- il y a 20 minutes
Vendredi 1 mai 2026, retrouvez Jean-Roch Houllier (Head of Operations, Learning & Digital, Groupe Safran), Claire Lebartz (chief technology officer, Malt) et Florent Grisaud Verrier (Head of Digital Learning & Innovation, Deloitte) dans SMART JOB, une émission présentée par Arnaud Ardoin.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:08Bonjour à tous, ravi de vous retrouver dans SmartJob, votre rendez-vous emploi RH Management,
00:12débat, analyse, expertise et vos rubriques habituelles.
00:15Bien dans son job, on s'intéresse, devinez à quoi ?
00:17À l'IA, une compétence avec ses agents IA qui est une demande multipliée par 60 en un an.
00:24C'est ce que va nous expliquer Claire Lebarz, la Chief Technology Officer chez Malte,
00:29qui travaille avec des freelance.
00:31Le cercle RH, on va rester dans le sujet, apprendre à l'ère de l'IA.
00:36On va avoir sur notre plateau deux experts, deux spécialistes de ce sujet.
00:39Jean-Roch Houllier, il est Head of Operation Learning et Digital chez Safran.
00:44Et Florent Griseau-Verrier, il travaille chez Deloitte, il est le responsable du learning et du développement learning chez Deloitte.
00:51On s'intéressera à cet outil IA, il nous augmente ou parfois cet outil hallucine.
00:56C'est un sujet dont on parlera avec nos deux experts.
00:59Tout de suite, c'est Bien dans son job.
01:12Bien dans son job pour accueillir Claire Lebarz.
01:15Bonjour Claire.
01:16Bonjour, enchantée.
01:17Je suis très heureux de vous accueillir.
01:18Alors, Chief Technology Officer, en charge de tout le pôle technologie et IA chez Malte.
01:25Malte créé en 2013.
01:26Exactement.
01:27Et qui est le leader français européen du freelancing, c'est ça ?
01:32Oui, aujourd'hui leader européen de la mise en relation des entreprises avec les experts indépendants.
01:36Donc c'est 100 000 entreprises d'un côté et presque un million d'indépendants de l'autre côté.
01:41Sujet essentiel parce que là, vous portez des chiffres qui collent finalement avec la sensation que l'on a révélée
01:48par vos chiffres.
01:49En un an, les demandes sont multipliées par 60 concernant les compétences en agent IA.
01:56En un mot, vous avez des personnes qui vous disent « Je veux trouver la perle rare chez Malte. »
02:01Et dans cette demande, il y a une demande IA.
02:04C'est ça le sujet ?
02:05Oui, alors tous les ans, en fait, on regarde les tendances sur la plateforme, ce que les entreprises recherchent.
02:10Donc on analyse presque plusieurs millions de recherches finalement.
02:14Et il y a trois tendances.
02:15La première, c'est que l'IA est généralisée sur toutes les entreprises.
02:18Donc on a toutes les entreprises et sur tous les métiers aussi, pas juste les métiers de l'engineering, de
02:23la technologie.
02:24On voit que presque un projet aujourd'hui sur quatre demande des compétences en IA obligatoire,
02:29qu'on soit au marketing, à la communication, aux produits, etc.
02:32La deuxième tendance, c'est celle que vous mentionnez.
02:35Aujourd'hui, on a une explosion de la demande pour l'IA agentique.
02:38Donc on rentre dans une nouvelle phase de l'IA.
02:40Alors juste d'un mot, parce que là, on voit bien évidemment, on demande à un expert marketing,
02:43il faut qu'il ait une compétence IA.
02:45Ok, ça c'est facile à comprendre.
02:46L'agent IA, c'est quoi exactement ?
02:49Oui, alors en fait, il y a trois phases de l'IA.
02:51Je pense qu'on connaît tous le chat de GPT.
02:52On utilise, voilà...
02:54Ou Claude.
02:54Chat de GPT, Claude, Jimena, votre préféré, Mistral, le chat.
02:59Donc voilà, c'est vraiment une utilisation plutôt en dehors de l'entreprise.
03:03Deuxième phase, en fait, on veut des assistants intégrés à la connaissance de l'entreprise.
03:08Donc ça, c'est la phase qu'on a vu vraiment grandir en 2024.
03:122025, on rentre dans la phase de l'âge antique,
03:14c'est-à-dire qu'on veut aussi que le système ait non seulement accès aux données d'entreprise,
03:17mais de la mémoire, des outils pour effectuer des recherches et pour prendre des décisions.
03:21Donc là, ça devient plus intrusif, il se plug.
03:24C'est un outil qui vient...
03:24Plus puissant.
03:25Plus puissant et qui se plug.
03:26Plus puissant puisqu'on va pouvoir finalement automatiser des workflows, des systèmes entiers de travail.
03:32La demande faite par vos clients, c'est des demandes d'humains ou c'est des demandes d'humains maîtrisant
03:37cette technique de l'agent IA ?
03:39Complètement.
03:39Donc c'est des demandes d'humains.
03:41On voit que la demande pour les humains continue à augmenter.
03:45Mais avec le « mais » qui est de « il faut qu'il soit compétent en agent IA ».
03:48C'est là où il y a une grande transformation du marché du travail.
03:50On demande plus seulement à un expert sur un domaine, mais à un expert de domaine qui maîtrise l'IA.
03:57Tout de même, un mot, parce que est-ce que tout le monde est compétent dans votre fichier ?
04:01Parce que vous avez un énorme fichier de freelance dans tous les secteurs.
04:05On trouve ce que l'on veut.
04:07Est-ce qu'aujourd'hui, vous pouvez répondre à la demande du client ?
04:09Est-ce que c'est en mesure de dire « bah oui, c'est bon, ils sont tous formés ».
04:11Ce qui a été très intéressant, quand on regarde les données de l'évolution en 2025 et là au début
04:152026,
04:17c'est qu'en fait, le talent indépendant, en fait, subskill, développe de nouvelles compétences extrêmement rapidement.
04:24Il déclare passer une demi-journée en moyenne par semaine à faire des formations, à monter en compétences.
04:29Et donc, on voit en fait que leur montée en compétences sur l'agentique ou sur d'autres compétences IA
04:34-LIA
04:34va extrêmement vite, non seulement sur les domaines de la tech, mais aussi en dehors de la tech.
04:37Je ne sais pas exactement combien de temps il nous reste, mais quand même un mot sur les coûts,
04:43parce qu'il y a une relation commerciale qui s'installe avec vos clients, qui souhaite la perle rare.
04:48Ça augmente ? On rémunère mieux ce collaborateur pépite, ce freelancer pépite ou pas ?
04:54Ou est-ce qu'il est au même tarif ?
04:56Oui, quand on compare en fait les ingénieurs plus traditionnels,
04:59qui faisaient du pack-end, du front-end, des développements de produits professionnels,
05:02ce sont ceux qui sont montés en compétences sur l'IA.
05:04Et c'est vrai qu'il y a un premium sur leur taux, aujourd'hui, moyen de 20%.
05:08Donc, des freelancers aussi, j'imagine, très recherchés sur le marché.
05:13Enfin, j'imagine que tout le monde se les arrache.
05:14Tout le monde n'a pas forcément la compétence optimale.
05:18Oui, les talents vers lesquels il y a la plus forte demande,
05:22c'est les nouveaux métiers de l'AI Engineering, de l'AI Ops.
05:25Voilà, c'est des nouveaux titres qui cachent beaucoup de réalité derrière,
05:29mais des experts en machine learning et en IA.
05:31C'est un coût quand même, il y a juste un mot, parce qu'on est tous dans cette ruée
05:35vers l'or numérique,
05:37mais tout ça a un coût, tant pour les entreprises que le fait d'acheter ou prendre un freelancing.
05:42On voit bien, vous nous le dites, c'est plus cher.
05:44Il faut bien gérer cet enjeu-là quand même.
05:47Oui, et cette transformation agentique de l'entreprise,
05:50on la voit aussi finalement sur la demande pour d'autres compétences.
05:53Donc, plus de compétences en légal, en éthique, en gouvernance.
05:57On voit aussi qu'on est x5 sur ce type de profils,
06:00et qui sont liés finalement à l'augmentation de l'IA et de l'IA gentil dans l'entreprise.
06:04Et des profils FinOps.
06:06Alors, FinOps, généralement, on est moins familier,
06:07mais c'est des profils en fait qui vont optimiser les coûts liés à l'IA,
06:10et l'infrastructure et les tokens dont on parle beaucoup,
06:12le coût des tokens dans l'entreprise.
06:14Les fameux tokens, ce qu'on achète parfois, on achète des tokens.
06:17Merci, Claire Lebars, de nous avoir éclairés,
06:20et aussi de nous avoir fait découvrir dans cette émission Emploi RH,
06:23des mots qui ne sont pas encore tout à fait rentrés dans le vocabulaire.
06:27Les agents IA et les FinOps, dont vous nous avez parlé sur ce plateau.
06:33En tout cas, ces freelancers de chez Malte sont très recherchés
06:37lorsqu'ils ont cette compétence IA.
06:38C'est en tout cas le fruit de votre étude.
06:40À découvrir sur le site de Malte, études complètes et détaillées.
06:43Merci de nous avoir rendu visite en charge.
06:46de tout le pôle tech, développement, IA, chez Malte.
06:51Merci de nous avoir rendu visite.
06:53On tourne une page, on reste dans le sujet.
06:54Comment apprendre à l'ère de l'IA ?
06:56Alors ça, c'est une question que doit se poser Malte aussi, d'ailleurs.
06:59Comment apprendre ?
07:00Est-ce que l'outil IA est un élément qui nous augmente ?
07:03Est-ce que l'IA va remplacer le formateur ?
07:06Ce sont des questions fondamentales,
07:07et on en parle avec nos experts, c'est le cercle RH,
07:10c'est le débat de SmartJob.
07:24Le cercle RH pour parler du sujet, du jour, du mois, peut-être même de l'année,
07:29pour ne pas dire du siècle, l'IA.
07:31Mais pas n'importe quelle IA, l'IA qui nous aide à nous former,
07:34l'IA qui nous aide à apprendre.
07:36C'est une révolution, on va en parler avec nos invités.
07:40Ce sont alors des acteurs du monde économique,
07:42mais aussi des experts de ce sujet.
07:44Jean-Roch Houllier, ravi de vous accueillir sur le plateau de SmartJob,
07:49Head of Operations, je mets un S,
07:52Learning et Digital chez Safran.
07:53Safran qui est une usine, un site, un groupe atomisé dans le monde entier.
07:58Et vous travaillez, au-delà de ce que vous faites chez Safran,
08:00aussi à une réflexion sur la manière dont l'IA peut accompagner le collaborateur.
08:04Est-ce qu'on peut se former intégralement avec l'IA ?
08:06On vous posera ces questions.
08:08Florent Griseau-Vérier est avec nous.
08:10Bonjour Florent.
08:11Bonjour.
08:11Head of Learning and Development chez Deloitte.
08:15Par votre titre, on comprend que vous êtes vous aussi,
08:17vous poussez et vous travaillez sur ces réflexions du learning, de la formation et de l'IA.
08:23D'abord, une question aux deux experts que vous êtes.
08:25Je commence par vous.
08:27Est-ce que c'est un petit peu sur vendre et vendre du rêve
08:30que de dire qu'un jour l'IA va remplacer les formateurs
08:34et d'une manière générale le mot formation ?
08:36Parce qu'il suffit de bien maîtriser
08:38et il vous sort un programme de formation qui est clé en main, qui est parfait.
08:42Est-ce que c'est la fin, je dirais, de la formation à papa,
08:45la salle de classe, le slide, l'ordinateur ?
08:47Est-ce que c'est fini ou ça va cohabiter ?
08:48Non, pour moi, c'est alors déjà très clairement, ça ne remplacera pas
08:51parce qu'on va en débattre tout à l'heure.
08:53On prépare d'ailleurs un article là-dessus sur le retour en force de l'authenticité.
08:57Je pense que ça va compléter, complémenter, enrichir.
09:00Ça, c'est une certitude absolue,
09:03en particulier sur un Graal dont on parlait d'ailleurs ce matin avec Florent
09:05qui est la problématique de la contextualisation des apprentissages.
09:09Et on le disait, ce que le e-learning n'a pas fait, l'IA va le faire.
09:12Donc moi, je vois l'IA comme un ingrédient complémentaire,
09:15mais surtout pas une fin en soi.
09:17Vous êtes sur la même ligne ?
09:18Absolument.
09:19Sur la même ligne, ne remplacera pas.
09:21On voit depuis quelques années un retour vers la convivialité,
09:24les moments présentiels, le lien aussi humain
09:27qui crée cette culture d'entreprise
09:29qui est complètement nécessaire pour les organisations.
09:33Et l'IA va permettre d'accélérer
09:35et va permettre aux entreprises de garder la longueur d'avance
09:38qu'elles ont en formation et ailleurs.
09:40Alors, il y a un sujet qui impacte tous les organismes de formation
09:43qui est de se dire, est-ce que le formateur
09:46qui va venir accompagner les équipes Safran,
09:48qui sont parfois des gens à l'interne de l'entreprise,
09:50parce que si c'est une entreprise apprenante, on en parlera peut-être,
09:52mais est-ce qu'il a appuyé sur le bouton pour faire son...
09:55en promptant intelligemment ?
09:58Est-ce que ça, c'est une crainte ?
09:59Est-ce que vous dites, après tout, on l'assume, de la même manière
10:01qu'un doctorant va sortir un doctorat entier sur l'IA ?
10:04C'est un sujet, quand même, ça ?
10:06Oui, c'est un vrai sujet qui, d'ailleurs, divise pas mal les populations.
10:09On le voit, par exemple, avec les générateurs de déroulés pédagogiques.
10:13Il y a des projets très, très sérieux là-dessus et très fascinants
10:16et en même temps un peu effrayants.
10:18Et les réactions sont très diverses chez les hommes et les femmes de la formation.
10:22Moi, je reste quand même dans l'idée force
10:24qu'il y aura quelqu'un qui ferme la marche,
10:26quelqu'un qui lui donne sa touch d'authenticité,
10:30sachant que...
10:30Qui le fait vivre, donc.
10:31Qui le fait vivre, oui.
10:32En fait, qui l'humanise, qui lui donne vraiment quelque chose de bien spécifique,
10:36que n'a pas l'IA, qui est quand même très froide,
10:39par moments insipides.
10:40Et on en parle également.
10:42Méfions-nous aussi d'un phénomène qu'on mentionne assez peu.
10:44C'est la perception apprenant-apprenante des productions.
10:49C'est-à-dire qu'on a déjà observé un premier retour
10:52qui est que si on confond le moyen et le résultat,
10:55c'est-à-dire le résultat, c'est l'intention initiale pédagogique,
10:58le moyen, ça peut être l'IA parmi d'autres,
11:00eh bien on a des réactions étonnantes,
11:02par exemple des sentiments de produits low cost.
11:05Si par exemple l'apprenant a l'impression d'avoir droit à un avatar
11:09pendant une plombe, une heure,
11:11ça peut provoquer un rejet.
11:13Il le prend comme un mépris en fait.
11:14Un peu.
11:14On ne me prend pas en compte comme individu.
11:17Oui, un peu.
11:17Ça peut provoquer sous cette forme de rejet-là.
11:19Vous avez écrit tous beaucoup d'articles,
11:21beaucoup de papiers, d'analyses, d'études.
11:23Ce n'est pas des papiers au sens journalistique du terme,
11:25c'est des vraies réflexions, notamment vous, Jean-Roch.
11:27Mais vous avez aussi écrit, Florent Griseau-Véris,
11:31un article passionnant qu'un collègue.
11:32Vous parlez, alors là, je trouvais ça passionnant,
11:35des hallucinations de l'IA,
11:38qui posent des problèmes importants,
11:40parce qu'ils donnent des résultats erronés,
11:41vous dites, entre 1 et 30%.
11:44Ça veut dire, attendez,
11:45qu'on croit que cette machine nous dit une vérité absolue,
11:48que tout ça tombe du ciel.
11:49Il y a quand même beaucoup d'erreurs.
11:51Ça veut dire que si le formateur lui-même propage cette idée,
11:54il va former des gens qui, eux-mêmes, diront n'importe quoi.
11:56Si je résume bien, c'est ça le danger ?
11:58Alors, c'est un peu ça le danger,
11:59et c'est ce qu'on voit un petit peu partout
12:01depuis l'événement de l'IA générative,
12:03avec l'EI Slop, en fait,
12:05ce contenu qui est généré par les IA génératives
12:07et qui est un contenu de surface.
12:09On l'a vu beaucoup en formation aussi.
12:10On a vu les gains sur la production de contenu de formation.
12:14On passait trois mois pour produire un contenu à trois jours,
12:17donc une économie de temps quand même spectaculaire.
12:20Mais il faut bien avoir en tête que
12:23science sans conscience ne produit pas les effets escomptés.
12:26et là où on peut produire dix fois plus de contenu,
12:28on s'aperçoit que les dix fois plus de contenu qu'on produit
12:31n'ont pas forcément dix fois plus de valeur.
12:34Mais ça, c'est un sujet pour vous,
12:36impacté en tant que responsable,
12:38big chef de la formation chez Safran.
12:40Enfin, je veux dire, la moindre erreur chez vous,
12:41elle se coûte cher quand même.
12:42Ça se joue au micro.
12:43En tout cas, on est plutôt, nous, dans une perspective qualitative
12:46que quantitative.
12:48L'IA a ouvert une brèche quantitative phénoménale,
12:50mais là n'est pas la fin.
12:52La finalité, c'est quand même de desservir
12:54une intention vraiment pédagogique,
12:55qu'un objectif qu'on se fixe avec le métier.
12:57Donc, une fois de plus, par rapport à ce qu'on mentionne là,
13:00il ne faut pas tromper quand même la clientèle, entre guillemets.
13:02C'est exactement ça.
13:03Alors évidemment, pendant 3-4 ans, on en parle également,
13:05on a mis le paquet sur le cadran de production,
13:07mais il est vrai qu'on est en train un peu de le relativiser,
13:10en toute honnêteté,
13:10parce qu'on est beaucoup en essais-erreurs.
13:13Dans un article, vous dites aussi,
13:14et ça, c'est une vraie demande des collaborateurs,
13:16on coche la case, on dit, on les a formés,
13:19on ne sait pas trop ce qui se passe après.
13:21Certains demandent à poursuivre et à continuer la formation.
13:24Ça ne marche pas.
13:25Est-ce que l'IA, là, pour le coup, dans son utilité positive,
13:28n'est pas l'outil qui permet de garder ce lien avec le collaborateur
13:31et lui permettre de se former au fil de l'eau ?
13:34Oui, alors, en tout cas, en premier lieu,
13:36le terme « former » est un terme qu'il faudrait lui-même réformer.
13:41On parle même...
13:42D'apprentissage ?
13:42D'apprentissage ou d'apprenance.
13:44D'apprenance.
13:44Vous savez, apprentissage, c'est un petit peu connoté.
13:46Mais c'est l'idée que ça doit venir,
13:48c'est le fameux débat sur la motivation qui doit venir de l'autre.
13:51Ça ne se force pas, ça ne se décrète pas.
13:53Donc, à partir de là, on change un peu de perspective et de posture.
13:56On est plutôt là à mettre en place les conditions de l'apprentissage
13:59plutôt que se dire « j'ai la main, j'ai la clé pour former l'autre ».
14:03Donc, il y a un changement de perspective un peu également sémantique,
14:06ce qui fait que l'IA peut certainement,
14:09par la voie de la personnalisation, de la contextualisation,
14:11de la calibration des apprentissages...
14:13Alors là, par contre, on trouve une vanne phénoménale pour nous.
14:15Oui, pour nous, c'est un Graal dont on avait rêvé,
14:18en particulier avec le digital learning,
14:19dont l'avènement date des années 2000,
14:21mais qui n'a pas vraiment franchi.
14:22Ce n'est pas là, il faut le dire.
14:23Donc, ça veut dire que l'IA peut permettre à ce fameux digital learning
14:26qui n'a pas vraiment émergé,
14:27de pouvoir affiner, et je pense que Deloitte doit pousser cette réflexion,
14:31d'affiner au plus près, finalement, et d'individualiser les besoins,
14:34parce que parfois, dans la même salle,
14:36les niveaux sont très hétérogènes.
14:38Alors, non seulement d'individualiser les besoins,
14:40mais d'aller sur une modalité pédagogique
14:42qui soit différente et qui permette d'exercer,
14:44de répéter certaines compétences.
14:46Par exemple, nous avons mis en place un programme
14:48pour les nouveaux managers chez Deloitte,
14:51qui possède aussi un accompagnement
14:52avec des scénarios conversationnels
14:54qui permettent de confronter les savoirs,
14:55de répéter des situations de gestion d'équipe
14:57un petit peu difficiles, conflictuelles,
14:59sans en payer les pots cassés.
15:01Et cette modalité-là, elle est très efficace
15:02pour des compétences humaines type management.
15:06Parlons concrètement, on a la moitié de notre échange
15:08et de notre réflexion.
15:10Chez Safran, les besoins de formation, c'est quoi ?
15:12C'est pour des chaudronniers
15:14qui vont devoir travailler avec eux
15:17sur le point de soudure, sur l'outil ?
15:19C'est l'ingénieur ?
15:21Quels sont les besoins et comment vous les adaptez
15:23en fonction des profils des métiers ?
15:24Et j'ai envie de dire des pays.
15:25Oui, c'est une très bonne question.
15:27En fait, les deux, mon capitaine.
15:28C'est-à-dire à la fois des besoins
15:30très terre-à-terre et très concrets.
15:33Là où finalement, c'est du savoir-faire,
15:35par exemple, hérité, transmis, partagés, mutualisés.
15:39Puis à côté de ça, c'est également
15:40de la transmission pour col blanc
15:42avec tous les métiers groupes,
15:44donc les 35 métiers réunis.
15:45Et c'est une très bonne remarque
15:47parce qu'en réalité, ça conditionne
15:48les posologies qu'on va servir, nous.
15:50C'est-à-dire qu'on nous demande...
15:51Vous êtes le médecin de la formation ?
15:52Oui, on est médecin, mais on nous demande
15:54justement d'abord de bien diagnostiquer
15:55avant de faire les ordonnances.
15:56C'est ça.
15:57Dans le diagnostic, face à lui,
15:59il y a plein de réponses possibles,
16:01donc médicamenteuses.
16:02L'IA est un médicament parmi d'autres,
16:04mais moi, je l'ai toujours vu
16:05comme une pièce dans l'édifice supplémentaire,
16:07mais surtout pas comme une pièce exclusive.
16:10C'est-à-dire que c'est un composant
16:11qu'hier, on n'avait pas.
16:12On peut parler de nouvel objet pédagogique.
16:14Typiquement, moi, j'appelle l'IA
16:15de confrontation, les sas d'entraînement,
16:18par exemple pour les forces de vente,
16:20c'est extraordinaire.
16:21Là, c'est de la répétition, en fait.
16:22Il permet de travailler...
16:23Voilà, je m'entraîne.
16:24Demain, je rencontre le vrai client
16:25dans le domaine de l'industrie.
16:26Ça, c'est très positif.
16:27Je rentre dans un sas, je m'entraîne.
16:28Là, ça vaut de l'or.
16:29C'est un ingrédient, mais pas plus qu'un autre.
16:32Et nous, on est là pour faire
16:33de la combinaison d'offres médicamenteuses
16:36et de posologie qui sont liées vraiment
16:38à la compréhension première des diagnostics.
16:39Mais vous voyez, le sujet auquel
16:41vous êtes confronté, j'imagine,
16:42c'est qu'on est inondé de propositions d'IA,
16:45d'entreprises qui vous disent
16:46que c'est la panacée.
16:48Et en même temps, vous devez trouver
16:49cette espèce de centre de gravité.
16:50C'est aussi la mission de chez Deloitte,
16:51d'essayer de trouver cette espèce
16:52de juste équilibre, cette médiane
16:54entre l'humain et la machine.
16:55Parce que c'est ça, le sujet.
16:57Complètement.
16:57C'est un vrai sujet d'entreprise pour nous
16:58sur l'IA qui permet d'augmenter
17:00les consultants et les auditeurs de la maison.
17:03Donc, l'IA nous pousse à repenser
17:05nos modes de travail
17:06et notre modèle organisationnel.
17:09Et c'est en ça qu'une statistique
17:10a montré récemment
17:12que 5% des projets IA
17:13montraient des retours sur investissement.
17:16On n'est pas allé jusqu'à repenser
17:18cette mutualisation,
17:20ce métissage de notre rapport au travail
17:24avec de l'IA,
17:25peut-être demain en manageant des agents,
17:28des humains,
17:29ou en étant managé par des agents.
17:30Au risque de faire sortir du sujet,
17:32mais quand même le papier que vous écrivez
17:33avec votre collègue qui relève
17:35que les modèles de langage généraliste
17:37hallucinent dans 58 à 82%
17:39des requêtes juridiques,
17:40créant des risques de conformité majeures,
17:43donc je me tourne vers ceux
17:44qui dirigent une entreprise,
17:46c'est quand même pas un moindre sujet.
17:48Je veux dire,
17:49s'il n'y a pas de vigilance
17:50de la part des entreprises,
17:52la tour va pencher.
17:53Alors deux choses,
17:54ça c'est une étude de Stanford
17:55qui a montré que pour les requêtes juridiques,
17:57effectivement,
17:58il y avait un taux d'hallucination
17:59qui était très fort.
18:00La juridiction,
18:01en tout cas les textes légaux,
18:02c'est un des domaines
18:03où l'IA hallucine le plus.
18:04Pourquoi ?
18:05Parce qu'il y a différentes versions,
18:06les législations changent,
18:07Il y a la jurisprudence.
18:08Il y a la jurisprudence.
18:09Et donc on a le taux d'hallucination
18:11constaté le plus fort
18:12sur des modèles généraux.
18:13C'est pour ça qu'il y a
18:14certains outils
18:15qui sont développés
18:16par des entreprises spécialisées
18:17qui permettent d'adresser,
18:19de réduire ce taux d'incertitude
18:21sur des textes législatifs.
18:24Et la profession juridique,
18:26avocat, finaliste, etc.
18:27est en train d'évoluer
18:28et en plein bouleversement
18:29grâce notamment à ces IAS spécialisées
18:31sur du juridique.
18:32Il faut l'espérer.
18:33Côté Safran,
18:35vous avez la main
18:36sur la posologie,
18:38la construction des programmes,
18:40la réflexion que vous allez porter
18:41puis son déploiement
18:43dans la granulométrie.
18:45Ceux qui accompagnent vos équipes
18:47dans le monde entier,
18:48vous leur demandez leur programme,
18:49vous faites des vérifications
18:50de leur programme.
18:51Comment vous fléchez tout ça ?
18:53Parce que c'est un sujet.
18:55C'est fondamental.
18:55Et d'ailleurs,
18:56on le dit souvent,
18:56l'IA ne dit jamais
18:57qu'elle ne sait pas.
18:58Donc elle développe aussi
18:59d'ailleurs un sentiment
19:00de toute puissance.
19:01C'est vrai.
19:02mais relative,
19:03en effet,
19:04sur lequel il faut travailler.
19:06Ça nous confronte
19:07à une totale redistribution
19:09des savoirs.
19:10Aujourd'hui,
19:10beaucoup de gens,
19:10alors moi je suis pour
19:11la démocratisation des savoirs,
19:12mais je dis toujours
19:13dans le respect des prédécesseurs.
19:14Aujourd'hui,
19:15beaucoup de gens écrivent
19:16et se retrouvent sur piédestal
19:17avec ceux qui savaient déjà écrire.
19:19Ça pose quand même des questions.
19:21On fait une image,
19:22on se retrouve sur piédestal
19:23avec un graphiste
19:23qui a fait l'école estienne.
19:24Bien qu'on ne sache rien
19:25de ce qu'est une image.
19:27Donc ça pose des questions
19:27de redistribution des savoirs.
19:29Il y aura forcément
19:29des gens qui ont du nez
19:30pour juger et jauger
19:32les productions.
19:33On voit bien qu'il faut
19:33une patte et une main de femme
19:35ou d'homme
19:35pour juger le résultat
19:37à l'arrivée
19:37et finalement le complémenter.
19:40Et d'ailleurs,
19:40un œil qui lui redonne
19:41une authenticité
19:42qu'on risque sinon de perdre.
19:44Donc on va servir
19:44des pleins insipides.
19:45Mais vous,
19:45vous tranchez,
19:46au sens, je dirais,
19:48entrepreneurial du terme,
19:49est-ce que vous dites
19:49on m'embarque sur ce chemin-là
19:51mais moi,
19:52l'expert que je suis,
19:53j'y vais pas.
19:53Je préfère garder...
19:54Vous voyez les choix
19:55que vous faites
19:55qui sont des choix
19:56très importants
19:57qui vous engagent
19:58pour 10 ans.
20:01Si c'est certain,
20:02une entreprise
20:03est dans une forme
20:03de performance quasi-exclusive,
20:06elle donne un ton,
20:07celui du temps court.
20:08C'est-à-dire de l'immédiaté
20:09du résultat.
20:10Un résultat d'ailleurs
20:10en général
20:11qui n'est pas forcément étayé.
20:12On ne sait pas forcément
20:13ce qu'il y a derrière.
20:13On dit souvent
20:14que l'IA élude le chemin.
20:16En apprentissage,
20:16ça nous pose d'énormes problèmes.
20:18Parce que c'est dans le chemin
20:19que se fait l'apprentissage.
20:20Quand on fait une transmission
20:21de savoir tutorale,
20:23c'est le chemin
20:24que fait l'apprenante
20:25ou l'apprenant
20:26qui va être semé d'embûches
20:28d'ailleurs,
20:28de difficultés.
20:30C'est là que se fait
20:31la réflexivité.
20:34Il n'y a pas de réflexivité
20:35dans un résultat immédiat.
20:36Donc si l'entreprise
20:37donne un ton exclusif
20:38de performance,
20:39elle risque d'entraîner
20:40les hommes et les femmes
20:40dans une course effrénée
20:41au résultat.
20:42Ça, ça pose des questions.
20:43Si l'entreprise considère
20:45que l'IA augmente,
20:46complémente,
20:46mais ne réduit pas,
20:47c'est autre chose.
20:48Donc Florent le disait,
20:49c'est la relation,
20:51le tango
20:51qu'on va jouer avec,
20:52qu'on va danser avec l'IA.
20:53C'est exactement ça.
20:54C'est une très belle image.
20:54La question qui est posée
20:55aux collaborateurs
20:56aujourd'hui dans les entreprises,
20:58au-delà des organismes
20:59de formation
21:00ou des structures de formation,
21:01c'est de se dire
21:02est-ce que la machine
21:02me remplace
21:03ou est-ce que la machine
21:04m'augmente ?
21:04Ça, c'est une question
21:05face auxquelles
21:06les entreprises
21:07comme Deloitte,
21:08les consultants,
21:09sont eux-mêmes confrontés.
21:10Il y a beaucoup d'entreprises,
21:12notamment des Big Four,
21:13qui ont fait le choix
21:13de se séparer
21:14d'une partie
21:14de leurs collaborateurs.
21:15Ça, c'est une vérité.
21:17Il y a eu beaucoup
21:17de plans de départ.
21:19Deloitte a fait le choix
21:20contraire,
21:20de former les collaborateurs
21:22massivement en l'IA,
21:23tout en pensant
21:24aux consultants augmentés
21:25d'aujourd'hui
21:26et de demain,
21:26en misant notamment
21:27sur le concept
21:28de latéralité,
21:29c'est-à-dire comment
21:30je donne aussi
21:31un espace
21:31de faire un pas de côté
21:32pour les consultants,
21:34les auditeurs,
21:35leur permettre de prendre
21:35du recul par rapport
21:36à des livrables
21:37qui peuvent avoir contribué
21:38à produire
21:39par les IA génératives
21:40et leur donner
21:42cet esprit critique
21:43qui est nécessaire
21:44pour garder
21:45cette longueur d'avance
21:46nécessaire à notre métier.
21:47Juste avant
21:48que vous en seriez
21:49sur ce plateau,
21:49une invitée est venue
21:50nous parler
21:50des freelances
21:52archi-demandés
21:52sur les outils
21:53agents IA,
21:54donc les niveaux supérieurs,
21:56elle me disait
21:57sur ce plateau
21:57qu'ils se formaient eux-mêmes.
21:59Vous en avez conscience ?
22:00En fait,
22:01ils échappent
22:01au parcours classique
22:02de la formation
22:03et ils se disent
22:04de toute façon,
22:04si je veux garder
22:04mon poste encore 10 ans,
22:06je dois bosser le week-end.
22:08Bien sûr,
22:08on est conscient
22:09que d'abord,
22:09il y a beaucoup de gens
22:10qui font par eux-mêmes
22:11à défaut de suivre
22:12les fils rouges
22:13que proposent les entreprises,
22:14y compris en outillage.
22:16Et ça,
22:16c'est pas nouveau.
22:17D'ailleurs,
22:17moi,
22:18j'aime bien le côté opportuniste
22:19des gens.
22:19C'est-à-dire qu'on sait
22:20que la formation,
22:20depuis longtemps,
22:21elle est en concurrence,
22:21enfin officielle,
22:22elle est en concurrence
22:23avec des tas de systèmes
22:24de développement.
22:25Les tutos,
22:27les formations d'Internet.
22:28Ça a toujours été vrai.
22:29Moi,
22:29j'encourage fortement
22:30ce phénomène-là.
22:31D'ailleurs,
22:31je dis même
22:32que ça fait du bien
22:32à la formation
22:33parce que ça la challenge.
22:35Une formation
22:35qui serait fermée
22:36en fermante
22:36n'aurait aucun challenge,
22:38elle ne ferait pas s'éteindre.
22:38Mais encore une fois,
22:40je le dis avec beaucoup de respect
22:42pour ceux qui font ce métier,
22:43la formation à la papa,
22:44on rend par deux,
22:45on se met en classe,
22:46on tire le slide,
22:46ça descend sur la tête
22:47des formés
22:48qui vont faire une petite pause
22:49entre midi et 13h30
22:51et qui repartent se former.
22:52Ça va continuer à exister
22:54ou on réinvente,
22:55grâce à l'IA,
22:56un nouveau flux de pédagogie ?
22:58On a de nouveaux objets.
22:59Quand on parle
22:59de l'IA de confrontation,
23:01on a là un objet pédagogique
23:02hors normes
23:03qui est une promesse
23:04que devrait tenir l'IA.
23:06De la même façon,
23:06ce n'est pas antinomique
23:07d'un présentiel.
23:09Il faut savoir
23:09que ce n'est pas parce que
23:10les gens sont assis
23:11à écouter
23:11qu'ils n'apprennent pas.
23:12Il y a plein de stéréotypes
23:13qui circulent en formation.
23:14Tout dépend d'ailleurs
23:15de la qualité de l'orateur
23:16ou de l'oratrice.
23:16Moi, quand j'allais suivre
23:17les cours d'Yves Coppens
23:18à la Sorbonne,
23:19je peux vous dire,
23:19je les écoutais.
23:20Pourtant, j'étais assis
23:21avec des retraités
23:22plein à craquer par terre.
23:23Donc, ça dépend aussi
23:24du niveau de l'orateur
23:25ou de l'oratrice.
23:26On en revient à l'humain.
23:27Moi, je serais plutôt
23:28sur la multimodalité
23:30qui est un nouveau métier.
23:30On parle d'architecte,
23:32de parcours
23:33et la multimodalité
23:34dans laquelle il y a
23:34des ingrédients.
23:35L'IA en fait partie.
23:36Mais l'erreur serait pour moi
23:37d'en faire une fin en soi.
23:38Vous êtes d'accord avec ça ?
23:39Parce que vous aussi,
23:40vous avez des clients,
23:41enfin, je ne parle pas
23:41de Deloitte et de l'entreprise,
23:43mais de ce que vous allez
23:45aussi apporter à vos clients.
23:46Vous aussi, vous êtes en permanence
23:46en train d'équilibrer,
23:49de les accompagner.
23:50C'est votre métier.
23:51Oui, complètement.
23:52On pense vraiment
23:52qu'au-delà de l'IA
23:53qui permet effectivement
23:54de déployer
23:55tout un tas de cordes
23:57à nos arcs,
23:58pédagogiquement parlant,
23:59on croit à l'aspect
24:00vraiment expérientiel,
24:01marquant.
24:02Ce n'est pas parce qu'une formation
24:03est suivie en amphi
24:06qu'elle est nécessairement
24:07de mauvaise qualité
24:08ou qu'elle doit s'arrêter.
24:10On pense que ce qui fait la valeur,
24:11finalement,
24:11c'est celle que lui donne l'apprenant
24:12et dans un moment,
24:14d'être dans une expérience
24:15d'apprentissage
24:17vraiment particulière,
24:17hors du temps.
24:18C'est pour ça qu'on a
24:18des centres de formation
24:19qui sont très soignés
24:20et qui mettent en avant
24:22vraiment cette expérience.
24:23On est d'accord
24:24qu'elle nous augmente,
24:25vous êtes un expert
24:26sur ces sujets,
24:26tous les deux experts.
24:28Est-ce qu'on maintient l'idée
24:28qu'elle nous augmente
24:29ou on dit aujourd'hui
24:30qu'on est dans un flou,
24:31dans une accélération du temps,
24:34on ne peut pas savoir ?
24:35Il y a une incertitude
24:36sur l'idée d'augmenter
24:37ou de remplacer ?
24:38En tout cas,
24:39tout dépend de votre philosophie.
24:41La mienne,
24:41c'est celle de l'augmentation.
24:43C'est-à-dire que c'est celle
24:44qu'on appelle de l'orthèse.
24:45C'est-à-dire que ce n'est pas
24:46la prothèse au sens
24:47« elle se substitue à moi »,
24:49ce qui pose d'ailleurs
24:49des problèmes de dépossession,
24:51des problèmes de libre-arbitre,
24:52mais plutôt celle de l'orthèse.
24:54On parle aussi d'oxèse
24:55pour l'analyse des données,
24:57mais même là,
24:57il faut être vigilant
24:58parce que l'analyse des données,
24:59elle est basée
25:00sur un certain prisme
25:01et il n'est pas dit
25:01que la bonne décision soit ailleurs.
25:03Dans tous les cas,
25:04il faut que la main d'homme
25:05reste derrière.
25:06Pour moi,
25:06c'est vraiment une perspective
25:07et une vision personnelle.
25:08Donc, c'est à nous aussi
25:09de l'installer dans le temps
25:11et de l'ancrer.
25:13Moi, je ne pourrais pas imposer
25:15d'en faire la démonstration.
25:17Parce que, vous savez bien,
25:18l'imposition, ça ne dure pas.
25:19La coercition,
25:20ça n'a rien de bon, selon moi.
25:21Par contre,
25:22une vraie démonstration.
25:23Et d'ailleurs,
25:23les gens le disent,
25:24il y a aussi un devoir
25:25de filiation dans la formation.
25:27C'est-à-dire que
25:28quand on se développe,
25:29on grandit aussi
25:30dans le regard des autres.
25:31Et donc, cette filiation,
25:32ce n'est pas l'IA
25:32qui nous l'amène.
25:33C'est vrai.
25:34C'est ce que vous évoquiez
25:35tout à l'heure,
25:35l'idée de retour en salle,
25:37travailler une forme
25:38de team building,
25:39d'échange, de dépose.
25:41Vous y croyez
25:42et vous le portez.
25:42En tout cas,
25:43c'est ce que j'entends
25:43sur ce plateau.
25:44On y croit complètement,
25:45on le porte.
25:46Il y a un défi,
25:47il y a un double défi pour moi
25:48qui est à la fois
25:48le défi managérial
25:50des compétences humaines
25:51qui est de revenir
25:53sur des relations sans promptes,
25:55authentiques,
25:56comme tu as dit.
25:57Quand on parle au collab,
25:58on ne garde pas l'IA,
25:59on est face à lui
25:59et on interagit.
26:01Et puis, il y a un défi
26:02que ça pose aussi
26:03pour les organisations
26:04que nous représentons,
26:05c'est celui de la souveraineté
26:06des compétences.
26:07Quelles sont les compétences
26:08que nous décidons de maintenir
26:09qui sont critiques
26:10pour nos entreprises
26:11et quelles sont les compétences
26:12que nous décidons
26:13de transmettre
26:14à l'intérieur
26:14de nos équipes ?
26:14Vraie pour Safran,
26:17entreprise stratégique,
26:18sur des moteurs,
26:19sur des militaires ?
26:20Ça n'a pas de prix.
26:21C'est la notion
26:22de capitalisation des savoir-faire,
26:23c'est l'or noir des entreprises.
26:25Ça, on ne peut pas la confier
26:27à un partenaire yattisé
26:28qui prendrait notre destinée en main.
26:30Ça questionne aussi
26:31pour les hommes et les femmes
26:32le maintien de leur libre-arbitre.
26:33Donc, il y a des questions
26:34de fond pour nous.
26:35C'est marrant
26:35parce que le métier
26:36de la formation
26:37est certainement,
26:38philosophiquement,
26:39le plus questionné,
26:39questionnable
26:40par rapport à ce qu'opère
26:41l'IA aujourd'hui
26:41dans ce processus.
26:42Encore une fois,
26:43je reviens à mon chandrenier
26:44qui va faire une soudure
26:45ou qui va travailler.
26:46Lui, il a une formation
26:47avec un humain.
26:47Il n'a pas une formation en IA.
26:48Oui, et puis,
26:49il n'y a rien d'antinomique.
26:50On pourrait très bien avoir
26:51et on en a déjà
26:52dans nos usines
26:52de l'IA augmenter,
26:53par exemple,
26:54pour contrôler les pièces.
26:55C'est génial.
26:55Ça, ça vaut de l'or
26:56sur les défauts de pièces.
26:58Et à contrario,
26:59un tuteur en chair en os
27:00ou une tutrice en chair en os.
27:01Qui vient faire le geste.
27:02Oui, et là,
27:02on est justement
27:03dans la filiation
27:04dont je parlais
27:04qui est également éludée
27:05par l'IA.
27:06Il n'y a pas de filiation
27:07dans l'IA.
27:08Débat passionnant.
27:10Portes ouvertes.
27:11Les portes sont grandes ouvertes.
27:12Dans tout cas,
27:12vous nous avez partagé
27:13votre point de vue
27:14aussi sur ces sujets
27:14qui, objectivement,
27:15inquiètent
27:17et créent même
27:18des angoisses
27:18chez certains collaborateurs.
27:20Merci à vous deux, messieurs.
27:20Merci, Jean-Rocoulier.
27:22Merci.
27:22Head of Operation Learning Digital
27:24chez Safran,
27:25entreprise
27:26qui a un pied
27:27sur tous les continents.
27:28Une trentaine de pays.
27:29Une trentaine de pays.
27:30Merci à vous,
27:30Florent Grisot-Verrier.
27:32Head of Learning
27:32et Développement
27:33chez Deloitte.
27:34L'humain est au cœur.
27:35On l'a entendu.
27:36Merci à vous.
27:37Merci à toute l'équipe
27:38qui m'a accompagné
27:38dans cette belle émission.
27:39Merci à Nicolas Juchat,
27:40évidemment.
27:41Merci à Angèle,
27:41aujourd'hui,
27:42à la réalisation.
27:42Et merci à Alexis,
27:44au son.
27:44Merci à vous,
27:45évidemment,
27:45qui nous suivez
27:47avec fidélité.
27:47Je vous dis
27:48à très, très bientôt.
27:48Bye, bye.
27:55Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires