- il y a 20 heures
Ce mardi 3 mars, Ludovic Desautez a reçu Dorothée Rouzet, directrice générale du Trésor, Frédéric Farah, économiste et professeur à l'Université Paris 1, et Ronan Le Moal, fondateur d'Épopée Gestion, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:06BFM Business et la Tribune présente
00:09Les Experts
00:10Ludovic de Sauté
00:13Bonjour, mardi 3 mars, bienvenue dans Les Experts
00:16là où l'économie se décode et se raconte sans détour
00:19aujourd'hui au programme 3 sujets, 3 sujets qui agitent l'actualité
00:22d'abord évidemment le Moyen-Orient
00:24après des attaques de drones iraniens
00:26Qatar Energy a suspendu hier sa production de gaz naturel
00:29liquéfié, résultat le prix du gaz bondit en Europe
00:33de 30% encore ce matin
00:35le baril du Brent flirte lui dans les 80$
00:38le détroit d'Hormuz est toujours paralysé
00:41une cinquantaine de navires français sont bloqués dans le golfe
00:44pas de panique immédiate vue d'Europe
00:46mais si le conflit perdure, la situation pourrait bien peser
00:49sur l'inflation mondiale et justement parlons-en de cette inflation
00:53après des mois de calme plat, l'indice des prix français
00:55repart à la hausse, plus 1% sur un an en février
00:59derrière ce chiffre de l'INSEE
01:00l'énergie et les produits alimentaires jouent les locomotives
01:04mais au fait ce léger rebond de l'inflation
01:06est-il une bonne ou une mauvaise nouvelle ?
01:09enfin le poids de la France dans l'Union Européenne
01:11est-il en train de reculer ?
01:13enquilosé par sa dette, des budgets bricolés
01:15une instabilité politique chronique on va dire
01:18et une présidentielle qui se profile
01:20l'hexagone semble parfois voir son influence se diluer à Bruxelles
01:24dernier exemple en date, l'accord du Mercosur
01:26pour lequel la présidente de la Commission Européenne
01:29Ursula von der Leyen a choisi une mise en application provisoire
01:33malgré la farouche opposition de Paris
01:35une mauvaise manière et une mauvaise surprise dénonce Emmanuel Macron
01:40Moyen-Orient, inflation, Europe
01:42nos experts vont tout passer au crible, c'est parti
01:48Les experts, débats et controverses sur BFM Business
01:54Bonjour chers experts, bienvenue, merci d'être avec nous
01:57ce matin on a le plaisir d'accueillir Dorothée Rouzé
01:59bonjour Dorothée, vous êtes chef économiste de la Direction Générale du Trésor
02:03merci d'être avec nous
02:04à vos côtés Frédéric Farah, économiste et professeur de l'Université Paris 1
02:09merci d'être avec nous Frédéric
02:10et juste en face de vous, Ronan Lemoyle
02:12merci Ronan d'être avec nous
02:14fondateur d'Epopée Gestion, fondateur d'investissement régional
02:19évidemment l'actualité qui s'impose au plan économique
02:21c'est la situation au Moyen-Orient
02:23alors on ne va pas avoir un décodage géopolitique
02:25mais un décodage économique
02:27c'est le rôle des experts
02:29déjà est-ce que vous êtes inquiet au plan économique
02:32question assez basique aujourd'hui
02:34est-ce que la situation a des ingrédients quand même
02:37qui font que si jamais le conflit était amené à perdurer
02:40il y a vraiment une notion de risque
02:42sachant qu'on a croisé beaucoup de risques ces derniers mois
02:45en matière d'économique
02:47Dorothée ?
02:48c'est difficile de répondre à cette question
02:50parce qu'aujourd'hui il y a le conflit il y a quelques jours
02:52et ça dépend vraiment des scénarios vers lesquels on se dirige
02:56aujourd'hui bien malin est celui qui pourra dire
02:58si ça va durer une semaine ou plusieurs mois
03:02donc aujourd'hui on a des effets sur les prix de l'énergie
03:06dont on pourra discuter et qu'on pourra décortiquer
03:09donc évidemment des risques
03:11évidemment des risques économiques
03:12en termes d'activité économique
03:16en termes de prix de l'énergie, d'inflation
03:17mais c'est un peu trop tôt quand même pour dire si on est dans un scénario
03:21où ces risques vont vraiment se matérialiser ou pas
03:23il faut quand même aussi se dire que
03:26puisqu'on a tous des souvenirs qui ne sont pas si lointains
03:28on n'est pas en 2022
03:30on est dans une situation...
03:32Pourquoi on n'est plus en 2022 ?
03:33Alors pour plusieurs raisons
03:34donc peut-être pour dire déjà
03:37le vrai sujet aujourd'hui c'est la fermeture du détroit d'Hormuz
03:41par lequel transite en gros 20% du pétrole
03:44et 20% du GNL mondial
03:49et un certain nombre de marchandises aussi
03:50mais qui peuvent être plus facilement reroutées
03:53on n'a pas par ailleurs de lien commerciaux avec l'Iran
03:55donc le sujet ce n'est pas tellement les échanges avec l'Iran
03:57c'est vraiment ce qui passe par ce détroit
04:00Maintenant on est dans une situation
04:01où on partait plutôt d'une situation
04:03d'abondance d'offres de pétrole
04:05donc de prix du pétrole qui avait été plutôt bas
04:08en fait sur l'année dernière
04:09même s'ils sont un peu remontés en fin d'année
04:12d'une capacité de l'OPEP
04:15à augmenter sa production
04:18d'une offre pétrolière qui est assez abondante au niveau mondial
04:21donc évidemment maintenant
04:22si une partie est coincée dans le détroit
04:25pendant quelques semaines
04:26ça crée des problèmes logistiques
04:28mais par exemple sur le pétrole
04:29ça ne crée pas vraiment de problème d'approvisionnement
04:32au moins pour plusieurs semaines
04:34et sur le gaz
04:36il y a un problème plus important
04:38parce que les possibilités de reroutage sont moindres
04:40et l'arrêt de la production du Qatar
04:42c'est 20% du GNL mondial
04:45donc pas 20% du gaz total
04:4620% du gaz liquéfié
04:48mais qui est quand même
04:48en gros la source d'offres marginales
04:50donc celle qui fixe le prix
04:53et là il n'y a pas vraiment de possibilité
04:54de passer par ailleurs
04:55c'est-à-dire que si le détroit est fermé
04:56mais l'alternative n'existe pas
04:57l'alternative n'existe pas
05:00mais il y a des stocks à la fois commerciaux
05:02des entreprises
05:03qui sont relativement importants
05:06on arrive plutôt à la fin de l'hiver qu'au début
05:10donc on n'a pas de risque physique
05:13au moins pour l'Union Européenne
05:14c'est un peu moins le cas pour les pays asiatiques
05:16mais on a un risque de prix
05:18et pourquoi je dis aussi
05:19on n'est pas en 2022
05:20c'est parce qu'en 2022
05:21pour l'Europe du moins
05:23avec l'arrêt de la production
05:25des importations de gaz russe
05:27dont on a été dépendant aussi par pipeline
05:30on a perdu du jour au lendemain quasiment
05:32une source d'approvisionnement majeure
05:33aujourd'hui le Qatar pour l'Union Européenne
05:35encore une fois c'est 4% de l'approvisionnement
05:36donc on ne va pas forcément
05:38on ne va pas manquer de gaz
05:40on a le prix qui augmente
05:41il faut se rappeler que le prix
05:43il a augmenté hier à 45 euros par mégawatt-heure
05:45c'est-à-dire plus 40-50%
05:47on était monté à plus de 300
05:48à l'été 2022
05:49donc là encore on n'est pas vraiment
05:50dans les mêmes proportions
05:52évidemment après
05:52si ça dure
05:53des scénarios plus négatifs
05:54peuvent se matérialiser
05:55mais ce n'est pas non plus
05:56l'anticipation des marchés aujourd'hui
05:57il y a toute la notion de durée
05:59de ce conflit
06:00qui dresse un peu les hypothèses
06:01Frédéric
06:02sur ce niveau d'inquiétude aujourd'hui
06:03en tout cas
06:04est-ce qu'il y a des ingrédients
06:05aujourd'hui
06:06qui font qu'il doit y avoir une vigilance ?
06:08pour moi la vigilance
06:09où elle se situe
06:10c'est que nous vivons
06:13maintenant
06:13dans une situation
06:14qui semble jamais s'arrêter
06:15c'est-à-dire d'aller
06:16de crise en crise
06:18et ça crée un environnement
06:20peu rassurant
06:21où il est difficile
06:22de construire aussi
06:22des anticipations là-dedans
06:24et de pouvoir se projeter
06:26on est passé
06:27on est sorti de l'épisode Covid
06:28qu'on est tombé
06:29dans la crise géopolitique
06:30énergétique
06:31avec la Russie et l'Ukraine
06:33la présidence Trump
06:34apporte plus d'insécurité
06:36qu'autre chose
06:37puisque du jour au lendemain
06:38il y a une imprévisibilité
06:39on ne sait jamais
06:40quelle direction il va prendre
06:41on l'a vu récemment
06:42sur la question du commerce
06:43et avec le problème
06:45de la décision de la Cour suprême
06:46et de la réaction américaine
06:47elle-même
06:48bon maintenant voilà
06:49l'épisode iranien
06:51et alors même si
06:52l'Iran évidemment
06:54nous n'avons pas
06:55un commerce
06:56c'est pas eux la question
06:57mais c'est
06:59contrairement
06:59si vous voulez
07:00à 79
07:01quand
07:02ils arrivent au pouvoir
07:03enfin le pouvoir
07:04de monsieur Khomeini
07:05arrive au pouvoir
07:06enfin Khomeini est au pouvoir
07:07il n'y a pas
07:08la même capacité
07:09aujourd'hui
07:10ce qui est plus inquiétant
07:11c'est la propagation
07:12de ce conflit
07:13aux voisins
07:14c'est-à-dire
07:15et vu le rôle
07:16que jouent aussi
07:16les voisins
07:17c'est-à-dire par exemple
07:18Dubaï
07:19c'est un hub mondial
07:20essentiel par exemple
07:21donc
07:23en fait
07:24environnement incertain
07:26l'Iran
07:27a intérêt
07:29en apparence
07:30que ça dure
07:31pour une raison simple
07:32c'est que
07:33aujourd'hui
07:34et sans aller
07:35vers la géopolitique
07:36ce que
07:37les Iraniens
07:39envoient
07:39des drones
07:40des missiles
07:41c'est pas ce qu'il y a
07:41de plus moderne
07:42et en face
07:43il y a la mobilisation
07:44d'une technologie
07:45considérable
07:46et très coûteuse
07:46pour y répondre
07:47et qui va rencontrer
07:49à un moment donné
07:49des limites
07:50j'ai écouté
07:51cette information
07:51que les Émirats Arabes Unis
07:53indiquent que
07:53leur stock
07:54de missiles type Patriot
07:55est en train de se réduire
07:56et qu'il ne faudrait pas
07:57que ça dure trop longtemps
07:58parce qu'ils ne pourraient pas
07:59eux-mêmes y répondre
08:00ils auraient besoin
08:00des États-Unis
08:01vite fait bien fait
08:02pour y répondre
08:02donc c'est-à-dire que
08:03l'environnement régional
08:04est plutôt inquiétant
08:05même si les Européens
08:06ne sont pas
08:07je suis tout à fait d'accord
08:07avec vous
08:08dans la même situation
08:08qu'en 2022
08:10mais on a quand même
08:11un problème en Europe
08:11qui est un prix de l'énergie
08:12qui reste notre problème
08:14et qui n'est pas notre
08:15et qui est un boulet
08:18pour les entreprises européennes
08:19qui est un boulet pour l'Europe
08:20donc si on en rajoute
08:21un peu un problème
08:22pris en plus
08:23ça ne crée pas
08:24un climat de fou
08:25et quand on regarde
08:26quelle est la croissance
08:26qu'on espère pour la zone euro
08:28il n'y a pas de quoi non plus
08:31s'émerveiller
08:31donc si on crée
08:32un environnement
08:33encore plus incertain
08:35pour les entreprises
08:37ça ne va pas être extraordinaire
08:38et si on revoit
08:40alors je ne dis pas
08:41les mêmes niveaux
08:41mais des niveaux d'inflation
08:42qu'on a pu voir
08:43il y a peu
08:44là aussi
08:45ce n'est pas très rassurant non plus
08:46donc on est
08:47en fait moi
08:48ce qui m'inquiète
08:48c'est le caractère
08:49complètement incertain
08:51gazeux
08:51mouvant
08:52dans lequel on doit se déployer
08:53voilà
08:54et l'économie
08:55qui jusqu'à maintenant
08:55fait preuve finalement
08:56d'une certaine résilience
08:58jusqu'à maintenant
08:59Ronan Lemoyle
09:00sur ce niveau d'inquiétude
09:01aujourd'hui
09:02je ne peux pas paraphraser
09:03ce qui a été dit
09:03que je partage
09:04simplement
09:04je pense que la nouveauté
09:05finalement
09:06elle est assez simple
09:07ce qui fait peur
09:08ce qui fait peur
09:08ce qui fait anticiper la peur
09:09pour parler plus prosaïquement
09:11c'est qu'en fait
09:13on a découvert
09:13il y a quelques années
09:15que le monde
09:16qui avait été gouverné
09:16pendant de très très
09:17nombreuses années
09:18les dizaines d'années
09:18par les lois de l'économie
09:20l'économie libérale
09:21utilisons ce mot-là
09:22qui faisait qu'en fait
09:23la libre circulation
09:23des capitaux
09:25des marchandises
09:26des biens et des personnes
09:27bref
09:27on a vécu dans ce monde-là
09:28pendant très longtemps
09:29et on a découvert
09:30il y a quelques années
09:32de ça
09:32au travers du Covid
09:33et d'autres conflits
09:34que finalement
09:35les chaînes logistiques
09:36d'une part
09:36l'énergie
09:37d'autre part
09:38c'était les données
09:39fondamentales
09:39pour que l'économie fonctionne
09:40et qu'elles n'étaient pas
09:41maîtrisées uniquement
09:42ou en tout cas
09:42plus maîtrisées uniquement
09:43par le libre-échange
09:44mais par des données
09:45géopolitiques
09:46et je pense que ce qui fait peur
09:47ce qui fait anticiper la peur
09:49même si effectivement
09:49je suis d'accord pour dire
09:50qu'il n'y a pas
09:51à court terme
09:52il n'y a pas d'inquiétude
09:52à avoir pour tout un tas
09:53de raisons
09:54conflits en espérant
09:55qui dure le moins longtemps
09:56possible
09:56on arrive dans le printemps
09:57l'énergie, le gaz
09:58c'est moins important
09:59mais en même temps
09:59ce qui fait peur
10:00c'est de se dire
10:01on est face à un conflit
10:02dans lequel
10:03on voit ressurgir
10:04ces deux paramètres
10:06importants
10:06qui viennent influencer
10:07l'équilibre de l'économie
10:08que sont
10:09les équilibres
10:09de la maîtrise
10:10des chaînes logistiques
10:12et de la maîtrise
10:12de l'énergie
10:13et ça je pense
10:14c'est un élément
10:14qui fait très peur
10:15parce que ça veut dire
10:16qu'il y a ceux
10:16qui sont capables
10:17potentiellement
10:18y compris chez eux seuls
10:19aux Etats-Unis par exemple
10:21la Russie
10:21de maîtriser une bonne partie
10:22de ces éléments-là
10:23et donc qu'ils peuvent
10:24s'en affranchir
10:24et qu'ils sont plus puissants
10:26puissants en sens
10:27y compris militaire
10:28et ceux
10:29les autres
10:29je caricature un petit peu
10:31bien sûr
10:31l'Europe par exemple
10:32il dépend encore très fortement
10:34des chaînes logistiques
10:35moyenne oriente
10:35l'Europe est vulnérable
10:36à ce jeu-là
10:37je pense qu'en tout cas
10:38comparativement
10:39si on fait une comparaison
10:40je veux dire
10:41j'en suis pas heureux
10:42mais c'est la comparaison
10:43à date
10:43et d'ailleurs
10:44rappelons-nous
10:45depuis quelques années
10:46l'Europe ne cesse de dire
10:47il faut être plus indépendant
10:48énergétiquement
10:49il faut nous-mêmes
10:50aller vers les transitions écologiques
10:52en étant nous-mêmes
10:53promoteurs de nouvelles solutions
10:54c'est pas pour rien
10:55c'est pas juste pour des sujets
10:56liés à l'écologie
10:57même si c'est très important
10:58c'est pour tout simplement
10:59ne pas être dépendant
10:59et je pense qu'aujourd'hui
11:00si on fait une analyse comparative
11:02encore une fois
11:03au tout début d'un conflit
11:04et je pense que c'est ça
11:04qui fait peur
11:05c'est que les Etats-Unis
11:06par rapport à l'Europe
11:06ne sont pas du tout
11:07à la même situation
11:07de puissance
11:08je ne vais pas faire un dessin
11:10on aime, on n'aime pas
11:11mais quand on voit
11:11ce qui se passe avec Trump
11:12qui effectivement
11:13ne prévient pas
11:15le président de la République française
11:16mais sans doute pas
11:16les autres non plus
11:17qui a une puissance militaire
11:18très très importante
11:19quand on voit comment
11:20les Etats-Unis sont capables
11:20d'être sans doute bien plus
11:22que l'Europe indépendant
11:23énergétiquement
11:23on voit bien qu'on n'est pas
11:24sur les mêmes bases
11:25et je pense que ce qui fait peur
11:26si on revient sur le terrain économique
11:27c'est de se dire
11:28attention
11:29finalement
11:30l'espèce d'équilibre
11:31qu'on croyait
11:32dans l'économie
11:33il y a deux paramètres fondamentaux
11:34qu'on ne pricait pas
11:35jusqu'à il y a encore
11:35quelques années
11:35qui arrivent maintenant
11:36c'est les chats logistiques
11:37qu'on maîtrise ou pas
11:38et c'est l'énergie
11:39dont on maîtrise ou pas
11:40la production
11:41et donc les prix
11:41et c'est ça à mon avis
11:43qui est un espèce
11:44d'indicateur avant-coureur
11:45qui fait un peu peur
11:46alors même qu'à date
11:47il n'y a pas de raison
11:48de s'inquiéter objectivement
11:49la vraie notion de souveraineté
11:50finalement
11:50exactement
11:51au sens plein
11:51alors évidemment
11:53naturellement
11:53quand on parle des pays du Golfe
11:54et de cette zone-là
11:55du détroit d'Hormuz
11:56on pense au gaz
11:57on pense au pétrole
11:58mais pas que
11:59il y a les chaînes logistiques
12:00dont vous venez de parler
12:01Renan
12:01puisqu'il y a des impacts
12:03très concrets
12:03outre les navires
12:04la cinquantaine de navires français
12:06et d'autres
12:06qui sont bloqués
12:07dans le détroit d'Hormuz
12:08il y a aussi
12:08tous les grands affrêteurs
12:10qui sont obligés
12:11de repasser
12:12par le cap de Bonne Espérance
12:13avec derrière
12:13des coûts logistiques
12:14de l'incertitude
12:16des potentielles ruptures
12:17en termes d'appro
12:18on verra dans les semaines
12:19comme ça
12:20ça c'est des mouvements
12:21qui impactent déjà
12:22plusieurs semaines
12:22mais il y a aussi
12:23d'autres produits
12:24je pense
12:25parce que le pétrole
12:26ne sert pas qu'à faire
12:26tourner les voitures
12:27il y a le plastique
12:28il y a les engrais
12:29un tiers de l'engrais mondial
12:30passe par le détroit d'Hormuz
12:32on a le sentiment
12:33vous parlez spontanément
12:34de l'Europe
12:34on a le sentiment
12:35qu'il y a quand même
12:35aujourd'hui la zone
12:37la plus directement touchée
12:38vous le citiez d'ailleurs
12:39Dorothée naturellement
12:40c'est plutôt l'Asie
12:41l'impact aujourd'hui
12:43très immédiat
12:43se joue plutôt
12:45du côté de l'Asie
12:45parce que finalement
12:46beaucoup de ces flux-là
12:47partaient directement
12:48sur l'Asie
12:49oui pour des raisons
12:50géographiques aussi
12:51et parfois
12:53de choix
12:53d'approvisionnement énergétique
12:55il y a des pays
12:56qui sont
12:58par exemple
12:59l'Europe
13:00en gros
13:01les importations
13:02si on revient
13:03sur le gaz
13:03les importations
13:05de gaz
13:05du Qatar
13:06pour l'Europe
13:07c'est à peu près
13:074%
13:09pour des pays
13:10comme l'Inde
13:11le Pakistan
13:11c'est presque tout
13:13donc il y a des pays
13:14qui sont aussi
13:14extrêmement dépendants
13:15et pour lesquels
13:17en fait le risque
13:17c'est un risque
13:18de rupture
13:18d'approvisionnement
13:20donc
13:21c'est aussi pour ça
13:22que les prix
13:23montent aujourd'hui
13:24c'est-à-dire que si
13:25soudainement
13:2620% de l'offre mondiale
13:27n'est plus disponible
13:29il y a des pays
13:30où il y a
13:30quelque part dans le monde
13:31il va falloir
13:32que la demande baisse
13:34et cet endroit
13:35ça va probablement
13:36être quelque part
13:37en Asie
13:37mais le prix étant mondial
13:38le prix monte partout
13:40donc c'est pour ça
13:40quelque part
13:41l'exposition
13:42est un peu différente
13:43évidemment
13:43c'est pas du tout drôle
13:44ni pour les ménages
13:44ni pour les industriels
13:45d'avoir des prix
13:46de gaz qui montent
13:46même si
13:47encore une fois
13:48si c'est temporaire
13:49si c'est juste
13:50quelques semaines
13:50le choc est absorbable
13:52si c'est plus durable
13:54c'est différent
13:55mais il y a
13:56des pays asiatiques
13:57pour lesquels
13:58les conséquences
13:59peuvent être
13:59beaucoup plus concrètes
14:00beaucoup plus rapidement
14:01encore une fois
14:01plutôt sur le gaz
14:02que sur le pétrole
14:04et puis pour
14:05certains autres produits
14:06en effet
14:07si on regarde
14:07produit par produit
14:08en fait ça reste
14:09un grand passage
14:11maritime mondial
14:12donc il n'y a pas
14:12que des hydrocarbures
14:13qui passent
14:14il y a aussi
14:16d'autres produits
14:17pour ce qui vient
14:18alors pour les engrais
14:19l'hélium
14:19qui vient de la région
14:20le même problème se pose
14:22pour les 200 navires
14:24qui sont
14:24de toute nationalité
14:26qui sont bloqués
14:26au détroit d'Hormoze
14:27ça peut être juste
14:28des questions de délai
14:29comme vous le disiez
14:30en fait
14:30bon s'il faut faire le tour
14:31par le cap de bonne espérance
14:32ça rajoute trois semaines
14:34ça rajoute des coûts
14:34en plus des coûts d'assurance
14:36qui sont en train d'exploser
14:38qui est pour le fret maritime
14:40mais pour beaucoup de produits
14:41quelque part
14:41ça rajoute entre guillemets
14:42juste un délai de trois semaines
14:43et des coûts
14:44c'est pas des questions de rupture
14:45et ils l'ont déjà fait
14:46enfin ils l'ont déjà fait
14:47avec les attaques outils
14:48ils l'ont fait avec la guerre
14:48de 12 jours
14:49donc c'est pas nouveau
14:51cette stratégie
14:52elle est coûteuse
14:52mais elle existe
14:53et quelque part
14:54les armateurs
14:54commencent à être un peu rodés
14:55en revanche c'est vrai
14:56que pour certains produits
14:57et certains pays
14:58ça peut être plus critique
14:59mais c'est pas vraiment
15:00l'Europe qui est concernée
15:02sur les portes-containers
15:03les portes-containers
15:04pendant la crise du Covid
15:05on a vu que les prix
15:05avaient flambé alors
15:06encore une fois
15:07on n'est pas du tout
15:08arrivé au même stade
15:09et pas pour les mêmes raisons
15:10d'ailleurs
15:10mais les prix des containers
15:13avaient flambé énormément
15:14il y avait une augmentation
15:14très forte
15:14regardez ce matin
15:15c'est plus 6%
15:16je crois à peu près
15:17le prix du container
15:18donc c'est pas la folie non plus
15:20simplement il faut voir
15:20que ces délais
15:21qu'on rajouterait effectivement
15:22qui viendraient impacter
15:23indirectement les prix
15:24je pense que
15:25indirectement
15:26le raisonnement que tout le monde fait
15:27c'est de se dire
15:27si ces délais augmentent
15:28si les prix sont impactés
15:30l'inflation revient
15:31si l'inflation revient
15:31qu'est-ce que ça veut dire
15:32sur les taux directeurs
15:35ce raisonnement un peu tôt
15:36ce qu'on est en train de faire
15:37qui est à mettre en parallèle
15:39un scénario qui devient possible
15:42il peut exister
15:43ce scénario peut exister
15:44et si on le rapproche
15:45de ce que je disais tout à l'heure
15:46qui est en plus
15:46des sujets liés à la souveraineté
15:48on voit bien que ça fait
15:49une mayonnaise
15:49qui n'est pas très très bonne
15:50donc encore une fois
15:51il ne faut pas se faire peur
15:52pour rien
15:52dans les jours
15:53dans lesquels nous sommes
15:54mais je pense que c'est
15:55on a été un peu éduqué
15:57par l'expérience
15:58encore une fois
15:59pour au dos
15:59avec d'autres ingrédients
16:00qui jouaient à l'époque
16:01mais c'est ça qui fait un peu peur
16:02c'est la montée potentielle
16:04d'un retour à une inflation
16:05des taux qui remontent
16:06et tout ce que ça veut dire
16:07sur l'économie
16:08mise à côté
16:09d'un sujet de souveraineté
16:10qui quand on les met bout à bout
16:11c'est vrai
16:12ne sont pas très très rassurants
16:13notamment pour l'Europe
16:14en tout cas si on revient
16:14simplement sur les sujets
16:15qui nous le concerneraient
16:16plus directement
16:16et Frédéric
16:17et pour dégrader la mayonnaise
16:18un peu plus
16:19on est toujours dans la bougie
16:20désolé pour la petite affaire
16:21alors si votre scénario
16:22se confirme
16:23alors qui va évidemment
16:24jouer un rôle dans cette affaire
16:25pour amortir
16:26c'est l'État
16:27dont on connaît
16:28les finances publiques
16:29et l'État dans lequel
16:29se trouve présentement
16:30donc là
16:31ça va nous ajouter
16:32un petit ingrédient supplémentaire
16:34alors je ne sais pas de combien
16:35mais effectivement
16:37c'est qui paye la facture
16:39est-ce que c'est les ménages
16:40est-ce que c'est les entreprises
16:42le retour du bouclier
16:44est-ce que le bouclier
16:45on ne peut plus dire
16:45quoi qu'il en coûte
16:46parce que là
16:46au point où on en est
16:47le bouclier
16:48semble avoir été attaqué
16:49par les mythes
16:50donc là
16:52il y a un peu des trous
16:53dans le bouclier
16:54mais donc c'est ça
16:55qui est assez inquiétant
16:58et surtout
16:59que ça ne va pas toucher
17:00tous les pays européens
17:00de la même manière
17:02donc après
17:02il va falloir trouver
17:03un bon dosage
17:05de politique monétaire
17:06de politique budgétaire
17:07en fonction de l'hétérogénéité
17:08en fonction des expositions
17:10de différents pays
17:11moi j'ai une préoccupation
17:12même si énergétiquement
17:13je suis mille fois d'accord
17:14avec vous
17:14on n'est pas dans la même situation
17:16que les pays asiatiques
17:17ou autres
17:17mais quelle est la réponse
17:19collective
17:19que l'Europe peut produire
17:20à ce type de situation
17:21d'un point de vue économique
17:22d'un point de vue géopolitique
17:23et c'est ça qui m'inquiète
17:25souvent en Europe
17:26c'est que chacun
17:27est un peu dans un chacun
17:28pour soi
17:29et qu'on a du mal
17:30à dégager
17:31un intérêt européen
17:32commun
17:33c'est ça qui me préoccupe
17:35on l'a vu aussi
17:37sur l'affaire
17:38du libre-échange
17:39ou du commerce
17:40regardez avec
17:41je ne veux pas
17:42sauter sur les sujets
17:43d'après
17:43mais bon
17:44l'application provisoire
17:46du Mercosur
17:47tout le monde
17:47ne réagit pas
17:48de la même manière
17:49donc ce que je veux dire
17:49c'est que
17:50est-ce que l'Union Européenne
17:51face à des crises
17:52qui mêlent de la géopolitique
17:53et de l'économie
17:54est-ce qu'elle est capable
17:55une fois pour toutes
17:58de produire un discours commun
18:00et c'est ça qui m'inquiète
18:02parce que je pense
18:03que effectivement
18:03les Etats-Unis
18:04avec M. Trump
18:04sont engagés
18:05dans une voie
18:07préoccupante
18:08dans le sens
18:09qu'en plus
18:09les Américains
18:10devraient tirer
18:10toutes les guerres
18:12dans lesquelles
18:12ils se sont engagés
18:13à perdre la guerre du Golfe
18:14après la seconde guerre mondiale
18:15ils les perdent systématiquement
18:17l'Afghanistan
18:18ça a mal fini
18:18l'Irak
18:18ça a mal fini
18:19j'espère que l'Iran
18:20ça finisse tout aussi mal
18:21que les deux précédents
18:22donc il appartient à l'Europe
18:24d'être un contrepoids
18:25à la fois économique
18:27normatif
18:29et politique
18:30pour que cette mondialisation
18:31dans laquelle
18:31ils sont engagés
18:32ne deviennent pas
18:33plus inquiétantes
18:34qu'elles ne l'aient
18:34donc moi je pense
18:35qu'il y a une mission
18:36historique de l'Europe
18:36de s'entendre vraiment
18:38économiquement
18:39géopolitiquement
18:39pour proposer autre chose
18:40au monde
18:41que l'autoritarisme
18:43la brutalité
18:44les foucades
18:45les actions un petit peu
18:47d'aventure tout seul
18:48donc c'est pour cela
18:49que moi j'attends
18:50beaucoup l'Europe
18:51sur cette affaire
18:51depuis très longtemps d'ailleurs
18:52mais là il va falloir
18:54que les circonstances
18:54nous poussent
18:55à agir davantage
18:56moi je pense qu'on a
18:57des réponses
18:57malheureusement
18:58à court terme
18:58je partage cette idée
19:00sur laquelle
19:01il faut sans doute
19:02plus solide
19:02mais la réponse récente
19:03des Allemands
19:04à la proposition
19:04d'Emmanuel Macron
19:05sur les eurobondes
19:06je crois que c'est un bon
19:06dans l'indicateur
19:07ça montre
19:08cette réponse
19:09elle montre
19:09si on revient
19:11sur le terrain économique
19:12qu'aujourd'hui
19:13la difficulté que nous avons
19:14n'étant pas un état fédéral
19:15au niveau de l'Europe
19:16on est toute conscience
19:16c'est qu'un accord
19:18qui est bon pour un pays
19:19potentiellement
19:20ne bénéficie pas aux autres
19:21donc il y a une asymétrie
19:22en fait la construction
19:23du modèle européen
19:24génère de l'asymétrie
19:25qui n'aligne pas
19:26tout le monde
19:27dans la même direction
19:27et si on n'aligne pas
19:28tout le monde
19:28dans la même direction
19:29je prenais l'exemple
19:29des eurobonds
19:30comme une illustration
19:31l'exemple du Mercosur
19:32en est un autre exemple
19:32on pourrait en prendre d'autres
19:33et bien par définition
19:34c'est très compliqué
19:35à faire marcher
19:35et c'est vrai qu'aujourd'hui
19:36si on revient sur la position
19:37de la France
19:38la situation des finances
19:39publiques françaises
19:40aujourd'hui
19:41si on revient sur notre
19:42histoire de conflit actuel
19:44il y a à la fois
19:45des sujets de souveraineté
19:46mais cette souveraineté
19:46ne peut marcher
19:47que si on affiche
19:48une certaine puissance économique
19:49c'est plus compliqué
19:49d'être souverain
19:50quand on n'a pas
19:51la puissance économique
19:52qui va bien
19:52et en ce moment
19:52on se sent bien
19:53malheureusement
19:54j'ai envie de dire
19:54que parce qu'il y a eu
19:55le coût de quoi que l'on coûte
19:56parce qu'on a eu
19:56une crise terrible
19:57ces dernières années
19:58on n'est pas en situation
19:58de force non plus
20:00je suis assez d'accord
20:01pour dire qu'il y a
20:02un sursaut européen
20:03dont on aurait bien voulu
20:04qu'il vienne un petit peu avant
20:05pour être
20:05si ce n'est prêt
20:06en tout cas à entamer
20:07au moment où on rentre
20:08dans cette période là
20:08mais qui est très très important
20:11qui est même stratégique
20:12si ça ne se fait pas
20:12ça va être très très dangereux
20:14alors Roland Lescure
20:15ministre de l'économie
20:16a pris la parole ce matin
20:18on a quand même le sentiment
20:20que ce matin
20:20au quatrième jour
20:21de ce conflit
20:23les lignes bougent un peu
20:24c'est à dire qu'on rentre
20:24un peu dans une autre logique
20:25en disant
20:26et si ça durait
20:27pour l'instant on ne peut pas
20:28on ne peut pas se projeter
20:28un peu ça
20:29donc à Bercy
20:31il y a une cellule de crise
20:32qui se réunit désormais
20:33quotidienne
20:33une fois par jour
20:35pour suivre
20:36je cite
20:36l'évolution des marchés financiers
20:38des indicateurs économiques
20:39et évidemment
20:40les marchés de l'énergie
20:42Dorothée ça veut dire
20:42quoi suivre les indicateurs
20:44économiques
20:45dans cette période là
20:45ça va être quoi
20:46la zone de vigilance
20:47c'est à dire
20:47qu'est-ce qui va être observé
20:49de près
20:50je pense qu'aujourd'hui
20:51de toute façon
20:52au jour le jour
20:53ce qu'on peut vraiment regarder
20:55c'est les marchés financiers
20:56et les marchés de l'énergie
20:57puisque c'est ça
20:57qui bouge vite
20:59ensuite
20:59les effets sur l'économie
21:01c'est aussi
21:01parler aux entreprises
21:02voir quelles entreprises
21:03sont exposées
21:04rencontrent des problèmes
21:05en fait c'est très micro
21:06aujourd'hui
21:07si on parle de l'effet
21:08sur l'inflation
21:09on le verra
21:09plus tard
21:10et avec un peu de retard
21:11mais très concrètement
21:13aujourd'hui
21:13il y a des entreprises
21:14qui ont des personnels
21:16dans des pays exposés
21:17qui se posent la question
21:18de poursuivre leurs activités
21:19ou non
21:19qui ont des marchandises
21:21dans des bateaux immobilisés
21:22qui ont des assurances
21:25qui ont été résiliées
21:26par les assureurs
21:28parce que oui
21:30notamment les assurances
21:31pour risque de guerre
21:31qui ont été résiliées
21:33pour les bateaux
21:34dans la région
21:34qui ont par ailleurs
21:36dont le prix
21:36est énormément augmenté
21:37même pour les bateaux
21:38qui vont complètement ailleurs
21:39donc c'est des problèmes
21:40très très concrets
21:40au jour le jour
21:41aujourd'hui
21:41les indicateurs macro
21:43ça viendra un petit peu plus tard
21:45enfin évidemment
21:45on anticipe
21:47on réfléchit au scénario
21:48comme le font
21:48les analyses de marché
21:50mais je pense aujourd'hui
21:51c'est des problèmes
21:53très très concrets
21:54qui se posent
21:54à un certain nombre
21:55au niveau micro
21:55ok
21:56Ronan vous en parlait
21:57spontanément
21:58évidemment
21:59sur quoi on est vigilant
22:00c'est si une fois de plus
22:01le conflit
22:02était amené à durer
22:03c'est les conséquences
22:04et un éventuel
22:05ou pas retour
22:06d'une forme d'inflation mondiale
22:07on va dire
22:07pour faire rapidement
22:08alors ce matin
22:09François de Ville
22:10Roi de Gallo
22:10le gouvernant de la Banque de France
22:12s'exprimait
22:12évidemment la Banque de France
22:14suit avec une grande attention
22:15les développements
22:15sur l'énergie
22:16et les marchés financiers
22:17je cite
22:17mais ce serait une erreur
22:19de prévoir aujourd'hui
22:20un mouvement éventuel
22:21sur les taux d'intérêt
22:22rien que le dire
22:23c'est déjà y réfléchir
22:24finalement
22:25c'est ça le scénario
22:26le plus craint aujourd'hui
22:27moi je pense qu'il est craint
22:29pour deux raisons
22:30la première c'est que
22:30effectivement la remontée des taux
22:32en tout cas d'un point de vue
22:33économique
22:34elle se comprend pourquoi
22:34elle est là
22:35avoir enrayé l'inflation
22:36qui reviendrait
22:36elle n'est jamais bonne
22:38pour l'économie
22:39et l'investissement
22:39des entreprises
22:39donc ça c'est une première raison
22:40la deuxième raison
22:41c'est que j'ai envie de dire
22:42quand on revient un peu au micro
22:43et quand on regarde
22:44les entreprises
22:44au jour le jour
22:45on les suit pas mal
22:46par rapport à nos activités
22:47les chaînes d'entreprise
22:48qui sont très résilients
22:49en ce moment
22:50ils tiennent un peu
22:50tout ça à bout de bras
22:51peut-être fatigués aussi
22:52un peu fatigués
22:53ils attendaient
22:54alors je ne dis pas
22:54est-ce qu'ils attendaient
22:55une baisse des taux
22:55peut-être pas exagérer
22:56mais en tout cas
22:56ils attendaient
22:56une forme de retour
22:58une forme de stabilité
22:58même peut-être
22:59de temps en temps
23:00certains disaient
23:01mais il y aura peut-être
23:01une baisse des taux
23:02de la banque centrale
23:03et ils savent tellement bien
23:04la dépendance
23:05qu'il peut y avoir
23:05à leur business
23:06si on revient encore à eux
23:07en dehors de la macroéconomie
23:09à cette variation
23:10des taux d'intérêt
23:11que c'est forcément
23:11quelque chose
23:12qui peut inquiéter
23:12donc je pense
23:13qu'il y a deux raisons
23:14effectivement
23:14qui font que c'est
23:16potentiellement très inquiétant
23:17et très anxiogène
23:17et je crois effectivement
23:19qu'aujourd'hui
23:19dans les scénarios
23:20qui commencent à être pricés
23:21si ça devait durer
23:22ce scénario de remontée des taux
23:23il pourrait être sur la table
23:24si l'inflation revenait
23:25parce que si on fait
23:25toute la chaîne
23:26qu'on avait vu tout à l'heure
23:26bah oui
23:27il y a une facture à la fin
23:29et cette inflation qui reviendrait
23:30c'est pas bon dans l'absolu
23:31mais c'est pas bon
23:32dans un contexte
23:32où j'ai envie de dire
23:33les gens sortent un peu rincés
23:35par des mots d'expression
23:35et donc quand on est un peu rincés
23:36on n'a pas envie
23:37de reprendre quelque part
23:38un coup sur la tête
23:39et ce serait un peu ça
23:40qui pourrait se profiler
23:41et je pense que
23:42si on interrogeait
23:43l'échelle d'entreprise
23:44aujourd'hui
23:44effectivement pris
23:45dans certains
23:46dans les taux du quotidien
23:47un peu difficile
23:48ils auraient aussi ça en tête
23:49ça fait des mois et des mois
23:50qu'on tient à notre trésorerie
23:51des mois et des mois
23:52qu'on a essayé de remplir
23:53les carnets de commandes
23:53si on voit cette menace là
23:55de remonter les taux
23:56arriver
23:56ça peut être un coup d'arrêt
23:58assez fort effectivement
23:59Frédéric Farage
24:00je sais que ça nous met
24:00un peu en position
24:01de commentateur sportif
24:03parce qu'on est en train
24:05de prendre
24:07tout à fait
24:07tout à fait
24:08on est en train de prendre
24:10un petit peu en direct
24:11cette info
24:11et évidemment
24:12on va travailler sur des scénarios
24:13on va pas se mentir
24:14mais pour autant
24:15je reviens sur cette notion
24:16que vous avez cité
24:17un peu spontanément tout à l'heure
24:18cette notion de résilience
24:19parce qu'il y a deux façons
24:20finalement
24:20c'est de commenter
24:22ce qui est en train d'arriver
24:23et de se dire
24:24les conséquences possibles
24:25mais est-ce que l'économie
24:26n'est pas en train aussi
24:27de s'immuniser
24:28à force d'avoir
24:29comme ça
24:29des périodes de rupture
24:30je rappelle juste
24:30depuis le début de l'année
24:31on a eu le Venezuela
24:33le Groenland
24:34les droits de douane
24:35là aujourd'hui l'Iran
24:36et on est juste début mars
24:37donc est-ce que finalement
24:39on n'est pas en train
24:39d'apprendre à surfer
24:40dans un monde
24:41un océan d'incertitudes
24:42au plan économique
24:44on dirait
24:45tout à fait
24:46à ce stade de la compétition
24:48effectivement
24:49je crois que nos équipes
24:50sportives économiques
24:52doivent s'adapter
24:53mais c'est plutôt rassurant
24:54parce que j'ai toujours pensé
24:56et ce n'est pas
24:56de la grande philosophie
24:57que l'adaptation
24:58était le signe
24:59plutôt d'une bonne intelligence
25:00donc
25:01je pense que
25:03il faut accepter
25:04que l'environnement
25:05qui nous attend
25:06et je pense que là
25:07c'est ni Mme Irma
25:08ni Nostradamus
25:09je veux dire
25:09même si ce sont deux figures
25:11qui seraient très utiles
25:11aujourd'hui
25:12aussi bien Mme Irma
25:13que Nostradamus
25:15vont devoir vivre
25:16avec cet environnement
25:17dégradé
25:19sans compter aussi
25:20quelque chose
25:20qui va nous accompagner
25:21en permanence
25:22qui est déjà lieu
25:23c'est la crise climatique
25:25qui est déjà à l'oeuvre
25:26c'est pas la crise qui vient
25:28le réchauffement qui vient
25:29il est là
25:29de toutes les façons
25:30donc je crois que les entreprises
25:31sont en train d'intégrer
25:33les acteurs de l'économie
25:36qu'il y a tout un temps
25:38qui est derrière nous
25:39et qui ne reviendra plus jamais
25:40alors c'était quand
25:42ce moment là
25:43c'était la fin
25:44des années 80
25:45début des années 90
25:48quand on signait
25:49le traité de Maastricht
25:51l'Europe vivait
25:52avec trois illusions joyeuses
25:54que la mondialisation
25:55finalement serait peut-être
25:56un long front
25:57tranquille
25:57que l'histoire était finie
25:58que la guerre appartiendrait
25:59au passé
26:00et que les Etats-Unis
26:01pour longtemps
26:02assurerait nos sécurités
26:03nous sommes sortis
26:05de ces illusions
26:06on va grandir
26:07ça y est
26:07l'enfance c'est fini
26:09et cette période
26:10de ce qu'on a appelé
26:11le premier après-guerre froide
26:12c'est fini
26:13donc on va vivre
26:14dans une situation
26:16où tant qu'il y aura
26:17des individus
26:18comme M. Trump
26:18à la Maison Blanche
26:19et il y en aura peut-être
26:20d'autres demain
26:22vont créer des environnements
26:23qui vont être
26:24plutôt inquiétants
26:25la dégradation climatique
26:27qui va se poursuivre
26:28va créer des situations
26:29géopolitiques
26:30économiques
26:30compliquées
26:31c'est évident
26:32surtout dans cette région
26:33du monde
26:33qui a aussi un gros problème
26:35qui est l'eau
26:35donc vous ne pas oublier
26:37donc je pense que
26:39l'intelligence
26:40de nos économies
26:41et c'est ça aussi
26:42l'aventure humaine
26:42de manière générale
26:43c'est de s'adapter
26:44et de ne pas vivre
26:45dans la nostalgie
26:46d'un monde
26:47qui ne reviendra plus
26:48je le dis toujours
26:49le monde qui a vu naître
26:50le marché unique
26:50on a lancé ça
26:51au milieu des années 80
26:52c'est né au début des années 90
26:53le monde qui a vu naître
26:55comment dire
26:55la monnaie unique
26:5791 on signe Maastricht
26:5892 on le ratifie
27:00et ça arrive à la fin des années 90
27:01ce monde là pour moi
27:02il est mort
27:03et à jamais
27:03on ne le retrouvera
27:05plus
27:06et d'ailleurs même
27:07quand on fait une petite histoire
27:08de la mondialisation
27:09l'hyper mondialisation
27:10c'est le milieu des années 90
27:11jusqu'à la crise des années
27:132007-2008
27:14on est rentré dans ce que
27:16quelqu'un avait dit
27:16la slobalisation
27:17c'est-à-dire
27:18le ralentissement
27:19du processus de globalisation
27:20donc il faut accepter
27:21que notre environnement
27:22sera incertain
27:24trouble
27:25et va obliger
27:26des adaptations constantes
27:27moi je pense
27:27qu'il vaut mieux le garder
27:28que d'espérer
27:29le retour d'un âge d'or
27:30une nostalgie
27:31les 30 glorieuses
27:32les 30 de je ne sais quoi
27:33non
27:34on va vivre
27:35dans un environnement
27:35qui va être plutôt
27:38sombre
27:39mais ça ne nous empêchera pas
27:40d'imaginer des solutions
27:43allez on marque
27:44une petite pause
27:44et puis on se retrouve
27:45après sur les experts
27:46avec le sujet
27:48de l'inflation
27:48et puis le sujet
27:49de l'Europe
27:50à tout de suite
27:57BFM Business et la Tribune
27:59présente
28:00Les experts
28:02Ludovic de Sauté
28:03Les experts
28:05de retour
28:06avec nous ce matin
28:08Dorothée Rouzé
28:09chef économiste
28:09de la direction générale
28:10du Trésor
28:11à vos côtés
28:12Frédéric Farah
28:12économiste et professeur
28:14à l'université Paris 1
28:15et Ronan Lemoyle
28:17fondateur d'Epopée Gestion
28:18fonds d'investissement
28:19régional
28:20merci d'être avec nous
28:21alors on va continuer
28:22mais en faisant un focus
28:23sur la France
28:24on parlait d'inflation mondiale
28:25liée à la situation
28:26et au conflit
28:27au Moyen-Orient
28:27qui est à son quatrième jour
28:29l'INSEE a sorti
28:30vendredi dernier
28:31c'est statistique
28:32je vous regarde
28:32Dorothée
28:33avec l'impulse 1%
28:34sur l'inflation
28:38en gros
28:38en variation annuelle
28:40pardon
28:40c'est sur le mois
28:41de février
28:43donc un rebond
28:44un léger rebond
28:45peut-être on va déjà
28:46expliquer ce qui se cache
28:47derrière ce 1%
28:48parce qu'il y a eu
28:49un peu des effets
28:50liés à l'énergie
28:51aux périodes de solde
28:52et tout ça
28:53mais néanmoins
28:54c'est une inflexion
28:55qu'est-ce qui se joue
28:56sur ce 1% ?
28:57oui alors
28:58moi je relativiserais
28:59les mouvements au mois le mois
29:00c'est vrai qu'on avait
29:010,3%
29:02sur un an en janvier
29:031% en février
29:05les raisons sont essentiellement
29:06assez techniques
29:08vous le disiez
29:08d'abord en février 2025
29:10le prix de l'électricité
29:12avait baissé de 15%
29:13c'était un peu
29:14la fin de la normalisation
29:15post-bouclier tarifaire
29:17etc
29:19donc on a eu
29:20en fait
29:20quand on comptait
29:21l'inflation sur un an
29:22une inflation très faible
29:23en gros pendant un an
29:24en février 2026
29:25ce point de référence
29:26sort de la référence
29:27donc ça remonte
29:28mais ça veut pas dire
29:29qu'il y a vraiment
29:29de l'inflation énergétique
29:30c'est juste que ça n'a pas
29:31baissé autant qu'il y a un an
29:33et on a aussi
29:34un autre effet technique
29:35qui est
29:35les dates de solde
29:36n'étant pas exactement
29:37les mêmes
29:37d'une année sur l'autre
29:38en gros en 2026
29:40quand l'INSEE fait ses relevés
29:41il y avait 5 jours de solde
29:42en plus en janvier
29:43par rapport à 2025
29:45donc on a eu des prix
29:45qui ont eu l'air
29:46beaucoup plus bas en janvier
29:47et qui remontent en février
29:48mais c'est simplement
29:49que tous les ans
29:49les prix baissent
29:50pendant les soldes
29:51pendant les soldes
29:51sur le poste
29:52à dimanche
29:52sur etc
29:53donc une fois qu'on enlève
29:54ces facteurs conjoncturels
29:55en gros on est sur un rythme
29:57d'inflation autour de 1%
29:58on prévoit un peu plus
30:00de 1% pour 2026
30:01on a eu 0,9%
30:02en moyenne en 2025
30:04donc en gros
30:04si on lisse un peu
30:05ces variations au moins le mois
30:06on est sur un rythme
30:07d'inflation qui est quand même
30:07assez faible
30:09parce que
30:10à part ces facteurs
30:11assez temporaires
30:12il y a quelque chose
30:13qui est plus structurel
30:14notamment sur les services
30:16on a une inflation
30:16sur les services
30:17qui a pas mal ralenti
30:19et qui reste faible
30:20et là aussi
30:21en fait c'est plus
30:22je dirais l'effet
30:23avec retard
30:23du fait qu'on a eu
30:24une inflation plus faible
30:26que tous nos voisins
30:28européens
30:29pendant la période
30:30de crise énergétique
30:31qui fait que ensuite
30:32les salaires ont augmenté
30:34moins tout simplement
30:35parce que les salaires
30:35ont tendance à rattraper
30:36l'inflation avec un peu
30:37de retard
30:38mais les salaires
30:39c'est aussi la principale
30:40composante du coût
30:40des services
30:41donc en fait
30:42on a ce cercle
30:43où on a eu moins
30:44d'inflation
30:44donc moins besoin
30:45de rattrapage salarial
30:46donc ensuite
30:47moins d'inflation
30:47sur les services
30:48et ça s'auto-entretient
30:50donc ça
30:50ça explique une partie
30:51je dirais
30:52au-delà des facteurs
30:52temporaires
30:53de pourquoi l'inflation
30:54en France est plus faible
30:54que chez nos voisins
30:56alors ça a plutôt
30:57des avantages
30:58à la fois en termes
30:59de compétitivité
31:00ça veut dire que
31:02sans avoir moins
31:03de pouvoir d'achat
31:03on a moins
31:04de coûts salariaux
31:05parce que
31:06on a moins cette course
31:07où les salaires
31:08et l'inflation
31:08se courent après
31:09et donc ça nous permet
31:10de gagner en compétitivité
31:11par rapport à nos voisins
31:13notamment l'année dernière
31:14où en plus
31:14l'euro s'est apprécié
31:15ça a permis de contrer
31:16un peu les effets
31:16de l'appréciation de l'euro
31:18ça a des avantages aussi
31:19pour la consommation
31:20on en parlait avant
31:21les consommateurs
31:21sont effectivement
31:22un peu rincés
31:22de l'épisode d'inflation
31:24ce qui continue à freiner
31:25la consommation
31:26c'était aussi
31:26le souvenir
31:27de cette inflation élevée
31:28on espère
31:29qu'on ne va pas y retourner
31:29on en a parlé
31:30mais je dirais
31:31d'avoir une inflation
31:32qui revient à un niveau bas
31:33donne aussi confiance
31:34pour consommer
31:34et on a vu d'ailleurs
31:35au quatrième trimestre
31:36le taux d'épargne
31:36qui a baissé significativement
31:38ça fait quand même
31:39un moment qu'on l'attend
31:39donc c'est plutôt
31:40une bonne nouvelle
31:41le côté plus négatif de ça
31:43c'est qu'on a une politique monétaire
31:44qui est commune
31:45au niveau de la zone euro
31:46donc qui est basée
31:47sur l'inflation moyenne
31:49au niveau de la zone euro
31:49donc forcément
31:50si on a moins d'inflation
31:51que les autres
31:51la politique monétaire
31:52est un peu plus restrictive
31:53pour nous
31:54c'est le jeu
31:55d'une union monétaire
31:56Frédéric Finra
31:56sur cette situation
31:57oui mais
31:59deux remarques
32:00ce qui vient d'être dit
32:00est très très intéressant
32:02dans le sens que
32:02c'est tout le problème
32:04de la politique monétaire
32:05pour le dire
32:05c'est le terme
32:06qu'on emploie en anglais
32:06c'est
32:07one size fits all
32:08c'est à une taille
32:08qui convient à tout le monde
32:09une taille unique
32:11une taille unique
32:11mais sauf que ça ne convient pas
32:12à tout le monde
32:13et vous venez de le dire
32:13très justement
32:14donc c'est vrai que ça crée
32:15quelque chose de plus restrictif
32:17donc ça c'est le premier point
32:22deuxième remarque
32:24de toutes les façons
32:25ce qui est intéressant
32:25c'est de voir
32:26alors peut-être pas là
32:27sur ces derniers résultats
32:29mais les prix aussi
32:32c'est en matière alimentaire
32:33aussi
32:33il y a quand même
32:34une petite progression
32:35et ces dernières années aussi
32:37la question des prix alimentaires
32:39avait été aussi au coeur
32:41des inquiétudes
32:42en termes de pouvoir d'achat
32:43et de toutes les façons
32:44l'inflation
32:45n'a pas les mêmes effets
32:47dépendant où l'on habite
32:49dépendant de la composition
32:50du ménage
32:52donc il y a
32:52qui fait que
32:53l'inflation
32:54il faut toujours regarder
32:55là encore
32:55l'aspect micro est important
32:57parce qu'elle ne produit pas
32:58les effets de la même manière
32:59et sur tout le monde
33:00elle n'est pas perçue
33:01de la même façon
33:01elle n'est pas perçue
33:02de la même façon
33:02c'est évident
33:03alors il y a un autre problème
33:05aussi
33:05qui dévore le pouvoir
33:07d'achat des ménages
33:08qui est pour moi
33:09une des crises majeures
33:10et qui n'est pas que française
33:11qui est une crise européenne
33:13qui devrait être aussi
33:13au coeur des préoccupations
33:15de l'Europe
33:15et pas simplement de la France
33:16celle du logement
33:17qui est pour moi
33:18la crise
33:19une des crises centrales
33:20qui affecte l'Union Européenne
33:21même les pouvoirs
33:24publics européens
33:24s'en emparent
33:25c'est vrai que
33:26cette question là
33:26et c'est vrai que
33:27dans le pouvoir d'achat
33:28des ménages
33:29évidemment la part du logement
33:30et pour certains ménages
33:31en plus
33:32qui sont dans le bas
33:33de la distribution
33:34ça a pris
33:35une place considérable
33:36et aussi
33:37ce qui reste aussi
33:39important
33:39qu'il ne faut jamais oublier
33:40même si effectivement
33:41ces chiffres d'inflation
33:42sont plus rassurants
33:43c'est ce qu'on appelle
33:44la part des dépenses pré-engagées
33:46c'est-à-dire
33:46qui effectivement
33:48là aussi
33:49dévore du pouvoir d'achat
33:50les abonnements
33:52les assurances
33:52etc
33:53donc
33:54la question du pouvoir d'achat
33:55on n'en est pas sorti
33:57et alors
33:57juste une petite remarque
33:59mais alors
33:59qui n'a rien à voir
34:00avec l'inflation
34:00vous voyez
34:01pourquoi c'est difficile
34:03de raisonner en européen
34:04je veux dire pourquoi
34:05parce que chaque fois
34:05qu'il y a des performances
34:07économiques
34:07on dit on fait mieux
34:08que chez nos voisins
34:09donc c'est pour ça
34:10que je dis toujours
34:12nos partenaires européens
34:13sont nos partenaires
34:14ou sont nos concurrents
34:16et c'est pas la même
34:17même politique
34:18si on les considère
34:19comme nos partenaires
34:20et c'est pas la même politique
34:21si on les considère
34:21comme nos concurrents
34:22et donc
34:22c'est ça
34:23l'ambiguïté européenne
34:25je dirais pas le problème
34:26l'ambiguïté
34:26c'est que
34:27est-ce qu'on est plutôt
34:29on se pense ensemble
34:30ou on se pense
34:31en compétition
34:32les uns avec les autres
34:33je laisse ça
34:34ça dépend des dossiers
34:35Renan Lemuel
34:36je dis un mot
34:37sur le logement
34:38je partage à 100%
34:39sur le logement
34:39il y a eu un moment donné
34:40il y en a une grosse erreur
34:40qui a été pensé
34:41que post-Covid
34:42les prix
34:43ils s'ajustaient
34:44que tout ça allait rentrer dans l'ordre
34:45alors que les coûts
34:45des matières premières
34:46avaient fortement augmenté
34:47que les promoteurs disaient
34:47que plus jamais
34:48ils arrivaient à produire au même prix
34:49et donc il n'y avait pas d'investisseurs
34:50pour venir investir sur ces sujets
34:51parce que les taux de remonts
34:52étaient trop faibles
34:52donc ça a été
34:53à mon avis
34:53ne pas soutenir le logement
34:54en ce moment là
34:55et le faire avec beaucoup de retard
34:56beaucoup beaucoup de retard
34:57quand on sait les cycles
34:58en glomore complet
34:59oui
34:59et quand on sait que ce cycle là
35:01est hyper long
35:01par définition
35:02c'était une grosse erreur
35:03d'un mot
35:03après sur l'inflation
35:04moi je pense effectivement
35:05que
35:06quand je me regarde
35:07je m'inquiète
35:07quand je me compare
35:08je me rassure
35:08quand on regarde au niveau européen
35:09on se porte plutôt
35:10plus de pas mal
35:11et effectivement
35:12l'inflation autour de 1%
35:13c'est pas vraiment le sujet
35:13moi je pense que ce qui est vraiment
35:15potentiellement préjudiciable
35:17c'est la voix de la France
35:18c'est-à-dire que
35:19être capable de porter
35:20un discours
35:22alors bien sûr
35:22pas d'influencer trop fortement
35:24mais quelque part
35:25autour de la politique monétaire
35:26sans influencer
35:27la BCE
35:28qui est indépendance
35:28par définition
35:29c'est jouable
35:29quand on est crédible
35:30aujourd'hui je pense
35:31que la France
35:32elle a un vrai sujet
35:32par ses finances publiques
35:33de crédibilité
35:34quand elle veut s'exprimer
35:35c'est-à-dire qu'elle est plutôt
35:36un bon élève en termes d'inflation
35:37mais si elle veut pousser
35:37un certain nombre de sujets
35:38on va pas longtemps l'écouter
35:40je parlais des eurobonds tout à l'heure
35:41c'est un bon exemple
35:42le raisonnement sous-jacent
35:43c'est de dire
35:43faites d'abord le ménage chez vous
35:44quand ce sera propre
35:45peut-être qu'on pourra mutualiser
35:46un peu notre dette
35:47et en fait c'est ça que je crains
35:49surtout
35:49c'est pas tellement
35:50l'inflation n'est pas très élevée
35:51elle est comparativement
35:52plutôt assez soutenable
35:53il y a des vrais sujets
35:54je pense effectivement au logement
35:55moi c'est surtout la capacité
35:57qu'on a à être influencé
35:58à influencer en Europe
35:59qui est quelque chose
36:01le président fait beaucoup d'efforts
36:02sur ce sujet
36:02on le voit tous les jours
36:03mais je pense qu'elle est assez entamée
36:05si en tout cas on revient
36:0630 ans en arrière
36:07et c'est plutôt ça qui m'inquiète
36:08alors c'est le troisième sujet
36:10qu'on va aborder
36:10en prenant le virage collectivement
36:12j'allais dire
36:12sur le poil de la France
36:15le poil de la France en Europe
36:17où en effet
36:18alors il y a des séquences
36:20j'allais dire
36:20on est dans une forme de schizophrénie
36:21c'est-à-dire
36:21quand on écoute hier
36:23Emmanuel Macron sur le nucléaire
36:24on a le sentiment
36:25qu'il y a un moment
36:26où la France est un peu plus entendue
36:27on va dire au niveau européen
36:29mais quand même
36:30évidemment
36:31et là je regarde Frédéric Farah
36:32il y a l'épisode du Mercosur
36:34il y a quelques jours
36:35c'est-à-dire vraiment
36:36la mise en application provisoire
36:38certes du Mercosur
36:39alors qu'il y a une opposition
36:41quand même très farouche
36:43depuis Vu Paris
36:43tout ça en plein ça
36:44dans l'agriculture par ailleurs
36:45donc c'est
36:47allant dans le symbolisme
36:49aujourd'hui c'est
36:50pour aller dans le sens de Renan
36:52la voie de Paris
36:53est-elle diluée à Bruxelles
36:55où j'allais dire
36:56finalement
36:56est-ce que le fait que la France
36:58ait vu ses notes souveraines dégradées
37:01fait que le poids
37:02de la France
37:04s'est dégradée
37:05au rythme de sa note souveraine
37:06finalement
37:07à Bruxelles
37:07je dirais que
37:08on peut le lier à ça
37:10mais si ma mémoire
37:12ne fait pas défaut
37:14en 2016
37:15il y avait un rapport
37:16du Sénat
37:17ou de l'Assemblée
37:19que j'ai lu
37:20qui était très intéressant
37:21qui s'inquiétait
37:22de la perte d'influence
37:24de la France
37:24en Europe
37:25déjà
37:262016
37:28donc
37:2810 ans
37:29donc
37:30et je me souviens
37:31et les arguments
37:32qui étaient mis en avant
37:33par les sénateurs
37:34et les députés
37:34c'est de dire
37:35que les élargissements
37:36successifs
37:37de l'Union Européenne
37:38avaient eu aussi un impact
37:39sur le rôle
37:41de la France
37:42en termes de poids
37:42de commissaire
37:43on nous avait expliqué
37:44aussi que
37:45quand on regardait
37:46la littérature
37:47de la Commission
37:47la part du français
37:48comme langue
37:49avait déjà reculé
37:50et quand on lisait
37:51ce rapport
37:52il ne parlait pas encore
37:53de nos finances publiques
37:54mais il montrait
37:54que la France
37:57investissait moins
37:58les institutions européennes
37:59et il y avait une inquiétude
38:00chez les sénateurs
38:01etc
38:01et donc c'était
38:02il y a donc
38:0310 ans
38:05mais vraiment
38:06c'était un rapport
38:08passionnant
38:08je l'avais lu
38:09j'avais trouvé ça
38:09extrêmement intéressant
38:11nous voilà donc
38:1210 ans après
38:13les événements
38:14et ce beau rapport
38:16vraiment que
38:17on peut retrouver
38:18je veux dire
38:19assez facilement
38:20en plus tout ça
38:20est gratuit en PDF
38:21sur le site
38:21de l'Assemblée Nationale
38:22c'est génial
38:23donc on peut y aller
38:24on peut les lire
38:25tranquillement à la maison
38:27oui
38:28alors
38:29nos finances publiques
38:30ne vont pas bien
38:31alors est-ce que
38:33effectivement
38:34la France
38:35voit son influence
38:37se réduire
38:38mais j'aimerais
38:39non pas pour faire
38:39cocoréco
38:40et défendre la patrie
38:41mais quand même
38:42en termes budgétaires
38:43pendant longtemps
38:44il y avait un pays
38:44qui faisait un effort
38:45pour tous
38:46en quelque sorte
38:47et qui assumait
38:48à lui seul
38:49un peu la défense
38:50du continent
38:51c'était nous
38:51c'était la France
38:52ça il faut le dire
38:53parce que militairement
38:54les autres
38:56ils ne se mouillaient pas
38:58trop dans l'affaire
38:58le seul qui faisait un effort
38:59donc la France
39:00aurait dû dire
39:01non pas pour négliger
39:02ses finances
39:02que elle
39:03pourrait essayer
39:04de sortir ça
39:05du pacte de stabilité
39:06dire qu'elle
39:07à une époque
39:08apportait une contribution
39:09à la défense du continent
39:10et donc ça lui coûtait
39:11plus cher en termes militaires
39:13que les autres
39:13ne le faisaient
39:14alors maintenant
39:14comme monsieur Trump
39:15a tapé du poing
39:16sur la table
39:17il a dit
39:17si vous ne mettez pas
39:182% du PIB
39:20bon ça ne va pas aller
39:20nous on n'a pas envie
39:21de vous soutenir
39:22et autres
39:22mais la France
39:23avait
39:24à jouer un rôle
39:25à ce niveau là
39:26que les autres
39:26ne jouaient pas
39:27je tiens à le dire
39:27n'empêche qu'effectivement
39:29nos finances publiques
39:30ne vont pas bien
39:31ça c'est sûr
39:32mais même regardez
39:34l'Italie
39:35fait des efforts
39:37mais d'accord
39:38ces finances publiques
39:39vont un peu mieux
39:39même si la dette italienne
39:40est supérieure à la nôtre
39:41mais la situation
39:42des Italiens
39:43elle n'est pas bonne
39:44c'est à dire
39:45le sud italien
39:46se vide de sa main d'oeuvre
39:47il y a un hiver salarial
39:49en Italie
39:49qui est assez préoccupant
39:51et la productivité
39:52n'est pas terrible
39:52non plus
39:53donc oui
39:54la France devrait retrouver
39:55une maîtrise
39:56de ses finances publiques
39:56nous sommes d'accord
39:58mais comment on peut
39:59tout faire
40:00c'est à dire
40:01maîtriser ses finances publiques
40:03financer son état social
40:04et faire les investissements
40:05pour la transition énergétique
40:07alors je ne sais pas
40:07comment on peut faire ça
40:09ou en même temps
40:10je partage ça
40:11je suis d'accord
40:11avec ce point de vue
40:11mais je pense que
40:12si le sujet revient
40:13sur le terrain économique
40:14aujourd'hui
40:14de l'influence de la France
40:16c'est parce que
40:16je le dis
40:17en essayant de peser
40:18un peu mes mots
40:18la France n'a pas eu
40:19son influence
40:20sur d'autres terrains de jeu
40:21qu'elle avait avant
40:22si on prend la France
40:23de Charles de Gaulle
40:24c'est la France du nucléaire
40:25qu'elle soit sur l'énergie
40:26ou que ce soit sur la défense
40:27c'est la France des grands projets
40:29juste après
40:29le TGV
40:30ou ce genre de choses
40:30en fait la France
40:31je pense à incarner en Europe
40:33et c'était une grandeur
40:34effectivement
40:35pas par l'économie
40:36par l'économie directement
40:37j'entends
40:37mais par le côté souveraineté
40:39alors souveraineté au sens
40:39noc du terme
40:40pour le coup
40:41et je pense que
40:42les dernières décennies
40:44et je n'incrimine personne
40:46de manière générale
40:46on a perdu ça
40:47pour tout un tas de raisons
40:48on se rappelle
40:48de tous les épisodes
40:49divers et variés
40:50en la matière
40:51peut-être cette grande croyance
40:52sur laquelle on était tous frères
40:53on a tous s'aimés dans le monde
40:54et que effectivement
40:54la défense
40:55donnait moins importante
40:56peut-être le fait
40:56que la durabilité imposée
40:58d'arrêter effectivement
41:00un tas de sujets qui sont arrivés depuis
41:02qui font que cette influence-là
41:03elle s'est rétractée
41:04et que donc
41:05maintenant on les regarde quoi ?
41:06On regarde la France
41:06sous l'angle économique
41:07et pour le coup
41:08sur ce terrain-là
41:09au point des déficits
41:10en tout cas j'entends
41:11on a peut-être moins de poids
41:12qu'on pourrait en avoir
41:13par rapport à d'autres
41:14c'est aussi pour ça
41:15l'Italie n'a pas
41:15avec tout le respect
41:16contre les Italiens
41:17n'a pas cette histoire
41:18de la France
41:18d'un point de vue souveraineté
41:20et je pense qu'aujourd'hui
41:21et encore une fois
41:22moi je dirais également
41:22je pense que c'est ça qui manque
41:23il manque à la France
41:24sans doute des grands projets
41:25de cette nature
41:25la déclaration du président hier
41:27est intéressante
41:27elle porte quelque part
41:29une espèce
41:30alors c'est sur le terrain militaire
41:31certes mais c'est important
41:32elle porte une espèce
41:33de grandeur de la France
41:34qu'on vous voit revenir
41:34la mise en scène d'ailleurs
41:35est assez intéressante
41:37pas très loin de là où je vis
41:38puisque moi je vis effectivement
41:39à la pointe de la Bretagne
41:40donc on n'est pas très loin
41:40de cette base militaire
41:42avec ses sous-marins nucléaires
41:43effectivement quand on les a vus
41:43on impose
41:44qui incarne une forme de puissance
41:45très très forte
41:46et je pense que c'est ça
41:48cette perte-là
41:49tout doucement
41:50qui nous fait nous ramener
41:51sur le terrain économique
41:52et donc notre influence sur lui
41:53n'étant pas suffisante
41:54sur ce terrain-là
41:54on n'arrive pas à imposer
41:56quand je dis imposer
41:56à imposer au sens
41:57négocier nos idées
41:58voilà donc je pense
41:59qu'il est important
42:00je pense que tout le monde
42:01est conscient
42:01de retrouver cette grandeur-là
42:02et cette grandeur-là
42:03elle passe par des grands projets
42:04des grands projets dans la défense
42:05des grands projets dans l'énergie
42:06des grands projets
42:07dans les infrastructures
42:08je pense qu'il n'y a pas
42:09l'argent qui manque
42:09l'argent on parlait
42:10de l'épargne tout à l'heure
42:11l'épargne des français
42:122200 ou 2300 milliards
42:13d'assurance vie
42:14il y a de quoi faire
42:15des beaux projets de transition
42:16qui soient à la fois
42:17porteurs pour l'économie
42:18mais porteurs de sens
42:19pour la société
42:19et je pense que c'est ça
42:21qui nous fera retrouver
42:21notre grandeur en Europe
42:23et ne pas juste venir
42:24nous regarder
42:24sur le simple terrain
42:25des déficits budgétaires
42:26Dorothée sur cette
42:28dilution ou pas
42:29du poids de la France
42:30en Europe
42:30je ne suis pas entièrement d'accord
42:31je pense qu'on adore
42:32en France se flageller
42:33et se focaliser
42:34sur les combats perdus
42:35je veux dire
42:35c'est un sport national
42:37maintenant je pense que
42:38enfin oui
42:39les finances publiques
42:40le fait d'avoir
42:41des finances publiques dégradées
42:42ne nous aide pas
42:42en termes d'influence européenne
42:43il y a une notion
42:44de crédibilité quand même
42:45c'est sûr
42:46maintenant c'est un aspect
42:47et je pense que
42:48si on regarde les dernières années
42:49moi je ne partage pas
42:50complètement le diagnostic
42:51parce que
42:52je pense que
42:53sur le plan
42:54de la vision stratégique
42:55il y a quand même
42:56eu beaucoup de sujets
42:57où la France avait touché
42:58juste avant les autres
42:59et peut-être on se dit
43:00maintenant
43:00vous pensez à quoi par exemple ?
43:02parce que
43:03l'Europe est devenue
43:04un peu plus française
43:04je m'explique
43:07si je prononce
43:08ce qui était
43:08en gros des gros mots
43:10à Bruxelles
43:10il y a
43:11allez je vais dire
43:115 ans
43:12autonomie stratégique
43:14défense indépendante
43:15préférence européenne
43:16énergie nucléaire
43:18souveraineté énergétique
43:19tout ça
43:20c'était inaudible
43:22c'était méchant
43:23c'était protectionniste
43:24c'était anti-concurrence
43:25c'était voilà
43:26bon on se rend compte
43:27quelques années plus tard
43:28que réfléchir à l'autonomie stratégique
43:30vulnérabilité
43:31c'était peut-être pas idiot
43:31avoir une dépense
43:33qui n'est pas entièrement
43:35dans la main
43:35de l'allié américain
43:36c'était peut-être pas idiot
43:37avoir une énergie
43:39décarbonée
43:40souveraine
43:40et produite chez nous
43:41bon on en a parlé
43:42pendant toute la première partie
43:44de cette émission
43:45c'était plutôt vu juste
43:46etc etc
43:47et aujourd'hui
43:48le sujet de la préférence européenne
43:49est encore sujet
43:50de combat et de débat
43:51à Bruxelles
43:52infini
43:53mais je pense que la commission
43:53devrait sans doute sortir
43:55cette semaine
43:56son industrial accelerator act
43:58avec une notion
43:58de préférence européenne
43:59ça a déjà été introduit
44:01sur l'automobile
44:02ça a été introduit
44:03sur l'instrument commun
44:04de défense
44:04donc cette notion
44:05elle fait aussi son chemin
44:06et là aussi
44:06c'est des choses
44:07que la France a poussées
44:08pendant longtemps
44:09parfois un peu seule
44:10et qui finisse par devenir
44:12sinon un consensus
44:13à Bruxelles
44:14en tout cas du langage commun
44:15donc c'est là que moi
44:16je relativiserai quand même
44:17la notion de perte d'influence
44:18parce que je pense que
44:19sur le plan
44:21des orientations stratégiques
44:22y compris dans le domaine économique
44:23plus que budgétaire
44:24je suis d'accord
44:26la France a plutôt vu juste
44:27sur
44:28je suis d'accord
44:28mais je pense que
44:28l'erreur entre guillemets
44:29l'erreur c'est un gros
44:30c'est pas l'erreur
44:31mais en tout cas
44:31je pense que
44:32selon qu'on s'aperçoit
44:33à postérieure
44:35j'essaie de peser mes mots
44:36c'est que
44:37s'il fallait le faire
44:37il fallait peut-être le faire nous
44:39parce qu'on parlait tout à l'heure de l'Europe
44:40l'Europe n'est pas équipée aujourd'hui
44:42la preuve
44:42on n'arrive pas à converger
44:43on n'arrive pas
44:44peut-être qu'à force maintenant
44:45de voir autour de nous
44:46se multiplier
44:47l'initiative des autres
44:48on va effectivement
44:48j'en serais très heureux
44:49le premier heureux
44:50comme on le dit tous les trois
44:51puis tout à l'heure
44:52à y arriver
44:52mais je pense que peut-être
44:53notre erreur
44:54ça a été peut-être de prêcher
44:54dans le désert entre guillemets
44:55de pas y arriver
44:56de pas pour le coup dire
44:57on va le faire nous-mêmes
44:58on va continuer à investir
45:00effectivement sur le militaire
45:01on va continuer
45:01à investir sur les transitions
45:04la loi de programmation militaire
45:05c'est 2017
45:07d'accord mais c'est maintenant
45:08que ça s'accélère
45:09oui
45:09on l'a fait quand
45:12l'Allemagne
45:12pour ne pas la citer
45:13se tournait
45:15de bras vers le gaz russe
45:16et vers la Chine
45:17je suis plutôt positif
45:18je veux plutôt avoir les choses
45:19positivement
45:20mais si je regarde les choses
45:21objectivement
45:21on n'a pas fait
45:22les transitions de la même manière
45:23les transitions
45:23on avait la possibilité
45:25de pousser bien plus loin
45:26sur les transitions
45:26qu'on ne l'a fait en France
45:27on aurait pu aller bien plus loin
45:28sans compter sur l'Europe
45:30qui certes a fait des choses
45:31mais pas à l'autour des enjeux
45:32après on ne peut pas occulter
45:33le fait qu'on est dans une zone
45:34de libre-échange
45:35au sein de l'Union Européenne
45:36et qu'il y a des choses
45:37l'autonomie stratégique
45:38honnêtement la France
45:38n'est pas à la bonne échelle
45:39si on est le capitaine
45:40d'une équipe
45:40qui ne veut pas marquer des buts
45:42peut-être qu'il faut
45:42une autre équipe
45:43sur laquelle on va marquer des buts
45:44et puis ensuite on rallie
45:45cette équipe-là
45:45en disant
45:46vous voyez on y arrive
45:46c'est ça qu'il va falloir faire
45:47on a fait les deux en parallèle
45:48après on peut discuter
45:49de l'échelle et de l'ensemble
45:50je ne suis pas entièrement d'accord
45:53je vous rejoins en partie
45:54c'est vrai que le sport national
45:56c'est de se détester
45:57ça c'est clair
45:57la détestation nationale
45:59se porte très bien
46:00on a su qu'à travers le temps
46:01il fallait en matière
46:02éducative être finlandais
46:03en matière de marché du travail
46:04il fallait être danois
46:05en matière de formation professionnelle
46:06il fallait être allemand
46:07mais il ne fallait jamais être noir
46:08ça on a bien compris
46:09qu'être français
46:09ce n'était pas bien
46:10ce qui est étrange quand même
46:11de se détester
46:12il faudrait se poser la question
46:12que fait le docteur Freud
46:13à ce sujet
46:14donc ça c'est un
46:16deuxièmement
46:17vous soulignez quelque chose
46:19d'essentiel
46:21sur les retards européens
46:23c'est à dire
46:24que le marché unique
46:27malgré tout l'intérêt
46:28qu'il a représenté
46:29n'a pas su être le levier
46:31d'une vraie politique
46:33industrielle européenne
46:34et ça
46:35qui nous a fait prendre
46:36un retard considérable
46:37je repense
46:38non sans effroi
46:39et non pas que je veuille
46:40désigner des gens
46:41à la vindique populaire
46:42mais des commissaires européens
46:44qui nous ont fait perdre
46:46un temps fou
46:47et qui étaient des idéologues
46:48dans cette obsession
46:49concurrence haute
46:50je citerai par exemple
46:51Sir Leon Brittan
46:53qui se souvient
46:55de Sir Leon Brittan
46:56bon
46:57alors là
46:58pour avoir une politique
46:59industrielle
47:00au niveau européen
47:01d'avoir choisi
47:02quelqu'un qui était
47:02imbibé de tachérisme
47:04à ce point
47:04ne nous a jamais permis
47:06d'avoir la moindre
47:07politique industrielle
47:08ou un individu
47:09rappelé par l'actualité
47:11monsieur Mandelson
47:11qui lui aussi
47:12n'avait pas laissé
47:13en tant que commissaire
47:14vraiment des orientations
47:16très portées
47:17vers une préférence européenne
47:20bon
47:20je tiens à le dire
47:21donc je suis heureux
47:22de voir
47:22et je suis d'accord avec vous
47:23que la France
47:24réussit à porter
47:25ces idées là
47:26enfin
47:27parce que
47:28c'est toute l'ambiguïté
47:30souvenez-vous
47:31des fusions
47:32qu'on a tenté de faire
47:32dans les années 90
47:33le grand Schneider
47:35et autres
47:35qui avaient été arrêtés
47:36par Mario Monti
47:37souvenez-nous
47:38comment on s'est
47:39nous-mêmes
47:40compliqué la vie
47:41en fait
47:41l'Union Européenne
47:42par un aveuglement
47:43dans les années 90
47:44qui était celle
47:45de la libéralisation
47:47à fabriquer
47:47des vulnérabilités économiques
47:49que nous percevons
47:50aujourd'hui
47:51pleinement
47:52c'est-à-dire
47:5330 ans après
47:54les avoir fait
47:54parce qu'on nous avait raconté
47:55quand on allait faire
47:56un supermarché d'électricité
47:57que l'énergie serait moins chère
47:59on nous avait raconté
48:01qu'à la fin
48:02les grandes libéralisations
48:03allaient nous apporter
48:04toute la croissance
48:05dont on en avait besoin
48:05le bilan il est mitigé
48:07donc aujourd'hui
48:08que la France porte autre chose
48:10et soit un peu entendu
48:10tant mieux
48:11et en cela nous sommes d'accord
48:14il y a des non-dits
48:16dans vos raisonnements
48:18spontanés
48:19parce que vous parlez
48:19de la vulnérabilité
48:20ou de la crédibilité
48:21de la France
48:22au plan budgétaire
48:23mais il y a l'instabilité politique
48:25aussi
48:26qui n'est pas quelque chose
48:27qui nous arrange
48:27quand un pays voit
48:29des gouvernements
48:30se succéder
48:30tous les X mois
48:31avec une assemblée
48:33qui est à peine gouvernable
48:35et une présidentielle
48:36dans en gros un an
48:38est-ce que ça ne fragilise pas
48:40ça ne vulnérabilise pas
48:41la France aussi
48:42ça fragilise peut-être
48:43mais il y a
48:44une grande qualité française
48:46qui fait que même
48:47si on a cette instabilité
48:48nous avons
48:49une haute administration
48:50qui fonctionne bien
48:51et ça c'est très important
48:53parce que sans elle
48:54oui
48:54la boutique
48:55elle partait de travail
48:56heureusement qu'il y a
48:57ces hommes et ces femmes
48:58qu'on ne voit pas forcément
48:59à la télévision
49:00qui ne sont pas là
49:01sous les suites
49:02mais grotter
49:03c'est votre moment de durer
49:04c'est votre moment de durer
49:07madame
49:08vous êtes directrice
49:09du trésor
49:10chef économiste du trésor
49:11mais sinon
49:12il y a plein d'hommes
49:12et de femmes
49:13qu'on ne rencontre pas
49:14au quotidien
49:15et qui grâce
49:16à ces hommes
49:16et ces femmes
49:17dans toutes ces administrations
49:18qui n'ont qu'un sens de l'état
49:19font en sorte que
49:20les uns peuvent s'agiter
49:22à Matignon
49:22peuvent s'agiter
49:23au Palais Bourbon
49:24mais que la France tient
49:25et donc
49:26soulignons
49:27une haute fonction publique
49:28et une administration
49:29de qualité
49:30et qui permet
49:31en ces temps
49:31de tempête
49:32et bien que le navire
49:33ne coule pas
49:34à elle
49:35notre reconnaissance
49:36avec tout le reste
49:36de l'administration
49:37dont on a éliminé
49:38aujourd'hui
49:39un pays tient aussi
49:42parce que normalement
49:42il y a des hommes
49:43et des femmes politiques
49:44qui effectivement
49:45ont une vision des choses
49:46une orientation un peu globale
49:47et qui leur permet
49:48de travailler sereinement derrière
49:49on ne peut pas le dire
49:50effectivement aujourd'hui
49:50ce que ce soit exactement
49:51ce qu'on observe
49:52et moi je suis assez d'accord
49:53pour dire
49:53tout le monde le dit
49:54cette instabilité
49:55je sais plus c'est Jean-Marie Daniel
49:56qui a dit je crois
49:57est-il un adulte dans la salle
49:58quand il parlait
49:59effectivement de l'Assemblée
50:00je pense qu'on est observateurs
50:02que nous sommes
50:03de ce qui se passe
50:04en tant que citoyen
50:05on ne va pas se dire
50:06c'est quand même pas
50:07tant mieux
50:08sur l'administration de qualité
50:09c'est vrai
50:09mais c'est quand même pas réjouissant
50:11de voir comment fonctionne
50:12notre Assemblée
50:12et pour revenir sur le sujet
50:14juste avant
50:15et effectivement
50:16pourvu qu'on ait
50:18une Assemblée
50:18une ligne de ce nom
50:19d'un pouvoir politique
50:20qui puisse tirer
50:20dans le même sens
50:21moi je pense qu'effectivement
50:22on a 30 ans
50:25peut-être de politique
50:26on a cru plein de choses
50:27sur l'Europe
50:28ça ne s'est pas forcément
50:28concrétisé
50:29il y avait cette fameuse phrase
50:30qui était d'un président américain
50:31et je ramène à l'Europe
50:32qui était de dire
50:33n'attends pas
50:34de voir ce que l'Europe
50:35peut faire pour toi
50:35mais voir ce que peut faire
50:36pour l'Europe
50:36si je traduis ça
50:37en mode européen
50:38et je pense que c'est ça
50:38que je voulais dire tout à l'heure
50:39c'est que je crois
50:40que ce qu'on a peut-être raté
50:41je ne parle pas de la politique
50:42française actuelle seulement
50:43bien entendu
50:44ça se décline
50:45sur plusieurs décennies
50:46c'est peut-être l'idée
50:47de ce leadership
50:47qu'on aurait pu continuer à avoir
50:49si on n'était pas assez entendu
50:50au niveau européen
50:51pour entamer nous-mêmes
50:52encore plus
50:53des choses
50:54qui auraient fait
50:55que la France aurait été entendue
50:56driver l'Europe un peu plus
50:57et peut-être convaincue
50:58et je pense qu'aujourd'hui
50:59effectivement
50:59on aurait largement convaincu
51:01en Europe
51:01parce qu'on aurait montré
51:02que ça marchait
51:03c'est peut-être ça
51:04que je regrette un petit peu
51:05alors c'est toujours facile à dire
51:06quand on est observateur
51:06quand on n'est pas au cœur du sujet
51:08mais force est de constater
51:09il y a un certain nombre
51:10de sujets aujourd'hui en Europe
51:11qui ont eu du mal à avancer
51:12parce qu'on n'est pas
51:12un État fédéral
51:13et donc ça pose plein de problèmes
51:14et pendant ce temps-là
51:15on a vu se réaffirmer
51:17la suprématie
51:17à certain nombre d'États
51:18pour parler d'impérialisme
51:19parfois d'ailleurs
51:20quand on parle
51:20certains d'entre nous
51:21voilà un peu
51:21ce que moi et mon regret
51:23aujourd'hui
51:23dans la configuration
51:24qui est la nôtre
51:25mais encore une fois
51:25étant un éternel optimiste
51:26je pense qu'on a
51:27sans doute tiré
51:28le leçon de tout ça
51:29et que maintenant
51:29ça va aller de l'avant
51:30il y a un autre non-dit aussi
51:31parce que dans
51:32ou pas ce recul
51:34de la voix de la France
51:35peu importe
51:35en tout cas
51:38cette interrogation
51:38qu'on a ce matin
51:39c'est quand même
51:40on se sent de plus en plus
51:41de ratés
51:42dans le couple franco-allemand
51:43tout à l'heure
51:43Renan vous parlait
51:44des Eurobonds
51:45la réaction la plus virulente
51:46a été très clairement
51:48du côté de l'Allemagne
51:50il y a le projet SCAF
51:51de l'avion de chasse
51:53qui est en train de partir
51:54gentiment de travers
51:56puis il y a cette remarque
51:57qui est très mal passée
51:58en février
51:59du ministère des affaires
52:00étrangères allemand
52:00qui disait que la France
52:01ferait mieux
52:02de mieux gérer
52:03ses finances publiques
52:05pour plus investir
52:06en la défense
52:07en faisant fi
52:08d'une vingtaine d'années
52:09voire de décennies
52:11en tout cas
52:11d'investissement
52:12de la France
52:13là où l'Allemagne
52:13n'avait aucun budget
52:14est-ce que ce découplement
52:16auquel on assiste
52:17gentiment
52:18mais peut-être sûrement
52:19entre la France
52:20et l'Allemagne
52:20c'est quelque chose
52:21qui vous inquiète
52:21déjà est-ce que vous le constatez ?
52:24Oui enfin
52:25pour moi
52:26le dernier couple franco-allemand
52:28qui fonctionnait
52:28c'était Mitterrand-Kohl
52:29après c'est fini
52:30c'est terminé
52:31je veux dire
52:33Schroeder-Chirac
52:34voilà
52:35Merkel-Sarkozy
52:38bonjour la blague
52:39enfin
52:39je veux dire
52:40le couple franco-allemand
52:42la dernière fois
52:43qu'il était moteur
52:44qu'il avait un sens
52:45c'était Schmitt
52:47Valéry Giscard d'Estaing
52:48Helmut Kohl
52:49François Mitterrand
52:49voilà
52:50là dans ces moments-là
52:51le couple franco-allemand
52:52avait du sens
52:52et a donné des choses
52:54a donné le système
52:54monétaire européen
52:55en 79
52:56a donné le marché unique
52:58a permis effectivement
52:59que se déroule
53:00la réunification allemande
53:01etc.
53:01tout ça
53:02c'était de beaux moments
53:03c'est fini
53:05depuis les périodes
53:06Chirac-Schroeder
53:06et en suivant
53:07mais est-ce que c'est juste
53:08une question d'hommes
53:09ou c'est aussi une question
53:10de situation économique
53:11c'est que
53:13je rappelle quand même
53:14très vite
53:14que
53:15à la fin des années 90
53:18l'homme malade
53:19de l'Europe
53:19c'était pas nous
53:20c'était l'Allemagne
53:21et avec l'agenda Schroeder
53:22qu'est-ce qu'a fait Schroeder
53:23il a fait
53:24et profitant aussi de l'euro
53:26il a fait largement
53:27une politique
53:28qui n'était pas très coopérative
53:29vis-à-vis de nous
53:30et donc l'Allemagne
53:31a souvent joué
53:32même tout en faisant
53:34la leçon aux autres
53:34le passager clandestin
53:36dans l'histoire
53:36elle s'est aussi détournée
53:37de l'Europe
53:38naturellement
53:39en disant qu'elle avait
53:39une stratégie
53:40soit d'aller vers la Chine
53:41soit de bénéficier
53:42du gaz russe
53:43elle n'a pas toujours joué
53:44la partition européenne
53:45pleinement
53:46et comme l'avait dit
53:48le regretté journaliste
53:50qui est décédé
53:50Jean Quatremer
53:52pas Jean Quatremer
53:55Jean-Michel Quatrepoint
53:56pardonnez-moi
53:58Jean Quatremer
53:59pardonnez-moi
53:59de l'enterrer
53:59il est vivant
54:00c'est Jean-Michel Quatrepoint
54:02qui avait dit
54:02si l'Allemagne
54:03avait perdu la guerre
54:05elle a gagné la paix
54:07il disait
54:07Jean-Michel Quatrepoint
54:08il disait ça
54:08je trouvais que la formule
54:10était assez heureuse
54:10et bien
54:12ce que je veux dire par là
54:14c'est qu'avant que l'Allemagne
54:15fasse la leçon à la France
54:17elle devrait réfléchir
54:18sur les propres stratégies
54:19qu'elle a menées
54:19et qui n'étaient pas toujours
54:20coopératives avec les autres
54:21Européens
54:22donc je pense que
54:23l'heure des leçons
54:24de la part de l'Allemagne
54:24n'est peut-être pas bienvenue
54:26Sur ce découplement
54:28franco-allemand
54:29il vous inquiète
54:29Ronan, Dorothée
54:30vous le confirmez
54:31vous le percevez ?
54:32Historiquement
54:33c'était une force de l'Europe
54:33la construction européenne
54:35comme le couple franco-allemand
54:36qui effectivement
54:37je suis assez d'accord
54:37c'est délité
54:39mais en tout cas
54:39est devenu beaucoup moins fort
54:40qu'il y a quelques années
54:41c'était une force
54:42donc effectivement
54:43le voir un peu moins solidaire
54:44aujourd'hui
54:44c'est pas forcément
54:46un super signal
54:47pour la poursuite
54:49de la construction européenne
54:50mais encore une fois
54:51c'est aussi
54:52si on voit le verre
54:53à moitié plein
54:53c'est aussi peut-être
54:54une manière pour la France
54:55de prendre ce leadership
54:57dont on ne parlait plus tout à l'heure
54:58et de dire
54:58dans ce cas-là
54:59proposons des choses
55:01faisons-nous des choses
55:01qui vont peut-être
55:02servir l'Europe
55:03je trouve que la déclaration
55:04d'ailleurs du président
55:05de la République hier
55:05est assez intéressante
55:06parce que c'est un peu
55:07ce que je disais tout à l'heure
55:08il dit
55:09la défense européenne
55:10ceci la puissance de la France
55:11nucléaire
55:12et ça veut dire
55:13ne pas renoncer
55:13à sa souveraineté
55:14mais pour autant
55:14être capable de défendre l'Europe
55:16je trouve ça intéressant
55:17donc il faut y voir aussi
55:18sans doute quelque chose
55:19de dommageable
55:20mais on ne peut pas
55:22les forcer
55:22par définition
55:23encore une fois
55:23l'Europe n'est pas
55:25un état fédéral
55:26il n'y a pas de chef
55:27ni du président de la République
55:29en tout cas j'espère
55:30ni du président
55:30ni du dirigeant allemand
55:33mais je crois
55:34que c'est aussi
55:34une voie pour la France
55:35pour qu'on a plus de souveraineté
55:36du coup on suivra aussi
55:37avec attention
55:38les déclarations
55:39du chancelier Merz
55:40qui est un déplacement
55:40à la Maison Blanche
55:41dans ce contexte-là
55:42Dorothée Frédéric Ronan
55:44merci à vous
55:44pour cette émission
55:45passionnante
55:46que vous pouvez retrouver
55:46en podcast
55:48et en replay
55:48sur les plateformes
55:49RMC BFM
55:50et tout de suite
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