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  • il y a 1 semaine
Ce mercredi 4 février, Raphaël Legendre a reçu Denis Ferrand, directeur général de Rexecode, Guillaume Dard, président de Montpensier Arbevel et vice-président de l'AFG, et Dorothée Rouzet, cheffe économiste de la direction générale du Trésor, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00BFM Business et La Tribune présente Les Experts, Raphaël Lejean.
00:12Bonjour à tous, bienvenue dans Les Experts.
00:14On va lancer un avis de recherche ce matin.
00:17Où est passée l'inflation ?
00:20Avec 0,3% seulement au mois de janvier.
00:23On touche un plus bas depuis la crise Covid.
00:26On n'a plus vu d'inflation à 2% depuis la dissolution ratée d'Emmanuel Macron en juillet 2024.
00:32Pourquoi la France est le pays européen où les prix augmentent le moins ?
00:37Quelles conséquences sur l'économie ?
00:39Quelles conséquences sur le budget, sur la compétitivité et plus globalement ?
00:44Est-ce que cette faible inflation est une bonne ou une mauvaise nouvelle pour l'économie ?
00:48Ce sera le premier thème des experts ce matin.
00:51Et puis Roland L'Escure a confirmé hier à demi-mot le maintien de la surtaxe d'IS en 2027.
00:59Est-ce qu'on tient une nouvelle martingale budgétaire ?
01:02Ne risque-t-on pas de faire fuir nos grands groupes ?
01:05Le lent exil des entreprises françaises alertent ce matin l'opinion en une.
01:11Et puis on reviendra sur notre balance commerciale.
01:14Avec les chiffres de Rex & Cod, peut-être qu'au quatrième trimestre 2025, on va retrouver une balance excédentaire.
01:22Ça fait très, très longtemps qu'on n'avait pas vu ça en France.
01:25Et puis enfin, on parlera des terres rares.
01:28Quelle réponse à la domination chinoise ?
01:30Et puis les trois défis de Kevin Warsh à la fin.
01:33Voilà pour le programme chargé du jour.
01:34Il est dix heures passées de deux minutes.
01:37Vous êtes sur BFM Business.
01:38C'est parti pour une heure de débat et de controverse.
01:41C'est les experts. C'est parti.
01:44Les experts, débat et controverse sur BFM Business.
01:52Et pour parler de tous ces sujets, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau Guillaume Dard.
01:56Bonjour Guillaume.
01:57Bonjour Raphaël.
01:59Président de Montpensier Arbevel et vice-président de l'Association française de gestion financière de l'AFG.
02:05Face à vous, Dorothée Rouzé. Bonjour Dorothée.
02:07Bonjour.
02:07Chef économiste de la Direction Générale du Trésor et Denis Ferrand.
02:11Bonjour Denis.
02:12Bonjour.
02:12Directeur Général de Rex & Code.
02:15On va commencer par l'inflation.
02:17L'inflation au plus bas depuis 2020, depuis la crise Covid.
02:220,3% seulement d'inflation au mois de janvier.
02:27Divisé par 3 en 2 mois seulement, l'inflation a disparu.
02:31Est-ce que c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle ?
02:34Je commence avec vous Denis Ferrand.
02:36Peut-être pour expliquer d'abord pourquoi ce niveau aussi faible, comment on est arrivé à un niveau d'inflation le plus faible de la zone euro quasiment.
02:44On a juste Chypre qui est encore inférieur, mais sinon on est le pays où la hausse des prix augmente le moins vite.
02:50Oui, tout à fait.
02:50C'est vrai qu'on est dans cette circonstance qui a trait à des éléments qui sont de nature circonstancielle, en particulier l'élément autour des prix de l'énergie.
02:59C'est quand même une composante assez importante.
03:05Ça fait à peu près 8% du panier de biens de consommation.
03:07Donc avec ce moins 8, ça vous fait une contribution de moins 0,6.
03:11Ça vous apporte moins 0,6.
03:12Oui, ça n'est pas rien.
03:13Ça joue quand même beaucoup.
03:17C'est le prix du pétrole ou c'est la baisse du dollar ?
03:19Les deux.
03:20C'est 77,57 euros en un an.
03:23Les deux à la fois.
03:23Donc c'est merci Donald Trump en réalité pour la faiblesse de l'inflation française, Guillaume d'Arc.
03:27Enfin, Denis va donner des chiffres plus précis, mais tout ça c'est quand même un signe d'anémie de l'économie française.
03:33D'un côté, les gens épargnent énormément, consomment moins, et deux, le dollar baisse, les autres monnaies, le yen baisse, le yuan baisse pas par rapport au dollar, mais baisse par rapport à l'euro.
03:46Donc comme on est un pays qui importe pas mal, sur le bien de consommation, on a une conjonction, si j'ose dire, parfaite pour l'inflation,
03:55et ça reflète une mauvaise, pas un trèfle, une anémie de l'économie française.
04:01Donc pour vous c'est le signe d'une croissance ?
04:02– Heureusement, et heureusement, parce que sinon on aurait des tensions sociales terribles.
04:06– Dorothée, est-ce que vous êtes d'accord avec ça Dorothée ?
04:08– Il ne faut pas trop s'attarder sur le chiffre de janvier, parce qu'il disait qu'il y a plein de raisons très circonstancielles,
04:13il y a les soldes qui ont duré 5 jours de plus de solde en janvier qu'en janvier 2025,
04:19donc ça joue à la baisse sur les prix de l'habillement des chaussures,
04:21ça évidemment, une fois qu'on va arriver en février, ça ne sera plus là.
04:24– Il y a les tarifs de santé qui ont été un peu moins revalorisés qu'en janvier dernier,
04:29donc là aussi ça joue à la baisse.
04:31Il y a l'énergie, non seulement le pétrole et l'appréciation de l'euro,
04:33mais aussi le fait qu'en février dernier, les prix de l'électricité ont baissé de 15%,
04:37et donc quand on compare toujours les prix de janvier 2026 à ceux de janvier 2025,
04:41on a toujours cet effet, mais évidemment, ça ne va pas se retrouver sur le reste de l'année.
04:45Donc on a ces facteurs un peu temporaires,
04:48après ensuite, donc ça va remonter par rapport à ce 0,3.
04:51– Donc ça veut dire que ça va remonter, c'est ça ce que vous voulez dire ?
04:53– Mais la Banque de France prévoit 1,3 sur l'année,
04:55bon ça reste moins de 2%, mais c'est une inflation faible, modérée,
04:59qui permet par ailleurs, alors moi je ne suis pas tout à fait d'accord
05:01sur le fait que c'est forcément une mauvaise nouvelle,
05:03parce que d'une part ça donne quand même un peu plus de confiance aux consommateurs
05:07qui ont bien besoin de stabilité des prix pour y voir clair,
05:10et ça nous aide beaucoup en termes de compétitivité,
05:12le fait d'avoir des prix, des coûts salariaux qui ont progressé moins vite
05:16que dans les autres pays européens,
05:18ça permet aussi aux entreprises exportatrices
05:20de contrer les effets de l'appréciation de l'euro,
05:22qui par ailleurs les pénalise à l'international.
05:23– On a gagné 10 points de compétitivité,
05:26il faut rendre à César qui est à César,
05:28vous êtes le premier, moi, à m'avoir parlé de ça,
05:30Denis Ferrand, sur ce plateau.
05:32En 8 ans, on a gagné 10 points de compétitivité
05:36face à nos voisins et concurrents de la zone euro,
05:39notamment l'Allemagne, c'est absolument majeur.
05:42Expliquez-nous un peu le processus.
05:43– Et par rapport à l'Allemagne, c'est même un peu plus,
05:45en fait c'est 12 points d'écart par rapport à l'ensemble de la zone euro
05:48sur l'évolution du coût salarial par unité produite.
05:51Donc en fait c'est le déterminant salarial
05:54de la compétitivité-coût d'une économie.
05:56Parce qu'on a mis aussi en place des dispositifs,
05:59des boucliers anti-inflation,
06:01là où par exemple les Allemands mettent en place des subventions.
06:04Donc nous on jouait directement sur l'évolution de l'indice des prix,
06:08là où les dispositifs de lutte contre l'inflation énergétique…
06:12– On parle ici de la crise inflationniste due à la hausse de l'énergie en 2022 et 2023.
06:16– Là c'était des dispositifs qui tenaient notamment à des subventions,
06:20à des chèques qu'il pouvait y avoir dans d'autres pays européens.
06:22Ça, ça ne joue pas sur l'indice des prix.
06:24Donc qu'est-ce que l'on a, on cumule depuis 2019,
06:27sur l'évolution de l'indice des prix à la consommation
06:29entre la France et la zone euro, c'est 7 points d'écart.
06:32Ces 7 points d'écart, ça se traduit par une pression sur les salaires
06:35qui est moindre, qui se traduit in fine par une évolution du coût salarial
06:38par une unité produite, bien moindre en France qu'elle ne l'est dans l'ensemble de la zone euro.
06:43Donc c'est un regain de compétitivité qui intervient.
06:46Alors attention, il y a un élément que l'on a évoqué tout à l'heure
06:48sur l'environnement international.
06:51Est-ce qu'on doit dire merci à M. Trump ?
06:53Je pense qu'on doit aussi dire merci très fortement aux exportateurs chinois.
06:58Parce que s'il y a bien un endroit où il y a un différentiel de prix qui s'exerce
07:02et où il y a une pénétration accrue du marché à l'importation,
07:05c'est en provenance de Chine, avec des prix qui sont tirés très bas
07:09et qui exercent une pression concurrentielle très importante
07:12qui joue sur la dynamique des prix.
07:14Et puis dernier point, est-ce que c'est une bonne, une mauvaise nouvelle ?
07:16C'est comme toujours en économie, c'est toujours mixed blessing.
07:20Ce que l'on voit et ce que l'on ne voit pas.
07:22Voilà, ce que l'on voit, ce que l'on ne voit pas,
07:23ou alors les économistes qui ne sont jamais manchots,
07:26on the one end, on the other end.
07:28Et sur l'aspect positif, c'est la partie compétitivité.
07:31Sur l'aspect plus négatif, comme on est dans la zone euro,
07:33on a des taux réels qui sont plus élevés,
07:36des taux d'intérêt réels qui sont plus élevés en France
07:38qu'ils ne le sont dans les autres pays de la zone euro.
07:40Donc voilà, il y a des équilibres de force qui sont à regarder.
07:43Je voulais juste, Dorothée, je rappelle que vous êtes la chef économiste du Trésor.
07:47Est-ce que quand on a mis en place les aides à l'énergie
07:53pendant la crise inflationniste,
07:55est-ce que c'était pensé dans un angle de compétitivité,
08:00dans un objectif de compétitivité ?
08:03Parce que là, c'est une clé du succès.
08:05Bon, on a l'habitude d'être assez critique sur les politiques publiques,
08:08sur le plateau de BFM Business,
08:10mais là, franchement, c'est une vraie réussite
08:12qui n'est pas assez défendue, je trouve, en France.
08:16On a vraiment fait un choix stratégique
08:18qui permet d'être plus compétitif aujourd'hui.
08:20Est-ce que ça a été pensé comme ça à l'époque ?
08:21Alors, ça a été...
08:22Si on revient en arrière,
08:24on est à l'automne 2021 à ce moment-là.
08:27À ce moment-là aussi, on s'attend,
08:29mais c'est avant le début de la guerre en Ukraine,
08:31à ce que la flambée des prix du gaz qu'on commence à voir
08:34soit temporaire.
08:36À un moment, je dirais, courant 2022,
08:38on en a douté et puis ça s'est avéré vrai.
08:40Et donc, l'idée était quelque part
08:42qu'on allait avoir une bosse d'inflation
08:43et qu'on allait un peu couper ou lisser la bosse
08:45pour les ménages et les entreprises français.
08:50Est-ce que c'était explicitement
08:52dans une optique de compétitivité ?
08:54C'était difficile à ce moment-là
08:54parce qu'on ne savait pas
08:55ce que les autres pays européens allaient faire.
08:57C'est-à-dire que certains ont décidé de faire des chèques,
08:58d'autres ont décidé de faire
08:59un sorte de mélange,
09:01de mesures plus similaires à servir de la France
09:03et de chèques, etc.
09:04Alors, on s'est parlé avec nos partenaires,
09:06mais évidemment, tout le monde décidait en même temps.
09:08En revanche, ce qui était bien présent à l'esprit,
09:09c'était d'éviter ce qu'on appelle
09:11la boucle prix-salaire,
09:12c'est-à-dire de se dire
09:13avec cette bosse inflationniste,
09:15si on pense que ça va rebaisser ensuite,
09:17on va cranter des hausses de salaires
09:18parce que le SMIC est indexé au prix,
09:21parce que les autres salaires
09:23suivent en général avec retard,
09:25parce que par ailleurs,
09:26les prestations sociales
09:27sont aussi indexées sur les prix.
09:29Et donc ensuite,
09:30puisque les salaires vont augmenter,
09:31les entreprises vont avoir leurs coûts augmentés,
09:32n'auront pas d'autre choix
09:33que d'augmenter de nouveau leurs prix
09:35et on met plus de temps
09:36à contrôler le phénomène.
09:37Donc c'était presque un peu plus une idée
09:39qu'on allait avoir une approche
09:40un peu complémentaire finalement
09:41entre la politique monétaire
09:42et la politique budgétaire,
09:43tout en respectant l'indépendance
09:45de la politique monétaire,
09:46mais quelque part d'utiliser cet outil
09:47pour éviter d'avoir une inflation
09:49qui dérive trop vite.
09:50Mais évidemment du coup,
09:51d'avoir des coûts salariaux
09:52qui dérivent trop vite.
09:52Eh oui, Guillaume ?
09:53Oui, ça c'était très intelligent.
09:56Après, du côté budgétaire,
09:57est-ce que ça a été...
09:58Ça a été coûteux, ça.
09:59Ça a été coûteux, voilà.
10:01Et donc du bien et du mauvais.
10:03Non, Denis a dit quelque chose
10:04de très intéressant sur la Chine
10:05parce que le phénomène
10:06qu'on constate l'année dernière,
10:07c'est le phénomène
10:08des 30 dernières années.
10:10C'est-à-dire que
10:11qu'est-ce qui a permis
10:12une relative paix sociale en France ?
10:15Ça a été que les Chinois
10:17produisent tous les biens
10:19de consommation
10:20et disons d'équipement des ménages
10:23à des prix incroyablement bas
10:25avec la capacité très forte
10:29de la grande distribution française
10:30à ne pas rajouter énormément de marge.
10:33Et c'est ce qui a permis
10:34l'habillement.
10:36Revenons un peu en arrière.
10:37Acheter un manteau dans les années 70,
10:39c'était un investissement
10:41pour une famille.
10:42Acheter une doudoune,
10:44tout le monde peut le faire quand même.
10:46La promesse de Chine aujourd'hui,
10:47c'est toute une garde d'Europe
10:49pour 200 euros.
10:49Et ce, avant Chine.
10:51Ce que je veux dire,
10:51c'est que c'est un phénomène énorme.
10:53Et donc là aussi,
10:54il y a du bien et du pas bien.
10:55C'est qu'on a complètement,
10:58on n'a plus d'industrie,
10:59plus de capacité de production.
11:00Et je ne sais plus si c'est
11:01dans votre émission,
11:02on disait qu'au moment des masques,
11:04on a refait,
11:05on a quelques initiatives françaises.
11:06Absolument.
11:07Et puis au bout de deux minutes,
11:08on va se dire,
11:09mais c'est trop cher les masques.
11:10Donc,
11:11cette inflation basse,
11:13c'est vrai qu'on a une conjonction
11:15assez parfaite
11:17pour le fait qu'elle soit très basse.
11:18Et comme Dorothée a dit,
11:19c'est peut-être temporaire.
11:20Mais le dollar,
11:22le pétrole,
11:24la consommation assez faible,
11:26beaucoup d'épargne.
11:27Mais ce qui compte,
11:28c'est la Chine
11:29et qui va continuer
11:30à nous faire baisser les prix.
11:31Et Chine,
11:32on n'a rien arrêté sur Chine.
11:33Ça va continuer.
11:34Oui, absolument.
11:35Un dernier mot peut-être
11:36pour expliquer les conséquences
11:37d'une inflation faible.
11:39Après,
11:39j'en viens à vous,
11:39Denis,
11:40sur le budget.
11:42L'inflation,
11:43c'est ce qui conditionne aussi
11:44la revalorisation des aides.
11:46C'est ce qui conditionne
11:47les recettes.
11:48L'inflation,
11:49elle permet de se désendetter aussi.
11:51Donc,
11:52quelles conséquences
11:52sur nos finances publiques
11:54d'une inflation faible ?
11:55En général,
11:58c'est plutôt,
11:58je dirais directement,
12:00effectivement,
12:00il y a plusieurs effets
12:01qui n'arrivent pas en même temps.
12:02C'est-à-dire qu'une inflation faible,
12:04ça fait immédiatement
12:05moins de rentrées de TVA.
12:06Une inflation plus faible,
12:07ça fait immédiatement
12:08plus de rentrées de TVA.
12:09Mais ensuite,
12:10il y a pas mal de dépenses
12:11de l'État
12:11qui vont aussi
12:12dépendre de l'inflation.
12:15Effectivement,
12:15les prestations
12:16sont indexées sur l'inflation.
12:18Le SMIC est indexé
12:19sur l'inflation
12:19et il y a un certain nombre
12:20d'agents publics
12:21qui sont au niveau du SMIC.
12:22C'est plutôt gagnant
12:26ou pas pour les finances publiques ?
12:27C'est plutôt assez neutre
12:31au bout d'un ou deux ans
12:32dans les effets directs.
12:34Et ensuite,
12:35ce qui compte quelque part
12:36aussi beaucoup,
12:36c'est l'effet indirect.
12:37C'est-à-dire,
12:38si cette inflation,
12:38elle donne plus de compétitivité
12:40et donc plus d'exports
12:42ou elle incite plus
12:44les gens à consommer,
12:45ça va faire plus d'activité
12:46et ça, c'est bon
12:46pour les finances publiques.
12:47Donc, il faut aussi voir
12:48la période d'inflation forte.
12:49On avait eu beaucoup de débats.
12:51Est-ce que l'État
12:52s'en met plein les poches
12:53avec la TVA
12:53quand il y a de l'inflation ?
12:54In fine,
12:55l'État a aussi protégé
12:56les Français,
12:56on vient de dire,
12:56ça a coûté très cher.
12:58Et puis, par ailleurs,
12:58l'inflation,
12:59ça a freiné la consommation.
13:00Donc, non,
13:01l'inflation n'est pas
13:01une bonne nouvelle
13:02pour le budget public
13:03quand on prend en compte
13:03le fait que ça affecte
13:05l'économie et le comportement.
13:06Denis, un dernier mot.
13:07Deux petites choses.
13:09Les salaires ont suivi
13:10l'inflation avec un peu de retard
13:11mais au final,
13:12ils ont convergé.
13:13L'évaluation du salaire moyen
13:14et l'augmentation du salaire
13:17moyen par tête
13:17qui est vraiment
13:18ce qui agrège le plus
13:19est comparable
13:20à l'évolution
13:21de l'inflation
13:22que l'on a eue
13:22depuis le choc
13:23de 2021-2022.
13:25Et deuxième élément,
13:26il faut regarder
13:26où sont les poches
13:27résiduelles d'inflation.
13:29Donc, effectivement,
13:29il y a des phénomènes temporaires
13:30mais on va les trouver
13:31principalement
13:32dans les activités de service.
13:33Donc, effectivement,
13:34on voit bien la mécanique
13:35qui s'est passée
13:35sur les prix
13:36des produits manufacturiers
13:37et comme le disait Guillaume,
13:38c'est une mécanique
13:39de très longue haleine.
13:41Mais sur les prix des services,
13:43vous avez certes
13:43des éléments
13:44qui tiennent
13:44à l'évolution des salaires
13:45qui comptent.
13:46Les services,
13:46c'est 52%
13:47du panier de biens
13:48et services
13:49consommés par les ménages.
13:51Donc, c'est quand même
13:51tout à fait fondamental
13:52et vous avez aussi
13:53de plus en plus
13:54la trace
13:54de ce qui nous concerne
13:57notamment
13:57les transitions,
13:58les problèmes
13:59de dommages climatiques
14:00et comme vous regardez
14:01les évolutions
14:01des assurances,
14:02le prix des assurances
14:03c'est plus 4%
14:04sur un an.
14:05Alors, ça ralentit fortement
14:06mais c'est la principale
14:07poche d'inflation
14:08que l'on connaît
14:09actuellement
14:09dans l'évolution
14:10de l'indice des prix.
14:11Donc, ce sont
14:11d'autres mécanismes aussi
14:13qui sont sous-jacents
14:13de ce qui est
14:14le résidu d'inflation.
14:16Bon,
14:17perspective pour 2026,
14:18on rappelle
14:191,3.
14:21Alors, la dernière prévision
14:22du gouvernement
14:23était 1,3
14:24qui est assez proche
14:25de la dernière prévision
14:26de la Banque de France.
14:27Oui.
14:27Alors, le chiffre de janvier
14:29était un peu plus bas
14:30que ce à quoi on s'attendait
14:31mais bon, globalement,
14:32on revient sur cette tendance
14:34avec une inflation
14:34assez faible 1,3.
14:36Principalement tirée
14:36par les services
14:37qui est assez faible,
14:38qui est maîtrisée
14:39et qui est effectivement
14:40inférieure à la moyenne européenne
14:41qui est plutôt autour de 2.
14:42Donc, ça pose en effet
14:44la question
14:44que la politique de la BCE,
14:46elle est déterminée
14:46pour toute la zone euro.
14:47Donc, la France,
14:48elle est un peu plus restrictive
14:49que pour d'autres.
14:51Mais ça, c'est aussi
14:51le jeu d'une union monétaire.
14:53Et par ailleurs,
14:53on a les effets positifs
14:54en termes de compétitivité.
14:56Bon,
14:56on va continuer.
14:58Je ne sais pas
14:58si on le voit encore.
14:59Enfin, moi,
15:00ce chiffre 1,3,
15:02il est magnifique
15:03si on le fait.
15:04Mais en même temps,
15:05on a 5%
15:07de déficit budgétaire.
15:08Alors, j'ai un peu
15:09posé la question à l'IA
15:10pour savoir,
15:12en regardant la série
15:14depuis 1970,
15:16de tous les déficits
15:17budgétaires français
15:18qui, d'ailleurs,
15:19le dernier excédent,
15:20enfin,
15:21équilibre,
15:21c'est 74.
15:2274, absolument.
15:23Et je lui demandais
15:24un peu de mesurer
15:25la corrélation
15:26entre le déficit
15:28et la croissance
15:29du PIB.
15:30Et alors,
15:32au début,
15:32ça marchait à peu près,
15:33l'effet keynésien,
15:34c'est-à-dire qu'un peu plus
15:35de déficit redressait
15:37la croissance.
15:38Et au fur et à mesure,
15:39il dit,
15:39c'est juste une constatation.
15:41C'est-à-dire que comme
15:42il n'y a pas de croissance,
15:42il n'y a pas de déficit.
15:43Et puis je lui dis,
15:43mais alors,
15:44si on baissait le déficit,
15:45qu'est-ce qui se passerait ?
15:46Parce que c'est quand même
15:47paradoxe qu'on ait
15:471,3% de croissance
15:53sur l'inflation
15:53ou la croissance ?
15:54Ah, je parlais de l'inflation.
15:56Alors pardon,
15:56et sur la croissance,
15:57on se trompait,
15:58mais un peu moins
15:58sur la croissance malheureuse.
16:00Alors c'est encore,
16:01ça va dans mon sens,
16:03c'est encore pire.
16:03C'est-à-dire que 0,8%
16:05de croissance
16:06dans un pays
16:06qui a 5%
16:07de déficit budgétaire,
16:10Keynes,
16:10alors il paraît que,
16:11évidemment,
16:11Keynes,
16:12ça fonctionne
16:12dans une économie fermée,
16:13moins dans une économie
16:15ouverte.
16:16Mais c'est quand même
16:16un vrai paradoxe.
16:17Et donc j'ai posé
16:17la question en disant,
16:18alors si on revenait
16:20à 0%,
16:23par la baisse des dépenses,
16:24on m'a dit,
16:24non mais en combien d'années ?
16:25Parce que c'est pas possible.
16:27Et en 3 ans,
16:28mais on aurait 2%,
16:30on serait en négatif.
16:31C'est-à-dire qu'il faut
16:32bien se rendre compte.
16:33Notre croissance,
16:34elle est...
16:34Un peu à crédit.
16:36Elle est 100% à crédit.
16:38Si on emprunte
16:38150 milliards
16:39et qu'on fait que...
16:40Combien ça fait ?
16:411% de croissance ?
16:4230 milliards de plus de PIB.
16:44Il faut 5 unités de dette
16:45pour faire une unité de croissance.
16:48Bon, notre croissance,
16:49elle est aussi tirée
16:49par les grandes entreprises
16:50qui vont devoir
16:53acquitter une fois de plus
16:54la surtaxe d'impôts
16:55sur les sociétés.
16:567,3 milliards
16:57sur nos 300 plus grands
16:59groupes français.
17:01Moteur de l'économie
17:02française aussi.
17:04Hier, Roland Lescure
17:05était l'invité
17:06d'Apolline de Malherbe
17:08sur BFM TV.
17:09Elle lui a posé
17:10la question de ce maintien
17:11de cette surtaxe
17:13censée être exceptionnelle
17:15et qui risque de durer.
17:16Voilà la réponse du ministre.
17:17Tout ça va dépendre
17:19d'un équilibre global
17:20et d'un budget global
17:21qu'il va falloir négocier.
17:22Donc les patrons
17:23doivent se préparer
17:26à l'idée que
17:27cette contribution exceptionnelle
17:29dure au-delà de deux ans,
17:30peut-être trois.
17:30Non, les patrons doivent
17:31se préparer au fait
17:32que ce budget,
17:33on va le construire
17:34en avançant
17:34et pas d'un gouvernement
17:36tout puissant,
17:37majoritaire,
17:38comme ça a été le cas
17:38depuis 80 ans,
17:39qui dit en janvier
17:40ce qu'il va faire
17:40en décembre prochain.
17:41On va devoir travailler.
17:43Moi, je souhaite travailler
17:43la méthode
17:44et évidemment,
17:45je souhaite
17:46qu'on imite
17:47les prélèvements
17:47sur les entreprises.
17:48Je suis ministre
17:48de l'Économie et des Finances,
17:50mais je souhaite aussi
17:50qu'on continue
17:51à réduire le déficit.
17:52Il y a un vrai débat
17:54sur les conséquences
17:56de cette surtaxe d'impôt
17:57sur les sociétés.
17:58Aujourd'hui,
17:59l'opinion titre
18:00sur le lent exil
18:01du business français.
18:03Bon, il se trouve
18:04que l'INSEE,
18:06dans sa note de conjoncture
18:07du mois de décembre,
18:08indiquait que
18:09la surtaxe d'impôt
18:10sur les sociétés
18:11de 2025,
18:12en tout cas,
18:13n'avait pas eu
18:14d'effet
18:15sur l'investissement.
18:18Enfin, les effets,
18:18ils prennent un peu de temps.
18:20Vous vous souvenez
18:20de ce que les Allemands
18:21avaient fait
18:21quand ils allaient...
18:23En 1995,
18:23on était très fiers de nous.
18:24La France allait
18:25beaucoup mieux
18:25que l'Allemagne.
18:27Et c'est vrai
18:28que jusqu'en 2000,
18:29la France était
18:30dans une position
18:31tout à fait compétitive.
18:34Et qu'est-ce qu'ont fait
18:34les Allemands ?
18:35Ils ont dit
18:35qu'il faut remettre
18:36en ordre
18:36le site Allemagne.
18:38Qu'est-ce que ça veut dire
18:39remettre en ordre
18:39le site Allemagne ?
18:40Ça veut dire avoir
18:40un ensemble de paramètres
18:43qui fait que c'est intéressant
18:44pour les entreprises
18:44d'investir.
18:46Et là,
18:48c'est tiré...
18:48Alors qu'on soit obligé
18:49de le faire,
18:50je le comprends.
18:51Je ne veux pas du tout
18:51au ministre
18:52qui fait le maximum,
18:53mais on détériore
18:55le site France.
18:55C'est-à-dire que c'est
18:56un message pour dire
18:57qu'il ne faut pas investir.
18:58Il ne faut pas investir
18:59en France.
18:59Parce que les impôts,
19:01ce ne sont pas des impôts
19:01mondiaux sur les entreprises,
19:03c'est des impôts
19:03sur ce qu'ils ont réalisé
19:04comme bénéfice en France.
19:06Donc,
19:06si on est à 35,
19:07alors qu'il y a plein
19:08de pays qui sont
19:09à 15, 20,
19:09c'est-à-dire qu'on n'a pas
19:10besoin d'aller en Irlande.
19:11C'est un peu ça le sujet,
19:12c'est-à-dire qu'on a une France
19:13à contre-sens.
19:14Ça veut dire qu'on veut
19:14sortir du site France
19:16un certain nombre
19:16d'entreprises.
19:17Et donc,
19:17je trouve ça catastrophique
19:18à long terme.
19:19Chérex et Côte,
19:19vous regardez ça
19:20de très très près,
19:21le niveau d'investissement
19:23des entreprises.
19:23Qu'est-ce qu'on a vu
19:24en 2025 ?
19:25Et est-ce que ça risque
19:27de peser en 2026 ?
19:28Oui ou non ?
19:29Ce que l'on a vu
19:29jusqu'en 2025,
19:31c'est une résistance
19:31de l'investissement.
19:32En fait,
19:33il progresse même.
19:34Il a fait
19:34une légère progression
19:36avec principalement
19:38sa composition
19:40qui est très intéressante,
19:41sa composition
19:42qui est très tirée
19:43par les investissements
19:44dans le secteur
19:45des services
19:45de l'information
19:46et de communication
19:46et de la logicielle.
19:48C'est l'IA.
19:48C'est l'adaptation
19:49à un environnement économique.
19:50On est obligé de suivre.
19:51Évidemment.
19:51Donc, il y a des efforts
19:52qui sont colossaux
19:53qui sont effectués
19:53dans ce type d'investissement.
19:55En revanche,
19:55quand vous regardez...
19:56Ce n'est pas des CAPEX.
19:57Ce que vous nous dites là,
19:58c'est que ce n'est pas
19:58du développement.
19:59C'est les nouveaux CAPEX.
20:00En fait, justement,
20:01comment est-ce qu'on peut
20:02essayer d'apprécier
20:03l'augmentation des capacités ?
20:05Donc, effectivement,
20:05c'est une nouvelle forme
20:06de CAPEX,
20:07mais le développement
20:08des capacités
20:08que l'on regardait
20:09traditionnellement
20:10avec de la construction
20:11non résidentielle,
20:12donc des bâtiments,
20:13avec des machines,
20:14ces postes-là, en revanche,
20:15ont plutôt reculé
20:16en 2025.
20:17Donc, j'ai besoin
20:18de me transformer,
20:19j'ai besoin de me moderniser
20:20parce que l'environnement
20:21technologique, il est là.
20:22Je n'ai pas d'autre choix.
20:23Il faut qu'il le fasse.
20:24En revanche,
20:24je n'augmente pas forcément
20:25mes capacités
20:26sur le territoire.
20:28Et c'est vrai que
20:28sur cette trajectoire,
20:30on ne regarde pas
20:30que nos propres chiffres,
20:31on regarde aussi
20:32ceux de nos petits camarades.
20:33Je pense que vous avez vu
20:35ce graphique
20:36qui était assez saisissant
20:37produit par François Eccal,
20:38qui est quand même
20:39plutôt une référence
20:39avec ce taux marginal
20:40de l'imposition
20:42qui se retrouve désormais
20:43à 36 points
20:44si on prend en compte
20:45l'ensemble de prélèvements.
20:4835,3,
20:48on est juste le plus élevé
20:49de ces deux en réalité.
20:51De 145 pays.
20:52De 145 pays, d'ailleurs.
20:53Et pourquoi vous posez
20:54la question, Raphaël ?
20:55Vous laissez la réponse.
20:56Que l'OCDE...
20:57Ce n'est pas bon.
20:58Parce qu'on est aussi
20:59sur la nécessité
21:01de redresser
21:02nos comptes publics
21:03et que le choix, là,
21:03a été fait
21:04de cibler 300 entreprises
21:05qui ont beaucoup d'argent.
21:06Non, mais la question
21:07de savoir si ça va être bon
21:08pour l'économie française,
21:09qui pourrait répondre
21:11oui, c'est bon ?
21:12Non, la question n'est pas
21:14bon pour l'économie française
21:15ou pas.
21:15La question, c'est
21:16est-ce que ça pèse
21:17véritablement
21:17sur l'investissement ou pas ?
21:19L'INSEE indique
21:21que non.
21:22Deux choses.
21:23D'abord,
21:23ce que dit le ministre,
21:24je pense qu'il y a aussi
21:25une question de bon sens
21:26qui est de dire
21:27si on lui demande aujourd'hui
21:28qu'est-ce qui va sortir
21:29du budget 2027,
21:30je pense que la séquence passée
21:31nous a montré aussi
21:32que de toute façon,
21:33la copie déposée
21:34par le gouvernement
21:34et celle qui sort du compromis
21:35n'est pas la même.
21:36Plus qu'incertaine, absolument.
21:37Ça, on est bien d'accord.
21:38Mais on sent qu'il y a
21:38comme une petite martingale
21:39budgétaire qui arrive là.
21:41Il sait qu'il y aura
21:41de nouveau un compromis à faire.
21:43Je pense que c'est du bon sens.
21:44Ensuite, sur les effets,
21:46je pense que ce que montrent
21:46les études économiques,
21:47c'est que, justement,
21:48c'est très différent
21:49entre une surtaxe ponctuelle
21:51et un taux d'imposition pérenne.
21:53Et donc là, la question,
21:55c'est quelle est la compréhension
21:56des entreprises
21:57de où on se situe
21:57entre les deux.
21:58Quand on le fait une année,
22:00ça n'a pas beaucoup d'effet.
22:03C'est un peu ce que nous montre
22:04la note de conjoncture de l'INSEE.
22:05C'est-à-dire, d'abord,
22:07parce que c'est une imposition
22:07qui cible le bas de bilan,
22:09donc qui est quand même
22:09un peu moins dispositif
22:10que, par exemple,
22:11les impôts de production.
22:13Et puis, si c'est ponctuel,
22:14les décisions d'investissement
22:15se faisant sur le long terme,
22:16si, de manière crédible,
22:17on se dit que c'est une fois
22:18et ça va s'arrêter,
22:19ça ne va pas fondamentalement
22:20changer les décisions
22:21parce que l'environnement,
22:22ensuite, n'aura pas changé.
22:24Et ça, c'est ce que montre
22:24aussi la littérature économique.
22:26En revanche,
22:27si ça commence à s'inscrire
22:28dans la durée
22:29et que l'anticipation
22:30des entreprises, finalement,
22:31c'est que c'est le nouveau
22:32taux d'imposition
22:32pour leur horizon d'investissement,
22:34là, c'est très différent
22:35parce que, là, effectivement,
22:37on a un effet
22:38sur les choix d'investissement,
22:40sur les choix de localisation, etc.
22:41Donc, c'est un peu là
22:42où on se situe,
22:43où on est dans l'entre-deux,
22:44il ne faut pas que ça dure
22:45trop longtemps.
22:46C'est vrai que c'est intéressant
22:48de reprendre toute la séquence
22:49des dix dernières années
22:50parce qu'il y a eu
22:51une très forte baisse
22:52du taux de l'imposition
22:53sur les sociétés
22:53qui a intervenu.
22:54C'est le passage
22:55de 33-25%.
22:56Et c'était mis
22:57sous le timbre
22:59de l'attractivité.
23:00C'est-à-dire que,
23:01parce qu'on va baisser
23:01l'impôt sur les sociétés,
23:02eh bien, on aura
23:03plus d'attractivité
23:04sur l'investissement.
23:05C'était ça,
23:05le narratif
23:06qui était en sous-jacent.
23:06Là, on fait le mouvement
23:07de sens inverse.
23:08Donc, il faut aller regarder
23:09ce qui se passe
23:09du point de vue
23:10de l'attractivité.
23:11Et qu'est-ce que l'on voit
23:12en fait depuis 15 ans ?
23:13Et c'est intéressant
23:14au moment où il y a eu
23:15cette polémique
23:16dernièrement sur des rachats
23:17d'entreprises
23:17par des fonds étrangers,
23:19notamment américains,
23:20qui ont remonté récemment.
23:23Et comme vous regardez
23:23sur 15 ans,
23:24on a toujours eu
23:25plus d'investissements
23:27sortants,
23:28d'IDE,
23:29d'investissements directs
23:30étrangers réalisés
23:30par des entreprises,
23:31qu'il n'y a eu
23:32d'investissements directs
23:33étrangers entrant.
23:34Et quand vous comparez
23:35la situation de la France,
23:36donc on a plus de sorties
23:37qu'il n'y a d'entrées
23:38sur les capitaux
23:39investis dans des entreprises.
23:40Et quand vous regardez
23:41la position de la France
23:42au regard des autres
23:43pays européens,
23:44c'est en France
23:45que le poids de l'activité
23:46qui est issu
23:47de filiales
23:48d'entreprises étrangères
23:50est le plus faible
23:51en proportion
23:52de la valeur ajoutée.
23:53En gros, on fait
23:5316% de la valeur ajoutée.
23:53Alors qu'on est assez attractif.
23:55On est attractif,
23:56mais en réalité,
23:57c'est une politique
23:57de rattrapage.
23:58Parce que 16%
24:00de la valeur ajoutée
24:00est le fait
24:01des filiales étrangères
24:03implantées en France.
24:03En Allemagne,
24:05en Italie,
24:05on est à 18%.
24:06Donc la pénétration
24:08est un peu plus faible
24:10en France
24:10qu'elle ne l'est
24:11dans les autres pays européens.
24:12C'est peut-être
24:12un reflet aussi
24:13d'un défaut d'attractivité.
24:14Non mais Dorothée
24:15a bien résumé
24:16quand elle dit
24:17que ce n'est pas grave
24:18si c'est une année.
24:19Et quant à l'année dernière,
24:21ce n'était pas encore sûr
24:22que ça soit...
24:24On avait même promis
24:25que ça serait du one shot
24:26la main sur le cœur.
24:27Je ne sais pas
24:28quand ça a commencé
24:29à être évoqué.
24:30C'est peut-être déjà
24:30dans le budget Bérou,
24:31je ne sais pas,
24:32qu'il y ait une sur-tête.
24:33Non, non,
24:33il est après, après, après.
24:35Alors, après.
24:35Donc après.
24:36Donc qu'est-ce que vous voulez
24:37que c'est comme effet en 1925
24:38puisqu'on pensait
24:39que c'était une sur-tête.
24:40Et donc ce qui est très ennuyeux,
24:41c'est quand il y a une rupture
24:43assez forte
24:44par rapport à une tendance
24:45d'amélioration
24:46que Denis et Dorothée
24:48ont décrit.
24:48C'est-à-dire qu'on a eu 15 ans
24:49de politique de l'offre,
24:51c'est peut-être un grand terme,
24:52mais enfin disons
24:53d'amélioration
24:55des conditions
24:55fiscalos, financières
24:57en France.
24:58Une année, bon.
25:00Deux années, bonbon.
25:02Mais alors, trois années,
25:04c'est bonjour les dégâts.
25:05C'est comme les verts.
25:06Un verre, ça va.
25:07Deux verts, bonjour les dégâts.
25:08David Yard réagit
25:09sur le compte Twitter
25:10Le Genra.
25:12N'hésitez pas à poser
25:12des questions et vos réactions.
25:14Et il se demande
25:14de mettre une limite
25:17à partir d'un chiffre d'affaires
25:18de 1 milliard.
25:18C'est à partir de ce seuil
25:19que la surtaxe d'IS s'applique.
25:24D'abord, c'est un seuil très bas.
25:25Et est-ce que ça ne va pas créer
25:26des effets de seuil, justement ?
25:28Est-ce que ce n'est pas quelque chose
25:30qui va limiter
25:31et l'expansion des entreprises ?
25:33Oui.
25:34C'est aussi cette représentation
25:36de la partition de l'économie.
25:37D'un côté, il y a les grandes.
25:38De l'autre côté, il y a les PME
25:39qui vivraient en autarcie
25:41complète les unes par rapport aux autres.
25:42Ce n'est pas la manière
25:43dont fonctionne l'économie.
25:44C'est qu'il y a toujours
25:45une relation entre les deux.
25:46Donc, le moindre développement
25:48d'une entité sur le territoire
25:50aura des effets collatéraux
25:52sur les autres.
25:53Donc, il faut regarder vraiment
25:54l'économie comme un tout.
25:56Et est-ce qu'on a des conditions
25:57générales d'amélioration
25:59de la compétitivité ?
26:00On l'a dit, mais dans le même temps,
26:01les conditions d'attractivité
26:02sont parties pour être
26:03un petit peu plus fragilisées.
26:05Bon, ça va être une balance
26:06entre les deux.
26:06Il va falloir qu'on travaille
26:08notre compétitivité plus vite
26:09que la fiscalité
26:10qui grimpe, qui grimpe, qui grimpe.
26:12Allez, on se retrouve
26:12pour une courte pause publicitaire.
26:15On se retrouve juste après
26:16pour parler balance commerciale,
26:18terre rare et Fed.
26:20Ne quittez pas,
26:20on se retrouve tout de suite.
26:21BFM Business et la Tribune
26:29présente
26:29Les Experts
26:31Raphaël Legendre.
26:34Allez, on est de retour
26:34pour la seconde partie
26:35de l'émission
26:36avec toujours
26:37autour de la table
26:38des experts
26:38Guillaume Dard,
26:39Denis Ferrand
26:40et Dorothée Rouzé.
26:42On va parler
26:43balance commerciale
26:44avec une nouvelle
26:46extraordinaire.
26:47Ça fait 20 ans
26:47que je suis journaliste économique.
26:49Je n'ai jamais vu ça.
26:50Et cette nouvelle,
26:51elle vient d'Anthony Morlaix,
26:54la vie d'allié,
26:55économiste chère avec ses codes
26:56dont on a le patron
26:58autour de la table,
26:59Denis Ferrand
27:00qui, en prenant,
27:03vous allez nous expliquer Denis,
27:04en se basant sur les comptes
27:06de l'INSEE
27:07du quatrième trimestre
27:08a fait quelques extrapolations
27:10quant à notre balance commerciale
27:12qu'on ne connaîtra que vendredi.
27:14Les douanes publieront
27:15les chiffres 2025
27:17de la balance commerciale vendredi
27:19mais il semblerait
27:21qu'au quatrième trimestre,
27:22on ait une balance
27:23excédentaire.
27:25Moi, je n'ai jamais vu ça.
27:26Comment c'est possible ?
27:26En plus,
27:27ce n'est pas marginal.
27:29C'est 0,7 points de PIB
27:32en annualisé
27:32si on regarde la balance
27:33des biens et des services.
27:35Donc effectivement,
27:36comme vous l'avez dit,
27:36on n'a pas inventé les chiffres.
27:37On a pris simplement
27:38ceux des comptes nationaux.
27:40Anthony a les yeux rivés dessus
27:43dès qu'ils sortent.
27:44et donc on a vu
27:45cette amélioration
27:46qui se détectait déjà
27:47un petit peu
27:47depuis quelques mois.
27:50Pour autant,
27:51sur l'ensemble de l'année...
27:52Alors c'est quoi ?
27:53On dit souvent
27:54que c'est l'aéronautique.
27:55Oui,
27:56c'est le quatrième trimestre.
27:57L'ensemble de l'année,
27:58c'est moins 0,4,
27:59ce qui n'est jamais
27:59que la moitié
28:00du déficit qu'on avait
28:01en dernière année normale,
28:02on va dire,
28:032019.
28:04Donc,
28:04il y a vraiment
28:05une réduction tendancielle
28:06du déficit.
28:07C'est l'aéronautique,
28:09c'est les prix
28:09des importations...
28:10Merci Airbus.
28:11C'est le prix des importations
28:12de pétrole.
28:14Le prix des importations
28:15également de produits
28:16manufacturés.
28:16On revient sur ce que
28:17l'on disait tout à l'heure
28:18sur la Chine.
28:19Et puis,
28:19l'aéronautique
28:22des quelques navires
28:23et puis les exportations
28:24ainsi d'électricité.
28:25En fait,
28:25très peu est venu
28:26de ce qui est souvent vu
28:28comme le supplétif
28:29d'un déficit
28:30sur les biens
28:30que sont les services.
28:32En fait,
28:32les services n'ont pas
28:33tellement bougé.
28:34Les services de voyage,
28:35les services de communication,
28:37ça n'a pas tellement bougé.
28:38Mais en revanche,
28:39ça s'est situé
28:40du côté des biens
28:41qu'il y a eu
28:41une amélioration
28:42et en particulier
28:43EDF
28:44qui produit fortement,
28:45qui exporte fortement.
28:47Le positif,
28:49c'est le mix énergétique.
28:51On a trop pleuré
28:52il y a trois ans
28:53quand la centrale nucléaire
28:54a été fermée
28:55et on peut se réjouir
28:56que notre potentiel
28:57reparte
28:57et que ça nous permette
28:58de gagner ses exportations.
29:01Sur le pétrole,
29:02on n'y est pas
29:03pour grand-chose
29:04et sur le dollar.
29:06Mais donc,
29:06c'est un peu le même débat
29:07que sur l'inflation.
29:08Donc, ça,
29:08en positif.
29:09Alors,
29:10et je me demande quand même
29:11ça dans la question,
29:12mais c'est une vraie question.
29:13Est-ce qu'on arrive
29:14à compter
29:14toutes ces importations
29:15de Chine
29:16et de machin ?
29:17Est-ce que c'est pas...
29:19Je me demande
29:20parce que comment est-ce
29:21qu'on peut le faire ?
29:22Alors, Dorothée doit le savoir.
29:22Question à Dorothée Rosé.
29:25Alors,
29:25il faudrait poser la question
29:26exactement aux douanes
29:27sur comment ils font.
29:27Mais il y a en fait
29:29un seuil
29:30qui est de 150 euros
29:31en dessous duquel
29:32les produits ne sont pas
29:33assujettis aux douanes.
29:35Tous ces colis,
29:35ils rentrent en dessous
29:36donc ils peuvent déclarer
29:37une valeur.
29:38Ils doivent déclarer une valeur
29:39parce qu'en théorie,
29:41ils sont soumis par exemple
29:41à la TVA.
29:43On soupçonne qu'il y a quand même
29:44pas mal de sous-déclarations.
29:45Donc, effectivement,
29:46il peut y avoir un peu
29:47d'incertitude sur ces colis.
29:50Bon, cela dit,
29:50dans les données qu'on a,
29:51on voit que ça augmente en flèche.
29:53Donc, on a quand même
29:53a priori bien capturé
29:56La question,
29:56c'est la taille de la flèche
29:57parce qu'on voit
29:58que tous les magasins
29:59de centre-ville
29:59sont en train de perdre
30:0015% de ventes.
30:01Les gens n'ont pas réduit
30:02leur consommation
30:03à ce point-là.
30:04Ils n'ont pas réduit
30:05forcément leur consommation
30:07en nombre de pièces
30:08mais effectivement,
30:09le prix par pièce baisse
30:10parce que chez Inetio,
30:11on a une différente
30:13importante page.
30:14Mais effectivement,
30:15c'est une question
30:16sur l'équilibre général
30:16de l'économie
30:17parce que quand vous regardez
30:18la consommation
30:19en France,
30:21vous avez un niveau
30:22de la consommation
30:23en biens
30:23qui est inférieur
30:24à ce que l'on connaissait
30:25en 2019.
30:27Alors qu'en revanche,
30:27la consommation
30:27n'est pas très en forme.
30:28On épargne en France
30:29puisqu'on ne consomme.
30:30Oui, on épargne
30:31mais on ne peut pas
30:32évacuer l'idée
30:33qu'il y a une mauvaise
30:34prise en compte
30:35de tout ce qui tient
30:36à Chine
30:36pour les raisons
30:37que Dorothée vient
30:37a évoquer.
30:37Donc, tous les petits colis
30:39passeraient un peu
30:40sous le radar
30:41de nos chiffres macro.
30:42Et ce faisant,
30:43ça concerne quand même
30:44principalement
30:45de la consommation
30:45en biens précisément.
30:46Or, c'est celle
30:47qui recule
30:48qui est plus faible.
30:49Et donc, il y a peut-être
30:50un défaut d'enregistrement
30:51à la fois en consommation
30:52et en importation
30:54parce que c'est sur
30:55les deux fronts
30:55qu'il faut regarder.
30:57Donc, la consommation
30:58des biens est peut-être
30:58un petit peu plus forte
30:59parce qu'on ne mesure
31:00pas très bien
31:01jusqu'à présent
31:01ce qui procède de Chine
31:03et avec cette montée
31:04en flèche, effectivement,
31:05de la pénétration
31:06du marché intérieur français.
31:07Est-ce que ça veut dire
31:07qu'avec la taxe
31:08petits colis
31:09puisqu'effectivement
31:10jusqu'à présent
31:10tous les colis
31:11de moins de 150 euros
31:12étaient exonérés
31:13selon la règle
31:16de taxes ?
31:17Tout cela va changer.
31:18Je ne sais pas
31:18si c'est à partir
31:19de 17 années d'ailleurs
31:20ou 2027.
31:24Mais puisqu'on va les taxer,
31:25on va donc pouvoir
31:25les comptabiliser ?
31:27Alors, on va les taxer
31:28mais on va les taxer
31:28à 2 euros par colis.
31:30Donc, si la déclaration
31:32est que, je ne sais pas moi,
31:34les produits dans le colis
31:35valent 10 euros
31:36et qu'en fait,
31:37ils en valent 15,
31:38ça ne changera rien.
31:39Après, qu'il n'y a pas
31:39de le mesurer.
31:41Bon, cela dit,
31:41ça, c'est du ressort
31:42du contrôle,
31:43du contrôle que font également
31:45les douanes
31:45qui portent aussi
31:46sur la conformité
31:47d'ailleurs à nos normes.
31:47Il y a des centaines
31:48de millions de colis
31:49qui est difficile à faire
31:52sur ces colis.
31:53Donc, ça, c'est vrai
31:54que c'est une source
31:54de préoccupation
31:55sur les exportations chinoises
31:57et on a vu d'ailleurs
31:58qu'aux États-Unis
31:59qui ont mis des barrières
32:00beaucoup plus importantes
32:01à ces colis,
32:02ils ont chuté en flèche
32:03alors qu'ils ont augmenté
32:05d'autant plus vite chez nous.
32:06Après, du point de vue
32:07du commerce extérieur,
32:09le sujet chinois,
32:10il est plus vaste que ça.
32:11Il est aussi dans le fait
32:12que la Chine continue
32:14à avoir des exportations
32:15qui croisent vers le marché européen
32:16alors qu'elles décroissent
32:17vers le marché américain
32:18dans à peu près
32:19tous les secteurs.
32:20Et en même temps,
32:21tout aussi important pour nous
32:22et aussi pour les Allemands
32:23ou les Italiens,
32:24la Chine baisse
32:25assez drastiquement
32:26ses importations.
32:27C'est-à-dire qu'elle a vraiment
32:27une stratégie de dépendre
32:29le moins possible
32:30du reste du monde
32:30et rendre le reste du monde
32:31le plus possible dépendant.
32:32Et ça, on le voit aussi
32:33dans nos exportations,
32:34que ce soit dans des secteurs
32:36un peu traditionnels
32:37comme la chimie,
32:38l'équipement, etc.
32:38Et l'automobile
32:39qui arrive,
32:40ça va arriver
32:40toute vite dans la vague.
32:41Et l'automobile est un cas
32:42à lui tout seul.
32:43Mais de manière plus générale aussi.
32:44Denis ?
32:45Peut-être un point
32:45sur la taxe petits colis.
32:47Attention aux effets
32:48de diversion
32:48qui peuvent intervenir.
32:49On le voit par exemple
32:50dans le cas de l'Italie
32:51où il y a mis en place
32:52un dispositif de ce type-là
32:53et qui en fait
32:54se trouve désormais
32:55à recevoir toujours
32:56autant de petits colis
32:57sauf qu'il ne transite plus
32:58par l'Italie
32:58et donc l'activité de transport
33:00et de logistique en Italie
33:01souffre énormément
33:02parce que c'est substitué
33:03par des petits colis
33:05qui arrivent toujours
33:05mais en provenance
33:06des pays qui sont limitrophes
33:07qui n'ont pas encore
33:08mis en place
33:08un type de dispositif.
33:09Donc là aussi
33:10c'est une réponse
33:11qui est plus européenne
33:12qu'il faut envisager
33:13qu'une réponse
33:13qui soit strictement nationale
33:14ou alors il faudra
33:15accepter des pertes de flux.
33:17Il n'y avait qu'en URSS
33:18on arrivait encore
33:19à bloquer les choses
33:20de dire le mouvement
33:21des biens et des personnes
33:22soit vous êtes
33:24dans une dictature absolue
33:25et vous y arrivez
33:25soit c'est impossible.
33:27On va bien s'en rendre compte.
33:29Quand on est sur
33:29des centaines de millions
33:30d'unités
33:30c'est vrai que ça peut être
33:32un peu compliqué.
33:33Il y a un autre sujet majeur
33:34entre la Chine
33:35nous l'Europe
33:36mais également les Etats-Unis
33:37ce sont les terres rares
33:38bien sûr.
33:39Quelle réponse
33:39à la domination chinoise ?
33:41Un sommet se tient
33:42aujourd'hui à Washington
33:44organisé par Marco Rubio
33:45avec plus d'une cinquantaine
33:46de pays.
33:48Stéphane Séjourné
33:49y va
33:49le commissaire européen
33:52à l'industrie
33:53pour présenter
33:54un plan européen.
33:55Quel est l'enjeu
33:56de ce sommet Denis ?
33:58L'enjeu
33:59de toute façon
34:00on le voit
34:00avec également
34:01les déclarations américaines
34:02récemment
34:02sur ce chapitre
34:04c'est vraiment
34:05l'enjeu de souveraineté
34:06l'enjeu d'arriver
34:07à maîtriser
34:08son destin industriel
34:09je pense qu'il faut
34:11appeler un chat
34:12un chat
34:12on voit bien
34:14combien c'est une arme
34:15de négociation immédiate
34:16que va utiliser la Chine
34:18dès lors que
34:19vous entrez
34:20dans une négociation commerciale
34:21attendez
34:21je vous coupe le robinet
34:23on l'a vu l'année dernière
34:24ça a été la menace chinoise
34:26très efficace
34:27face aux menaces douanières
34:28de Donald Trump.
34:29quand vous donnez une arme
34:29à votre partenaire
34:33et bien
34:33c'est bizarre
34:34mais ils l'utilisent
34:35et oui
34:35c'est une arme
34:36un peu de chantage
34:37qui peut intervenir
34:38donc la meilleure manière
34:38de se souveraineté
34:39du chantage
34:39c'est de maîtriser
34:40son destin économique
34:41et de reconquérir
34:42un espace de souveraineté
34:43alors là
34:44la myopie française
34:46et européenne
34:47et américaine
34:48est formidable
34:48parce que
34:49ils ont un coup d'avance
34:50les chinois là
34:51très clairement
34:51non
34:51ils l'ont préparé
34:53depuis longtemps
34:53oui
34:53on a
34:54vous savez chaque année
34:56il y a un livre
34:56BFM Business
34:57Montpensier
34:58et il y a 7 ans
35:00avec Emmanuel Lechypre
35:01on l'a donné
35:02à Guillaume Pitron
35:03l'excellent Guillaume Pitron
35:05la guerre
35:05des métaux rares
35:07donc on comprenait
35:09à ce moment là
35:10alors
35:10en France
35:11il y a 40 ans
35:13on raffinait
35:1550%
35:17des aimants mondiaux
35:18alors le problème
35:19c'est que c'est très polluant
35:20qu'est-ce qu'on a fait
35:20on a tout fermé
35:2150%
35:22parce que
35:23qu'est-ce que ça veut dire
35:24une terre rare
35:25c'est qu'en fait
35:27c'est pas rare
35:28dans la croûte terrestre
35:28les terres rares ne sont pas rares
35:30on ne le répétera jamais assez
35:31effectivement il y en a de partout
35:32mais non
35:32mais ce qui est très compliqué
35:33c'est que pour faire
35:34un kilo
35:35d'une de ces terres
35:36il faut le raffiner
35:37il faut raffiner
35:38mais combien de tonnes
35:39de 50 à 1000 tonnes
35:41c'est-à-dire que vous prenez
35:42un kilo
35:43pour 50 à 1000 tonnes
35:44donc on imagine
35:45le bazar
35:45que ça représente
35:46comme installation
35:47et il fallait
35:48le courage
35:49ou l'inconscience chinoise
35:51pour s'y attaquer
35:52et donc
35:52l'extraction
35:54il se trouve que la Chine
35:55a beaucoup de terres rares
35:58mais surtout
35:59c'est sur le raffinage
36:00c'est le raffinage
36:0190% des capacités
36:03de raffinage mondiales
36:04sont chinoises
36:05aujourd'hui
36:05et alors là
36:06vous imaginez
36:08le débat
36:08si on dit
36:09que pour construire
36:10une simple usine
36:11il faut 2 ans et demi
36:12de France
36:13s'il faut faire
36:13un bout d'autoroute
36:14il faut 10 ans
36:15s'il faut faire un aéroport
36:16on n'y arrive pas
36:18est-ce que vous nous dites
36:19Guillaume d'Arc
36:19que c'est fichu
36:20pour l'Europe ?
36:21alors non
36:22il y a des pays
36:22du nord de l'Europe
36:24la Suède
36:24la Norvège
36:25la Finlande
36:26où il y en a davantage
36:26sont en train
36:27d'essayer de le faire
36:29mais c'est pas tout à fait
36:30le même habitat
36:30qu'en France
36:31Dorothée
36:32que nous propose
36:32les fins de ces journées
36:33le commissaire européen ?
36:35déjà l'Europe
36:36a regardé ce sujet
36:37depuis un moment
36:38la stratégie européenne
36:39elle repose
36:40sur un peu
36:413 axes
36:42le premier
36:43c'est développer
36:44l'extraction en Europe
36:44comme on vient le dire
36:45ça a certaines limites
36:46d'une part
36:47on n'a pas
36:48toutes les terres
36:48ou tous les minerais
36:49critiques
36:50sur le sol européen
36:51ou sous le sol européen
36:52plus exactement
36:53et puis c'est compliqué
36:54parce que c'est très consommateur
36:55en eau
36:56en énergie
36:56mais quand même
36:58on peut développer
37:00un peu plus
37:00ensuite il y a la partie
37:02raffinage
37:02qui est effectivement
37:03essentielle
37:04parce que c'est là
37:04que la Chine a le plus
37:05le goulet d'étranglement
37:06et que par ailleurs
37:07elle maîtrise complètement
37:08les technologies
37:08les plus avancées
37:10pour ça
37:10c'est complexe ou pas
37:11ce raffinage ?
37:12est-ce qu'on a
37:13technologiquement
37:14un train de retard
37:15ou est-ce que
37:16c'est un peu complexe
37:17c'est pas impossible
37:18c'est très sale
37:19c'est complexe
37:20c'est surtout
37:21environnementalement
37:22pas évident
37:23et le troisième axe
37:27c'est de développer
37:28aussi le recyclage
37:29parce que finalement
37:29plus on en recycle
37:30moins on a besoin
37:31d'en importer
37:31et d'en raffiner
37:32et d'en raffiner au départ
37:33ça on ne peut pas
37:34le faire tout seul
37:35et c'est un peu
37:35l'objet à la fois
37:37de cette réunion
37:38à Washington
37:38et plus généralement
37:40du traitement
37:41de ce sujet
37:41dans la présidence française
37:43du G7
37:43qui a commencé cette année
37:44c'est un sujet majeur
37:46qui par ailleurs
37:47est l'un de ceux
37:49où on peut arrimer
37:50les américains
37:50à l'agenda multilatéral
37:51parce qu'on a vraiment
37:52des intérêts communs
37:53en fait on a besoin
37:54de s'y mettre ensemble
37:55vu la domination chinoise
37:56avec aussi les pays
37:57qui ont un certain
37:59nombre de ressources
38:00que ce soit le Canada
38:01l'Australie
38:01le Chili etc
38:02donc c'est l'idée
38:03un peu de créer
38:04cette dynamique collective
38:05pour réduire
38:06les dépendances à la Chine
38:07avec ses différents axes
38:09et là c'est vrai
38:10qu'il y a un véritable
38:10alignement avec les américains
38:12Scott Bessent
38:12est très favorable
38:14à travailler
38:14main dans la main
38:15avec la présidence française
38:16du G7
38:17ils ont surtout fait
38:17un gros stock
38:18pour eux
38:20parce que
38:20dans un F35
38:23je ne sais plus
38:24si c'est 40 ou 400 kilos
38:26de métaux rares
38:27enfin c'est colossal
38:28les besoins
38:29donc ce qu'ils veulent
38:29surtout c'est d'avoir eux
38:30on a besoin de partout
38:30et pour les batteries aussi
38:31Denis Ferrand
38:32effectivement
38:33il est dans les trois axes
38:34qu'a évoqué Dorothée
38:36donc extraction
38:36raffinage
38:37recyclage
38:38c'est vraiment des enjeux
38:40qui sont colossaux
38:41avec le recyclage
38:41qui est quand même
38:42une question de point mort
38:43économique
38:43c'est le coût du recyclage
38:45c'est toujours pareil
38:46mais aussi pour le raffinage
38:48c'est la même chose
38:49pour le raffinage
38:49mais effectivement
38:50la quatrième option
38:51qui est peut-être
38:51plus immédiatement exploitable
38:53c'est vraiment celle
38:53de la diversification
38:54des approvisionnements
38:55et donc c'est bien là
38:56qu'il y a un sujet
38:57de coordination
38:58qui doit se mettre en place
38:59parce qu'effectivement
39:00derrière l'utilisation
39:02la mobilisation
39:04de ces ressources
39:04il y a aussi
39:05c'est quelque chose
39:06qui est mondial
39:06il y a une formation
39:08de stock
39:09à la fois
39:10aux Etats-Unis
39:10mais également en Chine
39:12de stock de terres rares
39:13justement pour pouvoir
39:14se donner des marges
39:16de production
39:17qui est en train de se faire
39:18donc on a quand même
39:19un risque de hausse de prix
39:20extrêmement important
39:21sur ce type de matériaux
39:23à partir du moment
39:24où c'est une compétence
39:25de plus en plus importante
39:26pour ces approvisionnements
39:27n'ont jamais été aussi stratégique
39:29les stratégies de recyclage
39:31c'est celle dont on rêve partout
39:32pour d'ailleurs
39:34dans le débat environnemental
39:36c'est tout le temps
39:36il faut recycler
39:37on en parle tout le temps
39:38on a raison
39:39il faut y arriver
39:40mais il faut un modèle économique
39:42mais je n'ai pas encore
39:44tant vu de succès
39:46dans ce domaine
39:47il y a des projets en cours
39:48mais c'est en fait
39:49on commence concrètement
39:51au niveau européen
39:52et pour toutes ces étapes
39:54on a un sujet de prix
39:55parce que
39:55je dirais
39:57parce que les Chinois
39:58sont moins chers
39:58encore une fois
39:59très certainement
40:00et pas uniquement
40:01par des mécanismes de marché
40:02ils ont aussi eu cette stratégie
40:04de dominer le marché mondial
40:05y compris par les coûts
40:06et donc aujourd'hui
40:07ils l'ont écrit en 2010
40:08un producteur européen
40:09quelqu'un qui veut se lancer
40:11dans le raffinage de terres rares
40:12en Europe
40:12et qui est prêt à surmonter
40:13tous les obstacles
40:14en fait ne va pas être compétitif
40:16in fine sur le prix
40:17face aux Chinois
40:17donc c'est là aussi
40:19qu'il y a ces discussions
40:20entre pays
40:21concernés par le sujet
40:24sur faut-il faire quelque chose
40:25pour offrir de la visibilité
40:27offrir des perspectives de prix
40:28alors ça pose
40:30d'autres questions
40:31parce que
40:31c'est vrai sur différents secteurs
40:32peut-être un mot
40:37sur cette dimension
40:38de stockage
40:39alors je ne vais pas parler
40:40de quelque chose
40:40qui est d'une terre rare
40:41mais quelque chose
40:42qui est plutôt abondant
40:43encore
40:44et d'ailleurs très abondant
40:45c'est le pétrole
40:46mais ce qui se passe en Chine
40:48est assez révélateur
40:49d'un mouvement
40:50qui est général
40:50sur l'ensemble des matériaux
40:51c'est-à-dire que
40:52la Chine est en train
40:53de se fabriquer
40:54des capacités de stockage
40:55extrêmement abondantes
40:56ils seront quasiment
40:57à 110 jours désormais
40:58de consommation de pétrole
41:00au maximum
41:02les américains
41:02sont montés
41:03à 90 jours
41:04en général
41:04ils sont à
41:05quelque part
41:06entre 60 et 70 jours
41:07de consommation
41:08et on sait pourquoi
41:08c'est justement
41:10la question
41:11qui est en sous-jacent
41:12parce que
41:12pour l'instant
41:13ils sont à 110
41:13mais il y a des projets
41:14qui pourraient les amener
41:15à 180 jours
41:16donc le double
41:17du maximum
41:17qu'ont connu les américains
41:18et là
41:19on ne peut pas
41:20ne pas penser
41:20à un enjeu géopolitique
41:22qui est sous-jacent
41:23et
41:23mais
41:24ce qui est incroyable
41:26on ne le répète pas assez
41:27c'est que
41:28l'énergie
41:29en Chine
41:30elle a un coût
41:31très très bas
41:32et donc
41:32ils sont en train
41:33de lancer
41:34ça augmente encore
41:35leur compétitivité
41:36on le sait
41:37pour les Etats-Unis
41:37mais pour la Chine
41:38c'est en train
41:39de se passer
41:39et leur capacité
41:41solaire
41:41et d'énergie
41:42renouvelable
41:42est colossale
41:43c'est pour ça
41:44qu'on a toujours
41:45un peu ce débat
41:46en France
41:47est-ce qu'il faut
41:47du renouvelable
41:48ou du nucléaire
41:49il faut tout
41:49il faut tout
41:52et le maximum
41:53parce que
41:54l'économie
41:55c'est de l'énergie
41:56transformée
41:56c'est celui
41:57qui a le coût
41:58d'énergie le plus bas
42:00qui gagne la partie
42:01à la fin du match
42:01donc on a un avantage
42:03avec le nucléaire
42:04mais c'est pas suffisant
42:05parce que
42:05faire une nouvelle
42:06c'est ce qu'on disait
42:07sur l'inflation
42:07au début d'émission
42:08il y en a pour 10 ans
42:08il y en a je ne sais pas
42:09combien de temps
42:09ça dure
42:10c'est 10 ans
42:1020 ans
42:11donc le renouvelable
42:12le solaire
42:13et le solaire
42:13c'est en train
42:14d'accélérer
42:15sur la baisse des prix
42:16de façon incroyable
42:17et vous avez écouté
42:18Musk
42:18Musk il dit de toute manière
42:19on va régler le problème
42:19de l'énergie
42:20en mettant tout
42:21en dehors de l'atmosphère
42:22où c'est 5 fois plus puissant
42:23la bataille de l'énergie
42:25liée à l'IA
42:25et liée à l'industrie numérique
42:29l'industrie du numérique
42:30c'est le combat
42:31des 5 prochaines années
42:31donc il ne faut pas ralentir
42:33la production d'énergie
42:34juste deux secondes
42:36là-dessus
42:36pour donner une ampleur
42:38de la trace
42:39qu'a laissé
42:40le choc énergétique
42:41en Europe
42:43relativement à la Chine
42:44c'est 30 points
42:45d'écart
42:46d'évolution
42:47de prix à l'exportation
42:48et à la production
42:49entre la Chine
42:50et l'Europe c'est colossal
42:51en 4 ans
42:52ça s'est fait
42:53et ça c'est vraiment
42:54les conséquences
42:55d'un choc énergétique
42:56c'est-à-dire que la hausse
42:57du coût de l'énergie
42:58en Europe
42:59a creusé un écart
43:00de 30 points
43:01à lui seul
43:02c'est pas le choc
43:03c'est pas que ça
43:04mais c'est le facteur premier
43:06qui fait l'écart
43:0730 points d'écart
43:08de prix de production
43:09et on a toujours
43:10une énergie
43:10deux fois plus chère
43:11en Europe
43:11on a changé de combat
43:12dans les 25 dernières années
43:14c'était les coûts salariaux
43:16c'est-à-dire que c'est comme ça
43:17que les pays émergents
43:18puis la Chine ont gagné
43:19et donc on était focalisés
43:20là-dessus
43:21aujourd'hui
43:23ou plutôt demain
43:24le combat
43:25il est sur le prix
43:26de l'énergie
43:26et sur la capacité numérique
43:28enfin parce que
43:29vous avez vu
43:30les usines noires
43:30à Shenzhen
43:31vous avez vu les photos
43:32il n'y a plus personne
43:33c'est juste de l'énergie
43:34et de l'intelligence
43:35et du numérique
43:36donc essayons
43:38et des métaux rares
43:40bon mais on est plutôt
43:41pas mal en France
43:42sur le coût de l'énergie
43:43en électricité
43:44pour le coup
43:45merci le nucléaire
43:46c'est l'Europe qui est mal
43:49et la France est un peu moins mal
43:50mais au sein de l'Europe
43:50voilà on est 30 à 35% moins cher
43:52que la Belgique
43:53ou les Pays-Bas
43:5445% moins cher
43:56le coût de l'électricité
43:57qu'en Allemagne
43:58par exemple
43:59on a des cartes à jouer
44:01il faut nourrir l'optimisme
44:02un peu de temps en temps
44:03allez je voudrais qu'on passe
44:04au dernier débat
44:05il est 10h47
44:06vous êtes toujours en direct
44:07sur BFM Business
44:08c'est les experts
44:09et on va parler de la Fed
44:10maintenant
44:11des trois défis
44:12de Kevin Walsh
44:13qui vient d'être nommé
44:15par Donald Trump
44:16à la Fed
44:17il succèdera
44:19à Jérôme Powell
44:19au mois de mai
44:20le pauvre Jérôme Powell
44:22qui a subi
44:24quelques coups
44:25du président
44:26américain
44:27les trois défis
44:28de Kevin Walsh
44:29c'est le Wall Street Journal
44:30qui en parle
44:31vous allez me dire Guillaume Dar
44:33si vous êtes d'accord
44:33avec ça
44:34premièrement
44:34réduire considérablement
44:36le bilan de la Fed
44:37sans perturber les marchés
44:39deuxièmement
44:40ramener l'inflation
44:41à 2%
44:42et la maintenir
44:43à ce niveau
44:43et troisièmement
44:45et ce sera peut-être
44:46le plus compliqué
44:48il devra y parvenir
44:49sans que Donald Trump
44:51n'intervienne
44:52sous peine
44:53de compromettre
44:54l'indépendance
44:55de la Fed
44:55vous êtes d'accord
44:55avec ces trois défis ?
44:56globalement oui
44:57d'abord c'est une énorme surprise
44:58que ce soit lui
44:59c'était pas du tout
45:00le favori
45:01du marché
45:02polymarket
45:03il était 30 points
45:04derrière l'autre
45:04parce que justement
45:06il est assez
45:07alors il n'y a jamais
45:08de vrai faucon
45:09à la tête
45:10de la Fed à l'inserve
45:11mais quand même
45:12en 2010
45:13quand il était déjà
45:16à la Fed
45:16c'est lui
45:17qui a dit
45:18il faut arrêter
45:19la hausse du bilan
45:20il a dit
45:20il ne faut pas passer
45:21à un QE trop fort
45:22deux
45:23ce qui est intéressant
45:25c'est que
45:25c'est la Troïka
45:26vous savez qui est
45:27Druckenmiller
45:28Raphaël ?
45:29c'est un grand
45:30hedge funder
45:31qui a commencé
45:32à travailler avec Soros
45:33qui a monté sa boutique
45:34qui est un génie
45:35qui a fait 30% par an
45:37pendant 30 ans
45:38de performance
45:39c'est-à-dire que
45:40je suis admiratif
45:41pour être du même métier
45:42c'est vraiment difficile
45:43et il avait deux adjoints
45:44très forts
45:44qui s'en font
45:45pardon
45:45il s'appelait Duquen
45:48Druckenmiller
45:49enfin c'est difficile
45:52d'y rentrer quand même
45:53oui
45:54j'en ai pas moi
45:55j'aurais aimé
45:56il avait deux adjoints
45:58fantastiques
45:59Scott Besant
46:00qui est secrétaire
46:01d'un centre
46:01et Kevin Warsh
46:03et d'ailleurs
46:04il a interrogé
46:04Druckenmiller
46:05en disant
46:05mais comment vous avez mis
46:06vos deux gars
46:07et qu'est-ce qu'ils vont faire
46:08et alors il est très prudent
46:09parce qu'avec Trump
46:10il faut être extrêmement prudent
46:11il dit non mais ils sont sérieux
46:13ils vont s'entendre
46:14bon
46:14et on se demande là
46:17s'il n'y a pas une trumperie
46:18d'abord il n'est pas passé encore
46:19parce que s'il y a cette attaque
46:20dont vous parlez
46:21contre
46:22contre le Powell
46:25il faut qu'il soit accepté
46:27par le
46:27par le
46:28par le
46:28le congrès américain
46:30donc c'est pas tout à fait fait
46:31mais
46:32il est
46:33si
46:33il met en place
46:34ce que vous venez d'expliquer
46:35du Wall Street Journal
46:36c'est pas du tout
46:37ce que veut Donald Trump
46:38et
46:40oui mais
46:41Donald Trump n'a peur
46:42que d'une chose
46:42c'est des marchés
46:43mais
46:44oui
46:44mais quand même
46:45c'est le profit
46:46pour rassurer les marchés
46:47d'intérêt bas
46:48il veut des taux d'intérêt bas
46:49donc
46:50Boarge dit
46:50non mais les taux ça ira
46:51je vais juste redresser
46:52non
46:53ça a quand même des effets
46:54la surprise a été incroyable
46:55quand on pense que l'or a perdu en deux jours 30%
46:59parce que le sujet général
47:00c'est le débasement des monnaies
47:02c'est à dire que l'effritement
47:03l'érosion
47:04des dollarisations du système
47:05et là
47:06bon
47:06alors c'est déjà revenu
47:07aujourd'hui
47:08ça remonte
47:09mais
47:09ça peut être énorme
47:11et quand il y a un nouveau patron de la Fed
47:13c'est toujours
47:14très très fort sur les marchés
47:16même Greenspan
47:18qui était le génie
47:19de tous les banquiers centraux
47:21en 87
47:23il a eu immédiatement le krach
47:25c'est très difficile
47:26de trouver ses marques
47:27alors
47:29et on se demande
47:30est-ce que Warch
47:31ça va être Volcker
47:32ce qui serait un changement
47:33exactement le contraire de Trump
47:34donc c'est vraiment
47:35un point d'interrogation
47:36vous allez pouvoir en parler longtemps
47:37Raphaël
47:37reste à venir
47:38Dorothée
47:39comment vous avez vu cette nomination
47:41qu'est-ce que vous en tirez
47:43non mais je pense
47:43effectivement
47:44c'est une nomination
47:45qui est d'abord
47:46pour rassurer les marchés
47:47et à court terme
47:48ça a marché
47:49par le fait
47:51qu'il est
47:52en tout cas perçu
47:53comme ayant suffisamment
47:54de distance à Trump
47:55pour prendre ses décisions
47:57de manière indépendante
47:58après
47:59il s'est effectivement
48:00prononcé
48:00pour la réduction
48:01du bilan de la Fed
48:02donc
48:03qui affecterait
48:04quand même surtout
48:04les taux à long terme
48:05donc ça
48:07ça risque de
48:08clasher assez vite
48:09avec ce que cherche Trump
48:10il dit qu'il n'est pas
48:12contre baisser
48:13les taux d'intérêt
48:16l'outil de politique monétaire
48:18qui sont les taux d'intérêt
48:19à court terme
48:19oui
48:20donc
48:21est-ce qu'il y a quelque part
48:23un terrain d'entente
48:24parce qu'en même temps
48:25la dette américaine
48:26elle a quand même été
48:27dans les émissions récentes
48:29ils font de plus en plus
48:30de court terme
48:31de moins en moins
48:31de long terme
48:32aussi parce que
48:33c'est ce qui est plus facilement
48:35absorbé
48:35on raccourcit aussi
48:40les maturités
48:41maintenant
48:41parce que ça correspond
48:42à la demande
48:42des investisseurs internationaux
48:43aussi
48:43aujourd'hui
48:45donc de manière
48:47moins forte
48:47d'accord
48:48mais c'est le cas
48:50un petit peu partout
48:50les Etats-Unis
48:51ont été plus forts là
48:52aussi parce qu'ils comptent
48:53par ailleurs
48:53sur les stable coins
48:55pour booster la demande
48:56de titres à court terme
48:57parce que les stable coins
48:58les émetteurs de stable coins
48:59ils doivent avoir
49:00quand ils émettent
49:01des stable coins
49:02ils doivent avoir en face
49:03soit du cash
49:05mais ça ne leur apporte rien
49:06soit des titres
49:07des bons du trésor
49:08à court terme
49:08donc ça booste aussi
49:10la demande
49:10et je dirais
49:11le trésor américain
49:12compte aussi là-dessus
49:13est-ce que ça peut
49:15faire un équilibre
49:17ou Arche arrive
49:17à réduire le bilan
49:18tout en baissant
49:19les taux d'intérêt
49:19je pense que c'est
49:21c'est quand même
49:21très délicat
49:22et d'ailleurs
49:24comme le dit Dorothée
49:24les taux à long terme
49:26ont monté
49:26c'est-à-dire qu'on est revenu
49:27quasiment à 4,30
49:29sur le disant américain
49:29pour donner
49:304,30%
49:31pour donner un élément
49:32de comparaison
49:33en France
49:34on est à 3,43%
49:37à peu près
49:38aujourd'hui
49:38c'est haut
49:40les taux longs américains
49:41donc
49:42et c'est ce qui détermine
49:44quand même
49:44le prix des crédits
49:45à l'immobilier
49:47donc
49:47baisser le taux
49:49court terme
49:50et faire monter
49:51les taux à long terme
49:52comme le dit Dorothée
49:53ça ne fera pas sûrement
49:54plaisir à Trump
49:55et peut-être juste
49:56il faut aussi savoir
49:56que les décisions
49:57de politique monétaire
49:58américaine
49:58ce n'est pas juste
49:59le président de la Fed
50:00qui les prend
50:00se font à la majorité
50:02du board
50:02où les personnes
50:04nommées par Trump
50:05ne sont pas
50:05majoritaires aujourd'hui
50:07quand on compte
50:08qu'il y a
50:08un certain nombre
50:09de membres
50:10dont les présidents
50:10des antennes régionales
50:13de la Fed
50:13donc il y aura aussi
50:14un équilibre
50:15à trouver
50:15dans cette instance
50:16qu'est-ce que vous retenez
50:17de la nomination
50:18de Kevin Warsh
50:19Denis Ferrand ?
50:20en fait
50:20je pense que
50:21le défi principal
50:22qu'il a géré
50:24c'est vraiment
50:24arriver à piloter
50:25cette pente
50:26cette pente
50:27de la courbe d'étau
50:27parce qu'il va pouvoir
50:28agir immédiatement
50:30sur les taux courts
50:31par des décisions
50:32de politique monétaire
50:33il peut jouer
50:33sur la partie longue
50:35par l'intermédiaire
50:35du bilan
50:36mais il veut réduire
50:37ce bilan
50:37alors que
50:38dans le même temps
50:39ce qui arrive
50:40chaque année
50:40en plus
50:41sur le marché
50:42c'est 6 points
50:43à peu près
50:43de déficit public américain
50:45qui a été maintenu
50:47uniquement
50:48par l'arme
50:49des droits de douane
50:49qui a été limité
50:50par l'arme des droits de douane
50:51qui a fait du rendement fiscal
50:52mais du rendement fiscal
50:53qui a pesé sur qui ?
50:54Sur les américains
50:55dont on voit bien
50:56que les travaux
50:57qui commencent à sortir
50:59les travaux disent
51:0095% à peu près
51:02du choc de droits de douane
51:03a été pris par les américains
51:04que ce soit par la baisse
51:05des marges
51:05des entreprises
51:06que ce soit par l'augmentation
51:07des prix
51:07et donc c'est quelque chose
51:09c'est une arme
51:10qui est un peu
51:10un fusil à un coup
51:11et donc comment est-ce
51:13qu'il va arriver
51:13à piloter la partie longue
51:14de la courbe des taux
51:15en particulier
51:16pour tout ce qui va
51:17être les taux hypothécaires
51:19c'est là que se trouve
51:21le nœud du problème
51:22avec effectivement
51:23des nouveaux acteurs
51:23qui sont dans le paysage
51:24l'augmentation
51:25les stable coins
51:26c'est 3% de l'encours
51:28à peu près
51:28c'est 3% de l'encours
51:30de titres du trésor
51:30qui est détenu
51:31par les stable coins
51:32mais il y a un an
51:32c'était zéro
51:33donc on voit bien
51:34qu'ils ont trouvé
51:35des supplétifs
51:36jusqu'à présent
51:37mais avec quelques risques
51:39on a vu les inquiétudes
51:40sur Tether
51:41notamment
51:41parce qu'est-ce qu'ils achetaient
51:43que des titres du trésor
51:44est-ce que c'était vraiment
51:44aussi stable que ça
51:45il y a eu quand même
51:46des interrogations importantes
51:47qui sont montées
51:47donc on est un peu
51:49sur un équilibre
51:49il faut donner 2-3 chiffres
51:51c'est plus de 1000 milliards de dollars
51:55de nouveaux emprunts par an
51:56il faut trouver
51:57le déficit
51:58on a 1200 milliards
51:59de déficit annuel
52:00des Etats-Unis
52:01les Chinois
52:02ils ont moins de 1000 milliards
52:03de dollars
52:04les Japonais
52:06qui sont très prudents
52:07de ne pas avoir
52:08d'ennui avec Trump
52:08pour garder leur encours
52:09c'est 1200
52:10et l'Europe
52:13c'est combien de rettés
52:142500 milliards
52:151800
52:16donc on voit que
52:18l'international
52:19ça ne suffit pas du tout
52:20à financer
52:21et que donc
52:24avec un déficit
52:27budgétaire
52:27aussi important
52:28le sujet
52:29de la façon
52:30dont se financent
52:31les Etats-Unis
52:32est une complétité
52:33extrême
52:34et pour l'instant
52:35c'est quand même
52:35la Fed qui a réussi
52:36à résoudre le problème
52:37et donc
52:37vouloir réduire le bilan
52:39et avoir 6%
52:41de déficit budgétaire
52:41il faut expliquer
52:41c'est un sujet très technique
52:42mais assez rapidement
52:43il n'en reste plus
52:44beaucoup de temps
52:45mais ça veut dire quoi
52:46réduire le bilan
52:48d'une banque centrale
52:49au bilan d'une banque centrale
52:50d'où vient l'argent
52:53c'est au fond
52:54les billets de banque
52:55qu'émet la banque centrale
52:55on imprime
52:56comme on dit
52:56et les dépôts
52:57des banques commerciales
52:59faites à la banque centrale
53:01et où va l'argent
53:03il y a un peu d'or
53:05c'est pas énorme
53:06enfin c'est
53:0610-15%
53:08il y a des devises
53:09et il y a des crédits
53:10essentiellement
53:12des obligations d'Etat
53:14et un peu d'obligations
53:16corporées
53:16et donc
53:17la banque centrale
53:18elle a
53:19pour financer
53:20toutes les banques centrales
53:21pour financer
53:22l'émission de dettes
53:23qui a eu lieu
53:24depuis 2008
53:27massivement
53:27et accélérée
53:28pendant le Covid
53:29et bien
53:29quand les trésors
53:31de chaque pays
53:32émettaient
53:32c'est la banque centrale
53:33qui grosso modo
53:34achetait entre 40 et 50%
53:36de ce papier
53:37et réduire le bilan
53:39ça veut dire
53:39vous vendez les obligations
53:40alors vendre les obligations
53:41alors qu'il y en a plein
53:42qui arrive sur le marché
53:43c'est pas facile
53:44et que l'international
53:45veut de moins en moins
53:46les acheter
53:46voilà
53:47exactement
53:47merci
53:48merci à tous les trois
53:48Dorothée Rouset
53:49Denis Ferrand
53:50et Guillaume Dard
53:51pour cette émission
53:52passionnante
53:52à retrouver en podcast
53:53et replay
53:54sur l'application
53:55BFM Business
53:56et sur notre site
53:57bfmbusiness.com
53:59tout de suite
53:59c'est tout pour investir
54:00avec Antoine Larigauderie
54:01tout pour investir
54:02qui fera une spéciale
54:05budget demain
54:07à partir de 11h
54:09ne la ratez pas
54:10quant à moi
54:11je vous retrouve
54:11juste avant demain
54:12de 10h à 11h
54:14comme tous les jours
54:14en direct
54:15sur BFM Business
54:16très bonne journée
54:17à tous
54:17à demain
54:18les experts
54:22débats et controverses
54:24sur BFM Business
54:25BFM Business
54:27BFM Business
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