- il y a 20 heures
Ce vendredi 27 mars, Raphaël Legendre a reçu Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez Rexecode, Christian Parisot, conseiller économique pour Aurel BGC, et Ludovic Desautez, directeur délégué de la rédaction de La Tribune, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:06BFM Business et la Tribune présente les experts, Raphaël Le Gendre.
00:13Bonjour à tous, bienvenue, il est 10 heures passées de 1 minute en direct sur BFM Business, c'est des
00:17experts pour une émission placée sous le haut patronage de Frédéric Bastia aujourd'hui,
00:23qui expliquait déjà en 1850 qu'en économie, il y a ce qu'on voit et ce qu'on ne
00:28voit pas.
00:29Alors ce que vous allez voir ce matin, c'est un gouvernement qui va se féliciter d'un déficit 2025
00:35meilleur que prévu, et oui 5,1% de déficit plutôt que 5,4%.
00:42Mais ce que vous n'allez pas voir, ce qui ne va pas se voir, c'est que derrière ce
00:45déficit, il y a une explosion des impôts, il y a des dépenses toujours incontrôlées et une charge de la
00:51dette qui elle aussi explose.
00:54Et au final, c'est un pays qui s'appauvrit.
00:57On va décrypter ensemble les comptes nationaux 2025 qui ont été publiés ce matin par l'INSEE, ils sont tout
01:05chauds.
01:06On va aussi parler retraite pour essayer de comprendre pourquoi les Français ont tant de mal avec l'idée de
01:11travailler plus longtemps,
01:13alors que trois études présentées hier devant le Conseil d'orientation des retraites disent toutes la même chose.
01:19C'est le seul moyen de résoudre les déficits et de nourrir la croissance.
01:25Et puis enfin, on terminera avec les prévisions de l'OCDE publiées hier, qu'elles le sont entourées.
01:32Et puis on touchera un petit mot d'une nouvelle technologie présentée par Google qui pourrait changer beaucoup de choses
01:37dans l'industrie de l'intelligence artificielle.
01:39Voilà pour le programme du jour, il est 10 heures passées de 3 minutes.
01:43Vous êtes en direct sur BFM Business, c'est les experts, l'émission qui vous éclairent.
01:51Les experts, débats et controverses sur BFM Business.
01:57Et pour parler de ces nombreux sujets, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau Ludovic de Sauté.
02:02Bonjour Ludovic.
02:02Bonjour Raphaël.
02:03Directeur délégué de la tribune.
02:04Face à vous, Christian Parizeau.
02:06Bonjour Christian.
02:07Bonjour.
02:07Économiste et conseiller auprès d'Aurel BCG.
02:10Et Anthony Morley-Lavidali.
02:11Bonjour Anthony.
02:11Bonjour Raphaël.
02:13Économiste chez Rex & Code.
02:16On va tout au long de cette première demi-heure passée ensemble, décrypter les derniers chiffres de l'INSEE qui
02:23concernent les comptes nationaux 2025.
02:27Et la dette aussi.
02:29Alors, première chose qu'on peut se dire, c'est qu'il y a plutôt une bonne nouvelle puisque le
02:37déficit,
02:37allez Christian, je commence avec vous, s'élève à 5,1% du PIB alors qu'on attendait 5,4%.
02:46Qu'est-ce qui explique cette embellie ?
02:48Oui, c'est des rentrées fiscales qui ont été meilleures qu'anticipées.
02:51C'est ça le vrai élément, c'est l'augmentation du taux de prélèvement qui a été supérieur.
02:56Donc, on va dire, c'est une bonne nouvelle qui montre l'efficacité de Bercy à lever l'impôt.
03:01On va dire, c'est surtout ça.
03:03Parce que ce n'est pas lié naturellement à une réduction des dépenses.
03:06C'est tout le problème.
03:08Ce n'est pas lié à une réduction des dépenses, c'est vraiment lié à des rentrées fiscales.
03:12Alors, j'irais, c'est une bonne nouvelle quand même parce que ça veut dire que le point de départ
03:16est un peu plus bas en termes de déficit pour le gouvernement
03:20à un moment où on va avoir des finances publiques qui vont être très contraintes
03:23avec la situation qu'on va connaître au niveau de l'économie.
03:27Je pense que ces 0,3 points, ils vont être vite mangés par la dégradation de la situation économique.
03:32Alors, par contre, ce qu'il ne faut pas envoyer comme message, mais on va l'avoir politiquement,
03:35forcément, c'est la cagnotte, on a de l'argent, subventionnons les gens qui subissent la hausse
03:41des prix de l'essence actuellement pour, utilisons cet argent pour finalement faire baisser
03:46les prix de l'essence.
03:47Bon, ça, ça serait la plus mauvaise idée, on va dire.
03:50C'est un peu ce qui va ressortir, à mon avis, et ce qui risque de ressortir très rapidement.
03:53Sur le fond, c'est quand même, rappelons-le, et c'est surtout là-dessus que je veux insister,
03:57c'est quand même une hausse des prélèvements obligatoires.
03:59Donc, c'est une hausse de la fiscalité.
04:01Donc, c'est quand même quelque chose qui montre, d'une part, qu'on a quand même aujourd'hui
04:06un vrai problème de déficit public qui est loin d'être résolu, malgré, entre guillemets, ce bon chiffre.
04:10On reste quand même sur un déficit de plus de 5%.
04:12Et oui, il a des pires la zone euro.
04:13Il faut quand même le relativiser.
04:15Et puis, d'autre part, je dirais, ce qui est inquiétant, c'est quand même la hausse de...
04:18Alors, on le savait, ce n'est pas une surprise, mais on le savait, c'est la hausse de la
04:21charge d'intérêt,
04:22quand même, plus 12%, c'est quand même pas négligeable.
04:26Pourquoi c'est gênant ? Parce que, de toute façon, quand on paye plus d'intérêt,
04:29ça veut dire qu'on a moins de dépenses pour autre chose.
04:32C'est déjà un budget beaucoup plus contraint.
04:34Et en plus, cette hausse de la charge d'intérêt va se poursuivre,
04:37puisque quand on regarde les taux d'intérêt qu'on voit aujourd'hui sur les marchés,
04:40on voit qu'on est sur une tension assez forte sur les taux.
04:43Et petit point avant...
04:46Juste, ça se voit quand même que les marchés, maintenant, sont très discriminants vis-à-vis des dettes.
04:50Je vous prends juste un élément dans les mouvements de marché qu'on a eus récemment
04:53et dans l'ampleur de la remontée des taux entre les pays souverains,
04:57donc ce qu'on appelle le spread par rapport à l'Allemagne,
04:59mais quand on voit les mouvements de taux qu'on a eus aujourd'hui,
05:01c'est très corrélé au ratio charge de la dette sur PIB.
05:06C'est-à-dire que si vous mettez en parallèle l'ampleur de la hausse des taux,
05:11donc comment on a réagi sur les taux longs face à ce choc,
05:14et votre charge de la dette par rapport à la richesse créée,
05:19vous voyez que c'est très corrélé ensemble.
05:20Ça signifie quoi ?
05:21Ça signifie que quand tout va bien, vous vous refinancez,
05:24de toute façon vous allez peut-être vous payer un tout petit peu plus cher,
05:27mais ce n'est pas très grave.
05:28Lorsque les marchés commencent à paniquer,
05:30lorsque les marchés commencent à avoir un scénario dans lequel on a un risque d'inflation,
05:33qu'on a des banques centrales qui montent les taux,
05:35qu'on a un risque sur la croissance économique,
05:38à ce moment-là, le pays qui a une charge à la dette très élevée,
05:42voit la sanction des marchés qui est beaucoup plus violente,
05:44et ça vous coûte beaucoup plus cher d'emprunter.
05:46Ce qui veut dire que ça accentue vos difficultés budgétaires.
05:49Donc ça veut dire que, ce qu'il faut bien comprendre aujourd'hui,
05:52c'est que nos difficultés budgétaires,
05:55ça compromet notre capacité à être contracycliques dans l'avenir,
05:58au niveau du budget français,
06:00parce que les marchés nous sanctionnent beaucoup plus,
06:03le coût de la dette devient beaucoup plus élevé,
06:05la charge dans le budget du paiement d'intérêts augmente,
06:08et donc on ne peut plus mettre en place des mesures
06:10pour atténuer un éventuel choc économique.
06:12Donc c'est vraiment un vrai élément qu'il faut prendre en compte.
06:15On va y venir tout à l'heure,
06:16avec l'étude de Rex & Code,
06:17et ce graphique absolument inquiétant,
06:19qu'on vous montrera avec vous,
06:22Anthony Morley-Lavidali, tout à l'heure.
06:24Je voudrais simplement qu'on revienne là.
06:25Pendant que, je pense que Sébastien Lecornu vous écoute,
06:28Christian Parizeau,
06:29il est à Bercy en ce moment,
06:30en train de tenir une conférence de presse,
06:32un point sur les finances publiques,
06:33et il indique que la maîtrise des finances publiques
06:37doit se maintenir, quoi qu'il arrive,
06:40pour ne pas revenir aux dépenses du quoi qu'il en coûte.
06:43Évidemment, il est temps qu'on répare un peu notre maison,
06:46on est tout de même toujours à plus de 5% de déficit,
06:50mais ce qu'on voit,
06:50qu'on va rentrer un peu ensemble dans le détail des chiffres,
06:53Anthony, ce matin, publiés par l'INSEE,
06:57c'est que, très franchement,
06:59on n'a pas arrêté de nous parler de rigueur non-stop
07:03depuis l'été dernier,
07:05avec la présentation par François Bayrou,
07:08la première version de ce budget,
07:10tout au long de l'examen budgétaire à l'automne.
07:13Sébastien Lecornu a reculé sur quasiment la totalité des efforts,
07:18les économies, des efforts en dépenses.
07:21La dépense publique augmente de plus de 40 milliards d'euros encore en 2025.
07:27C'est ça le résultat ?
07:27Oui, complètement.
07:28Alors, ce qu'il faut regarder, c'est bien sûr,
07:30est-ce que les dépenses publiques augmentent plus vite que les ressources que sont le PIB ?
07:33La réponse, c'est oui.
07:34On a aujourd'hui des dépenses publiques.
07:36On a des dépenses qui augmentent plus vite que la création de richesses,
07:39encore et toujours.
07:40Ça fait 0,2 point de PIB de plus sur les dépenses publiques.
07:43C'est beaucoup ou pas ?
07:44C'est quand même significatif, surtout dans un moment où on a réduit le déficit public.
07:47Il n'y a qu'en France où on arrive à réduire le déficit public
07:49en augmentant en plus le poids des dépenses publiques dans le PIB.
07:51Ça veut dire que la pression fiscale, on a connu un choc fiscal absolument dingue.
07:55Quand vous prenez toutes les recettes...
07:56Vous parlez de choc fiscal pour 2025.
07:59Il faut se rendre compte, les recettes publiques totales ont augmenté de 0,9 point de PIB sur une seule
08:03année.
08:04Quasiment un point de PIB de plus de recettes publiques au total.
08:07C'est absolument monstrueux.
08:08Il faut relativiser d'autant plus le 5,1 que quand vous regardez toutes les mesures qui sont dites normalement
08:14ponctuelles.
08:15C'est-à-dire à la fois la surtaxe d'impôts sur les sociétés, la taxe sur les rachats d
08:19'actions
08:19et la contribution différentielle sur les hauts revenus, ça représente 8,5 milliards d'euros.
08:24Donc en fait, c'est 0,3 point de PIB.
08:26Donc hors mesure exceptionnelle ou en tout cas dite ponctuelle, on devrait avoir un déficit public à 5,4 points
08:31de PIB.
08:31Donc en fait, cette réduction, elle est à la fois salutaire, mais elle montre bien qu'on ne peut pas
08:36la perpétuer
08:37si on n'a pas, j'allais dire, des vraies économies qui vont permettre de stabiliser durablement le ratio de
08:43déficit public sur PIB.
08:45Et ce qui est inquiétant quand on ouvre un petit peu la boîte des dépenses publiques,
08:48c'est qu'il y a vraiment une catégorie qui augmente beaucoup plus vite que les autres, c'est les
08:52dépenses de protection sociale.
08:5460% de l'augmentation des dépenses sont dues à l'augmentation des dépenses sociales.
09:00Et là, ça renvoie à un mythe plus profondément.
09:02En France, on a un problème de dépenses publiques.
09:04Oui, mais de quelles dépenses publiques on parle ?
09:06Et quand vous regardez au long cours, d'une part, les dépenses publiques hors protection sociale,
09:10elles ont plutôt baissé en point de PIB sur 30 ans.
09:13Donc toute la hausse des dépenses publiques sur les 30 dernières années vient de la protection sociale.
09:16Et quand vous regardez la protection sociale, les deux postes qui ont fortement progressé,
09:21c'est retraite et santé.
09:22Or, ces deux postes-là, le poids des dépenses de protection sociale a plutôt baissé encore une fois en point
09:27de PIB.
09:27Donc en fait, pour le dire en un mot, on a un problème de dépenses de retraite et de santé,
09:31le reste est très mineur.
09:32Et tant qu'on n'adresse pas ces deux sujets-là, en réalité, on n'arrivera pas durablement à contenir
09:37nos déficits publics.
09:39Sébastien Lecornu, je vous arrête Anthony une seconde,
09:41il y a les dépêches et les urgents qui tombent en direct pendant que nous discutons ensemble.
09:47Sébastien Lecornu, on parlait des dépenses de santé, pointe une dérive, je le cite,
09:52très préoccupante du nombre d'arrêts maladie.
09:55Il a raison.
09:56Il a raison.
09:56Et surtout, la problématique, c'est que la balle est partie.
09:58C'est que ce n'est pas comme si c'était ponctuel sur une année sur 2025.
10:01On a un trend aujourd'hui des dépenses de santé,
10:03et a fortiori avec le vieillissement démographique,
10:05qui va continuer d'être complètement explosif.
10:07Donc si on n'arrive pas à prendre des mesures,
10:10on va dire pour corseter la croissance des dépenses,
10:12on va avoir un sujet de long terme,
10:14qui est que et retraite et santé vont nous emmener sur des niveaux de dépenses publiques extraordinairement élevés.
10:18Alors à moins d'augmenter la pression fiscale à des niveaux qui sont déraisonnables,
10:21qui là vont avoir des rétroactions très négatives sur la croissance,
10:24on n'y arrivera pas.
10:25Donc c'est quand même très problématique.
10:27Et on voit bien que le débat a été longtemps,
10:29j'allais dire escamoté,
10:31on a fait croire qu'on n'avait pas de sujet de dépenses publiques,
10:34que le problème venait plutôt des recettes,
10:35alors qu'au long cours, c'est complètement faux.
10:37Donc on a entretenu une petite musique consistant à dire qu'il n'y a pas de sujet de dépense.
10:40Et aujourd'hui, on se rend compte que si quand même le problème majeur vient de là,
10:44il faut quand même s'y atteler.
10:45C'est désagréable, mais il faut le faire.
10:46– Ludovic, qu'est-ce que vous retenez de ces chiffres aussi ?
10:49Moi j'ai l'impression qu'on dit ça à chaque fois,
10:50et pourtant, tout le débat national tourne autour de
10:54« Oh la rigueur, la sueur du sang et des larmes,
10:58vous demandez des sacrifices absolument insupportables,
11:0040 milliards d'augmentation,
11:0441,4 milliards d'augmentation la dépense publique en 2025,
11:0958 milliards d'augmentation des recettes publiques. »
11:12C'est toujours plus de dépenses, c'est toujours plus d'impôts.
11:14– On ne contrôle pas, et peut-être on va remettre ça dans la séquence
11:17qu'on a vécue ensemble, qu'on a commentée.
11:19Honnêtement, c'est un résultat en trompe-l'œil, ce matin,
11:22auquel on assiste, il faut le dire.
11:24Et c'est même une mascarade politique des gouvernements successifs.
11:28Rappelons-nous de l'Himalaya de François Bayrou.
11:31En fait, cet Himalaya, c'est concrétisé par le fait
11:34qu'il y a une hausse de la fiscalité.
11:37Merci, bravo.
11:38Donc en fait, on a une gestion politique.
11:40Mais j'allais dire, le discours de Sébastien Lecornu ce matin
11:43n'est pas tellement mieux.
11:44Parce que finalement, on ne pose pas vraiment les bonnes questions,
11:48fondamentalement.
11:49Ce 5-1, d'abord, fait dire que l'objectif de 5%,
11:53alors maintenant, on parle de 0-1,
11:54il n'y avait pas le Moyen-Orient entre-temps qui s'est installé.
11:58Mais ce 0-1, maintenant, on est sur l'épaisseur du trait.
12:01C'est-à-dire qu'on est d'ores et déjà dans un pays
12:03qui avait décidé de ne pas faire d'efforts, en fait.
12:05En gros, objectivement, c'est quasiment ça.
12:09Maintenant, ce que disait Anthony est très juste.
12:11Il y a des questions profondes qu'il faut se poser.
12:14Il y a un choc démographique.
12:15Il faut savoir l'aborder avec les deux volets
12:18que sont les retraites et les santé.
12:20C'est un vrai débat de société, un vrai débat politique.
12:23Je crains qu'avec la crise au Moyen-Orient
12:25et ce qui va en découler, on va en parler tout à l'heure
12:27avec les projections notamment de l'OCDE,
12:30la présidentielle ne soit pas tellement à la hauteur de ces enjeux-là.
12:33Je le crains qu'on soit plus pris sur des questions de pouvoir d'achat,
12:35d'inflation, voire même de chômage.
12:38Alors que fondamentalement, aujourd'hui, on est sur un pays
12:40qui vit, qui en paye les conséquences
12:42et sur lesquelles il va falloir agir.
12:45Et je veux dire, plutôt que réfléchir en réarmement démographique,
12:48il va falloir réfléchir en réarmement social.
12:51C'est-à-dire reprendre collectivement les choses.
12:55Après, il y a quelque chose qui marque,
12:57c'est ce que Anthony disait.
12:58Et aujourd'hui, on a une masse d'augmentation
13:03qui est supérieure à la masse d'augmentation du PIB.
13:06C'est-à-dire que ce pays n'est toujours pas piloté.
13:10Il n'est pas piloté.
13:11Juste pour compléter ce que dit Ludovic,
13:13on a fait un petit calcul pour se rendre compte
13:14de qu'est-ce que pourrait amener le vieillissement démographique
13:18comme déficit supplémentaire à horizon 2050.
13:20En faisant des hypothèses assez simples,
13:22on se rend compte que c'est 80 milliards d'euros de plus
13:24de déficit public, donc 2,7 points de PIB à horizon 2050,
13:28à politique inchangée.
13:29Donc, si on ne fait rien, le déficit va se creuser
13:31de près de 3 points de PIB à horizon 2050
13:33du fait du vieillissement.
13:34Donc, c'est colossal.
13:35Ça appelle quand même à des mesures rapides
13:36et relativement fortes.
13:38Ce qui ne fait que rajouter un peu de pression
13:40sur les mesures qu'on va devoir prendre.
13:42Ce matin, le ministre des Comptes publics a dit
13:43« pas de cagnotte, c'est le danger qui menace Christian ».
13:46Il faut rappeler peut-être pour les plus jeunes
13:47qui nous écoutent, parce que la cagnotte,
13:49ça monte un peu, c'était en 1999.
13:51Un piège tendu par Jacques Chirac à Lionel Jospin.
13:54Est-ce que vous pouvez nous le rappeler, Christian ?
13:56Oui, c'était un peu la même chose.
13:58Sauf qu'à l'époque, c'était la conjoncture
13:59qui avait été un petit peu meilleure,
14:01qui avait permis d'en manger.
14:01On avait 3% de croissance.
14:02On avait eu une croissance.
14:03On avait eu une sorte de choc désinflationniste
14:06lié à une forte baisse des prix du pétrole.
14:08À l'époque, ce n'était pas du tout...
14:10C'est une autre histoire, mais c'était à cette époque-là.
14:12Et on avait eu des rentrées fiscales
14:14parce qu'on avait eu une croissance bien meilleure.
14:16Juste un petit mot avant de parler de la cagnotte,
14:18juste pour compléter sur les dépenses de santé.
14:20Moi, je comprends quand même une partie des Français
14:22pour une chose.
14:23C'est que vous allez aujourd'hui dans un hôpital.
14:26Vous ne pouvez pas dire aujourd'hui
14:27qu'il y a trop de moyens dans un hôpital.
14:28C'est ça, le gros problème.
14:29C'est vrai.
14:30C'est qu'aujourd'hui, vous attendez.
14:31Vous voulez prendre un rendez-vous chez un médecin.
14:33Vous avez des listes d'attente.
14:35Vous avez...
14:35Donc, aujourd'hui, dire aux Français,
14:37on va réduire les coûts de la santé,
14:39alors que dans votre vie quotidienne,
14:41vous avez le sentiment que ça est en train de se dégrader
14:43et que vous n'avez pas de médecin,
14:44et que les infirmières sont mal payées, etc.
14:46Je vous laisse toute la liste que vous entendez.
14:48Il y a quand même un vrai problème.
14:50Et donc, le vrai problème,
14:51c'est l'efficacité du système de santé.
14:52Et je vous renvoie juste à un petit rapport de l'OCDE
14:55qui est excellent là-dessus,
14:56qui fait la comparaison des différents systèmes de santé dans le monde.
14:59Et on s'aperçoit qu'il y a des pays
15:00qui ont des notes nettement supérieures en termes d'efficacité
15:03sans dépenser plus que la France.
15:06Et donc, il y a bien un problème d'efficacité de la dépense.
15:10Et je dirais que c'est simple à dire.
15:12C'est difficile.
15:13Je ne dis pas que c'est simple à derrière à mettre en place.
15:16Mais il faudrait que les politiques se remettent en cause
15:18sur comment on dépense dans la santé.
15:19C'est ça avant tout.
15:20Avant de nous parler d'économie,
15:22déjà, rendons efficace ce qu'on dépense.
15:24Et là, le gros problème,
15:25moi je comprends les Français
15:26qui ne veulent pas qu'on touche à leur santé
15:27parce qu'ils ont l'impression
15:28que ça va encore plus se dégrader.
15:30Et comme le système marche mal,
15:31on se dit que ce n'est pas le moment de faire des économies.
15:34Mais non, ce qu'il faut,
15:35c'est rendre efficace la dépense de santé.
15:37Et juste pour la petite parenthèse,
15:38qu'est-ce qui fait qu'en France ça marche mal ?
15:40C'est qu'on manque de médecins généralistes
15:42qui ne jouent pas leur rôle
15:43et qu'on fait trop supporter
15:46au système hospitalier
15:48des choses qui devraient être supportées
15:51au niveau des médecins de ville.
15:53Donc il y a toute ta reconcérée.
15:55Et ça, c'est quand même un aimant.
15:56Mais là, il parlait des arrêts maladie,
15:59Sébastien Lecornu,
16:00qui augmente encore,
16:01j'ai trouvé le chiffre, 800 millions.
16:03On a vu qu'il y a des problèmes de fraude aussi
16:05qui est mal géré.
16:07Comment ça se fait qu'aujourd'hui,
16:08les ordonnances ne sont pas totalement
16:09en électronique et sécurisées ?
16:11On peut se poser la question quand même.
16:12On a les moyens en France,
16:13on a les moyens informatiques.
16:14Comment ça se fait qu'on en ait encore
16:16à faire du papier
16:16et à essayer de déchiffrer
16:18ce qui est écrit sur l'ordonnance du médecin ?
16:21Donc il y a quand même pas mal de choses
16:22où on peut évoluer.
16:23Bon, ça arrive.
16:24Mais on peut se dire la vérité,
16:25on est entre nous aujourd'hui.
16:26C'est qu'on sait,
16:27les gouvernements,
16:28c'est très bien,
16:29je ne l'ai lu pas,
16:30d'anciens ministres,
16:31qu'il y a 7000 médecins
16:32sur souscripteurs d'arrêts maladie
16:35en France.
16:35Ils sont connus
16:36et personne ne fait rien
16:38par crainte de représailles,
16:39de mouvements sociaux,
16:40du corporatisme,
16:42on peut le dire,
16:43de la profession
16:44qui refuse qu'on s'y attaque.
16:46Encore une fois,
16:47des réformes
16:47qui ne sont pas menées de front.
16:48Voilà.
16:49Donc il faut quand même
16:50relativiser tout ça.
16:51Je dis,
16:51il y a des éléments,
16:52mais efficacité.
16:53Il faudrait plus,
16:54je dirais,
16:55plus que parler de contraintes
16:56en termes de dépenses.
16:56L'efficacité de l'euro dépensé.
16:58On n'y arrivera pas
16:59avec le vieillissement de la population.
17:00On sait qu'on n'arrivera pas
17:01à réduire les dépenses.
17:02Non, mais on met mieux,
17:05ça nous permettrait
17:06de mieux gérer
17:06le vieillissement de la population
17:07et de la meilleure qualité.
17:09Pour la cagnotte,
17:10il n'y a pas de cagnotte.
17:10Très clairement.
17:11Il faut arrêter.
17:12Que dit le ministre du Budget ce matin ?
17:14Je suis d'accord avec Christian,
17:15mais par exemple,
17:15sur les dépenses de santé,
17:17on pourrait imaginer,
17:17il me semble que ça serait sain
17:18d'augmenter un peu le reste à charge.
17:19On voit bien
17:20que c'est un peu le secret
17:21de Paulie Chérel,
17:22mais il y a un moment donné
17:23où la santé ne peut pas être
17:25autant remboursée
17:26qu'elle l'est aujourd'hui en France.
17:27Tous les pays augmentent
17:28les restes à charge.
17:29Je crois qu'il y a quelque chose
17:33au niveau européen.
17:34Complètement.
17:35On est quand même
17:35sur des niveaux de taux de remboursement.
17:36Et puis, on sait aussi,
17:37c'est triste à dire,
17:38mais que quand une consommation
17:39n'est pas assumée
17:40par son consommateur,
17:41donc les dépenses de santé,
17:42la demande est illimitée.
17:43Ce qui n'a pas de prix,
17:44n'a pas de valeur.
17:45Exactement.
17:45Et le point me semble-t-il important
17:47quand on demande des efforts aux Français,
17:48il faut bien voir que
17:49quand on dit que ce qui augmente
17:50la dépense publique,
17:51c'est les dépenses de retraite
17:51et de santé,
17:52en fait, ce dont on est en train de parler,
17:53c'est un transfert intergénérationnel
17:55entre les actifs
17:56vers les retraités.
17:57Donc, il est vrai que
17:58les actifs d'aujourd'hui
17:59ont beaucoup de difficultés
18:00à comprendre qu'on leur demande
18:01un effort,
18:01parce que toute l'augmentation
18:03de la dépense,
18:03c'est en fait un accroissement
18:04du transfert des actifs
18:05vers les retraités.
18:06Donc, il y a un moment
18:06où il va aussi falloir adresser
18:08la problématique
18:09de l'équité intergénérationnelle.
18:10Et ça, ce n'est pas simple
18:11à expliquer,
18:12parce qu'au fond,
18:12les retraités d'aujourd'hui
18:13ne comprennent pas spécialement
18:14pourquoi on peut leur demander
18:15des efforts,
18:16mais c'est vraiment eux
18:17qui bénéficient le plus
18:18des revalorisations
18:19des prestations sociales.
18:20et c'est des actifs,
18:21quand on est dans un régime
18:22par répartition,
18:23c'est des actifs
18:23qui se font toujours
18:24plus fonctionner.
18:25Donc là, ça,
18:25c'est aussi une difficulté,
18:27c'est de dire,
18:27c'est peut-être pas un effort
18:29linéaire ou en tout cas
18:30stable pour tout le monde,
18:31mais il faut accepter
18:32de mettre sur la table
18:33les inégalités potentielles
18:35entre générations.
18:35Oui, il faut faire de la pédagogie
18:36sans opposer les générations
18:38et simplement mettre à plat
18:40la manière dont fonctionne
18:41le système
18:42et qui étrangle
18:43de plus en plus
18:45effectivement les actifs.
18:46Je voulais,
18:46Anthony,
18:47je reste avec vous,
18:47je voulais qu'on touche
18:48un mot de votre étude
18:49sur la dette.
18:50Christian en parlait
18:51il y a quelques minutes
18:53sur cette explosion
18:54du service de la dette.
18:57Vous avez publié
18:58un graphique
18:59qui fait froid dans le dos.
19:01On va pouvoir le montrer
19:02à l'image,
19:03c'est les prévisions.
19:04Alors là,
19:05on est en milliards d'euros,
19:06on aurait pu le montrer aussi
19:07en point de pub,
19:08en point de PIB,
19:09les prévisions d'augmentation
19:11de la charge de la dette.
19:12Qu'est-ce qui se passe,
19:14Anthony Morlain-Lavidali,
19:16sur notre charge de la dette ?
19:17Pourquoi ça augmente
19:19de manière complètement dingue
19:22en 40 ans là,
19:23comme on ne l'a jamais vu ?
19:24En fait,
19:24c'est assez mécanique,
19:25c'est ça qui est amusant,
19:26c'est qu'au fond,
19:26on ne prend pas d'hypothèses
19:29particulièrement négatives,
19:30mais vous avez un stock
19:31de dette aujourd'hui
19:32qui est extraordinairement élevé.
19:34On a du mal
19:34à se rendre compte
19:35de ce que ça veut dire
19:35que d'être à 115 points
19:36de taux d'endettement sur PIB,
19:38mais la réalité,
19:38c'est que dès que vos taux
19:40augmentent un petit peu
19:40et dès que vous devez
19:42refinancer une part importante
19:43de votre dette
19:44à des niveaux plus élevés,
19:46automatiquement,
19:46ça embarque monstrueusement
19:47les charges d'intérêt de la dette.
19:48Ce qui est amusant,
19:49c'est que si on exprime
19:50ce graphique en points de PIB,
19:51on revient sur des plus hauts niveaux
19:52qu'on avait connus
19:53plutôt à la fin des années 90,
19:553,5 points de PIB
19:56à horizon 2030,
19:57mais à l'époque,
19:58on avait un endettement public
20:00qui était à peine supérieur
20:00à 40% du PIB.
20:02Un autre monde.
20:03Exactement.
20:04Donc certes,
20:04on avait un taux d'apparent,
20:05comme on dit,
20:05d'intérêt sur la dette
20:06qui était beaucoup plus élevé,
20:07à 8.
20:07Là, on va seulement aller à 3,
20:09mais vous allez seulement à 3,
20:10mais compte tenu du stock énorme
20:12que vous devez refinancer,
20:13ça augmente énormément
20:14les charges d'intérêt sur PIB.
20:16Donc c'est pour dire
20:16que plus vous avez
20:17un stock de dette important,
20:18plus vous avez une sensibilité
20:20au taux d'intérêt
20:20qui devient absolument gigantesque.
20:22Et donc,
20:22même en faisant des hypothèses
20:24assez standards,
20:24au fond,
20:25où à long terme,
20:26on aurait un taux d'intérêt apparent
20:28entre 3,
20:293,5%,
20:30et bien ça vous fait
20:31des charges d'intérêt
20:32qui vont converger
20:32à 3,5%,
20:334% dans la durée.
20:34Donc pour le dire autrement,
20:35le coût est parti.
20:36On ne peut pas vraiment arrêter
20:37cette augmentation vertigineuse
20:39des charges d'intérêt.
20:40Alors plus on fait d'économie,
20:41bien sûr,
20:41plus on pourra limiter la hausse.
20:43Donc c'est trop tard,
20:44on ne pourra pas revenir en arrière,
20:45c'est ce que vous nous dites.
20:46On ne baisse pas la dette.
20:48Exactement,
20:48on peut infléchir
20:49la vitesse d'augmentation,
20:50mais très clairement,
20:51la balle est partie,
20:51on va devoir faire avec
20:52et vivre dans ce temps-là.
20:53On a les chiffres,
20:53ça veut dire qu'à horizon 2030,
20:55qu'entre 2024 et 2030,
20:57on va doubler la charge.
20:58C'est 100,
21:00120 milliards.
21:01Oui, tout à fait.
21:01Et donc forcément,
21:02comme on doit financer
21:03en plus une transition énergétique,
21:05une transition démographique,
21:06numérique,
21:06va se poser la question
21:07des arbitrages.
21:09Et ça,
21:11on parle toujours de charge
21:13par point de PIB.
21:14En réalité,
21:15moi je trouve qu'on devrait présenter
21:16tous ces indices de finances publiques
21:18un peu compliqués
21:18parce que les points de PIB d'ailleurs,
21:19personne n'y comprend rien.
21:21Parler de milliards d'euros
21:22et expliquer quand même
21:23que c'est peut-être
21:24par rapport au budget,
21:26par rapport à nos dépenses publiques,
21:28120 milliards.
21:29Aujourd'hui,
21:29la dépense publique française,
21:31c'est 1700 milliards.
21:32Donc on est à quoi ?
21:33C'est peut-être 7% du budget
21:36qui va aller chez nos créanciers.
21:39C'est ça.
21:39Et quand on nous dit
21:39qu'on a du mal
21:40à faire un effort de défense
21:42par exemple supplémentaire
21:42de quelques milliards,
21:43là on se dit
21:44qu'il y a quand même
21:44un éléphant au milieu de la pièce
21:46qui risque d'aller l'argent.
21:48Il faut bien que les gens
21:49comprennent aussi une chose
21:50parce qu'on pourrait dire
21:51après tout 3% du PIB,
21:52c'est pas grand-chose.
21:533% de mon budget
21:54pour rembourser la dette,
21:55c'est peut-être pas grand-chose.
21:56Mais ce qu'il faut bien comprendre,
21:57c'est qu'on raisonne toujours
21:58en dynamique.
21:59Et ce qu'il faut bien comprendre,
22:00c'est que les dépenses de l'État
22:01en dynamique honnent,
22:03mécaniquement,
22:04pour des raisons de salaire,
22:05de coût,
22:06de vieillissement
22:07du nombre de fonctionnaires,
22:08etc.
22:10Ça s'appelle le tendanciel
22:11en finances publiques.
22:12Il y a une dérive mécanique
22:14des dépenses
22:15qui font que
22:16si vous voulez seulement
22:17stabiliser les dépenses,
22:18ça demande des efforts.
22:19C'est ça qui est important.
22:20Et puis l'autre point
22:22qu'il faut avoir en tête aussi,
22:24c'est que l'État central
22:26a fait quand même
22:26une grosse partie du travail
22:28en termes de dépenses publiques.
22:29C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
22:30on ne peut pas dire
22:31qu'on a un État régalien
22:32qui dépense énormément
22:33dans la justice,
22:35pour maintenir la police,
22:36etc.
22:37Donc le problème,
22:38c'est vraiment
22:38le coût de la santé
22:40et des retraites.
22:41C'est ça qui pose problème
22:42aujourd'hui
22:42dans les finances publiques.
22:44Et le gros problème
22:45aujourd'hui qu'on a,
22:46c'est que comme on ne veut pas
22:47traiter ces problèmes-là,
22:48on se retrouve peut-être
22:49même à pas suffisamment
22:50dépenser
22:51dans les fonctions régaliennes
22:52de l'État.
22:53Ah ben voilà un discours
22:54qu'on n'entend pas beaucoup
22:55sur l'antenne de BFM.
22:57Il faudrait dépenser davantage
22:59pour l'État.
23:00Aujourd'hui,
23:00ce n'est pas normal
23:00qu'on ait une justice
23:02où on dépense si peu
23:03par rapport à d'autres pays
23:04européens.
23:05Ce n'est pas,
23:05bon,
23:06la défense,
23:06on a bien compris
23:07que maintenant,
23:08on va devoir dépenser plus
23:10pour notre défense
23:10et qu'on n'a pas trop le choix.
23:12Donc,
23:13il faut bien comprendre.
23:14Le problème,
23:14c'est qu'on a un cœur de dépense
23:16qui est sur deux choses,
23:18qui est en train
23:18de tout manger
23:19et qui est en train
23:20de tout déséquilibrer.
23:21Et donc,
23:21moi,
23:21je pense que c'est ça
23:22qui est très inquiétant
23:23pour la France
23:23et pour même la compétitivité
23:25de l'économie française.
23:26Parce que derrière,
23:27il y a quand même
23:27des dépenses publiques
23:29qui sont utiles.
23:29quand l'État
23:31veut investir
23:32pour créer des EPR
23:33et permettre
23:35de l'énergie
23:35pas chère demain,
23:36c'est la compétitivité
23:37des entreprises françaises
23:38pour demain.
23:38Mais il faut encore
23:39qu'il ait les moyens
23:40d'investir dans ces EPR
23:41et pas tout mettre
23:42dans la santé
23:42ou dans les retraites.
23:43Donc,
23:44voilà,
23:44c'est juste pour bien
23:45faire comprendre
23:46quelque chose aux gens,
23:47c'est que le fait
23:49d'augmenter,
23:49ça peut paraître faible,
23:50de quelques points de PIB,
23:52la charge de la dette,
23:53on va se dire,
23:53même dans votre budget,
23:55le fait que ça augmente
23:55un tout petit peu,
23:56ça peut paraître faible,
23:58mais ça a des conséquences
23:59énormes
24:00dans les dépenses
24:01courantes de l'État
24:01et donc,
24:02à un moment donné,
24:03on n'évite pas
24:03de poser la question
24:04de pouvoir couper
24:06dans les dépenses
24:06de santé et de retraite,
24:07qu'on le veuille ou non.
24:08Ça ne parle à personne.
24:09Ludolique de Sauté.
24:10Et c'est pour reboucler
24:11avec les différents thèmes
24:12de ce matin,
24:13c'est-à-dire que c'est...
24:13Il n'y a rien de pire
24:14dans cette situation
24:15d'être dans une forme
24:16d'auto-satisfaction.
24:17C'est-à-dire que c'est ça,
24:18c'est-à-dire
24:18on est en train
24:19d'être content
24:20parce que la France
24:22est à 5,1%
24:23de déficit.
24:24Je rappelle que l'objectif,
24:25la normalité,
24:26ça serait 3%.
24:27C'est-à-dire le chemin
24:29européen.
24:30Tout ça avec une dette
24:32à 3 500 milliards
24:33à peu près.
24:33Oui,
24:343 460 milliards précisément.
24:36Une charge de la dette
24:37qui va atteindre
24:38les 120 milliards
24:38quand on regarde
24:39Règle et Côte.
24:40Alors qu'on est dans un monde
24:41qui demanderait aujourd'hui
24:43de prioriser
24:44les investissements
24:45et on est dans un monde
24:46par ailleurs
24:46où d'incertitude
24:48en incertitude,
24:49il faut gérer des chocs
24:50et ces chocs-là
24:51aujourd'hui,
24:52la France n'est pas
24:53en capacité
24:55de les assumer.
24:56C'est-à-dire que
24:56on va voir probablement
24:58qu'en fin de journée
24:59il va y avoir des annonces
25:00fléchées par rapport
25:01à la progression
25:03des prix du carburant
25:04pour les gros rouleurs.
25:05Mais c'est-à-dire
25:05qu'on en est réduit
25:06à ça.
25:07C'est-à-dire que
25:07la France ne peut plus faire
25:08la méthode italienne
25:0925 centimes de réduction
25:10sur le carburant.
25:11C'est une réalité.
25:12On n'a plus les moyens
25:13de le faire.
25:14Il faut bien le comprendre.
25:16Georges réagit
25:16sur mon compte Twitter
25:18sur les recettes
25:19fiscales qui explosent.
25:20il nous dit
25:20peut-être qu'elles explosent
25:22aussi parce que
25:23l'assiette fiscale
25:24a augmenté
25:25et lui nous parle
25:26de ses plus-values
25:27sur la gestion
25:28des actions US
25:30qui ont plutôt
25:31bien fonctionné.
25:33Mais ce qu'on voit,
25:33alors c'est vrai,
25:35on a eu un peu
25:36de croissance,
25:37mais ce qu'on voit
25:38c'est que
25:39les recettes
25:39ont augmenté
25:40deux fois plus vite
25:41que le PIB,
25:43que la création
25:44de valeur.
25:44Le taux de prélèvement
25:44ne devrait pas vous demander.
25:45Voilà, c'est ça.
25:47Et le taux de prélèvement
25:48obligatoire,
25:49je l'ai quelque part,
25:50on est passé
25:51de 42,8 points de PIB
25:53à 43,6 points de PIB
25:56de prélèvement obligatoire.
25:58Ça veut donc dire
25:59que malheureusement
26:00la pression fiscale
26:01a très sensiblement
26:03augmenté
26:03et on est parmi
26:04les plus axés
26:05au monde.
26:06Des pays de l'OCDE,
26:07des pays riches,
26:07donc très probablement
26:09au monde.
26:10Voilà pour le bilan
26:13du jour
26:13des comptes 2025,
26:15des impôts
26:16et des dépenses
26:16qui augmentent
26:17encore et toujours
26:18et donc
26:19une maîtrise
26:20sans doute
26:21à perfectionner.
26:23Quoi qu'il arrive,
26:25nous dit Sébastien Lecornu
26:26ce matin
26:27en direct de Bercy.
26:28On va tourner
26:29une petite page
26:31de pub
26:31et on se retrouve
26:32dans une minute
26:32pour parler retraite
26:34et prévision de l'OCDE.
26:35A tout de suite,
26:35ne quittez pas.
26:41BFM Business
26:42et La Tribune
26:43présentent
26:44Les Experts
26:46Raphaël Legendre.
26:49On est de retour
26:49pour la seconde partie
26:50de l'émission.
26:51Bienvenue à tous,
26:52on est en direct
26:52sur BFM Business.
26:53Il est 10h30,
26:55pile,
26:56toujours autour
26:56du plateau
26:58Ludovic de Sauté
26:59de La Tribune,
27:00Christian Parizeau,
27:02conseiller Aurel BCG
27:03et Anthony Marlès,
27:03la vie d'Ali
27:04de Rex & Code.
27:06On va parler retraite.
27:08C'est une émission
27:09très franco-française
27:10aujourd'hui.
27:10On vient de faire
27:11le panorama
27:12des finances publiques
27:142025.
27:15Toujours plus d'impôts
27:16et de dépenses,
27:17toujours plus de dettes
27:18et de coûts de la dette.
27:19On va parler retraite.
27:21C'est très directement
27:22lié en réalité.
27:24Tout ça,
27:24c'est une question
27:24de prospérité nationale.
27:27Hier,
27:28trois études
27:29ont été présentées
27:30devant le Conseil
27:32d'orientation
27:33des retraites.
27:34Ces études,
27:35elles avaient été demandées
27:36il y a un an
27:36par les syndicats,
27:38par les partenaires sociaux
27:39pour voir
27:39quel était l'impact
27:40macro-économique
27:42des différents leviers
27:43à disposition
27:44de la puissance publique
27:46pour résorber
27:47le déficit
27:48des retraites.
27:49Déficit,
27:50je le rappelle,
27:50de 6 milliards d'euros
27:52en fin d'année
27:54qui va monter
27:55à peut-être
27:55une trentaine de milliards
27:56si on ne fait rien
27:57d'ici 4 ans.
28:01Ces scénarios,
28:02ils ont à peu près
28:03tous la même conclusion.
28:06On va un peu
28:07les passer en revue,
28:08mais c'est que
28:09si on veut plus
28:10de prospérité,
28:11il faudra
28:12travailler plus.
28:13C'est un peu ça,
28:14Christian ?
28:14Oui,
28:15alors après,
28:16je dirais,
28:16je mettrai un petit bémol.
28:17Moi,
28:17il y a juste la chose,
28:18quel est le poids
28:20finalement des retraites ?
28:20Parce que c'est un système
28:22de transfert de richesse,
28:23donc l'idée,
28:25c'est que les actifs
28:27financent
28:27ceux qui sont à la retraite
28:29disent les inactifs.
28:31Le poids des retraites
28:32en soi,
28:33ça peut être
28:33un choix de société.
28:34C'est-à-dire qu'on pourrait dire
28:35finalement,
28:36les Français sont prêts
28:37à accepter
28:38qu'on aille finalement
28:40un poids très important
28:41de notre richesse
28:42qui soit redistribué
28:43aux inactifs.
28:44Le seul problème
28:45aujourd'hui,
28:45c'est qu'on nous vend
28:46et c'est comme ça
28:48que marche le système,
28:49c'est qu'en gros,
28:50on nous vend
28:51un poids très élevé
28:52des inactifs,
28:53donc un poids,
28:54on a un gros transfert
28:56des actifs
28:57davantage
28:58que d'autres pays
28:59européens.
28:59On a des inactifs
29:01qui vivent plutôt mieux
29:02que les actifs
29:02et donc là,
29:03il y a quand même
29:03un problème.
29:04C'est-à-dire que moi,
29:05ça ne me gêne pas
29:05que vous partiez
29:06éventuellement
29:06à la retraite plus tôt
29:08mais il faut que vous ayez
29:09une compensation
29:09que votre retraite
29:10soit plus faible.
29:11Oui.
29:11C'est-à-dire que partir
29:12à la retraite plus tôt...
29:12Là, on fait référence
29:13à une étude de l'adresse
29:14publiée hier
29:14qui expliquait que
29:1635% des retraités
29:18touchaient davantage
29:20à la retraite
29:22qu'en tant qu'actifs.
29:23Moi, je ne comprends pas
29:24comment c'est possible.
29:25Et là, on est quand même
29:26sur un vrai problème.
29:27C'est-à-dire qu'on a
29:27le beurre et l'argent du beurre
29:28quand on part à la retraite.
29:30Donc après,
29:30il y a déjà un choix
29:32de société de savoir
29:33à quel âge on part.
29:34Ça, ça vous donne
29:35finalement le curseur
29:36de la distribution
29:37qui va aller des actifs
29:38vers les inactifs.
29:39Et donc forcément,
29:40si vous voulez régler
29:40le problème d'un déficit,
29:41le plus simple,
29:42c'est de bouger ce curseur
29:43et de partir plus tard
29:44à la retraite.
29:45On sait qu'il y a
29:45une opposition très forte
29:46des Français
29:46vis-à-vis de ça.
29:47Mais on pourrait accepter
29:49que les Français
29:49partent plutôt à la retraite.
29:50Mais dans ce cas-là,
29:51il ne faut pas que vous viviez
29:53mieux en étant à la retraite
29:54que les actifs.
29:55Parce qu'avec le choc démographique,
29:56ça c'est valable
29:57quand il n'y a pas
29:58de choc démographique.
29:59Quand vous avez une augmentation
30:00de la population,
30:01il n'y a pas de problème.
30:02Alors soit on accepte
30:03beaucoup d'immigrés en France
30:05et on fait monter
30:06comme ça la population active.
30:08Et dans ce cas-là,
30:09oui, on pourra maintenir
30:10ce système-là.
30:10Ou soit on reste dans l'idée
30:12qu'on maintient
30:14une population,
30:15on n'a pas une explosion
30:17démographique derrière.
30:18Et donc, il ne faut pas
30:19se leurrer.
30:19Il va falloir à un moment
30:20dire aux retraités
30:21que vous allez vivre
30:21beaucoup moins bien
30:22dans les prochains mois,
30:23dans les prochaines années.
30:24Vous ne pouvez pas avoir
30:25une meilleure retraite
30:26que quand vous étiez actif.
30:27Donc là, il y a un vrai problème
30:28d'éclaircissement du mécanisme.
30:30En termes de démographie,
30:31on sait à peu près
30:31ce qu'il se passe, non ?
30:322025, c'est une année de bascule.
30:34C'est l'année de bascule historique.
30:36C'est-à-dire plus de décès
30:37que de naissances.
30:39Et malheureusement,
30:40c'est parti pour rester.
30:41C'est-à-dire que les indicateurs
30:42avancés, les projections
30:43font dire que le mouvement
30:45est là pour plein de raisons
30:47à la fois sociales,
30:48mais aussi par rapport
30:49à ce qui est maintenant
30:50devenu la pyramide d'âge
30:51de ce pays.
30:52C'est-à-dire qu'il y a
30:52un effet de cercle vicieux.
30:54Plus ce pays va vieillir,
30:55plus la natalité va aussi baisser.
30:56C'est-à-dire que c'est
30:58malheureusement enclenché.
30:59Ce que dit Christian,
30:59il est vraiment important.
31:01Et une fois de plus,
31:02le débat politique
31:03n'est pas à la hauteur
31:04de ces enjeux-là.
31:04C'est-à-dire que c'est
31:06un merveilleux système
31:07qu'on décrit
31:08dans l'absolu de façon théorique
31:09comme le système de santé
31:11dont parlait tout à l'heure Anthony.
31:12En revanche,
31:13dès qu'il ne s'adapte pas
31:14à une logique,
31:15à des nouveaux paramètres,
31:16et en l'occurrence
31:18un vieillissement de la population,
31:20et puis un problème
31:20de productivité en France aussi,
31:22on ne va pas se mentir.
31:22Parce qu'il y a
31:23combien de temps on travaille,
31:25mais aussi combien de temps
31:26on bosse chaque semaine
31:27et tout ça.
31:28En Allemagne,
31:29le dossier est en train
31:30de remonter aussi en flèche
31:31et il va falloir
31:31que le pays retrousse les manches.
31:33On n'est absolument pas
31:34dans cette ambiance en France.
31:37Il y a, si on veut,
31:38sauver ce patrimoine,
31:40honnêtement,
31:41c'est un patrimoine social,
31:42il faut que ce pays
31:43retrousse les manches.
31:44Et c'est une nécessité absolue.
31:45On rappelle quelques indicateurs
31:47pour se comparer en Europe.
31:48Les dépenses des pensions,
31:50c'est 14 points de PIB en France
31:52contre une moyenne de 12%.
31:54C'est deux points de plus.
31:55C'est deux points de plus.
31:56Bon, deux points de PIB,
31:56encore une fois,
31:57ça ne parle pas beaucoup en français.
31:58C'est 60 milliards
31:59de dépenses supplémentaires.
32:01Les retraites,
32:01c'est 400 milliards.
32:02Donc, pour réduire de 60 milliards,
32:05il n'y a pas 36 solutions.
32:07Soit vous augmentez les cotisations,
32:10mais aujourd'hui,
32:10les cotisations,
32:11c'est quand même 28%
32:12sur notre fiche de salaire.
32:15À tous ceux qui sont autour
32:16ici de la table
32:17et qui nous écoutent,
32:18on verse plus d'un quart
32:19de notre salaire aux retraités.
32:21Soit vous augmentez
32:22les cotisations patronales,
32:23mais là,
32:24que nous disent les études
32:24qui ont été présentées hier,
32:26Anthony Morley-Lavidali,
32:27sur l'augmentation
32:28des cotisations sociales
32:29ou patronales ?
32:30Quelles sont les conséquences ?
32:31Le coût du travail,
32:32de toute façon,
32:33quand vous le faites augmenter,
32:34c'est très négatif
32:34pour votre compétitivité,
32:35pour la croissance future.
32:36Donc, c'est du chômage
32:37et des pertes d'emploi.
32:39On découvre un peu l'Amérique
32:40quand même en se disant
32:41que décaler l'âge de départ
32:43à la retraite,
32:43c'est un choc d'offre positif
32:45et c'est bon pour tout le monde.
32:46Il y a des pays bien moins sophistiqués
32:47qui avaient compris ça
32:48quand même bien avant nous.
32:49Est-ce qu'on l'a vu,
32:50ces alternances qui demandent
32:52sur X,
32:53est-ce que les réformes
32:54des retraites menées en Europe
32:55ont amené à une forte croissance ?
32:57D'ailleurs, en Europe,
32:58quand l'Italie est passée
32:59de 60 à 67 ans d'un coup,
33:01est-ce qu'ils ont eu
33:03l'augmentation de la croissance potentielle
33:04ou l'Espagne ou l'Allemagne ?
33:05Pour le coup, ça, on l'a vu,
33:07aurait été bien plus négatif
33:08pour le dire autrement.
33:09Tous ces pays,
33:09notamment l'Allemagne,
33:10mais c'est vrai de l'Italie aussi,
33:12rendent leur système
33:12de protection sociale soutenable
33:14grâce à ces réformes-là.
33:15Si elles n'avaient pas fait les réformes,
33:17là, elles seraient dans des difficultés
33:18budgétaires bien plus prégnantes.
33:20Le point qui me semble assez marquant,
33:22c'est que là,
33:25on a gagné à peu près 4 millions de personnes
33:26de 65 ans et plus,
33:28et on va perdre de la population
33:29en âge de travail,
33:30ce qui n'était pas le cas jusqu'à l'heure.
33:31On va perdre 2 millions.
33:32Donc, il y a un croisement,
33:33en quelque sorte,
33:33qui s'opère avec à la fois plus de personnes.
33:35Et donc, ils accélèrent, quoi.
33:36Oui, exactement.
33:3817 millions de retraités aujourd'hui,
33:39je rappelle.
33:40Tout à fait.
33:40Donc, ce qui est quand même très frappant,
33:42c'est notre incapacité à bien voir
33:44que quand les équilibres démographiques bougent,
33:46il faut absolument faire bouger aussi
33:47les différents paramètres.
33:49Et on est dans un moment,
33:50aujourd'hui,
33:50ça, c'est les études de l'INET
33:51qui sont fascinantes,
33:52qui nous le montrent.
33:52Les contributeurs nets
33:53au système de protection sociale,
33:55c'est les 20-60 ans.
33:56On a un point de bascule à 60 ans
33:57et on devient bénéficiaire net
33:59à partir de 60 ans.
34:00Il faudrait que ce point de bascule-là,
34:02on le déplace un petit peu
34:03pour rendre le système...
34:04Pourtant, le départ à retraite,
34:05l'âge moyen,
34:06il est au temps de 63 ans et demi.
34:08Effectivement, il est 62 ans.
34:08Mais on sait bien que
34:09plus de la moitié des personnes
34:10au moment de passer en retraite
34:12sont déjà en dehors de l'emploi.
34:14Donc, il faudrait être capable
34:15d'augmenter souvent
34:16ce qu'on appelle l'effet horizon,
34:17de déplacer un petit peu ce point-là.
34:18Et là, ça serait plutôt positif.
34:20Mais il est certain
34:21qu'il n'y a pas d'autre levier possible.
34:23On parle beaucoup du travail
34:24qui ne paye plus.
34:25Mais on ne peut pas à la fois
34:26dire le travail ne paye plus
34:27et partir les plus précocement en retraite
34:30et avoir un taux de remplacement
34:30les plus élevé d'Europe.
34:31Forcément, à la fin,
34:32ça signifie que vous devez expliquer
34:34à vos actifs
34:34que le travail ne payera pas durablement.
34:36Et ça, ce n'est pas soutenable.
34:37Donc, il faut quand même bien voir
34:39que ces trois paramètres s'articulent
34:40et encore une fois,
34:41faire de la pédagogie.
34:42Moi, ce qui m'avait beaucoup frappé,
34:43c'est quand même,
34:43on a entretenu longtemps
34:44et le corps, je suis désolé,
34:46y a contribué,
34:47l'idée que la productivité
34:48nous sauverait de tous nos malheurs.
34:50Bon, on se rend compte
34:50que ce n'est pas le cas.
34:51Mais c'est sûr que si on dessine
34:52des scénarios de productivité
34:53à un cas tout plus,
34:54on peut tout rendre soutenable.
34:55La réalité, c'est que ça ne se produit pas.
34:57Donc, on a aussi,
34:57le débat public a entretenu
34:59l'idée miraculeuse
35:00qu'il n'y aurait pas besoin
35:01de faire d'efforts
35:01pour rendre nos comptes sociaux soutenables.
35:03C'est pas vrai.
35:040,7 qui est régulièrement invité
35:05sur ce plateau
35:06a quand même essayé
35:07de changer tout ça.
35:07On est sur une hypothèse centrale
35:09de 0,7 point de productivité.
35:10Il a fait un travail formidable
35:11et c'était nécessaire.
35:12Mais c'est que maintenant,
35:13je vais dire qu'on se rend compte
35:14que finalement,
35:15la productivité sera
35:16pas forcément extrêmement basse,
35:18mais disons conforme
35:19avec ce qu'on a observé
35:20sur les dix dernières années.
35:22Bon, on a l'impression
35:22que ces études,
35:23elles en foncent un peu,
35:24enfin bon,
35:25elles confirment une intuition
35:26qu'on avait tous en tête,
35:27c'est que travailler plus,
35:28c'est le seul moyen
35:29d'avoir une prospérité plus forte.
35:31Moi, la question que je me pose,
35:33c'est pourquoi les Français
35:34ont tant de mal
35:35à accepter
35:37un an de travail supplémentaire.
35:40Ça crée un demi-point de PIB
35:41au bout de deux ans
35:42et 240 000 emplois en France.
35:44C'est ce que partageaient
35:45tout à l'heure un peu
35:45Christian et Anthony.
35:47C'est-à-dire que
35:47ce qui manque fondamentalement
35:49aujourd'hui dans ce pays,
35:50c'est une ligne d'horizon.
35:51C'est-à-dire qu'on mobilise
35:53les gens sur des projets
35:54de société
35:54ou des grands projets,
35:56que ce soit les EPR,
35:57que ce soit le spatial,
35:58que ce soit la défense
35:59et tout ça.
35:59Et à partir de là,
36:00quand il y a cette mobilisation,
36:02on peut faire des choix politiques,
36:04les assumer.
36:05Aujourd'hui,
36:05quelle est la mobilisation ?
36:06Honnêtement,
36:08on va prendre la dissolution.
36:10C'est d'arriver
36:10à faire un spectacle budgétaire
36:12pendant cinq mois
36:13offert par le Cirque Pinder.
36:15On est à ce niveau-là aujourd'hui.
36:17Donc, cette mobilisation
36:18aujourd'hui est nécessaire.
36:20Fondamentalement,
36:20il n'y a pas de raison
36:21que les Français
36:21n'y arrivent pas
36:22par rapport à d'autres pays.
36:23L'Espagne a réussi
36:24à faire sa mue
36:24dans plein de domaines.
36:25L'Italie a fait sa mue.
36:26On recule.
36:27On a gelé la réforme de 2023
36:28qui n'était pas non plus...
36:30Honnêtement,
36:30j'allais dire,
36:31offrons aussi une perspective.
36:33La France a des atouts
36:34aussi dans le monde qui vient.
36:37On a des talents,
36:38on a des capacités à innover,
36:40on a des capacités à mobiliser.
36:41Il faut l'expliquer,
36:43il faut donner un chemin
36:44à ce pays-là.
36:45Aujourd'hui,
36:45cette voie,
36:46elle n'est absolument pas portée
36:47au plan politique
36:48et c'est le premier défaut.
36:49C'est-à-dire qu'on pourra,
36:50nous,
36:51en tant qu'experts de l'économie,
36:53commenter les études
36:54une à une
36:54pour dire
36:55elles disent les mêmes choses
36:56ces études.
36:56Honnêtement.
36:57D'année en année.
36:59Mais s'il n'y a pas
37:00ce geste politique,
37:01on sera,
37:02j'allais dire,
37:03comme des docteurs
37:03qui commentent
37:04un malade
37:05qui va de plus en plus mal.
37:07Malheureusement.
37:08Moi,
37:08j'irais juste aussi,
37:08il y a un point aussi
37:10qui me parle beaucoup,
37:12c'est l'explosion
37:12des Français
37:13qui ont mis leur épargne
37:14dans les fonds épargnes.
37:16Les PER.
37:17Les plans épargne-retraite.
37:1915 millions de Français
37:20ont un plan épargne-retraite.
37:22Et finalement,
37:22les gens n'ont pas confiance.
37:24Ils n'ont pas confiance du tout.
37:25Donc,
37:26ça,
37:26c'est un vrai problème politique
37:27parce que ça,
37:27ça nous coûte de la croissance.
37:28Ça nous coûte,
37:29ça montre bien
37:29que les Français,
37:30aujourd'hui,
37:31ils veulent être propriétaires
37:32de leur maison
37:32parce qu'ils se disent
37:33je vais peut-être avoir
37:33une petite retraite,
37:34ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
37:36Donc,
37:36c'est là que c'est tout le paradoxe.
37:37C'est-à-dire que les gens,
37:38aujourd'hui,
37:38ils se disent
37:39si je ne suis pas propriétaire
37:40de ma maison demain,
37:41quand je serai à la retraite,
37:42je vais mal vivre.
37:43Et donc,
37:43c'est quand même
37:44une vraie défiance
37:45vis-à-vis de notre système de retraite.
37:46C'est qu'on pense
37:46qu'on va,
37:47quand on va partir en retraite,
37:48avoir une très forte baisse
37:49de notre pouvoir d'achat.
37:50Ce qui n'est pas le cas
37:51aujourd'hui des retraités.
37:51Donc,
37:51ça prouve qu'il y a une vraie défiance
37:53des actifs aujourd'hui
37:54de dire
37:55on va dans le mur.
37:56C'est quand même paradoxal.
37:57Ce que je dis Christian
37:58est fondamental,
37:59c'est que je pense
37:59que les gens ont lâché.
38:00Une partie de la population
38:01a lâché.
38:02Vous entendez beaucoup de jeunes
38:03dire de toute façon
38:04moi je n'aurai pas de retraite.
38:05Et on fait une retraite
38:06par capitalisation
38:07parce qu'on ne fait pas confiance
38:08au système actuel
38:09en se disant
38:10que ça ne va pas maintenir.
38:10Donc,
38:11il y a quand même
38:11un vrai problème de confiance
38:12aussi derrière ce système-là.
38:14C'est-à-dire qu'on s'accroche
38:15à ne pas vouloir le réformer
38:16mais c'est un vrai coût économique
38:17dans le comportement des actifs.
38:18les amis,
38:19il y a un hiatus là alors.
38:19On dit deux choses
38:20complètement différentes.
38:21Un,
38:21vous avez le politique
38:22pendant l'examen budgétaire
38:25qui vous explique
38:26qu'il faut revenir en arrière.
38:27On fait des concessions OPS.
38:29Les Français
38:30ne veulent pas travailler plus
38:31mais on a en même temps
38:32cette inquiétude.
38:33Les Français
38:34ne sont pas idiots.
38:35Ils comprennent bien
38:36que s'ils travaillent plus,
38:37ça consolide le système.
38:38Il y a-tu ce que dit Christian ?
38:40Et c'est très juste.
38:41C'est qu'il y a une partie
38:41de la population aujourd'hui,
38:43on ne va pas leur donner tort,
38:44qui vu la gestion politique
38:45se disent
38:46on est en train de financer
38:47de toute façon
38:47un système
38:48qui va collapser
38:49à un moment.
38:49C'est-à-dire qu'il coûte
38:51de plus en plus cher
38:51pour un rendement,
38:52une optimisation
38:53de ce que Christian disait
38:54tout à l'heure
38:54sur les hôpitaux
38:55et très juste.
38:56La perception,
38:56la valeur qui est
38:58extrêmement importante
38:58du service,
38:59elle se dégrade
39:01malheureusement
39:01dans ce pays-là.
39:02En début de semaine,
39:04il y avait
39:04dans la note de conjoncture
39:06de l'INSEE,
39:07il y avait une note
39:09sur l'épargne
39:09et une des catégories
39:12qui commence à épargner
39:13le plus,
39:13c'est sur les jeunes.
39:14Les jeunes,
39:14ben oui.
39:15Voilà, tout est dit.
39:16Tout est dit.
39:16C'est-à-dire qu'on a affaire
39:17aujourd'hui
39:18à une population
39:20qui rentre dans le monde actif
39:21qui se dit
39:22de toute façon
39:23ce système
39:23ne sera pas pour moi.
39:25En tout cas,
39:25ce ne sera pas
39:26les mêmes rendements
39:26effectivement
39:27que la génération
39:28des années 70.
39:30L'absence d'acceptation
39:31des réformes
39:31pour moi
39:31vient quand même
39:32du fait
39:32qu'on a alimenté
39:33des mensonges collectifs
39:34et pour le coup
39:34les élites politiques
39:36et économiques
39:36y ont largement contribué.
39:38Quand en 2023
39:39il y a eu une forme
39:40de consensus
39:41peut-être mou
39:42mais qui se fait
39:43autour de l'idée
39:43qu'on peut suspendre
39:44et que c'est soutenable
39:46dans la durée,
39:47ça c'est quand même
39:47une faillite intellectuelle
39:49monstrueuse.
39:49Donc on ne peut pas
39:50à la fois dire...
39:51Je comprends que les Français
39:52à la fin finissent par se dire
39:53qu'on peut avoir le beurre,
39:54l'argent du beurre,
39:54en tout cas on nous dit
39:55que tout est faisable,
39:56qu'on trouve de l'argent
39:57dans des moments difficiles
39:58alors qu'on nous dit
39:59que la situation
40:00de trésorerie est tendue.
40:01Bon, ça se comprend
40:02donc il faut quand même
40:03revenir à ces formes
40:04de réalité
40:05et arrêter de nous dire
40:06que le système
40:07est durablement soutenable
40:08quand objectivement
40:09ce n'est pas le cas.
40:09Vous ne tracez aucun scénario
40:11dans lequel on peut tenir
40:12avec ces niveaux de déficit
40:13et cette explosion
40:15des dépenses
40:16sur plus de 10-15 ans.
40:17Ce n'est pas possible.
40:18Et dans un monde incertain
40:20il y a un sujet
40:21que souligne Laurent C
40:23sur mon compte Twitter
40:25à rebase le genre
40:26n'hésitez pas à réagir.
40:28C'est que si les Français
40:29ne souhaitent pas travailler plus
40:31c'est peut-être aussi
40:32pour la qualité du management.
40:34Est-ce qu'on a assez travaillé
40:35en France sur les fins de carrière ?
40:37C'est un vrai sujet ça aussi.
40:38Il y a cet élément-là
40:40mais c'est vrai qu'en France
40:41on a peut-être un problème
40:43de souffrance au travail
40:45et ça ce n'est peut-être
40:46pas assez dit.
40:47C'est vrai qu'on a des statistiques
40:49qui nous montrent
40:49que la France
40:50est très mal classée
40:51à ce niveau-là.
40:53Accident du travail
40:53souffrance
40:54perception négative
40:55les arrêts maladie
40:56c'est aussi ça.
40:57C'est aussi ça
40:58donc il y a un vrai problème
41:00peut-être d'organisation
41:01des entreprises françaises
41:02et de perception.
41:03Moi j'ai le sentiment
41:04qu'il y a une chose
41:05c'est-à-dire que derrière
41:06les 35 heures
41:07qu'on nous affiche
41:08ça a créé énormément
41:09de souffrance au travail
41:10c'est-à-dire que vous travaillez
41:1135 heures
41:11mais on vous demande
41:12à faire en 35 heures
41:13parce qu'on se faisait en 39 heures.
41:15Alors vous avez l'impression
41:16finalement que vous travaillez moins
41:17mais non
41:18on a augmenté les cadences
41:19pour que vous fassiez en 35 heures
41:20ce que vous faisiez en 39 heures.
41:22Et donc finalement
41:23c'est vrai
41:23alors après c'est vrai
41:24que quand vous dites ça aux gens
41:25après vous leur dites
41:26vous avez travaillé 39 heures
41:28ils vont hurler
41:29ils vont dire
41:30déjà ma vie professionnelle
41:31c'est assez stressant comme ça
41:33et je pense que les 35 heures
41:34ont été très négatifs
41:35parce qu'on parlait
41:36de la productivité
41:37la productivité horaire
41:38en France
41:39c'est très bonne
41:39la productivité totale
41:41est mauvaise
41:42mais la productivité horaire
41:42c'est-à-dire quoi ?
41:43C'est-à-dire que les gens
41:44aujourd'hui sont en surmenage
41:46parce qu'ils ne travaillent
41:47que 35 heures
41:47mais ils sont peut-être
41:49trop intensifs
41:50donc ça c'est un élément
41:52qui joue beaucoup
41:53dans la perception
41:54du temps de travail
41:54et forcément
41:55quand vous avez un métier stressant
41:56que vous voulez partir
41:58très vite à la retraite
41:59et vous avez des maladies
42:00vous pouvez développer des maladies
42:01vous voulez partir très vite
42:02à la retraite
42:03et vous n'avez pas envie
42:03qu'on vous augmente
42:05le temps de travail
42:06donc forcément
42:07ça joue dans la perception
42:08qu'ont les Français du travail.
42:09Mais il y a d'autres paramètres
42:10sociétaux
42:11parce que ce que dit Christian
42:12on va dire
42:12c'est intrinsèque au travail
42:13mais il y a aussi
42:15la notion
42:16à tort ou à raison
42:17de pouvoir d'achat
42:18et c'est-à-dire aussi
42:19qu'est-ce que le travail
42:20permet de procurer aujourd'hui
42:22entre les budgets contraints
42:24les abonnements
42:24et l'immobilier
42:27qui absorbe largement
42:28le pouvoir d'achat
42:29mais aussi le fait
42:31que quelqu'un aujourd'hui
42:32qui a un salaire correct
42:34se retrouve
42:34de plus en plus
42:35à faire les courses
42:36le samedi
42:37dans du hard discount
42:39la satisfaction
42:39du retour au travail
42:41devient de plus en plus
42:42problématique dans ce pays
42:43c'est un travail
42:43qui ne paie plus
42:44c'est une vraie question
42:46je suis entièrement d'accord
42:47le dernier point
42:48c'est que la facilité
42:49je suis entièrement d'accord
42:50sur l'idée
42:50qu'il faut travailler
42:50sur la qualité du travail
42:51mais la solution de facilité
42:53c'est justement
42:53de réduire le temps de travail
42:54ou de donner plus
42:56de jours de congés
42:56on devrait travailler
42:57fondamentalement
42:57sur le bien-être
42:58au sein de l'entreprise
42:59mais pas dire
43:00en dernier recours
43:00c'est juste
43:01tout le monde travaille moins
43:01parce que ça c'est négatif
43:02pour l'ensemble du pays
43:03et ça pose des contraintes
43:04derrière majeures
43:05qu'on n'arrive pas à reboucler
43:06et en plus
43:06qui ne procure pas
43:07satisfaction généralisée
43:08et s'ajoute la lame
43:09du télétravail aussi
43:10qu'on est en train
43:10je le pense fondamentalement
43:12de croiser
43:12ça a créé de la flexibilité
43:14mais ça crée aussi
43:15des problèmes d'organisation
43:16et de positionnement
43:18professionnel
43:18on revient un peu en arrière
43:19là-dessus
43:19professionnel et personnel
43:20mais oui
43:20mais c'est une réalité
43:20c'est-à-dire qu'on a géré
43:22en urgence
43:23quelque chose
43:23qui était un choc profond
43:25et qui amène des questions
43:26que les entreprises
43:28commencent à comprendre
43:28et pas juste
43:29dans une logique d'optimisation
43:30c'est-à-dire que
43:31c'est un autre type
43:32de management
43:32c'est un autre type
43:33d'organisation
43:34et sur lequel
43:35aujourd'hui
43:35des questions
43:36essais aiguës se posent
43:38Juste une petite anecdote
43:39pour vous dire
43:41on parle toujours
43:41de la durée du travail
43:42mais c'est là
43:43où on voit les choses
43:44il y a au Japon
43:44par exemple
43:45ils travaillent énormément
43:46parce qu'au Japon
43:46vous n'avez pas le droit
43:47de quitter votre poste
43:48tant que votre supérieur
43:48n'a pas quitté son poste
43:49donc vous avez énormément
43:50d'employés au Japon
43:51qui font semblant de travailler
43:52tant que leur chef
43:53n'est pas parti
43:54et donc c'est juste
43:55pour faire très attention
43:57parce qu'ils travaillent
43:58énormément d'heures
43:59mais ils ont une productivité horaire
44:00qui est mauvaise
44:02donc il faut faire
44:03très attention à ça
44:04c'est-à-dire que
44:04dans le réduire seulement
44:06c'est la productivité horaire
44:08qu'il faut vraiment garder
44:08et réduire au temps de travail
44:10on voit que c'est
44:11pas forcément un bon indicateur
44:12et je pense que la France
44:13paye énormément
44:14ses 35 heures aussi
44:15dans la qualité du temps de travail
44:16Astof nous dit
44:17je suis jeune
44:17et je comprends
44:18le mal-être au travail
44:19le but est de s'émanciper
44:20mais en finance
44:21les retraites
44:22et l'immobilier
44:23est inatteignable
44:24pour l'immense majorité
44:26c'est des choses
44:26assez simples
44:27mais on peut tout à fait
44:28comprendre
44:28le message
44:29effectivement
44:30allez il est 10h47
44:32il faut qu'on avance un peu
44:33je voulais qu'on revienne
44:34Anthony avec vous
44:35sur les prévisions
44:36de l'OCDE
44:38la mise à jour
44:39après bientôt
44:40un mois maintenant
44:41de crise
44:41en Iran
44:42qu'est-ce que vous tirez
44:43rapidement
44:44de ces prévisions ?
44:46Globalement
44:47on est assez aligné
44:47nous on a sorti nos prévisions
44:48ce mercredi
44:49qu'on a présenté
44:50à nos adhérents
44:51et on est à peu près
44:51sur les mêmes prévisions
44:53on attend 0,9
44:54de croissance
44:55cette année
44:56on aurait été à 1,2
44:57hors choc
44:58en Iran
44:58donc on retient 0,3
44:59de perte de croissance
45:01oui c'est pas rien
45:01cette année
45:02exactement
45:02et même si on met un profil
45:04où la croissance
45:05serait accélérée
45:05à partir de la fin d'année
45:06et surtout en 2027
45:07en réalité ça mange
45:08l'acquis de 2027
45:09on n'aurait que 0,8
45:10en 2027
45:11c'est ça un petit peu
45:12ça embarque deux années
45:13avant un rebond
45:14un peu plus fort
45:16en 2028
45:17et on a sur les trajectoires
45:18d'inflation
45:19on peut parler
45:20d'un petit choc inflationniste
45:21parce qu'on va passer
45:22d'une situation
45:22où on était autour de 1
45:23et on aurait continué
45:24de projeter 1
45:25à un pic
45:25qui devrait aller
45:26en glissement annuel
45:27autour de 2,5
45:29alors en moyenne annuelle
45:30ça fait plus 2
45:30que 2,5
45:31mais ensuite
45:31ça devrait se résorber
45:32la banque de France
45:33nous parle de 1,7
45:34moi ça me semble
45:35c'est raisonnable
45:36on ne peut pas se dire
45:37que c'est des niveaux
45:38d'inflation déraisonnables
45:39la problématique
45:40c'est que la dynamique
45:41des salaires
45:41elle était calée
45:42sur une inflation
45:42plutôt à 1
45:43on a des salaires horaires
45:45qui ont progressé
45:45au quatrième trimestre
45:46de 1,7% sur un an
45:48donc ça veut dire
45:49qu'à court terme
45:49il y a quand même
45:50d'une part
45:50un peu de perte
45:51de pouvoir d'achat
45:52pour les ménages
45:52il n'est pas dit
45:53qu'ils puissent en plus
45:54dans leur surépargne
45:55ou dans le taux d'épargne
45:56très élevé
45:56pour continuer de consommer
45:57et on craint aussi
45:59que du côté des entreprises
46:00il y a à la fois
46:00des reports
46:01liés à un peu
46:02d'incertitude
46:03et puis au fait
46:03quand même
46:04des perspectives
46:04de demande plus dégradées
46:05et surtout
46:06des taux d'intérêt
46:06plus élevés
46:08on oublie un petit peu
46:09que ce qui avait fait
46:09la baisse de l'investissement
46:10des entreprises en France
46:11à partir de 2024
46:12c'est l'augmentation
46:13du coût du capital
46:14le fait que
46:15financer un investissement
46:16coûtait beaucoup plus cher
46:17en termes réels
46:17et c'est ce qu'on risque
46:18de reconnaître
46:19un petit peu
46:20sur les prochains trimestres
46:21si le conflit
46:22venait à perdurer
46:23donc ça c'est un petit peu
46:24le risque
46:24et qu'à la fois
46:25les moteurs
46:26de la demande interne
46:27pourraient être
46:28moins dynamiques
46:28qu'on l'anticipait
46:29et donc
46:30un environnement
46:31conjoncturel
46:32qui va être
46:32beaucoup moins simple
46:33notamment pour boucler
46:34un budget
46:35il y a un effet
46:35calendaire
46:36je trouve très intéressant
46:37qui est que
46:37tout ça va arriver
46:38plutôt fin 2026
46:39début 2027
46:40c'est à dire
46:41en pleine campagne
46:42des présidentielles
46:44donc je rappelle
46:45le cadre
46:45que vous venez de poser
46:49cher Anthony
46:50c'est
46:52chômage
46:52et inflation
46:53en hausse
46:54croissance
46:55et pouvoir d'achat
46:56en baisse
46:57c'est comme ça
46:58que la campagne
46:58c'est dans ce cadre là
46:59que la campagne présidentielle
47:00va se dérouler
47:01Christian ?
47:02on va dire
47:02si on fait les scénarios
47:03aujourd'hui
47:03mais honnêtement
47:05on n'a pas beaucoup
47:06de visibilité
47:06sur tout ça
47:07ça reste
47:08même Powell
47:09le président
47:10de la banque centrale
47:11américaine
47:11il a dit
47:11on a mis des chiffres
47:12mais ça reste des chiffres
47:14parce qu'aujourd'hui
47:15on n'a vraiment pas
47:16le gros problème
47:17vous nous dites
47:17attention
47:18on le répète
47:19assez régulièrement
47:19en réalité
47:20sur ce plateau
47:20c'est très compliqué
47:21mais là on est face à un mur
47:22parce que je ne vous dirais pas
47:23la même chose
47:24si vous avez
47:25le pétrole
47:26qui monte à 120
47:27et qui retombe après
47:28alors il ne va pas revenir
47:29à ce niveau d'avant
47:30mais à 80
47:30ça tient
47:31ou si on reste
47:32sur un niveau
47:33très élevé
47:34donc aujourd'hui
47:35on est quand même
47:36face à une incertitude
47:37très très importante
47:38sur nos scénarios économiques
47:40mais ce qui est certain
47:41c'est que
47:42toute chose égale
47:42par ailleurs
47:43par rapport à ce qu'on pouvait dire
47:44il y a encore un mois
47:45c'est moins de croissance
47:46plus d'inflation
47:46on est tous d'accord
47:48pour là-dessus
47:48je pense
47:49et donc forcément
47:50c'est moins de pouvoir d'achat
47:51pour les français
47:51donc forcément
47:53on est sur quelque chose
47:54et deuxième chose
47:55alors ça il y a un gros débat
47:56pour savoir
47:57à quelle rapidité
47:58ça va se voir
47:58parce que
47:59mais attention
48:01il y a eu 2022
48:02la grosse différence
48:03entre aujourd'hui et 2022
48:04c'est pas tout à fait
48:05la même situation
48:05voilà
48:06c'est pas la même situation
48:07on n'est pas dans la même chose
48:07mais on a beaucoup d'entreprises
48:09qui sont beaucoup plus réactives
48:10dans leur montée de tarifs
48:12et on commence déjà
48:13à avoir des hausses
48:14sur les prix à la production
48:16qui sont déjà opérées
48:17bien avant ce choc
48:18et qui vont s'accélérer
48:19donc j'ai un peu peur
48:20la SF a déjà annoncé
48:2130% d'augmentation des tarifs
48:22le risque
48:23ça ne sera pas sur les salaires
48:25parce que je ne crois pas du tout
48:26qu'il va y avoir
48:26une accélération des salaires
48:27et donc je ne crois pas du tout
48:28pas d'effet de second tour
48:29voilà un effet de second tour
48:30comme l'Ukraine et les banques centrales
48:32par contre
48:32ce que je pense
48:33c'est qu'il y a un vrai risque
48:34qu'on le voit
48:34beaucoup plus rapidement
48:35sur les prix à la consommation
48:37avec les effets
48:38j'irais un peu mécaniques
48:39c'est-à-dire que
48:39quand vous avez une hausse
48:40des prix du pétrole
48:41ça augmente le coût du transport
48:42le coût du transport
48:43est répercuté
48:44sur l'ensemble des biens
48:45qui vous sont vendus
48:45les plastiques
48:46les emballages
48:46les emballages
48:47tout ça
48:48donc ce qui fait que
48:48vous allez le voir
48:49beaucoup plus rapidement
48:50à mon avis
48:50au niveau des prix à la consommation
48:51et donc ça va beaucoup
48:53plus rapidement coincer
48:54sur la consommation
48:55sur le pouvoir d'achat des ménages
48:56et donc ça va ralentir
48:58on va couper les dépenses discrétionnaires
48:59et donc ça va se voir
49:00beaucoup plus rapidement
49:01sur la croissance
49:02donc je dirais que
49:03si j'avais un impact
49:03je le ferais beaucoup plus tôt
49:04que ce que l'anticipe actuellement
49:06c'est-à-dire fin d'année
49:07plutôt avant
49:08parce que je pense que la chaîne
49:09va être beaucoup plus rapide
49:10qu'on pense
49:10totalement d'accord avec Christian
49:13sur cette propagation rapide
49:14parce que finalement
49:15c'est que les entreprises
49:15ont appris quelque part
49:16et aujourd'hui
49:17elles ajustent très rapidement
49:18maintenant sur les chiffres
49:19évidemment l'art est compliqué
49:21Anthony le sait
49:22le CDE et tout ça
49:23mais on va se dire
49:24une certitude
49:25c'est que chaque scénario
49:26qui tombe là
49:27de projection
49:28puisqu'il y a quand même
49:28des mises à jour là
49:29chez tout le monde
49:30c'est les meilleurs scénarios
49:33puisque la guerre continue
49:34c'est-à-dire que
49:35en fait
49:36les prochaines révisions
49:37ne seront pas meilleures
49:38c'est-à-dire que c'est
49:40en fait
49:40la marge aujourd'hui
49:42n'est pas
49:42est-ce que ces chiffres
49:43risquent d'être meilleurs
49:44c'est est-ce que ces chiffres
49:45peuvent encore se dégrader
49:47et là il va falloir
49:47il faut être très clair là-dessus
49:48c'est-à-dire que
49:49on est déjà
49:50sur les scénarios
49:51les plus optimistes
49:52à chaque fois que chacun révise
49:53et d'autant plus optimistes
49:55qu'on sait que pour relancer
49:58certaines infrastructures
49:59certains flux logistiques
50:01et tout ça
50:01ça se compte déjà
50:02en moins
50:03donc c'est une guerre longue
50:04en fait il va falloir se le dire
50:05à un moment
50:05c'est une guerre longue
50:06la deuxième chose aussi
50:08puisque c'est dans la projection CDE
50:09c'est que le CDE
50:10met l'inflation à 2,6
50:11de mémoire
50:12donc ça veut dire
50:13que la BCE va dégainer
50:15la BCE va dégainer
50:17en fait dans le mandat
50:19on faut s'attendre
50:20à ce qu'elle dégaine
50:21donc on se met
50:22dans ce scénario-là
50:23et là c'est un deuxième scénario
50:24aussi dans l'histoire
50:25du Moyen-Orient
50:26je vais être un tout petit peu
50:27contrariant sur les
50:28diffusions de hausses de prix
50:29parce qu'il faut quand même
50:30un petit peu de contradictions
50:31sur ce plateau
50:31je suis moins optimiste
50:33sur le fait que les entreprises
50:34passent très vite
50:35des hausses de prix de vente
50:36pour une et deux raisons
50:38la première c'est que
50:39en 2022
50:39on avait quand même
50:40une forte demande
50:41la reprise post-Covid
50:42c'était quand même
50:42une demande
50:43l'inflation venait
50:45de problèmes
50:45de la supply chain
50:46là la demande
50:47elle est faible
50:48et a fortiori
50:49en Europe
50:49donc on a un problème
50:50de carnet de commandes
50:51qui fait que c'est pas
50:52si simple que ça
50:53de passer des hausses
50:53de prix de vente
50:55à ses clients
50:55et deuxièmement
50:56moi ce qui m'inquiète
50:57c'est que nos entreprises
50:58notamment énergo-intensives
50:59en France et en Europe
51:00attaquent ce nouveau choc
51:01moins fort certes
51:02dans une situation
51:03beaucoup plus dégradée
51:04que début 2022
51:05quand vous prenez
51:06tous les secteurs
51:06énergo-intensifs
51:07la métallurgie
51:08la chimie lourde
51:09les papeteries etc
51:10elles ont des niveaux
51:11de production aujourd'hui
51:1210 à 15% en dessous
51:13de début 2022
51:14donc ça c'est quand même
51:16Eric Elia nous disait
51:16sur le plateau
51:17que globalement
51:18les entreprises
51:19avaient des taux de marge
51:20supérieurs en 2025
51:21qu'en 2019
51:23et donc
51:23elles pouvaient affronter
51:25ce choc énergétique
51:27elles ont plutôt
51:28protégé leur marge
51:29c'est vrai
51:29mais elles ont quand même
51:30des rythmes de chiffre d'affaires
51:31et de production
51:32qui sont amoindris
51:33donc la réalité
51:34c'est que les marges de manœuvre
51:34sont beaucoup plus faibles
51:35et on le voit bien
51:36on mène une enquête
51:37avec la FTE et le métier
51:38il y a des tensions
51:39qui commencent à se faire
51:40sur les trésoreries
51:41on a 80% des ETI
51:43et des grands groupes
51:43qui nous mentionnent
51:44être impactés négativement
51:45par le cours des matières
51:46pétrolières en mars
51:47donc je serai plus prudent
51:49sur la capacité
51:50de ces entreprises
51:50à répercuter
51:51et encore une fois
51:52leur situation est plus fragile
51:53donc j'ai peur
51:53qu'il y ait de la casse
51:54ce qui est encore plus inquiétant
51:55finalement
51:56ce qui est plus inquiétant
51:56je pense que les défaillances
51:57il y a un risque
51:58je pense que juste pour préciser
51:59moi ce que je pense
52:00c'est qu'on va avoir
52:01tous les secteurs
52:01qui sont très très consommateurs
52:03d'énergie
52:03qui sont très dépendants
52:04des cours du pétrole
52:05ils ont mis des clauses
52:06maintenant d'indexation
52:11de ceux qui sont très en amont
52:13de la chaîne de production
52:13mais on va avoir
52:14une diffusion très vite
52:16avec ces clauses
52:17et alors après
52:18ça va peut-être être
52:19les biens intermédiaires
52:19mais en partie
52:21les biens de consommation
52:21bon c'est sûr que par exemple
52:23le secteur automobile
52:23je ne vois pas les voitures
52:24comme en 2022
52:26voire les prix des voitures
52:27augmentés
52:27comme on l'avait vu
52:28à l'époque
52:29il y avait un problème
52:29de semi-conducteurs
52:31il y avait une demande
52:31qui était là
52:32là quoi qu'il arrive
52:33les constructeurs automobiles
52:34ils ne vont pas pouvoir
52:35monter leur prix
52:35donc eux ils seront impactés
52:36par leur marge
52:37mais je dirais qu'in fine
52:38ce qu'on va avoir
52:39c'est qu'on va avoir
52:39quand même une partie
52:40qui va se transmettre
52:41beaucoup plus vite
52:42dans l'indice des prix
52:42et une partie
52:44de tout ce qui est
52:44bien de consommation
52:45qui ne va pas avoir
52:45la capacité de remonter
52:46ses prix
52:47et là une pression
52:48sur leur marge
52:48donc je pense qu'il va y avoir
52:49un double effet
52:50et si dit pression
52:51sur les marges
52:52dit après réduction des coûts
52:53et impact sur l'emploi
52:54donc on est véritablement
52:56dans un scénario récessif
52:57c'est pour ça que moi
52:58je pense qu'il n'y aura
52:59pas d'effet second tour
53:00parce que très clairement
53:00avec l'aspect récessif
53:01va largement l'emporter
53:03donc là-dessus
53:03demander des hausses de salaire
53:04ou anticiper des hausses de salaire
53:05c'est pas du tout
53:06le profil qu'on peut jouer
53:08sur l'économie
53:09et donc on est plutôt
53:10sur un vrai choc récessif
53:12plutôt qu'un choc
53:14de stagflation
53:15comme on en parle
53:15ou dans lequel
53:16on aura l'économie
53:17qui résisterait bien
53:18l'inflation qui se maintiendrait
53:19ça je pense que c'est
53:20un faux scénario
53:21et le discours
53:22de la Banque centrale
53:23est suicidaire aujourd'hui
53:24c'est-à-dire que
53:25les banquiers centraux
53:26sont partis sur le principe
53:27de nous parler
53:27ils en attendent
53:28ils nous disent
53:28on est vigilants
53:29mais on attend
53:30ils sont partis
53:31sur une seule idée
53:31il faut qu'on montre
53:32les muscles
53:33pour ancrer
53:33les anticipations
53:34d'inflation
53:34et qu'on n'ait pas
53:35de hausse de salaire
53:36c'est le traumatisme
53:36de 2020
53:37voilà
53:37et ils sont sur ce traumatisme
53:39là
53:39sauf qu'aujourd'hui
53:40les marchés réagissent autrement
53:41et c'est ça qui m'inquiète
53:42c'est que les marchés disent
53:43ils sont en train de nous couler
53:44c'est-à-dire que vous êtes
53:44un détenteur obligataire
53:45ils nous disent
53:46je vais encore appuyer plus
53:47sur la croissance
53:48je vais encore accroître
53:50le risque de récession
53:51je vais encore accroître
53:52les déficits publics
53:53je vais donc augmenter
53:54les émissions
53:54donc ça entraîne
53:55une hausse des taux
53:56qui est encore plus négatif
53:57bon voilà
53:58de belles perspectives
53:59il n'y a plus qu'à vous souhaiter
54:00un très bon week-end
54:01après ces anticipations
54:03de probables récessions
54:05on aura l'occasion
54:06évidemment d'en reparler
54:07merci à tous les trois
54:08pour cette émission
54:08passionnante disponible
54:09en podcast et replay
54:10demain ne ratez pas
54:12l'émission spéciale
54:13Top à FEP
54:14au CESE
54:14en direct
54:15de 10h à midi
54:16animé par Emmanuel Lechypre
54:18et Sandra Gandouin
54:20au micro
54:20Patricia Barbizet
54:22présidente de la FEP
54:22Florent Ménégaux
54:24PDG de Michelin
54:25ou encore Jean-Paul Hagon
54:27président de L'Oréal
54:28Alexandre Bon
54:28par tous les grands patrons
54:29ils seront
54:30ça va être absolument
54:32passionnant
54:32très bonne journée à tous
54:33tout de suite
54:34c'est tout pour investir
54:34la masterclass animée
54:36par Christopher Dambi
54:37quant à moi
54:38je vous retrouve lundi
54:39même heure
54:40même endroit
54:4010h en direct
54:41sur BFM Business
54:42très bonne journée à tous
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