51où on peut s'entendre,
25:52ne pas forcément partir
25:53sur les chiffons rouges
25:54de chaque pays,
25:55mais plutôt trouver
25:56les moyens
25:56qui sont entendables
25:57dans le contexte national
25:58avec les contraintes
25:59nationales, économiques
26:00et politiques et sociales
26:02de chaque pays.
26:03Et c'est ça,
26:03le travail, en fait,
26:04qu'on fait aussi,
26:05je dirais,
26:05à tous les niveaux
26:06pour essayer
26:08de trouver un chemin d'entente.
26:09Il nous reste 30 secondes.
26:10Une dernière question,
26:10Dorothée,
26:11pour clôturer
26:13cette partie G7.
26:15Je répète ma question.
26:16Quels seraient
26:17les trois réussites,
26:19les trois objectifs
26:20que vous considérez
26:21réussis
26:21en fin de G7,
26:23en fin d'année ?
26:25Alors,
26:25ce qui est difficile,
26:27je ne vais même pas
26:28répondre à ma question
26:28en tant que second,
26:29parce que quelque part,
26:29ce qui sort des G7,
26:30en général,
26:31c'est des communiqués.
26:32Donc, on peut se dire,
26:32bon, c'est qu'un texte,
26:34mais ces communiqués
26:36sont ceux qui font bouger
26:37des lignes
26:38au niveau des ministres
26:38du Commerce,
26:39au niveau des ministres
26:39des Finances,
26:40et ensuite,
26:40au niveau des chefs d'État,
26:41ce qui est le plus important.
26:42Et donc,
26:42ces communiqués montrent un peu
26:43là où on a avancé
26:44dans notre compréhension commune,
26:45dans notre diagnostic commun,
26:46ce qu'on est prêt à faire,
26:47ce qu'on demande
26:48aux organisations internationales
26:49de faire aussi.
26:50Ça donne des feuilles de route
26:50aux organisations internationales.
26:52Et donc, quelque part,
26:53il faut savoir lire le texte
26:54ensuite pour voir
26:57les points sur lesquels
26:58on s'est entendus,
26:58typiquement sur le sujet
26:59dont je parlais.
26:59si on a que les trois zones
27:01reconnaissent leurs responsabilités
27:02dans les déséquilibres mondiaux
27:03et s'engagent à agir
27:04pour les réduire.
27:05En fait,
27:06de notre point de vue,
27:06ce sera un succès.
27:07On pourra se dire
27:07que c'est juste deux phrases,
27:09mais c'est une ligne qui bouge.
27:10De même,
27:11sur les sujets commerciaux,
27:14c'est une question
27:15de faire bouger des lignes
27:16et d'agir dans la même direction.
27:17Et en fait,
27:18ça donne une feuille de route
27:19pour la suite,
27:20le prochain G7,
27:21le prochain G20,
27:22etc.
27:22Et la montagne
27:24qui remonte des années,
27:25des semaines,
27:26des mois,
27:26une année de travail
27:27pour que ces quelques lignes
27:29puissent bouger
27:30et c'est très important.
27:31Merci à tous les trois.
27:32On revient dans une toute petite minute.
27:34On va revenir maintenant
27:35en France.
27:36La situation française,
27:37la lettre de François Villeroy de Gallo,
27:39la dernière au président de la République
27:41pour parler
27:42de l'économie française.
27:44Est-ce qu'il faut craindre
27:45une récession ?
27:46Et puis,
27:46on reviendra sur le débat du moment
27:48sur les pétroliers,
27:50les surprofits,
27:51évidemment,
27:51peut-être les taxes
27:52qui vont avec.
27:53A tout de suite.
28:01BFM Business et la Tribune
28:03présentent
28:04Les Experts
28:05Raphaël Legendre.
28:07On est de retour
28:08pour la seconde partie
28:09de l'émission.
28:10Notez bien
28:10le nouvel horaire
28:11des experts
28:12tous les jours
28:13de 9h30 désormais
28:15à 10h30,
28:16toujours en direct,
28:17bien sûr,
28:17sur l'antenne
28:18de BFM Business.
28:19Il est 10h passée
28:20de 2 minutes
28:21et je suis toujours
28:23avec Dorothée Rouzé,
28:24chef économiste
28:25de la Direction Générale
28:26du Trésor,
28:27Anthony Morley-Lavidali,
28:28économiste
28:29chez Rex & Code
28:30et Nicolas Bouzou,
28:31fondateur du cabinet
28:32d'analyse économique
28:34et de conseil
28:34Asterès.
28:36On a beaucoup parlé
28:37relations internationales
28:39lors de la première partie
28:40de l'émission.
28:40On va revenir en France là
28:42avec la dernière lettre
28:44du gouverneur
28:45de la Banque de France
28:46au président
28:47de la République.
28:47C'est un exercice classique.
28:49Au printemps,
28:50le gouverneur
28:52fait un peu
28:53l'état
28:54de l'économie française
28:55et adresse aussi
28:56quelques conseils économiques,
28:58toujours,
28:58jamais politiques,
28:59bien sûr,
29:00mais celle-ci
29:02prend une saveur particulière
29:03puisque c'est la dernière
29:05de François Villeroy
29:06de Gallo
29:06avant qu'il quitte
29:09l'institution financière.
29:12Ce sera au mois de juin.
29:14La grande question
29:15du moment,
29:16le grand sujet
29:16autour du débat économique,
29:19c'est récession
29:20ou stagflation ?
29:21On a eu les résultats
29:22en fin de semaine dernière
29:23de l'INSEE.
29:24La croissance
29:25au premier trimestre
29:26passée zéro.
29:27L'inflation
29:28au mois d'avril
29:29dépasse désormais
29:30les 2%.
29:32Alors,
29:33premier tour de table,
29:34Anthony,
29:34je commence avec vous.
29:36Est-ce qu'il faut craindre
29:37un retour
29:38de la stagflation ?
29:39Christine Lagarde
29:40a dit non
29:41la semaine dernière.
29:42La stagflation
29:43à la mode
29:44des années 70,
29:45on n'y est pas du tout.
29:47Faut-il alors craindre
29:48une récession ?
29:50C'est toujours des mots
29:50qui font peur.
29:51Stagflation,
29:52est-ce qu'il y a plus
29:53d'inflation ou moins
29:53de croissance ?
29:54Oui.
29:54Ensuite,
29:54la question,
29:55c'est de se dire
29:55quand on dit moins de croissance,
29:57est-ce que ça nous emmène
29:58dans le négatif ?
29:59Il est vrai,
30:00et ça c'est peut-être
30:00ce qui est le plus inquiétant,
30:01c'est que l'économie française
30:02ne se porte pas très bien
30:03à l'entrée dans le conflit
30:05ou en tout cas
30:05quand on va voir
30:06les pleins effets du choc.
30:07C'est vrai que le premier trimestre,
30:08c'était pour les deux tiers
30:10avant le début du conflit.
30:11Exactement.
30:12Ça, c'est peut-être
30:13ce qu'il y a de plus délicat,
30:14c'est-à-dire que la conjoncture
30:15était quand même déjà dégradée.
30:17Maintenant,
30:17effectivement,
30:18si le conflit,
30:18on ne trouve pas d'issue
30:19très rapide,
30:20on va connaître
30:21les trimestres récessifs,
30:22probablement.
30:23Alors,
30:23pas forcément d'une ampleur
30:25déraisonnablement négative,
30:26mais quand même
30:27probablement récessive.
30:28Donc,
30:28ça peut être
30:28une récession technique.
30:29Pour l'instant,
30:30on voit bien
30:30sur l'ensemble de l'année,
30:32la prévision
30:32qui était de 0,9
30:33du gouvernement.
30:35Je pense qu'aujourd'hui,
30:36on est plutôt en centrale
30:37à la 0,7,
30:37on va dire,
30:38quand on recale le T1.
30:40Donc,
30:40on est toujours
30:41dans le positif
30:42en moyenne annuelle,
30:43mais on sent bien
30:43qu'on perd des dixièmes
30:44de points de croissance,
30:46j'allais dire,
30:47mois après mois,
30:47à mesure qu'on voit
30:48les effets se propager.
30:51Donc,
30:51effectivement,
30:52il y a clairement un risque.
30:53Et ce qui est frappant,
30:54c'est de voir quand même
30:55que la demande interne française,
30:56elle est quand même
30:57relativement déprimée.
30:58On voit des ménages
30:58qui n'ont toujours
30:59aucune envie de consommer,
31:00qui ont un désir d'épargne
31:02toujours très fort,
31:03et des entreprises
31:04qui investissent toujours
31:05dans le numérique,
31:06parce que ça,
31:06c'est un petit peu
31:07la partie...
31:07Oui,
31:07l'investissement,
31:07ce n'est pas pas si mal.
31:08Pas si mal pour la partie
31:10servicielle,
31:10mais pour tout ce qui est
31:11construction et bien d'équipement,
31:14pour les investissements
31:15capacitaires ou même
31:16de renouvellement,
31:17là,
31:17c'est quand même plutôt dégradé.
31:18Donc oui,
31:19une économie française
31:20qui n'est quand même
31:20sincèrement pas en forme
31:21et il est complètement possible
31:22que dès le deuxième trimestre
31:24ou à fortiori le troisième,
31:26on connaisse un trimestre négatif.
31:28En tout cas,
31:28ce n'est pas exclure
31:29à ce stade,
31:29clairement.
31:30Bon,
31:30le gouverneur de la Banque de France,
31:31lui,
31:32dit non,
31:33pas de récession.
31:34Sur l'année...
31:34Je précise,
31:36lorsqu'on se projette
31:37à trois ans,
31:39aussi,
31:39il donne un horizon
31:41un peu lointain.
31:42Sur l'année,
31:42le scénario bas serait
31:43à 0,3% de croissance seulement.
31:46On recevait ce matin
31:47dans la matinale
31:48dans Good Morning Business,
31:50le patron de l'URSSAF,
31:51Damien Yantil,
31:54ex de Bercy.
31:57Écoutez ce qu'il nous disait,
31:58lui,
31:58il n'est pas si pessimiste
31:59que ça sur l'économie française.
32:01Quand on regarde
32:02nos chiffres conjoncturels
32:03collectés par les URSSAF,
32:06taux d'impayé,
32:06délai,
32:07on est encore
32:08dans une bonne résilience
32:09de l'économie,
32:10donc ça,
32:10c'est plutôt assez rassurant.
32:11En revanche,
32:12il est clair que
32:13dans certains secteurs
32:13et pour certaines entreprises,
32:15on a besoin d'accompagnement.
32:16Une des mesures
32:17d'accompagnement,
32:18c'est,
32:18comme vous le dites,
32:19l'étalement
32:20de cotisations sociales.
32:22Quand on regarde
32:23au mois d'avril,
32:25on a 30 000 délais
32:27qui ont été accordés,
32:28ce qui est un chiffre
32:29équivalent
32:29à ce qu'on a pu observer
32:31en avril 2025.
32:32En revanche,
32:33quand on regarde
32:33certains secteurs,
32:34comme le secteur
32:35des transports,
32:36par exemple,
32:36ou encore
32:37de l'hébergement touristique
32:38ou le secteur
32:39des infirmières,
32:40là,
32:40on a une hausse
32:41un peu plus marquée
32:42du nombre de demandes
32:43de délais.
32:45Voilà,
32:45donc pour l'instant,
32:46on voit que
32:46cette crise
32:47a l'impact
32:48de certains secteurs.
32:49Évidemment,
32:50on n'est pas surpris
32:51que dans le transport
32:51ce soit un peu compliqué,
32:53mais globalement,
32:54les impayés,
32:55sont à peu près
32:56au même niveau
32:56que l'année dernière.
32:57Donc,
32:57l'économie tourne,
32:58finalement.
32:59Oui,
33:00je pense que c'est un peu
33:01ce qu'on voit
33:02dans les chiffres
33:03du premier trimestre,
33:04aussi dans ce que dit
33:05le gouverneur
33:06dans sa lettre.
33:07C'est-à-dire,
33:07il y a un trou d'air,
33:09indéniablement,
33:10et c'est normal
33:10vu la crise qu'on a.
33:12Ensuite,
33:12je trouve qu'agiter
33:13les mots
33:14récession,
33:15stagflation,
33:15pour l'instant,
33:16c'est un peu prématuré.
33:17On s'est peur.
33:18Ça agite le spectre
33:19des années 70.
33:20la Banque de France,
33:21comme beaucoup
33:25son scénario
33:26très défavorable,
33:27c'est 0,3% de croissance
33:29et 3,3% d'inflation.
33:31Encore une fois,
33:31on n'est pas
33:32en croissance négative,
33:33on n'est pas en inflation
33:34à deux chiffres.
33:35Alors,
33:35c'est un scénario
33:37qui est mauvais
33:38économiquement,
33:39mais qui n'est pas
33:40catastrophique.
33:41On peut imaginer
33:42pire,
33:42évidemment,
33:43si la crise
33:43dure encore,
33:44s'amplifie,
33:44etc.
33:45Mais je dirais,
33:45aujourd'hui,
33:46en regardant la situation
33:48telle qu'elle est,
33:49on a un trou d'air,
33:50on a une inflation
33:51qui remonte,
33:51mais on a l'avantage
33:52de partir de très bas.
33:53Donc,
33:55on remonte autour
33:56de 2% aujourd'hui,
33:57on va sans doute passer,
33:58voilà,
33:58ça va continuer
33:59à augmenter un peu,
34:00mais on n'est pas
34:01dans des niveaux
34:01d'inflation,
34:02même qu'on a connus
34:04en 2022-2023.
34:05On est encore assez loin.
34:07On a évidemment
34:08des secteurs
34:08qui sont très touchés.
34:09C'est une crise
34:10qui est d'abord
34:10sectorielle aujourd'hui,
34:11les secteurs
34:11qui sont très dépendants
34:13du pétrole,
34:14du gaz,
34:15donc les secteurs
34:15énergo-intensifs.
34:17Et quelque part,
34:18ça rejoint l'autre partie
34:19du diagnostic conjoncturel
34:21de François Villeroy de Gallo
34:22qui est de dire
34:22qu'il faut garder
34:23une réponse
34:24qui est
34:25ciblée
34:26sur les secteurs
34:27qui sont vraiment
34:28en difficulté,
34:30donc aider les secteurs
34:31qui en ont besoin,
34:32mais garder,
34:32je dirais,
34:33la mesure dans la réponse
34:34en termes de ciblage.
34:37Voilà,
34:37mais je ne serais pas
34:38aujourd'hui catastrophiste
34:40parce que,
34:40je dirais,
34:41quand le pire scénario
34:42que la Banque de France
34:43imagine aujourd'hui,
34:43ça reste une croissance positive
34:44et une inflation à 3%,
34:46on n'est pas
34:47dans un choc généralisé.
34:48Ensuite,
34:48il faut surveiller
34:49si ça se diffuse
34:50à d'autres secteurs,
34:50si l'inflation
34:51se généralise au-delà,
34:52je dirais,
34:53dans les chiffres
34:53du premier trimestre,
34:55il y a eu
34:55des facteurs négatifs,
34:57effectivement,
34:58l'investissement
34:58dans la construction,
35:00la consommation,
35:00alors du côté de la consommation,
35:01il faut faire un peu attention,
35:02il y a la consommation d'énergie
35:03qui baisse par exemple,
35:04mais juste parce qu'il a fait chaud
35:04en février,
35:05par contre,
35:05la consommation alimentaire
35:06baisse aussi,
35:07ça c'est un signe
35:08qui peut être
35:08un peu plus inquiétant.
35:10Donc,
35:10il faut un peu regarder
35:11ces signaux-là
35:11pour voir si le choc
35:12se diffuse davantage
35:13que, je dirais,
35:14le périmètre énergie
35:14stricto sensu.
35:15La consommation de services
35:16se porte plutôt bien,
35:17la consommation des biens
35:18rebondit 0,7 au mois de mars aussi,
35:20donc c'est compliqué à voir.
35:22La grande question,
35:23Nicolas,
35:24c'est évidemment
35:24combien de temps
35:25va durer ce conflit,
35:27combien de temps
35:27les prix à la pompe
35:28vont rester au-dessus
35:30des 2 euros,
35:31j'imagine.
35:31Mais ça,
35:32on n'en sait rien.
35:33On n'en sait rien
35:33parce que la grande nouveauté
35:34de ces 4 dernières années,
35:36c'est que l'économie
35:38est soumise
35:38à des chocs géopolitiques.
35:40C'est ce qu'il dit,
35:41le gouverneur,
35:41c'est qu'on vit
35:42dans un monde de permacris.
35:43Les difficultés économiques
35:44auxquelles on fait face
35:44ne sont plus endogènes.
35:45Elles l'étaient
35:46quand on a commencé
35:47notre carrière.
35:47La crise de 2008,
35:48c'est une crise financière,
35:50puis bancaire,
35:50puis économie réelle,
35:51etc.
35:52Aujourd'hui,
35:52il ne se passe ça du tout.
35:53Aujourd'hui,
35:53la question,
35:54c'est quand est-ce
35:55que les bateaux
35:55vont repasser
35:56dans le détroit d'Hormuz.
35:57C'est absolument exogène
35:59à l'économie
35:59et en plus,
36:02radicalement imprévisible
36:02au sens le plus fort
36:04du terme.
36:05Donc,
36:05stagflation,
36:06non,
36:07puisque stagflation,
36:07ça veut dire
36:08qu'on a une inflation
36:08qui dure,
36:09qui s'auto-entretient,
36:10etc.
36:10Donc ça,
36:11non.
36:11Récession,
36:12on ne sait rien.
36:14Récession,
36:14si le détroit d'Hormuz
36:17reste fermé deux ans,
36:18oui,
36:19récession.
36:19Au bout d'un moment,
36:20ça va être difficile
36:21de faire des sacs-poubelles
36:23sans le pétrole
36:24qui vient de là-bas.
36:26Donc,
36:26vous voyez,
36:27en revanche,
36:28deux choses,
36:28deux remarques.
36:30Première remarque,
36:31une difficulté
36:32à laquelle quand même
36:32il faudrait qu'on réfléchisse
36:33un peu en profondeur,
36:34surtout au vu
36:35des échéances électorales,
36:37c'est que la nouveauté
36:38de cette crise,
36:39c'est qu'on n'a pas
36:40véritablement les moyens
36:41de mettre en place
36:42des dispositifs
36:43de soutien un peu conséquents
36:44comme on l'avait fait
36:45lors de l'invasion de l'Ukraine
36:46ou de l'infusion de l'Ukraine
36:47lors du Covid.
36:48Ce que fait le gouvernement,
36:49moi,
36:49je trouve ça parfait.
36:50Il radine
36:51et il donne
36:53aux pêcheurs,
36:53aux agriculteurs,
36:54aux grands routiers.
36:56Je soutiens à fond.
36:57C'est parfait
36:58parce que je considère
37:00que faire plus,
37:01ce serait finalement
37:02ajouter d'une certaine façon
37:04un risque de crise financière
37:05à une crise géopolitique.
37:06Donc,
37:06ce n'est pas une bonne idée.
37:07Mais enfin,
37:08c'est quand même
37:09un problème
37:09sur lequel il faut
37:10qu'on se pose trois secondes.
37:12Ça,
37:12c'est la première remarque.
37:13La deuxième remarque,
37:14il me semble que
37:16dans les analyses économiques
37:17qu'on fait,
37:18on loupe un peu quelque chose
37:19et moi,
37:20je le vois
37:20dans ma pratique professionnelle
37:21en termes d'impact
37:22sur les secteurs.
37:23C'est le fait
37:24qu'on a changé de monde
37:25en termes de taux d'intérêt.
37:28Il y a quatre ans,
37:30les taux d'intérêt,
37:30ils étaient à zéro.
37:33Aujourd'hui,
37:33on va gentiment vers 4%.
37:36On n'y est pas,
37:37mais grosso modo...
37:38On atteint les 7% ce matin
37:38aux Etats-Unis.
37:39On va vers 4%.
37:41Certes,
37:41l'inflation n'est pas la même,
37:42donc les taux réels
37:43ne sont pas...
37:44OK.
37:45Mais déjà,
37:46les entreprises,
37:46elles sont plutôt sensibles
37:48aux taux nominaux,
37:48plus qu'aux taux réels.
37:50Et surtout,
37:51je trouve qu'on sous-estime
37:52à quel point,
37:53pour certains secteurs,
37:54c'est un changement de monde.
37:55Je vous donnais un exemple
37:56extrêmement concret.
37:57Prenez la promotion immobilière
37:59aujourd'hui.
38:00Promotion immobilière,
38:01moi, les promoteurs,
38:02je leur parle,
38:02ils me disent
38:03on a un problème,
38:04on est coincés.
38:05Parce qu'en fait,
38:06la différence entre
38:08nos coûts de structure,
38:10après tous les efforts
38:11qu'on peut faire,
38:12et ce que les ménages
38:14peuvent mettre aujourd'hui,
38:16il y a 10 points de différence.
38:18Ah oui.
38:19Là,
38:20on est coincés.
38:21Avec le coût des matériaux
38:22qui ont flambé
38:24au mois de mai,
38:24au mois de juin,
38:25et les hausses de prix qui montent.
38:26Là,
38:26on est complètement coincés.
38:28Donc,
38:28je trouve que ce changement
38:30très macro,
38:31en fait,
38:32ce retour à la normale,
38:33parce que 4% de taux à 10 ans,
38:34c'est pas...
38:35On a déjà connu ça.
38:36En fait,
38:36c'est une espèce de logique,
38:37c'est le prix du temps à 10 ans,
38:39il n'y a pas de problème.
38:40Mais,
38:40on a tellement vécu
38:42avec des taux d'intérêt
38:43qui étaient nuls,
38:44que ce changement de monde
38:45en 4 ans,
38:45ce n'est pas très long,
38:46finalement.
38:47Je pense que
38:48sur certains secteurs,
38:49par exemple,
38:50en termes de défaillance,
38:51il y a beaucoup de défaillance
38:51en France,
38:52vous le savez,
38:53en termes de défaillance
38:54d'entreprise,
38:55dans des secteurs
38:56qui sont très intensifs
38:57en capital,
39:01liés,
39:01qui sont très liés
39:03au niveau de taux d'intérêt.
39:04Je pense que
39:05c'est un facteur
39:05absolument majeur.
39:06Oui,
39:0670 000 défaillances
39:07l'année dernière,
39:08je le rappelle.
39:09Et on sent que ça souffre
39:10dans certains secteurs.
39:11Je pense à l'industrie,
39:12ça c'est des acteurs
39:13avec lesquels on parle beaucoup,
39:14et notamment les énergo-intensifs.
39:16Ce qui est triste,
39:16c'est qu'ils prennent
39:17au fond un second coup de semence,
39:18alors qu'ils ne sont toujours
39:19pas remis de 2022.
39:20La plupart des industries
39:21énergo-intensives,
39:22elles ont des niveaux de production
39:23qui sont 10 à 15%
39:24sous les niveaux
39:25qu'elles avaient début 2022.
39:26Donc,
39:26elles partent affaiblies
39:27avec des niveaux souvent
39:28de trésorerie
39:29et des tensions sur le bilan
39:30de manière générale
39:31plus fortes.
39:32Et donc,
39:32même si le choc
39:33qu'on connaît aujourd'hui
39:34peut être éventuellement
39:34moins fort que ce qu'on avait eu
39:36en 2022,
39:37elles sont dans une situation
39:38où elles sont beaucoup plus
39:38fragiles et précaires.
39:39Et donc,
39:39on le voit bien,
39:40vous prenez l'agence de garantie
39:41des salaires,
39:42par exemple,
39:42sur le premier trimestre,
39:43dans l'industrie,
39:44ça fait très mal.
39:45Donc,
39:46il faut être vigilant
39:47sur certains secteurs
39:48qui malheureusement
39:49sont déjà fragilisés
39:50et souffrent encore davantage.
39:52Donc,
39:52en plus,
39:52c'est une crise
39:53qui est très hétérogène
39:54et discrimine beaucoup
39:55au fond d'autres secteurs.
39:57Bon,
39:57et ce que dit le gouverneur
39:58pour terminer aussi,
39:59c'est intéressant,
40:00il reprend,
40:01il prend un peu de recul,
40:02il donne de la hauteur de vue
40:04et il regarde la France
40:06ces 15 dernières années
40:07pour nous comparer
40:08aux performances
40:08des autres pays européens.
40:10Et ce qu'il nous dit aussi,
40:12c'est que économiquement,
40:13finalement,
40:14on est plutôt dans la moyenne.
40:16Finalement,
40:17ça ne va pas si mal que ça.
40:19Finalement,
40:19le pouvoir d'achat,
40:20la progression du pouvoir d'achat
40:22des Français,
40:23préoccupation numéro 1
40:24des Français aujourd'hui,
40:26eh bien,
40:26est dans la moyenne
40:27de ce qui a été fait
40:28ailleurs en Europe.
40:30Ça, c'est pas du tout
40:30cet argument
40:31de François Villedroit de Gallo
40:32parce que,
40:33sincèrement,
40:34quand vous avez
40:34la même croissance
40:35que la moyenne européenne,
40:36mais vous avez bazardé
40:38les finances publiques
40:38avec du soutien
40:39permanence en réalité,
40:41c'est pas la même chose.
40:42Vous prenez,
40:42on débute,
40:44prenez le début des années 2000,
40:45quand on fait la zone euro,
40:47on a 60%
40:48de taux d'envêtement public
40:48comme l'Allemagne.
40:50L'Allemagne aujourd'hui
40:51est un peu au-dessus de 60%,
40:52on est à 115%.
40:54Bon,
40:54entre les deux,
40:55la différence,
40:56c'est qu'aujourd'hui,
40:56l'Allemagne peut se permettre
40:57des plans de relance
40:58absolument gigantesques,
40:59peut soutenir la demande
41:00pendant des années,
41:01on n'a plus un rond.
41:02Donc,
41:03c'est quand même
41:03pas la même chose
41:04quand vous faites le bilan,
41:05il ne faut pas regarder
41:05que la croissance,
41:06mais comment vous avez
41:07généré la croissance
41:08et sincèrement...
41:09Alors,
41:09c'est vrai qu'il souligne
41:10le côté des finances publiques
41:12catastrophiques,
41:12sans faire le lien
41:13forcément entre les...
41:14Oui,
41:14mais à la fin,
41:14ça joue.
41:15Et même le modèle économique
41:16tel quel,
41:17on a perdu beaucoup
41:18d'industries dans la bataille,
41:19on a un modèle qui...
41:20Alors,
41:20on a fait émerger
41:21des services plutôt
41:22à haute valeur ajoutée,
41:23ça c'est très bien,
41:24mais on a quand même
41:24plutôt une dérégulation,
41:27ou en tout cas,
41:27une déformation
41:28qui ne va pas dans le bon sens
41:29du modèle économique français,
41:30avec un modèle social,
41:31en plus,
41:32qui n'est pas soutenable
41:32dans la durée.
41:33J'ai beaucoup de mal
41:34à trouver qu'au fond,
41:35on a une performance moyenne.
41:37Je trouve qu'on a plutôt
41:38sous-performé,
41:38malheureusement,
41:39sur les 25 dernières années.
41:40Qu'est-ce que vous retenez,
41:40Dorothée,
41:41de cette lettre ?
41:42Non,
41:42moi,
41:42je pense que c'est intéressant,
41:43justement,
41:43en ce qui pointe
41:44les points forts
41:45et les points faibles
41:46en comparaison européenne,
41:48que la croissance,
41:50effectivement,
41:50dans la moyenne,
41:51en gros,
41:52alors bien inférieure
41:53à celle des États-Unis,
41:53mais ça,
41:54c'est plutôt un problème européen
41:55qu'un problème français,
41:56sachant qu'au sein de la zone euro,
41:58il y a aussi des pays
41:58qui sont plus en rattrapage,
41:59donc c'est normal
42:00qu'il y ait aussi des pays
42:00qui sont moins riches que nous
42:01et qui croisent plus vite.
42:03Donc,
42:03être dans la moyenne,
42:04c'est à peu près normal.
42:05Sur l'emploi,
42:06on a plutôt,
42:07alors on partait plus loin,
42:08mais on a plutôt surperformé.
42:08C'est la grande victoire
42:09des 15 dernières années,
42:10dit François-Léon-Galot.
42:11Le taux de chômage
42:12a nettement baissé,
42:13le taux d'emploi
42:14a nettement progressé.
42:17Sur l'inflation,
42:18on le disait tout à l'heure,
42:19on a plutôt été plus bas
42:20que les autres
42:21et ça nous a permis
42:21de gagner en compétitivité.
42:23En revanche,
42:24sur la compétitivité hors prix,
42:26le type de spécialisation,
42:27le positionnement de gamme,
42:28on n'y est pas encore
42:29et c'est pour ça
42:29que cette compétitivité prise,
42:31elle ne se retrouve pas
42:31dans nos parts de marché.
42:33Et après,
42:33évidemment,
42:34ce qui est intéressant,
42:35alors je le dirais
42:36un peu différemment,
42:37mais il nous dit finalement
42:38en termes de pouvoir d'achat,
42:40on n'est pas moins bien
42:41le titre que les autres
42:41en termes de croissance
42:42du pouvoir d'achat.
42:43En revanche,
42:44ce pouvoir d'achat,
42:44il a été un peu acheté
42:46par les finances publiques
42:47et donc, quelque part,
42:48c'est normal qu'à l'avenir,
42:50on fasse plus d'efforts
42:51sur les finances publiques
42:52et que la priorité absolue
42:54ne soit peut-être pas
42:55le pouvoir d'achat,
42:56mais également,
42:57je dirais,
42:58utiliser nos finances publiques
42:59avec des marges amoindries
43:01pour soutenir
43:02l'investissement,
43:03la compétitivité
43:04qui vont nous faire
43:04la croissance de demain,
43:05qui sont aussi
43:07l'investissement,
43:08l'industrie,
43:08la compétitivité,
43:09l'éducation
43:10et peut-être moins
43:12que l'extension
43:12du modèle social
43:13qui a été davantage
43:14le cas des 15 dernières années.
43:15Oui, et notamment
43:16en faveur des plus âgés,
43:19ce qu'il nous dit aussi,
43:20François Villerois de Gallo,
43:21je le cite,
43:22si notre pays poursuit
43:23des choix géontocratiques,
43:26il ne pourra pas bien préparer
43:28l'avenir.
43:29De quoi il parle là ?
43:31Il parle de cette thématique
43:33du conflit de génération
43:34qui est en train
43:35de prendre en France,
43:37mais moi,
43:38je n'aime pas qu'on parle
43:38comme ça en fait.
43:39Je n'aime pas qu'on parle
43:40comme ça parce que
43:41je pense que notre pays,
43:43il est très divisé,
43:44que le débat public
43:45en ce moment,
43:45c'est n'importe quoi,
43:46ça part dans tous les sens
43:47avec des invectifs
43:48dans tous les sens
43:48et je comprends bien évidemment
43:50ce qu'il veut dire.
43:51Il fait allusion
43:53au fait qu'on n'a pas
43:56désindexé les retraites
43:56sur l'inflation,
43:57qu'il y a un certain nombre
43:58de choix budgétaires
44:00qui profitent plus
44:01à ceux qui sont inactifs
44:03et en particulier retraités
44:04plutôt qu'à l'éducation
44:05ou à l'enseignement supérieur.
44:06Donc je comprends,
44:07c'est très documenté
44:08ce qu'il dit,
44:09mais je n'aime pas
44:10qu'on s'exprime comme ça
44:11parce que je pense
44:12que notre pays
44:12n'a absolument pas besoin.
44:15et je déteste cette idée
44:17qui consiste à opposer
44:18les salariés
44:19aux retraités.
44:23Bien évidemment
44:24que nos retraites,
44:25quand vous regardez
44:26la part de la dépense publique
44:27qui est prise par les retraites,
44:28c'est un sujet.
44:29Hier, on célébrait
44:30le jour de libération
44:31des actifs.
44:32Oui, mais moi j'aime
44:33vos conseils pour dire
44:34que du 2 janvier
44:35au 4 mai,
44:36on paye uniquement,
44:37on travaille uniquement
44:39pour financer la retraite.
44:41Oui, d'accord,
44:41mais le jour de libération,
44:42vous pouvez le faire surtout,
44:44vous pouvez le faire
44:44le jour de libération
44:45de tout ce que vous voulez.
44:47Vous avez le jour de libération
44:48par rapport à la fiscalité,
44:49le jour de libération,
44:50etc.
44:51Mais juste,
44:52la question des retraites,
44:53il a raison,
44:54François Vérard-Gallot,
44:55le sujet,
44:56il est massif,
44:57mais si nos parlementaires
44:59ont trouvé intelligent
45:00de mettre en pause
45:02la réforme des retraites,
45:03ce n'est pas la faute
45:03des retraités,
45:04ils n'avaient rien demandé.
45:06Et ça, pour moi,
45:07c'est vraiment une erreur
45:08de politique économique
45:09absolument gigantesque
45:10et qu'on va payer
45:11ces prochaines années.
45:12C'est pour ça
45:13que cette idée
45:14de conflit
45:15entre générations,
45:17je ne suis pas sûr
45:19qu'elle ait des débouchés
45:20en termes politiques
45:21qui servent
45:22l'intérêt général.
45:23Et dans un silence
45:24assourdissant,
45:25parce que ce que dit
45:26François Vérard-Gallot,
45:27en creux,
45:28en tout cas tel que je le comprends,
45:29ce n'est pas uniquement
45:29le sujet des retraites
45:30dont on discute
45:30abondamment ici,
45:31mais c'est aussi
45:32qu'on a bazardé
45:33notre système éducatif
45:34sur les 25 dernières années.
45:35Accessoirement.
45:35Et que ça,
45:36on le mesure très mal,
45:37mais c'est criminel
45:38de faire ça.
45:38Un pays à long terme,
45:39il converge vers son score PISA.
45:41C'est quand même
45:41à peu près ça.
45:43Et c'est terrible
45:43parce que là,
45:44on voit bien
45:45qu'on a quand même
45:45sous-investi massivement,
45:47qu'on a 10 000 problèmes
45:48sur lesquels je ne vais pas revenir.
45:50Mais ça,
45:50cette thématique
45:51de l'éducation
45:52dans le futur,
45:53elle doit être absolument
45:54au cœur des réflexions.
45:55C'est-à-dire que le débat public
45:56passe complètement
45:57à côté des sujets
45:58de formation,
45:59d'éducation.
46:00Et ça,
46:00c'est quand même terrible.
46:01Je veux dire,
46:01là-dessus,
46:02on a un vrai sujet.
46:03Rex et Coach,
46:04je voulais qu'on en touche
46:04un mot justement
46:05dans cette perspective
46:07du débat public.
46:08Évidemment,
46:08la campagne a débuté,
46:10on a un an de la présidentielle.
46:12Vous lancez une initiative
46:13avec le quotidien
46:14L'Opinion
46:16dans le cadre
46:17de cette campagne.
46:18Expliquez-nous un peu
46:19en quoi ça consiste.
46:20Tout à fait, Raphaël.
46:21Juste après,
46:21on va parler
46:22de la taxation
46:22des surprofits.
46:24C'est typiquement
46:24pour éviter ce genre
46:25d'ineptie
46:26qu'on lance une initiative
46:27avec L'Opinion
46:28consistant à dire
46:29qu'on voit bien
46:29que l'entreprise
46:30qui pourtant est remplie
46:31de solutions,
46:32on travaille avec elle
46:33tous les jours,
46:33c'est elle qui propose
46:34quand même les solutions
46:35pour justement garantir
46:36un avenir à la fois prospère
46:38et où tout le monde
46:39s'y retrouve.
46:39C'est vraiment elle
46:40qui les porte,
46:40ces solutions-là.
46:41Et elles sont la variable
46:42d'ajustement aujourd'hui
46:43de quasiment tous les choix
46:44parce qu'elles ne votent pas
46:45et que leur voix
46:46est peu entendue.
46:46Et ce qui nous frappe aussi,
46:48c'est que l'entreprise
46:48aujourd'hui est probablement
46:49le seul acteur
46:50qui est crédible
46:50dans le débat public.
46:51Le politique,
46:52il n'arrive plus du tout
46:53à être audible.
46:55Et c'est aujourd'hui
46:56dans l'entreprise
46:56que les salariés,
46:57en tout cas,
46:58s'estiment le plus heureux
47:00ou à fortiori
47:01le moins malheureux.
47:05Tous les mois,
47:05on aura un rendez-vous
47:06avec les dirigeants,
47:07avec les communicants,
47:08les leaders d'opinion
47:09pour les aider,
47:10tous ceux qui veulent s'exprimer,
47:11prendre la parole
47:12dans le débat
47:12de manière à éviter
47:14que les slogans,
47:15que la démagogie prospère
47:16parce qu'on le voit bien
47:16dans les programmes politiques.
47:19Peu importe d'où ils viennent,
47:20la plupart sont mal bouclés,
47:22reposent sur des recettes fantaisistes.
47:23Donc c'est remettre
47:24un peu de rationalité
47:25dans le débat économique
47:25et faire en sorte
47:27que l'entreprise
47:27redevienne quand même
47:28un sujet sur lequel,
47:30en réalité,
47:30il faut s'appuyer
47:31sur l'entreprise
47:31et non pas en faire
47:32une variable d'ajustement.
47:33Donc on le lance en juin
47:34et ça nous portera
47:35jusqu'à l'élection présidentielle
47:37et même bien au-delà.
47:37Et avec des chefs d'entreprise
47:39qui s'engagent de plus en plus,
47:40on a beaucoup de mouvements
47:41qui sont en train
47:42de démarcher.
47:44Non, non.
47:45Ah, pas d'accord Nicolas.
47:46Non, pas assez.
47:46Non, non, non,
47:47je trouve, moi je suis très...
47:48Mais vraiment, je salue,
47:49c'est formidable cette initiative,
47:51je salue à fond.
47:52Non, non, je trouve
47:53que les chefs d'entreprise,
47:54ils arrivent en général
47:55à la fin de la bataille
47:56dans tous les débats
47:57sur la taxe de Zucman.
47:58Non, mais j'espère
47:59que ça va changer
47:59parce que moi je suis du côté
48:01des entreprises
48:01mais enfin parfois
48:03avec quelques amis,
48:04Olivier Babaut et autres,
48:05on se dit,
48:06on se sent un peu seul quand même
48:07face à la taxe de Zucman.
48:09On sait quand même,
48:09on n'était pas très nombreux
48:10à se battre
48:11et moi je pense que c'est bien aussi
48:12si ce sont les dirigeants
48:13d'entreprises eux-mêmes
48:14comme vous voulez le faire
48:17qui expliquent les enjeux,
48:18qui expliquent
48:19pourquoi on a besoin d'actionnaires,
48:20pourquoi les dividendes
48:21ce n'est pas la fin du monde,
48:22pourquoi il faut des profits,
48:24pourquoi quand on fait
48:24des super profits,
48:26éventuellement ça peut faire
48:26des super investissements
48:28et des super embauches
48:29donc moi les super profits
48:29je trouve ça super justement,
48:31je rêverais que
48:31toutes les entreprises en fassent,
48:33je trouverais ça génial,
48:34vous voyez,
48:34mais ça bon,
48:35nous on le dit c'est bien
48:36mais non non,
48:36je pense que les chefs d'entreprise
48:37parce que c'est un peu facile
48:38de dire,
48:40oui mais nous on ne veut pas
48:41s'exposer,
48:42on a peur,
48:42etc.
48:43et après de constater
48:44que le Parlement,
48:45finalement tout ce qu'il trouve
48:46à faire pour boucler le budget
48:47c'est une taille sur les entreprises.
48:49Bah oui,
48:49mais il faut aller un peu
48:50au combat médiatique.
48:52Mais il faut reconnaître
48:53que très souvent
48:54quand elles ont prise la parole
48:55ça peut leur attirer des ennuis
48:56et parfois c'est difficilement gérable,
48:57il y a plus de coûts
48:58que de gains,
48:59c'est en train de changer
49:00et je pense que voilà,
49:01il faut que tout le monde
49:01porte cette initiative,
49:02nous on va prendre notre part,
49:03on va augmenter le niveau d'engagement
49:04et c'est vraiment nécessaire
49:06en vue de 2027
49:06et même après probablement
49:07parce que 2027
49:09ne sera pas la fin de l'histoire,
49:10loin de là.
49:10Très certainement,
49:11alors c'est sur profit justement
49:13Dorothée Rouzé,
49:14on en parle en ce moment
49:15du côté des pétroliers bien sûr,
49:17hier Emmanuel Macron
49:18a durcé le temps
49:19contre les compagnies pétrolières,
49:22les Européens devront réagir
49:24si des profits excessifs
49:25ou des comportements prédateurs
49:28étaient constatés.
49:29Qu'est-ce qu'on constate aujourd'hui
49:31très factuellement,
49:33très sobrement
49:34du côté des marges
49:36des pétroliers
49:37et des distributeurs ?
49:38Ce n'est pas tout à fait
49:39la même chose non plus.
49:40Est-ce qu'il y a des excès ?
49:42Alors je ne vais pas caractériser
49:44ce qu'il y a un excès ou pas,
49:45je pense qu'aujourd'hui,
49:46bon d'abord il faut voir
49:47que c'est quand même
49:47une situation qui est mouvante
49:49et il y a différents types
49:50de marges je dirais
49:51entre le pétrole extrait
49:53et le pétrole à la pompe
49:55et le carburant à la pompe.
49:57Il y a sur la partie extraction,
49:59je dirais évidemment
50:00que les marges des pétroliers,
50:01enfin les profits des pétroliers
50:02augmentent sur la partie extraction,
50:03ça coûte toujours autant
50:04d'extraire un litre de pétrole
50:05si le prix augmente mécaniquement.
50:07À 120 dollars,
50:08c'est le prix du marché évidemment.
50:09Après ce profit-là,
50:09il n'est pas en France
50:10puisque ce n'est pas chez nous
50:11qu'on écrère le pétrole.
50:12Donc les vérités je dirais
50:13de le taxer ne marcheront pas.
50:16Ensuite, il y a les marges
50:17de raffinage et les marges
50:18de distribution.
50:19Les marges de raffinage,
50:20elles fluctuent.
50:22Elles n'ont pas,
50:23dans ce qu'on observe,
50:25particulièrement augmenté
50:25depuis le début
50:26de la crise en Iran.
50:27En revanche,
50:27si on compare à avant 2022,
50:29elles ne sont pas revenues
50:29non plus à leur niveau.
50:30Elles sont toujours supérieures
50:31au niveau qu'elles avaient
50:32avant 2022.
50:34Normal, anormal,
50:35j'en sais rien.
50:36Et de même,
50:36pour les marges de distribution,
50:38elles ont augmenté
50:39assez fortement en fait,
50:41mais sur les dix dernières années,
50:43mais elles n'ont pas
50:44particulièrement augmenté
50:45sur les deux derniers mois.
50:46Donc là encore,
50:47qu'est-ce qu'on caractérise
50:48comme normal, anormal,
50:48je ne sais pas.
50:50Évidemment, localement,
50:50je dirais,
50:51il y a des distributeurs
50:51qui peuvent abuser.
50:52Ça, c'est un peu le rôle
50:53de la DGCC-RF,
50:56le rôle des contrôles,
50:57de voir si localement
50:58cette station abuse.
50:58Et de la juste concurrence,
50:59on a envie de dire,
51:00parce que ça se régule
51:01par soi-même.
51:01Après, je dirais,
51:02ça dépend,
51:03parce que je dirais,
51:03la concurrence,
51:04quand vous êtes en ville
51:05et qu'il y a une station service
51:06tous les 200 mètres,
51:06ça marche assez facilement.
51:08Quand vous êtes à un endroit
51:09où il y en a une
51:09à 50 km à la ronde,
51:10évidemment,
51:11vous allez plus difficilement
51:13aller en chercher une autre
51:14parce qu'elle est moins chère.
51:16Mais malgré tout,
51:17je dirais,
51:18il peut y avoir
51:18des pratiques isolées,
51:19mais au niveau agrégé,
51:20aujourd'hui,
51:20sur les marges de distribution,
51:22on n'a pas particulièrement
51:23constaté d'excès constaté.
51:25Mais ça reste un point
51:25de vigilance important
51:26parce que c'est quand même
51:27important pour les consommateurs
51:28et évidemment,
51:30un point sensible politiquement.
51:31Sujet très politique,
51:32peut-être beaucoup plus politique
51:33qu'économique.
51:34En 2022, fin 2022,
51:36on parlait de la crime à l'époque,
51:38la contribution sur les rentes
51:40inframarginales,
51:40ce débat,
51:41on l'a déjà eu
51:41sur les surprofits
51:43au sortir de la crise,
51:45Antony Morlaix-Lavidali.
51:46Cette crime,
51:47elle devait rapporter
51:4712 milliards au départ,
51:49ça a fini à 300 millions
51:51de recettes au final.
51:53Oui, complètement.
51:53Alors déjà,
51:53je suis parfaitement d'accord
51:54avec ce qui vient d'être dit
51:55et deuxièmement,
51:56c'est effrayant
51:57de voir ce débat revenir
51:58parce que ça montre,
51:59encore une fois,
51:59qu'on n'est pas du tout rationnel
52:01dans le débat économique.
52:02Quand on est un pays
52:02importateur net d'hydrocarbures,
52:04donc on n'en produit pas
52:05sur le sol
52:05ou que très marginalement,
52:07par définition,
52:08la nation perd du pouvoir d'achat.
52:09On fait une facture
52:10au reste du monde
52:11et a fortiori
52:11les producteurs d'hydrocarbures
52:13et a fortiori
52:14les Etats-Unis aujourd'hui.
52:15À partir de là,
52:16il n'y a pas de trésor caché
52:17en France.
52:17Après, on peut toujours se battre
52:19en essayant de se dire
52:19est-ce que...
52:20Mais il n'y a pas très...
52:20On perd juste...
52:21Tout le monde...
52:22Alors, les finances publiques,
52:23malheureusement,
52:23vont être impactées
52:25par la situation.
52:27Les entreprises,
52:28certaines,
52:28vont probablement
52:29avoir des problèmes
52:29de marge très rapidement.
52:30Les ménages vont perdre
52:31en pouvoir d'achat.
52:32Tout le monde va prendre sa paume.
52:33Après, la question,
52:34c'est comment on se répartit
52:34la facture.
52:35Mais il ne faudrait pas
52:36laisser imaginer
52:36qu'il y a un trésor
52:37je ne sais où.
52:38Et y compris du côté de l'Etat.
52:39C'est quelque chose
52:40qui circule beaucoup.
52:40Mais c'est complètement faux.
52:41Tout le monde va y perdre
52:42dans cette affaire.
52:43L'Etat est profiteur.
52:44En 20 secondes, Nicolas,
52:46dernier mot là-dessus.
52:47Bah, de toute façon,
52:49c'est à ta vie qu'en France,
52:50on voit des profits,
52:52on voit qu'ils augmentent.
52:53On veut tout de suite
52:53les taxer.
52:54C'est poussé la réflexion
52:55beaucoup plus loin.
52:59Je veux dire,
53:00c'est toute la question
53:01de la pédagogie économique,
53:03en effet,
53:03qu'on doit faire.
53:04Total Energy,
53:05je ne peux pas en parler librement,
53:06ils ne font pas partie
53:06de mes clients,
53:07mais Total Energy,
53:08par exemple,
53:08c'est une boîte
53:08qui investit,
53:10quand vous regardez
53:11les rapports annuels,
53:11entre 3 et 5 milliards d'euros
53:13par an
53:14dans les énergies
53:16bas carbone.
53:18Ça peut servir à ça.
53:19Il préfère qu'ils le fassent
53:20et même qu'ils fassent plus.
53:21Donc, s'ils font des super profits
53:22pour faire des super investissements
53:23bas carbone,
53:24bravo et merci.
53:25Bravo et merci.
53:26Voilà le mot de la fin.
53:27Merci à tous les trois aussi
53:29pour cette émission passionnante.
53:31disponible en podcast
53:32et replay.
53:33Tout de suite,
53:34c'est BFM Entreprises
53:35Leadership animée
53:36par Sandra Gondoin.
53:38Quant à l'heure,
53:38on se retrouve 9h30,
53:40dorénavant,
53:409h30, 10h30,
53:41en direct sur BFM Business.
53:43Bonne journée à tous.
53:46Les experts,
53:48débats et controverses
53:49sur BFM Business.
53:50Sous-titrage Société Radio-Canada
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