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  • il y a 6 semaines
Ce jeudi 16 avril, Raphaël Legendre a reçu Nathalie Janson, professeure d'économie à Neoma Business School, Roland Rathelot, professeur d'économie à l'Institut Polytechnique de Paris et au CREST, membre du CAE, et Olivier Provost, directeur et associé de Rumeur Publique, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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00:04BFM Business et La Tribune présente
00:07Les experts, Raphaël Legendre
00:11Bonjour, il est 10h, vous êtes en direct sur BFM Business et Les Experts.
00:16Les chiffres de la dette sont alarmants.
00:19C'est le directeur des affaires budgétaires du FMI, Rodrigo Vallès,
00:22qui tire la sonnette d'alarme aujourd'hui.
00:24La dette publique mondiale, qui atteint près de 94% du PIB en 2025,
00:30et si aucune mesure correctrice n'est prise,
00:33elle atteindra 100% d'ici la fin de la décennie.
00:37C'est un niveau qui n'avait été atteint qu'au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.
00:42Et évidemment, la crise au Moyen-Orient ne va pas aider à améliorer les choses.
00:47Et puis, il n'y a pas que la dette publique qui inquiète la dette privée,
00:50elle aussi, notamment aux Etats-Unis,
00:52où les banques américaines ont dévoilé leur exposition cette semaine.
00:56C'est pas moins de 120 milliards de dollars sur un marché qui commence à sérieusement inquiéter.
01:02Alors, faut-il craindre une nouvelle crise de la dette ?
01:05Ce sera le premier thème des experts ce matin.
01:09Et puis, le Conseil d'analyse économique vient de publier une note visant à mesurer l'efficacité de l'assurance
01:16chômage.
01:17L'un de ses auteurs, Roland Ratelot, est avec nous et va nous dire si, oui ou non, l'assurance
01:23chômage est trop généreuse en France.
01:26Enfin, Sébastien Lecornu va recevoir les boulangers pour parler de travail le 1er mai.
01:31Et selon un sondage exclusif et lab pour BFM, les deux tiers des Français se disent favorables à l'extension
01:37de l'autorisation du travail le 1er mai à certains secteurs.
01:42Alors, est-ce qu'on n'est pas sur des combats d'arrière-garde à empêcher les Français de bosser
01:49?
01:49Ce sera le troisième thème de débat ce matin.
01:53Et puis enfin, le président du MEDEF a annoncé hier le lancement d'une grande consultation des patrons pour peser
01:58sur la campagne des présidentielles.
02:01Mais la conférence de presse n'a été écrasée que par un seul sujet.
02:06Les patrons doivent-ils parler au Rassemblement National ?
02:10Ce sera le dernier thème des débats aujourd'hui.
02:13Allez, il est 10 heures passées de 2 minutes.
02:15Vous êtes en direct sur BFM Business.
02:17C'est les experts.
02:18Allez, c'est parti.
02:22Les experts, débats et controverses sur BFM Business.
02:28Et pour parler de tous ces sujets, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau Nathalie Jansson.
02:34Bonjour Nathalie.
02:35Bonjour.
02:36Professeur d'économie à Néoma, Business School face à vous Olivier Provo.
02:40Bonjour Olivier.
02:41Bonjour Raphaël.
02:42Directeur associé de Rumeurs Publiques et je le disais, Roland Radelot.
02:45Bonjour Roland, bienvenue.
02:47Bonjour Raphaël.
02:48Bienvenue sur le plateau des experts.
02:49Professeur d'économie à l'Institut Polytechnique de Paris et au Crest.
02:53Membre du Conseil d'analyse économique.
02:55Le Conseil d'analyse économique qui a donc publié cette note pour évaluer l'efficacité de l'assurance chômage.
03:00On va en parler dans un petit moment ensemble, mais je voulais qu'on commence par l'alerte du Fonds
03:05Monétaire International.
03:07Les chiffres sont alarmants.
03:10Alerte le FMI, le FMI qui tient son Assemblée Générale cette semaine à Washington
03:14et qui nous indique que les dettes publiques sont au plus haut depuis la Seconde Guerre mondiale
03:21et que la guerre au Moyen-Orient va venir percuter évidemment un peu plus ces finances publiques déjà fragiles.
03:32Allez Nathalie, je commence avec vous.
03:33La dette mondiale qui risque de grimper au-delà de 100% du PIB à la fin de la décennie.
03:39Est-ce qu'il faut s'en inquiéter ?
03:40On est à 115% en France et puis nous finalement tout continue de tourner, non ?
03:44Oui, puis si on peut être encore plus optimiste, on se dit que le Japon ça fait des années qu
03:48'ils sont à plus de 200.
03:49Donc tout va bien au royaume de la dette.
03:51Oui, ce qui est assez intéressant, c'est que par rapport en tout cas au débat économique,
03:55pour ceux qui ont déjà eu quelques années derrière eux,
03:59on se rappellera des fameuses recommandations pour ne pas dépasser les 90%.
04:03C'était ce que la recherche académique contestait depuis.
04:07Mais effectivement, c'était à l'époque Renard qui avait fait ses travaux
04:13et donc ils avaient été contestés pour la mise en place.
04:14Contestés assez, voilà, exactement.
04:16Mais néanmoins, on avait une espèce de dédicateur, 90%, on voit bien qu'aujourd'hui on est bien au-delà.
04:21Ce qui est intéressant, c'est qu'effectivement, comme vous l'avez mentionné,
04:24c'est quelque chose que d'habitude, on a eu des épisodes de forts endettements publics,
04:28mais en général c'était très lié aux guerres,
04:30parce qu'effectivement, quand on est en régime de guerre,
04:33on faut beaucoup d'argent en peu de temps.
04:35Donc en général, on ne peut pas faire autrement qu'effectivement de lever massivement en dehors des impôts,
04:39parce qu'il faut aller tout de suite à la tâche.
04:41Alors on retrouve, dans une certaine mesure, cette urgente quand il y a eu le Covid.
04:45Alors effectivement, ce n'était pas la guerre, mais c'est d'avoir voulu...
04:48C'est ce qu'il y avait dit Emmanuel Macron, la France est en guerre à l'époque.
04:51C'est en guerre dans la mesure où on a pris une décision radicale qui était de dire
04:55on veut absolument préserver notre population,
04:57donc on ne veut pas effectivement faire la sélection darwinienne et voir ceux qui survivent.
05:02Et par conséquent, on avait un peu fait l'équivalent,
05:05c'est-à-dire qu'on avait paré au plus pressé pour faire en sorte que l'économie vive artificiellement.
05:08Donc bon, effectivement, là, ce n'est pas dans une destruction, c'est tout l'inverse.
05:12En fait, on fait vivre un pays qui aurait dû être détruit, en fait, on le maintient en vie.
05:16Donc finalement, on sort d'une guerre si on veut prendre la comparaison.
05:22Néanmoins, ce qui est effectivement inquiétant ou pas, c'est qu'on n'est pas revenu.
05:27C'est-à-dire que ces fameuses politiques, effectivement,
05:30qu'on continuait avec les programmes d'achat massif par la Banque Centrale de Quantitative Easing,
05:35c'est qu'il nous a permis, en fait, de faire cette opération magique,
05:37parce qu'en général, dans les financements de guerre, c'était souvent aussi ça.
05:41Ça passait par du financement favorisé par la Banque Centrale,
05:44donc une monétisation, qu'on le veuille ou pas.
05:47On est la planche à billets, comme on dit.
05:48Et donc, en fait, le problème, c'est que depuis, en fait, on n'est pas vraiment redescendu.
05:52Alors, effectivement, on a un petit peu fait du scale down,
05:55mais vraiment très peu par rapport au bilan,
05:58puisqu'on est encore à des bilans qui sont plusieurs fois ceux qui étaient il y a 20 ans.
06:02On est à quasiment 5-6 fois pour la Fed, on est pareil pour la BCE.
06:06Donc, on a effectivement un problème à ce niveau-là.
06:09Maintenant, une donnée qui a beaucoup changé, qu'il faut prendre en compte,
06:12donc là, je reste sur la dette publique,
06:14c'est qu'en même temps des réglementations de 2 minutes,
06:17des changements de réglementation,
06:19on a mis au cœur du système monétaire financier,
06:22on a mis au cœur de ce système ce qu'on appelle la collatéralisation.
06:25C'est-à-dire qu'au lieu de prêter comme ça à quelqu'un,
06:28on a dit non, comme on a gardé des séquelles de l'émane croiser,
06:32on dit qu'en fait, il ne faut pas prêter directement en essayant d'évaluer la qualité de l'emprunteur,
06:38mais on va plutôt prêter en utilisant une garantie,
06:41parce qu'au cas où il ne rembourse pas, au moins on peut vendre cette garantie.
06:45Et voilà, vous devinez quoi ?
06:46Ce qui est au cœur du système, c'est la dette publique.
06:48Donc, en fait, il y a un appel à la dette publique qui est immense,
06:51et je ne parle pas non plus des stable coins,
06:54donc des nouvelles aussi formes de transfert de paiement
06:57qui sont basées aussi, enfin qui sont très consommateurs de dette publique.
07:00Roland Radelot, moi j'ai toujours appris en économie
07:02que l'épargne aussi conditionne l'endettement.
07:07Si on a de l'épargne, on peut avoir de la dette en face.
07:10Est-ce que c'est le cas aujourd'hui ?
07:11Et est-ce que ce niveau d'endettement mondial vous inquiète ?
07:15Je crois que ce que l'expérience nous a appris,
07:17c'est qu'on n'a pas vraiment de raison de penser
07:18qu'il y a un certain niveau de dette qui est acceptable.
07:20Je pense qu'effectivement, comme le disait Nathalie Jansson,
07:24l'expérience nous a fait mentir.
07:25On a vu au cours de l'histoire qu'on a atteint des niveaux d'aide
07:28qui étaient encore beaucoup plus élevés que celui qu'on a eu aujourd'hui.
07:32Il se trouve qu'on s'en sort, on ne s'en sort pas toujours à peu de prix.
07:35Parfois, ça peut être un petit peu dans la douleur.
07:37Il y a des choix à faire, mais c'est vrai que je pense
07:39que ce qui a été un petit peu préoccupant avec la situation passée,
07:42c'est que dans une situation dans laquelle la croissance était un peu revenue,
07:45on n'a pas réussi à reconstituer de réserve
07:47et à refaire baisser le déficit budgétaire.
07:49Donc peut-être que là...
07:50Là, quand vous dites on, pardon, mais ce n'est pas le cas
07:53de pas mal de pays du sud de l'Europe notamment.
07:56Le on, c'est la France.
07:57Oui, c'est la France, dans une certaine mesure aussi la Grande-Bretagne,
08:00l'Italie, on parle des biffs en ce moment,
08:01c'est le nouveau terme qui a remplacé les pigs.
08:05Donc il y a cette question un petit peu qui est un peu plus structurelle,
08:08qui est un peu dans quelle mesure est-ce qu'on arrive à faire des choix aujourd'hui
08:11qui sont des choix de dépenses et des choix d'impôts.
08:14Et je pense qu'aujourd'hui, peut-être que ce qui est plus préoccupant
08:16que le niveau de la dette en lui-même, c'est le fait qu'on n'arrive pas très bien
08:20à se mettre d'accord sur à quel endroit aller chercher l'argent
08:23et à quel endroit est-ce qu'on doit finalement aller, par exemple,
08:26rétablir un peu l'impôt sur la fortune ?
08:28Est-ce qu'on doit, au contraire, baisser, taper dans les dépenses ?
08:32Et je pense qu'aujourd'hui, on n'est pas d'accord.
08:34Et donc essentiellement, c'est des choix politiques qui doivent être faits
08:36et on a été incapables de faire ça, je pense, dans les dernières années.
08:38– Olivier Provo, vous vous souvenez comme moi du rapport Pébro ?
08:41Au milieu des années 2000, vous étiez journaliste économique à l'époque.
08:45– Je rencontrais souvent Michel Pébroil.
08:46– Mais qui alertait sur les 1 000 milliards de dettes.
08:49Bon, on en est à 3 500 milliards aujourd'hui et c'est vrai que ça tourne toujours.
08:53– Alors, pour rebondir déjà sur une chose que disait très justement Nathalie,
08:55on sort d'une guerre avec la guerre du Covid,
08:57en fait, sur 20 ans, on sort de deux guerres.
08:59Parce qu'il y a eu la crise des subprimes.
09:00Et rappelez-vous qu'elle était présentée comme la plus grave crise financière
09:04qu'on ait croisé depuis la crise de 1929.
09:06Donc, en fait, là, fondamentalement, on paye aussi deux guerres.
09:10Donc ça, il faut l'avoir en tête.
09:11Sur la dette, je ne vous ferai pas le…
09:13Si, je vais quand même vous la faire, la vieille plaisanterie qu'on prêtait à Bernard Tapie,
09:16je crois que c'est faux, qui disait
09:17quand vous devez 10 000 euros à votre banquier, vous avez un problème.
09:19Quand vous lui devez 10 millions, c'est lui qui a un problème.
09:22Le problème, ce n'est pas la dette.
09:24Le problème, c'est le risque de défaut.
09:26Vous pouvez accumuler autant de dettes que vous voulez
09:28si on considère que globalement, vous aurez de quoi la rembourser.
09:32Il n'y a pas de sujet.
09:33Et d'ailleurs, regardez pourquoi la France n'est pas à des niveaux abyssaux
09:36en termes de notation.
09:38C'est bien parce que les économistes un peu sérieux
09:40mettent en balance la dette publique et l'épargne privée.
09:43C'est aussi qu'on est protégé par l'euro et l'Allemagne, peut-être.
09:46Parce qu'on n'est pas tout à fait un niveau de pricing
09:47qui correspond à notre niveau d'endroitement.
09:49Moi, je trouve que le FMI mélange des choux et des cartes.
09:51C'est-à-dire que vous prenez les dettes publiques,
09:53parce qu'on vient de focusser sur la France.
09:55Mais Nathalie citait la dette japonaise.
09:57Il y a deux pays qui n'ont aucun problème avec leur dette.
09:59C'est les États-Unis qui ont une dette qui est absolument stratosphérique.
10:03Parce qu'ils ont le dollar.
10:05Oui, exactement.
10:06Qui porte le risque de la dette américaine ?
10:08Vous et moi.
10:09Vous et moi.
10:09À partir du moment où c'est la monnaie mondiale,
10:11fondamentalement, c'est bien simple.
10:13Si les États-Unis sont en risque de défaut,
10:15l'ensemble de la planète économique est au tapis.
10:17Et on peut m'expliquer que la Chine, non.
10:19Si, ce n'est pas vrai,
10:20parce qu'ils détiennent une grande part de la dette américaine.
10:23Donc, fondamentalement, la dette américaine n'est pas un sujet.
10:25La dette japonaise non plus, pour la raison exactement inverse.
10:28C'est qu'elle est détenue par les Japonais eux-mêmes.
10:30Ils ont une dette en circuit fermé.
10:31Donc, il y a deux circuits sur la dette qui fonctionnent.
10:34Il y a le circuit totalement ouvert.
10:35Et il y a le circuit totalement fermé.
10:37Mais donc, si on est moitié-moitié, comme la France aujourd'hui,
10:41ça veut dire que là, on a les soucis.
10:43C'est là le problème.
10:44Et je trouve que là où le FMI mélange aussi les chouets et les carottes,
10:46c'est quand ils ajoutent à ça la dette privée.
10:49Parce que la dette privée, c'est une somme de dettes très différente.
10:52Il faut quand même se souvenir une chose.
10:54Les marchés, c'est-à-dire les entreprises cotées en bourse,
10:57ça n'est que 10% de l'économie réelle.
10:5990% de l'économie n'est pas cotée en bourse.
11:01Ce qui veut dire qu'elle vit en partie avec de la dette bancaire
11:04ou avec de la dette privée.
11:06Et donc, le problème, là encore, on y revient,
11:09ce n'est pas un problème de dette, c'est un problème de défaut.
11:11Et quand une grande entreprise américaine fait faillite
11:14et qu'elle envoie ses créanciers au tapis,
11:17là, ça pose un problème.
11:18Mais vous voyez que c'est condensé sur certains secteurs
11:21ou certains pays.
11:22Et fondamentalement, typiquement, par exemple, sur la dette privée,
11:25il y a un problème américain.
11:27De dérégulation, encore une fois,
11:28on a l'impression de revivre un peu la crise des subprimes.
11:30Il y a moins un problème européen
11:32et notamment pas un problème français sur la dette privée.
11:34Est-ce que ça vous inquiète, la dette privée aux Etats-Unis ?
11:37Par tous ces acteurs, il faut rappeler,
11:39on en parle énormément sur BFM Business,
11:41mais tout le monde n'est peut-être pas au clair,
11:43c'est tous ces acteurs un peu périphériques et non régulés
11:46qui, suite à la crise des subprimes de 2008,
11:48se sont mis à financer de la dette sur le crédit privé
11:51et qui, aujourd'hui, on se rend compte, est un peu fragile.
11:54Il y a quelques défauts, des retraits de fonds assez importants.
11:57Et donc, on craint des faillites successives, comme en 2008.
12:01Alors, en fait, il faut bien comprendre
12:03que la façon dont fonctionne le système financier américain et bancaire
12:07n'a rien à voir avec le nôtre.
12:09Donc là, c'est vraiment une composante très différente.
12:11En quoi ? En quoi est-ce différente ?
12:12Parce qu'en fait, les banques, je dirais, sont marchéisées.
12:15C'est-à-dire qu'en fait, les banques,
12:17parce qu'ils ont été soumis à des concurrences il y a très longtemps,
12:21par les marchés monétaires,
12:23tout ce que nous, on n'a pas connu, si vous voulez.
12:25Tout ça, en France, on n'a pas connu
12:26parce que, de toute façon, les banques européennes,
12:28voyant ce qui s'est passé aux Etats-Unis,
12:30elles ont dit, ah ben, on va peut-être mettre des barrières
12:32parce que sinon, on va se voir.
12:33On multiplie par trois les fonds propres.
12:34Non, non, pas seulement.
12:35On a, en fait, empêché cette concurrence.
12:37C'est-à-dire que tout ce qui est venu du marché monétaire
12:39pour concurrencer les banques,
12:40les premiers shadow banks, si on veut, les implacis,
12:43ne sont pas arrivés en Europe
12:44parce que les banques européennes ont dit,
12:45ah non, mais eux, en fait, ils ne viendront pas me concurrencer.
12:48Ce qu'on appelle le shadow banking,
12:49c'était tout cet univers financier non régulé.
12:53En fait, oui, c'est des fonds monétaires essentiellement
12:55qui sont venus prendre des parts de marché aux banques
12:58en proposant des services bancaires
12:59où, en fait, les gens avaient un compte
13:02comme vous et moi aujourd'hui,
13:03mais ils étaient investis directement sur les fonds monétaires
13:05pour, en fait, avoir une rémunération.
13:07Tout ça a conduit les banques, en fait,
13:09à avoir des actifs extrêmement liquides.
13:12Les banques américaines sont là pour, en fait, émettre,
13:14elles font toujours de l'origination,
13:16c'est-à-dire qu'en fait, elles chargent des clients,
13:17mais ensuite, elles vont essayer de titriser tous ces crédits
13:20pour, en fait, faire des portefeuilles
13:22qui sont donc plus liquides,
13:23donc c'est plus facile, en fait, à transformer.
13:25Comme ils ont un marché énorme
13:26où il y a beaucoup de...
13:28l'industrie de fonds est grande.
13:32Oui, la profondeur de marché est colossale.
13:33Enfin, voilà, il y a beaucoup d'intérêt.
13:34Beaucoup plus de l'Europe.
13:35Les particuliers investissent également dans ces fonds diversifiés.
13:38Ils n'ont pas d'assurance-vie, hein ?
13:39Oui, ils n'ont pas, effectivement, d'assurance-vie.
13:41Donc, en fait, ça marche complètement différemment
13:43et, effectivement, ça se comprend
13:44que ce système fonctionne et fonctionne plutôt bien.
13:48Sauf qu'effectivement, parfois,
13:49il y a des erreurs de stratégie
13:50dans les stratégies de portefeuille,
13:53ce qui est le cas, effectivement, de Blue Hall
13:55qui est plus exposé que d'autres à certains secteurs.
13:58Donc, le fameux fonds...
13:59Le fameux fonds qui est exposé au logiciel.
14:01D'où vient un peu l'inquiétude
14:02sur le marché du crédit privé aux Etats-Unis.
14:03Exactement, parce que...
14:04Oui, c'est l'origine.
14:06Mais c'est bien parce que le marché américain
14:08ne fonctionne pas comme le marché européen.
14:11Moi, pardon, ça me rappelle quand même furieusement
14:13les prémices de la crise des subprimes.
14:15On avait mélangé des tas de crédits ensemble,
14:17des pourris avec des meilleurs
14:19dans des produits que plus personne ne comprenait,
14:21les CDO Square, Cube, etc.
14:24Et ça a fini, on le sait,
14:26avec la faillite d'une grande banque
14:28qui a quand même ruiné l'économie européenne,
14:32notamment Olivier Provot.
14:33Oui, mais Nathalie a raison.
14:34En fait, si ce risque-là était marchéisé
14:37à l'ensemble des acteurs...
14:39Moi, je me souviens quand Lehman est tombé.
14:41Au départ, on s'est dit...
14:42On avait vu Burstern.
14:43Et Burstern, ça n'avait pas provoqué de catastrophe.
14:45Et on s'est dit, quand Lehman est tombé,
14:47ça ne nous concerne pas.
14:48À partir de là, tous les banquiers
14:50se sont enfermés dans des pièces.
14:51Ils ont regardé ligne de crédit par ligne de crédit.
14:54Et je me souviens, à l'époque,
14:55un des dirigeants de la Société Générale
14:56était sorti d'une nuit de travail
14:58et m'avait dit, c'est une catastrophe.
14:59Il n'y a pas une ligne.
15:00On ne retrouve pas à un moment un collatéral Lehman.
15:03Et c'est là que Christine Lagarde
15:04a passé le fameux coup de fil à un moment
15:06au patron de la Fed américaine
15:09en disant, qu'est-ce que vous avez foutu ?
15:10Vous allez mettre l'ensemble du système au tapis.
15:13Parce que c'était...
15:14Mais là, dans ce cas-là, ce n'est pas le cas.
15:15C'est-à-dire que fondamentalement,
15:17globalement, les Européens,
15:19on les accuse souvent de trop réguler,
15:20de trop protéger.
15:21En l'occurrence, ils nous ont,
15:23jusqu'à preuve du contraire,
15:25plutôt organisé un système de protection.
15:28Il y a un indicateur
15:29qui n'est pas inintéressant, Raphaël,
15:31et que je suis sûr que vous connaissez.
15:32Le plus grand acteur de la dette privée au monde,
15:34c'est Blackstone.
15:36C'est l'équivalent BlackRock sur les marchés cotés,
15:39Blackstone sur les marchés non cotés.
15:40À un moment, en valorisation,
15:43Blackstone était plus valorisé que BlackRock.
15:45Ah oui.
15:45Ah oui, en PER.
15:47En rapport, à un moment,
15:48valorisation sur valeur d'actif.
15:50Aujourd'hui, vous regardez où on est Blackstone,
15:52ils ne sont pas à la cave,
15:53ils ne sont pas à super flambards,
15:55ils ne sont pas à la cave,
15:56mais leur cours, à un moment,
15:57il y a 5 ans,
15:58était à 50 dollars.
15:59Aujourd'hui, ils sont autour des 120 dollars,
16:02ils sont montés jusqu'à 200,
16:03mais ils ne sont pas au tapis.
16:05Parce que Blackstone a été un acteur plutôt,
16:07je vais dire, rationnel,
16:09et a fait des choses plutôt proprement.
16:11On ne parle pas du fonds qui vient d'aller au tapis.
16:12Oui, et puis pour rebondir juste pour une petite précision,
16:15il faut bien comprendre que dans les subprimes,
16:17ce qui a été en jeu,
16:18c'est qu'on a mélangé vraiment des modèles différents.
16:22C'est-à-dire que le prêt subprime n'était pas du tout organisé,
16:25structureux comme un prêt normal,
16:26et il a été évalué en termes de valorisation comme un prêt normal.
16:30Et ça, ça a été vraiment la grande erreur.
16:33C'est-à-dire qu'on distribuait de l'argent à tout le monde
16:35sans aucune garantie de revenus.
16:39Oui, mais il y avait un modèle derrière.
16:42C'était, en fait, on se basait sur la valorisation,
16:45en fait, sur le marché de l'approprie.
16:47Avec un rôle des agences de notation.
16:49En fait, ça a été un ensemble de trucs.
16:50On n'a pas le même facteur présent dans le cas de la dette privée.
16:54C'est tout ce qu'on peut dire.
16:55C'est-à-dire qu'il n'y a pas ce dysfonctionnement de la valorisation.
16:58Mais bon, après qu'il y ait une accumulation des risques,
17:00il y aura des défauts, il y en aura d'autres.
17:03Mais il n'y a pas cette erreur de fonctionnement de mauvaise évaluation.
17:06Alors, un dernier tour de table.
17:08Question courte, réponse courte.
17:09Est-ce qu'il faut s'inquiéter ?
17:10Oui, non, Nathalie Jansson ?
17:11Moi, je ne m'inquiète pas plus que ça.
17:13Roland ?
17:14Oui, non, je pense qu'actuellement, pour l'instant,
17:15en tout cas, tant que la crise ne dégénère pas trop en Iran.
17:18Tout va bien, Olivier ?
17:19Non, sauf pour la dette publique française.
17:22Voilà, rappel utile.
17:26Voilà pour le premier thème.
17:27Je voulais qu'on passe ensuite à l'assurance chômage
17:31et la note du Conseil d'analyse économique co-écrite par vous, Roland Ratelot.
17:39On peut citer Alexandra Roulet, qui est aussi invitée régulière des experts.
17:44Et le troisième auteur ?
17:46François Fontaine.
17:46François Fontaine, évidemment.
17:48Cette note du Conseil d'analyse économique, toute chaude, publiée hier,
17:54et qui cherche à mesurer l'efficacité de l'assurance chômage.
18:02Elle indique notamment qu'après dix ans de réformes non-stop,
18:07et parfois sans cap, vous me corrigez si je me trompe,
18:10on a pu parfois se tromper de cible.
18:14Je voudrais d'abord qu'on écoute, on en recevait Stéphane Carcillot hier sur le plateau,
18:19qui n'est pas tout à fait d'accord avec les conclusions de votre note.
18:25Ça va permettre de lancer le débat.
18:26On l'écoute tout de suite, Stéphane Carcillot.
18:29En Europe, en moyenne, il faut avoir travaillé un an.
18:32Donc nous, on est à six mois, on est à la moitié.
18:34Donc nous, on est à six mois, on est encore à la moitié.
18:37En Europe, il faut avoir travaillé en moyenne un an.
18:41La durée maximale d'indemnisation en Europe, c'est 13 mois.
18:45On est à 18 mois.
18:46C'est presque du temps pour temps, finalement.
18:48Donc c'est 12 mois de travail pour 13 mois d'indemnité.
18:51Donc quand la note dit, on a fait un peu n'importe quoi,
18:54et maintenant on est rentré dans les clous des règles d'assurance chômage.
18:58On en est encore très loin en réalité.
19:00En fait, on est encore très loin.
19:02Donc six mois de travail, je résume, six mois de travail,
19:0418 mois d'indemnité chômage possible.
19:07Quant en Europe, en moyenne, 12 mois de travail, 13 mois d'indemnité.
19:11Maximum.
19:12Et surtout, c'est 13 mois d'indemnité maximum en Europe.
19:15On ne les atteint pas avec 13 mois de travail.
19:18Voilà, Stéphane Carcillo, je le rappelle,
19:19qui est le grand spécialiste revenu travail à l'OCDE,
19:22et qui dit que, contrairement à vos conclusions,
19:25on n'est pas du tout revenu dans les clous,
19:27dans la moyenne européenne de ce qui se pratique en France.
19:31On est encore beaucoup plus généreux que ce qui se pratique ailleurs.
19:35Donc je le rappelle, c'est 13 mois.
19:37Il faut avoir travaillé au moins un an, pardon,
19:40pour avoir jusqu'au maximum 13 mois d'assurance chômage.
19:44En France, on est à 18.
19:46Oui, alors, merci de parler de cette note.
19:50Donc on essaye, effectivement, en cette note,
19:51ce qu'on essaye de faire,
19:53c'est de s'interroger sur la bonne manière
19:55de penser les réformes de l'assurance chômage.
19:58Donc on avait pris comme point de départ,
20:00effectivement, cette comparaison internationale.
20:02Mais c'est en réalité, pour mieux dire,
20:04que probablement pour concevoir les futures réformes
20:07de l'assurance chômage,
20:08c'est intéressant de se comparer.
20:09Mais c'est surtout intéressant de regarder vraiment précisément,
20:12levier par levier,
20:14paramètre par paramètre,
20:15dans quelle mesure, finalement,
20:18bouger un paramètre va avoir un impact,
20:19d'une part, sur les dépenses publiques,
20:21et d'autre part, sur l'assurance que l'on propose
20:24et que l'on offre aux demandeurs d'emploi et aux travailleurs.
20:27Alors, quelles sont les conclusions, du coup ?
20:29Du coup, ce qu'on essaye de faire,
20:31précisément, c'est d'essayer de se dire,
20:34voilà, levier par levier,
20:35on va avoir des choses qui sont très différentes.
20:37Sur la durée d'indemnisation,
20:39par exemple, sur la filière senior,
20:41ce qu'on constate, c'est que
20:42quand on réduit la générosité du système,
20:45par exemple, en réduisant la durée potentielle d'indemnisation
20:47des 55-56 ans,
20:49de la fameuse marche intermédiaire des seniors...
20:51Alors, il faut rappeler qu'effectivement,
20:53avant 55 ans,
20:55la durée d'indemnisation est de 18 mois dorénavant.
20:59À partir de 55 ans,
21:01c'est 22 mois et demi,
21:04jusqu'à 56 ans,
21:05et au-delà de 56 ans,
21:06on est sur 27 mois.
21:08Corrigez-moi si je me trompe,
21:09mais voilà, voilà le système aujourd'hui.
21:11Et donc, du coup, la question qu'on s'est posée,
21:12c'est simplement,
21:13imaginons un système dans lequel on ramène
21:15la générosité du système,
21:16la générosité pour les 55-56 ans,
21:19au droit commun.
21:20Qu'est-ce qui va se passer dans ces cas-là ?
21:21Et donc, par exemple, dans ces cas-là,
21:22ce qu'on voit, c'est que
21:24d'une part,
21:25on va avoir des économies qui sont mécaniques,
21:26d'autre part,
21:27on va avoir des économies...
21:28Que vous chiffrez à combien ?
21:29Alors, sur les...
21:30Donc, on essaye de...
21:31Alors, sur cette population-là,
21:32pas énorme, finalement,
21:33parce qu'au final,
21:34c'est quand même une population
21:35de plusieurs dizaines de milliers d'individus,
21:37donc on ne va pas vraiment gagner...
21:39La petite cohorte.
21:40...fermer complètement la dette avec ça.
21:41Mais on cherche à s'interroger
21:43pour un euro mécanique
21:44qu'on est en train d'économiser comme ça.
21:46Combien d'euros, par exemple,
21:48comportementaux, on gagne ?
21:48Qu'est-ce que je veux dire par là ?
21:49Je veux dire que quand on bouge
21:50la générosité du système,
21:51on va faire en sorte de changer aussi
21:54la durée que les personnes
21:55vont passer au chômage,
21:56mais on va aussi changer
21:57leur probabilité de rentrer au chômage.
21:59Et en ce qui concerne les seniors,
22:00par exemple,
22:00c'est ça qui se passe majoritairement,
22:02c'est-à-dire que quand on réduit
22:03la générosité,
22:04c'est-à-dire le nombre de mois maximum
22:05que les seniors peuvent avoir
22:07en termes de durée de chômage,
22:08eh bien, on va voir
22:09que la durée en emploi s'allonge,
22:11c'est-à-dire qu'on a moins
22:12d'entrer au chômage.
22:13L'autre chose qu'on regarde,
22:15c'est aussi le potentiel
22:16de lisser sa consommation.
22:17On sait qu'en fait,
22:18l'assurance chômage,
22:18et c'est ça qu'on rappelle
22:19vraiment dans la note,
22:20et c'est, je pense,
22:20le message principal,
22:21c'est que l'assurance chômage,
22:22ça sert à assurer.
22:23Et donc, du coup,
22:24la question, c'est de savoir
22:24quelle est la valeur de cette assurance.
22:26Et ce qu'on dit,
22:26c'est qu'elle est très différente
22:27selon qu'on est pauvre et jeune
22:29ou selon qu'on est un senior
22:30et qu'on a de l'épargne.
22:31Et on cherche à ramener ça
22:32dans le débat
22:33et notamment à se dire
22:34que les réformes d'éligibilité
22:35touchent principalement
22:36des publics qui sont précaires,
22:37qui sont relativement pauvres
22:38et qui ont une très faible capacité
22:40à s'assurer par eux-mêmes
22:41et pour lesquels
22:42l'assurance chômage
22:42a un rôle primordial.
22:44En revanche,
22:45et c'est en moyenne évidemment,
22:46c'est toujours un raisonnement moyen,
22:47mais c'est aussi comme ça
22:48qu'on fait les politiques,
22:48on les fait en moyenne,
22:49sur les seniors,
22:51la capacité d'épargne est supérieure,
22:54la capacité de lissage est supérieure
22:56et donc c'est probablement
22:58plutôt de ce côté-là
22:59si on souhaitait faire
23:00des économiques qu'il fallait.
23:00Et donc, ça veut dire
23:01que ça fait dix ans
23:02qu'on se trompe de cible
23:03en réalité,
23:04si je résume l'analyse.
23:06Parce qu'on a plutôt travaillé
23:08sur l'allongement,
23:10l'éligibilité.
23:10Honnêtement,
23:11quand vous regardez
23:12l'éventail des réformes,
23:13tout a été touché en réalité.
23:14C'est-à-dire que vraiment,
23:15la totalité du système,
23:16il n'y a pas un paramètre
23:17qui n'a pas été touché
23:17dans les vingt dernières années,
23:18c'est assez d'ailleurs frappant.
23:19Il y a même des choses
23:20qui ont été dans un sens
23:20puis dans un autre,
23:21mais à la limite,
23:21c'est peut-être...
23:22Enfin, on peut se dire
23:23qu'il y a un fondement.
23:24En général,
23:24quand les partenaires sociaux
23:25se réunissent
23:26et discutent de la situation,
23:27c'est assez légitime
23:28qui s'ajustent
23:29à la situation
23:30du marché du travail
23:31à ce moment-là.
23:31On sait par exemple
23:32que la générosité,
23:33c'est bien de l'augmenter
23:33dans les moments de crise
23:34parce que c'est là
23:35où ça ne sert à rien
23:36d'inciter les gens
23:37à trouver du travail
23:37puisqu'il n'y en a pas.
23:38Alors que dans les moments
23:39où justement de plein emploi,
23:40c'est là où peut-être
23:41il faut réduire
23:41la générosité du système.
23:42Donc il y a aussi...
23:43C'est pour ça que finalement,
23:44c'est très raisonnable
23:44de faire des réformes fréquemment
23:46et que les partenaires sociaux
23:47se réunissent
23:48pour essayer de trouver
23:48des solutions
23:49qui sont adaptées
23:49à la situation du moment.
23:51Alors là,
23:51vous me répondez
23:51sur le message principal
23:52qui est qu'il vaut mieux
23:53cibler des seniors
23:54qui ont plus d'épargne
23:55et plus de moyens,
23:56effectivement,
23:57plutôt que des jeunes précaires
23:59qui ont évidemment
24:00beaucoup moins de moyens.
24:01La question d'origine,
24:03c'est est-ce qu'on est
24:04plus ou moins généreux
24:06que ce qui se pratique
24:08ailleurs en Europe ?
24:09La note indique
24:10qu'on est revenu,
24:12grosso modo,
24:13dans la moyenne européenne.
24:14Ce n'est pas ce que pense...
24:15Je vais revenir à vous.
24:16Ce n'est pas ce que pense
24:17Stéphane Carcillo de l'Europe.
24:19Olivier Provot,
24:20On ne va pas trancher le débat,
24:21simplement la note...
24:22Ah mais si, si, si,
24:23on va trancher le débat.
24:24La note, elle a un intérêt,
24:25c'est de montrer déjà
24:26qu'on a bien fait
24:26de faire des réformes
24:27et qu'on a bien fait
24:28de faire bouger les choses.
24:29Et je ne sais pas aujourd'hui
24:30si on est...
24:31J'aurais tendance à penser
24:32qu'on est encore plus généreux
24:33que ce qui se passe ailleurs.
24:34Mais toujours est-il
24:34qu'on l'est moins
24:35qu'il y a dix ans.
24:36Et c'est quand même là
24:37où à un moment c'est utile.
24:39Je reprends sur ce que vous disiez
24:41sur les économies
24:43qu'on ferait éventuellement
24:44sur les seniors
24:45en disant
24:45c'est pas ça qui sauvera
24:46la dette française.
24:47En fait, à force de raisonner
24:48comme ça,
24:49on sauvera jamais
24:49la dette française
24:50parce qu'à un moment
24:51les petits ristos
24:52font les grandes rivières
24:53donc il faut commencer par là.
24:55Moi je trouve que votre note
24:55elle est intéressante
24:56parce que l'éléphant
24:57dans la pièce
24:58sur le débat,
24:59sur le chômage
25:00et son indemnisation
25:01en tout cas son assurance
25:02c'est l'effet d'aubaine.
25:04Est-ce que notre système
25:05génère des effets d'aubaine ou pas ?
25:07Et on a tous autour de nous
25:09des gens qui pour des bonnes
25:11ou des mauvaises raisons
25:12ont à un moment
25:13entre guillemets
25:14et profiter du système.
25:15Ça va de côté très verteux
25:16où des gens ont été
25:17quand c'était encore possible
25:1818 mois au chômage
25:19pour créer leur boîte
25:20et dans ce cas-là
25:21c'est une aide
25:22qui ne dit pas son nom
25:23à la création d'entreprises
25:24bien plus efficace
25:25que l'ACRE
25:25et là-dessus
25:26c'est verteux
25:27et puis on a aussi
25:28des exemples
25:29à un moment
25:29de gens qui sont
25:30dans l'intérim
25:31et qui derrière
25:32enquient les petites missions
25:34de 6 mois
25:34et derrière
25:35se mettent au chômage
25:366 mois
25:37parce que le système
25:38le permet.
25:38Donc en fait
25:39votre note indirectement
25:40elle répond quand même
25:41à cette question centrale
25:42sur laquelle
25:43il faut le dire aussi
25:43les syndicats
25:44et les partis de gauche
25:44ne sont pas tout à fait honnêtes
25:46c'est oui
25:47il y a encore
25:48des effets domaine
25:49avec notre système
25:50et il faut lutter contre
25:51et le premier effet
25:52concerne à un moment
25:53les seniors
25:54quand on va expliquer
25:55à des gens
25:55qui en plus
25:56sont de l'épargne
25:56à 56 ans
25:57parce que fondamentalement
25:58l'assurance chômage
25:59en fait c'est de la pré-retraite cachée
26:00c'est de la pré-retraite cachée
26:02il faut mettre fin à système
26:03il faut mettre fin à système
26:04il faut que les gens
26:05travaillent plus longtemps
26:06et pourquoi ils partent ?
26:07Ils partent parce qu'il y a
26:08complicité entre l'État
26:09l'employeur
26:10et eux-mêmes
26:11globalement on a trouvé
26:12un système
26:12qui fait en sorte
26:13que moi je peux arrêter
26:14avant 60
26:15de toute façon
26:16c'est financé
26:16par la collectivité
26:17Oui
26:17qui a amené à une dette
26:18de 60 milliards
26:19de lunedic
26:20je le rappelle
26:21c'est 38 milliards
26:22de dépenses
26:23les allocations
26:25chômage
26:26aujourd'hui
26:26effectivement
26:27c'est le budget
26:28du ministère
26:29de l'Intérieur
26:30et des Outre-mer
26:31réunis
26:32il faut arrêter
26:33les effets d'aubaine
26:33avec l'assurance chômage
26:34Vous êtes d'accord
26:35avec ça l'intelligence ?
26:36Oui en même temps
26:37est-ce qu'on a amélioré
26:39le système ?
26:39Oui
26:40je pense que
26:41tout le monde sera d'accord
26:42qu'on a quand même
26:43réduit
26:43pareil
26:44on a durci
26:45un peu les conditions
26:47les pays voisins
26:49on voit bien
26:49que là
26:50où effectivement
26:50on est plutôt
26:51sur un an
26:52avant de pouvoir
26:54toucher cette assurance
26:55et 13 mois
26:56donc quand on est
26:57dans cette fenêtre là
26:58on a quand même
26:58des pays
26:59alors il n'y a pas seulement
27:00l'assurance chômage
27:01qui joue
27:01mais des pays
27:02effectivement
27:02qui ont des marchés
27:03du travail plus dynamiques
27:04nous malheureusement
27:05sur l'entrée
27:06peut-être les populations
27:07les plus fragiles
27:08nous on a un gros problème
27:08d'insertion à l'issue de l'école
27:10puisque notre école
27:11est asbine
27:12par rapport
27:13surtout
27:13on a fabriqué
27:14des gens diplômés
27:15qui ne servent pas à grand chose
27:16et ce qui est quand même
27:17un drame
27:18parce qu'il y a des attentes potentielles
27:20par rapport au travail
27:20qui ne sont pas du tout
27:22en fait
27:22qui finissent par frustrer les gens
27:25parce qu'ils ne se retrouvent pas
27:25là où ils pensaient être
27:26donc nous on a aussi
27:27un autre problème
27:28à travailler en amont
27:29malheureusement
27:30par rapport au discours
27:31sur les seniors
27:33je pense qu'effectivement
27:34là il y a deux choses
27:37en France
27:37on a voulu aussi
27:39protéger
27:39comme on aime bien
27:40les seniors
27:40parce qu'effectivement
27:41à un moment donné
27:42c'était aussi ceux
27:43qui étaient le plus longtemps
27:43au chômage
27:44qui ne retrouvaient pas d'emploi
27:45qui sortaient de l'emploi
27:47assez tôt
27:48puisque finalement
27:49il y a une question
27:50de culture managériale aussi
27:51c'est aussi le rôle
27:52des chefs d'entreprise
27:53de faire en sorte
27:54que la formation continue
27:55puisse permettre
27:56de maintenir
27:57les seniors en emploi
27:58exactement
27:58et c'est ceux qui votent
27:59et c'est ceux qui votent
28:00accessoirement ceux qui votent
28:01et par contre
28:02ce qui me dérange un petit peu
28:03dans la petite musique
28:04sur Rob Aller Retraiter
28:05ils vont lisser
28:06leur train de vie
28:07moi j'ai peur
28:08qu'un jour
28:08on finisse dans ce pays
28:09à payer son ticket de bus
28:10en fonction de combien
28:12on gagne
28:13donc ça c'est un petit peu
28:14ma réticence
28:15ça s'appelle de la justice
28:16fiscale
28:17non mais là
28:19on m'a baguette
28:19on va me dire
28:20montre moi ton quotient familial
28:21tu vas payer ta baguette
28:22autant
28:22donc là effectivement
28:23moi j'avoue que c'est une musique
28:25qui revient très fécamment
28:26en France aujourd'hui
28:26et je m'en méfie un petit peu
28:28mais néanmoins
28:29effectivement le problème
28:30demeure de savoir
28:31au moins faire un système
28:32qui puisse être
28:34le plus compatible possible
28:36avec des gens
28:36qui se maintiennent
28:37en emploi surtout
28:38et voilà
28:39c'est surtout ça
28:40qui je pense
28:40qui est important
28:41allez il faut qu'on fasse
28:42une courte pause
28:42on revient dans une minute
28:43on va continuer le débat
28:44sur est-ce que le régime
28:45de l'assurance chômage
28:46en France
28:47est-il ajusté
28:49au niveau européen
28:50ou plus généreux
28:51que nos voisins
28:52ne quittez pas
28:52c'est passionnant
29:00BFM Business
29:01et la tribune
29:01présente
29:02les experts
29:04Raphaël Legendre
29:06allez on est de retour
29:07sur le plateau des experts
29:09il est 10h31
29:10vous êtes en direct
29:11sur BFM Business
29:11toujours avec
29:12Nathalie Jansson
29:13professeur d'économie
29:14à Neoma Business School
29:15Olivier Provot
29:16directeur et associé
29:17de Rumeurs Publiques
29:19et Roland Ratelot
29:21professeur d'économie
29:22à l'Institut Polytechnique
29:23de Paris
29:23et au Crest
29:24et membre du conseil
29:25d'analyse économique
29:26on continue de discuter
29:27ensemble
29:28de cette note
29:29du CAE
29:30qui vise à mesurer
29:32l'efficacité
29:33de l'assurance chômage
29:35en France
29:36un sujet
29:36évidemment majeur
29:37on a toujours
29:382 millions et demi
29:39de chômeurs
29:39je le rappelais tout à l'heure
29:40l'assurance chômage
29:42c'est 38 milliards d'euros
29:44de dépenses
29:44chaque année
29:45c'est encore
29:462 milliards de déficit
29:47et c'est 60 milliards
29:48de dettes
29:49alors est-ce qu'on est
29:50encore
29:51ou pas
29:52dans un système
29:53on a vu dans la première partie
29:54de l'émission
29:55qu'on avait beaucoup
29:56amélioré le système
29:57mais
29:59Roland Ratelot
29:59est-ce qu'on est aujourd'hui
30:01selon vous
30:01dans un système
30:02encore trop généreux
30:03que faut-il pour améliorer
30:05si oui
30:06que faut-il pour améliorer
30:07encore le système
30:08donc je pense que
30:09il faut vraiment définir
30:10ce qu'on veut dire
30:10par trop généreux
30:11je pense que vraiment
30:11l'apport de la note
30:12il est là
30:13il essaie de se dire
30:13ok ça veut dire quoi
30:14trop généreux
30:15trop généreux
30:15par rapport à quoi
30:16Stéphane Carcillot
30:17nous le disait hier
30:18ceux qui nous rejoignent
30:19je répète
30:21la moyenne européenne
30:22c'est
30:2312 mois
30:24de travail
30:25avant d'être éligible
30:26à l'assurance chômage
30:28et c'est en moyenne
30:2913 mois
30:30d'indemnisation
30:31quant en France
30:32c'est 6 mois
30:33au lieu de 12
30:34pour toucher le chômage
30:35et on a le droit
30:36jusqu'à 18 mois
30:37parfois beaucoup plus
30:38au-delà de 55-6 ans
30:41jusqu'à 27 mois
30:43plutôt que
30:4413 en moyenne
30:45donc
30:45on est quand même
30:47beaucoup plus généreux
30:47que la moyenne européenne
30:48pour certains aspects
30:50le truc c'est que le système
30:51est tellement compliqué
30:52qu'il y a des paramètres
30:53sur lesquels on est plus généreux
30:54des paramètres
30:55sur lesquels on est moins généreux
30:56quand on veut trouver
30:57que le système est plus généreux
30:58on peut trouver les paramètres
30:59sur lesquels on est plus généreux
31:00on peut aussi trouver
31:01des paramètres
31:01sur lesquels on l'est moins
31:02donc je pense que
31:03on essaie de sortir
31:04un peu de ces comparaisons
31:04est-ce qu'on est plus généreux
31:06sur certains aspects
31:07certainement
31:07est-ce qu'on est trop généreux
31:09c'est ça la question
31:09qu'on essaie de se poser
31:11j'ai oublié un mot pardon
31:12mais le plafond d'indemnisation
31:158000 euros maximum
31:16en France pour la moyenne européenne
31:18est à 2000
31:212500, enfin il y a beaucoup de pays
31:23qui sont à 2500, nous on est à 8800
31:24sur le plafond
31:258800 même, presque 9000 euros
31:28c'est le plafond, donc du coup sur cet aspect là
31:30effectivement indéniablement on est
31:32plus généreux
31:34après est-ce que ça concerne une grosse population ? Non
31:36oui c'est un peu la question que j'allais vous poser
31:38est-ce qu'on a beaucoup de chômeurs qui sont à près de 9000 euros net
31:40non très peu, après ce qu'on a quand même regardé
31:42c'est que même si c'est pas beaucoup de personnes
31:44encore une fois c'est quelques dizaines de milliers de personnes
31:46potentiellement qui peuvent être visées
31:48si on abaissait ce plafond
31:50c'est une réforme qu'on a examinée dans la note
31:52ce qu'on voit c'est qu'effectivement c'est un public
31:54pas très surprenamment qui est capable de s'assurer
31:56lui-même
31:58donc du coup
32:00je voudrais redire sur comment on a fait pour essayer de fiches fraises
32:02parce que c'est la première fois je pense que c'est fait vraiment en France
32:04et même ailleurs d'ailleurs, on a regardé vraiment les baisses
32:06de consommation, c'est-à-dire qu'on a été chercher
32:08des données de consommation, des données qui viennent
32:10de banques et on a regardé
32:12avant de tomber au chômage et après de tomber au chômage
32:14de combien se réduisait
32:16la consommation des personnes
32:18qui étaient affectées et ça c'est quand même
32:20on n'avait pas fait ça avant et ça permet
32:22d'être très finement de dire pour telle population
32:24il y a une réduction de 10%
32:26pour telle population seulement de 5%
32:28ou telle autre ça peut atteindre 13-14%
32:30et donc évidemment on se dit
32:32très clairement là ça nous permet de revenir
32:34sur la question de quelle est la valeur
32:35et de mieux cibler
32:37et de mieux cibler et de dire
32:38ben voilà, il faut aller plutôt sur tel public
32:40et plutôt sur tel autre
32:42Olivier Provo
32:42Juste deux commentaires très rapides
32:44le premier, Raphaël, vous posiez la question
32:46est-ce qu'on est dans la moyenne européenne ?
32:48Est-ce que l'ambition de la France est dans la moyenne européenne ?
32:50On a un modèle sur des tas de domaines
32:52sur la protection sociale notamment
32:55où la France à un moment
32:57fait partie des meilleurs, enfin des plus généreux
33:00globalement
33:01Sauf qu'on a un modèle social de première classe
33:02on n'a plus vraiment les moyens de payer le ticket
33:04D'accord Raphaël, mais en tout cas
33:05toujours est-il que notamment sur l'assurance chômage
33:07ça ne me choque pas à un moment
33:08que la France soit plus généreuse
33:10que d'autres pays européens
33:11dès lors que c'est dans notre ADN
33:12en revanche, ce qu'il ne faut pas
33:14c'est qu'il y a des abus
33:14et c'est vrai que le rapport entre 2500
33:17le moyen d'anonymisation
33:18et puis 8008
33:19là on est quand même dans un sujet
33:21sur ce sujet justement des excès
33:23attention à l'arrivée de l'intelligence artificielle
33:25l'intelligence artificielle va venir bouleverser
33:28des professions bien payées
33:29qui vont avoir un impact sur le chômage
33:31et je pense qu'il faudra
33:33Roland va s'y préparer j'imagine
33:35faire un second rapport d'anticipation
33:37par rapport à l'impact de l'IA
33:39sur notre assurance chômage
33:41parce qu'elle va impacter des gens
33:42qui ne sont pas impactés aujourd'hui
33:44et les effets d'aubaine
33:45qu'on peut trouver chez des hauts salaires
33:47qui peuvent se mettre au chômage
33:48à un moment parce qu'ils vont être bien analysés
33:50le phénomène va beaucoup bouger
33:53avec l'arrivée de l'intelligence artificielle
33:55Alors l'autre bombe
33:55c'est la bombe démographique
33:56en même temps est-ce que le chômage
33:58n'est pas tout simplement
33:59appris à disparaître
34:00avec le vieillissement de la population
34:02et l'effondrement des naissances
34:04Nathalie Jansson ?
34:05Il y a de toute façon
34:06un train de long terme
34:09qui s'installe effectivement
34:11mécaniquement on aura moins de gens
34:13mais effectivement
34:13ça se rencontre avec la vague d'IA
34:17donc l'effet net
34:19moi je n'ai pas de boule de cristal
34:20je ne suis pas spécialiste non plus
34:21du marché du travail
34:22je ne pourrais pas en dire plus
34:23mais voilà tout ça est une incertitude
34:26en fait surtout
34:26ce qui est souvent
34:28ce qui pourrait quand même être envisagé
34:30lorsqu'on veut essayer effectivement
34:31de faire en sorte que le système
34:33pèse moins
34:33ou effectivement
34:34n'entraîne pas certains déficits
34:36comme on a pu le voir dans ces régimes-là
34:38c'est peut-être aussi
34:39d'envisager une meilleure organisation
34:41de ces systèmes de chômage
34:42donc il y a des pays
34:44effectivement
34:45où il y a une espèce de concurrence
34:46entre les systèmes assurantiels
34:48c'est-à-dire qu'ils sont toujours
34:49pilotés
34:51au niveau de l'État
34:52mais on va laisser
34:53des caisses
34:55se faire concurrence
34:56pour offrir ces services
34:57c'est une privatisation
34:57de la sécurité sociale
34:59c'est une révolution
35:00je ne vais pas dire un gros mot
35:01je ne vais pas dire un gros mot
35:03mais même sans privatisation
35:05si on regarde
35:05les modèles nordiques
35:06où ils ne sont pas privés
35:07néanmoins
35:08ils ont des caisses
35:10qui se font concurrence
35:11pour offrir ces services
35:12et on peut peut-être aussi
35:13passer par ces modèles-là
35:15de plus de concurrence
35:16dans les services offerts
35:17et puis comme il a été dit
35:19peut-être qu'on peut encourager
35:20pour avoir effectivement
35:22un plafond plus bas
35:23on peut aussi encourager
35:24les professions
35:25qui ont des salaires
35:26enfin les salariés
35:27qui ont des salaires
35:27plutôt confortables
35:28d'avoir une assurance
35:29complémentaire
35:31il y a de quoi faire
35:32même question Roland
35:33sur la démographie
35:34c'est quand même
35:35un game changer non ?
35:36moi je n'attendrais pas
35:37nécessairement des effets massifs
35:38des évolutions démographiques
35:40sur le chômage
35:41je pense que globalement
35:42quand on regarde un peu
35:42ce qui s'est passé
35:43dans d'autres pays
35:44je ne pense pas que ça soit
35:45vraiment la variable d'ordre 1
35:46ce n'est pas pour dire
35:46que ça n'a pas d'impact
35:47sur l'économie
35:48et sur globalement
35:49les équilibres
35:50qu'il peut y avoir
35:50dans les entreprises
35:51mais sur le taux de chômage
35:53en particulier
35:53pas forcément
35:54en revanche je pense
35:54qu'effectivement
35:55il y a d'autres changements
35:56structurels
35:56on parle de la révolution
35:58de l'IA
35:59on parle de
36:00qui va potentiellement
36:02quand même transformer
36:02un petit peu
36:04les demandes
36:04encore qu'il ne faut pas
36:05non plus penser
36:06que ça va être
36:07toutes les entreprises
36:08les boulangers
36:09ne vont pas être
36:09demain touchés par l'IA
36:10je pense qu'il va y avoir
36:11effectivement des professions
36:11qui vont être très affectées
36:13auxquelles qui ont plutôt
36:14été épargnées
36:14donc je ne sais pas
36:15par exemple
36:15les consultants
36:16ou les développeurs
36:17et ça c'est sûr
36:18mais bon
36:19tout le monde n'est pas
36:19consultant et développeur
36:20et donc quand même
36:21malgré tout
36:21l'ensemble de l'économie
36:22ne va pas non plus
36:23être affecté par ça
36:24donc il faut quand même
36:25il faut garder un petit peu
36:26un peu de mesure
36:28il y a un peu de discours
36:29catastrophiste en ce moment
36:30autour de
36:30l'évolution de l'emploi
36:32pour l'IA
36:32moi je regardais le taux d'emploi
36:33avant de venir
36:34le taux d'emploi quand même
36:34continue à monter
36:35le taux d'hommage
36:36est plutôt stable
36:37à des niveaux
36:37qui sont relativement bas
36:38par rapport à ce qu'on a pu connaître
36:40le système de l'assurance chômage
36:42actuellement
36:42il est plutôt à l'équilibre
36:43voire même
36:45un petit 2 milliards de déficit
36:46oui bon
36:47ok mais comme vous dites
36:48sur 37 milliards de dépenses
36:49bon c'est pas catastrophique
36:51et puis ça oscille
36:51d'une année sur l'autre
36:52donc globalement
36:53on n'est pas si mal que ça
36:55sur le système
36:55donc le système fonctionne
36:57globalement plutôt bien
36:58il ne fonctionne pas si mal
36:59c'est pour ça que dans cette note là
37:00on va plutôt pour essayer de dire
37:01en fait on a quand même
37:02des moyens de le rendre meilleur
37:03il ne faut pas s'en priver
37:05et maintenant on sait un petit peu
37:06comment le rendre meilleur
37:07donc autant essayer de faire
37:08de faire ces réformes
37:09qui peuvent encore être faites
37:10en ajustant les différents leviers
37:11bon tout cela est fait
37:13évidemment pour stimuler le travail
37:16la production en France
37:18c'est ce qui nous manque
37:19c'est ce qui nous manque
37:20globalement le système
37:21je reprends bien
37:22il fonctionne plutôt bien
37:23sauf que
37:24et Nathalie le soulignait très bien
37:25on ne règle pas le problème
37:26ni à l'entrée ni à la sortie
37:28les deux vrais problèmes qu'on a
37:30ils sont là
37:30c'est-à-dire que sur la moyenne
37:32dans l'ensemble
37:33globalement c'est vrai
37:34que le système fonctionne plutôt bien
37:35on est même
37:36à mon avis un peu trop productif
37:38on voit avec des taux de burn-out
37:39etc. pour ceux qui travaillent
37:40mais le problème c'est
37:41tous les jeunes
37:42qui ne rentrent pas dans le travail
37:43ou qui y rentrent trop tard
37:44et c'est tous ceux
37:45qui sortent trop tôt
37:46et tant qu'on n'aura pas réglé
37:48ces deux phénomènes
37:49le phénomène à l'entrée
37:50et le phénomène à la sortie
37:51on pourra bâtir
37:52tout le système d'assurance chômage
37:53qu'on veut
37:54il couvrira
37:55deux problèmes structurels
37:57et c'est pour ça
37:58que le système d'assurance chômage
37:59globalement
38:00il est faillible
38:00parce qu'en fait
38:01il cherche à résoudre
38:02deux problèmes
38:03qui l'un concerne l'éducation
38:04et je parle sous le contrôle
38:05d'une professeure éminente
38:07et l'autre
38:07il concerne à un moment
38:08des cadres vieillissants
38:11et là aussi
38:12il faudra à un moment
38:13s'atteler à ce problème
38:14quand on les aura réglés
38:15tous les deux
38:15vous verrez qu'il n'y aura plus
38:16aucun problème d'assurance chômage
38:18oui mais il n'y aura plus
38:19aucun problème
38:19de déficit public
38:20globalement
38:21puisque si nous avions
38:23le taux d'emploi
38:23des seniors
38:24notamment allemands
38:25qui a 10 points de plus
38:26ça régulerait
38:27les problèmes
38:28de déficit
38:29c'est la merde
38:29de toutes les batailles
38:30on le martèle
38:31à peu près quotidiennement
38:32dans cette émission
38:34effectivement
38:34on n'en parle pas assez
38:36est-ce qu'on aurait besoin
38:37de travailler le 1er mai
38:38en plus
38:39si on avait ce taux d'emploi
38:40des jeunes
38:41et des seniors
38:42à un bon niveau
38:43c'est pas faux
38:44on a un sondage
38:45et là
38:45BFM TV
38:47exclusif
38:47aujourd'hui
38:47qui vous explique
38:48que 64%
38:50des français
38:51sont favorables
38:52à l'extension
38:53de l'autorisation
38:53de travailler
38:55le 1er mai
38:56à certains secteurs
38:57c'est la polémique
38:58de la semaine
38:59et après avoir subi
39:01de vives critiques
39:02de la part
39:03du bloc central
39:03à l'Assemblée nationale
39:04Sébastien Lecornu
39:05doit accueillir
39:07aujourd'hui
39:08les boulangers
39:09notamment
39:10alors il a enterré
39:11la PPL Renaissance
39:12la proposition de loi
39:13qui visait à élargir
39:14davantage de métiers
39:15à des autorisations
39:16de travailler
39:17le 1er mai
39:19mais
39:19il pourrait avoir
39:20un geste
39:21finalement
39:21réglementaire
39:22et non législatif
39:23sur
39:24les boulangers
39:26est-ce qu'il est nécessaire
39:27Nathalie Jansson
39:28de légiférer
39:30sur ce
39:31grand problème
39:32qui est
39:33d'interdire
39:34les gens
39:35de bosser
39:35le 1er mai
39:37Écoutez
39:37ça fait un petit peu
39:38parfum
39:39d'autres fois
39:39effectivement
39:40on se dit
39:40on en est encore là
39:42il y a des pays
39:43enfin il y a certains pays
39:44je crois
39:44l'Italie
39:45est également sous
39:46voilà
39:46ils ont aussi
39:46le 1er mai
39:47mais ils ont
39:48c'est la fête internationale
39:50du travail
39:50je le rappelle
39:51en bonne intelligence
39:52ils ont su en fait
39:54ne pas toujours
39:55appliquer à la lettre
39:56les principes
39:57et je pense que
39:58tout le problème
39:59elle est là
39:59c'est à dire que
40:01c'est quand même
40:02incroyable qu'aujourd'hui
40:03on en soit encore
40:04à pouvoir
40:05à empêcher
40:06des boulangeries
40:07qui ne sont pas seulement
40:08familiales
40:09puisqu'effectivement
40:09comme on le sait
40:10tout business familial
40:12peut travailler
40:12comme il veut
40:13mais dès lors
40:13où vous avez quelqu'un
40:14qui n'est pas de votre famille
40:15et bien là
40:16vous faites face
40:17à des contraintes
40:18et c'est vrai
40:19qu'on se dit
40:19que quand même
40:21le contrat
40:22et quand même
40:23la suprématie
40:24du droit privé
40:25n'est quand même pas là
40:26c'est à dire que
40:27normalement
40:27le contrat
40:28devrait être
40:29ce qui fait foi
40:30entre deux personnes
40:32or chez nous
40:33il est empêché
40:34par une série
40:35de mesures
40:36que l'État impose
40:37ça s'appelle
40:38le droit du travail
40:38oui mais
40:39c'est quand même
40:40dommage qu'il n'y ait pas
40:41plus de liberté contractuelle
40:42notamment pour des sujets
40:43pareils
40:43alors la réalité
40:44c'est Olivier Provois
40:45est-ce que c'était pas
40:46alors il faut rappeler
40:47que tout cela
40:48part d'une polémique
40:49l'année dernière
40:49pour une poignée
40:50d'inspecteurs du travail
40:51un peu zélés
40:52qui dans la Vienne
40:53ont mis à l'amende
40:55des fleuristes
40:56et des boulangers
40:57mais en réalité
40:58je veux dire
40:59chaque année
40:59on laissait faire
41:00un peu finalement
41:02il y a la règle
41:03et puis il y a l'application
41:04comme toujours en France
41:05et ça fonctionnait
41:06plutôt pas mal
41:06non Olivier Provois
41:07vous connaissez la phrase
41:08d'Edgar Fort
41:09Raphaël
41:09la France est toujours
41:10en avance d'une révolution
41:11parce qu'elle est en retard
41:12d'une réforme
41:14le problème
41:15c'est les symboles
41:16et honnêtement
41:17l'agiter ce symbole
41:19à un an de la présidentielle
41:20pour un moment braqué
41:22alors qu'on espérait
41:23avoir une espèce
41:24de convergence
41:25des visions
41:27un peu modérées
41:27par rapport aux extrêmes
41:28honnêtement
41:29c'est vraiment
41:30la politique de Gribou
41:31mais vous avez mille fois raison
41:32en fait il y a deux manières
41:33de réguler
41:33soit à un moment
41:34par le texte
41:35soit par le contrôle
41:37et ce que disait
41:38Jean-Louis Borloo
41:38à savoir qu'on est en train
41:39de devenir un pays
41:40de contrôleurs
41:41et puis un pays d'inventeurs
41:42il suffisait simplement
41:43de dire aux inspecteurs
41:44du travail
41:45éventuellement de dire
41:46ce jour-là
41:47vous ne travaillez pas non plus
41:48d'ailleurs
41:48mais il suffit juste
41:49de ne pas les envoyer
41:50il faut se faire à l'Italie
41:51mais d'ailleurs
41:52c'est vrai que
41:52il ne faut pas les envoyer
41:53mais en revanche
41:54l'idée très mauvaise
41:55je trouve
41:55de dire
41:56on va réguler
41:57mais non
41:58si vous régulez
41:58c'est le chiffon rouge
41:59vous allez braquer
42:00les syndicats
42:01vous allez braquer la gauche
42:02ce n'était pas le moment
42:03de le faire
42:03donc en fait
42:04il fallait juste dire
42:05laisser entendre
42:06que les inspecteurs du travail
42:08ce jour-là
42:08peut-être qu'ils pouvaient
42:09aller pêcher
42:10ce serait pas mal
42:11Roland
42:13même question
42:14plus globalement d'ailleurs
42:15est-ce qu'on travaille moins
42:17il y a un sujet de travail
42:18c'est François Bayrou
42:18qui voulait supprimer
42:19deux jours chômés en France
42:22est-ce que globalement
42:22on travaille moins
42:24que nos voisins européens ?
42:25c'est toujours pareil
42:26elle a quelle pertinence
42:27de la comparaison
42:28mais effectivement
42:28je pense qu'on a beaucoup
42:29rattrapé le retard
42:31que ce soit en termes
42:32de taux d'emploi
42:32donc de nombre de personnes
42:33qui sont en emploi
42:34ou en termes de nombre d'heures
42:35travaillées par an
42:36on n'a pas du tout
42:38à rougir
42:39par rapport à nos voisins
42:40je pense que là
42:41la question
42:41c'est vrai que c'est dommage
42:42juste d'en faire
42:43une question polémique
42:43parce que c'est
42:44une question sociétale
42:46on peut bien comprendre
42:46que certaines personnes
42:47soient très attachées
42:48au droit de ne pas travailler
42:49et d'autres soient au contraire
42:50attachées au fait
42:51de pouvoir ouvrir
42:52est-ce que ça nécessaire ?
42:53oui et des salariés
42:54très contents
42:54d'être payés double aussi
42:56le 1er mai
42:57parce qu'on a des petits
42:57sujets de pouvoir d'achat
42:58dans ce pays
42:59exactement
42:59donc toute la question
43:00on voit bien
43:00c'est de protéger
43:01des salariés
43:02qui potentiellement
43:02seraient obligés
43:03contre la grande question
43:05du lien de subordination
43:06entre l'employeur
43:07et l'employé
43:08donc la question
43:08elle est là
43:09c'est un syndicat
43:09indiquant qu'on n'a pas
43:10vraiment le choix
43:10quand on nous demande
43:11mais donc
43:11de faire de ça
43:13une question nationale
43:14c'est quand même
43:15quelque chose
43:15d'assez anecdotique
43:16et donc du coup
43:17c'est vrai que c'est dommage
43:17de braquer un petit peu
43:18et de crisper
43:19un petit peu toute l'opinion
43:21à ce moment là
43:21bon donc
43:22Sébastien Lecornu
43:23qui accueille les boulangers
43:24et qui va les laisser bosser
43:25finalement
43:27on retombe sur nos pattes
43:28au final
43:29allez il est 10h46
43:30vous êtes toujours en direct
43:31sur BFM Business
43:32on va parler un peu
43:33de la présidentielle
43:34hier Patrick Martin
43:35le président du MEDEF
43:36a annoncé le lancement
43:37d'une grande consultation
43:39des patrons
43:40vous êtes beaucoup
43:41de chefs d'entreprise
43:42à nous écouter
43:43sur BFM Business
43:44allez sur le site du MEDEF
43:45vous allez voir
43:45ça prend 5 minutes
43:47c'est une sorte
43:48de grande consultation
43:49des cahiers de doléances
43:50pour peser
43:51dans la campagne
43:53présidentielle
43:54les résultats
43:54seront présentés
43:56lors de la rêve
43:56du MEDEF
43:57fin août
43:58la grande rentrée patronale
44:00alors il a présenté tout ça
44:01hier
44:02lors d'une conférence de presse
44:03il n'y a eu
44:04qu'un type de question
44:07qu'une seule question
44:07qui a écrasé très largement
44:10cette conférence
44:11c'est
44:11le patronat
44:13doit-il parler
44:14au RN
44:14je rappelle que lundi
44:16le MEDEF
44:17recevra
44:18Jordan Bardella
44:19à déjeuner
44:20pour parler des sujets économiques
44:21comme ils le font
44:22avec l'ensemble
44:23des présidents
44:24de partis
44:25de groupes
44:26il y en a déjà 5
44:27qui sont passés
44:28Olivier Faure
44:28Gabriel Attal
44:29juste après
44:30Jordan Bardella
44:32ils recevront
44:33Marine Tondelier
44:34puis
44:34Edouard Philippe
44:37allez Olivier
44:38je provo
44:39vous êtes
44:39aujourd'hui communiquant
44:41vous conseillez
44:41les chefs d'entreprise
44:43ils ont quelle
44:45perception
44:46de ce débat
44:47de ce grand débat
44:48cette semaine
44:48autour de
44:49faut-il ou pas
44:49parler du RN
44:50sans vouloir parler
44:51à longue place
44:52ils ont un raisonnement
44:53relativement rationnel
44:54le RN
44:54que je sache
44:55n'est pas interdit
44:56donc à un moment
44:57le voir
44:58comme on pourrait voir
45:00LFI
45:01etc
45:01ne pose pas
45:02en tant que tel
45:04de problème
45:04ils ont quand même
45:05deux réflexions
45:05ça n'est pas la même chose
45:06de voir
45:07une Marine Le Pen
45:09condamnée
45:10pour détournement
45:11d'argent public
45:11et de voir un Jordan Bardella
45:13président du parti
45:14déjà
45:15premier point
45:15le deuxième point
45:17en revanche
45:17ils disent
45:18et ils ont entendu
45:19tous les commentaires
45:20du président du Medef
45:21ils ont été
45:22un tout petit peu étonnés
45:23d'entendre
45:24très peu
45:25de commentaires
45:26de sa part
45:26voire pas du tout
45:27sur l'indigence
45:28du programme économique
45:29du RN
45:30mais on parle pas du fond
45:31oui mais c'est bien là
45:33le problème
45:33c'est à dire que
45:34vous regardez
45:34les différents programmes
45:35économiques
45:36ils valent ce qu'ils valent
45:37mais même un programme
45:38comme celui de LFI
45:39qu'on peut évidemment
45:39quand on est à un moment
45:41libéral
45:42contester absolument
45:43il a une structure
45:44il y a globalement
45:45des grandes masses
45:46et il y a un projet
45:47derrière
45:47qui peut être hautement
45:48contestable
45:49mais il y a un projet
45:49sur le RN
45:50bien malin
45:51qui peut dire
45:52quel est le projet
45:53économique
45:53est porté derrière
45:55conservateur
45:55libéral
45:56étatiste
45:58anti-européen
45:59ou pas
45:59attrape tout
46:00oui mais justement
46:01c'est peut-être
46:02sa première qualité
46:03aujourd'hui
46:03c'est pas à la hauteur
46:04du débat
46:04et c'est pas à la hauteur
46:05de 2027
46:06moi à un moment
46:06les patrons
46:07le conseillent
46:08à un moment
46:08ils veulent bien
46:09à un moment
46:09se positionner
46:10mais à concisant
46:11de savoir
46:11pour quel projet
46:12or là honnêtement
46:13il n'y a pas de projet
46:14il n'y a pas de projet
46:15économique
46:16et globalement
46:18juste
46:18ils disent
46:19ce serait bien
46:19qu'ils s'achètent
46:20une machine à calculer
46:21parce que quand on
46:22à un moment
46:22quand on fait
46:23les économies
46:24qu'on ferait
46:24sur l'immigration
46:25est-ce qu'ils ont calculé
46:26ce que ça rapporte
46:27l'immigration
46:27à notre économie
46:29c'est-à-dire que
46:29si vous faites un moins
46:30il faut faire un plus
46:31et donc fondamentalement
46:32est-ce qu'aujourd'hui
46:33l'arrivée
46:34de gens immigrés
46:35qui viennent prendre
46:36qui viennent à un moment
46:37occuper des emplois
46:38donc créer de la richesse
46:39sur notre pays
46:40ça va falloir l'enlever
46:41si on arrête
46:42toutes les aides
46:43et c'est marrant
46:44cette soustraction
46:44ils ne la font pas
46:45il y a eu des études économiques
46:47d'ailleurs
46:47si je ne m'abuse
46:48sur le niveau
46:50coût recette
46:51et qui montrent
46:51que c'est globalement
46:53équilibré
46:53voire positif
46:55en général
46:56les études
46:57sur l'impact
46:58de l'immigration
46:58sont plutôt positives
46:59sur l'économie
47:01est-ce qu'on ne risque pas
47:01d'avoir une campagne
47:02du type
47:03RFI
47:04LFI ou RN
47:05pardon
47:06dans laquelle
47:07on mettrait totalement
47:08de côté
47:09les sujets
47:09malheureusement
47:10économiques
47:11c'est la crainte
47:13notamment
47:14du président
47:15de France Industrie
47:17M. Sobo
47:18Oui c'est sûr
47:19que là
47:20on va tomber
47:20dans des antagonismes
47:22sur les projets
47:24de société
47:24donc c'est dommage
47:26parce qu'en fait
47:27on a vraiment besoin
47:28d'avoir
47:29alors même si
47:30le projet de société
47:31compte évidemment
47:31quand on est président
47:33il faut arriver
47:34enfin si on veut
47:34embarquer les gens
47:35il faut quand même
47:36avoir un minimum
47:37mais en effet
47:38il faut qu'ils s'articulent
47:39justement par rapport
47:40à l'économie du pays
47:42et aux défis
47:43qu'on a à relever
47:44et si on se cantonne
47:46à ces deux programmes
47:47on ne va pas aller
47:48très très loin
47:48parce qu'on va juste faire
47:49on va se lancer
47:50des oppositions
47:51à la figure
47:52voilà
47:53Roland Ratelot
47:54je voyais au risque
47:55de ne pas créer de polémique
47:56sur ce plateau
47:57je suis assez d'accord
47:59et je pense que du coup
47:59pour répondre à la question
48:01que vous posiez
48:02je pense qu'effectivement
48:02oui les chefs d'entreprise
48:04doivent parler absolument
48:05au RN
48:06c'est dans le sens
48:07où le RN
48:09doit clarifier ses positions
48:10sur la fiscalité
48:11d'entreprise
48:12doit clarifier ses positions
48:14sur tout un tas de sujets
48:15sur lesquels finalement
48:16entretenir le flou
48:17et permettre de parler
48:18à chaque fois
48:19à chaque électorat
48:20en lui faisant
48:21c'est étonnant
48:22ça ne pèse pas
48:23en tout cas
48:24sur les opinions
48:24allons-y absolument
48:25mettons l'accent là-dessus
48:26mettons justement
48:27les journalistes doivent
48:28leur parler d'économie
48:29les patrons doivent
48:30leur parler d'économie
48:31les syndicats doivent
48:31leur parler d'économie
48:32on va justement
48:33essayer de comprendre
48:33en tout état de cause
48:35s'il y a une différence
48:36par exemple
48:36entre même le parti
48:37d'Éric Zemmour
48:38et le parti
48:39de Jordan Bardella
48:41essayons vraiment
48:42de démêler
48:42quelles sont les différences
48:43même au sein
48:44des extrêmes droites
48:44entre les différentes
48:46sensibilités économiques
48:47essayons d'aller là-dedans
48:48et ça permettra
48:50peut-être
48:50d'éliminer justement
48:51un discours crispé
48:53sur le LFI
48:54contre le RN
48:56sur des sujets
48:56purement sociétaux
48:58Raphaël
48:58là où votre métier
49:00de journaliste
49:01va être hyper utile
49:02dans l'optique de 2027
49:03c'est que la vraie question
49:05à laquelle il va falloir
49:06tous qu'ils répondent
49:07c'est pas à un moment
49:08qu'est-ce qu'ils promettent
49:08de distribuer
49:09parce qu'ils promettent tous
49:10de distribuer à droite
49:11à gauche etc
49:11c'est où est-ce qu'ils prennent
49:13l'argent
49:13et c'est là où à un moment
49:15ça va coincer
49:15c'est-à-dire que quand le RN
49:17répond
49:17on prend l'argent
49:18dans les aides à l'immigration
49:19on prend l'argent
49:20dans ce qu'on verse
49:22à l'Europe
49:22je rappelle juste
49:23que ce qu'on verse
49:24à l'Europe
49:24nous revient
49:25alors on peut parler
49:25des taux de redistribution
49:26mais nous revient aussi
49:28on est contributeurs nets
49:29voilà
49:29et puis dans la lutte
49:31contre la fraude sociale
49:32honnêtement c'est un peu court
49:33mais comme LFI
49:34la lutte contre la faute fiscale
49:36est un peu court
49:37comme argument
49:37donc en fait
49:38la question
49:39la vraie question centrale
49:40parce qu'on sent
49:42ce qui se passe
49:42pour 2027
49:43le débat central
49:44va être la France injuste
49:46et va être
49:46est-ce que fondamentalement
49:48vous préparez un projet
49:49qui est juste
49:50pour les français ou pas
49:50et donc typiquement
49:51le taux de redistribution
49:52qui est un des plus élevés
49:53du monde
49:54qu'on a dans notre pays
49:55va passer complètement à l'as
49:56parce que les français
49:57ont un sentiment global
49:59et montant d'injustice
50:00je rappelle que 57%
50:01des français
50:02sont bénéficiaires
50:03de notre système
50:04de redistribution
50:05mais que le ressenti
50:06est exactement l'inverse
50:08on avait fait des sondages
50:09ici à BFM Business
50:10il y avait à peu près
50:11les deux tiers des français
50:11qui pensaient
50:12qu'ils étaient contributeurs nets
50:14et je crois que c'est
50:14Renaud Dutré
50:15qui avait cette analyse
50:16extrêmement juste
50:16il disait
50:17à partir du moment
50:18où vous avez 57%
50:19d'une population
50:19qui vit de la redistribution
50:21le discours des politiques
50:22est de s'adresser à ces 57%
50:25s'ils veulent avoir
50:26la majorité de l'électorat
50:27il n'est pas de s'adresser
50:28aux 43%
50:28s'ils s'adressent aux 43%
50:30ils ont perdu
50:30du coup
50:31d'où cette espèce
50:32de concours
50:33de course à l'échalote
50:34en ce moment
50:35qui est de s'adresser
50:36à ces 57%
50:37mais fondamentalement
50:38la vraie question
50:39Raphaël
50:40qu'il faudra leur poser
50:41à toutes et tous
50:42c'est
50:42où est-ce que vous prenez
50:43l'argent ?
50:44En d'autres termes
50:45à un moment
50:45vous voulez distribuer beaucoup
50:47vous trouvez cet argent
50:48dans quelle poche ?
50:49Oui et puis comment on fait
50:50pour produire plus
50:51accessoirement
50:52c'est-à-dire
50:52augmenter la prospérité
50:53on vous invitera
50:54pour les grands débats
50:55Olivier Provot
50:56face au candidat
50:57de la présidentielle
50:59Mon ami François Langlais
51:00avait fait ça
51:01très très bien
51:01il y a quelques années
51:02Il y a une question
51:04que pose l'opinion
51:05aujourd'hui
51:05qui m'a fait sourire
51:08aussi
51:08on l'a fait en débat
51:09ce matin
51:10Existe-t-il encore
51:11des patrons de gauche ?
51:12On a eu
51:12fut-il une époque
51:14des grands patrons
51:15Louis Gallois
51:16qui étaient passés
51:16par Bercy
51:18Alors aujourd'hui
51:19vous avez Louis Schwetzer
51:20absolument
51:21aujourd'hui vous avez
51:22Mathieu Pigasse
51:23qui se veut
51:23un peu
51:25le contre-Bolloré
51:27avec quelques investissements
51:29dans les médias
51:30mais à part Mathieu Pigasse
51:31est-ce qu'il existe encore
51:32des patrons de gauche ?
51:33Olivier Provot
51:34Vous avez la phrase
51:35du film Le Président
51:37dite par Gabin
51:37où il est à l'Assemblée
51:39il fait son discours
51:40et à un moment
51:41il y a un membre
51:41de l'Assemblée
51:42qui dit
51:42il existe des patrons de gauche
51:44et Gabin lui répond
51:44il existe aussi
51:45des poissons volants
51:46mais il ne constitue pas
51:47l'essentiel du patron
51:50Et donc
51:51on a encore
51:51quelques poissons volants
51:52aujourd'hui
51:53Olivier Provot
51:53Je crois que
51:54d'abord je ne sais plus
51:55aujourd'hui
51:56ce que ça veut dire
51:56d'être de gauche
51:57ou d'être de droite
51:57en revanche
51:58on a des patrons sociaux
51:59bien sûr
52:00et on en a
52:02même catalogué à droite
52:03mais des patrons sociaux
52:04des patrons qui pensent
52:05à un moment
52:05à la redistribution
52:06des patrons qui ne pensent pas
52:08qu'à un moment
52:09à s'enrichir
52:09à prendre des stock options
52:10ou à se préparer
52:11une retraite chapeau
52:12il y en a plein
52:13il y en a plein
52:13et regardez
52:15toutes les enquêtes là-dessus
52:16sont hyper intéressantes
52:17parce qu'on pense
52:17qu'aux entreprises
52:18du CAC 40
52:18regardez combien gagne
52:20un patron de PME
52:20il ne gagne pas
52:21beaucoup plus aujourd'hui
52:22C'est 5000 euros
52:23le revenu moyen
52:24Oui mais il y en a
52:25beaucoup qui ne sont pas
52:26à ce niveau-là
52:27il y en a beaucoup
52:28qui ne sont pas à ce niveau-là
52:28et quand vous allez
52:29dans les petites boîtes
52:30sur le terrain
52:31ils ne sont quelquefois
52:32pas beaucoup mieux payés
52:33que le mieux payé
52:34de leurs salariés
52:35donc fondamentalement
52:36l'opposition
52:38enfin l'opposition marxiste
52:39il faut sortir du marxisme
52:40ce serait pas mal
52:41de la lutte des classes
52:42on est en 2026
52:43si on pouvait faire
52:44ce petit effort
52:44on y est encore
52:46Nathalie Jansson
52:47dans ce surmoi marxiste
52:48quelquefois en France
52:49la France le seul pays communiste
52:51qui a réussi
52:52c'est je crois
52:53l'objet du dernier livre
52:54de François-Olivier Gisbert
52:55non
52:56la France est un pays communiste
52:57aussi pour rebondir
52:59justement hier soir
53:00on avait
53:01il y avait
53:01une star de l'économie américaine
53:04enfin bon
53:04c'est le fils de
53:05Milton Friedman
53:06qui donnait un discours
53:07à l'Assemblée nationale
53:08et c'est vrai que je reprendrai
53:09le slogan de son père
53:11la responsabilité de l'entreprise
53:13c'est de faire des profits
53:13donc en fait c'est un peu ça
53:15le patron
53:16il faut qu'il assure
53:17la pérennité de son entreprise
53:18donc forcément
53:19il y a une dimension sociale
53:20alors après il y a des gens
53:21enfin il y a des patrons désagréables
53:23moi ça c'est autre chose
53:24mais ce que je veux dire
53:25c'est que
53:25bien évidemment
53:27quelqu'un qui monte
53:28une entreprise
53:29enfin qui a une entreprise
53:30il va pas la faire couler
53:33parce qu'il a envie
53:34de la faire couler
53:34donc forcément
53:35il veut la faire conspérer
53:35non mais à de gauche
53:36c'est pas forcément
53:36de faire couler les boîtes non plus
53:37je pense d'ailleurs
53:38que les entreprises
53:39ne sont jamais aussi bien portées
53:40que sous la gauche
53:41ce que je veux dire
53:42c'est qu'une entreprise
53:43qui veut prospérer
53:44elle doit avoir des collaborateurs
53:46qui sont quand même
53:46plus ou moins impliqués
53:47enfin qui vont suivre
53:48et donc forcément
53:49il y a une dimension sociale
53:51dans le patronat
53:52alors je ne vais pas non plus
53:53faire l'éloge
53:53de tous les patrons
53:54mais il y a nécessairement
53:56une dimension sociale
53:57dans le fait
53:57d'avoir son propre entreprise
53:59moi je répondais à votre question
54:00en disant que
54:01ce qu'on veut surtout
54:01c'est des patrons justes
54:02on veut des patrons efficaces
54:04on veut des patrons qui innovent
54:05pas forcément des patrons de gauche
54:06ou des patrons de droite
54:07on veut vraiment qu'ils soient bons
54:08et on veut en face de ça
54:10avoir
54:10ça sera le rôle de l'État
54:11d'avoir des régulations
54:12qui permettent de les encadrer
54:13de faire en sorte
54:14que la concurrence demeure
54:15etc
54:15je pense que c'est dans cet univers-là
54:17qu'on peut...
54:18Mais on ne l'entend pas
54:19on ne l'entend pas beaucoup
54:20ça me paraît
54:21une voix de la sagesse
54:22qu'on n'entend pas beaucoup
54:23dans le débat politique
54:24en tout cas
54:25où on oppose bien souvent
54:27effectivement encore
54:27patronat et salarié
54:28Oui mais Raphaël
54:30je suis dirigeant d'entreprise
54:32je suis une boîte
54:33on est 120
54:34fondamentalement
54:35je sais tous les matins
54:36avec mes associés
54:37que la première priorité
54:38c'est que nos salariés
54:39soient bien
54:39qu'ils arrivent avec la banane
54:42au bureau
54:43parce que sinon
54:44C'est le meilleur levier
54:44de la performance
54:45Sinon on ne va pas les garder
54:46et on ne va pas garder
54:47nos clients derrière
54:48donc in fine
54:49en fait c'est du pragmatisme
54:51bien s'occuper de ses salariés
54:52c'est un moment du pragmatisme
54:54d'un bon dirigeant d'entreprise
54:56Et voilà comment on réconcilie
54:58tous les points de vue
54:58merci à tous les trois
54:59Olivier Provo
55:01Roland Ratelot
55:01et Nathalie Jansson
55:02pour cette émission
55:03passionnante
55:04disponible en podcast
55:05et en replay
55:05à ne pas manquer aujourd'hui
55:07à partir de 18h
55:08la mise en ligne
55:09de votre podcast
55:10géopolitique
55:11L'Ordre du Monde
55:11présenté par
55:12Annalisa Capellini
55:14et Mathieu Jolivet
55:15aujourd'hui une interview
55:16d'un des plus fins connaisseurs
55:18de la société américaine
55:19Romuald Siora
55:21à quelques mois
55:21des midterms
55:22Donald Trump
55:23perd-il sa base
55:24MAGA ?
55:25Comment les américains
55:26perçoivent la guerre
55:27en Iran ?
55:28Comment comprendre
55:29la guerre idéologique
55:30qui fracture les américains
55:33c'est à ne pas manquer
55:34dans l'ordre du monde
55:35quant à nous
55:36on se retrouve demain
55:36même heure
55:37même endroit
55:37en direct
55:38sur BFM Business
55:40à 10h
55:40tout de suite
55:41c'est tout pour investir
55:42animé par Antoine Larigauderie
55:43très bonne journée
55:44à toutes et à tous
55:48les experts
55:49débats et controverses
55:51sur BFM Business
55:515
55:521
55:532
55:532
55:542
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